C'est la fin
01 Juillet 2049
Londres
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Londres
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L'angoisse me tord l'estomac. Elle est là, devant moi. J'ai fermé la porte de ma chambre à double tour pour être sûre de ne pas être dérangée, et pourtant je ne peux me résoudre à déchirer l'enveloppe pour lire le contenu de la lettre qui se trouve à l'intérieur. Cela doit bien faire une heure que j'essaye de me résoudre à le faire. Il va bien falloir. On m'a répété qu'il y avait très peu de chances que je perde ce combat, mais moi, j'ai plus de mal à y croire. Mon père est dans le milieu, et s'il y a bien une chose que j'ai appris avec lui c'est de ne pas le sous-estimer. Si j'ouvre cette lettre et que la réponse est négative, je ne sais pas comment je ferais. Je refuse catégoriquement de rester plus longtemps. J'ai passé ces derniers jours à fuir la maison. Ca a commencé par Litha au Chemin de Traverse, je voulais juste faire passer le temps, arrêter de faire les cents pas. Et ça a fonctionné. Alors le lendemain, je suis en ville et j'ai passé la journée dans une bibliothèque à lire jusqu'à ce que plus une seule information ne rentre dans mon pauvre cerveau en surchauffe. Bien sûr, j'avais tout oublié le jour suivant. Je dois bien avoir couvert la moitié de Londres en l'espace d'une semaine : les parcs pour courir; les bibliothèques pour retenir un maximum d'informations - en vain; le Chemin de Traverse pour avoir un pied dans le monde sorcier; les cafés pour relire mes cours et essayer de m'en souvenir- toujours en vain.
Je prends de nouveau une grande inspiration et ouvre l'enveloppe, les mains tremblantes. J'en sors la lettre, mais ne l'ouvre pas. Et si j'ai perdu ? Et si je dois rester ici ? Je sais pourtant que le seul moyen de le savoir est de lire le contenu du papier que je viens de reposer sur mon lit. Pourquoi est-ce que c'est si dur ? J'avais tellement hâte que cette enveloppe arrive, et maintenant qu'elle est là j'ai tellement peur que j'aimerais qu'elle reparte d'où elle vient. Après quelques minutes de plus à l'observer, en dessinant la cicatrice sur ma cuisse, je finis par l'attraper et la jeter dans le tiroir de ma table de nuit. Je ne reste pas plus longtemps dans la pièce : j'attrape mon casque, déverrouille ma porte, la franchit, puis je dévale l'escalier, quittant la maison en claquant la porte. Je n'entends même pas mon père qui râle à cause du claquement : j'ai déjà mon casque, musique à fond. Je prends la direction du parc le plus proche et passe les deux heures suivantes à courir. Je suis loin d'être dans la bonne tenue pour ça, mais si je ne le fais je vais exploser. Lorsque je sens que mes jambes vont lâcher, je m'assois sur un banc et je passe le reste de la journée ici, simplement assise. Je me décide à rentrer lorsque le soleil commence à se coucher : tard, donc. Lorsque je franchit le seuil de la maison, je ne m'attarde pas et monte de nouveau dans ma chambre avec une détermination nouvelle. Je ne ferme même pas la porte de ma chambre : je vais tout droit vers ma table de nuit et en sort la lettre dépourvue de son enveloppe. Je ne perds pas une seconde. Qui sait combien de temps ce sentiment va durer ? Je lis le contenu de la lettre d'une traite, et un nouveau sentiment s'empare de moi.
Je l'ai eu. J'ai gagné. Je ne remettrais plus les pieds ici.
Je m'en vais.
Quand on me regarde dans les yeux, je pétrifie à vie.
Marraine • UDS • Clarke Kane • Couleur RP : #484c67
Trouvaille d'avatar par la merveilleuse Ava Meywood