29 juin 2024, 22:51
E.C Qu'est-il advenu de mon navire ?
Depuis combien de temps n’avait-elle pas laisser cette flamme danser en elle ? Étouffée par l’étoffe de la bienséance, elle se mourrait depuis si longtemps…
Mais il était encore trop tôt pour que la flamme devienne un brasier. Trop tôt. Bien trop tôt. Il ne fallait pas se laisser séduire par l’occasion qu’Elicia lui proposait. Alice était loin, si loin de la Grande-Bretagne. Elle aurait aimé pouvoir se lancer à corps perdu dans la bataille que menait Jacob, et ainsi honoré ses sacrifices. Mais pour l’heure, Alice devait honoré ceux de ses Ancêtres.
Chaque chose en son temps.

Alice coula un regard à Elicia lorsque cette dernière prit à nouveau la parole.
Nous nous entraînerons, disait-elle. Nous t’attendrons, ajouta t-elle.
Alice se redressa, son regard planté sur Elicia, détaillant ses expressions faciales sans un mot. Les yeux d’argent décortiquaient chaque trait, chaque rictus, chaque mouvement.
Était-ce idiot de penser que la rousse avait volontairement omis de répéter, ou d’au moins résumer les ordres d’Alice ?
Probablement.
Et pourtant… un doute subsistait. Elicia n’était pas faite du même bois qu’Alice, c’était une évidence. Quand bien même elle avait rejoint le MERLIN, elle n’était pas la recrue la plus… vigoureuse.

Alice fronça les sourcils, avant de détourner le regard. Quelque soit la vérité qui se cachait sous les hypothétiques non-dits d’Elicia, que pourrait faire Alice ? Lui sommer de répéter ce qu’elle lui avait demandé de transmettre aux autres membres du MERLIN ? Une approche un tantinet exagéré.

« Je reviendrai après l’obtention de mon diplôme », répondit Alice, ses doigts ajustant sa tresse sur son épaule. « Je vous contacterai. Enfin, si tant est que vous ayez encore suffisamment de cran pour me suivre. »

Alice lança un regard en biais à Elicia. « Si mes souvenirs sont bons, tu es une Sang-Mêlé. Alors, dis moi, très chère Elicia. » Chacune des dernières syllabes furent articulées avec soin. « Lorsque je reviendrai, auras-tu le cran nécessaire pour reprendre ton pays à ceux qui te considèrent comme une moins que rien... ou dois-je m’attendre à être la seule à me battre pour votre liberté ? »

Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050

30 juin 2024, 12:12
E.C Qu'est-il advenu de mon navire ?
Le regard d'Alice se faisait pénétrant. Qu'avait-elle dit qui puisse faire réagir son interlocutrice de cette manière ? Pourquoi avait-elle la désagréable impression qu'Alice la sondait, qu'elle essayait de lire au plus profond de ses pensées ? Peut-être avait-elle compris la raison de l'omission d'Élicia quant à sa consigne d'espionnage.
La rousse se sentit soudain plus petite sous le regard scrutateur de l'ancienne Serpentard. Celle-ci était intimidante, elle ne pouvait le nier. Mais ces yeux aciers aussi dur que la glace qui la fixaient comme s'ils cherchaient à élucider tous ses mystères... C'était autre chose.

Alors Élicia attendit, n'osant pas faire le moindre geste. N'osant pas dire le moindre mot, de peur qu'Alice se déchaîne sur elle.
Lorsque cette dernière fronça les sourcils, la Poufsouffle n'osa même plus respirer. Que se passait-il ? Qu'avait-elle fait, ou dit, qui justifiait cette réaction ? Comme ce silence était pesant... Elle le ressentait dans tout son être, du nœud dans son estomac à son cœur qui s'était comme pétrifié à l'instar de sa poitrine.
Puis Alice détourna le regard, et Élicia se permit à nouveau de respirer. Peut être avait-elle évité le pire.

Son ancienne camarade reprit la parole, répondant aux dernières questions d'Élicia.
Il restait donc un peu plus de deux ans avant son retour en Grande Bretagne. Voilà qui laisserait assez de temps au MERLIN pour trouver les informations qu'elle leur avait demandé, et assez de temps pour s'entrainer. Pour faire revivre l'organisation afin que celle-ci soit prête à son retour. C'était du moins ce que la rouquine espérait. Et cela devait se passer de cette manière, le MERLIN devait reprendre son activité, car sinon elle ne donnerait pas cher de sa peau le jour où elle reverrait le dragon qu'était Alice.

Tandis que cette dernière remettait en place sa tresse, ses mots percutèrent de nouveau Élicia. De nouveau, son regard croisa le sien, et il était loin d'être bienveillant.
Pourquoi la mention de son statut lui était si désagréable ? Alice n'avait fait qu'énoncer un fait, mais la manière dont elle l'avait dit... Et le "très chère Élicia", qui lui aurait fait plaisir s'il n'avait pas été prononcé aussi froidement. A l'évidence, elle n'avait pas évité le pire.
La suite la pétrifia sur place. Parler de son statut de cette manière était une chose, mais remettre en doute sa loyauté en était une autre. Les mots tranchants d'Alice avait touché où ça faisait mal, une fois de plus.
L'ancienne Serpentard avait, semblait-il, bien remarqué l'omission de la jeune fille quant à la mission d'espionnage qu'elle leur demandait. La Poufsouffle se retrouvait maintenant dans une position particulièrement inconfortable. Que dire à Alice alors que son regard perçant la fixait, certainement dans l'attente d'une réponse acceptable ?
Car elle se refusait toujours d'utiliser ses amis. Elle refusait de faire du tort à ceux qu'elle aimait, même si Alice lui demandait. Elle refusait de le faire, car ils n'avaient rien à voir avec son combat. Elle devait atteindre leur parents, et non eux, mais l'idée de les utiliser à cette fin la dérangeait au plus haut point. Que dirait Brett s'il l'apprenait ? Il n'avait pas demandé à être Sang Pur. Et elle n'osait même pas imaginer la réaction d'Aliosus, si celui-ci apprenait tout cela, Alice, le MERLIN, la mission qu'elle leur demandait d'accomplir.

Alors elle dit la vérité. Alice était trop intelligente pour remarquer si elle omettait de nouveau quelque chose, ou pire, si elle lui mentait. Et, dans cette situation, aussi inconfortable soit-elle, elle se refusait toujours à mentir.

Je ne veux pas reprendre mon pays à ceux qui me l'ont soit disant pris, ou qui me prennent pour une moins que rien. Je veux que mon pays m'appartienne officiellement de la même manière qu'il leur appartient. Pour la plupart, leur enfants n'y sont pour rien dans cette histoire, et je ne veux en aucun cas les compromettre.

A la fin de sa phrase, Élicia risqua un coup d'œil vers le château, comme si elle pouvait voir Aliosus à travers ses murs. Puis son regard revint sur Alice.
Elle devait arrêter de paraître intimidée, même si elle l'était.
Elle se redressa donc, ses yeux bleus fixés dans ceux d'Alice, ses mains dans son dos dans une position qui ressemblait à celle qu'avait pris son interlocutrice un peu plus tôt. Seuls ses doigts, cachés du regard d'Alice, trahissaient son malaise.
Elle voulait montrer à son ancienne camarade qu'elle n'était plus la même jeune fille qu'elle avait laissé en partant à Beauxbâtons quelques années plus tôt. Elle voulait lui montrer qu'elle avait gagné confiance en elle. Qu'elle était plus forte qu'avant. Lui montrer qu'elle avait des valeurs et qu'elle ne les laisserait pas tomber aussi facilement, qu'en bien même cela ne plaisait pas à Alice.

Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off

30 juin 2024, 14:33
E.C Qu'est-il advenu de mon navire ?
Elicia, Elicia, Elicia…
Trop douce. Trop aimable. Trop naïve.
La réponse qu’elle adressa à Alice était celle d’une jeune fille qui n’avait jamais eu à porter une armure, et dont les rêves infantiles n’avaient jamais été piétiné. Alice remerciait les Dieux pour l’attention bienveillante qu’il portait sur Elicia.
Tant mieux pour elle.
Tant mieux pour tout ceux qui jugeraient les volontés d’Alice trop extrêmes.
Mais que jamais ils n’osent prétendre être des soldats au service de la Justice.

Alice contempla en silence le changement d’attitude de la rousse. Corps redressé, mains dans le dos. Était-ce par mimétisme ? Probablement. Peut-être pas. Qu’importe.

« Et que deviendrons les rejetons des partisans du Gouvernement une fois quitté Poudlard, Elicia ? » demanda Alice en observant les réactions de la rousse. « Crois-tu qu’ils accepteront de te laisser une once du pouvoir que le Conseil leur a offert par leur simple naissance ? Un Sang-Pur qui se lient aux sorciers comme toi est cruellement nommé Traître à son sang. » Alice posa son doigt fin sur sa joue, révélant sa cicatrice pendant quelques secondes. Boursouflée et disgracieuse, le symbole de la traîtresse à son sang qu’elle était pour les Sang-Pur.
Une fierté pour Alice. Une honte pour sa famille.

« Crois moi. L’intérêt que tes amis Sang-Pur pourraient avoir pour toi fondra comme neige au Soleil le jour où leurs faits et gestes seront épiés par leurs aînés. », ajouta Alice en faisant à nouveau disparaître sa cicatrice. Elle s’avança vers Elicia, ramenant ses mains dans son dos. « Mes mots te sembleront sans doute douloureux, mais ils n’en demeurent pas moins des vérités. Enfin, quoi que je pourrais bien te dire… tu décideras d’entendre ce que tu pourras supporter, n’est-ce pas ? Alors je vais te donner un ordre différent, rien que pour toi. Ainsi, tu ne compromettras ni ces… enfants, ni ton blanc manteau. »

Alice libéra l’une de ses mains et la tendit vers Elicia. Elle pinça une mèche rousse entre ses doigts, et joua un instant avec. Des rousses, toujours des rousses…

« Trouve les Sang-Pur qui ne te verront pas comme une tâche dans leur arbre généalogique. » Alice observa la mèche, la caressa avec une douceur étonnante aux vues de ses pensées actuelles. « Ce devrait être simple, si il n’y sont pour rien dans cette histoire. »

Alice darda à nouveau son regard dans celui d’Elicia. Ses doigts lâchèrent ses cheveux.

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Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050

30 juin 2024, 18:37
E.C Qu'est-il advenu de mon navire ?
Elle refusa de vaciller. Il lui fallut toute sa volonté et sa concentration pour paraître impassible face à Alice, et c'était bien plus difficile qu'il n'y paraissait. Pourtant, seuls ses yeux cillèrent, preuve du trouble que les mots d'Alice avait instaurés en elle.
L'ancienne Serpentard ne s'arrêtera donc jamais. Ses mots, ses paroles aussi acérés que la langue d'un serpent, avait frappé. Encore. Droit dans le cœur d'Élicia et ses convictions. Droit dans la confiance qu'elle accordait à ses amis. Droit dans sa confiance en elle.
Alice se mettait du côté de ceux qui voulait défendre les gens comme elle. Les sorciers et sorcières qui n'avaient pas eu la chance, ni même le choix de leur naissance. Nés-moldus, comme Lumah, ou Sang-Mêlé, comme elle. Et pourtant, avec ces mots, Élicia se sentait presque comme la moins que rien que les Sangs-Purs pensaient qu'elle était.

Pourtant, elle refusait toujours de croire que ses amis seraient comme leur parents. Brett n'était pas comme eux. Aliosus... elle n'en était pas sûre. La rousse ne parlait pas de ça avec lui, peut-être à raison. Que deviendrait-il après Poudlard ? Ses deux amis l'accueilleraient-ils à bras ouvert si elle essayait un jour de rejoindre le Conseil ? Si un jour, elle pouvait gagner la once de pouvoir dont Alice parlait ? Comment réagiraient-ils ? Elle n'en avait aucune idée, et la réponse lui faisait plus peur qu'elle ne voulait l'admettre.

Lorsqu'Alice dévoila sa cicatrice, Élicia ne put s'empêcher de tressaillir. Serait-elle vraiment capable de lutter au point de se mettre en danger de cette manière ? Un simple sortilège cachait la joue de son ancienne camarade, mais elle garderait cette marque à jamais. Rappel constant du déshonneur qu'elle avait infligé à elle-même, mais aussi à sa famille. La rousse regarda la cicatrice jusqu'à ce qu'elle disparaisse, ne voulant pas baisser les yeux. Hors de question de céder maintenant.

Douloureux, c'était le moins qu'elle pouvait dire. Élicia luttait en son for intérieur pour ne pas remettre en doute son couple, ni son amitié avec Aliosus. Ils faisaient tous les deux partis de ses amis les plus proches, et elle refusait catégoriquement de les perdre. Mais ce n'était malheureusement pas de son ressort. Que ferait-elle si Brett finissait par la quitter parce que ses parents ne supportaient pas l'idée qu'ils soient ensemble ? Rien, elle ne pourrait rien faire à par essayer de le convaincre de rester, aussi pathétique que cela puisse paraître.

Élicia regarda Alice s'approcher, les mains dans le dos. Elle se battait avec elle même pour ne pas montrer son envie de partir, son envie de ne plus rien entendre. La rousse savait qu'elle devait faire face, entendre tout ce que l'ancienne Serpentard avait à dire, même si c'était difficile. Elle devait se faire violence et continuer. Rester droite, paraître forte, alors que tout son être lui demandait de partir.

Mais ce n'était pas seulement l'idée de perdre ses amis qui la répugnait dans l'idée d'utiliser les enfants de Sang Purs. Elle n'allait pas punir ses camarades de Poudlard pour quelques choses qu'ils n'avaient même pas encore fait. Ce n'était pas une question de supporter ce qu'Alice disait que de vouloir garder ses principes. Car pour ça, Élicia ne changerait pas d'avis.

Alors elle regarda la main d'Alice se rapprocher, la laissa jouer avec l'une de ses mèches. Et elle écouta la consigne qu'elle lui donnait, à elle seule. Ce qui n'avait rien de glorifiant, car cette consigne personnelle montrait qu'Alice doutait de sa loyauté et de sa capacité à effectuer ses ordres, cela montrait qu'Alice la pensait faible, et ce n'était pas ce qu'elle voulait renvoyer.

Encore une fois, ses mots acérés touchèrent au bon endroit. Brett était en couple avec elle. N'était ce pas une preuve suffisante ? En revanche...
Le souvenir d'une fin de matinée de février, trois ans plus tôt. Une liste de garçons, deux d'entre eux face à elle et ses amies. Puis il n'était plus restée qu'elle et l'un des garçons, qu'elle se rappelait fortement apprécier à cette époque. Et une discussion avait suivi, douloureuse, où elle avait expliqué à Aliosus la raison de sa présence en première place sur cette liste. Quand elle lui avait avoué qu'elle l'appréciait beaucoup, et qu'il lui avait dit que lui aussi. Mais pas comme ça.
Elle se souvenait avoir pleuré un moment, et l'avoir évité les mois suivants, jusqu'à l'hiver suivant.
Était-ce pour cela ? Parce qu'elle n'était pas Sang Pure ? Ou était-ce réellement parce qu'il ne l'appréciait pas comme elle l'aurait voulu ?
Revoir le passé n'était jamais bon, mais voilà que le doute avait percé ses défenses le temps d'un instant.

Sous le regard d'Alice, Élicia hésita à garder le silence. Sa voix risquait de trembler, les mots pouvaient même rester coincer dans sa gorge. Non, elle ne devait pas montrer à l'ancienne Serpentard à quel point elle était affectée.

Ils n'ont ni choisi leur situation, ni la mienne. Qu'en bien même, après Poudlard, ils deviennent leur parents, ça serait finalement la suite logique des choses, parce qu'ils ont été élevés par eux. Pourtant, ils n'y sont pour rien, et tant qu'ils n'ont rien fait, je ne leur ferais rien en retour.

Elle marqua une pause, fière d'avoir réussi à tout dire sans bégayer. Ses yeux bleus dans ceux d'Alice, elle continua, sa posture toujours aussi droite. Ne pas flancher, ne pas céder. Elle pouvait le faire, et elle le ferait.

J'ai suffisamment confiance en mes amis, ils ne m'abandonneront pas comme ça. Ton cousin l'aurait déjà fait. Mais si l'occasion se présente, je leur parlerais, j'essayerais de comprendre leur point de vue, et au besoin j'essayerais de les faire changer d'avis. Je ne dis pas que j'y arriverais, mais je peux essayer et leur laisser le bénéfice du doute.

Pourtant, elle voulait que les choses changent. Elle voulait être aussi légitime que n'importe quels sorciers et sorcières. Sans même parler de pouvoir, elle voulait la justice, et Alice avait raison d'une certaine manière. Cela ne bougerait pas si personne ne faisait rien.

Il y a d'autres moyens de gagner des informations. Lorsque je rentrerais, tu peux être sûre que j'appelerais le MERLIN, et nous commencerons. Je verrais ce que je peux faire, mais ne me demande pas d'utiliser Brett et ton cousin, car je ne le ferais pas. Quant aux autres... J'essayerais d'abord d'en convaincre certains. Si je n'y arrive pas... Je ne promets rien.

Pourquoi ces derniers mots avaient-ils un goût de cendre dans sa bouche ?

Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off

30 juin 2024, 22:37
E.C Qu'est-il advenu de mon navire ?
Alice aurait-elle dû prendre des pincettes pour s’adresser à Elicia ? Certainement pas. Ses mots étaient durs à entendre, mais ils n’en demeuraient pas moins des vérités. Elicia voulait garder des oeillères ? Alice lui arracherait.
C’était son rôle.
Elle était celle qui les avait rassemblé. Elle était celle qui les guiderait.

Elicia répondit enfin. Et sa réponse empli le coeur d’Alice de fierté. En voilà des mots plein de loyauté. Quel dommage qu’elle ne soit pas dirigé vers Alice et le MERLIN. Car cette loyauté là marquait un peu plus l’avis qu’elle avait sur Elicia : elle était naïve.
Elicia ne savait rien de la vie que pouvait mener un enfant de Sang-Pur, puisqu’elle même était le fruit de l’union d’un sorcier et d’une moldue. Elle ne savait rien du sang qui coulait dans les veines des Carter, Nerrah, Sangblanc, Cooper, Harrison… Elle ne savait pas que chaque goutte de sang portait les sacrifices des ancêtres. Amour, rêves, avenir… chaque Sang-Pur connaissaient le prix à payer pour la préservation d’une lignée. Elicia, comme chaque Sang-Mêlé, comme chaque Né-Moldu, ne savait rien de ce combat ancestral qui se jouait dans leur dos depuis des siècles.

Malgré sa loyauté envers ses amis, Alice vit le doute dans les yeux bleus d’Elicia. Elle avait réussi à faire germer la graine de la raison. Bien. C’était tout ce qu’Alice pouvait espérer.

Et pourtant, Elicia continua sa diatribe.
Diatribe dans laquelle elle mentionna Aliosus. Ses sourcils se froncèrent comme on armerait deux arbalètes.
Peste doit de la naïveté de cette petite bécasse ! Faire changer d’avis Aliosus sur quoi donc, au juste ? Le bien fondé de sa supériorité naturelle ? Aliosus était le fruit doré d’un arbre ancestral ! Le sang pur qui coulait dans ses veines chantaient des histoires aujourd’hui oublié ! Il était l’Allemagne, la France, l’Irlande, l’Algérie ! Il portait en lui les combats de ses ancêtres, le refus de disparaître au profit de Sans-Pouvoir belliqueux ! Il était l’héritier de conquérants ! Il était…
Alice sentait que sa mâchoire s’était contracter. Force et dignité, murmurait-elle en songe. Force. Dignité.

Il y avait plus urgent que l’indignation : il y avait Elicia, et son refus de comprendre que la guerre implique de se salir.
Pourquoi diable continuait-elle d’invoquer le nom d’Alice, et celui de Brett ? Pensait-elle parvenir à toucher le coeur sensible de la française ?
Mais ce coeur, Elicia, Alice le muselait lorsqu’il fallait laisser parler sa rage. Car si il y avait bien une chose qui pouvait ébranler Alice, s’était bien l’amour qu’elle portait pour son sang.
Ce même amour qui l’avait poussé à créer le MERLIN. Celui qu’elle portait à son père, dont le nom avait été traîné dans la boue par ceux que son oncle Magnus avait rejoint.
Oncle Magnus et Aliosus étaient dans son coeur, chaleureusement protégé des éclats de rage d’Alice par ce qu’elle refusait de nommer.

Alice garda le silence pendant de longues secondes, son regard ne quittant jamais Elicia. Son coeur battait la chamade, encore tourmenté par sa précédente colère silencieuse. Force et dignité, Alice.

« Tu sais, Elicia », dit-elle enfin. « Je suis convaincue d’une chose. » Alice étira un sourire sans joie, ses lèvres découvrant ses dents avec lenteur. « C’est un Sang-Pur qui renversera le Conseil. »

Alice s’écarta d’un pas, puis un autre, avant de rompre le contact visuel. Elle attrapa à nouveau sa baguette et, d’un geste, la métamorphosa en ombrelle. Elle glissa ensuite ses lunettes noire à ses yeux, qu’elle repoussa sur son nez du bout de son doigt.

« Dans nos veines coulent un sang précieux que nos ancêtres préservent depuis des siècles. Et ils nous l’ont transmis. Ils nous ont transmis cette rage, ce besoin de nous battre pour obtenir ce que nous voulons. Par des mariages, bien sûr… mais par des sacrifices dont jamais toi, ni aucun autre enfant né d’un parent Sans-Pouvoir ne pourrez jamais imaginer le prix. »

Alice s’éloigna pour retourner aux Abraxans. Elle tendit sa main pour laisser un museau venir la renifler.

« Vous pouvez vous estimez heureux de m'avoir dans votre camp, Elicia. Car contrairement à toi, Rufus, Wilson, cette idiote d’Irene ou cet abruti de Christopher, je n’ai pas peur de me salir les mains. C'est dans ma nature : me battre pour préserver ce qui me revient de droit. Et cette chose que je réclame, c'est la Justice. Celle pour mon père que le Conseil a traité comme un ennemi de la nation. Pour mon frère qui se bat pour vous. Pour mon oncle qui s'est perdu dans le combat. Et pour ce Né-Moldu qui m'a sauvé la vie. Pour vous tous que le Conseil piétine en toute impunité. »

Alice bascula sa tête sur le côté et jeta un regard par dessus son épaule à Elicia.

« Libre à toi de garder les mains propres. D’autres se les saliront pour toi. Si je dois salir un peu plus les miennes pour préserver ton blanc manteau et celui des autres membres du MERLIN, je le ferai sans sourciller. Et tu seras libre de crier victoire avec nous lorsque nous aurons réussi. Ce sera entre toi et ta conscience. Dans un cas comme un autre, quelque chose aura perdu de sa superbe. »

Les doigts blancs d'Alice quittèrent le museau de l'Abraxan. Elle pivota, et s'éloigna des box.

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Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050

1 juil. 2024, 13:12
E.C Qu'est-il advenu de mon navire ?


Élicia avait vu les sourcils d'Alice se froncer. Elle avait remarqué sa mâchoire se durcir. Peut-être n'aurait-elle pas dû mentionner Aliosus, ni Brett.
Pourtant, elle ne le regretta pas. Elle refusa de faire marche arrière, elle était trop engagée. Cette discussion était dure, bien loin de ce qu'elle avait imaginé en venant ici, mais la rousse savait qu'elle était nécessaire.

Toujours droite, les yeux dans ceux d'Alice, la jeune fille se préparait au pire. Dans son dos, ses ongles s'enfonçaient dans la paume de sa main tandis qu'elle essayait de se maîtriser. Ne pas trembler. Ne pas ciller. Rester droite, impassible sous le regard de l'ancienne Serpentard. Pourtant, à l'intérieur, elle le sentait. Son cœur qui battait plus vite qu'à l'accoutumé, son souffle qui s'était fait plus rare. Le nœud serré dans son estomac.

Mais pire encore, c'était ses pensées. Un ouragan se jouait dans sa tête, questions sans réponses, ou pire. Remise en question. Elle ne voulait pas se servir de ses camarades. C'était tellement déloyal. Mais avait-elle réellement le choix ? Devait-elle réellement les épargner, risquant ainsi d'échouer dans son objectif ? Recueillir des informations ne faisait pas de mal. Mais pourquoi se sentait-elle sale rien que d'y penser ? Commençait-elle vraiment à envisager cette possibilité, alors que quelques instants plus tôt elle refusait catégoriquement d'y participer ? Alice était-elle à ce point douée avec ses mots qu'elle arrivait à insuffler en elle le doute, l'incertitude ? Car Élicia n'était plus sûre de rien.
Enfin si. Quoi qu'elle déciderait, Brett et Aliosus seraient épargnés. Sur ce point là, elle était intransigeante.

Et Lumah, que ferait-elle à sa place ? Elle qui avait été harcelé par d'autres élèves la pensant impure, la prenant pour une moins que rien ? Peut-être sa meilleure amie n'aurait pas de doute, elle. Peut-être qu'elle n'hésiterait pas à se salir les mains pour leur cause.
Le doute était trop ancrée en Élicia. Elle ne pouvait plus que penser qu'à ça : devait elle devenir espionne pour le compte du MERLIN, au risque de perdre ceux qui lui étaient cher ? Ils ne devaient pas savoir, mais si un jour ils l'apprenaient... Que ferait-elle ?
Elle se souvenait de cette phrase, lu dans un livre : "Le doute est une force, une vraie et belle force. Veille simplement à ce qu'elle te pousse toujours en avant". Mais dans sa situation, où était l'avant ? Choisir la sûreté reviendrait-il à reculer, ou avancer ?
Le pari était risqué, mais... et si l'avant était la direction qu'indiquait Alice ? Élicia allait-elle quitter le confort et la lumière de la sécurité, pour suivre ce chemin sombre et plein d'incertitude, seulement guidée par son ancienne camarade ?

Alice reprit la parole, son sourire sans joie n'annonçant rien de bon pour la suite. Après tout, c'était comme ça déjà depuis un certain temps. Élicia n'avait qu'à lever son bouclier et attendre que l'orage passe, en espérant que celui-ci ne fasse pas trop de dégât.

Les mots d'Alice lui insufflaient une force qu'elle n'avait pas. Son être lui criait de prendre les armes, de montrer à l'ancienne Serpentard qu'elle la suivrait. Son esprit, lui, était toujours pris entre deux feux.
Était-ce stupide si elle pensait aux héroînes de ses livres à cet instant ? Peut-être un peu. Mais que feraient-elles, ces guerrières, ses reines qu'elle aimait tant ? Sans aucun doute, elles prendraient les armes. Élicia était-elle vraiment capable de se battre, de se mettre en danger de cette manière ? Car même si les paroles étaient belles et donnaient envie d'aller au front, serait-elle vraiment capable d'y rester ? Serait-elle capable de prendre les armes et se battre pour la justice, pour ses convictions ? Pour elle, pour tous les autres Nés-Sorciers et Sang-Mêlés ? Pour la famille d'Alice, et tous les Sangs-Purs se trouvant dans leur situation ?

Comme l'idée lui semblait belle, comme elle la faisait rêver... Mais jamais elle ne s'était imaginée à la place de ses héroïnes favorites. Jamais elle n'avait saisi l'ampleur de leur force, de leur détermination et de la guerre qu'elles menaient. Alice était ce qu'il se rapprochait le plus de ces héroïnes dans le monde réelle. Et voilà qu'à son tour, elle commençait à s'imaginer lutter pour la reconnaissance de son statut, pour la justice qu'ils méritaient tous.

Élicia n'arrivait pas à s'expliquer l'émotion qui montait en elle. Ce sentiment de puissance, de force. Cet espoir qu'ils puissent y arriver.
Alice avait raison. Elle ne pouvait pas attendre que ça se passe, pour ensuite se réjouir des victoires des autres. Elle devait participer. La rousse n'avait pas la prétention de dire que son aide serait utile, mais elle se devait d'essayer.

C'est peut-être un Sang-Pur qui reversera le Conseil. Mais il ne le fera pas seul.

La jeune fille regarda Alice, avec son ombrelle et ses lunettes de soleil, s'éloigner du box. Elle aurait voulu contempler l'Abraxan, mais à cet instant cela lui importait très peu.
Son regard posé sur l'ancienne Serpentard, ses mots s'étaient fait posés, calmes. Déterminés.
Et dans ses yeux, le doute n'était plus présent. Elle l'avait refoulé, attendant de se retrouver seule pour remettre en ordre ses pensées.

Je préfère vivre dans le présent, plutôt que dans le passé. Que vos ancêtres soient des héros, qu'ils se soient battus pour vous, pour nous, c'est remarquable et nous leur seront toujours redevable. Ce sont qu'à moitié mes ancêtres, et je n'aurais nulle prétention les concernant. Mais je les remercie pour leur sacrifices.

Elle s'aventurait sur un terrain dangereux, elle le sentait. C'était si dur de dire ce qu'elle pensait...

Aujourd'hui, vos ancêtres ne sont pas là. Et je n'ai pas besoin d'eux pour avoir envie de me battre. Je ne suis peut-être pas à l'aise à l'idée de me salir les mains, comme tu dis. Mais je ne laisserais pas les autres faire le travail à ma place. Pas de nouveau.

Elle l'avait déjà fait. Elle s'en voulait encore, parfois.
Elle n'était qu'une petite deuxième année à l'époque, mais le souvenir du Bal des Sorcières à Halloween... Il resterait à jamais gravé dans sa mémoire.
Elle s'était lâchement cachée sous une table. Alice, elle, avait reçu sa cicatrice ce jour là. Elle ne s'était pas cachée. La rousse tentait toujours de se convaincre qu'à tout juste douze ans, elle n'aurait rien pu faire, mais le sentiment d'inutilité, mélangé à la honte, ne l'avait jamais réellement quitté. Aujourd'hui, si cela se reproduisait, se batterait-elle pour protéger les plus jeunes ? Cela lui plaisait de penser que oui, mais serait-ce réellement le cas ? Elle ne pouvait le dire avec certitude.

Son regard se fit plus dur, plus déterminé.

Je serais des vôtres. Je me battrais, pour que les prochains n'aient pas à subir les mêmes choses que ta famille, les mêmes choses que les gens de rangs soit disant inférieurs. Je m'entraînerais, seule ou avec le MERLIN. Et le jour où tu m'appelleras, le jour où tu nous appelleras, je serais prête. Je ferais en sorte que les autres le soient également.

Était-ce cela grandir ? Voir tous ses certitudes, toutes ses illusions partir en fumée en quelques mots bien aiguisés ?
Grandir revenait-il à lutter contre les injustices pour ceux qui ne le peuvent ou ne le veulent pas ?
Si tel était le cas, elle était prête.

Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off

8 juil. 2024, 20:58
E.C Qu'est-il advenu de mon navire ?
Les mots étaient des armes précieuses. C’était ce que l’on avait enseigné à Alice. Avec une langue habile, ils pouvaient charmer, blesser, ou encore convaincre. Tout au long de sa vie, Alice avait eu l’occasion d’être tant victime que témoin de verbe séductrice, cruelle ou encourageante.
Alice savait manier les mots avec délicatesse. Car, comme le disait tante Elise, une Sangblanc n’a besoin que de ses mots pour mettre à genoux son entourage, qu’il soit ami ou ennemi.

Mais mettre à genoux Elicia n’était pas la volonté d’Alice. La jeune fille était précieuse à ses yeux. Elle n’était pas une amie, non plus une camarade et encore moins une ennemie. Elle était une braise dans un feu éteint. Et elle n’avait eu besoin que d’un souffle pour s’embraser à nouveau. Ses douces crépitations s’étendraient aux autres braises endormies. Cela prendrait peut-être du temps, mais Alice voyait à son rougeoiement que, bientôt, le feu brûlerait à nouveau.

Alors, Alice sourit. Ses lèvres s’étiraient, encore et encore, jusqu’à afficher un sourire victorieux. Oui, bientôt, le tendre flamboiement se muerait en un brasier incandescent. Ses flammes détruiraient l’empire des oppresseurs. Et tel le phénix, la Grande-Bretagne renaîtra de ses cendres. Si il fallait pour cela détruire le pays, Alice le ferait. Elle le reconstruirait brique après brique, la justice comme ciment.
A moins qu’il ne s’agisse de son besoin de vengeance ?
Peu importait.
Pour l’heure, seule Elicia importait. La messagère. Celle qui emporterait avec elle le souffle du courage, et le déverserait sur les membres Merlin.

Les paroles d’Elicia lui confirmaient qu’elle prenait à coeur le rôle qui venait de lui être donné. Alice aurait pu lui dire qu’elle avait tort au sujet des Ancêtres, qu’ils n’appartenaient certainement pas au passé, mais elle ne le fit pas, car Elicia ne comprendrait pas. Comment aurait-elle pu ?

Les Ancêtres. Les Sangblanc aimaient à voir les défunts comme des guides. Cette pensée était un héritage, transmis de génération en génération depuis la naissance du premier Sangblanc : Abalanis. Ils vivaient à travers leurs héritiers, mais pas seulement. Ils étaient dans le souffle du vent, dans le chant des oiseaux, dans le murmure des rivières… Ils étaient partout, prêts à guider leur lignée grâce à leurs messages. Grand-Père disait que l’influence des Ancêtres mourraient avec la déchéance de leur lignée. Alice en était convaincue, elle aussi. Pourquoi veilleraient-ils sur les rejetons des héritiers qui n’ont point respecter les sacrifices de leur lignée ? Pourquoi continueraient-ils à guider ceux qui ont jeté l’opprobre sur leur glorieux nom ?

Alice ne parlerait pas de la vision des Sangblanc sur les Ancêtres et l’importance de la préservation du Sang-Pur, car la rousse avait fait son propre cheminement de pensée : elle s’inspirerait des Ancêtres pour avancer.
Alice sourit, amusée. L’image était belle, et inspirante. Sans s’en rendre compte, Elicia avait reçu elle aussi la caresse des Ancêtres.

Alice fit volte face pour confronter le regard d’Elicia. Elle se repus de sa détermination fièrement affichée. Elle englouti goulûment les promesses de sa recrue.
La française recula d’un pas.
« Bien », répondit seulement Alice dans un signe de tête. Rien n’aurait pu lui faire plus plaisir que le nouveau chemin qu’Elicia s’apprêtait à arpenter.

Alice se tourna à nouveau pour quitter les écuries et laisser son ancienne camarade. Après quelques pas, elle s’arrêta à nouveau. Puis, elle tourna à peine la tête sur le côté pour jeter un regard en coin à Elicia, un sourire coquin étirant ses lèvres rosées.

« Il n’y a rien de plus beau qu’une fleur qui s’épanouit pour la première fois après un long sommeil. »

Et sur ces mots, Alice reprit son chemin.
Une bonne chose de faite.
Maintenant, il était temps d’aller arracher Aliosus des griffes venimeuses de Léonie.

Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050

8 juil. 2024, 23:50
E.C Qu'est-il advenu de mon navire ?
Alice souriait. Était-ce bon signe ? Élicia n'en avait aucune idée, et bien qu'elle l'espérait, elle se préparait quand même à recevoir une nouvelle vague de mots acérés.

Pourtant, l'ancienne Serpentard semblait avoir apprécié ses mots à elle. Son sourire s'était fait victorieux, ce qui était à la fois rassurant et inquiétant. Peut-être la rousse était-elle sortie d'affaire. Peut-être que cette discussion arrivait à sa fin. Pas que se fut ce qu'elle attendait, loin de là. Converser avec Alice était toujours intéressant, toujours enrichissant. Comme cette fois où son ancienne camarade l'avait aidé dans l'apprentissage d'un sortilège, Flambios si elle se souvenait bien, avant les examens. Avant qu'Alice ne parte pour Beauxbâtons, avant qu'elle ne laisse le MERLIN sans directive précise.
Elle aimait parler avec la jeune sorcière, seulement ce n'était pas toujours des conversations agréables. Celle qu'elles venaient d'avoir en était la preuve.

Mais ça lui avait permis d'ouvrir les yeux. Ça avait insuffler en elle ce sentiment de révolte, cette envie de se battre pour la justice qu'elle méritait, la justice qu'ils méritaient tous. Se battre pour elle certes, mais surtout pour ses amis, pour ses camarades, pour les plus jeunes. Pour les futurs sorciers des prochaines générations. Se battre pour ses enfants, si un jour elle en avait. Se battre pour son monde.

Elle n'avait jamais été trop attachée à ses ancêtres. N'appartenant pas à une famille de Sang-Pur, cette notion lui était bien différente que celle qu'on avait apprise à Alice durant son enfance. Seulement, à cet instant, elle s'imaginait à la place de ses descendants, ceux qui honoreraient son combat, si ils arrivaient à leur fin. Et l'image lui plaisait.
Alors elle se salirait les mains pour eux. Pour rendre hommage au passé, bien que la plupart ne pensaient pas à elle et aux autres sorciers de rangs dit "inférieurs". Elle se salirait les mains pour le présent, pour elle et ses proches, pour ses amis, ses connaissances. Pour Alice, pour Lumah, pour le MERLIN et ceux qui ne le pouvaient pas. Et elle le ferait pour le futur. Pour ces enfants qui n'avaient encore aucune idée du monde dans lequel ils se trouvaient, et qui entreraient bientôt à Poudlard. Ou pour un futur plus lointain, pour ses enfants, ses petits enfants. Et tous les autres.

Élicia était apeurée, mais qui ne le serait pas. Seulement, la peur amenait à faire de grande chose, elle en était convaincue. Sans peur, on ne pouvait avoir assez de détermination pour faire ce qu'elle s'apprêtait à faire. S'engager, lutter. Se battre.

Converser avec Alice était intéressant et enrichissant. Mais là, elle avait besoin de mettre ses idées au clair.
"Bien", fut la seule chose qu'Alice trouva à dire après tout ce qu'elle-même avait exprimé. Ce simple mot semblait annoncer la fin de leur rendez-vous, mais alors que l'ancienne Serpentard tournait les talons, Élicia resta bien droite, ne bougea pas d'un centimètre. Et si, sans la présence d'Alice, elle perdait cet élan d'espoir, cet élan de détermination qui avait allumé cet étincelle en elle ? Et si elle perdait tout son courage ?

La rousse ne pouvait pas laisser tomber. Alice comptait sur elle, et la jeune fille n'osait imaginer ce qu'il se passerait si, la prochaine fois qu'elles se croisaient, rien n'avait changé du côté du MERLIN. Mieux valait pour elle que les choses s'arrangent et bougent enfin.

Lorsqu'Alice se retourna une dernière fois, son sourire malicieux n'eut pas pour effet de rassurer la Poufsouffle. Et la phrase qu'elle prononça la laissa dans une profonde confusion.

"Il n’y a rien de plus beau qu’une fleur qui s’épanouit pour la
première fois après un long sommeil."


Alice parlait elle du MERLIN, ou d'elle ? Élicia n'osa poser la question. Elle se contenta d'hocher la tête, puis d'observer Alice rentrer au château, certainement pour retrouver Aliosus.
Lui avait elle fait un compliment ? La rousse rougit à cette idée. Son ancienne camarade n'était pas du genre à distribuer des compliments facilement, alors si c'était bien le cas... Elle en était fière. Fière que cette entrevue se soit terminé de cette manière. Fière de s'être fait bien voir, du moins elle l'espérait, par Alice.
Tandis qu'elle méditait sur ces derniers mots, elle s'approcha de l'enclos des Abraxans et frotta le museau du plus proche. Où était Bayard ? La créature lui manquait déjà.
Seule, ses pensées tournoyaient sans cesse dans sa tête. Retrouver Aimée ne lui semblait pas être une bonne idée, alors elle décida de rester ici avec les Abraxans, laissant son cœur reprendre un rythme normal.
En rentrant à Poudlard, elle allait devoir relancer le MERLIN. Commencer la lutte. Mais pour l'heure, elle pouvait se détendre et profiter du spectacle des équidés qui s'offrait à elle.
Élicia aurait tout le temps de penser révolution plus tard.

FIN


Merci pour ce sublime RP, c'était génial d'écrire de nouveau avec toi ! :love:

Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off