Ainsi fond, fond, fond...
Premier samedi de juillet
Sur les digues de Brighton
Mes parents aiment beaucoup trop les plages du sud de l'Angleterre. Enfin, c'est ce que je suppose puisque je ne connais pas d'autres plages que celles-ci. Il m'arrive d'espérer un jour voir les côtes galloises qui font face à la mer d'Irlande, où celles du comté de York, qui donnent sur la mer du Nord. Je me contente chaque année du sable fin du sud, celui sur lequel se jette la Manche. J'ai beau y passer tous mes étés, j'apprécie toujours autant l'air marin qui change de l'atmosphère urbain, celui qui émane le caoutchouc crissé des pneus et les égouts remplis de déchets.
La mer, c'est aussi l'occasion de changer de terrain de jeu. Construire des châteaux éphémères que l'eau finira par envahir. Plonger les pieds dans l'eau souvent glacée, à crier à la moindre petite algue qui se glisse entre les orteils. De longues baignades à sauter par dessus les vagues, et parfois tomber dans l'eau salée à en boire la tasse. C'est aussi se faire de nouvelles amitiés aussi futiles que ces châteaux d'un jour.
Le soir, c'est la tâche pénible de se retirer le sable des cheveux, bien incrusté parmi les racines touffues. Il faut dire que je n'ai pas peur de ces petits grains, et rouler sur la plage ne me cause aucun cas de conscience. C'est aussi la satisfaction, une fois fois lavée, de les ravoir tout lisses, parfumés et doux. De constater le bronzage de la journée que je trouve si joli mais que ma mère aime moins, car elle a peur des coups de soleil. C'est trier ensuite les coquillages ramassés dans la journée qui termineront dans un tiroir aux mille-et-un trésors dont ils ne ressortiront peut-être jamais.
La plage, c'est les vacances avant tout, le premier symbole de l'été, ma vitamine D.
Et parmi ces bagages tant appréciés, il y a la douceur des glaces. Sur les digues de Brighton, il y a une petite caravane rouge que l'on ne peut manquer. Devant elle s'étale une queue de personnes qui semble interminable. Pourtant, le service est rapide. Chez le bon Francesco est la référence glacière de la côte sud de l'Angleterre. Enfin, selon moi. Il a tout ce que j'aime : sorbets et glaces à l'italienne, parfum pistache, coco et caramel, supplément chocolat, chantilly ou morceaux de cacahuètes.
J'ai de la chance aujourd'hui, mes parents ont accepté de faire la queue avec moi et de me payer une glace. C'est ainsi que je repars avec un cornet à la main et le sourire aux lèvres, narguant presque du regard les autres enfants qui n'ont rien.

La crème n'a pas fait long feu. Le soleil tapant et les trente-cinq degrés à l'ombre ont eu raison de sa résistance. Comme je l'attaque par le dessus, je ne vois pas le dessous qui se liquéfie, et la glace coule sur mes doigts. Ce n'est pas grave, je me mets à les lécher. Le goût sucré se mélange au sel et au sable de mes phalanges. C'est ça aussi, les vacances à la plage.
Je me dépêche d'attraper la crème qui coule avant d'en avoir partout sur moi, même si c'est déjà un peu trop tard. Je termine par la gaufre croquante avant de tendre ma main collante en direction de ma mère pour marcher à ses côtés. Bien évidemment, elle la refuse, me demandant d'aller les laver au robinet le plus proche.
Nous finissons par redescendre les escaliers en direction de la longue langue de sable, où mes parents pourront flâner à l'ombre d'un parasol et où j'entamerai la construction d'un nouvel édifice.
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1 Outre le nom du glacier, Francesco fait référence au créateur de la crème glacée, Francesco Procopio. SOURCE
2è année RP
Sur les digues de Brighton
Mes parents aiment beaucoup trop les plages du sud de l'Angleterre. Enfin, c'est ce que je suppose puisque je ne connais pas d'autres plages que celles-ci. Il m'arrive d'espérer un jour voir les côtes galloises qui font face à la mer d'Irlande, où celles du comté de York, qui donnent sur la mer du Nord. Je me contente chaque année du sable fin du sud, celui sur lequel se jette la Manche. J'ai beau y passer tous mes étés, j'apprécie toujours autant l'air marin qui change de l'atmosphère urbain, celui qui émane le caoutchouc crissé des pneus et les égouts remplis de déchets.
La mer, c'est aussi l'occasion de changer de terrain de jeu. Construire des châteaux éphémères que l'eau finira par envahir. Plonger les pieds dans l'eau souvent glacée, à crier à la moindre petite algue qui se glisse entre les orteils. De longues baignades à sauter par dessus les vagues, et parfois tomber dans l'eau salée à en boire la tasse. C'est aussi se faire de nouvelles amitiés aussi futiles que ces châteaux d'un jour.
Le soir, c'est la tâche pénible de se retirer le sable des cheveux, bien incrusté parmi les racines touffues. Il faut dire que je n'ai pas peur de ces petits grains, et rouler sur la plage ne me cause aucun cas de conscience. C'est aussi la satisfaction, une fois fois lavée, de les ravoir tout lisses, parfumés et doux. De constater le bronzage de la journée que je trouve si joli mais que ma mère aime moins, car elle a peur des coups de soleil. C'est trier ensuite les coquillages ramassés dans la journée qui termineront dans un tiroir aux mille-et-un trésors dont ils ne ressortiront peut-être jamais.
La plage, c'est les vacances avant tout, le premier symbole de l'été, ma vitamine D.
Et parmi ces bagages tant appréciés, il y a la douceur des glaces. Sur les digues de Brighton, il y a une petite caravane rouge que l'on ne peut manquer. Devant elle s'étale une queue de personnes qui semble interminable. Pourtant, le service est rapide. Chez le bon Francesco est la référence glacière de la côte sud de l'Angleterre. Enfin, selon moi. Il a tout ce que j'aime : sorbets et glaces à l'italienne, parfum pistache, coco et caramel, supplément chocolat, chantilly ou morceaux de cacahuètes.
J'ai de la chance aujourd'hui, mes parents ont accepté de faire la queue avec moi et de me payer une glace. C'est ainsi que je repars avec un cornet à la main et le sourire aux lèvres, narguant presque du regard les autres enfants qui n'ont rien.

Reducio
Crème :
Que j'aime les jours à la plage, et leur parfum de mer,
Les clapotis de houle, les caresses solaires, quel extase !
Mais les marchands de glaces ont de loin ce que je préfère :
Des cônes aux parfums de citron, de chocolat ou framboise.
Que c'est bon,
Ont-ils conscience des trésors qu'ils font ?
Aux froides lances de leche mes dents s'heurtent sans tact.
Crème de fragrances d'été que sans pitié j'étête.
Que le bon Francesco1 pardonne mes actes,
J'ai détruit son oeuvre d'un seul coup de tête.
Que c'est bon,
Mais voilà qu'au soleil, la crème déjà fond !
Gaufre :
Croque la gaufre croquante qui croque sous mes dents gauches
Crissent les dents creusant la coque creuse de la gaufre
Crût-on aux cris croissants ou aux crocs des croques-mort
Non ce n'est rien que l'écho des crocs de croûte que je mords
Crème :
Que j'aime les jours à la plage, et leur parfum de mer,
Les clapotis de houle, les caresses solaires, quel extase !
Mais les marchands de glaces ont de loin ce que je préfère :
Des cônes aux parfums de citron, de chocolat ou framboise.
Que c'est bon,
Ont-ils conscience des trésors qu'ils font ?
Aux froides lances de leche mes dents s'heurtent sans tact.
Crème de fragrances d'été que sans pitié j'étête.
Que le bon Francesco1 pardonne mes actes,
J'ai détruit son oeuvre d'un seul coup de tête.
Que c'est bon,
Mais voilà qu'au soleil, la crème déjà fond !
Gaufre :
Croque la gaufre croquante qui croque sous mes dents gauches
Crissent les dents creusant la coque creuse de la gaufre
Crût-on aux cris croissants ou aux crocs des croques-mort
Non ce n'est rien que l'écho des crocs de croûte que je mords
La crème n'a pas fait long feu. Le soleil tapant et les trente-cinq degrés à l'ombre ont eu raison de sa résistance. Comme je l'attaque par le dessus, je ne vois pas le dessous qui se liquéfie, et la glace coule sur mes doigts. Ce n'est pas grave, je me mets à les lécher. Le goût sucré se mélange au sel et au sable de mes phalanges. C'est ça aussi, les vacances à la plage.
Je me dépêche d'attraper la crème qui coule avant d'en avoir partout sur moi, même si c'est déjà un peu trop tard. Je termine par la gaufre croquante avant de tendre ma main collante en direction de ma mère pour marcher à ses côtés. Bien évidemment, elle la refuse, me demandant d'aller les laver au robinet le plus proche.
Nous finissons par redescendre les escaliers en direction de la longue langue de sable, où mes parents pourront flâner à l'ombre d'un parasol et où j'entamerai la construction d'un nouvel édifice.
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1 Outre le nom du glacier, Francesco fait référence au créateur de la crème glacée, Francesco Procopio. SOURCE
2è année RP