Mes amours, ma chair, mon sang
14 avril 2048 à Baltasound en Écosse
— Tu as ses yeux, murmures-tu, captivé par le regard de ta première-née.
Tu la tiens avec précaution, craignant de la serrer trop fort, tandis qu'Elizabeth rentre dans la chambre à petit pas, biberon en main qu'elle te donne avec un grand sourire. À peine deux heures se sont écoulées depuis son arrivée, tu l'a invitée à venir juste après que Winnie ait commencé le travail tôt ce matin. Dehors, la pluie bat violemment contre la fenêtre derrière toi. Installé dans une chaise à bascule, tu observes Winnie encore au lit, fournissant un dernier effort :
— C'est bien, Winnie. Je vois sa tête, c'est bientôt terminé ! encourage Judith, la sage-femme.
— Je n'en peux plus… Je me déclare vaincue ! répond Winnie, épuisée.
Pourtant, elle continue de pousser de toutes ses forces, pendant qu'Elizabeth rafraîchit son visage avec un linge humide. Soudain, un cri retentit dans la pièce, suivi d'un long sanglot. La sage-femme dépose votre deuxième enfant, qui gesticule bien plus que la première, dans les bras de Winnie.
— Elle est bien plus vive que son aînée ! s'amuse Elizabeth.
Judith coupe le cordon ombilical, puis se redresse pour plonger ses mains dans une bassine posée sur la commode.
— Félicitations ! Vous avez deux filles magnifiques en pleine forme. Cependant, Mr. Pryor, un contrôle à St. Mangouste serait prudent pour s'assurer que tout est en ordre.
— Je n'y manquerai pas, réponds-tu sérieusement.
— Je vais vous réserver un rendez-vous auprès d'un de mes collègues… Votre mercredi après-midi est disponible, n'est-ce pas ?
— En effet.
— Parfait… Prenez le temps d'allaiter vos bébés Mlle Lloyd : nous allons vous préparer un bon bain. Vous l'avez mérité après tant d'effort.
Judith fait signe à Elizabeth de la suivre, vous offrant un peu d'intimité. Tu quittes ta chaise pour t'approcher de ton amie. Chacune de vos filles se voit attribuer un sein, ce qui fait rire Winnie.
— Je ne pensais pas faire ça un jour… Regarde, elles sont adorables…
— À croquer, même…
Tu as envie de pincer leurs petites joues, mais tu te retiens.
— Dommage que je ne puisse pas participer aux rendez-vous médicaux, déplore Winnie.
— Malheureusement, la capitale n'est pas ouverte aux moldus… Mais on trouvera un piéditromage libéral, comme ça, tu pourras être présente aussi.
Winnie hoche simplement la tête, puis elle regarde les jumelles avec un amour incommensurable. Vous les avez appelées Aisha et Wilmot, des prénoms choisis depuis longtemps et qui semblent parfaitement s'ajuster à leurs visages paisibles, bien qu'elles gesticulent vivement contre leur mère.
La pluie s'apaise dehors, laissant filtrer un doux rayon de soleil à travers les lourds rideaux de la chambre. C'est un moment de pureté, de ces instants rares où le temps semble suspendu, que tu contemples en silence. Soudain, on toque à la porte :
— Le bain est prêt, annonce Judith.
Elle prend les deux petites dans ses bras, tandis que tu aides Winnie à se lever. C'était sa demande : prendre le premier bain avec ses enfants. Elle soupire de soulagement en glissant dans l'eau tiède et sourit de contentement en tenant Aisha et Wilmot dans ses bras. Tu l'aides à les nettoyer délicatement, alors que Judith et la rouquine quitte la pièce. Tu observes leurs petits gestes maladroits, le plissement de leurs yeux face à la clarté nouvelle ; elles ont tellement à découvrir et à apprendre.
— Elles sont si petites, murmure Winnie, ses yeux brillant d'une mélancolie teintée de joie, il faudrait aller à Londres prochainement pour qu'elles puissent rencontre ma mère... mon frère à un mois de libre bientôt, il m'a promit de nous rendre visite à ce moment là.
Tu acquiesces, bienheureux mais aussi attristé ; si Winnie a une famille aussi soudé — excepté le géniteur — ta mère, Hélène, manque à l'appel. Tu sais qu'elle a délibérément ignoré la lettre urgente que tu as envoyée ce matin même et qu'elle ne viendra pas. Si tu n'attendais plus rien de la part de ton père, tu es déçu par le comportement de celle qui t'a mise au monde et juré de t'aimer inconditionnellement.
Tu fixes un instant le miroir face à toi, le visage paisible de Winnie s'y reflète, encadré par ses cheveux ébène humides et ses deux merveilles qu'elle tient contre elle. Et ça te touche profondément, bien plus que tu ne veux l'admettre.
— Je serai là pour chacune de leurs premières fois, murmures-tu davantage pour toi-même que pour Winnie, leurs premiers pas, leur premier mot, même leur première chute. Je ne manquerai aucun de ces moments.
Winnie sourit, te regardant avec reconnaissance avant de replonger dans l'admiration de ses filles.
— Et moi aussi, je serai là, toujours à vos côtés, ajoute-t-elle avec détermination.
Après avoir fini le bain, tu sors les filles de l'eau et les enveloppes dans des serviettes. Avec une douce précision, tu sèches leurs petits corps, avant de les habiller rapidement pour les garder bien au chaud. Pendant ce temps, Winnie profite du bain, avant de vider la baignoire et d'en sortir avec ton aide. Elle se sèche, puis enfile un long peignoir. Vous retrouvez Elizabeth et Judith dans la chambre. Elles ont eu la gentillesse de changer les draps du lit où Winnie s'installe avec ses petites toujours contre elle.
— Plus rien ne me retient, je vais y aller, annonce la sage-femme. Au moindre souci, vous savez où me trouver. Prenez soin de vous, au revoir !
Vous la saluez chaleureusement avant de la laisser quitter votre maison par le réseau de cheminette installé récemment, principalement utilisé par toi pour rejoindre ta boutique. Quant à Elizabeth, après vous avoir longuement félicité, elle quitte la chambre avec empressement :
— Comme on dit chez moi, après l'effort, le réconfort ! Je m'occupe de la cuisine !
— Ton amie est adorable, s'amuse Winnie.
— Un vrai rayon de soleil.
Dans la tendresse de cet instant, tu sais que tout ce qui viendra sera affronté avec la force de ces liens indéfectibles, tricotés autour de tes filles que tu protégeras jusqu'à ton dernier souffle.
— Tu as ses yeux, murmures-tu, captivé par le regard de ta première-née.
Tu la tiens avec précaution, craignant de la serrer trop fort, tandis qu'Elizabeth rentre dans la chambre à petit pas, biberon en main qu'elle te donne avec un grand sourire. À peine deux heures se sont écoulées depuis son arrivée, tu l'a invitée à venir juste après que Winnie ait commencé le travail tôt ce matin. Dehors, la pluie bat violemment contre la fenêtre derrière toi. Installé dans une chaise à bascule, tu observes Winnie encore au lit, fournissant un dernier effort :
— C'est bien, Winnie. Je vois sa tête, c'est bientôt terminé ! encourage Judith, la sage-femme.
— Je n'en peux plus… Je me déclare vaincue ! répond Winnie, épuisée.
Pourtant, elle continue de pousser de toutes ses forces, pendant qu'Elizabeth rafraîchit son visage avec un linge humide. Soudain, un cri retentit dans la pièce, suivi d'un long sanglot. La sage-femme dépose votre deuxième enfant, qui gesticule bien plus que la première, dans les bras de Winnie.
— Elle est bien plus vive que son aînée ! s'amuse Elizabeth.
Judith coupe le cordon ombilical, puis se redresse pour plonger ses mains dans une bassine posée sur la commode.
— Félicitations ! Vous avez deux filles magnifiques en pleine forme. Cependant, Mr. Pryor, un contrôle à St. Mangouste serait prudent pour s'assurer que tout est en ordre.
— Je n'y manquerai pas, réponds-tu sérieusement.
— Je vais vous réserver un rendez-vous auprès d'un de mes collègues… Votre mercredi après-midi est disponible, n'est-ce pas ?
— En effet.
— Parfait… Prenez le temps d'allaiter vos bébés Mlle Lloyd : nous allons vous préparer un bon bain. Vous l'avez mérité après tant d'effort.
Judith fait signe à Elizabeth de la suivre, vous offrant un peu d'intimité. Tu quittes ta chaise pour t'approcher de ton amie. Chacune de vos filles se voit attribuer un sein, ce qui fait rire Winnie.
— Je ne pensais pas faire ça un jour… Regarde, elles sont adorables…
— À croquer, même…
Tu as envie de pincer leurs petites joues, mais tu te retiens.
— Dommage que je ne puisse pas participer aux rendez-vous médicaux, déplore Winnie.
— Malheureusement, la capitale n'est pas ouverte aux moldus… Mais on trouvera un piéditromage libéral, comme ça, tu pourras être présente aussi.
Winnie hoche simplement la tête, puis elle regarde les jumelles avec un amour incommensurable. Vous les avez appelées Aisha et Wilmot, des prénoms choisis depuis longtemps et qui semblent parfaitement s'ajuster à leurs visages paisibles, bien qu'elles gesticulent vivement contre leur mère.
La pluie s'apaise dehors, laissant filtrer un doux rayon de soleil à travers les lourds rideaux de la chambre. C'est un moment de pureté, de ces instants rares où le temps semble suspendu, que tu contemples en silence. Soudain, on toque à la porte :
— Le bain est prêt, annonce Judith.
Elle prend les deux petites dans ses bras, tandis que tu aides Winnie à se lever. C'était sa demande : prendre le premier bain avec ses enfants. Elle soupire de soulagement en glissant dans l'eau tiède et sourit de contentement en tenant Aisha et Wilmot dans ses bras. Tu l'aides à les nettoyer délicatement, alors que Judith et la rouquine quitte la pièce. Tu observes leurs petits gestes maladroits, le plissement de leurs yeux face à la clarté nouvelle ; elles ont tellement à découvrir et à apprendre.
— Elles sont si petites, murmure Winnie, ses yeux brillant d'une mélancolie teintée de joie, il faudrait aller à Londres prochainement pour qu'elles puissent rencontre ma mère... mon frère à un mois de libre bientôt, il m'a promit de nous rendre visite à ce moment là.
Tu acquiesces, bienheureux mais aussi attristé ; si Winnie a une famille aussi soudé — excepté le géniteur — ta mère, Hélène, manque à l'appel. Tu sais qu'elle a délibérément ignoré la lettre urgente que tu as envoyée ce matin même et qu'elle ne viendra pas. Si tu n'attendais plus rien de la part de ton père, tu es déçu par le comportement de celle qui t'a mise au monde et juré de t'aimer inconditionnellement.
Tu fixes un instant le miroir face à toi, le visage paisible de Winnie s'y reflète, encadré par ses cheveux ébène humides et ses deux merveilles qu'elle tient contre elle. Et ça te touche profondément, bien plus que tu ne veux l'admettre.
— Je serai là pour chacune de leurs premières fois, murmures-tu davantage pour toi-même que pour Winnie, leurs premiers pas, leur premier mot, même leur première chute. Je ne manquerai aucun de ces moments.
Winnie sourit, te regardant avec reconnaissance avant de replonger dans l'admiration de ses filles.
— Et moi aussi, je serai là, toujours à vos côtés, ajoute-t-elle avec détermination.
Après avoir fini le bain, tu sors les filles de l'eau et les enveloppes dans des serviettes. Avec une douce précision, tu sèches leurs petits corps, avant de les habiller rapidement pour les garder bien au chaud. Pendant ce temps, Winnie profite du bain, avant de vider la baignoire et d'en sortir avec ton aide. Elle se sèche, puis enfile un long peignoir. Vous retrouvez Elizabeth et Judith dans la chambre. Elles ont eu la gentillesse de changer les draps du lit où Winnie s'installe avec ses petites toujours contre elle.
— Plus rien ne me retient, je vais y aller, annonce la sage-femme. Au moindre souci, vous savez où me trouver. Prenez soin de vous, au revoir !
Vous la saluez chaleureusement avant de la laisser quitter votre maison par le réseau de cheminette installé récemment, principalement utilisé par toi pour rejoindre ta boutique. Quant à Elizabeth, après vous avoir longuement félicité, elle quitte la chambre avec empressement :
— Comme on dit chez moi, après l'effort, le réconfort ! Je m'occupe de la cuisine !
— Ton amie est adorable, s'amuse Winnie.
— Un vrai rayon de soleil.
Dans la tendresse de cet instant, tu sais que tout ce qui viendra sera affronté avec la force de ces liens indéfectibles, tricotés autour de tes filles que tu protégeras jusqu'à ton dernier souffle.
Dernière modification par Kasey Pryor le 25 oct. 2024, 11:07, modifié 1 fois.
| Anxiété sociale : introverti || ✓ flood & mp || x jeu & animation |
"Je préfère pas, raconter ça, personne n’y croit" Pomme - _Jan carte de noël color : #A47786 |
Absence : 00.00.00 à 00.00.00 Activité : grosse baisse |
Mes amours, ma chair, mon sang
Deux mois se sont écoulés depuis la naissance des jumelles, et elles sont déjà pleines de vie. Tu portes l'une d'elles dans son porte-bébé, pendant que sa cadette se fait changer la couche. Bientôt, midi sonne. Aisha somnole, tandis que tu ajoutes une pincée d'épices dans le ragoût qui mijote. La bonne odeur qui se dégage de la casserole fait gargouiller ton ventre.
Quand Winnie redescend avec Wilmot, tout est prêt. Vous déposez les petites dans leurs parcs avant de mettre la table et de vous installer autour du plat. Dehors, il pleut, et cela fait une semaine que l'été est loin d'être rayonnant.
— Le rendez-vous des petites est confirmé, t'indique Winnie.
— C'est le sept, c'est ça ?
Tu acquiesces en mâchonnant ta boulette végétale avant d'ajouter :
— Vers 14 heures... Je n'ai pas encore trouvé de pédiatomage en libéral, personne ne prend de nouveaux patients.
— Ce n'est pas grave si je ne suis pas présente, t'assure Winnie, mais cette situation te déplaît.
— Ce sont aussi tes filles, tu devrais pouvoir être là.
— Malheureusement, ma présence est tout sauf souhaitée...
Avec douceur, tu attrapes son épaule. Tu as de la peine pour ton amie, qui se retrouve mêlée à ton monde sans pouvoir y participer de près ni de loin.
— Je suis désolé...
— Désolé de quoi ?
— Que tu ne puisses pas t'impliquer autant.
— Tant que l'un de nous le peut, c'est déjà ça. Le moment venu, si l'une d'elles se révèle être une sorcière, elle ne sera pas lâchée dans un monde qui lui est totalement inconnu, contrairement aux... comment vous les appelez déjà ?
— Nés-Moldus.
— Merci. Tant que tu es là pour elles, tout ira bien.
Malgré la peine qui te pèse, son assurance t'apaise un tant soit peu. Le ragoût fumant sur la table contraste avec l'ambiance morose de la pièce. Parfois, ton attention se tourne vers les jumelles qui essaient d'attraper les jouets autour d'elles. Tu te promets de tout faire pour qu'elles ne manquent de rien, ni d'amour, ni de compréhension de leur monde complexe. Elles devront s'assimiler à deux cultures pour s'intégrer au mieux. Tu feras ta part, comme Winnie fera la sienne, surtout si l'une d'elles n'est pas une sorcière. Si c'est le cas, elle devra aussi pouvoir mener sa vie en toute tranquillité. Et ça, ce sera alors le rôle de Winnie.
— Dis-moi, Kasey...
Tu observes Winnie, surpris par son changement de ton. Elle est passée de l'optimisme à l'inquiétude, et cela t'interpelle. Tu attends sagement la suite. Winnie joue un instant avec une boulette végétale, préoccupée. Elle cherche ses mots et quand elle les trouve, tu l'écoutes avec attention :
— Il ne peut rien nous arriver, pas vrai ? Je veux dire... tu m'as expliqué les tensions qu'il y avait entre certains sorciers, les sang-mêlé, les nés-moldus et les gens comme moi... mais, ils ne feront rien qui pourrait nous mettre en danger ?
Tu ignores quoi répondre, car tu n'en sais rien. Il y a bien tous ces décrets qui réduisent les libertés des non-nés-sorciers, mais de quoi sont-ils capables au nom d'une idéologie fasciste ? La réponse est vaste, l'histoire déborde d'exemples, rien de glorieux ni de rassurant n'en ressort. Tu déglutis et détournes le regard, l'incertitude se lit sur ton visage.
— Je... je ne sais pas, Winnie, mais je te promets une chose : je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour te protéger, toi et les filles.
Winnie te regarde, ses yeux reflétant à la fois l'angoisse et la confiance qu'elle place en toi. Tu repenses à Erwin et à cette proposition folle qu'il t'a faite et que tu as acceptée. Tu espères que cette histoire mènera quelque part et qu'elle signera la fin du Conseil. Tu prends une profonde inspiration. Les jumelles babillent joyeusement dans leur parc, inconscientes des tourments qui vous agitent. Elles méritent une enfance paisible, des jours radieux sans l'ombre d'un nuage.
Après un moment de silence, elle se lève et commence à débarrasser la table, puis s'occupe de la vaisselle. Toi, tu te perds dans tes pensées. Peut-être devrais-tu placer quelques sortilèges autour de la maison ? S'il existe un sort pour repousser les Moldus, il doit bien en exister un pour repousser les sorciers, non ? Quelque chose qui pourrait sécuriser l'endroit, en tout cas. Il faudrait que tu te renseignes sérieusement sur la question, te sentant soudainement moins en sécurité entre ces quatre murs.
Tu t'approches de l'évier et tu l'aides à finir la vaisselle. D'un coup de baguette, tu essuies et ranges le tout. Faire usage de ta magie au quotidien t'avait manqué.
— En tout cas, commence Winnie, pour rien au monde je n'aimerais que ma vie soit différente. Je suis reconnaissante de t'avoir rencontré et d'avoir donné naissance à ces deux petites merveilles. Si le malheur devait nous frapper, que Dieu en soit témoin, je réduirais ce monde en cendres.
Ses paroles résonnent avec une intensité qui te fait frissonner. Tu poses ta baguette et l'enlaces avec force contre toi, sentant le besoin de la réconforter. Winnie y répond immédiatement et tu sais qu'elle y recherche un brin de soutien face aux angoisses qui vous assaillent. Le silence retombe dans la maison, interrompu par le babillement des jumelles, le tambourinement persistant de la pluie sur les fenêtres, et le murmure de la télévision diffusant un polar en arrière-plan.
Juste après, vous quittez la cuisine, chacun prend une jumelle dans ses bras et vous montez à l'étage. Avec précaution, vous les déposez dans leurs lits et embrassez doucement leur front. Puis, Winnie tire les rideaux et vous redescendez ensuite, tentant de faire le moins de bruit possible. De nouveau en bas, tu attrapes sa main :
— Winnie, je trouverai des sorts de protection, si ça peut te rassurer.
La moldue te regarde avec gratitude, un sourire timide étirant ses lèvres fatiguées.
— Merci, Kasey.
Tu lui rends son sourire, mais une pointe de nervosité s'insinue dans ton esprit. Les temps sont incertains pour les familles comme la vôtre. « As-tu seulement conscience que tes choix sont purement égoïstes ? », résonne la voix de ta mère dans ta tête. Ton sourire s'efface alors que Winnie retourne à la cuisine, probablement pour se préparer un café. « Ton enfant n'aura aucun avenir stable », continue la voix. Tu secoues la tête avec vigueur, refusant de laisser ce souvenir t'envahir. Tu ne veux pas donner raison à ta mère, ni à ton père. « Irrésponsable », répète-t-elle dans ton esprit, et peut-être ont-ils raison sur ce point.
Quand Winnie redescend avec Wilmot, tout est prêt. Vous déposez les petites dans leurs parcs avant de mettre la table et de vous installer autour du plat. Dehors, il pleut, et cela fait une semaine que l'été est loin d'être rayonnant.
— Le rendez-vous des petites est confirmé, t'indique Winnie.
— C'est le sept, c'est ça ?
Tu acquiesces en mâchonnant ta boulette végétale avant d'ajouter :
— Vers 14 heures... Je n'ai pas encore trouvé de pédiatomage en libéral, personne ne prend de nouveaux patients.
— Ce n'est pas grave si je ne suis pas présente, t'assure Winnie, mais cette situation te déplaît.
— Ce sont aussi tes filles, tu devrais pouvoir être là.
— Malheureusement, ma présence est tout sauf souhaitée...
Avec douceur, tu attrapes son épaule. Tu as de la peine pour ton amie, qui se retrouve mêlée à ton monde sans pouvoir y participer de près ni de loin.
— Je suis désolé...
— Désolé de quoi ?
— Que tu ne puisses pas t'impliquer autant.
— Tant que l'un de nous le peut, c'est déjà ça. Le moment venu, si l'une d'elles se révèle être une sorcière, elle ne sera pas lâchée dans un monde qui lui est totalement inconnu, contrairement aux... comment vous les appelez déjà ?
— Nés-Moldus.
— Merci. Tant que tu es là pour elles, tout ira bien.
Malgré la peine qui te pèse, son assurance t'apaise un tant soit peu. Le ragoût fumant sur la table contraste avec l'ambiance morose de la pièce. Parfois, ton attention se tourne vers les jumelles qui essaient d'attraper les jouets autour d'elles. Tu te promets de tout faire pour qu'elles ne manquent de rien, ni d'amour, ni de compréhension de leur monde complexe. Elles devront s'assimiler à deux cultures pour s'intégrer au mieux. Tu feras ta part, comme Winnie fera la sienne, surtout si l'une d'elles n'est pas une sorcière. Si c'est le cas, elle devra aussi pouvoir mener sa vie en toute tranquillité. Et ça, ce sera alors le rôle de Winnie.
— Dis-moi, Kasey...
Tu observes Winnie, surpris par son changement de ton. Elle est passée de l'optimisme à l'inquiétude, et cela t'interpelle. Tu attends sagement la suite. Winnie joue un instant avec une boulette végétale, préoccupée. Elle cherche ses mots et quand elle les trouve, tu l'écoutes avec attention :
— Il ne peut rien nous arriver, pas vrai ? Je veux dire... tu m'as expliqué les tensions qu'il y avait entre certains sorciers, les sang-mêlé, les nés-moldus et les gens comme moi... mais, ils ne feront rien qui pourrait nous mettre en danger ?
Tu ignores quoi répondre, car tu n'en sais rien. Il y a bien tous ces décrets qui réduisent les libertés des non-nés-sorciers, mais de quoi sont-ils capables au nom d'une idéologie fasciste ? La réponse est vaste, l'histoire déborde d'exemples, rien de glorieux ni de rassurant n'en ressort. Tu déglutis et détournes le regard, l'incertitude se lit sur ton visage.
— Je... je ne sais pas, Winnie, mais je te promets une chose : je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour te protéger, toi et les filles.
Winnie te regarde, ses yeux reflétant à la fois l'angoisse et la confiance qu'elle place en toi. Tu repenses à Erwin et à cette proposition folle qu'il t'a faite et que tu as acceptée. Tu espères que cette histoire mènera quelque part et qu'elle signera la fin du Conseil. Tu prends une profonde inspiration. Les jumelles babillent joyeusement dans leur parc, inconscientes des tourments qui vous agitent. Elles méritent une enfance paisible, des jours radieux sans l'ombre d'un nuage.
Après un moment de silence, elle se lève et commence à débarrasser la table, puis s'occupe de la vaisselle. Toi, tu te perds dans tes pensées. Peut-être devrais-tu placer quelques sortilèges autour de la maison ? S'il existe un sort pour repousser les Moldus, il doit bien en exister un pour repousser les sorciers, non ? Quelque chose qui pourrait sécuriser l'endroit, en tout cas. Il faudrait que tu te renseignes sérieusement sur la question, te sentant soudainement moins en sécurité entre ces quatre murs.
Tu t'approches de l'évier et tu l'aides à finir la vaisselle. D'un coup de baguette, tu essuies et ranges le tout. Faire usage de ta magie au quotidien t'avait manqué.
— En tout cas, commence Winnie, pour rien au monde je n'aimerais que ma vie soit différente. Je suis reconnaissante de t'avoir rencontré et d'avoir donné naissance à ces deux petites merveilles. Si le malheur devait nous frapper, que Dieu en soit témoin, je réduirais ce monde en cendres.
Ses paroles résonnent avec une intensité qui te fait frissonner. Tu poses ta baguette et l'enlaces avec force contre toi, sentant le besoin de la réconforter. Winnie y répond immédiatement et tu sais qu'elle y recherche un brin de soutien face aux angoisses qui vous assaillent. Le silence retombe dans la maison, interrompu par le babillement des jumelles, le tambourinement persistant de la pluie sur les fenêtres, et le murmure de la télévision diffusant un polar en arrière-plan.
Juste après, vous quittez la cuisine, chacun prend une jumelle dans ses bras et vous montez à l'étage. Avec précaution, vous les déposez dans leurs lits et embrassez doucement leur front. Puis, Winnie tire les rideaux et vous redescendez ensuite, tentant de faire le moins de bruit possible. De nouveau en bas, tu attrapes sa main :
— Winnie, je trouverai des sorts de protection, si ça peut te rassurer.
La moldue te regarde avec gratitude, un sourire timide étirant ses lèvres fatiguées.
— Merci, Kasey.
Tu lui rends son sourire, mais une pointe de nervosité s'insinue dans ton esprit. Les temps sont incertains pour les familles comme la vôtre. « As-tu seulement conscience que tes choix sont purement égoïstes ? », résonne la voix de ta mère dans ta tête. Ton sourire s'efface alors que Winnie retourne à la cuisine, probablement pour se préparer un café. « Ton enfant n'aura aucun avenir stable », continue la voix. Tu secoues la tête avec vigueur, refusant de laisser ce souvenir t'envahir. Tu ne veux pas donner raison à ta mère, ni à ton père. « Irrésponsable », répète-t-elle dans ton esprit, et peut-être ont-ils raison sur ce point.
| Anxiété sociale : introverti || ✓ flood & mp || x jeu & animation |
"Je préfère pas, raconter ça, personne n’y croit" Pomme - _Jan carte de noël color : #A47786 |
Absence : 00.00.00 à 00.00.00 Activité : grosse baisse |
Mes amours, ma chair, mon sang
Juillet 2049
Voilà quelques jours que le mois de juillet a commencé et avec lui sa canicule habituelle, parfois ponctuée d'orages qui secouent l'île d'Unsk. Aujourd'hui, par chance, le temps est radieux. Le soleil est haut dans le ciel et tape durement. Plus tôt dans la semaine, toi et Winnie avez terminé d'installer la terrasse. Pour le moment, elle se compose du nécessaire : une table, quatre chaises, un parasol et une petite piscine gonflable adaptée aux petites.
Tu ne te doutais pas qu'un bébé pouvait autant changer en si peu de temps. Aisha et Wilmot grandissent bien selon le pédiatromage et n'ont pas de retard significatif dans leur développement. Elles arrivent à vous reconnaître, toi et leur mère. Curieuses de tout, elles veulent toucher à tout et, par définition, mettre tout dans leur bouche. Hier, elles ont ri pour la première fois et commencent également à babiller. Demain, Winnie compte passer quelques jours à Londres pour voir sa mère et son frère, qui est en congé en ce moment même. Elle t'a dit qu'elle va en profiter pour acheter un tapis d'éveil et d'autres jouets pour les filles.
Mais aujourd'hui, vous êtes tranquilles à la maison, posés sur la terrasse, à l'ombre du soleil. Winnie est dans la piscine gonflable avec les petites. Elle s'amuse à secouer les jouets et à s'éclabousser. Quant à toi, tu t'assieds non loin d'elles, sur le transat, un livre sur les genoux, bien que tu n'arrives pas à te concentrer sur ta lecture. Tu préfères regarder les jumelles jouer, blotties contre Winnie qui, de temps en temps, fait couler de l’eau sur leurs petites têtes.
Winnie sort délicatement Aisha et Wilmot de la piscine, les enveloppant dans des serviettes moelleuses pour les sécher. Les petites gigotent joyeusement, babillant de contentement. Tu te lèves du transat et rejoins Winnie pour l'aider. Vous travaillez en tandem, votre complicité évidente dans chaque geste. Une fois les jumelles bien sèches et habillées dans de petites combinaisons légères, vous vous dirigez vers la maison. Elle est plongée dans l’obscurité pour préserver un peu de fraîcheur à l'intérieur. Vous montez à l’étage et déposez les petites dans leurs lits. Il est l’heure de la sieste, après tout, et jouer autant les a épuisées.
Pendant que Winnie allume le bruit blanc, tu embrasses leurs fronts, avant de laisser la place à ton amie. Puis, vous quittez la chambre et retournez profiter du beau temps, chacun sur son transat, un verre de citronnade en main. Le soleil de l'après-midi tape fort, mais l'ombre du parasol vous protège de ses rayons les plus ardents.
— Elles grandissent si vite, tu soupires en regardant les rayons de soleil filtrer à travers les feuilles des arbres.
— Et ce n’est que le début, s’amuse Winnie en levant son verre pour trinquer à cette pensée.
Vous trinquez en silence, savourant la tranquillité de l'instant. Le chant des oiseaux et le léger murmure du vent dans les arbres créent une atmosphère apaisante. Vous profitez de ces moments de calme, conscients que chaque instant est précieux.
— Tu te rends compte que bientôt elles marcheront, commenceront à parler... murmures-tu, pensif.
— Oui, répond Winnie avec un sourire doux.
Le silence s'installe entre vous, mais il est rempli de compréhension et de complicité. Vous sirotez lentement vos boissons, savourant le goût rafraîchissant de la citronnade. La chaleur de l'après-midi commence à s'adoucir, laissant place à une agréable tiédeur.
— Et puis, elles iront à l’école, auront leurs diplômes, iront à l’université, auront ensuite les premiers appartement, leur premier job, peut-être des enfants aussi, ajoute Winnie en reposant son verre sur la petite table qui se situe entre les deux transat.
— Et nous, nous serons vieux et fripés.
Winnie rit doucement, et vous échangez un regard complice. La perspective de vieillir ensemble ne vous effraie pas, au contraire, elle vous réconforte.
— On aura de belles histoires à raconter, tu poursuis, pensif.
— Et peut-être quelques rides de sourire en plus, ajoute Winnie en touchant délicatement son propre visage.
Le soleil commence à décliner lentement, baignant la terrasse d'une lumière dorée. Le chant des oiseaux se fait plus doux, presque mélancolique. Vous profitez de ce moment de sérénité, savourant la beauté simple de l'instant.
— Je me demande comment elles seront plus tard, murmure Winnie, son regard perdu dans le lointain.
— Heureuses, j'espère, réponds-tu.
— Je l’espère aussi… si elles sont des sorcières comme toi, tu crois que Poudlard leur plaira ?
Tu acquiesces sans hésiter, un sourire nostalgique marquant ton visage.
— J’y ai passé mes meilleures années… parfois, cette époque me manque tellement.
Winnie te regarde, intriguée par cette part de ton passé qu’elle ne connaît pas vraiment.
— Je n’ai jamais mis les pieds dans un internat. Mon père l’utilisait comme une menace. Il disait souvent qu’Harold allait y finir s’il ne se comportait pas mieux, ou à moi-même, plus pour blesser ma mère, car j’étais sa petite fille et elle n’aurait pas supporté la séparation...
Elle soupire, et son regard se perd un instant dans le passé. Quant à toi, tu sens la colère monter. Winnie parle rarement de son géniteur, mais quand elle fait, t'as juste envie de le retrouver et lui faire regretter son existence. Cela dit, tu t'efforce de calmer cette ardeur qui n'apporte aucun réconfort. Tu respire profondément et ferme les yeux.
— C’est triste d’entendre ça. Pour moi, Poudlard était un lieu de découverte, d’amitié, et de magie, au sens propre comme au figuré. J’aimerais tellement qu’Aisha et Wilmot puissent connaître ça.
Un silence paisible s’installe entre vous, seulement interrompu par le doux chant des oiseaux et le bruissement des feuilles sous la légère brise de l'après-midi. Au loin, la mer se fait également entendre, ses vagues s’échouant contre la falaise qui, d'année en année, se corrode sous le poids du temps. Tu ignores encore si ce serait une chance qu’elles soient sorcières. Elles seront déchirées entre deux mondes qui les haïront pour ce qu’elles sont : des filles de Moldue ou des filles de sorcier. Pourtant, elles auront plus de chances de s’en sortir dans le monde de leur mère, loin du Conseil et de ses partisans qui ne vivent que de haine.
Winnie doit voir le trouble marquer à présent ton visage. Avec douceur, elle te prend la main et attire ton attention sur elle.
— Un penny pour tes pensées.
Tu souris faiblement, rassuré par sa présence.
— Je pensais juste à l'avenir des filles. Si elles sont des sorcières, elles auront à naviguer entre deux mondes. Et ça me fait peur.
— Je comprends, murmure Winnie en serrant ta main. Mais nous serons là pour elles, pour les guider et les protéger. Elles auront leur propre chemin, c’est vrai, mais elles ne seront jamais seules.
— Oui, tu as raison. On fera tout pour qu’elles soient heureuses et en sécurité.
Winnie te regarde avec tendresse.
— Peu importe où elles iront ou ce qu’elles deviendront, elles auront toujours une famille qui les aime. Et c’est ça le plus important.
— Absolument, réponds-tu, sentant le poids de tes inquiétudes s’alléger. Tant qu’elles savent qu’elles sont aimées, elles pourront affronter n’importe quoi.
Le soleil commence à descendre derrière l’horizon, et vous savourez ensemble ces derniers moments de tranquillité, prêts à affronter tout ce que l’avenir vous réserve, avec la certitude que tant que vous êtes ensemble, tout ira bien.
Voilà quelques jours que le mois de juillet a commencé et avec lui sa canicule habituelle, parfois ponctuée d'orages qui secouent l'île d'Unsk. Aujourd'hui, par chance, le temps est radieux. Le soleil est haut dans le ciel et tape durement. Plus tôt dans la semaine, toi et Winnie avez terminé d'installer la terrasse. Pour le moment, elle se compose du nécessaire : une table, quatre chaises, un parasol et une petite piscine gonflable adaptée aux petites.
Tu ne te doutais pas qu'un bébé pouvait autant changer en si peu de temps. Aisha et Wilmot grandissent bien selon le pédiatromage et n'ont pas de retard significatif dans leur développement. Elles arrivent à vous reconnaître, toi et leur mère. Curieuses de tout, elles veulent toucher à tout et, par définition, mettre tout dans leur bouche. Hier, elles ont ri pour la première fois et commencent également à babiller. Demain, Winnie compte passer quelques jours à Londres pour voir sa mère et son frère, qui est en congé en ce moment même. Elle t'a dit qu'elle va en profiter pour acheter un tapis d'éveil et d'autres jouets pour les filles.
Mais aujourd'hui, vous êtes tranquilles à la maison, posés sur la terrasse, à l'ombre du soleil. Winnie est dans la piscine gonflable avec les petites. Elle s'amuse à secouer les jouets et à s'éclabousser. Quant à toi, tu t'assieds non loin d'elles, sur le transat, un livre sur les genoux, bien que tu n'arrives pas à te concentrer sur ta lecture. Tu préfères regarder les jumelles jouer, blotties contre Winnie qui, de temps en temps, fait couler de l’eau sur leurs petites têtes.
Winnie sort délicatement Aisha et Wilmot de la piscine, les enveloppant dans des serviettes moelleuses pour les sécher. Les petites gigotent joyeusement, babillant de contentement. Tu te lèves du transat et rejoins Winnie pour l'aider. Vous travaillez en tandem, votre complicité évidente dans chaque geste. Une fois les jumelles bien sèches et habillées dans de petites combinaisons légères, vous vous dirigez vers la maison. Elle est plongée dans l’obscurité pour préserver un peu de fraîcheur à l'intérieur. Vous montez à l’étage et déposez les petites dans leurs lits. Il est l’heure de la sieste, après tout, et jouer autant les a épuisées.
Pendant que Winnie allume le bruit blanc, tu embrasses leurs fronts, avant de laisser la place à ton amie. Puis, vous quittez la chambre et retournez profiter du beau temps, chacun sur son transat, un verre de citronnade en main. Le soleil de l'après-midi tape fort, mais l'ombre du parasol vous protège de ses rayons les plus ardents.
— Elles grandissent si vite, tu soupires en regardant les rayons de soleil filtrer à travers les feuilles des arbres.
— Et ce n’est que le début, s’amuse Winnie en levant son verre pour trinquer à cette pensée.
Vous trinquez en silence, savourant la tranquillité de l'instant. Le chant des oiseaux et le léger murmure du vent dans les arbres créent une atmosphère apaisante. Vous profitez de ces moments de calme, conscients que chaque instant est précieux.
— Tu te rends compte que bientôt elles marcheront, commenceront à parler... murmures-tu, pensif.
— Oui, répond Winnie avec un sourire doux.
Le silence s'installe entre vous, mais il est rempli de compréhension et de complicité. Vous sirotez lentement vos boissons, savourant le goût rafraîchissant de la citronnade. La chaleur de l'après-midi commence à s'adoucir, laissant place à une agréable tiédeur.
— Et puis, elles iront à l’école, auront leurs diplômes, iront à l’université, auront ensuite les premiers appartement, leur premier job, peut-être des enfants aussi, ajoute Winnie en reposant son verre sur la petite table qui se situe entre les deux transat.
— Et nous, nous serons vieux et fripés.
Winnie rit doucement, et vous échangez un regard complice. La perspective de vieillir ensemble ne vous effraie pas, au contraire, elle vous réconforte.
— On aura de belles histoires à raconter, tu poursuis, pensif.
— Et peut-être quelques rides de sourire en plus, ajoute Winnie en touchant délicatement son propre visage.
Le soleil commence à décliner lentement, baignant la terrasse d'une lumière dorée. Le chant des oiseaux se fait plus doux, presque mélancolique. Vous profitez de ce moment de sérénité, savourant la beauté simple de l'instant.
— Je me demande comment elles seront plus tard, murmure Winnie, son regard perdu dans le lointain.
— Heureuses, j'espère, réponds-tu.
— Je l’espère aussi… si elles sont des sorcières comme toi, tu crois que Poudlard leur plaira ?
Tu acquiesces sans hésiter, un sourire nostalgique marquant ton visage.
— J’y ai passé mes meilleures années… parfois, cette époque me manque tellement.
Winnie te regarde, intriguée par cette part de ton passé qu’elle ne connaît pas vraiment.
— Je n’ai jamais mis les pieds dans un internat. Mon père l’utilisait comme une menace. Il disait souvent qu’Harold allait y finir s’il ne se comportait pas mieux, ou à moi-même, plus pour blesser ma mère, car j’étais sa petite fille et elle n’aurait pas supporté la séparation...
Elle soupire, et son regard se perd un instant dans le passé. Quant à toi, tu sens la colère monter. Winnie parle rarement de son géniteur, mais quand elle fait, t'as juste envie de le retrouver et lui faire regretter son existence. Cela dit, tu t'efforce de calmer cette ardeur qui n'apporte aucun réconfort. Tu respire profondément et ferme les yeux.
— C’est triste d’entendre ça. Pour moi, Poudlard était un lieu de découverte, d’amitié, et de magie, au sens propre comme au figuré. J’aimerais tellement qu’Aisha et Wilmot puissent connaître ça.
Un silence paisible s’installe entre vous, seulement interrompu par le doux chant des oiseaux et le bruissement des feuilles sous la légère brise de l'après-midi. Au loin, la mer se fait également entendre, ses vagues s’échouant contre la falaise qui, d'année en année, se corrode sous le poids du temps. Tu ignores encore si ce serait une chance qu’elles soient sorcières. Elles seront déchirées entre deux mondes qui les haïront pour ce qu’elles sont : des filles de Moldue ou des filles de sorcier. Pourtant, elles auront plus de chances de s’en sortir dans le monde de leur mère, loin du Conseil et de ses partisans qui ne vivent que de haine.
Winnie doit voir le trouble marquer à présent ton visage. Avec douceur, elle te prend la main et attire ton attention sur elle.
— Un penny pour tes pensées.
Tu souris faiblement, rassuré par sa présence.
— Je pensais juste à l'avenir des filles. Si elles sont des sorcières, elles auront à naviguer entre deux mondes. Et ça me fait peur.
— Je comprends, murmure Winnie en serrant ta main. Mais nous serons là pour elles, pour les guider et les protéger. Elles auront leur propre chemin, c’est vrai, mais elles ne seront jamais seules.
— Oui, tu as raison. On fera tout pour qu’elles soient heureuses et en sécurité.
Winnie te regarde avec tendresse.
— Peu importe où elles iront ou ce qu’elles deviendront, elles auront toujours une famille qui les aime. Et c’est ça le plus important.
— Absolument, réponds-tu, sentant le poids de tes inquiétudes s’alléger. Tant qu’elles savent qu’elles sont aimées, elles pourront affronter n’importe quoi.
Le soleil commence à descendre derrière l’horizon, et vous savourez ensemble ces derniers moments de tranquillité, prêts à affronter tout ce que l’avenir vous réserve, avec la certitude que tant que vous êtes ensemble, tout ira bien.
| Anxiété sociale : introverti || ✓ flood & mp || x jeu & animation |
"Je préfère pas, raconter ça, personne n’y croit" Pomme - _Jan carte de noël color : #A47786 |
Absence : 00.00.00 à 00.00.00 Activité : grosse baisse |
Mes amours, ma chair, mon sang
Octobre 2049
Tu somnoles sur la causeuse, bercé par la pluie qui tambourine contre les vitres. Les rideaux sont tirés, plongeant la pièce dans une pénombre apaisante. Les jumelles dorment tout près, chacune dans son petit lit, le souffle calme et régulier. Le vent d’automne souffle avec force dehors, ajoutant une note mélancolique à cette journée où, pour la première fois, tu n’as ni obligations ni travail.
Tu as rendu les clés de la boutique. Une décision mûrement réfléchie, même si elle te laisse un goût étrange. Depuis un moment, tu savais que ce quotidien ne te convenait plus. Chaque fois que tu pénétrais dans l’enceinte de la boutique, tu ressentais ce malaise, cette impression sourde que cet endroit n’était plus le tien. Tout avait été construit par lui, celui qui t’a privé de huit mois de ta vie. Tu as tenté de t’approprier ce lieu, de le faire tien, mais plus le temps passait, plus le ressentiment s’ancrait en toi, jusqu’à devenir impossible à ignorer.
Alors, tu as fait un choix : arrêter les frais. Winnie, elle, a trouvé un nouveau travail chez un fleuriste à Baltasound, bien moins mouvementé que ses missions à la poste. Quant à toi, tu veilles sur les petites et prends soin de votre foyer. Pour l’instant, ça te convient parfaitement. Certes, ce n’est pas de tout repos — entre les jumelles qui demandent une attention de chaque instant et la maison à garder propre et ordonnée — mais tu commences à trouver un rythme. Ce quotidien te maintient ancré dans le présent, t’éloignant des préoccupations qui pèsent encore lourd sur tes épaules.
La dernière en date ? La parution récente de la Gazette du Sorcier, annonçant les élections imminentes du prochain président du Conseil des Sorciers. Rien que ça. Les candidats y ont même accordé des interviews, chacune plus écœurante que la précédente. Celle de Malfoy t’a sans doute le plus révolté. Il a eu le culot de se dire satisfait de la façon dont le Conseil a traité les affaires des Sept Lignées. Et les victimes, alors ? Est-il satisfait aussi du non-traitement qu’on leur a réservé ? Huit mois enfermés dans une cave, à deux doigts de la mort, pour être simplement renvoyé chez toi dès que le Conseil t'a délivré. Depuis, plus aucune nouvelle d’eux, comme si tout cela n’avait jamais existé.
Et tu sais très bien que si tu es encore en vie aujourd’hui, ce n’est pas grâce à ce même Conseil qui ont très vite oublié ton existence, mais à une moldue — une personne qu’ils méprisent pour ce qu'elle est. Cette pensée te brûle, un feu incandescent qui grandit en toi. Comme tu les hais, tous autant qu’ils sont. Un léger mouvement attire ton attention — Wilmot vient de bouger dans son sommeil, son petit visage paisible contrastant avec la tempête en toi. Tu te rappelles alors pourquoi tu te bats, pourquoi tu continues malgré tout : pour elles. Elles méritent un monde meilleur, un monde où elles n’auront pas à vivre dans la peur ni à subir les conséquences des choix égoïstes de ceux qui se croient tout-puissants.
Tu quittes la causeuse et t’approches des deux berceaux. Tes doigts effleurent doucement leurs petites joues, et ton regard s'adoucit, empli d'amour. La peur, chassant la colère, te serre la gorge. L'avenir te semble si incertain. Avec un pincement au cœur, tu te demandes si tu as fait les bons choix, si tu as pris les bonnes décisions. Et surtout, quelles en seront les conséquences, non pour toi, mais pour elles… pour Winnie. La nuit, tu restes éveillé aussi tard que possible, hanté par cette crainte d'un danger imminent, un sentiment viscéral que l'on pourrait s'en prendre à tout ce que tu chéris : Winnie et vos filles. Un soupir t’échappe, lourd et chargé de tout ce que tu ne dis jamais. Il faudra du courage pour traverser les jours à venir, et chaque part de toi le sait. Mais tu n’as pas l’intention de te laisser broyer, pas cette fois. Pour elles. Pour ceux qui n’ont jamais eu justice.
D'un pas lourd, tu quittes la chambre et te diriges vers la cuisine. Les jumelles sont réglées comme des coucous suisses, et vu l'heure, tu sais qu'elles ne tarderont pas à se réveiller pour leur quatre heures. Tu sors le lait que Winnie a pressé tôt ce matin, avant de partir travailler, et tu le verses dans une casserole pour le réchauffer. Pendant qu’il chauffe, tu laisses ton regard vagabonder par la fenêtre, où l'océan malmène les falaises d'Unst.
Et soudainement, tout fait sens. Tu sais comment protéger ta famille, cette maison perdue au milieu d'une île. Le Sortilège de Fidelitas. Il te faut un gardien du secret. Mais qui ? Cette question te fait froncer les sourcils. Qui pourrait porter ce secret ? Une personne de confiance, oui, mais qui n'est pas facilement identifiable. Aussitôt, tu mets de côté les membres de ta famille, celles qui ont déjà prouvé qu'elles n'étaient pas fiables. Elizabeth ? Non, trop évident.
Tu commences à passer en revue les visages de ceux qui t'entourent, cherchant parmi les amis, les connaissances, ceux qui pourraient comprendre l'importance de ce secret. Leurs traits se dessinent dans ton esprit, mais aucun ne te semble adéquat. Il faut une personne qui saura garder le secret, mais qui ne serait pas trop impliquée dans ta vie quotidienne. Alors que le lait commence à frémir et que tu éteins le gaz, un nom émerge dans ton esprit : Maddison. Tu sais que tu peux lui faire confiance, et le fait que vous vous voyiez rarement pourrait jouer en ta faveur. Reste à voir si elle acceptera ta demande, mais tu es optimiste.
En versant le lait dans deux biberons, tu entends les jumelles se mettre à geindre. Un sourire tendre illumine ton visage, et ton cœur se fait plus léger alors que tu montes les escaliers pour aller les chercher. Dès que tu les prends dans tes bras, elles gigotent doucement, cherchant le réconfort de ta présence. Aisha, avec son esprit espiègle, s'amuse à t'attraper les mèches de tes cheveux, tandis que Wilmot mordille le col de ta chemise, visiblement affamé. Tu ris doucement, alors que tu redescends dans la cuisine.
Tu somnoles sur la causeuse, bercé par la pluie qui tambourine contre les vitres. Les rideaux sont tirés, plongeant la pièce dans une pénombre apaisante. Les jumelles dorment tout près, chacune dans son petit lit, le souffle calme et régulier. Le vent d’automne souffle avec force dehors, ajoutant une note mélancolique à cette journée où, pour la première fois, tu n’as ni obligations ni travail.
Tu as rendu les clés de la boutique. Une décision mûrement réfléchie, même si elle te laisse un goût étrange. Depuis un moment, tu savais que ce quotidien ne te convenait plus. Chaque fois que tu pénétrais dans l’enceinte de la boutique, tu ressentais ce malaise, cette impression sourde que cet endroit n’était plus le tien. Tout avait été construit par lui, celui qui t’a privé de huit mois de ta vie. Tu as tenté de t’approprier ce lieu, de le faire tien, mais plus le temps passait, plus le ressentiment s’ancrait en toi, jusqu’à devenir impossible à ignorer.
Alors, tu as fait un choix : arrêter les frais. Winnie, elle, a trouvé un nouveau travail chez un fleuriste à Baltasound, bien moins mouvementé que ses missions à la poste. Quant à toi, tu veilles sur les petites et prends soin de votre foyer. Pour l’instant, ça te convient parfaitement. Certes, ce n’est pas de tout repos — entre les jumelles qui demandent une attention de chaque instant et la maison à garder propre et ordonnée — mais tu commences à trouver un rythme. Ce quotidien te maintient ancré dans le présent, t’éloignant des préoccupations qui pèsent encore lourd sur tes épaules.
La dernière en date ? La parution récente de la Gazette du Sorcier, annonçant les élections imminentes du prochain président du Conseil des Sorciers. Rien que ça. Les candidats y ont même accordé des interviews, chacune plus écœurante que la précédente. Celle de Malfoy t’a sans doute le plus révolté. Il a eu le culot de se dire satisfait de la façon dont le Conseil a traité les affaires des Sept Lignées. Et les victimes, alors ? Est-il satisfait aussi du non-traitement qu’on leur a réservé ? Huit mois enfermés dans une cave, à deux doigts de la mort, pour être simplement renvoyé chez toi dès que le Conseil t'a délivré. Depuis, plus aucune nouvelle d’eux, comme si tout cela n’avait jamais existé.
Et tu sais très bien que si tu es encore en vie aujourd’hui, ce n’est pas grâce à ce même Conseil qui ont très vite oublié ton existence, mais à une moldue — une personne qu’ils méprisent pour ce qu'elle est. Cette pensée te brûle, un feu incandescent qui grandit en toi. Comme tu les hais, tous autant qu’ils sont. Un léger mouvement attire ton attention — Wilmot vient de bouger dans son sommeil, son petit visage paisible contrastant avec la tempête en toi. Tu te rappelles alors pourquoi tu te bats, pourquoi tu continues malgré tout : pour elles. Elles méritent un monde meilleur, un monde où elles n’auront pas à vivre dans la peur ni à subir les conséquences des choix égoïstes de ceux qui se croient tout-puissants.
Tu quittes la causeuse et t’approches des deux berceaux. Tes doigts effleurent doucement leurs petites joues, et ton regard s'adoucit, empli d'amour. La peur, chassant la colère, te serre la gorge. L'avenir te semble si incertain. Avec un pincement au cœur, tu te demandes si tu as fait les bons choix, si tu as pris les bonnes décisions. Et surtout, quelles en seront les conséquences, non pour toi, mais pour elles… pour Winnie. La nuit, tu restes éveillé aussi tard que possible, hanté par cette crainte d'un danger imminent, un sentiment viscéral que l'on pourrait s'en prendre à tout ce que tu chéris : Winnie et vos filles. Un soupir t’échappe, lourd et chargé de tout ce que tu ne dis jamais. Il faudra du courage pour traverser les jours à venir, et chaque part de toi le sait. Mais tu n’as pas l’intention de te laisser broyer, pas cette fois. Pour elles. Pour ceux qui n’ont jamais eu justice.
D'un pas lourd, tu quittes la chambre et te diriges vers la cuisine. Les jumelles sont réglées comme des coucous suisses, et vu l'heure, tu sais qu'elles ne tarderont pas à se réveiller pour leur quatre heures. Tu sors le lait que Winnie a pressé tôt ce matin, avant de partir travailler, et tu le verses dans une casserole pour le réchauffer. Pendant qu’il chauffe, tu laisses ton regard vagabonder par la fenêtre, où l'océan malmène les falaises d'Unst.
Et soudainement, tout fait sens. Tu sais comment protéger ta famille, cette maison perdue au milieu d'une île. Le Sortilège de Fidelitas. Il te faut un gardien du secret. Mais qui ? Cette question te fait froncer les sourcils. Qui pourrait porter ce secret ? Une personne de confiance, oui, mais qui n'est pas facilement identifiable. Aussitôt, tu mets de côté les membres de ta famille, celles qui ont déjà prouvé qu'elles n'étaient pas fiables. Elizabeth ? Non, trop évident.
Tu commences à passer en revue les visages de ceux qui t'entourent, cherchant parmi les amis, les connaissances, ceux qui pourraient comprendre l'importance de ce secret. Leurs traits se dessinent dans ton esprit, mais aucun ne te semble adéquat. Il faut une personne qui saura garder le secret, mais qui ne serait pas trop impliquée dans ta vie quotidienne. Alors que le lait commence à frémir et que tu éteins le gaz, un nom émerge dans ton esprit : Maddison. Tu sais que tu peux lui faire confiance, et le fait que vous vous voyiez rarement pourrait jouer en ta faveur. Reste à voir si elle acceptera ta demande, mais tu es optimiste.
En versant le lait dans deux biberons, tu entends les jumelles se mettre à geindre. Un sourire tendre illumine ton visage, et ton cœur se fait plus léger alors que tu montes les escaliers pour aller les chercher. Dès que tu les prends dans tes bras, elles gigotent doucement, cherchant le réconfort de ta présence. Aisha, avec son esprit espiègle, s'amuse à t'attraper les mèches de tes cheveux, tandis que Wilmot mordille le col de ta chemise, visiblement affamé. Tu ris doucement, alors que tu redescends dans la cuisine.
| Anxiété sociale : introverti || ✓ flood & mp || x jeu & animation |
"Je préfère pas, raconter ça, personne n’y croit" Pomme - _Jan carte de noël color : #A47786 |
Absence : 00.00.00 à 00.00.00 Activité : grosse baisse |