Deux hivers pour un manteau blanc S.K.

Les mots qui s’écoulaient des lèvres de monsieur Kohler était bu religieusement. Les Dieux, disaient-ils, avaient dessinés le chemin que l’homme avait emprunté. Alice répondit au clin d’oeil de l’homme d’un sourire, avant de continuer d’étancher sa soif à cette fontaine de connaissance.
Monsieur Kohler la prenait par la main et l’emmenait avec lui voguer parmi ses souvenirs. Des dragons, des voyages… Alice contemplait l’homme avec un regard nouveau. Son oeil pétillait d’un intérêt renouvelé. Le gardien de Poudlard semblait avoir connu bien des aventures, et il en parlait avec pédagogie, non vantardise. Cela touchait particulièrement Alice. Sous cette imposante forme se cachait un esprit avide de partage, elle le sentait au plus profond d’elle. C’était comme se trouver face à un tableau gigantesque aux couleurs ternes et aux traits agressifs marqués par les assauts passionné d’un peintre enragé, mais dont la véritable nature se révélait aux yeux attentifs.
Et attentive, Alice l’était. Elle était attentive au ton employé, aux répétitions utilisées, aux vérités cachées derrière les non-dits. Car, tante Elise lui avait souvent dit, les plus grandes révélations ne sont pas toujours celles que les lèvres prononces : elles peuvent être celles que chuchote le coeur.
Tout bien réfléchi, ces belles paroles étaient drôlement culottées, venant d’une poupée sans émotion ni sentiment.

Bien trop tôt au goût d’Alice, Monsieur Kohler mit un terme à ses souvenances. La française aurait pu les écouter des heures durant. Peut-être pas ici, sous les assauts du froid écossais, mais pourquoi pas dans le confort d’un petit salon.
Monsieur Kohler recentra la discussion sur Alice. Elle sourit, remerciant l’attention qu’il portait tant à sa grâce qu’à son enchantement d’une délicate courbette, avant de se redresser pour le regarder.

« Vous n’êtes certes pas un dragon, monsieur Kohler, votre verbe n’est pas de flamme mais me réchauffe ainsi que leur langue de feu », répondit Alice dans un sourire plein de douceur. Elle dévia son regard vers la paume de sa main récemment chauffée. Elle referma son poing et la ramena dans son dos, de même que son autre main. Elle se fit plus droite, ramenant son regard sur monsieur Kohler. « Je me passionne pour les dragons depuis ma plus tendre enfance. Il m’apparaît évident que ma place est à leur côté. J’avoue être tentée par bien d’autres métiers, comme celui d’enchanteresse, ou encore de duelliste… mais il faut bien faire un choix, n’est-il pas ? Quant à mon sort… »

Alice fit une pause, ses yeux se fixant brièvement sur les pieds de monsieur Kohler.

« Je souhaite obtenir un allié fait de Magie pure. Un allié dévoué, mais doté de sa propre conscience car je ne veux pas avoir un pantin asservi. C’est… comment dire… » Alice fronça un peu les sourcils, cherchant ses mots. Par Circée, comme il était difficile de s’exprimer, parfois. D’autant plus que l’anglais lui était de plus en plus difficile. Elle se mordilla la lèvre, ses paumes grattant un peu ses paumes. « Le feu est l’élément dont je me sens le plus proche, aussi ai-je commencé par lui. De plus, il est plus malléable que le vent. Bien moins que la terre, mais la terre est sacrée, et, à mon sens, porteuse de souvenirs qui pourraient… biaiser mon enchantement. » Et Alice n’avait toujours pas répondue à la question de monsieur Kohler. Ce constat la fit sourire, dévoilant momentanément ses dents. Elle finit par relever les yeux sur le concierge. « Un sorcier doit comprendre l’essence même de la Magie avant de vouloir la maîtriser. C’est ce que j’ai compris, grâce aux cours d’Enchantements Expérimentaux. Matière que nous enseigne Beauxbâtons. Enfin, chacun à sa propre vision de la Magie. D’aucun dirait que personne ne peut comprendre la Magie, car la Magie n’est pas quelque chose qui peut se comprendre. Je ne suis pas de cet avis. Toute connaissance est accessible à qui est assez curieux. »

Alice dressa un peu plus le menton pour plonger dans le regard de monsieur Kohler, un sourire taquin ourlant ses lèvres pâles.

« Quant à vous enseigner Ignicula Virgo, monsieur… »

Son air malicieux fondit à la faveur d’un sourire reconnaissant.

« Ce serait un honneur de le partager avec vous, une fois que j’en contrôlerai chaque aspect. »

Enfin. Fallait-il encore qu'elle parvienne à ne plus se brûler avec.

Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050

Deux hivers pour un manteau blanc S.K.
La passion dans laquelle Alice sembla plonger aux côtés des mots de Suileabhan, presque comme si elle côtoyait avec lui ses propres souvenirs et pensées, fit fondre la dernière barrière autour du cœur du sorcier. C'est avec un sourire sincère que le concierge répondit à la gracieuse écoute de celle qui serait pour lui à partir d'aujourd'hui une douce enfant, et peut-être plus encore. Peut-être qu'elle était signe et symbole qu'il y'avait quelque chose à accomplir. Commencer à s'ouvrir véritablement aux élèves de cette école.. cela pourrait être un bon début. Ou plutôt, une continuité. Le début, il était là, devant lui, sous la forme d'une jeune sorcière souriante dont c'était désormais à ses propres mots de satisfaire sa curiosité. Cette fois, c'était à lui de l'écouter.

Et il l'ecouta. Debout, dans le parc, entouré par l'hiver, Suileabhan écoutait Alice, tel son père assis à ses côtés devant la porte du cottage, tel Julian installé dans son lourd fauteuil au coin du feu, fier autant qu'intrigué par la vie et la réflexion d'un garçon qui leur était cher. Aujourd'hui point de garçon, mais une sorcière dont les mots chevauchaient dragon, sorts et flammes, autant de pavés flottants vers des routes lointaines, incertaines, mais emplies d'espoir et de réalisations.

- Même sur le chemin magique que vous tracez de votre propre baguette, vos choix vous honorent, jeune fille. Je suis convaincu que vous avez en vous, non pas ce qu'il faut pour asservir votre flamme, mais pour la guider en seigneur de guerre, en leader vers ce que signifie pour vous le triomphe. Ce jour-là, qui ne me semble déjà plus si loin, je serais aussi fier qu'honoré d'apprendre de vous.

Avec un sourire aussi doux qu'une caresse, celui qui serait bientôt cinquantenaire acheva.

- Toute connaissance est accessible à qui est assez curieux. Une bien belle devise que j'ai longtemps aimé porter sans me douter qu'elle viendrait de vous.

Il ne la poserait peut-être pas au dessus de sa cheminée, mais le foyer de ses convictions, lui, en brûlerait quand même un peu plus fort.

- Vous venez, Miss Sangblanc ? Nous avons un infirmier à rapidement déranger, tous les deux.


Merci non pas pour ce RP, mais pour cette véritable rencontre. Fin !

Concierge de Poudlard inRP depuis Septembre 2047.
Rejoignez l'UDS !

Deux hivers pour un manteau blanc S.K.
Alice se tenait droite, un sourire aux lèvres malgré le froid environnant. Elle se tenait droite, émerveillée d’avoir rencontré un si charmant personnage. Alice n’attendait plus rien de la Grande-Bretagne. Elle n’attendait plus rien des inconnus, si bien qu’elle s’était involontairement fermé au monde, préférant le confort rassurant que lui octroyait son entourage à l’hypothétique déception que pouvait représenter les autres.
Mais cet homme là, monsieur Suileabhan Kohler, n’était pas une déception. Bien au contraire. Etait-ce parce qu’il lui rappelait des visages connus ?
Père, tout d’abord. Dans son approche délicate, ses douces manières qui contrastaient avec sa carrure.
Oncle Kenneth. Lui aussi avait cette allure d’ours mal léché, dissimulant un coeur d’or.
Monsieur Penwyn, bien sûr. Cet homme qui lui avait sauvé la vie, qui l’avait prit sous son aile et l’avait guidé et aimer comme sa propre fille.
Et puis monsieur Lynch qui, dans sa grande bonté, avait décidé de tendre la main à Alice, faisant fi de cette malédiction qui lui collait à la peau.
Monsieur Kohler était fait du même bois que ces quatre grands hommes, Alice le sentait dans ses tripes. Lui aussi flamberait à son contact.

Mais Alice souriait encore, écoutant les douces paroles du concierge. Pauvre homme. Savait-il dans quoi il s’embarquait ? N’entendait-il pas son instinct lui crier de fuir ?
Alice aurait dû le laisser ici, tourner les talons et s’en aller pour le protéger. Le protéger d’elle, et du danger qu’elle représentait pour tout homme trop doux, trop gentil. Perdrait-il un proche ? Un membre ? Son travail, peut-être ?
Finirait-il à Azkaban ?
Disparaîtrait-il ?
Serait-il pourchassé ?
Serait-il torturé ?

Alice souriait encore, ses yeux plantés dans ceux de monsieur Kohler, buvant ses douces paroles sans émettre le moindre sot, sans faire le moindre geste. Il souriait, et ce sourire fut d’une telle simplicité, d’une telle douceur, qu’Alice sentit son coeur se serrer.
Monsieur Kohler souffrirait. Monsieur Kohler n’en avait pas encore conscience… mais il se jetait dans la gueule du loup en entrant dans le coeur de la jeune fille.
Et Alice ne pouvait rien faire pour empêcher cela.

« Je vous suis, Monsieur Kohler. »

Puissent les Dieux épargner monsieur Kohler. Puissent les Ancêtres veiller sur lui, et toute sa famille.

• FIN DU RP •


Merci à vous, monsieur ! Alice n’oubliera pas cette belle rencontre, et moi non plus.

Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 2 ème année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050