Hûd Estel
Lundi 21 Juin 2049
Poudlard Express
Poudlard Express
@Jeanne Hammond J'espère que ça te convientDes nuages de vapeur sortaient de la cheminée, planant quelques instants au-dessus de la foule d'élèves avant de rapidement se disperser dans l'air du matin estival. Syam les observait, debout sur le quai, attendant son tour pour pénétrer dans le train écarlate. Lorsque l'entrée du wagon qu'elle visait fut suffisamment dégagée pour qu'elle évite de se faire écraser, elle se faufila rapidement un chemin entre les élèves restants, prenant bien soin de n'effleurer personne. Une fois à l'intérieur, elle se mit en quête d'un compartiment vide. Ce ne serait pas une mince affaire, étant donné le nombre d'élèves, mais elle y parviendrait sûrement. Tout le monde n'était pas encore entré.
Elle erra dans les couloirs pendant quelques minutes, avant d'enfin dénicher ce qu'elle cherchait. Elle fit coulisser sans bruit la porte du compartiment, puis y pénétra, refermant le panneau vitré derrière elle. Une fois seule, séparée des autres élèves, elle entreprit - plutôt difficilement - de ranger sa lourde malle dans le compartiment destiné à cet effet.
Une fois assurée que son bagage ne lui tomberait pas dessus, la jeune sorcière s'installa proche de la fenêtre, et posa sa sacoche sur le siège attenant. Elle retira ensuite ses chaussures, et poussa un petit soupir de soulagement. Elle avait grandi depuis le début de l'année, et pas qu'un peu. La plupart de ses vêtements étaient maintenant trop petits pour elle.
Et, malgré le fait qu'elle évite de trop y penser, elle savait que sa taille n'était pas la seule chose à avoir changé. Cette année à Poudlard avait commencé à la transformer à l'intérieur. Elle avait désormais moins de mal à parler avec d'autres personnes, et, bien qu'elle ait du mal à se l'avouer à elle même, elle commençait même à en apprécier certaines.
Une secousse ébranla le train, coupant court les pensées de Syam. Le véhicule se mit en marche dans un crissement de roues sur les rails. La jeune sorcière regarda par la fenêtre, observant la gare de Pré-au-Lard qui s'éloignait de plus en plus rapidement à mesure que le train prenait de la vitesse. Elle tourna ensuite son regard vers l'imposant bâtiment, dont les hautes tours s'élevaient vers le ciel. Poudlard. Elle avait déjà hâte d'y retourner. Elle continua d'observer l'école jusqu'à ce qu'elle disparaisse de son champ de vision, au moment où le train prenait un virage large.
La jeune sorcière détacha son regard de la fenêtre, un petit pincement de déception dans la poitrine, et attrapa sa sacoche. Elle en sortit un carnet, une plume, ainsi qu'un volume peu épais. Elle ouvrit ce dernier, et se mit à le parcourir, prenant souvent des notes sur son carnet, et jetant de temps-à-autre des regards par la fenêtre.
Hûd Estel

Des frissons parcoururent le dos de Jeanne lorsque retentit le sifflet du train qui approchait. Quelle sensation étrange... Ce son qu'elle avait haï il y a un an de cela était devenu celui qu'elle avait attendu avec le plus d'impatience. Cette même locomotive qui l'avait conduite loin de chez elle l'y ramenait enfin !
Le cœur de la fillette se mit à battre de plus en plus fort, et elle courut à en perdre haleine en direction du train. Enfin ! Elle rentrait chez elle ! Elle ne prêtait même pas attention à ses bagages qui lui cognaient dans les jambes et qui manquèrent de la faire trébucher.
- Yahouuuuuuu ! cria-t-elle sans se soucier le moins du monde des gens qui l'entouraient.
Ses cheveux roux dessinaient des vagues dans le vent, et un immense sourire illuminait son visage. Toutes ses pensées étaient tournées vers Marius, vers ses amis, sa famille !
Puis elle pensa à sa mère. Là, sa gorge se resserra un peu. Elle s'en voulait tellement de ce qu'elle lui avait fait, en ne répondant à aucune de ses lettres pendant une longue partie de l'année. La jeune fille n'avait qu'une envie, sauter dans ses bras, la serrer très fort contre son cœur, lui demander pardon, lui dire qu'elle l'aimait, et rester blottie contre elle pour toujours.
- Maman... murmura-t-elle.
Si seulement elle pouvait transplaner ! Elle se sentait plus impatiente que jamais de retrouver sa famille, et elle imaginait en boucle le moment des retrouvailles, comme si cela pouvait le faire arriver plus vite.
La rousse se mêla au raz de marée des élèves qui s'engouffrait dans le train. Le long couloir lui parut moins haut et plus étroit que dans ses souvenir. Elle y erra un peu, plongée dans le tumulte de ses émotions et pensées. La locomotive avait déjà démarré quand la Serdaigle se décida enfin à entrer dans l'un des compartiments. Elle en prit un qui n'était pas trop rempli, et s'installa sur un siège, posant ses affaires avec autant de délicatesse qu'un Magyar à pointes agité. Une fille était assise en face d'elle. Jeanne attendit quelques instants avant de lâcher :
- Hey, mais je t'ai déjà vue toi, t'es une Serdy, non ?
Elle lui tendit la main.
- Jeanne !
Le fait de rentrer chez-elle rendait la rousse tellement heureuse qu'elle aurait presque pu se mettre à faire la danse de l'hyppogriffe !
- Tiens ! fait-elle en posant son regard sur le livre de l'autre fille. Ça a l'air drôlement gros ! C'est quoi ?
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@Syam Arkwood, me voilà !
Dernière modification par Jeanne Hammond le 7 janv. 2025, 18:17, modifié 1 fois.
Hûd Estel
"Lorsqu'une lénition est appliquée, b- et d- deviennent v- et dh-"
La plume de Syam courait sur le papier, inscrivant les phrases que la jeune Serdaigle jugeait les plus importantes. C'est-à-dire une grande majorité. Le Sindarin, étant une langue inventée par un seul homme, n'était pas particulièrement compliquée à apprendre. Les règles de grammaire étaient plutôt simples, tout comme celles de conjugaison. En revanche, la mutation douce donnait du fil à retordre à Syam. C'est pourquoi elle comptait profiter du voyage pour l'étudier attentivement.
Heureusement pour elle, son compartiment était plutôt calme. Malgré leur manque d'épaisseur, les portes étouffaient plutôt bien les bavardages des élèves à l'extérieur, et, étonnement, le bruit des roues du train contre les rails était plutôt faible. Syam savourait donc ce calme approximatif, tout en griffonnant dans son carnet.
Malheureusement, ce calme fût vite dérangé par l'entrée peu discrète d'une élève, qui s'installa en face d'elle après avoir rangé ses affaires à grand bruit. Malgré tout, Syam ne leva pas la tête, gardant ses yeux obstinément rivés sur le bout de sa plume.
- Hey, mais je t'ai déjà vue toi, t'es une Serdy, non ? demanda la nouvelle venue.
Poussant un soupir intérieur, la jeune sorcière releva la tête, abandonnant la lénition.
- Hmm, oui, répondit-elle, analysant rapidement l'intruse. Toi aussi, il me semble.
Syam l'avait déjà aperçue dans la Salle Commune et à la table des Serdaigles. En cours également, ce qui signifiait qu'elle était aussi une première année. De ce que Syam se souvenait avoir vu, elle était plutôt calme et studieuse. Elle avait toutefois l'air surexcitée, en ce moment-même.
C'est pourquoi la jeune Serdaigle hésita quelques instants lorsque sa camarade lui tendit la main en se présentant.
- Syam, finit-elle néanmoins par déclarer en serrant brièvement la main tendue.
Le regard de l'autre se dirigea ensuite vers le livre de Syam.
- Un manuel de Sindarin, répondit-elle à la nouvelle question de Jeanne.
Déplaçant le signet pour marquer sa page, la jeune Serdaigle referma le livre et le leva devant les yeux de sa camarade. Au vu de ses vêtements, Jeanne ne devait pas être étrangère au monde moldu. Peut-être connaissait-elle l'œuvre de Tolkien ?
@Jeanne Hammond superbe titre
La plume de Syam courait sur le papier, inscrivant les phrases que la jeune Serdaigle jugeait les plus importantes. C'est-à-dire une grande majorité. Le Sindarin, étant une langue inventée par un seul homme, n'était pas particulièrement compliquée à apprendre. Les règles de grammaire étaient plutôt simples, tout comme celles de conjugaison. En revanche, la mutation douce donnait du fil à retordre à Syam. C'est pourquoi elle comptait profiter du voyage pour l'étudier attentivement.
Heureusement pour elle, son compartiment était plutôt calme. Malgré leur manque d'épaisseur, les portes étouffaient plutôt bien les bavardages des élèves à l'extérieur, et, étonnement, le bruit des roues du train contre les rails était plutôt faible. Syam savourait donc ce calme approximatif, tout en griffonnant dans son carnet.
Malheureusement, ce calme fût vite dérangé par l'entrée peu discrète d'une élève, qui s'installa en face d'elle après avoir rangé ses affaires à grand bruit. Malgré tout, Syam ne leva pas la tête, gardant ses yeux obstinément rivés sur le bout de sa plume.
- Hey, mais je t'ai déjà vue toi, t'es une Serdy, non ? demanda la nouvelle venue.
Poussant un soupir intérieur, la jeune sorcière releva la tête, abandonnant la lénition.
- Hmm, oui, répondit-elle, analysant rapidement l'intruse. Toi aussi, il me semble.
Syam l'avait déjà aperçue dans la Salle Commune et à la table des Serdaigles. En cours également, ce qui signifiait qu'elle était aussi une première année. De ce que Syam se souvenait avoir vu, elle était plutôt calme et studieuse. Elle avait toutefois l'air surexcitée, en ce moment-même.
C'est pourquoi la jeune Serdaigle hésita quelques instants lorsque sa camarade lui tendit la main en se présentant.
- Syam, finit-elle néanmoins par déclarer en serrant brièvement la main tendue.
Le regard de l'autre se dirigea ensuite vers le livre de Syam.
- Un manuel de Sindarin, répondit-elle à la nouvelle question de Jeanne.
Déplaçant le signet pour marquer sa page, la jeune Serdaigle referma le livre et le leva devant les yeux de sa camarade. Au vu de ses vêtements, Jeanne ne devait pas être étrangère au monde moldu. Peut-être connaissait-elle l'œuvre de Tolkien ?
@Jeanne Hammond superbe titre
Hûd Estel
Syam ! C'était un nom qui sonnait bien ! Jeanne ne l'avait jamais entendu. Pourtant il lui semblait familier... Peut-être parce qu'elle pouvait l'anagrammer ?
La brièveté de la poignée de main aurait dû faire sentir à la fillette que l'autre Serdy n'avait pas très envie d'être dérangée. Mais elle était d'humeur tellement joyeuse qu'elle avait presque oublié que le monde autour d'elle ne l'était pas forcément.
Aussi, elle ne s'était pas retenue de poser ses question, et quand elle entendit prononcer le mot "Sindarin", elle eut une seconde d'hésitation, puis l'envie presque irrépressible de faire un bon sur son siège. De surprise, et sûrement de joie : elle n'était pas la seule à avoir été cinglée ! Enfin, c'est à dire que s'intéresser à une langue que personne n'utilise et n'a jamais utilisé - sinon des elfes élégants (des créatures imaginaires, comme l'indique cet oxymore amusant) - est un passe temps qui a assez peu d'utilité...
Jeanne n'avait encore rencontré personne qui soit assez fan des récits de la Terre du Milieu pour en apprendre les langues inventées. Elle s'était même demandé si c'était possible. En ce qui la concernait, ça lui avait pris vers la fin de sa scolarité moldue.
Tiens, se dit Jeanne, ils devraient remplacer les cours de runes par des cours de tengwar à Poudlard...
D'instinct, elle allait juste dire à Syam, avec beaucoup d'enthousiasme, qu'elle aimait aussi beaucoup l'univers du moldu Tolkien ! Mais avant qu'un son ne parvienne à ses lèvre, elle pensa qu'elle pouvait le faire d'une façon beaucoup plus intéressante...
Elle se mordit l'intérieur des joues, le temps de faire remonter de vieux souvenirs un peu trop enfuis. Il fallait qu'elle trouve ses mots assez vite, ou le silence allait devenir gênant. Alors elle se rappela l'une des salutations des elfes gris qu'elle avait apprise par cœur :
Avec une expression qu'elle voulait très digne, mais sans pouvoir malgré tout retenir un large sourire, elle s'inclina en levant la main gauche de côté, au niveau de son visage.
- Mae govannen mellon nin ! lâcha-t-elle joyeusement.
345 mots
@Mon Trésor@Syam Arkwood
La brièveté de la poignée de main aurait dû faire sentir à la fillette que l'autre Serdy n'avait pas très envie d'être dérangée. Mais elle était d'humeur tellement joyeuse qu'elle avait presque oublié que le monde autour d'elle ne l'était pas forcément.
Aussi, elle ne s'était pas retenue de poser ses question, et quand elle entendit prononcer le mot "Sindarin", elle eut une seconde d'hésitation, puis l'envie presque irrépressible de faire un bon sur son siège. De surprise, et sûrement de joie : elle n'était pas la seule à avoir été cinglée ! Enfin, c'est à dire que s'intéresser à une langue que personne n'utilise et n'a jamais utilisé - sinon des elfes élégants (des créatures imaginaires, comme l'indique cet oxymore amusant) - est un passe temps qui a assez peu d'utilité...
Jeanne n'avait encore rencontré personne qui soit assez fan des récits de la Terre du Milieu pour en apprendre les langues inventées. Elle s'était même demandé si c'était possible. En ce qui la concernait, ça lui avait pris vers la fin de sa scolarité moldue.
Tiens, se dit Jeanne, ils devraient remplacer les cours de runes par des cours de tengwar à Poudlard...
D'instinct, elle allait juste dire à Syam, avec beaucoup d'enthousiasme, qu'elle aimait aussi beaucoup l'univers du moldu Tolkien ! Mais avant qu'un son ne parvienne à ses lèvre, elle pensa qu'elle pouvait le faire d'une façon beaucoup plus intéressante...
Elle se mordit l'intérieur des joues, le temps de faire remonter de vieux souvenirs un peu trop enfuis. Il fallait qu'elle trouve ses mots assez vite, ou le silence allait devenir gênant. Alors elle se rappela l'une des salutations des elfes gris qu'elle avait apprise par cœur :
Avec une expression qu'elle voulait très digne, mais sans pouvoir malgré tout retenir un large sourire, elle s'inclina en levant la main gauche de côté, au niveau de son visage.
- Mae govannen mellon nin ! lâcha-t-elle joyeusement.
345 mots
@Mon Trésor@Syam Arkwood