Tranche de vie
Mai 2049
Tu as hâte d'être en vacances, car les cours deviennent de plus en plus pénibles. Tu t'ennuies, tu ne fais que rêvasser et regarder l'autre classe faire du sport dans la cour de récréation. Tu aimerais les rejoindre, bouger au lieu de rester là, à lutter contre l'envie de dormir. Ton professeur est ennuyeux, encore plus quand il parle de mathématiques. De temps en temps, tu jettes un coup d'œil à l'horloge murale, impatiente. C'est bientôt la fin du cours. Ton corps anticipe déjà le moment où tu glisseras tes affaires dans ton sac pour partir rapidement. Tu sais que Kamila et Reiner t'attendent au pied de ta petite école; vous avez prévu d'aller au parc pour faire du skate avant que tu ne doives rentrer chez ta mamie. Tu y dors la semaine, car tu ne supportes pas Elliot qui passe le plus clair de son temps à brailler. "C'est normal, c'est encore un bébé", répond systématiquement maman, agacée que tu reproches à ton demi-frère tout le bruit qu'il fait. Mais toi, ça te soule. Tu dors mal la nuit et tu n'arrives pas à te concentrer sur tes devoirs. Déjà que tu n'es pas la meilleure de ta classe, mais depuis qu'il est né, ça a empiré. Heureusement que mamie est là.
Ça sonne enfin. Tu écris à la hâte dans ton agenda les devoirs donnés avant de filer comme une voleuse. La fatigue s'en est allée, tu es poussée par un regain d'énergie alors que tu dévales les escaliers et cours vers les grilles de l'école. Puis, tu restes plantée là, perplexe. Tu ne vois ni Kamila ni Reiner, mais tu ne t'inquiètes pas trop : les bus du coin ont tendance à être en retard. Tu attends bien cinq minutes, en regardant de travers les plaies de ta classe qui gloussent comme des dindons en passant près de toi. Tu te retiens de leur offrir ton plus beau doigt, et de toute manière, tu les oublies rapidement, car tes deux amis te font de grands signes au bout de la rue. Tu empoignes ton sac et tu cours les rejoindre.
Le trajet est relativement calme, vous discutez rapidement de votre journée en gardant le plus croustillant pour la pause goûter. C'est plus agréable de colporter des ragots en mangeant. Malheureusement, tu ne pourras pas rester longtemps avec eux à cause des devoirs qui semblent peser lourd dans ton sac. Tu trouves que tes professeurs abusent, mais tu te doutes qu'ils essaient de vous garder à niveau. Ton école n'est pas la meilleure et la réputation laisse à désirer... Alors, tu profites de ce moment de répit pour rire, te décharger, critiquer les casse-pieds de la classe et partager un goûter avec tes deux amis. Tu les apprécies, tu te sentirais bien seule s'ils n'étaient pas là.
Tu rentres les mains dans les poches, la tête bourdonnante, satisfaite de cette petite virée. Tu montes dans un bus, direction chez ta mamie.
Tu as hâte d'être en vacances, car les cours deviennent de plus en plus pénibles. Tu t'ennuies, tu ne fais que rêvasser et regarder l'autre classe faire du sport dans la cour de récréation. Tu aimerais les rejoindre, bouger au lieu de rester là, à lutter contre l'envie de dormir. Ton professeur est ennuyeux, encore plus quand il parle de mathématiques. De temps en temps, tu jettes un coup d'œil à l'horloge murale, impatiente. C'est bientôt la fin du cours. Ton corps anticipe déjà le moment où tu glisseras tes affaires dans ton sac pour partir rapidement. Tu sais que Kamila et Reiner t'attendent au pied de ta petite école; vous avez prévu d'aller au parc pour faire du skate avant que tu ne doives rentrer chez ta mamie. Tu y dors la semaine, car tu ne supportes pas Elliot qui passe le plus clair de son temps à brailler. "C'est normal, c'est encore un bébé", répond systématiquement maman, agacée que tu reproches à ton demi-frère tout le bruit qu'il fait. Mais toi, ça te soule. Tu dors mal la nuit et tu n'arrives pas à te concentrer sur tes devoirs. Déjà que tu n'es pas la meilleure de ta classe, mais depuis qu'il est né, ça a empiré. Heureusement que mamie est là.
Ça sonne enfin. Tu écris à la hâte dans ton agenda les devoirs donnés avant de filer comme une voleuse. La fatigue s'en est allée, tu es poussée par un regain d'énergie alors que tu dévales les escaliers et cours vers les grilles de l'école. Puis, tu restes plantée là, perplexe. Tu ne vois ni Kamila ni Reiner, mais tu ne t'inquiètes pas trop : les bus du coin ont tendance à être en retard. Tu attends bien cinq minutes, en regardant de travers les plaies de ta classe qui gloussent comme des dindons en passant près de toi. Tu te retiens de leur offrir ton plus beau doigt, et de toute manière, tu les oublies rapidement, car tes deux amis te font de grands signes au bout de la rue. Tu empoignes ton sac et tu cours les rejoindre.
Le trajet est relativement calme, vous discutez rapidement de votre journée en gardant le plus croustillant pour la pause goûter. C'est plus agréable de colporter des ragots en mangeant. Malheureusement, tu ne pourras pas rester longtemps avec eux à cause des devoirs qui semblent peser lourd dans ton sac. Tu trouves que tes professeurs abusent, mais tu te doutes qu'ils essaient de vous garder à niveau. Ton école n'est pas la meilleure et la réputation laisse à désirer... Alors, tu profites de ce moment de répit pour rire, te décharger, critiquer les casse-pieds de la classe et partager un goûter avec tes deux amis. Tu les apprécies, tu te sentirais bien seule s'ils n'étaient pas là.
Tu rentres les mains dans les poches, la tête bourdonnante, satisfaite de cette petite virée. Tu montes dans un bus, direction chez ta mamie.
Tranche de vie
Juillet 2049
Être là où il ne faut pas.
Ça peut t'apporter beaucoup de problèmes, mais c'est rien comparé à l'adrénaline que ça procure. Kamila grimpe en première, agile comme un chat, et un gars à ta gauche te tapote l'épaule. Il s'abaisse légèrement, joint ses mains pour te faire la courte échelle, et te propulse à travers le grillage. De l'autre côté, une usine désaffectée se dresse dans l'ombre. Tu te réceptionnes maladroitement, mais tu ne t'inquiètes pas : Kamila te rattrape juste derrière et te repose avec précaution. Elle te secoue gentiment en t'attrapant par les épaules, un sourire complice aux lèvres. Tu recules de quelques pas et attrapes le sac qu'on te lance.
La nuit est tombée depuis une bonne heure, apportant une fraîcheur bienvenue après la canicule qui écrase Londres ces jours-ci. D'un pas tranquille, tu t'approches du pan de mur que Reiner a repéré ce matin même. Il est vierge, immaculé, et assez grand pour s'amuser. Tu déposes ton sac au pied du mur et en sors les différents croquis que vous avez préparés tout au long de la journée. Cela vous prend plusieurs heures et, si tu manques souvent de patience, c'est le genre d'activité qui te canalise : tu adores créer de tes mains.
Tu commences à graffer un tournesol. Kamila t'aide parfois pour les détails et les finitions. Tu apprends vite et bien, mais tu as encore besoin d'aide. Petit à petit, le champ de fleurs prend forme, vibrant de couleurs sous les lumières tamisées de la rue. Un des potes de Reiner termine l'arc-en-ciel, ajoutant une touche finale éclatante.
Soudain, quelqu'un accourt vers vous, une jeune adulte qui fait partie de votre groupe :
— Les flics arrivent.
Pas de panique. Vous avez déjà fait ça des dizaines de fois. Rapidement, vous remballez tout, effaçant presque toutes traces de votre passage, et déguerpissez sans demander votre reste. Le cœur battant, tu te faufiles dans les ruelles sombres, Kamila te tenant la main pour ne pas te perdre, un sourire en coin. C'est pour ces moments-là, cette montée d'adrénaline, que tu vis.
Être là où il ne faut pas.
Ça peut t'apporter beaucoup de problèmes, mais c'est rien comparé à l'adrénaline que ça procure. Kamila grimpe en première, agile comme un chat, et un gars à ta gauche te tapote l'épaule. Il s'abaisse légèrement, joint ses mains pour te faire la courte échelle, et te propulse à travers le grillage. De l'autre côté, une usine désaffectée se dresse dans l'ombre. Tu te réceptionnes maladroitement, mais tu ne t'inquiètes pas : Kamila te rattrape juste derrière et te repose avec précaution. Elle te secoue gentiment en t'attrapant par les épaules, un sourire complice aux lèvres. Tu recules de quelques pas et attrapes le sac qu'on te lance.
La nuit est tombée depuis une bonne heure, apportant une fraîcheur bienvenue après la canicule qui écrase Londres ces jours-ci. D'un pas tranquille, tu t'approches du pan de mur que Reiner a repéré ce matin même. Il est vierge, immaculé, et assez grand pour s'amuser. Tu déposes ton sac au pied du mur et en sors les différents croquis que vous avez préparés tout au long de la journée. Cela vous prend plusieurs heures et, si tu manques souvent de patience, c'est le genre d'activité qui te canalise : tu adores créer de tes mains.
Tu commences à graffer un tournesol. Kamila t'aide parfois pour les détails et les finitions. Tu apprends vite et bien, mais tu as encore besoin d'aide. Petit à petit, le champ de fleurs prend forme, vibrant de couleurs sous les lumières tamisées de la rue. Un des potes de Reiner termine l'arc-en-ciel, ajoutant une touche finale éclatante.
Soudain, quelqu'un accourt vers vous, une jeune adulte qui fait partie de votre groupe :
— Les flics arrivent.
Pas de panique. Vous avez déjà fait ça des dizaines de fois. Rapidement, vous remballez tout, effaçant presque toutes traces de votre passage, et déguerpissez sans demander votre reste. Le cœur battant, tu te faufiles dans les ruelles sombres, Kamila te tenant la main pour ne pas te perdre, un sourire en coin. C'est pour ces moments-là, cette montée d'adrénaline, que tu vis.