Des fournitures sans un sou

Hallie tira la moue face au visage grave de son professeur. Elle le dévisagea comme s'il venait d'une autre planète, avant de jeter un rapide coup d'œil au bazar derrière elle. Pourquoi se mettait-il tout à coup à jouer l'adulte responsable qui donne des ordres ? La rouquine, très propre et soignée, ne laissait jamais rien en plan et le contenu des cartons seraient rangés en deux temps trois mouvements. C'est à moitié impassible et frustrée qu'elle s'exécuta, se baissant à multiples reprises pour attraper et replacer les objets dans les cartons correspondants. Sigmund attendait toujours sur son carton, les bras croisés, à souffler fort comme l'aurait fait Duncan. Elle savait que dans ces moments-là, les mots ne résoudraient que rarement la situation. Elle devrait la jouer plus fine.

Hallie se mit au travail en organisant chaque objet qu'elle avait déballé par catégorie, pour ensuite non seulement réparer sa « bêtise », mais pour encore mieux ranger. Ainsi, la pièce était presque plus propre que lorsqu'elle l'avait trouvé. Ses petites mains opérèrent pendant près de dix minutes, avant que, sans un mot, elle ne déclare qu'elle avait terminé. Un air fier s'affichait sur son visage ; le sourire séparé en deux, les yeux fermés durant quelques secondes.
Elle aussi agrippa un des derniers cartons restants à côté d'elle, et s'assit brusquement dessus en copiant les gestes et attitude du professeur, lui faisait ainsi face. L'atmosphère était électrique, et Hallie ne comptait pas lâcher le morceau, avant que le moustachu ne retire ses mots. Elle croisa le regard du professeur, qu'elle maintint sans abandonner.

Enfin, quand la petite jugea qu'elle avait suffisamment – selon elle – embarrassé le professeur, elle l'attaqua de par son éloquence mélodieuse.
« J'suis pas une crapule », commença-t-elle aigrie. « Retirez ça tout'd'suite, ou j'vous appelerai Mister Chelou toute l'année. » Malgré l'insignifiance de l'argent, Hallie demeurait très sérieuse, refusant d'être perçue comme une de ces filles ne sachant même pas tenir une chambre à coucher.



Si tu veux faire bouger mon personnage (la prendre par la main pour l'amener autre part par ex) tu as mon autorisation !

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Épaulard franc

Des fournitures sans un sou
Le professeur Charleston n'était pas le moins du monde gêné par l'étrange spectacle qu'ils offraient dans la boutique Ali Baba. Hallie n'était pas la première enfant désordonnée que Sigmund emmenait, et s'il cédait parfois aux caprices de Nana car il était petit et mignon, il ne se laissait pas marcher sur les pieds par les crapules qu'on plaçait sous sa responsabilité.

Toujours était-il que le rangement de Hallie paraissait interminable. Le professeur de botanique fut bien contraint, au bout de quelques minutes, à lui-même se redresser et libérer un peu le passage pour ne pas gêner les autres clients au comptoir de la boutique. Têtu comme une mule, il n'apporta aucune aide à l'enfant. Ça l'embêtait simplement qu'elle traîne, car leur rendez-vous avec son ami arrivait à pas de dragon et il avait promis aux parents MacCruimein de ne pas traîner longtemps l'après-midi.

Au moins, elle suivait les ordres. C'était une gentille petite fille. Ou presque : pour une marmotte de onze ans, elle avait un sacré caractère. Ça ne lui plaisait pas, ce surnom de Mister Chelou. Elle allait devoir s'en débarrasser très vite car à Poudlard, si ses collègues entendaient une élève l'appeler ainsi, il passerait pour un professeur qui ne savait pas asseoir son autorité.. ou se faire respecter, ce qui revenait au même. Ne lui reprochait-on pas déjà suffisamment ?

« Allez grenouille, ce n'est pas ainsi qu'on parle à ses professeurs, moi je vais te remettre dans le bon chemin. Tu veux que je dise à tes parents que t'as pas été sage ? » fit-il, sourcils haussés, en posant ses mains sur ses hanches. « Tu as bien rangé, c'est bien. On se tire de là, notre rendez-vous approche. » Il jeta un regard à sa montre et renifla. Merlin, s'ils arrivaient en retard ! Surveillant que la petite Hallie ne le quittait pas d'une semelle, il quitta la boutique et se dirigea d'un pas pressé vers la boutique Weasley. « On y est presque. Tu me fais signe si tu vois un très vieux monsieur avec des boutons qui clignotent sur le nez. C'est lui qu'a emmené des vêtements pour t'habiller à Poudlard. »

Code couleur : #783f04 - Autre personnage : Enid Wathen

Des fournitures sans un sou
À la mention de ses parents, Hallie se figea momentanément, comme si elle avait eu le malheur de rencontrer Méduse. Sa mâchoire s'entrouvrit et le vide s'empara de son esprit. Si ses parents venaient à l'apprendre, elle serait dans une sacrée panade. Il est vrai qu'ils sacrifiaient beaucoup pour qu'elle soit à cet endroit, mais elle ne pouvait s'en empêcher. Elle ne pouvait supporter l'autorité venant d'une personne qu'elle ne connaissait pas. Et puis, Monsieur Charleston était bien trop excentrique pour être prit au sérieux. Peut-être était-ce ce décalage qui la dérangeait tant ? Un moment, son professeur adoptait un ton d'adulte, et l'autre, ce dernier avait un langage de d'jeuns avec des « allez mon reuf, on s'tire. ». Hallie ne savait pas sur quel pied danser.

La petite rouquine vit le professeur, qui semblait pressé par le temps, l'encourageait à sortir du magasin, les bras remplis d'articles. Son regard paraissait lancer des couteaux à quiconque échapperait à sa surveillance, ne laissant à Hallie que peu de marge pour s'éclipser. Et de la marge, elle en avait besoin. C'était l'une de ses premières fois dans un monde magique duquel elle ne comprenait ps grand-chose. Elle comptait bien en profiter et musarder quelque peu.
Les lunettes entrainées du professeur Charleston n'étaient pas des plus faciles à échapper. Le professeur, en tout bon adulte responsable, avait l'oeil sur la jeune fille déjà très dispersée. Il allait être très difficile pour elle de lui fausser compagnie. Elle prit la main du géant à moustache, avant de le regarder avec un grand sourire, espérant être perçue comme la petite fille sage à qui on allait lui offrir un nouveau tour d'attraction. Ils s'arrêtèrent devant la devanture du magasin, alors que son professeur lui indiquait qu'ils étaient à présent à la recherche de sa tenue scolaire. Étrange, la boutique ne semblait pas se spécialiser dans la confection et la vente de vêtements. Délaissant la main de son accompagnateur, elle franchit le pas de la porte et déclencha le carillon indiquant la présence d'un nouveau client. Autour d'elle figuraient différents objets similaires à ceux d'Ali Baba, tous les plus extravagants les uns que les autres. Elle se mit à la recherche d'un renne, scrutant les visages de chacun, avant de conclure, difficilement, qu'aucun animal outre de compagnie n'était présent dans cette échoppe. Peut-être que la personne derrière un comptoir pourrait la renseigner ? Attendant sagement son tour, Hallie se dressa sur la pointe des pieds espérant apercevoir ce qu'ils se passaient entre clients, mais le grand nombre de personnes dans la pièce l'en empêchait. Quand vint finalement son tour, la rouquine prit sa voix la plus polie et questionna le vendeur.

« Excusez-moi, vous avez pas vu Rodolphe le renne monsieur ? »

Elle revint au pas de course vers l'entrée, avant d'indiquer à l'enseignant qu'elle n'avait pas vu Rodolphe, le très-vieux-monsieur-renne. Elle avait cependant bien repéré les différentes confiseries à sa portée, qui l'attiraient et la déviait de son objectif.

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