À l'ombre des tribunes
La course du jour était terminée et les adolescents quittaient peu à peu les tribunes. Mais Ernest restait sur sa fin. Les discussions croisées entre Ashley, Lyam et lui ne lui avait pas tout à fait donné satisfaction. D’abord parce qu’il n’aimait pas vraiment parler de vol ou de balais ce qui était paradoxale étant donné le lieu où les trois gamins s’étaient rencontrés. Les propositions de la Poufsouffle et du Gryffon étaient restées en suspens. Dans la tête d’Ernest, si le Professeur Mason n’était pas capable de le faire voler correctement, qui pourrait bien y arriver.À L'OMBRE DES TRIBUNES
Samedi 26 septembre 2048
À la sortie de la Clairière aux courses
Suite RP Tribunes
@Ashley Houston & Ernest Stevens
Mais malgré les bons conseils du Professeur, la peur demeurait. La gamin était néanmoins étonné de tant de solicitude de la part d’élèves qu’il ne connaissait finalement pas tant que ça. Bien sûr, ils partageaient leurs cours ensemble tous les jours mais il était plutôt rare qu’ils se parlent. Il était plutôt rare qu’Ernest parle de manière générale. Pourtant, alors qu’il observait Lyam regagner le château sans avoir osé le retenir - d’ailleurs pourquoi l’aurait-il fait ? - les mots franchirent ses lèvres sous la pression de la curiosité. Ashley avait assisté au cours de Miss Valerion jusqu’au bout, le fameux jour où il était parti en trombe, à la suite d’Alaska.
Il rougit légèrement en repensant à ce manquement au règlement. Ce n’était pas son genre d’enfreindre les règles. Mais il avait besoin de savoir. Et le silence d’Ashley qui faisait mine de ne pas avoir entendu sa question attisait un peu plus la curiosité et la nécessité de comprendre. Savoir ce qui était vraiment arrivé de l’autre côté de la porte, ce jour où il avait été mis à l’écart, comme une bonne partie de sa classe.
“Tu… Qu’est-ce que vous avez fait là-bas… dans le bureau ? Avec Sharp et Noah ?”
_______________________________
Avec toutes mes excuses pour le retard
Dernière modification par Ernest Stevens le 10 févr. 2024, 19:04, modifié 1 fois.
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- PRÉSENCE RÉDUITE -
- PRÉSENCE RÉDUITE -
À l'ombre des tribunes
26 Septembre 2048, après ceci
Près de la clairière aux courses – Parc
2ème année
Les derniers mots de Stevens encore en travers de la gorge, je traverse en silence les tribunes de la clairière aux courses, les mâchoires et poings serrés. J'essaye tant bien que mal de ne pas laisser mes souvenirs m'assaillir et refoule un trop plein d'émotions que je sens arriver à toute vitesse. Colère, peur, tristesse, jalousie,... Tout ce cafouillis de sentiments que j'ai ressenti en même temps à différentes intensités lors de ce fameux jour. Jour dont je me souviens comme si c'était hier. Foutue mémoire. Pourquoi est-elle capable d'oublier des choses simples comme bonjour mais ne peut s'empêcher de me rappeler sans cesse les événements que je souhaiterais oublier plus que tout au monde ?
Je fronce les sourcils, forçant mon esprit à changer de sujet. Les cours, le vol, la course de balais... Et la victoire d'un grand Serpentard. J'aurais préféré qu'Orla soit la gagnante, mais elle n'a fini qu'en cinquième position. Ce n'est déjà pas si mal, surtout si c'était sa première participation. Peut-être qu'il faudrait que je tente l'expérience, un jour. Avec mon camarade ici-présent peut-être. Enfin, seulement lorsqu'il aura réussi à vaincre sa peur des balais et à voler correctement. Encore faudrait-il qu'il accepte ma proposition de s'entrainer en dehors des cours. Venir regarder une course depuis des tribunes, comme un lâche, ne suffira pas.
Je me fige lorsqu'il repose sa question. L'ignorer n'a donc pas suffit ? Ne comprend-il pas que lorsque quelqu'un ne répond pas, c'est qu'il n'a pas envie d'aborder le sujet ? Je m'arrête et me retourne vers lui, les yeux plissés et le regard sombre. Un regard sombre pour lui faire comprendre que ce n'est pas quelque chose dont on parle. Un regard sombre pour sous-entendre qu'il regrettera bientôt ses paroles. Mais surtout, un regard sombre pour cacher toute ma honte et mes regrets. Mes regrets de ne pas avoir réagi, d'être restée figée sur place et de ne pas avoir fait ce que j'aurais dû faire.
Dans un soupir, je redresse la tête et feins la désinvolture, imitant le visage que Gwennaëlle prend à la perfection. Un visage neutre, maitre de ses émotions, avec une touche d'arrogance. Je prends le masque de ma sœur pour cacher mes faiblesses et mes blessures. Je déteste le porter et pourtant j'en suis dépendante à un point que je n'ose imaginer. Ce visage rempli de désintérêt, que j'ai si souvent affiché pour qu'on me laisse tranquille, je le mets encore une fois pour fuir et me cacher.
« Rien », dis-je d'un ton moins assuré que ce que j'aurais voulu – et détonnant avec mon regard n'étant plus que glace.
Je me referme sur moi-même, creusant une distance entre Stevens et moi, l'éloignant le plus possible et coupant net tout lien pouvant avoir commencé à se former entre nous. Si je le repousse, il ne me posera plus de questions, n'est-ce pas ?
Je m'excuse pour ce post assez brouillon. Je crois que le bazar de pensées et d'émotions d'Ashley déteint trop sur moi et me fait écrire un peu n'importe comment.
Près de la clairière aux courses – Parc
2ème année
Les derniers mots de Stevens encore en travers de la gorge, je traverse en silence les tribunes de la clairière aux courses, les mâchoires et poings serrés. J'essaye tant bien que mal de ne pas laisser mes souvenirs m'assaillir et refoule un trop plein d'émotions que je sens arriver à toute vitesse. Colère, peur, tristesse, jalousie,... Tout ce cafouillis de sentiments que j'ai ressenti en même temps à différentes intensités lors de ce fameux jour. Jour dont je me souviens comme si c'était hier. Foutue mémoire. Pourquoi est-elle capable d'oublier des choses simples comme bonjour mais ne peut s'empêcher de me rappeler sans cesse les événements que je souhaiterais oublier plus que tout au monde ?
Je fronce les sourcils, forçant mon esprit à changer de sujet. Les cours, le vol, la course de balais... Et la victoire d'un grand Serpentard. J'aurais préféré qu'Orla soit la gagnante, mais elle n'a fini qu'en cinquième position. Ce n'est déjà pas si mal, surtout si c'était sa première participation. Peut-être qu'il faudrait que je tente l'expérience, un jour. Avec mon camarade ici-présent peut-être. Enfin, seulement lorsqu'il aura réussi à vaincre sa peur des balais et à voler correctement. Encore faudrait-il qu'il accepte ma proposition de s'entrainer en dehors des cours. Venir regarder une course depuis des tribunes, comme un lâche, ne suffira pas.
Je me fige lorsqu'il repose sa question. L'ignorer n'a donc pas suffit ? Ne comprend-il pas que lorsque quelqu'un ne répond pas, c'est qu'il n'a pas envie d'aborder le sujet ? Je m'arrête et me retourne vers lui, les yeux plissés et le regard sombre. Un regard sombre pour lui faire comprendre que ce n'est pas quelque chose dont on parle. Un regard sombre pour sous-entendre qu'il regrettera bientôt ses paroles. Mais surtout, un regard sombre pour cacher toute ma honte et mes regrets. Mes regrets de ne pas avoir réagi, d'être restée figée sur place et de ne pas avoir fait ce que j'aurais dû faire.
Dans un soupir, je redresse la tête et feins la désinvolture, imitant le visage que Gwennaëlle prend à la perfection. Un visage neutre, maitre de ses émotions, avec une touche d'arrogance. Je prends le masque de ma sœur pour cacher mes faiblesses et mes blessures. Je déteste le porter et pourtant j'en suis dépendante à un point que je n'ose imaginer. Ce visage rempli de désintérêt, que j'ai si souvent affiché pour qu'on me laisse tranquille, je le mets encore une fois pour fuir et me cacher.
« Rien », dis-je d'un ton moins assuré que ce que j'aurais voulu – et détonnant avec mon regard n'étant plus que glace.
Je me referme sur moi-même, creusant une distance entre Stevens et moi, l'éloignant le plus possible et coupant net tout lien pouvant avoir commencé à se former entre nous. Si je le repousse, il ne me posera plus de questions, n'est-ce pas ?
Je m'excuse pour ce post assez brouillon. Je crois que le bazar de pensées et d'émotions d'Ashley déteint trop sur moi et me fait écrire un peu n'importe comment.
Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur
À l'ombre des tribunes
Sans crier gare, la jeune fille avait changé son fusil d’épaule. Ce changement d’attitude était particulièrement déstabilisant pour le petit brun. Ashley avait plutôt l’air de vouloir le mettre dans la confidence un peu plus tôt sur les tribunes. De prendre Ernest à partie en ignorant Lyam. Pourtant, à présent, elle ne semblait plus vouloir lui adresser la parole. Il n’avait pourtant pas commis d’impair. La question était la même que précédemment. Mais face à ce regard noir, l’adolescent se voûta légèrement. Comme un gamin qu’on aurait pris en faute. Généralement, c’était les adultes qui lançaient ce genre de regard. Miss Valerion s’en était fait une signature.
Que s’était-il donc passé pour qu’Ashley, elle qui avait pourtant été l’une des seules à bénéficier d’un passe-droit, réagisse soudain avec une telle froideur. La curiosité d’Ernest était-elle si mal placée ? Tout ce qu’il voulait, c’était savoir. Mettre une image sur ce flou sidéral. Replacer les pièces du puzzle là où se trouvait un trou béant. Pour pouvoir continuer d’avancer et ne plus se poser de questions. Ne plus s’imaginer des choses qui n’étaient peut-être jamais arriver. Simplement avoir des certitudes. Et savoir ce qu’on avait dit sur lui. Car il savait qu’il avait été au cœur d’une argumentation même s’il ignorait tout de ce qui avait été dit.
Pourtant cette réponse, comme un souffle, n’avait rien de résolu. L’indécision, Ernest était capable de la reconnaître. Autant que l’incertitude. Comme une odeur, il pouvait la reconnaître chez les autres sans même le réaliser. L’indétermination faisait partie de lui, tout autant que la détermination. Et souvent de l'ambiguïté qui définissait cette opposition naissait une palette de nuance dans les raisonnements du garçon. C’est dans ces intervalles nuancés que se faufilait sa curiosité, mue par le besoin de savoir. De comprendre.
“C’était… c’était si terrible que ça… ?”
Venant de Miss Valérion, il s’attendait au pire. Depuis son entrée à Poudlard, il s’était toujours attendu au pire. Que les actes rencontrent la réputation. Mais sa Directrice de Maison n’avait cessé de le surprendre et de le déstabiliser, là où il attendait d’elle qu’elle soit fidèle à l’image qu’elle donnait d’elle-même. Depuis le début, il attendait le jour où le couperet tomberait. Sur lui ou sur quelqu’un d’autre. C’était l’attente qui était la plus terrible des tortures. Il n’avait d’ailleurs toujours pas été puni pour avoir quitté le cours précipitamment. Et de cette attente, naissait peut-être une pointe de déception.
@Ashley Houston, j'ai trouvé ça très bien
Que s’était-il donc passé pour qu’Ashley, elle qui avait pourtant été l’une des seules à bénéficier d’un passe-droit, réagisse soudain avec une telle froideur. La curiosité d’Ernest était-elle si mal placée ? Tout ce qu’il voulait, c’était savoir. Mettre une image sur ce flou sidéral. Replacer les pièces du puzzle là où se trouvait un trou béant. Pour pouvoir continuer d’avancer et ne plus se poser de questions. Ne plus s’imaginer des choses qui n’étaient peut-être jamais arriver. Simplement avoir des certitudes. Et savoir ce qu’on avait dit sur lui. Car il savait qu’il avait été au cœur d’une argumentation même s’il ignorait tout de ce qui avait été dit.
Pourtant cette réponse, comme un souffle, n’avait rien de résolu. L’indécision, Ernest était capable de la reconnaître. Autant que l’incertitude. Comme une odeur, il pouvait la reconnaître chez les autres sans même le réaliser. L’indétermination faisait partie de lui, tout autant que la détermination. Et souvent de l'ambiguïté qui définissait cette opposition naissait une palette de nuance dans les raisonnements du garçon. C’est dans ces intervalles nuancés que se faufilait sa curiosité, mue par le besoin de savoir. De comprendre.
“C’était… c’était si terrible que ça… ?”
Venant de Miss Valérion, il s’attendait au pire. Depuis son entrée à Poudlard, il s’était toujours attendu au pire. Que les actes rencontrent la réputation. Mais sa Directrice de Maison n’avait cessé de le surprendre et de le déstabiliser, là où il attendait d’elle qu’elle soit fidèle à l’image qu’elle donnait d’elle-même. Depuis le début, il attendait le jour où le couperet tomberait. Sur lui ou sur quelqu’un d’autre. C’était l’attente qui était la plus terrible des tortures. Il n’avait d’ailleurs toujours pas été puni pour avoir quitté le cours précipitamment. Et de cette attente, naissait peut-être une pointe de déception.
@Ashley Houston, j'ai trouvé ça très bien
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- PRÉSENCE RÉDUITE -
- PRÉSENCE RÉDUITE -
À l'ombre des tribunes
Je pensais qu’avec ma réponse, Stevens me laisserait tranquille et arrêterait de me poser des questions. Je pensais qu’il verrait que je n’ai pas envie d’en parler, que je ne suis pas d’humeur à me rappeler cet épisode de ma vie, rempli de honte et de colère, que je préfèrerais parler de n’importe quoi d’autre plutôt que de ça. Mais il faut croire que les espoirs que je plaçais en lui pour remarquer mon inconfort étaient infondés et que j’ai eu tort de penser qu’il n’était pas aussi égoïste que les autres et était un tant soit peu plus perspicace qu’eux.
Je me suis trompée sur toute la ligne.
Non seulement il ne lâche pas l’affaire en me reposant une question, mais en plus il la précise en y ajoutant un adjectif qui touche plus juste que ce que j’aimerais avouer. Je grimace, la tête baissée vers mes chaussures, n’osant pas croiser le regard de mon camarade qui semble plus malin que ce qu’il ne laisse paraitre. Si c’était si terrible que ça ? Oh, bien sûr que ça l’était.
Évidemment, au début, tout allait bien. Tout se déroule toujours bien au début des belles histoires, et se termine de la même manière. À la différence de la mienne qui n’aurait pas pu plus mal tourner. Ainsi, tout était parfait. Valerion m’avait acceptée dans sa sorte de cours privé avec Sharp, m’avait appris à lancer Tarentallegra, m’avait même silencieusement félicitée lorsque je l’avais parfaitement lancé du premier coup. Non, ce n’est pas entièrement Valerion le problème dans cette histoire. Elle n’est pas le « terrible » dont parle Stevens. Affirmer le contraire serait se voiler la face et je ne suis pas du genre à rejeter la faute sur les autres lorsque je sais parfaitement qui est le fautif.
Non, le « terrible » qu’il mentionne, c’est celui qui a tout fichu en l’air. C’est l’élève préféré de Valerion. Je ne vois d’ailleurs pas ce qu’elle lui trouve, à Sharp, car hormis gâcher l’existence des autres, il ne sert pas à grand chose. S’il n’avait pas été là, j’aurais eu l’attention de la professeure juste pour moi. S’il n’avait pas été là, j’aurais pu continuer à m’entrainer en paix. Et surtout, s’il n’avait pas été là, je n’aurais pas été humiliée de la sorte. Non seulement devant lui, mais également devant Valerion et l’autre Serpentard. Et pour ça, je lui en veux terriblement. Je lui en voudrai sûrement toute ma vie.
Mais, en réalité, je me demande si ce n’est pas à moi que j’en veux le plus. Je m’en veux de ne pas avoir réagi, d’être restée au sol sans rien faire, trop choquée par ce que je venais de subir. Je m’en veux de l’avoir laissé partir sans riposter. Je m’en veux également de l’éviter depuis cet incident, que ce soit en cours ou dans la salle commune. Je crispe la mâchoire et ralentis le pas, me retrouvant légèrement en arrière par rapport à Ernest. J’observe son dos un instant, me demandant ce qu’il penserait de tout ça. Est-ce que ma réaction est légitime ? Est-ce que je n’exagère pas en ressentant autant de colère en moi ? Je serre les poings, avant de me dire qu’il n’en sait sûrement rien. Et, dans tous les cas, ce ne sont pas ses affaires. Il n’est pas bien placé pour me parler de ça.
« Ça te regarde pas », lâché-je d’un ton maussade.
Non, décidément, il n’a pas besoin de savoir ce qu’il s’est passé lors de ce triste après-midi du 8 septembre 2048.
Je suis terriblement désolée pour ce retard…
Je me suis trompée sur toute la ligne.
Non seulement il ne lâche pas l’affaire en me reposant une question, mais en plus il la précise en y ajoutant un adjectif qui touche plus juste que ce que j’aimerais avouer. Je grimace, la tête baissée vers mes chaussures, n’osant pas croiser le regard de mon camarade qui semble plus malin que ce qu’il ne laisse paraitre. Si c’était si terrible que ça ? Oh, bien sûr que ça l’était.
Évidemment, au début, tout allait bien. Tout se déroule toujours bien au début des belles histoires, et se termine de la même manière. À la différence de la mienne qui n’aurait pas pu plus mal tourner. Ainsi, tout était parfait. Valerion m’avait acceptée dans sa sorte de cours privé avec Sharp, m’avait appris à lancer Tarentallegra, m’avait même silencieusement félicitée lorsque je l’avais parfaitement lancé du premier coup. Non, ce n’est pas entièrement Valerion le problème dans cette histoire. Elle n’est pas le « terrible » dont parle Stevens. Affirmer le contraire serait se voiler la face et je ne suis pas du genre à rejeter la faute sur les autres lorsque je sais parfaitement qui est le fautif.
Non, le « terrible » qu’il mentionne, c’est celui qui a tout fichu en l’air. C’est l’élève préféré de Valerion. Je ne vois d’ailleurs pas ce qu’elle lui trouve, à Sharp, car hormis gâcher l’existence des autres, il ne sert pas à grand chose. S’il n’avait pas été là, j’aurais eu l’attention de la professeure juste pour moi. S’il n’avait pas été là, j’aurais pu continuer à m’entrainer en paix. Et surtout, s’il n’avait pas été là, je n’aurais pas été humiliée de la sorte. Non seulement devant lui, mais également devant Valerion et l’autre Serpentard. Et pour ça, je lui en veux terriblement. Je lui en voudrai sûrement toute ma vie.
Mais, en réalité, je me demande si ce n’est pas à moi que j’en veux le plus. Je m’en veux de ne pas avoir réagi, d’être restée au sol sans rien faire, trop choquée par ce que je venais de subir. Je m’en veux de l’avoir laissé partir sans riposter. Je m’en veux également de l’éviter depuis cet incident, que ce soit en cours ou dans la salle commune. Je crispe la mâchoire et ralentis le pas, me retrouvant légèrement en arrière par rapport à Ernest. J’observe son dos un instant, me demandant ce qu’il penserait de tout ça. Est-ce que ma réaction est légitime ? Est-ce que je n’exagère pas en ressentant autant de colère en moi ? Je serre les poings, avant de me dire qu’il n’en sait sûrement rien. Et, dans tous les cas, ce ne sont pas ses affaires. Il n’est pas bien placé pour me parler de ça.
« Ça te regarde pas », lâché-je d’un ton maussade.
Non, décidément, il n’a pas besoin de savoir ce qu’il s’est passé lors de ce triste après-midi du 8 septembre 2048.
Je suis terriblement désolée pour ce retard…
Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur
À l'ombre des tribunes
Ernest était complètement déstabilisé par la réponse de la jeune Poufsouffle. Sans s’en rendre compte, il avait à nouveau mis le doigt là où ça faisait mal. C’était caractéristique chez lui. Pourtant, en posant la question, c’était ses propres émotions qu’il tentait de percer à jour et nous celles d’Ashley. Ses insécurités à lui qu’il tentait de calmer. Mais l’ignorance l’empêchait de compatir. Pourtant, les deux adolescents semblaient partager les mêmes fragilités. Des inquiétudes similaires qu’ils auraient pu calmer ensemble si seulement ils avaient été capables de communiquer plus justement. Mais ce n’était pas le fort d’Ernest d’exprimer ses sentiments. Ni de lire ceux des autres. Il les sentait, les reconnaissait. Mais ne savait généralement pas quoi faire avec.
Et à mesure que les secondes passaient, le garçon arrivait à flairer la colère dans l’attitude de la jeune fille. À mesure que ses poings à elle se serrait, son dos à lui se voûtait, plié par la faute et la culpabilité. Quelque chose hantait la Poufsouffle et il était en train de lui mettre le museau dedans. Pourtant, il ne voulait pas la blesser. Il ne voulait pas empirer les choses. Il avait simplement la sensation qu’un peu de clarté pourrait l’apaiser, lui. Mais il se rendit rapidement compte de l’égocentrisme de ces attentes. Les préoccupations qu’il nourrissait par rapport à ce qui avait pu être dit sur lui s’évanouissaient peu à peu, remplacées par une nouvelle zone d’ombres bien plus pernicieuses. Qu’était-il arrivé à Ashley dans ce bureau pour la mettre dans un état pareil ?
Ernest s’arrêta à son tour et se tourna vers la petite brune, le regard durcit et sombre malgré ses yeux clairs.
“Nan… t’as raison… ça me regarde pas…”
Il fourra ses mains dans ses poches et reprit son chemin. Le ton maussade d’Ashley avait débordé sur lui comme une maladie contagieuse. Mais ce n’était pas sa propre colère qu’il exprimait alors, juste une réflexion de la demoiselle. Comme un reflet à la surface de l’eau, légèrement agité et trouble. L’adolescent s’arrêta néanmoins et poussa un long soupir avant de se retourner à nouveau vers la jaune.
“Mais t’es pas non plus obligée de garder tout ça pour toi… ‘fin… tu peux en parler… si tu veux… 'fin, j'veux dire... je peux écouter...”
Une dernière tentative comme une main tendue. Une main que lui-même attendait désespérément sans vraiment savoir pourquoi ni comment.
Et à mesure que les secondes passaient, le garçon arrivait à flairer la colère dans l’attitude de la jeune fille. À mesure que ses poings à elle se serrait, son dos à lui se voûtait, plié par la faute et la culpabilité. Quelque chose hantait la Poufsouffle et il était en train de lui mettre le museau dedans. Pourtant, il ne voulait pas la blesser. Il ne voulait pas empirer les choses. Il avait simplement la sensation qu’un peu de clarté pourrait l’apaiser, lui. Mais il se rendit rapidement compte de l’égocentrisme de ces attentes. Les préoccupations qu’il nourrissait par rapport à ce qui avait pu être dit sur lui s’évanouissaient peu à peu, remplacées par une nouvelle zone d’ombres bien plus pernicieuses. Qu’était-il arrivé à Ashley dans ce bureau pour la mettre dans un état pareil ?
Ernest s’arrêta à son tour et se tourna vers la petite brune, le regard durcit et sombre malgré ses yeux clairs.
“Nan… t’as raison… ça me regarde pas…”
Il fourra ses mains dans ses poches et reprit son chemin. Le ton maussade d’Ashley avait débordé sur lui comme une maladie contagieuse. Mais ce n’était pas sa propre colère qu’il exprimait alors, juste une réflexion de la demoiselle. Comme un reflet à la surface de l’eau, légèrement agité et trouble. L’adolescent s’arrêta néanmoins et poussa un long soupir avant de se retourner à nouveau vers la jaune.
“Mais t’es pas non plus obligée de garder tout ça pour toi… ‘fin… tu peux en parler… si tu veux… 'fin, j'veux dire... je peux écouter...”
Une dernière tentative comme une main tendue. Une main que lui-même attendait désespérément sans vraiment savoir pourquoi ni comment.
398
@Ashley Houston
@Ashley Houston
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- PRÉSENCE RÉDUITE -
- PRÉSENCE RÉDUITE -
À l'ombre des tribunes
Bien sûr que ça ne le regarde pas. À quoi pensait-il ? Que tout serait simple et que je lui parlerais comme si nous nous connaissions depuis toujours ? Je le regarde reprendre sa marche, s'arrêter quelques pas plus loin et pousser un long soupir. À sa façon de se tenir, je sens qu'il n'en a pas fini. Par Merlin, n'a-t-il pas compris que plus il parle, plus il s'enfonce ? Plus il me force à me renfermer, à renforcer la carapace autour de moi ? Je le rejoins rapidement, prête à lui passer devant et ne pas m'arrêter pour retourner au château et ainsi quitter cette situation qui ne plait à aucun de nous deux, prête à l'ignorer et ne plus jamais lui adresser la parole – en tout cas, tant que je n'aurai pas la certitude qu'il n'abordera plus le sujet.
Mais à ses mots, à sa phrase laborieusement bégayée, je suis comme stoppée de force et je m'arrête à côté de lui, l'observant de biais. Ses mots m'atteignent plus que je ne l'avouerai jamais et je gigote d'un pied sur l'autre. Je n'aime pas ses mots qui réveillent en moi des choses que je ne veux pas affronter. Je n'aime pas la façon qu'il a de se tenir, la façon qu'il a de prononcer ses mots, qui ne révèlent aucune arrière-pensée et montrent une sincérité limpide. Je me rends compte qu'il a, en réalité, besoin de m'écouter. Ce n'est pas que pour moi qu'il le fait, mais aussi pour lui, même si je ne vois – ou ne comprends – pas en quoi cela pourrait lui servir. Mon malaise se fait de plus en plus sentir, et je baisse le regard, fixant l'herbe ployer sous nos pieds, ayant envie de m'enterrer vivante et de ne plus jamais ressortir pour ne pas avoir à faire face à cette situation. Tout était plus simple quand nous étions dans la clairière aux courses... Pourquoi a-t-il fallu qu'il aborde le sujet ? Pourquoi tient-il tant à tout gâcher ?
« Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu fais ça alors qu'on se connaît presque pas ? »
Car même à Ander, je n'en ai pas parlé. Je n'en ai parlé à personne. Alors je ne vois pas pourquoi je devrais m'ouvrir à un presque inconnu. Je ne lui dois rien, il ne me doit rien non plus ; je n'ai aucune réelle raison de lui partager ce que je ressens, ce que j'ai vécu. Et je n'en ai pas envie. Il n'a pas besoin de savoir ce qu'il s'est passé, puisque ça ne le concerne aucunement. Mais au fond de moi, tout au fond de moi, dans un coin de mon cœur longtemps ignoré dont j'avais presque oublié l'existence, je sens cet appel à l'aide, et cette bouée que me temps Ernest. Je sais malgré moi qu'il serait une bonne oreille, qu'il saurait m'écouter sans s'imposer, qu'il comprendrait ensuite ce que j'ai à dire. Peut-être que plutôt qu'à quelqu'un dont je suis extrêmement proche, comme Ander ou Natanaël, c'est à lui que je dois m'ouvrir, car ne pas le connaître crée une distance qui me rassure et me dit qu'il ne pourrait pas me faire de mal en retour, ni utiliser contre moi ce que je lui confierais. Mais il a encore ses preuves à faire. Je ne suis pas encore prête à me mettre à nue comme je ne l'ai jamais fait.
Mais à ses mots, à sa phrase laborieusement bégayée, je suis comme stoppée de force et je m'arrête à côté de lui, l'observant de biais. Ses mots m'atteignent plus que je ne l'avouerai jamais et je gigote d'un pied sur l'autre. Je n'aime pas ses mots qui réveillent en moi des choses que je ne veux pas affronter. Je n'aime pas la façon qu'il a de se tenir, la façon qu'il a de prononcer ses mots, qui ne révèlent aucune arrière-pensée et montrent une sincérité limpide. Je me rends compte qu'il a, en réalité, besoin de m'écouter. Ce n'est pas que pour moi qu'il le fait, mais aussi pour lui, même si je ne vois – ou ne comprends – pas en quoi cela pourrait lui servir. Mon malaise se fait de plus en plus sentir, et je baisse le regard, fixant l'herbe ployer sous nos pieds, ayant envie de m'enterrer vivante et de ne plus jamais ressortir pour ne pas avoir à faire face à cette situation. Tout était plus simple quand nous étions dans la clairière aux courses... Pourquoi a-t-il fallu qu'il aborde le sujet ? Pourquoi tient-il tant à tout gâcher ?
« Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu fais ça alors qu'on se connaît presque pas ? »
Car même à Ander, je n'en ai pas parlé. Je n'en ai parlé à personne. Alors je ne vois pas pourquoi je devrais m'ouvrir à un presque inconnu. Je ne lui dois rien, il ne me doit rien non plus ; je n'ai aucune réelle raison de lui partager ce que je ressens, ce que j'ai vécu. Et je n'en ai pas envie. Il n'a pas besoin de savoir ce qu'il s'est passé, puisque ça ne le concerne aucunement. Mais au fond de moi, tout au fond de moi, dans un coin de mon cœur longtemps ignoré dont j'avais presque oublié l'existence, je sens cet appel à l'aide, et cette bouée que me temps Ernest. Je sais malgré moi qu'il serait une bonne oreille, qu'il saurait m'écouter sans s'imposer, qu'il comprendrait ensuite ce que j'ai à dire. Peut-être que plutôt qu'à quelqu'un dont je suis extrêmement proche, comme Ander ou Natanaël, c'est à lui que je dois m'ouvrir, car ne pas le connaître crée une distance qui me rassure et me dit qu'il ne pourrait pas me faire de mal en retour, ni utiliser contre moi ce que je lui confierais. Mais il a encore ses preuves à faire. Je ne suis pas encore prête à me mettre à nue comme je ne l'ai jamais fait.
Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur
À l'ombre des tribunes
Ernest avait du mal à mettre en mots les émotions qu’il décelait chez les autres, encore moins à savoir quoi en faire. Il tentait toujours de faire de son mieux pour s’aligner avec le comportement des autres adolescents. Mais même avec les meilleures intentions du monde, le gamin n’était pas omniscient et n’était pas dans la tête des autres. D’autant qu’il avait tout le mal du monde à comprendre ce qu’il se passait dans son propre esprit. Trop de choses se superposaient, entraient en contradiction. Tout ça avec une intensité surprenante pour un garçon de douze ans.
Malgré le flou, malgré les piques et la colère montante, son inclination naturelle le ramenait systématiquement à un besoin de compréhension et ça passait surtout par l’empathie. Car quand on n'avait pas le vocabulaire, il ne restait que la comparaison. Et c’est probablement ce qui l’avait poussé à se retourner une dernière fois. Est-ce que c’était de la naïveté ? De l'opiniâtreté ? Ou alors peut-être que c’était ça la détermination Serpentard : balancer des bouteilles à la mer en se convainquant qu’un jour quelqu’un les repècherait. Enfin des bouteilles au Lac, pour le coup.
Le jeune Serpentard ne s’attendait pas à ce que la deuxième année opère un revirement. Il sursauta légèrement alors qu’en passant à côté de lui, elle se retourna finalement et se retrouva face à elle. Il fit un pas en arrière face à la force de la question d’Ashley et fronça légèrement les sourcils. Ernest ne mentait jamais, faisait rarement de bêtises ou en tout cas pas intentionnellement. Aussi, il n’avait pas l’habitude qu’on remette en question son comportement de cette manière.
“Bin… je…”
Il déglutit, le regard fuyant alors qu’il cherchait une réponse adéquate. Mais c’était peut-être ça son problème. Il réfléchissait constamment au comportement qui devait répondre aux attentes des autres. Sauf que tout le monde n’avait pas les mêmes exigences.
“Mais pourquoi j’aurais besoin de te connaître pour être sympa ? Faut une autorisation ? C’est complètement con !”
Son ton s’était légèrement durci et il ne bégayait plus. Avant son arrivée à Poudlard, il avait passé un an dans un collège moldu à Londres. Il avait rapidement été stigmatisé comme le gamin bizarre. En arrivant dans l’école des sorciers, il avait fantasmé un monde de jeunes magiciens vivants en communauté. Il tentait de se convaincre que s'il persévérait dans ses efforts, ce monde là pourrait exister. Il était effectivement un peu naïf. Et buté.
Malgré le flou, malgré les piques et la colère montante, son inclination naturelle le ramenait systématiquement à un besoin de compréhension et ça passait surtout par l’empathie. Car quand on n'avait pas le vocabulaire, il ne restait que la comparaison. Et c’est probablement ce qui l’avait poussé à se retourner une dernière fois. Est-ce que c’était de la naïveté ? De l'opiniâtreté ? Ou alors peut-être que c’était ça la détermination Serpentard : balancer des bouteilles à la mer en se convainquant qu’un jour quelqu’un les repècherait. Enfin des bouteilles au Lac, pour le coup.
Le jeune Serpentard ne s’attendait pas à ce que la deuxième année opère un revirement. Il sursauta légèrement alors qu’en passant à côté de lui, elle se retourna finalement et se retrouva face à elle. Il fit un pas en arrière face à la force de la question d’Ashley et fronça légèrement les sourcils. Ernest ne mentait jamais, faisait rarement de bêtises ou en tout cas pas intentionnellement. Aussi, il n’avait pas l’habitude qu’on remette en question son comportement de cette manière.
“Bin… je…”
Il déglutit, le regard fuyant alors qu’il cherchait une réponse adéquate. Mais c’était peut-être ça son problème. Il réfléchissait constamment au comportement qui devait répondre aux attentes des autres. Sauf que tout le monde n’avait pas les mêmes exigences.
“Mais pourquoi j’aurais besoin de te connaître pour être sympa ? Faut une autorisation ? C’est complètement con !”
Son ton s’était légèrement durci et il ne bégayait plus. Avant son arrivée à Poudlard, il avait passé un an dans un collège moldu à Londres. Il avait rapidement été stigmatisé comme le gamin bizarre. En arrivant dans l’école des sorciers, il avait fantasmé un monde de jeunes magiciens vivants en communauté. Il tentait de se convaincre que s'il persévérait dans ses efforts, ce monde là pourrait exister. Il était effectivement un peu naïf. Et buté.
410
@Ashley Houston
Toutes mes excuses pour ce long silence
@Ashley Houston
Toutes mes excuses pour ce long silence
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- PRÉSENCE RÉDUITE -
- PRÉSENCE RÉDUITE -