Explorer le monde dans les reflets d'une fiole PV PNJ

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- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : Développer la relation d'Alyona avec sa grand-mère, découvrir de nouveaux horizons.


10 AOÛT 2049, 15h23
QUADRIENNALES DE LA MAGIE, GODRIC'S HOLLOW,

Alyona, 19 ans,
avec Freya Farrow


Aujourd'hui, je me sens aventurière, exploratrice, argonaute au regard encore innocent face aux merveilles qui l'attendent. Chacun de mes pas est un progrès, chaque avancée est une découverte. Je marche et je voyage. Je traverse les océans, j'escalade les montagnes, je franchis les frontières. L'Océanie est un souvenir encore vif, tandis que l'Asie est un présent qui éclate sous mes yeux clairs. Ce mélange de langues et d'accents lointains me rappelle les correspondants AMICO. J'ai l'impression d'avoir chaussé les bottes de sept lieux. La Terre roule sous mes pieds. J'aperçois des objets que je ne pensais jamais voir. Mes yeux restent ronds face aux créations, aux visages, à cette richesse qui peuple l'étranger. J'ai toujours eu le Royaume-Uni en haute estime, le considérant comme un pays dont je pouvais être fière, qui se trouvait gorgé de progrès et de beautés. Depuis mon voyage à Castelobruxo, mon regard s'en retrouve changé, et aujourd'hui encore ce bouleversement refait surface dans mon esprit, l'éclairant de sa vérité. Le monde est extraordinaire. Il y a tant à découvrir, et tellement de lieux à parcourir ! Oh Merlin, je ne sais rien, je ne connais rien, je baigne dans l'inconnu. La Magie est immense et diverse ! J'avance, aucun paysage ne change, et pourtant j'ai l'impression de traverser les terres et les mers, d'ouvrir mon coeur à des richesses qu'il ne soupçonnait pas, de découvrir des inventions auxquelles je n'aurais jamais pensé. Mon ignorance me rend pauvre. Aujourd'hui je la balaye.

Malgré mon appartenance à la maison des Bleus, je n'ai jamais été une sorcière créative. Mon esprit est davantage poussé par des instincts et des connaissances. Ma mère peint, mais dans ce domaine où elle réussit, je n'ai jamais brillé. Je n'y trouve d'ailleurs aucune satisfaction, aucun plaisir. C'est un monde qui m'est étranger. Je ne le comprends pas. Mes mains sont davantage faites pour plonger dans la terre ; je dois les salir, les utiliser pour attraper, sentir, saisir la Magie, prendre soin et construire. L'Art est encore nouveau pour moi. Il me touche, mais je ne le comprends pas. C'est un grand inconnu à l'autre bout de mon horizon. Il m'apparaît aussi lointain que la Lune. Je le laisse à ceux qui ont le pouvoir de le tordre et de le dompter, qui savent l'utiliser sans se poser de questions, dont l'inventivité et le talent m'éblouissent sans que je ne puisse les saisir. C'est un monde qui me sera toujours inatteignable.

Ma grand-mère paternelle a posé sa main sur mon bras. Toutes les deux, nous avançons entre les stands, déambulant entre les sorciers de tous les horizons. Comme à son habitude, mon aïeule est vêtue avec élégance et richesse, bien que pour cette sortie ce soit davantage discret et contrôlé. À ses côtés, je me tiens droite, portant la jolie cape légère achetée en avril à Madame Guipure ainsi qu'une robe verte qui met en valeur mes cheveux. J'ai mon sourire des beaux jours, celui qui flotte et brille un peu. Ces Quadriennales de la Magie sont une idée merveilleuse qui me comble de joie. En traversant la foule, j'aperçois des visages connus et je voyage, tout en restant dans ma ville, à Godric's Hollow. La fierté et le plaisir cascadent dans mon coeur. Mes pensées forment une forêt tropicale envahie de lumière. Je me sens bien, ravie et comblée par cet événement qui contraste avec les derniers jours d'examens que je viens de quitter.

Mon aïeule et moi n'échangeons que quelques mots quand ceux-ci ne peuvent être retenus ou quand la curiosité de connaître l'avis de l'autre surgit. C'est elle qui me guide vers le pavillon européen, et moi qui l'emmène vers le stand affichant des fioles à l'aspect féerique. J'ai l'impression d'être entrée dans un conte. Tout est soigneux, délicat et réfléchi. À première vue, on pourrait croire que l'esthétique est ici élément de vente, pourtant c'est surtout le caractère pratique et utile de ces objets qui les font dénoter. Des fioles développées pour proposer des conditions précises de conservation... C'est intéressant. Cela a certainement beaucoup d'avantages. Déjà, mes pensées plongent dans les possibilités, explorant les courants de ces eaux nouvelles.

C'est ma grand-mère qui m'interrompt en pressant légèrement sa main sur mon bras. Je relève les yeux vers elle. Mon regard croise le sien avant qu'elle ne désigne du menton l'enseigne de ce stand, sur laquelle je lis le nom de l'entreprise proposant ces produits. La famille Montmort. Celle-là même à laquelle appartient la directrice de Poudlard. Mes yeux étonnés croisent ceux de mon aïeule, qui trahit un léger sourire satisfait. Cependant, je me garde bien d'émettre le moindre commentaire, sombrant de nouveau dans l'observation de ces fioles enchanteresses.


@Pervinca Burdock, en espérant que tout te convienne.
Dernière modification par Alyona Farrow le 30 mars 2025, 17:58, modifié 5 fois.

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht

Explorer le monde dans les reflets d'une fiole PV PNJ
10 août 2049, 15h23
@Alyona Farrow
J'espère que cela te convient.


Si vous ne connaissez pas encore Pervinca sachez que c'est une férue de botanique et de potion. Avant même son entrée à Poudlard, sa grand-mère lui avait déjà transmis un amour pour les plantes et leurs vertus. Je vous laisse donc imaginer sa réaction lorsqu'elle a appris l'existence du cours de botanique dans sa nouvelle école. Justement, c'est dans cette nouvelle école qu'elle s'est découvert une autre passion, cette fois, pour les potions. À nouveau, cette passion, elle la partage avec Tomella, sa grand-mère qui fut autrefois une potionniste et botaniste hors pair.

Il était donc évident que les deux écossaises s'attardent à un moment ou à un autre devant le stand français. En effet, ce dernier, tenu par la famille de la directrice de Poudlard, propose des fioles reproduisant certaines conditions précises dans le but de conserver au mieux les potions qu'elles contiennent et amplifier leurs effet. Très intéressées par cette invention plus que géniale, Pervinca et sa grand-mètre s'approche. Un enseigne rétro au style très frenchie leur indique qu'elle sont au bon endroit.

Pervinca s'extasie devant une petite fiole verte entourée de petites branches et de petites feuilles. Son attention se porte ensuite sur une fiole jaune dont semble émaner des paillettes. Novice sur le sujet elle ne sait pas vraiment quelle fiole permet quoi. Elle sait que certaines fioles permettent une conservation à très haute ou très basse température, ou une conservation de poisons ou de philtres d'amour, de souvenirs sans altération etc Elle sait aussi que certaines maintiennent les potions sous tension électrique ou filtre et amplifie des rayons lunaires. Mais elle ne sait pas en quoi filtrer les rayons lunaires peut être utile par exemple.

Pour comprendre, la rouquine observe et écoute. Elle comprend alors que la fiole presque blanche au sein de laquelle trône un flocon permet une conservation à très basse température. Mais sa curiosité de Serdaigle n'étant pas combler elle s'empresse de poser un tas de question à sa grand-mère.

"- Dis mamie. À quoi ça sert de maintenir une potion sous tension électrique ? C'est pour les flux magique ? Et pour quoi faut-il filtrer et amplifier les rayons lunaires ? C'est plus fort que les rayons solaires ?"

Pervinca tourne la tête vers sa grand-mère en attente d'une réponse mais cette dernière semble être dans les nuages. Dans une posture bien droite, ses petites lunettes grises sur le nez, elle observe, de se yeux perçants une magnifique fiole violette contenant en son sein une rose tout aussi envoûtante. Comprenant qu'elle n'obtiendra pas de réponses de sa part la rouquine se tait. Elle tente alors de trouver une réponse en écoutant les conversations de sorciers alentours et les indications des vendeurs aux questions de leurs clients mais aucune indication ne lui fournit ses réponses.

Un saphir ou un sort !

Explorer le monde dans les reflets d'une fiole PV PNJ
Mon regard creuse, fouille, questionne. Je suis étrangère dans ce monde et pourtant je me glisse dans son coeur. Laissez-moi apprendre, voir, comprendre. Je veux sortir de mes sentiers battus, fouler des terres inconnues et nouvelles, aux senteurs pleines d'ivresses ; je veux marcher, tout droit ou à la pointe des pieds sur des angles hasardeux ; je veux partir sans savoir où je vais, et voyager loin, si loin que le chemin du retour sera une quête aussi enrichissante que dangereuse. Faites de moi Ulysse, même si j'ai l'âme de Pénélope. Déjà, je sens que mes contours s'affirment, contrastant avec le reste. Pourtant, je suis toujours secouée de questions sans réponse. L'avenir est un mystère. Laissez-moi me jeter dans ce torrent indomptable, sans savoir où je vais, mais sûre d'atteindre des terres nouvelles. Si je regarde dans toutes les directions, ne trouverai-je pas la mienne ? Je suis solide comme la roche, forte comme un chêne, confiante comme la Lune. Je n'ai pas peur de me perdre. Comment le pourrai-je ? Si je m'égare, alors je sais ce que je veux, où je veux être, ce que je souhaite faire. Se jeter dans l'inconnu, ce n'est pas s'égarer, c'est avancer vers l'avenir. Laissez-moi courir vers ce qui vient, maintenant que je suis prête.

« J'avance, tu me rejoindras. »

Mon aïeule retire sa main de mon bras, et son départ me fait l'effet d'un coucher de soleil. Je suis si concentrée sur mes sens et mes pensées que je ne vois pas la nuit prendre le relais. (Comment ? Il n'est déjà plus là, ce grand astre ? Je ne l'ai pas vu partir, il est si discret.) J'entends mais je suis sourde. Je perçois mais je n'y fais pas attention. À quoi bon ? Je me sens confiante, je n'ai pas peur, alors j'avance sans avoir besoin de me retourner. Mon chemin, aujourd'hui, me mène sur une autre voie que celle empruntée par ma grand-mère paternelle.

Seule face aux fioles, les passants qui m'entourent reprennent tous leurs droits sur mes pensées. Leurs paroles frappent à la porte de mon crâne, leurs bruits rompent le silence de mon intérêt, leurs mouvements près de moi frôlent mes membres à l'apparence immobiles, qui saisissaient les fioles par la pensée pour que je puisse les tourner entre mes doigts sans pour autant les toucher. Mon aïeule est partie sans bruit, et voilà que la bulle de ma concentration a éclaté sans prévenir. Je me redresse en clignant des yeux, presque égarée. Presque, heureusement. Ce mot est comme un Protego lancé à la dernière seconde. Il est fragile mais il peut vous sauver.

Une moue déçue s'empare de mon visage durant quelques brefs instants. Maintenant que mon intérêt est envahi de paroles diverses et que mon attention s'est dispersée, j'ai du mal à savoir ce que je fais en restant là. Ce n'est plus moi qui observe les fioles, ce sont elles qui me regardent. Si je le voulais, je pourrais peut-être voir mon reflet dans leur verre. J'ai l'impression d'être arrivée au bout du chemin et d'avoir découvert un cul-de-sac.

J'arrache mes yeux aux créations qui les avaient comme envoûtés pour parcourir l'assemblée qui m'entoure du regard. Où est ma grand-mère ? A-t-elle avancé jusqu'au stand suivant ? Ne plus avoir sa main sur mon bras est désagréable, c'est comme s'il me manquait quelque chose. Si nous n'étions pas au coeur de l'été, j'aurais crû avoir froid.

À mes côtés, je découvre une sorcière, rousse, toute jeune, enveloppée de silence, comme si c'était elle qui me l'avait pris. Elle paraît accompagnée par la femme âgée qui se tient près d'elle, mais elles ne se regardent pas. C'est étrange comme, même un an après mon départ du château, cette enfant me rappelle Poudlard. Le monde des adultes et des étudiants ne me conviendra jamais. Il y manque une fraîcheur, une innocence, une candeur que seuls les plus jeunes peuvent apporter. Ils feront toujours apparaître un sourire sur mes lèvres, pour la douceur qu'ils me rappellent.

Je me penche vers la petite inconnue, de la lumière sur le visage. Peut-être vient-elle du reflet sur les fioles.

« Tu aimes les potions ? » demandé-je avec bienveillance et calme.

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht

Explorer le monde dans les reflets d'une fiole PV PNJ
Perdue dans sa contemplation et dans sa curiosité, Pervinca se pose mille et une question. Observant le moindre petit détail de conception de chaque fiole, elle est portée par le soucis de tout cerner. Chaque fiole est analysée, scrutée par le regard pervenche de Pervinca.

Les potions c'est une passion de famille. Sa grand-mère, seule autre sorcière de sa famille a passé sa vie à faire pousser des plantes magiques dans une ruine perdue à l'abris des moldus afin de concocter les potions les plus artisanales possible. Pervinca a donc baigné dans cet environnement, comme une mentor sa grand-mère lui a appris à contempler la nature, à savoir la saisir. Elle lui a transmis l'amour des plantes, leur compréhension et une fois à Poudlard, l'amour des potions lui est venus presque naturellement.

La jeune fille a toujours perçue le monde comme un tout harmonieux. Une chaîne infinie et infinitésiment évidente. Selon elle, tout a une place. La moindre petite fourmi a une importance hors norme. Sensible au monde, elle a très vite compris que certaines choses vont naturellement bien ensemble. Alors, voilà ce qu'est un potion selon elle : le résultat harmonieux d'éléments naturels qui font la pair. Pour elle, cette science est la plus logique de toute.

La petite curieuse est alors tiré de ses pensées par une jeune femme dont le reflet d'une fiole éclaire le visage. Sa peau est claire, presque blanche et ses cheveux ressemblent à ceux de Pervinca en plus foncés et cuivrés. Dans la finesse de ses traits et son regard bleu plein de douceur, la jeune aiglonne ne perçoit que de la tendresse. La jeune femme lui demande alors simplement si elle aime les potions.

Elle sait qu'elle ne doit pas parler à une inconnue. Sa grand-mère lui a répété une centaine de fois. Mais rien chez son interlocutrice ne déclenche de signal d'alerte dans le cerveau de la jeune fille. Et puis, sa grand-mère ne doit pas être très loin. Pervinca hésite malgré tout un instant mais, séduite par la beauté et la douceur de la femme, elle lui répond.

"- Oui beaucoup. Ces fioles sont très jolies, cela dit, je ne comprend pas tout à leur sujet. Les fioles que j'utilise en cours moi, elles sont juste transparente. Forcément celles-là sont beaucoup plus classe. Le truc c'est que j'suis pas sûre que ma mamie elle aura assez d'argent pour s'en acheter. Elle est potionniste vous savez ? Un jour je serais comme elle."

En disant cela un goût amer lui parcours le palais. Bien sûre sa grand-mère est son modèle. Mais parfois elle oublie que dans sa jeunesse cette dernière a été une mage noir. Et lorsqu'elle s'en rappelle. Une boule se forme au creux de son ventre. Elle se sent si proche d'elle et si identique ... la peur de mal tourner lui reste inconsciemment encré. Alors, en disant son souhait d'être comme elle, Pervinca aimerai préciser qu'elle veut être comme la mage pleine de pureté et d'amour qu'elle a toujours connue.

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Un saphir ou un sort !

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Quand donc la passion apparaît-elle ? Est-ce une rencontre ou une révélation ? Qu'est-ce qui l'éveille ? Peut-elle se construire ou se découvrir tardivement ? Est-elle aussi forte d'un individu à l'autre ? (Je pense à Narcisse, à son enthousiasme brûlant, à ses paroles lumineuses, à son énergie flamboyante.) Peut-on la voir disparaître, s'évanouir, se perdre dans l'habitude et l'épuisement ? Nous apparaît-elle chaque jour nouvelle et forte, ou peut-elle se ternir, faner, se flétrir ? Peut-on la perdre ? (Je pense à moi, à cette peur tapie dans mon ombre qui m'observe en silence et dont les yeux me transpercent. Est-ce possible qu'un moment, le soleil se lève sans que la botanique ne me remplisse de joie ?) Peut-on choisir, volontairement, de renoncer à ce qui nous anime ? Et si cette décision est prise, peut-on tout de même trouver le bonheur dans une vie sans couleur ? (Je pense à Abby, à sa douleur, à l'art dont on l'éloigne et à son regard gris quand il est tourné vers l'avenir.) Peut-on vivre sans passion ? Non celle qui fait souffrir, ni celle qui transporte, mais celle qui attire, qui séduit. Peut-on lui résister ? Doit-on la serrer entre ses doigts fermement, faisant d'elle un objet de domination, sur lequel on a un semblant de maîtrise ? Peut-on la dompter et lui tourner le dos, ne pas lui prêter d'attention, ne pas la suivre ? Est-ce une voix qu'on peut se permettre de ne pas écouter ?

Les questions inondent mon âme comme une marée grimpe sur la plage. Mes yeux se sont heurtés au visage de cette jeune rousse et y ont lu un intérêt simple et envahissant. Elle avait les pupilles accrochées aux fioles. Qu'y voyait-elle ? Qu'est-ce que cela faisait naître en elle ? Est-ce le début d'une grande aventure, la rencontre avec un sujet d'attirance ? Je l'ai interrompue, intriguée, et maintenant je m'en veux presque. En avais-je le droit ? Était-ce une bonne idée ? N'aurais-je pas dû la laisser seule avec l'objet de sa curiosité ? Le trop tard a un goût de remords ; je me vois contrainte de repousser ces idées pour ne pas voir mes pensées tanguer.

Cependant, étrangement, je n'ai pas l'air de déranger la petite rousse aux yeux bleus. Au contraire, elle semble même profiter de ma présence pour glisser dans ses paroles les interrogations qui la suivent. Néanmoins, elle ne se limite pas à cela, et ses propos sont jetés dans ma direction sans une hésitation. La mention du prix de ces inventions me met mal à l'aise, mais je repousse rapidement cette idée. L'argent n'est pas un sujet qu'il me plaît d'évoquer. Je sais que mes parents en ont, et j'ai toujours vécu sans avoir y penser. Apprendre que pour certains il pose des limites aux envies me gêne. Je préfère conserver dans mon crâne les derniers mots de la rousse, ces « je serai comme elle » que je connais si bien, et qui me rappellent mon propre parcours.

« C'est normal qu'elles ne soient pas comme celles que tu utilises, elles ont été inventées pour être différentes, et apporter des changements. Celles-ci reproduisent des conditions précises pour une meilleure conservation. Elles sont innovantes et nouvelles, ce qui explique leur prix. »

J'observe la petite rousse d'un oeil curieux. Elle paraît si sûre d'elle quand elle affirme qu'elle sera potionniste. Pourquoi ? Elle m'apparaît si jeune, même si sa connaissance des fioles semble impliquer qu'elle soit déjà entrée à Poudlard. Admire-t-elle donc sa grand-mère, pour souhaiter de cette manière suivre sa voie ? Admirais-je aussi la mienne pour m'engager dans le chemin qu'elle m'avait fait découvrir ? Certainement. Mais alors, si elle n'avait pas été près de moi, ou si elle n'avait pas eu de serres, aurais-je tout de même été passionnée par la botanique ? La passion se construit-elle ou l'avons-nous en nous dès notre plus jeune âge ? Comment savoir ? Peut-être que tout était prévu, peut-être que c'est là l'oeuvre d'un destin plus grand, auquel on nous prépare tôt.

Pourtant, je ne peux m'empêcher de penser que cette jeune élève semble bien enfermée dans ses convictions et son avenir, en affirmant qu'elle sait déjà ce qu'elle fera, ce qu'elle sera. Mais si elle est passionnée, qu'est-ce qui peut l'éloigner de son intérêt et lui retirer ses certitudes ?

« Quand tu seras potionniste, peut-être que ces fioles te seront plus accessibles, et que tu pourras en offrir à ta grand-mère, ajouté-je avec un sourire. Et peut-être qu'elles contiendront même tes propres concoctions. »

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht