22 août 2024, 21:23
OS RP++ Wǒ Māma
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    Bien que mes parents m'aient accordé un répit après qu'ils ont appris que j'étais une sorcière et que j'ai fait mes adieux à Mǎ, ma meilleure amie, les vieilles habitudes ont fini par reprendre. À mon grand désarroi.
    Tout d'abord, mon père, lors d'un dîner, s'est plaint que je ne travaillais pas assez et passais mes journées à regarder la télévision ou à dessiner. Dès le lendemain, j'ai dû reprendre les cahiers de vacances, car il était hors de question que j'oublie ce que j'ai appris à l'école primaire. Pire encore, mes parents m'ont forcé à rattraper le retard que j'avais pris dans mes révisions estivales en faisant le double de pages par jour. Je commence à avoir hâte de la rentrée. Même si j'appréhende énormément de me retrouver dans une école magique, je finis par croire que ne plus avoir mes parents sur le dos me permettra de faire davantage de choses dont j'ai envie.
    Dans un second temps, ma mère s'est plaint, à son tour, que je ne pratiquais pas assez le violon. D'après elle, s'ils m'avaient payé un instrument et autant de leçons pour apprendre à en jouer, ce n'est pas pour le laisser dans son étui. Je veux bien en jouer, moi. Mais après les quatre pages de devoirs de vacances, j'ai juste envie de me reposer et jouer avec mes jouets, pas d'encore faire des devoirs de musique.
    Mais comme ce sont mes parents qui décident, et surtout, c'est eux qui me donnent ou non accès à la télécommande de la télévision selon leur bon vouloir, j'obéis. Le seul moyen de ne plus avoir de devoirs, c'est de les terminer le plus vite possible.

    Mais si les vieilles habitudes de travail sont revenues, la rentrée qui nous verra se séparer a créé chez mes parents une envie de passer plus de temps avec moi. J'ai cuisiné avec mon père, ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps. Ma mère et moi avons fait quelques jeux, des puzzles et elle m'a même raconté une histoire hier avant de dormir. C'est quelque chose que j'apprécie. En tant que fille unique, j'ai souvent eu l'habitude de m'occuper seule. Cela ne m'a jamais dérangé. Mais avoir l'attention de ses parents restent une satisfaction que je connaissais bien trop peu jusque lors. Je regrette un peu que mes parents aient attendu que je m'en aille pour m'accorder ce temps.
    Toutefois, ma mère a décidé de m'emmener sortir aujourd'hui. Entre filles. Ma mère a toujours refusé que l'on fasse les attractions trop touristiques de Londres, car elles sont souvent trop chères et remplies de monde. Moi, j'ai toujours été fascinée par les grands bâtiments anciens, les lumières de la ville et j'ai toujours voulu observer la capitale depuis les cabines du London Eye. Et aujourd'hui, ma mère a enfin accepté de m'y emmener.



    — Il y a du mooonde...
    Ça doit bien être la vingtième fois que je râle. La rangée de personnes qui s'étale devant nous nous fait attendre depuis environ une demi-heure. J'ai l'impression que ça fait toute la journée. J'ai mal au dos, et j'ai chaud. Autour de nous, des touristes sont aussi venus admirer la ville depuis les hauteurs. J'entends les mélanges de langues et accents. Ma mère me regarde lassée de mes jérémiades.
    — Lina, je t'avais prévenue. Tiens, prends un peu de ta boisson glacée.
    Ma mère a accepté de me payer un granité. La glace pillée de couleur bleue a un parfum dont je ne me souviens plus, sûrement quelque chose de chimique. Mais j'aime ça malgré tout : c'est sucré, rafraîchissant, et surtout, ça donne la langue bleue. Je trouve ça marrant. Le désavantage, c'est qu'il faut garder le gobelet en main. Mais, j'ai habilement réussi à convaincre ma mère de le tenir quand je ne buvais pas. Toutefois, après une demi-heure de queue, la glace a fini par fondre. Le sirop fluorescent a fini de se mélanger aux glaçons liquéfiés pour donner une eau fade. Je prends le récipient et siffle quelques gorgées. C'est moins bon, certes, mais ça reste frais. Puis je le retends à ma mère en fredonnant des « hmm hmm » pour attirer son attention. Elle se saisit du verre en levant les yeux au ciel. Je sais ce qu'elle pense : je pourrais être un peu plus polie. Oui, c'est vrai ; mais aujourd'hui, je suis une princesse, alors je fais comme je veux.

    Finalement, nous entrons dans une des cabines de la grande roue, et ce qui est pour moi un énorme manège commence à nous élever dans les airs. Les innombrables buildings et édifices qui s'étalent devant nous me fascinent. Je m'approche des vitres tout excitée en appelant ma mère qui m'explique, quand elle sait, de quoi il s'agit.
    — Là, à côté de Big Ben, c'est le Palais de Westminster. C'est là que l'on vote les lois du pays.
    Voir les bâtiments connus d'un autre point de vue me remplit de joie. J'ai l'impression que la hauteur les magnifie. Ils sont comme des petites constructions de Lego que l'on peut manipuler, plus saisissables que ces grandes tours de pierres quand on les observe depuis le goudron. J'aime cette visite touristique de ma propre ville. Ma mère prend quelques photos sur lesquelles je pose fièrement devant la vue panoramique de la Tamise. Le grand fleuve de Londres serpente dans la ville et finit par se perdre dans le brouillard à l'horizon. J'aimerais rester dans la cabine plus longtemps. Mais hélas, elle finit son tour et nous devons descendre bien trop vite.

    En sortant, nous passons devant les magasins de souvenirs. Je ne peux m'empêcher de tirer sur le bras de ma mère pour l'y emmener. Depuis les fenêtres de l'extérieur, je zyeute les tasses aux couleurs du Royaume-Uni, les cartes postales, les T-shirts et les portes-clefs. J'ai envie de repartir avec quelque chose, et mes yeux se posent sur une petite représentation du London Eye.
    — Maman, je peux l'avoir. Comme si ça allait convaincre plus facilement ma mère, je répète plusieurs fois très vite : s'il-te-plaît, s'il-te-plaît, s'il-te-plaît... Comme quoi, on sait toujours se servir de la politesse quand on en a besoin.
    Ma mère ne semble pas sensible à cette petite roue miniature.
    — Aiya... Lina. Qu'est-ce que tu vas faire de ça, enfin ? Tu trouves pas que tu as été suffisamment gâtée aujourd'hui ?
    — Mais maman !
    Plus tranchante, elle me répond :
    — Lina, c'est non.
    Ma mère s'éloigne alors pour me montrer son désintérêt. Je lui cours après et attrape sa main en la tirant.
    — Mais c'est pas cher en plus, c'est que treize pounds.
        Ma mère se retourne et me regarde avec l'air sévère. Je comprends alors que je ne devrais pas insister plus. Son regard me fait un peu peur.
    — Lina, je ne veux pas de caprice.
    Je lâche alors sa main et la suis en traînant les pieds. J'ai du mal à comprendre son refus. En plus, la roue est jolie ! Je l'aurais mise dans ma chambre sur mon armoire, comme ça, les petites personnes qui monteraient dedans pourrait observer toute ma chambre depuis les minuscules cabines. Mais comme ma mère ne veut pas, ils seront privés d'attraction.
    Ma mère a continué d'avancer. Elle s'arrête un peu plus loin devant moi pour m'attendre et finit par me tendre la main pour que je la reprenne. Puis, avec le visage radouci, elle me dit :
    — Tu ne fais pas la tête, quand-même ?
    Je ferais moins la tête si j'avais eu ma petite roue...
    — On a passé un bon après-midi toutes les deux, non ?
    J'acquiesce en hochant la tête.
    — Alors on ne va pas gâcher ce moment avec des caprices. D'accord ?
    — D'accord, maman.
    — Allez, viens.
    Ma mère tire sur mon bras pour m'enjoindre à la suivre. Je presse alors le pas.



    Sur le trajet du retour, je ne peux m'empêcher de repenser à ce que ma mère m'a dit. Et elle a raison. Plus j'y pense, et plus je me dis que mes parents vont me manquer quand je serai à Poudlard. Même s'il m'arrive de croire que j'aurai plus la paix sans eux, que je pourrai faire ce que je veux, j'oublie que c'est grâce à eux que ma vie est aussi structurée. Ils orchestrent tout en sacrifiant beaucoup pour que ma vie soit la plus simple possible. Et si je trouve ça parfois dur de leur part de m'obliger à faire des devoirs, j'oublie bien trop souvent qu'ils ne le font pas par plaisir, mais parce qu'ils veulent que j'aie toutes les cartes en main pour réussir plus tard dans ma vie.
    Alors non, il ne faut pas gâcher les moments que l'on passe ensemble, car il n'y en a pas souvent. Et cette année, il y en aura encore moins. C'est pour ça que mes parents passent plus de temps avec moi. Et il faut que j'en profite.
    Tandis que nous tournons dans la Bateman Street où se trouve le restaurant, j'interpelle ma mère.
    — Maman ?
    — Oui ?
    Alors je lui dis :
    — Merci pour cet après-midi.
    Un sourire s'étale sur ses joues comme si l'avoir remerciée équivalait à lui avoir offert une petite London Eye. Elle passe sa main sur mes cheveux en signe d'affection et nous rentrons chez nous. À y réfléchir, c'est plutôt ça être une vraie princesse, non ? Savoir remercié avec humilité et politesse les personnes qui nous ont tant donné.

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T Wǒ Māma - 我妈妈 - ma mère

2è année RP