23 févr. 2024, 15:18
 Clos  J'avais l'habitude de rêver  RP+ 
Dimanche 10 janvier 2049,
Aux alentours de 8h,
Avec @Ashley Houston

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I used to dream
I used to glance beyond the stars
Now I don't know where we are
Although I know we've drifted far
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Alors que je suis tranquillement en train de petit-déjeuner, prête pour une session d'entraînement, Cleo se met à frétiller comme d'impatience, et à venir se lover dans mon cou en me regardant d'une étrange façon. Je la connais, elle agit ainsi lorsqu'elle sent la présence d'Amahoro aux alentours. Je lève les yeux, m'attendant à voir le hibou grand duc d'Afrique de Papa Maman voler vers moi. Mais non, rien du tout. Pourtant, je ne peux remettre en cause l'attitude de Cleo : Amahoro est entré dans l'enceinte du château. Il va sûrement arriver bientôt.
Pourtant, lorsque je finis de manger, le hibou familial n'a toujours pas fait son apparition dans la Grande Salle. Je regarde Cleo et lui exprime mon incompréhension : s'est-elle trompée ? Ca serait bien la première fois depuis un an et demi... Mais ses yeux m'assurent qu'il est là, quelque part, et elle commence à s'échapper de mes épaules, comme pour se diriger hors de la pièce. Je la rattrape rapidement, et sort de la Grande Salle. De toute façon, il n'y a pas cinq mille endroits où un hibou peut aller à Poudlard.
Je grimpe les escaliers quatre à quatre, rouspétant lorsqu'ils ne me mènent pas là où je souhaite, et j'arrive finalement à la volière. Amahoro est bien là, dans toute sa droiture et sa classe habituelles, une lettre entre les serres.
"Alors mon beau, qu'est-ce que tu fais là ? demandé-je en m'approchant pour lui caresser le dessus de la tête. C'est l'heure du p'tit-dèj, tu as accès à la Grande Salle tu sais ?"
Il acquiesce et me tend la patte pour que je récupère l'enveloppe. Elle n'est pas très lourde.
"Merci."
Cleo glisse le long de mon bras pour aller retrouver Amahoro. Ce sont vraiment les meilleurs amis du monde ces deux-là. Quoique, je ne dois pas négliger la relation très... enlacée ? de Cleo et Telio.
J'ouvre l'enveloppe : elle contient une feuille de parchemin presque vierge. Seules quelques phrases sont inscrites en haut. Je reconnais l'écriture ronde et féminine de Maman.
Chérie,
Nous venons de recevoir une missive de Clayton. La famille est inscrite au Registre des Sang-Purs... Nous n'avons rien pu faire.
Désolée. Je t'aime fort.
Maman

PS : J'ai cru que c'était une bonne idée de demander à Amahoro de ne pas t'apporter cette lettre dans la Grande Salle.
La lettre tombe au sol sans que je fasse le moindre effort pour la rattraper. Je ne pleurerai pas, je ne lui donnerai pas cette force sur moi. Jamais je ne verserai une larme à cause de lui, je le jure. Mais je peux frapper. Et j'ai envie de frapper ce patriarche pervers de merde, de l'utiliser comme un punshing ball pour évacuer la rage dans laquelle il m'a mise. Je sens la colère m'envahir et titiller mes muscles ; n'y a-t-il pas quelque chose à casser ici ?
Mais la volière n'est remplie que de pauvres hiboux et chouettes, il n'y a rien à briser. Sans trop savoir ce qui me prend, je sors ma baguette et m'exclame dans un élan de fureur :
"Lashlabask !"
Un coup de fouet brûlant* jaillit et résonne contre le vieux mur, ébranlant un instant la pièce et faisant s'envoler en panique les volatiles. Seul Amahoro reste là où il est, me fixant de son regard sage, beaucoup trop sage pour moi qui ne veut en ce moment que haïr de tout mon être. Je sais que j'ai l'air ridicule ainsi face à lui, tremblante de colère, les joues embrasées par l'émotion, debout les bras ballants, ma baguette au bout des doigts. Mais je ne sais quoi faire.
Pourquoi ? Si seulement Papa n'avait pas accepté ce boulot pourri, on aurait peut-être pu s'interposer dans les démarches de Clayton et éviter tout ça ! Je finis par m'asseoir par terre pour essayer de me calmer, récupérant la lettre que j'avais faite tomber pour la massacrer entre mes poings serrés, tandis que je laisse ma baguette glisser de mes mains sur le sol.
Mes pensées se bousculent. Je repense à la fois où j'avais découvert l'affiche "Sang-Purs = Ordures" avec Narcisse et que je m'étais emportée, dégoûtée par cet élan de haine contre un putain de statut. Je ne sais pas, mais maintenant je trouve cela... vrai. Les Sang-Purs ne sont peut-être pas tous des ordures - la preuve, je n'en suis pas une -, mais le statut en lui-même est une belle ordure bien discriminante qui va désormais figurer sur mes papiers, comme collée sur mon front.
Je repense également à cette V comme Vérité dans les dortoirs, cette anonyme qui connaît ma colère et qui s'en moque. Cette fille est une ordure. Et me reviens également en mémoire la dispute avec Papa chez Clayton, ce moment où il a tout brisé.
Ca ne m'étonne pas que ce soit Maman qui ait écrit la lettre, Papa est bien trop lâche. Soudain, mes lèvres s'entrouvrent et des mots s'échappent. Une chanson moldue que j'apprécie beaucoup me revient en mémoire.
"What about sunrise ?
What about rain ?
What about all the things
That you said we were to gain ?..."

Ma voix continue de s'élever doucement dans la volière, tandis que les oiseaux se réinstallent doucement sur leurs perchoirs, remis de la peur du Lashlabask. Les paroles résonnent en moi, j'ai envie de les hurler à l'oreille de mon père. Je regrette tellement ce temps où l'on était complice, où il était courageux, où il croyait encore qu'on pouvait changer le monde.
"I used to dream
I used to glance beyond the stars
Now I don't know where we are
Although I know we've drifted far..."

Ce temps d'avant la guerre est loin. C'était le temps de l'innocence.
*bonus magie brutale
Mentions : @Narcisse Brando / @Orlaith Ó Súilleabháin pour Telio / @Tamsin Gillies pour V comme Vérité
Dernière modification par Merinda Swart le 24 juin 2025, 21:04, modifié 2 fois.

"quand je suis en colère, je ne hurle pas je brûle" - Rupi Kaur
4A RP, 15 ans inRP / #047c38 / Présidente de l'OURAGAN / Fiche PR / PNJs / La Péliade

20 juil. 2024, 20:05
 Clos  J'avais l'habitude de rêver  RP+ 
10 Janvier 2049
Volière – Poudlard
2ème année


Les cheveux en pagaille, je me redresse dans mon lit, les yeux encore à moitié collés par le sommeil. Je regarde autour de moi, prenant quelques secondes à reconnaitre le décor qui m’entoure. Livres, parchemins, encriers et uniforme mal replié sur une chaise me font me souvenir que je suis bien dans mon dortoir, à Poufsouffle, et non chez moi, dans ma chambre aux murs mauves, sous le toit du manoir. Dire qu’il y a une semaine à peine, je me réveillais là-bas et non pas dans ce Château dont les murs en pierre me paraissent de moins en moins accueillants. Je dois bien avouer que ma famille me manque énormément. Enfin, surtout Papa et Maman. Et un peu Grand-mère, même si elle me parait toujours aussi insaisissable et d’une froideur bien propre aux Houston.

D’un geste lent, je me tire à regret des couvertures chaudes de mon lit, déjà assaillie par le jaune des draps, des murs et… de tous les dortoirs. Ce jaune moutarde qui agresse les yeux et me rappelle sans arrêt que je ne suis pas dans la bonne Maison. Que j’ai, en quelque sorte, échoué au test du Choixpeau. Même si cela fait presque deux ans que je fais partie des Poufsouffle, j’ai toujours l’impression de ne pas y avoir ma place. Et si Maman me rappelle sans cesse que le vert me va bien mieux au teint, c’est qu’elle a une bonne raison de le faire.

Dans un soupir, je me lève et m’étire avant de poser mon regard sur mon uniforme froissé. Je ne me rappelle pas l’avoir ainsi jeté en boule, mais peut-être étais-je trop fatiguée pour me rendre compte de ce que je faisais. Je me suis endormie comme une masse et le réveil ce matin est plus compliqué que d’habitude. Lentement, j’enfile chemise, pantalon, cravate et pull avant de me diriger vers la Grande Salle – non sans un regard envieux vers Alizée qui continue de tranquillement dormir dans mon lit.

Quelques élèves sont encore en train de prendre leur petit-déjeuner, me faisant me rendre compte qu’il est plus tard que ce que je pensais. J’ai manqué l’arrivée du courrier et il ne reste presque plus rien sur les tables. Renonçant à un repas copieux, j’attrape une pomme et me dirige vers la volière, trainant les pieds sur les dalles de pierre. Je ne pense pas avoir reçu de lettre, mais on est dimanche, et le dimanche, c’est les jours où je dois écrire à mes parents. Et je sais que si je ne manque qu’un seul jour, ils s’affoleront et bombarderont mes frères et sœurs de hiboux – ou pire, de beuglantes, ce que je veux à tout prix éviter.

Arrivée devant la volière, je marque une pause pour reprendre mon souffle et finir ma pomme. Je m’apprête à ouvrir la porte lorsqu’une exclamation m’interrompt dans mon geste. Je ne suis pas sûre d’avoir bien entendu, mais il me semble qu’un sort vient d’être jeté de l’autre côté du bois, dérangeant ces pauvres hiboux dont j’entends les ailes s’affoler et les cris s’amplifier. Je fronce les sourcils, me demandant ce qu’il peut bien se passer pour créer autant d’agitation, avant de finalement entrouvrir la porte dans un grincement à peine perceptible. Le spectacle qui m’attend de l’autre côté est assez surprenant. Swart, une fille de ma promotion à qui je n’ai jamais vraiment parlé, est assise par terre, le poing fermé sur un morceau de papier que je suppose être une lettre contenant des mauvaises nouvelles. Un sentiment de pitié me traverse un instant, à la voir aussi misérablement voûtée sur le sol, mais je me reprends vite. Je ne la connais pas et n’ai pas à me mêler de ses affaires. Ce qu’elle peut bien ressentir ne me regarde aucunement et elle devrait justement s’isoler pour exprimer ce que je suppose être sa colère ou sa tristesse, au lieu de déranger tout le monde.

La vue de sa baguette au sol me fait un instant tiquer, me rappelant ce sombre après-midi d’octobre où colère, honte et peur se sont mêlés à rancune et vengeance. Je frissonne, chassant ce souvenir de mon esprit pour me concentrer sur la situation actuelle : Swart qui me bloque l’accès à la petite table en bois posée au fond de la volière. Je n’ai aucun moyen de la contourner sans attirer son attention, ce qui veut dire que je ne peux pas faire semblant de ne pas l’avoir vue. Je grimace. La discussion semble inévitable. Mais comment l’aborder après ce qu’il s’est passé et ce spectacle de faiblesse qu’elle montre ?

Je danse d’un pied sur l’autre, gênée et hésitant sur la façon de l’aborder. Et lorsqu’elle se met à fredonner une musique, elle ne me facilite pas la tâche. J’hausse les sourcils, étonnée, me demandant quel est le nom de la chanson qui sort de ses lèvres, des paroles qui s’élèvent un peu plus fort dans la pièce, et surtout pourquoi le tout semble aussi beau alors qu’il n’y a rien pour accompagner sa voix. La soudaine envie de sortir mon violon me prend et mes doigts me démangent, mais je me retiens de balancer la tête en rythme. Je plisse les yeux, fermant les poings et pressant mes bras contre mon corps. Aussi beau que soit ce spectacle, il n’a rien à faire ici. Je croise les bras, m’appuie contre l’encadrement de la porte et me racle la gorge pour attirer l’attention de la Verte et Argent sur moi.

« Eh Swart, tu devrais t’inscrire à la chorale, dis-je en entrant dans la pièce. Je marque une pause, la regarde de haut en bas, la trouvant de plus en plus pathétique à s’asseoir au milieu des plumes et des fientes d’oiseau, puis poursuis en reniflant : Au moins là-bas, ils pourront t’faire comprendre que tu casses les oreilles de tout l’monde. »

Je n’en pense pas un mot, évidemment, mais l’image de Gwennaëlle me répétant de ne jamais dire ce que l’on pense tourne en boucle dans ma tête et je n’arrive pas à m’en défaire. Et puis, de base, je ne suis pas là pour assister à un concert privé, mais pour écrire une lettre à mes chers et tendres parents.

Vraiment désolée pour le retard…

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur

9 août 2024, 16:01
 Clos  J'avais l'habitude de rêver  RP+ 
Un raclement de gorge. Suivi rapidement de paroles dédaigneuses.

"Eh Swart, tu devrais t’inscrire à la chorale."

Je m'interromps immédiatement, tuant le chant qui résonnait dans la volière et que ma colère hurlait à la gueule de mon père dans mon esprit. Je me lève brutalement, récupérant au passage ma baguette au cas où. Personne ne me verra assise comme ça, le dos voûté comme si je portais trop de malheurs et que je ne pouvais pas y faire face. Ce qui est faux évidemment : je suis forte.

A peine debout, ma tête pas encore tournée vers l'auteur du bruit, la voix résonne de nouveau. Féminine. Suivie d'un reniflement hautain.

"Au moins là-bas, ils pourront t’faire comprendre que tu casses les oreilles de tout l’monde."

La colère s'agite en moi. Elle n'est pas partie - de toute façon, elle ne partira jamais, au pire elle s'enfouira - mais ces paroles la ravive plus encore. Je tourne brutalement ma tête vers l'autre, le regard embrasé par la rage. Et la baguette serrée dans ma main, prête à toute éventualité.

"Houston."

Cette fille. Je ne la blaire pas trop depuis qu'elle s'est cassée de la salle de DCFM en septembre pour aller rejoindre Lukas et Valerion dans le bureau arrière, comme une vraie lèche-botte, mais là, il faut admettre qu'elle n'est pas faite pour monter dans mon estime.

Je sens mon corps trembler comme si ma colère cherchais à m'habiter. Il y a trop de gens détestables dans ce monde. Et elle, là, à qui j'ai eu la faiblesse de faire entendre mon chant du cœur ! D'habitude j'entends les gens approcher ! Ma colère envers Clayton se propage contre la Poufsouffle et contre moi-même.

"Fermes-là, ordonné-je brutalement. Tu crois que tu vaux mieux que moi ? T'es même pas dans la bonne maison ! Qu'est-ce'tu fous à Poufsouffle ? T'es tout sauf gentille !"

Qu'elle critique mon chant m'a fait plus d'effet que je ne l'aurais cru. C'est comme si elle jugeait ma colère, mes opinions ! Peut-être que c'est ce qu'elle fait d'ailleurs. Peut-être qu'elle me juge toute entière. Elle m'a vue assise et désespérée, et ça, je lui en veux profondément. La lettre toujours froissée dans ma main gauche, celle qui ne tient pas ma baguette, je serre plus encore mon poing, comme pour l'écraser, et écraser par extension tout ce qu'elle signifie.

Je monte doucement ma baguette jusqu'à la pointer sous le nez d'Houston, mes yeux enragés plantés dans les siens. Elle doit voir ma colère et ma détermination, je ne lui remontrerai plus jamais ma détresse et ma tristesse. Plus jamais de failles.

"Je te préviens, menacé-je d'une voix grave. Personne ne saura ce que tu as vu. Et toi-même tu vas l'oublier."

"quand je suis en colère, je ne hurle pas je brûle" - Rupi Kaur
4A RP, 15 ans inRP / #047c38 / Présidente de l'OURAGAN / Fiche PR / PNJs / La Péliade

29 août 2024, 23:49
 Clos  J'avais l'habitude de rêver  RP+ 
Par réflexe, je redresse le menton lorsque Swart prononce mon nom d'un ton qui ne me plait pas et laisse entendre toute l'amertume qu'elle a contre moi. Je me tiens droite, fière, les yeux levés vers celle qui était il y a quelques instants à peine misérablement affalée sur le sol. Sa colère n'a pas d'effet sur moi. Moi aussi je suis en colère, bien souvent, trop souvent comme le dit Maman, même si en ce moment elle se cache au fond de mon cœur, loin de lui mais toujours prête à ressurgir aussi vite qu'elle disparait. Je la connais, sa colère, car j'ai grandi avec. Je la connais tellement que j'aurais presque envie de compatir avec la Serpentard et lui dire que je la comprends.

Mais à l'instant même où elle commence à parler, toute la pitié que j'ai pour elle disparait. Ses mots sont comme des poignards qui un à un me transpercent le corps sans laisser un centimètre de libre. Ses phrases sont brûlantes comme si elle les passait au fer sur mon corps à vif, mon esprit touché et mon âme blessée. Mais surtout, ses paroles sont justes et me foncent droit dans le cœur, juste là où ça fait mal comme il faut, pas assez pour me faire réagir mais trop pour rester indifférente. J'expire bruyamment par le nez, ne sachant plus où regarder, observant tour à tour son oeil gauche puis son oeil droit, dans une tentative désespérée de ne pas laisser paraitre mon trouble. Je sens ma gorge se serrer, mon poing se refermer encore plus fort sur ma paume, l'autre allant automatiquement dans la poche de mon pantalon où se cache ma baguette. Le contact de ma main sur le bois frais est une échappatoire que j'emprunte volontiers. Quelques secondes d'isolement où je peux reprendre le contrôle de mes émotions. J'inspire, ouvrant légèrement les lèvres pour laisser douloureusement passer l'air jusqu'à mes poumons serrés. Mon cœur bat en rythme contre mes tempes et la colère augmente d'un coup, vivifiée par cette bouffée d'oxygène essentielle mais dangereuse. Je vois rouge et un court instant, je me vois coller mon poing contre la figure parfaite de la Verte. Je me vois lui déformer le nez, apprécier ce contact violent mais mérité, regarder le sang couler de ses narines et tomber goutte à goutte jusqu'au sol, là où j'aurais aimé la laisser et quitter en vitesse la volière.

Bien sûr que je ne suis pas dans la bonne Maison. C'est évident, je le sais, ma famille le sait, le Choixpeau le sait, peut-être même que tout Poudlard le sait. C'est aussi visible qu'une tâche sur une chemise blanche, il est clair qu'Ashley Houston n'a pas sa place à Poufsouffle. Cela m'a toujours été clair. Mais, étrangement, l'entendre dans la bouche d'une autre personne a produit en moi quelque chose à laquelle je ne m'attendais pas. Je pensais m'être habituée au fait d'être chez les Jaunes. Je pensais être passée au dessus de ça, m'être fait raison, me dire que ce n'était que pour sept petites années (sept petites années déterminant tout de même le reste de ma vie). Mais elle ne le sait pas, ça, Swart, que je ne me sens pas à ma place. Elle ne sait pas que j'ai passé énormément de nuits dans mon lit aux mauvaises couleurs, à me retourner sous mes draps en cherchant l'erreur qui a signé mon échec au test, à essayer de trouver ce qui est défaillant chez moi et ne m'a pas emmenée là où est ma place. Ma vraie place. Elle n'a pas conscience non plus de la chance qu'elle a d'être à Serpentard. Elle n'a pas conscience que je donnerais n'importe quoi pour échanger sa place avec la mienne. La place de n'importe qui avec la mienne.

Je baisse les yeux vers sa baguette lorsqu'elle la pointe sous mon nez. Oh, elle veut jouer ? Très bien. On sait toutes deux que c'est moi qui gagnerait. Après tout, elle n'a pas eu l'enseignement de Valerion. Ni celui de mon frère qui est tout sauf tolérant. Ses menaces, lancées à ma figure comme pour faire déborder le vase, ne m'atteignent pas et je me contente de regarder son bras. Je glisse mes yeux le long de son corps, les remonte vers son cou, sa mâchoire, ses lèvres, ses yeux vert émeraude où je les arrête, une lueur de défi dans les miens. Ma colère bouillonne contre mon corps, s'agite dans mes doigts, se transmet dans ma baguette que je sens avide de magie. Mais, pour une fois, je décide de ne pas attaquer. Ce n'est pas comme au début de l'année, où je n'avais pas su réagir, n'avais pas pu (ce qui est pire). Non, aujourd'hui, c'est mon choix. Le mien et seulement le mien.

Mon bras droit le long de mon corps, ma main toujours serrée contre ma baguette, c'est néanmoins le gauche que je décide de bouger. Je desserre le poing, lève doucement la main vers le poignet de Swart et l'attrape fermement, de sorte à l'empêcher de se dégager. Je le tire vers moi d'un coup sec, le rabaissant au niveau de ma taille et par la même occasion rapprochant son corps du mien. Là, elle ne peut plus me jeter de sort. Son poignet est coincé et sa baguette pointe loin dans mon dos, vers la porte qui est toujours grande ouverte. N'importe qui passant par là se demanderait ce qu'il se passe, et s'il était doté de jugeote, ferait demi-tour. Ça vaudrait mieux pour tout le monde ici.

Je redresse la tête et un léger sourire apparait sur mon visage. Pas un sourire comme ceux que j'adresse à Ander. Un sourire narquois, teinté d'insolence, sourire que je copie de Valerian. Il ne m'en voudrait pas de le lui emprunter pour quelques instants. Je sens ma magie couler dans mes veines, ma baguette demander de l'action et n'attendre qu'un mot pour se déchainer, mais je résiste à la tentation et l'ignore volontairement.

« Tu n'oserais pas » soufflé-je en sa direction dans un murmure à peine audible.

Je sais que je joue avec le feu, qu'une parole de travers suffirait pour qu'elle s'en prenne directement et physiquement à moi. Mais, d'un autre côté, ce risque m'amuse et je prends plaisir à la pousser à bout. Je connais mes limites, mais connait-elle les siennes ?

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur

30 août 2024, 15:53
 Clos  J'avais l'habitude de rêver  RP+ 
Houston expire bruyamment par le nez comme si elle était enrhummée. Elle me dégoûte. Elle croyait qu'elle seule savait être méchante ? Je compte lui montrer le contraire. Lui renvoyer en pleine gueule ce qu'elle m'a balancé à la figure.

Son regard fixe mes yeux un à un, je sens sa panique. Elle doit voir mes pupilles contractées par la colère. Je la sens si frêle sous mes paroles. Et j'aime ça. Un sourire relève mes lèvres sans que je n'y fasse attention. Un sentiment de puissance irradie dans tout mon corps et fait battre mon cœur à la chamade.

Mais ça ne dure pas longtemps.

Je sens soudain l'ambiance changer, plus lourde. Plus dangereuse. Alors que mes premières paroles l'ont touchée en plein cœur, elle reste hermétique à mes menaces. Ses yeux glissent le long de mon corps, et des picotis désagréables m'envahissent. L'impression d'être détaillée et jugée me démange, et je hais ça. Je hais son regard sur moi. Elle n'a pas le droit de me regarder si franchement, de laisser ses yeux se balader sur mon cou. Mes lèvres tremblent de colère sous son regard, je meurs d'envie de lui ordonner d'arrêter.

Je la hais.

Enfin, après cette éternité où j'ai lâchement laissé ses yeux me transformer en objet, ils se fixent dans les miens. Ses yeux noirs reflètent ma colère, et je ne cligne pas. Qu'est-ce qu'elle veut merde ? Qu'est-ce qu'elle attend ?

Elle lève un bras. Sa lenteur m'exaspère. Ma colère s'impatiente et bouillonne, ma haine s'amplifie. Mon corps contracté est sur le qui-vive. Mais sa main m'attrape et emprisonne mon poignet fermement, me forçant rapidement à baisser ma garde et à pointer ma baguette au sol. Son geste m'a obligée à me rapprocher d'elle, et c'est insupportable. Elle est si fine, comment a-t-elle pu me maîtriser ? C'est sa rapidité qui m'a surprise suite à sa lenteur et m'a empêchée de réagir. Sans rapidité, ma force l'aurait emporté.

Elle est si petite ! Comment peut-elle se permettre ce sourire insolent alors qu'elle redresse la tête à s'en tordre le cou ? Je la dépasse de presque une tête et elle se croit toujours supérieure, la mal-répartie ! Mais qu'est-ce qu'elle m'exaspère...

"Tu n'oserais pas" me murmure-t-elle finalement.

Elle en es sûre ? Parce qu'elle croit que j'ai peur d'elle ? C'est pas parce qu'elle a eu des cours particuliers avec la Valerion qu'elle va me battre ! Je m'entraîne tous les matins et même si elle gagne à la baguette, il me reste mes poings. Je lâche à terre la lettre qui occupait ma main gauche. Elle l'a voulu. C'est un défi qu'elle me tend. Et je ne refuse aucun défi. Surtout contre les veracrasses de son genre.

L'adrénaline monte, la tentation du combat irradie dans mes poings. Ma colère pulse jusque dans mes temps, et ma haine est lisible dans mes yeux. Mon bras gauche se contracte et mon coude fuse en un enpi ushi qui remonte et cogne dans son épaule droite. A peine mon geste fini que je profite du déséquilibre et de la surprise créés pour délivrer mon poignet droit et ma main qui sert ma baguette.

"Flamavo !" m'exclamé-je.

Mon deuxième sortilège favori fuse et le succès est total, me faisant esquisser un sourire narquois lorsque la nuée de flamme bleue entoure Houston.

"Tu croyais vraiment que j'aurais peur de toi ? Une mal-répartie minuscule ?"

Ma colère illumine mes yeux, et le sentiment de puissance qui m'avait quittée revient, accompagné de la satisfaction d'un combat qui commence en ma faveur.

Houston n'est mieux que personne, elle est même pire que la plupart. Et je vais lui faire comprendre ça. J'espère qu'elle a encore envie de jouer, parce que moi mes poings me démangent.

Qu'elle ne s'avise plus jamais de glisser ses yeux sur mon corps.

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31 août 2024, 10:22
 Clos  J'avais l'habitude de rêver  RP+ 
Matinal, il l'était. Un peu de force. C'est que le professeur de soin aux créatures magiques avait été fainéant la veille, reportant à plus tard le moment fatidique où il devrait monter jusqu'à la volière pour envoyer son courrier. Ne pouvant pas repousser l'échéance deux jours de suite, ce n'était définitivement pas correct pour les parents des élèves qui attendaient une réponde de sa part et sachant pertinemment qu'il ne pourrait pas le faire le lendemain, le lundi étant sa journée la plus chargée, il était bien décidé à faire un détour par le repère des chouettes et hiboux avant de descendre prendre son petit-déjeuner. Plongé sans ses pensées, le métis fut brusquement tiré hors de ses rêveries par des piaffements de volatiles qui partaient à tire d'aile d'une fenêtre de la volière. Fronçant les sourcils devant ce comportement étrange, le directeur de la maison de Serdaigle accéléra le pas, terminant de gravir l'escalier en montant les marches deux par deux.

« Non mais.... » commença le professeur choqué par la situation qui se dévoilait à lui alors qu'il pénétrait dans la volière : une élève brandissant sa baguette en direction d'une autre qui était encerclée par des flammes bleues. Réagissant au quart de tour, il sortit sa propre baguette, désarma la serpentard avant d'éteindre les flammes magiques. Furieux, le regard noir, il se tourna en direction de la verte et argent pour lui ordonner de s'expliquer sur-le-champ. « Je peux savoir ce que vous étiez en train de faire ?! Des explications ! » Ignorant l'identité des jeunes filles, sûr et certains qu'elles n'appartenaient pas à sa maison et qu'il ne les avait pas en classe il ajouta sans marquer de pause : « ainsi que vos noms, prénoms et maisons. » La colère l'emportant, il ne laissa pas le temps aux jeunes de répondre à cette exigeante non plus qu'il enchaînait à nouveau en direction de Merinda cette fois-ci. « 30 points en moins pour votre maison Miss. Pour non-respect du règlement, mise en danger d'une élève et des hiboux de l'école. Des flammes, à côté des volatiles, vous êtes inconscientes par Merlin ! Vous serez également en retenue ces trois prochaines semaines. »

Le ton était froid, implacable. En ce qui concernait la punition de la seconde étudiante, il attendait les explications. Pour l'heure elle semblait être la victime, tandis que l'autre l'agresseur. Mais il n'était pas à l'abri que la première avait provoqué la fureur de la deuxième en attaquant en premier. Il n'avait toutefois pas besoin de connaître les faits pour punir la serpentard qui venait d'être prise sur le fait. Et si l'une d'elles songeait ne serait-ce qu'à broncher ou lui répondre, il n'hésiterait pas à surenchérir sur les punitions, bien décidé à lui faire comprendre l'ampleur de sa bêtise.

Désolé, la fête est finie ! :ninja:
Jae a tout prononcé d'une traite, vous ne pouvez réagir qu'après ! :innocent:

Présent & disponible : pour RP et discuter (hibou/discord) • Sang pour Sang#12765D
hors-RP : tu peux me tutoyer sans souci !

18 sept. 2024, 23:42
 Clos  J'avais l'habitude de rêver  RP+ 
Il y a quelque chose de plaisant dans le fait de jouer avec les émotions des autres. D'avoir de l'influence sur elles et, dans une certaine mesure, leur contrôle. Il est curieux de voir les réactions que cela produit. De voir la personne ployer sous nos mots, se recroqueviller, bafouiller des excuses mal formulées ou, au contraire, s'énerver, nous crier dessus voire nous faire du mal. Ce qui, dans ce cas-là, est plus problématique. Mais j'imagine que c'est le prix à risquer pour prendre mentalement le dessus sur quelqu'un. Swart fait partie de cette deuxième catégorie de gens : ceux qui n'ont pas de patience, qui ne se contrôlent pas, ne pensent pas une seule seconde que tout ceci est un jeu. Car c'est toujours un jeu, non ? Ça a toujours été un jeu. Un drôle de jeu, où l'on est quasiment sûrs de perdre, mais auquel l'on est forcés de participer. Et, parfois, le seul moyen de s'en sortir est d'user de la force.

Ça, la Serpentard semble l'avoir parfaitement compris. Au regard qu'elle me lance – un regard plein de haine que je doute en avoir déjà vu autant dans de si grands et beaux yeux –, je sais qu'elle ne va pas rester de marbre. Une part de moi regrette mes actes et mes paroles, me disant que je suis allée trop loin et que j'ai franchi une limite à ne pas dépasser. L'autre part me dit qu'elle n'a que ce qu'elle mérite, après les paroles qu'elle m'a craché au visage comme on cracherait sur un vulgaire pigeon pour le faire fuir. Après tout, c'est elle qui a enfoncé le couteau dans la plaie ; en entrant dans la volière, je n'avais fait que l'y déposer.

Captivée par le vert de ses pupilles, un vert si pur qu'il est difficile de s'imaginer toute la colère qui baigne en elles, je ne m'attends pas au coup qu'elle me donne. Je ne sais pas vraiment à quoi je m'attendais, en réalité, mais pas à ça. Un lancer de sort aurait été plus logique, malgré mon bras qui la gênait. Un crachat, pour sûr, m'aurait fait reculer avec dégoût et m'aurait suffisamment horrifiée pour que je la laisse tranquille quelques secondes. Mais un coup, en plein dans l'épaule, dépasse largement ce que je pouvais m'imaginer. Bien sûr, ce n'est pas la première fois qu'on me frappe. Je me suis déjà battue avec Gwennaëlle et Valerian, en suis ressortie avec quelques bleus et même quelques griffures rapidement guéries par les potions de Papa. Je ne pensais seulement pas que Merinda Swart serait du genre à utiliser ses poings plutôt que sa magie.

Surprise, je suis obligée de reculer et de relâcher ma prise sur son autre bras pour me tenir l'épaule où une douleur fulgurante m'empêche de me concentrer sur autre chose. C'est qu'en plus de réfléchir avec son corps plutôt que son cerveau, elle frappe vite et fort, la vipère. Et ce court instant où mes pensées sont concentrées sur autre chose qu'elle lui suffisent à brandir sa baguette et me jeter un sort.

Instantanément, je me revois dans cette salle de classe, avec cette professeure et cet élève, assise sur le sol, impuissante et incapable de faire le moindre geste. Je ressens la même terreur, la même colère et la même honte : celle de m'être faite avoir aussi facilement. Effrayée, je recule de quelques pas, laissant les flammes bleues me brûler la peau. Mais plutôt que de me faire mal, elles me permettent de réaliser que je ne suis ni dans cette salle, ni avec cette professeure et ni avec cet élève, mais dans la volière, en face de Swart qui ne vaut pas la peine que je me mette dans cet état. La douleur est tout de même lancinante et je réprime un gémissement de douleur. Bien décidée à ne plus me laisser faire – plus jamais ! – je sors ma baguette et me mets en garde, comme lorsque je m'entraine avec Valerian. Les mots de la Verte sont comme de l'air à mes oreilles et je les ignore royalement, reprenant mon masque de marbre. Qu'importe la différence entre nos tailles, il n'y a pas besoin d'être un géant pour gagner un combat. La rapidité et l'agilité suffisent largement.

« Si tu crois que c'est deux petites flammes qui vont- » grimacé-je à cause de la brûlure infligée par le Flamavo qui ne me laisse pas si indifférente que ça, avant d'être stoppée net par la disparition soudaine flammes.

Troublée, je me redresse, remarquant Swart désarmée et sa baguette roulant au sol, encore emportée par la puissance du sort que je n'ai pas jeté – que je n'ai pas eu le temps de jeter. Soulagée de ne plus sentir la chaleur étouffante du petit feu, je me redresse pour faire face à l'auteur du sort, prête à lui siffler de partir d'ici s'il ne veut pas subir le même sort que Swart. Mais en me retournant, ce n'est pas à un élève imprudent que je fais face. C'est à un professeur. Instinctivement, je me fige, avant de baisser la tête et de ranger ma baguette dans ma poche aussi vite que je l'en ai sortie. Je l'écoute déverser sa colère sur nous sans broncher, m'imaginant déjà les pires punitions possibles. Deux élèves se battant sans permission, ça équivaut à quelles infractions du règlement ? Elles sont trop nombreuses pour que je puisse m'en souvenir et encore moins les énumérer.

Je baisse un peu plus la tête pour cacher mon début de sourire lorsqu'il enlève trente points à la maison de Swart. Voilà qui est bien fait pour elle. C'est à ce moment-là que je remarque la lettre qu'elle tenait quelques minutes plus tôt dans ses mains. Je ne sais pas quand est-ce qu'elle l'a laissée tomber au sol. Ce que je sais, en revanche, c'est que je suis curieuse d'en voir le contenu et ce qui l'a mise dans l'état dans lequel je l'ai trouvée en arrivant dans la volière. J'effectue quelques pas vers le papier avant de m'arrêter dessus, l'écrasant et le cachant de mon pied. Par ce geste, je me suis rapprochée de la Verte et ai mis une distance entre moi et le professeur que je reconnais être celui de soins aux créatures magiques. Je me mets face à lui, la tête toujours baissée, comme pour éviter de le regarder dans les yeux (ce qu'inconsciemment je fais par peur de voir les représailles dans son regard).

« Ashley Houston, Poufsouffle » dis-je tout bas lorsqu'il termine de donner sa punition à Swart, laissant par la même occasion à cette dernière l'honneur de lui expliquer la situation et curieuse de voir quels mensonges elle y glissera.

Le silence qui suit les paroles du professeur me laisse espérer que je m'en sortirai indemne. Mais il peut très bien vouloir dire que ma sentence sera pire, et je ne suis pas sûre de préférer cette option-là. Un peu plus que cela, même.

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur

28 sept. 2024, 18:15
 Clos  J'avais l'habitude de rêver  RP+ 
Houston est surprise de mon coup et ça se voit. J'en suis si heureuse. Elle s'éloigne, me libérant enfin de sa proximité intenable. Sa main se porte à son épaule qui lui fait désormais mal, et je ne peux pas m'empêcher d'esquisser un fin sourire. Alors, c'est qui la plus forte ? Moi, bien sûr. Quelle idée qu'elle a eu de douter.

Alors qu'elle aurait dû s'arrêter de gesticuler pour ne pas se faire brûler par mes flammes, elle recule, laissant sa peau se faire brûler. Qu'elle est bête. Sans s'arrêter de bouger, folle qu'elle est, elle dégaine sa baguette et se met en garde. Elle ouvre la bouche comme pour me défier, mais s'arrête bien vite, grimaçant au toucher des flammes. Pff, même pas capable de terminer une réplique. Une vraie incapable.

Mais ma satisfaction et ma victoire se voient interrompues par une soudaine présence que je sens derrière moi. Alors qu'un "non mais..." se fait entendre, ma baguette se retrouve à mes pieds sans que je n'ai rien pu faire. Je me retourne brutalement, prête à cracher à la figure du nouvel arrivant qu'il n'a rien à faire ici et que cette affaire ne le concerne pas... mais je me retrouve face à un adulte. Dawson, un prof que je n'ai pas. Du moins, pas encore.

Le regard du professeur me fusille du regard, tandis qu'il réclame des explications. Les flammes que j'étais si satisfaite d'avoir produites pour Houston disparaissent, et Dawson rouvre la bouche pour demander nos noms, prénoms, enlever 30 points à Serpentard, me faire la morale, et m'annoncer des futures retenues.

Ma colère bouillonne encore, et c'est pire lorsque je remarque le petit sourire qui s'est formé sur les lèvres de la Jaune. Espèce de veracrasse ! Je te hais. Mes lèvres n'ont aucune envie d'obéir à Dawson, de lui donner mon nom sur un plateau doré. Ma tête n'a aucune envie de se baisser en reconnaissance de mes fautes. Je n'ai aucune envie d'abdiquer devant Houston. J'ai gagné le combat, hors de question que mon honneur soit terni si vite.

Eeet... ? Qu'est-ce qu'elle fout à se rapprocher de moi ? Je m'écarte brusquement sur le côté. Elle m'a déjà trop touchée depuis tout à l'heure. Et son regard, quelle horeur ! Et la voilà qui donne son nom de sa petite voix de lèche-cul, la tête bien baissée comme un bon toutou. Pff quelle honte.

"C'est elle qui a commencé ! Elle se croit supérieure à tout le monde et elle compte assouvir son pouvoir inexistant en crachant sur le monde entier comme si on était un grouillement de veracrasses !" craché-je.

Je la fusille du regard.

Haine.
Dernière modification par Merinda Swart le 6 oct. 2024, 17:28, modifié 1 fois.

"quand je suis en colère, je ne hurle pas je brûle" - Rupi Kaur
4A RP, 15 ans inRP / #047c38 / Présidente de l'OURAGAN / Fiche PR / PNJs / La Péliade

4 oct. 2024, 20:08
 Clos  J'avais l'habitude de rêver  RP+ 
La punition était peut-être un peu exagérée, il aurait probablement été plus raisonnable de souffler un bon coup, prendre du recul et de se calmer avant de la faire tomber, mais Jae était bien trop en colère pour cela. S'il n'était pas un défenseur des animaux au point de manifester contre l'utilisation des hiboux et chouettes comme messagers ou encore de signer des pétitions pour que les créatures cessent d'être utilisées comme ingrédients de potion, il ne supportait pas qu'on puisse leur faire du mal ou les mettre en danger comme la serpentard venait de le faire. Hors de lui, il continuait de lancer des regards noirs aux deux filles, bougeant sa tête pour poser tantôt ses yeux sur l'une, tantôt sur l'autre, dans l'attente évidente que l'une d'elles brise le silence pour prendre la parole et réponde à ses questions.

Il remarqua le déplacement de la poufsouffle, mais pas la lettre sur laquelle elle venait de poser son pied, ses yeux toujours rivés sur leurs visages. La jeune fille avait eu le bon goût de baisser la tête en direction du sol et si le métis ne savait pas lire ses pensées, il interpréta cela, peut-être à tort, comme si elle se trouvait honteuse de par son comportement. Ce qu'il considérait comme une bonne chose. Au moins ne défiait-elle pas son autorité et avait, semblait-il, ces quelques gallions de jugeote pour ne pas aggraver son cas. Jae nota mentalement son nom avant de tourner brusquement la tête dans la direction de la serpentard qui semblait avoir bien plus de mal à se contenir que la première de toute évidence.

« Miss, n'aggravez pas votre cas. » Répliqua Jae d'une voix froide, rendue bien plus grave que d'habitude à cause de son énervement. « Qu'importe ce qu'elle a pu faire ou dire, rien ne justifie une attaque. Votre Nom, prénom et maison. J'attends ! » Le ton était implacable et son visage exprimait toute sa détermination à obtenir la réponse à sa question, quitte à sévir un peu plus s'il le fallait.

Ce n'est qu'une fois qu'il aura obtenu de la serpentard son identité qu'il se tournera vers la Poufsouffle. Elle avait été accusée d'avoir commencé et le métis tenait à mettre les choses au clair pour définir sa sanction. Le sourcil haussé, il interpella la prénommée Ashley. « Alors ? L'avez-vous agressé verbalement ou physiquement en premier ? » Bien qu'il espérait ne pas en arriver à ce cas de figure, Jae savait pertinemment qu'il aurait dû mal obtenir la vérité si elle se décidait à ne pas assumer ses actes. Ce serait sa parole contre celle de la serpentard puisqu'il n'avait pas assisté au début de la dispute. Cela ne l'empêchait pas d'essayer de lui mettre un coup de pression pour obtenir la vérité en ajoutant : « je vous conseille vivement d'être honnête et exhaustive. Je ne suis guère patient pour ce genre d'enfantillage. »

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hors-RP : tu peux me tutoyer sans souci !

5 janv. 2025, 22:47
 Clos  J'avais l'habitude de rêver  RP+ 
Il m'est difficile de ne pas répliquer face aux paroles de Swart qui m'accuse de choses que je n'ai pas faites. J'aimerais bien lui envoyer ma main dans la figure pour la faire taire, mais ce serait inconvenant devant un professeur, qui plus est devant un professeur qui vient de nous surprendre en train de nous battre (ou plutôt, en train de me voir être attaquée par la Serpentard). À la place, je me contente de lever les yeux au ciel. Les serpents ont la langue acérée, et on peut dire que la Verte n'échappe pas à cette règle. Mr Dawson ferait bien de la lui couper, cela serait profitable pour tout le monde et personne n'aurait à supporter son insupportable voix qui est capable de cracher son venin partout et les pires phrases possibles, mais incapable de garder son calme et de parler convenablement.

Je n'aime pas ce que Swart dit de moi. Outre le fait que cela soit faux, elle est terriblement cruelle dans ses paroles et même si j'ai entendu tout au long de ma vie des remarques acerbes, les siennes font particulièrement mal. Je ne la connais pas et cela ne devrait normalement pas m'atteindre, mais étrangement ses mots sont comme des couteaux acérés qui s'enfoncent un peu plus dans ma peau à chaque seconde passée à ses côtés. Ma seule envie est de partir le plus loin possible de la volière, de m'éloigner le plus possible d'elle, de mettre une telle distance entre nous que nous ne pourrions plus jamais nous croiser. Je sais qu'elle n'a aucune envie d'être à côté de moi en ce moment, comme l'a trahi son pas de côté précédemment. Elle se borne pourtant à m'insulter de toutes les manières possibles. Ne comprend-elle pas que plus elle coopère avec le professeur et obéit à ses ordres, plus vite nous pourrons nous quitter sans jamais avoir à nous reparler ?

Quelque chose semble toutefois différent dans la manière que j'ai de réagir aux paroles de la Serpentard. Si au début, la justesse de ses mots m'avait fait plus mal qu'autre chose, cette fois-ci je suis déterminée à ne pas laisser le trouble qu'elle produit chez moi prendre le dessus. Serrant les dents, je laisse mon désarrois se transformer en colère. Je la laisse agréablement bouillonner dans mon corps, accentuer le tremblement de mes mains et le froncement de mes sourcils, le pincement de mes lèvres et les battements de mon cœur affolé par ce trop-plein de sentiments. Je rebaisse la tête pour m'empêcher de la fusiller du regard tandis que Mr Dawson exige d'elle qu'elle se présente. C'est là que je me rappelle de la lettre sous mes pieds. Et cette colère, non vaine, me permettra de la récupérer quoiqu'il arrive. Déterminée à ne pas la laisser gagner, je concentre toute mon attention sur le bout de papier qui dépasse de ma semelle. Déterminée à ne pas la laisser penser à ce parchemin, je m'appuie de tout mon poids dessus, comme pour le faire disparaitre de sa mémoire. Déterminée à repartir avec lui, je me tourne légèrement, de sorte à le cacher avec mon autre pied. Si je peux remporter quelque chose d'aujourd'hui, c'est bien la lettre qui a mis Swart dans tous ses états.

Les accusations de la Verte ont suffisamment été entendues et puissantes pour semer le trouble dans l'esprit de l'adulte. Elle doit en être fière, de ça. Tourmenter Ashley Houston, si parfaite devant les professeurs, pour qu'il ne reste d'elle qu'une image de méchanceté, d'insolence et de comportement frôlant le danger public. Mais je ne la laisserai pas gâcher ma scolarité à Poudlard en racontant de telles idioties.

« Non. Quand je suis arrivée, elle était par terre en train de chanter. Je lui ai dit de rejoindre la chorale. Elle m'a sauté dessus, m'a insultée et m'a menacée avec sa baguette. J'ai à peine eu le temps de me défendre qu'elle me donnait un coup et me jetait un sort. »

Il voulait des réponses ? En voilà. J'espère qu'elles feront s'étouffer Swart dans sa propre salive. Inutile de donner tous les détails au professeur d'à quel point je suis « tout sauf gentille », j'ai « atterri dans la mauvaise maison », je suis « une mal-répartie minuscule », et j'en passe. Avec ce que je lui ai dit, il se rendra compte de comment elle essaye de tout déformer pour retourner la situation à son profit et elle aura la punition qu'elle mérite. Et j'espère qu'elle ne s'approchera plus jamais de moi, car la prochaine fois ce ne sera pas elle qui me jettera des sorts, mais moi qui lui ferait subir ce qu'elle m'a fait endurer.

Quatrième année | Corneille du Chant | #741b47 | Saumon indépendant | Préfubbies aspirateur