Au milieu de la foule
SAMEDI 22 AOÛT 2048
Première année, 11 ans
Première année, 11 ans
La jeune fille marchait à toute vitesse parmi la foule, impatiente de retrouver sa mère et son frère. En cette fin de mois d'août, le chemin de traverse était plein à craquer, ce qui avait le don d'agacer la fillette. Si elle avait été émerveillée en premier lieu, n'étant jamais venu sur le chemin de traverse avant ce jour-là, ce sentiment était rapidement passé. Ça faisait à peu près une heure et demi qu'elle était là, à faire la queue à chaque boutique pour pouvoir payer ses fournitures scolaires. Elle avait mal aux pieds, elle avait chaud et surtout, elle en avait marre. Sa mère et son frère étaient partis prendre une glace pendant qu'elle achetait son chaudron, étant la seule à avoir besoin d'en acheter un. À cet instant-là, Enola rêvait de manger une glace bien fraîche. Malheureusement pour elle, il fallait qu'elle traverse toute la rue pour accéder à la boutique.
Au bout de quelques minutes durant lesquelles elle bouscula au moins 10 personnes, la brunette soupira. Au moins, cette journée lui aura fait oublier la rentrée, qui apportait à grands pas à présent. Dans moins de deux semaines, la jeune sorcière serait en route pour le château. Elle avait beau espérer que tout se passe bien, elle ne pouvait s'empêcher d'angoisser un peu. C'était un tout nouvel environnement, avec des gens qui connaissaient la magie depuis des années. Alors qu'elle n'avait appris l'existence des sorciers que trois ans auparavant. Elle avait beau s'être beaucoup renseignée, Enola avait peur. Peur de se sentir de trop. Peur de se sentir aussi seule que les deux dernières années.
Perdue dans ses pensées, la fillette ne regardait plus vraiment où elle allait mais n'avait pas pour autant ralenti le pas. Elle ne vit donc pas la fille qui arrivait en face, qu'elle percuta de plein fouet. Vacillant pendant quelques secondes, la brune lutta pour garder l'équilibre, plus que fatiguée de bousculer des gens. *J'en ai marre*
- Désolée, fit-elle sans prendre la peine de cacher la lassitude dans sa voix.
La fillette n'aurait jamais imaginé qu'il y avait tant de monde qui venait faire ses courses de rentrée ici. Elle n'aurait pas imaginé qu'il y avait autant de sorciers, en réalité. Enola sentit son coeur se serrait en réalisant que ça allait sûrement être la même chose au château. Elle n'était pas prête pour ça.
@Ada Bentley et voilà 
Dernière modification par Enola Smith le 9 sept. 2024, 22:26, modifié 1 fois.
Au milieu de la foule
Samedi 22 août 2048
Deuxième année, 12 ans
Deuxième année, 12 ans
Ada habitait Londres, et pourtant, chaque année, elle devait se coltiner les queues interminables dans les couloirs étroits des commerces du Chemin de Traverse. Elle commençait à sentir la sueur s’agglutiner sous sa nuque alors qu'elle attendait serrée entre une vieille dame, et ses trois petit-fils hyperactifs, et un monsieur de quarante ans à la bedaine conséquente. A Occaz Livresques, accrochée à une pile de livres immenses qui la dissimulait toute entière, elle avait dû réfréner quelques pressés hardis, qui croyaient qu'une petite adolescente de treize ans était facile à doubler, tout en gardant un équilibre précaire. A Madame Guipure, elle avait fait sagement la queue pendant une demi-heure, tout ça pour partir de la boutique, après que les prix aient manqué de la faire s'évanouir. Épuisée, elle aurait bien été s'assoir sur un banc ou un siège d'un bar... si tout n'avait pas déjà été pris. Alors elle avait tant bien que mal continué ses achats, et s'était engouffrée dans la ménagerie magique pour acheter des croquettes pour son chat - ce qui s'était traduit par 45 minutes de queues. Elle avait marre au pied, et en avait mal, ou peut-être l'inverse, et beaucoup trop chaud pour se préoccuper de la finesse de la langue.
Ada habitait Londres, et pourtant, chaque année, elle devait supporter les foules se pressant dans l'avenue principale et les milliers de pas foulant les pavés gris. Et elle en avait sérieusement ras-le-chapeau. _Mais c'est pour profiter des soldes, ma louloute ! T'sais bien qu'elles sont toutes en août, pour la rentrée... Je ne crois pas qu'on ait les moyens pour payer tout en juin, sans les remises et les promos, lui avait dit Maman, et elle avait raison, bien sûr. Alors les Bentley s'étaient armés de courage, et chacun étaient partis faire des emplettes - Ada était chargée des livres, des tenues et des croquettes, tandis qu'Hector récupérait les nécessaires de potion et le matériel de cours, et que Maman se démêlait avec les gobelins de Gringotts pour régler quelques affaires financières.
Son tour vint enfin, et la vendeuse de la Ménagerie lui encaissa les croquettes et les granulés pour hiboux. La vue des prix ne la mit pas exactement de bonne humeur, mais elle savait que Mystère adorait tout particulièrement la nourriture de cette boutique. Il fallait bien faire plaisir de tant en tant, quand même...
Elle sortit, son énorme paquet de croquettes sous le bras, tirant un cabas remplis de livres et de granulés derrière elle. Il fallait dire que pour une famille de 5 enfants, les quantités étaient assez vite impressionnantes.
Elle n'avait pas fait trois pas qu'une étrangère la percuta. Elle ne pouvait pas lui en vouloir, vu le monde qu'il y avait - mais c'était assez pour qu'elle trébuche un peu et renverse son cabas. Bien sûr, elle soupira à la vue des livres éparpillés sur le sol, et elle se pencha pour bien tout ramasser, mais son coeur de lectrice resta bien accroché - c'était qu'en tant que livres d'occasions, ils étaient déjà bien abîmés.
_Oh, pas de problèmes., répondit-elle d'une voix neutre tandis qu'elle ramassait rapidement ses livres, et remettait le cabas sur ses roulettes. Un bref regard vers le sol, et elle se rendit compte que son parapluie avait roulé sous les pieds de l'inconnue.
(Il était important d'avoir un parapluie, Ada le concevait, même au mois d'août, mais elle n'était pas en sucre. C'était en vérité le parapluie de sa mère qui avait été oublié. )
_Euh, vous pouvez me donnez, ça s'il vous plaît ? Son ton était poli, bien que froid, et le vouvoiement sorti naturellement, malgré le jeune âge de son interlocutrice. Ada avait un visage avenant, une voix douce, mais une attitude froide qui n'encourageait que peu le dialogue.
Attention : elle n'était pas pressée le moins du monde.
Elle en avait juste marre.
@Enola Smith, terriblement désolée du retard, dis moi s'il y a quelque chose à changer / des fautes
#28363c
~My smile wraps around my head splitting it in two, two
Au milieu de la foule
S'il y avait bien un avantage à sa petite taille, c'était qu'Enola pouvait se faufiler à peu près partout. Même là, au beau milieu du chemin de traverse alors qu'elle était coincée au milieu de dizaines de personnes, la fillette savait qu'elle s'en était bien sortie, réussissant à passer entre deux personnes, à avancer un peu quand ce n'était le cas de personne d'autre. Elle était encore jeune, aussi allait-elle grandir encore un peu, mais elle savait que ce ne serait que de quelques centimètres. Toute sa famille était toute petite, et sa mère ne manquait pas de lui répéter. Ses gènes lui assuraient de ne pas de passer le mètre soixante, ce qui embêtait un peu la sorcière. Elle aurait voulu se fondre dans la masse, être comme les autres.
C'était donc agacée que la futur première année avançait dans la rue principale avant de bousculer quelqu'un, déçue que sa petite taille ne lui soit pas si utile que ça ce jour-là. Le chemin de traverse était plein à craquer, ce qui étonnait bien plus la fillette qu'elle ne l'aurait laissé paraître. En vérité, elle ne savait rien de la magie, ce qui l'embêtait de plus en plus à mesure que la rentrée approchait. Son père était partie sans laisser aucune information derrière lui, et sa mère était bien incapable de l'aider à ce sujet-là. Ou de l'aider tout court, à vrai dire. Et elle avait beau demandé à son frère, celui-ci voulait qu'elle découvre tout par elle-même. La fillette avait peur d'être à la ramasse à son arrivée au château, de ne rien connaître par rapport aux autres. Comment allait-elle faire ?
Elle pensait à ça quand elle s'était retrouvée nez à nez avec la fille, et y pensait encore après leur collision. Décidément, ses inquiétudes ne voulaient plus la quitter.
Elle sourit légèrement après s'être excusée, contente que la fille en face d'elle ne soit pas énervée. Cette dernière ne semblait pas très pressée, ou du moins moins qu'Enola. Celle-ci ne cessait de jeter des coups d'oeil dans le dos de sa camarade, tentant en vain de retrouver les cheveux bruns de son frère et de sa mère. Ils avaient commandé leur glace sans elle, elle en était sûre à présent. À quoi bon se presser pour les retrouver, s'ils ne voulaient même pas qu'elle vienne. La brune sentit ses épaules s'affaisser légèrement, sentant son coeur se serrer. Tout d'un coup, elle n'était plus du tout pressée de les rejoindre. Plus du tout pressée de les voir.
- Hum, oui, bien sûr, acquiesça-t-elle, non sans avoir levé les sourcils, étonnée que la brune la vouvoie.
Un dernier coup d'oeil derrière celle-ci lui apprit qu'elle avait vu juste, et qu'Éléna et Jake avaient bien commandé leur glace. Ne voyant plus aucune raison de se presser, la fillette se baissa tranquillement pour ramasser le parapluie de la fille en face d'elle avant de le lui rendre, objet plutôt inattendu si on tenait compte de la météo. Décidément, la fillette en face d'elle était bien curieuse.
- Je... hésita-t-elle, étonnée elle-même par ce qu'elle faisait. T'es là pour faire tes fournitures pour Poudlard, j'imagine ?
Rares étaient les fois où Enola engageait la conversation d'elle-même, mais toutes les excuses étaient bonnes pour ne pas rejoindre sa mère et son frère. Et puis, sa camarade avait piqué sa curiosité en la vouvoyant et en se baladant avec un parapluie en plein mois d'août. On ne voyait pas vraiment ça tous les jours...
C'était donc agacée que la futur première année avançait dans la rue principale avant de bousculer quelqu'un, déçue que sa petite taille ne lui soit pas si utile que ça ce jour-là. Le chemin de traverse était plein à craquer, ce qui étonnait bien plus la fillette qu'elle ne l'aurait laissé paraître. En vérité, elle ne savait rien de la magie, ce qui l'embêtait de plus en plus à mesure que la rentrée approchait. Son père était partie sans laisser aucune information derrière lui, et sa mère était bien incapable de l'aider à ce sujet-là. Ou de l'aider tout court, à vrai dire. Et elle avait beau demandé à son frère, celui-ci voulait qu'elle découvre tout par elle-même. La fillette avait peur d'être à la ramasse à son arrivée au château, de ne rien connaître par rapport aux autres. Comment allait-elle faire ?
Elle pensait à ça quand elle s'était retrouvée nez à nez avec la fille, et y pensait encore après leur collision. Décidément, ses inquiétudes ne voulaient plus la quitter.
Elle sourit légèrement après s'être excusée, contente que la fille en face d'elle ne soit pas énervée. Cette dernière ne semblait pas très pressée, ou du moins moins qu'Enola. Celle-ci ne cessait de jeter des coups d'oeil dans le dos de sa camarade, tentant en vain de retrouver les cheveux bruns de son frère et de sa mère. Ils avaient commandé leur glace sans elle, elle en était sûre à présent. À quoi bon se presser pour les retrouver, s'ils ne voulaient même pas qu'elle vienne. La brune sentit ses épaules s'affaisser légèrement, sentant son coeur se serrer. Tout d'un coup, elle n'était plus du tout pressée de les rejoindre. Plus du tout pressée de les voir.
- Hum, oui, bien sûr, acquiesça-t-elle, non sans avoir levé les sourcils, étonnée que la brune la vouvoie.
Un dernier coup d'oeil derrière celle-ci lui apprit qu'elle avait vu juste, et qu'Éléna et Jake avaient bien commandé leur glace. Ne voyant plus aucune raison de se presser, la fillette se baissa tranquillement pour ramasser le parapluie de la fille en face d'elle avant de le lui rendre, objet plutôt inattendu si on tenait compte de la météo. Décidément, la fillette en face d'elle était bien curieuse.
- Je... hésita-t-elle, étonnée elle-même par ce qu'elle faisait. T'es là pour faire tes fournitures pour Poudlard, j'imagine ?
Rares étaient les fois où Enola engageait la conversation d'elle-même, mais toutes les excuses étaient bonnes pour ne pas rejoindre sa mère et son frère. Et puis, sa camarade avait piqué sa curiosité en la vouvoyant et en se baladant avec un parapluie en plein mois d'août. On ne voyait pas vraiment ça tous les jours...
Au milieu de la foule
La fille lui tendit son parapluie, et elle le fourra dans son cabas, dans l'un des seuls interstices qui restaient. Elle en profita pour resserrer le nœud qui fermait le grand sac, ne souhaitant pas particulièrement que son contenu puisse se renverser une nouvelle fois sur les pavés de la grande rue. Il était plein à craquer, et elle était surprise qu'il n'eut pas encore explosé, en une grande protestation contre cette fille qui le remplissait beaucoup trop, ces roulettes qui le soutenaient à peine, ces pavés qui ne lui voulaient que du mal, cette école de magie et ses fichus bouquins, et le capitalisme. (blâmer le capitalisme, voilà quelque chose qui fonctionnera toujours, pensa-t-elle.)
Il était peut-être temps d'investir dans un sac magique sans fond.
Ada allait partir, et ses pensées avec elle, quand la jeune fille lui posa une question. Elle répondit d'un ton surpris, étonnée qu'elle établisse le dialogue :
_Euh, oui, c'est ça...
Ses yeux verts parcoururent la jeune fille de haut en bas, en une étude exhaustive mais rapide. Brune, petite, elle semblait avoir le même âge qu'elle, ou presque. Son visage était froid - comme l'était son regard. Ada décida qu'elle l'aimait bien. (On ne pouvait pas vraiment décider lorsqu'il s'agissait d'apprécier ou non un pair, bien sûr, car cela relevait plus de l'instinct que du goût, mais elle se faisait un point d'honneur à s’intéresser à ceux qui ne semblait pas agréables au premier abord. Question de principe, vous aurait-elle dit.)
Elle continua :
_Et puis pour celles de mes frères, aussi. Ada Bentley, je suis en Deuxième Année, Poufsouffle.
Elle ne prit pas la peine grimacer un sourire.
Sa voix était douce et calme, et contrebalançait son regard observateur et son visage froid. Elle n'avait jamais vue son interlocutrice au château, aussi un petit rictus se forma sur ces lèvres, compatissante mais aussi amusée à la pensée de tout ce que la brune devait ressentir. Après tout, elle aussi avait été un peu déboussolée à l'idée de son départ pour Poudlard, il y avait un an de cela.
perdue-excitée-anxieuse-joyeuse-peureuse-heureuse-triste
Ce n'était pas des états qu'on pensait pouvoir ressentir en même temps, et pourtant.
Elle n'expliqua pas son petit sourire amusé, et attendit plutôt la réponse de sa camarade à la question qu'elle n'avait pas posé - que personne ne posait jamais, d'ailleurs. Fascinante chose qu'était la société, et ces normes, et toutes ces choses qu'on impliquait mais qu'on ne disait jamais vraiment. La politesse était, si l'on réfléchissait, un phénomène étrange... Après tout, personne ne disait : et toi, quel est ton nom ?, ou bien, qui es-tu ?. Pourtant on y répondait tous, parce que la question n'était jamais lancée dans les airs, faisant s'entrechoquer des milliards d'atomes pour produire un son, mais dans l'esprit, dans la matière molle et repliée qu'est le cerveau - molécules contre neurones.
Oui : qui es-tu ?
#28363c
Il était peut-être temps d'investir dans un sac magique sans fond.
Ada allait partir, et ses pensées avec elle, quand la jeune fille lui posa une question. Elle répondit d'un ton surpris, étonnée qu'elle établisse le dialogue :
_Euh, oui, c'est ça...
Ses yeux verts parcoururent la jeune fille de haut en bas, en une étude exhaustive mais rapide. Brune, petite, elle semblait avoir le même âge qu'elle, ou presque. Son visage était froid - comme l'était son regard. Ada décida qu'elle l'aimait bien. (On ne pouvait pas vraiment décider lorsqu'il s'agissait d'apprécier ou non un pair, bien sûr, car cela relevait plus de l'instinct que du goût, mais elle se faisait un point d'honneur à s’intéresser à ceux qui ne semblait pas agréables au premier abord. Question de principe, vous aurait-elle dit.)
Elle continua :
_Et puis pour celles de mes frères, aussi. Ada Bentley, je suis en Deuxième Année, Poufsouffle.
Elle ne prit pas la peine grimacer un sourire.
Sa voix était douce et calme, et contrebalançait son regard observateur et son visage froid. Elle n'avait jamais vue son interlocutrice au château, aussi un petit rictus se forma sur ces lèvres, compatissante mais aussi amusée à la pensée de tout ce que la brune devait ressentir. Après tout, elle aussi avait été un peu déboussolée à l'idée de son départ pour Poudlard, il y avait un an de cela.
perdue-excitée-anxieuse-joyeuse-peureuse-heureuse-triste
Ce n'était pas des états qu'on pensait pouvoir ressentir en même temps, et pourtant.
Elle n'expliqua pas son petit sourire amusé, et attendit plutôt la réponse de sa camarade à la question qu'elle n'avait pas posé - que personne ne posait jamais, d'ailleurs. Fascinante chose qu'était la société, et ces normes, et toutes ces choses qu'on impliquait mais qu'on ne disait jamais vraiment. La politesse était, si l'on réfléchissait, un phénomène étrange... Après tout, personne ne disait : et toi, quel est ton nom ?, ou bien, qui es-tu ?. Pourtant on y répondait tous, parce que la question n'était jamais lancée dans les airs, faisant s'entrechoquer des milliards d'atomes pour produire un son, mais dans l'esprit, dans la matière molle et repliée qu'est le cerveau - molécules contre neurones.
Oui : qui es-tu ?
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~My smile wraps around my head splitting it in two, two
Au milieu de la foule
La brune en face d’elle rangea son parapluie silencieusement, comme perdue dans ses pensées. Les siennes l’envahissaient à nouveau, déconnectées de la réalité. Elle sentait son cœur lourd au fond de sa poitrine, serré. Ils ne l’avaient pas attendues. Ils. Ne. L’avaient. Pas. Attendus. Déjà, la brune les voyait poursuivre leur chemin à travers la rue, s’éloignant de plus en plus d’elle, et emportant avec eux quelques morceaux de son cœur. On aurait dit qu’ils avaient oublié son existence. Qu’elle aurait tout aussi bien pu être la fille de quelqu’un d’autre. Si ça ne l’étonnait pas de la part de sa mère, elle ne pouvait s’empêcher de se sentir abandonnée. Son frère n’avait jamais réagi comme ça. Il ne l’oubliait jamais, d’habitude. *Il doit penser que j’ai pas fini* essayait-elle de se convaincre, tout en s’enfonçant les ongles dans la paume de sa main. La douleur l’aidait à penser à autre chose, à rester concentrée. Ils l’attendraient sûrement au chaudron baveur. Ou pas.
Ses yeux se posèrent à nouveau sur sa camarade, après avoir passé plusieurs secondes dans le vague. Celle-ci la détaillait à présent d’un air que la fillette n’arrivait pas à déchiffrer, impassible. Enola en profita pour en faire de même, nullement mise mal à l’aise par les quelques secondes de silence qui s’installèrent entre elles. La brune faisait facilement dix centimètres de plus qu’elle, pas particulièrement grande mais pas si petite non plus. Nul doute qu’elle était plus vieille qu’elle. L’anglaise n’était pas très forte pour deviner les âges, mais elle pouvait dire avec certitude que sa camarade avait au moins un an de plus qu’elle. Le visage de cette dernière était froid, pas vraiment ouvert à la discussion. La jeune sorcière avait presque l’impression de voir un reflet d’elle-même, impassible mais pas méchante.
Les gens continuaient de marcher autour des deux brunes, quand la fille reprit la parole. Enola écouta, tout en lançant quelques regards noirs aux passants qui lui marchaient dessus. Elle était peut-être petite, mais pas invisible pour autant. Sa camarade ne souriait pas, gardant la même expression qu’auparavant. Sa voix était douce, calme, contrastant avec son apparence. Elle avait l’air posée, plutôt discrète, mais pas désagréable.
*Poufsouffle* Les mots se répercutèrent dans la tête de la sorcière, comme une sirène d’alarme. En voilà bien une, de maison où elle ne se retrouverait pas. Enola pouvait se voir dans chaque maison, à part dans celles des jaunes et noirs. Son frère lui avait vaguement décrit les élèves des quatre parties de Poudlard, et la brune s’était retrouvée dans chacuns d’eux, sauf dans les Poufsouffle. Gentils, naïfs… Elle n’avait aucune raison de se retrouver là-bas. Quoique sa camarade ne semblait rien avoir à y faire non plus. Peut-être ses stereotypes n’étaient pas les bons, après tout. Peut-être qu’elle finirait à Poufsouffle. Elle s’en fichait pas mal, de sa maison, en réalité. Elle voulait juste avoir l’impression d’être à sa place, de se sentir bien. Et puis, si elle n’entretenait aucun espoir, elle n’avait plus aucune chance d’être déçue. C’était sans doute plus prudent.
- Enola Smith, répondit la fillette au bout de quelques secondes de silence, ayant l’impression que se présenter était la bonne chose à faire. Je vais rentrer en première année.
Ca devait sûrement être évident, la fillette ne dépassant pas le mètre quarante. D’après sa mère, elle aurait une poussée de croissance dans quelques années. Enfin, elle aurait de la chance si elle dépassait un jour le mètre soixante. Sa mère était toute petite, et son père, d’après les récits d’Éléna, n’était pas bien grand non plus. Seul son frère semblait avoir une croissance normale, mesurant déjà 1,62 m du haut de ses treize ans. Ce serait probablement le plus grand de la famille, comme le répétait si souvent sa mère. Cette dernière aimait Jake de tout son cœur, et ne ratait jamais une occasion de le montrer. C’était la prunelle de ses yeux, sa plus grande réussite, au contraire d’Enola.
Penser à sa famille ramenait son cerveau à la conversation, la prénommée Ada ayant mentionné des frères. Ou des sœurs ? Enola n’était plus bien sure, ayant été distraite à ce moment-là. Ce n’était pas rare qu’elle se retrouve embarquée par le flot dans ses pensées, sans réaliser qu’on lui parlait.
- T’as des frères, t’as dit ? finit-elle par demander, curieuse. Ils ont quel âge ?
Une façon comme une autre de continuer la conversation, tout en retardant le moment où elle retrouverait sa famille. Toute excuse était bonne pour ne pas retourner les voir. Elle pouvait déjà sentir sa george se nouait en prévision du regard coupable qu’allait lui lancer son frère. Et du jugement dans les yeux de sa mère, si celle-ci daignait lui accorder un regard. Oui, valait mieux qu’elle prenne tout son temps. C’était mieux comme ça. Chacun à sa place.
Ses yeux se posèrent à nouveau sur sa camarade, après avoir passé plusieurs secondes dans le vague. Celle-ci la détaillait à présent d’un air que la fillette n’arrivait pas à déchiffrer, impassible. Enola en profita pour en faire de même, nullement mise mal à l’aise par les quelques secondes de silence qui s’installèrent entre elles. La brune faisait facilement dix centimètres de plus qu’elle, pas particulièrement grande mais pas si petite non plus. Nul doute qu’elle était plus vieille qu’elle. L’anglaise n’était pas très forte pour deviner les âges, mais elle pouvait dire avec certitude que sa camarade avait au moins un an de plus qu’elle. Le visage de cette dernière était froid, pas vraiment ouvert à la discussion. La jeune sorcière avait presque l’impression de voir un reflet d’elle-même, impassible mais pas méchante.
Les gens continuaient de marcher autour des deux brunes, quand la fille reprit la parole. Enola écouta, tout en lançant quelques regards noirs aux passants qui lui marchaient dessus. Elle était peut-être petite, mais pas invisible pour autant. Sa camarade ne souriait pas, gardant la même expression qu’auparavant. Sa voix était douce, calme, contrastant avec son apparence. Elle avait l’air posée, plutôt discrète, mais pas désagréable.
*Poufsouffle* Les mots se répercutèrent dans la tête de la sorcière, comme une sirène d’alarme. En voilà bien une, de maison où elle ne se retrouverait pas. Enola pouvait se voir dans chaque maison, à part dans celles des jaunes et noirs. Son frère lui avait vaguement décrit les élèves des quatre parties de Poudlard, et la brune s’était retrouvée dans chacuns d’eux, sauf dans les Poufsouffle. Gentils, naïfs… Elle n’avait aucune raison de se retrouver là-bas. Quoique sa camarade ne semblait rien avoir à y faire non plus. Peut-être ses stereotypes n’étaient pas les bons, après tout. Peut-être qu’elle finirait à Poufsouffle. Elle s’en fichait pas mal, de sa maison, en réalité. Elle voulait juste avoir l’impression d’être à sa place, de se sentir bien. Et puis, si elle n’entretenait aucun espoir, elle n’avait plus aucune chance d’être déçue. C’était sans doute plus prudent.
- Enola Smith, répondit la fillette au bout de quelques secondes de silence, ayant l’impression que se présenter était la bonne chose à faire. Je vais rentrer en première année.
Ca devait sûrement être évident, la fillette ne dépassant pas le mètre quarante. D’après sa mère, elle aurait une poussée de croissance dans quelques années. Enfin, elle aurait de la chance si elle dépassait un jour le mètre soixante. Sa mère était toute petite, et son père, d’après les récits d’Éléna, n’était pas bien grand non plus. Seul son frère semblait avoir une croissance normale, mesurant déjà 1,62 m du haut de ses treize ans. Ce serait probablement le plus grand de la famille, comme le répétait si souvent sa mère. Cette dernière aimait Jake de tout son cœur, et ne ratait jamais une occasion de le montrer. C’était la prunelle de ses yeux, sa plus grande réussite, au contraire d’Enola.
Penser à sa famille ramenait son cerveau à la conversation, la prénommée Ada ayant mentionné des frères. Ou des sœurs ? Enola n’était plus bien sure, ayant été distraite à ce moment-là. Ce n’était pas rare qu’elle se retrouve embarquée par le flot dans ses pensées, sans réaliser qu’on lui parlait.
- T’as des frères, t’as dit ? finit-elle par demander, curieuse. Ils ont quel âge ?
Une façon comme une autre de continuer la conversation, tout en retardant le moment où elle retrouverait sa famille. Toute excuse était bonne pour ne pas retourner les voir. Elle pouvait déjà sentir sa george se nouait en prévision du regard coupable qu’allait lui lancer son frère. Et du jugement dans les yeux de sa mère, si celle-ci daignait lui accorder un regard. Oui, valait mieux qu’elle prenne tout son temps. C’était mieux comme ça. Chacun à sa place.
Au milieu de la foule
La jeune fille ne semblait pas dérangée par le silence. Elle ne semblait pas stressée à l'idée de ne pas parler, et les fantômes des excuses à demi-dites et des rire gêné n'habitaient pas dans sa gorge, comme ils hantaient celles de tant d'autres gens. Non, elle observait, et c'était le plus important.
Le silence est quelque chose qu'il faut savoir accepter. Les gens l'agace, Ada, quand ils ne savent pas se taire. Toujours à vouloir remplir les blancs, à forcer les choses ; mais les mots ne devraient jamais être forcés. Réfléchis, oui, motivés, pourquoi pas. Ils peuvent servir à être poli, à être curieux, à être blessant. Mais jamais à balayer une gêne qu'ils ont imaginés. Les mots sont de jolies choses fragiles, qui définissent l'être qu'on est aux yeux des autres - c'est les roses en sucre sur le haut d'un gâteau. Ils ne devraient jamais être utilisés comme de la garniture ; après tout, ce n'est pas fait pour faire du remplissage...
_Enchantée, alors, Enola, s'entendit dire Ada - elle se découvrait des réflexes sociaux inconnus jusqu'alors. Elle ne fut pas surprise d'apprendre que sa camarade allait entrer en première année, comme celle-ci était assez petite, et cela confirma ses doutes. Première année, hein ? Sacrée aventure...
Ses yeux s'illuminèrent quand "Enola" parla de ses frères. Sa famille était l'un des plus grandes joies de sa vie, et penser à eux la remplissait de bonheur. Surtout sa fratrie, avec qui elle était plutôt soudée, à sa manière.
_Oui, c'est ça ! , dit-elle, et un petit sourire semblait s'être glissé , avant d'ajouter pensivement : _Que des frères... Les deux grands ont 19 et 16 ans, et puis j'ai deux petits frères de 9 ans. Ce sont des jumeaux. On s'entend plutôt bien, en vérité.
Elle se tut un instant. Elle voyait les cheveux blonds d'Hector flotter dans l'air, illuminés de soleil, et les rires d'Otis et de Victor dans la clameur de la foule. Sa famille était une part d'elle-même, qu'elle chérissait de tout son cœur. Et tant pis si c'était un peu simplet, parce qu'après tout, les choses simples existaient aussi. Elle ne put s'empêcher de blaguer avec un ton amusé :
_J'ai toujours dit que comme on n'avait pas de place pour mettre des vases sur les étagères, on n'avait pas de place non plus pour nourrir des sentiments négatifs...
Elle jeta un regard curieux vers la jeune sorcière, avant de continuer d'un ton doux, presque prudent :
_Et toi, tu as des frères et sœurs ?
Comme Enola avait posé la question en premier, elle se sentait en droit de la retourner. Mais elle savait que chacun avait son histoire, et ne voulait pas être trop indiscrète non plus. Elle n'avait pas forcément une bonne relation avec sa famille.
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Le silence est quelque chose qu'il faut savoir accepter. Les gens l'agace, Ada, quand ils ne savent pas se taire. Toujours à vouloir remplir les blancs, à forcer les choses ; mais les mots ne devraient jamais être forcés. Réfléchis, oui, motivés, pourquoi pas. Ils peuvent servir à être poli, à être curieux, à être blessant. Mais jamais à balayer une gêne qu'ils ont imaginés. Les mots sont de jolies choses fragiles, qui définissent l'être qu'on est aux yeux des autres - c'est les roses en sucre sur le haut d'un gâteau. Ils ne devraient jamais être utilisés comme de la garniture ; après tout, ce n'est pas fait pour faire du remplissage...
_Enchantée, alors, Enola, s'entendit dire Ada - elle se découvrait des réflexes sociaux inconnus jusqu'alors. Elle ne fut pas surprise d'apprendre que sa camarade allait entrer en première année, comme celle-ci était assez petite, et cela confirma ses doutes. Première année, hein ? Sacrée aventure...
Ses yeux s'illuminèrent quand "Enola" parla de ses frères. Sa famille était l'un des plus grandes joies de sa vie, et penser à eux la remplissait de bonheur. Surtout sa fratrie, avec qui elle était plutôt soudée, à sa manière.
_Oui, c'est ça ! , dit-elle, et un petit sourire semblait s'être glissé , avant d'ajouter pensivement : _Que des frères... Les deux grands ont 19 et 16 ans, et puis j'ai deux petits frères de 9 ans. Ce sont des jumeaux. On s'entend plutôt bien, en vérité.
Elle se tut un instant. Elle voyait les cheveux blonds d'Hector flotter dans l'air, illuminés de soleil, et les rires d'Otis et de Victor dans la clameur de la foule. Sa famille était une part d'elle-même, qu'elle chérissait de tout son cœur. Et tant pis si c'était un peu simplet, parce qu'après tout, les choses simples existaient aussi. Elle ne put s'empêcher de blaguer avec un ton amusé :
_J'ai toujours dit que comme on n'avait pas de place pour mettre des vases sur les étagères, on n'avait pas de place non plus pour nourrir des sentiments négatifs...
Elle jeta un regard curieux vers la jeune sorcière, avant de continuer d'un ton doux, presque prudent :
_Et toi, tu as des frères et sœurs ?
Comme Enola avait posé la question en premier, elle se sentait en droit de la retourner. Mais elle savait que chacun avait son histoire, et ne voulait pas être trop indiscrète non plus. Elle n'avait pas forcément une bonne relation avec sa famille.
#28363c
~My smile wraps around my head splitting it in two, two
Au milieu de la foule
Malgré ses airs plutôt froids, la jeune fille ne semblait pas vraiment dérangée par la présence de sa cadette. Au contraire, elle lui répondit d'une voix étrangement douce qu'elle était ravie de la rencontrer. Ce à quoi elle répondit par un petit sourire timide, bien incapable d'en dire de même. Elle avait pour habitude d'être honnête, de ne pas mentir pour faire plaisir aux autres, ce qui n'était pas prêt de changer. Or, elle n'était pas ravie de rencontrer son aînée. Ça ne la dérangeait pas, chose rare, mais elle n'était pas heureuse non plus.
Un sourire illumina le visage de la Poufsouffle quand elle commença à parler de sa famille, réaction que la petite sorcière ne comprit que trop bien. Son frère, c'était probablement la personne la plus importante dans sa vie à l'heure actuelle. Nul doute que ça devait aussi être le cas de nombreuses autres personnes, la fratrie étant un élément important au sein d'une famille. Cette réaction n'en devint que plus compréhensible quand Ada annonça avoir quatre frères. Quatre frères. QUATRE frères ?! C'était énorme, aux yeux de l'anglaise. Elle qui se trouvait parfois fatiguée d'en avoir un, elle ne pouvait imaginer comment sa camarade vivait avec quatre. Ça paraissait... trop. Beaucoup trop. Surtout si elle n'avait pas de soeur, la fillette devait se sentir bien trop seule.
- Wow, lâcha-t-elle sans pouvoir cacher la pointe d'étonnement qui perçait sa voix. Ça fait...beaucoup. C'est pas chiant, parfois ?
Un regard à son propre frère -ou plutôt l'endroit où celui-ci se trouvait quelques minutes plus tôt, suffit à refroidir sur coeur. C'était dingue, comme on pouvait oublier l'existence de quelqu'un pendant quelques minutes. Enola ne voyait pas comment c'était possible, même si ça ne semblait poser aucune difficulté à son propre frère. Elle décida cependant de ne plus y penser -et par la même occasion de ne plus regarder par là-bas, pour ne pas se faire plus de peine que ça ne lui en faisait déjà. Il ne méritait pas son attention. Et puis, elle préférait largement la porter sur sa conversation avec sa camarade.
Une étincelle s'illumina d'ailleurs dans le regard de l'anglaise quand son aînée reprit la parole, un sourire léger mais franc aux lèvres. Elle comprenait ce que sa camarade voulait dire, et était en plus de ça d'accord avec elle. Immédiatement, elle décida qu'elle l'apprécier, ou plutôt que sa présence ne lui était pas désagréable.
- J'ai juste un frère, expliqua-t-elle après avoir fait compris à sa camarade d'un regard qu'elle était d'accord avec elle. Il a deux ans de plus que moi, c'est un sorcier aussi.
Malheureusement pour elle, la famille était un de ces sujets banales que le gens utilisaient pour faire connaissance avec les autres. Ça avait beau être le dernier sujet dont Enola avait envie de parler, elle avait conscience qu'elle ne pourrait pas y échapper une fois au château. Du moins, pendant les premiers mois. Il valait mieux pour elle qu'elle s'y habitue dès maintenant, si elle ne voulait pas craquer.
Un sourire illumina le visage de la Poufsouffle quand elle commença à parler de sa famille, réaction que la petite sorcière ne comprit que trop bien. Son frère, c'était probablement la personne la plus importante dans sa vie à l'heure actuelle. Nul doute que ça devait aussi être le cas de nombreuses autres personnes, la fratrie étant un élément important au sein d'une famille. Cette réaction n'en devint que plus compréhensible quand Ada annonça avoir quatre frères. Quatre frères. QUATRE frères ?! C'était énorme, aux yeux de l'anglaise. Elle qui se trouvait parfois fatiguée d'en avoir un, elle ne pouvait imaginer comment sa camarade vivait avec quatre. Ça paraissait... trop. Beaucoup trop. Surtout si elle n'avait pas de soeur, la fillette devait se sentir bien trop seule.
- Wow, lâcha-t-elle sans pouvoir cacher la pointe d'étonnement qui perçait sa voix. Ça fait...beaucoup. C'est pas chiant, parfois ?
Un regard à son propre frère -ou plutôt l'endroit où celui-ci se trouvait quelques minutes plus tôt, suffit à refroidir sur coeur. C'était dingue, comme on pouvait oublier l'existence de quelqu'un pendant quelques minutes. Enola ne voyait pas comment c'était possible, même si ça ne semblait poser aucune difficulté à son propre frère. Elle décida cependant de ne plus y penser -et par la même occasion de ne plus regarder par là-bas, pour ne pas se faire plus de peine que ça ne lui en faisait déjà. Il ne méritait pas son attention. Et puis, elle préférait largement la porter sur sa conversation avec sa camarade.
Une étincelle s'illumina d'ailleurs dans le regard de l'anglaise quand son aînée reprit la parole, un sourire léger mais franc aux lèvres. Elle comprenait ce que sa camarade voulait dire, et était en plus de ça d'accord avec elle. Immédiatement, elle décida qu'elle l'apprécier, ou plutôt que sa présence ne lui était pas désagréable.
- J'ai juste un frère, expliqua-t-elle après avoir fait compris à sa camarade d'un regard qu'elle était d'accord avec elle. Il a deux ans de plus que moi, c'est un sorcier aussi.
Malheureusement pour elle, la famille était un de ces sujets banales que le gens utilisaient pour faire connaissance avec les autres. Ça avait beau être le dernier sujet dont Enola avait envie de parler, elle avait conscience qu'elle ne pourrait pas y échapper une fois au château. Du moins, pendant les premiers mois. Il valait mieux pour elle qu'elle s'y habitue dès maintenant, si elle ne voulait pas craquer.
Au milieu de la foule
"Enola", nouvellement nommée, semblait étonnée d'apprendre la situation familiale d'Ada. La Poufsouffle eut un sourire en coin, amusée de la surprise de sa cadette. Elle oubliait parfois que les familles nombreuses étaient loin d'être la norme, surtout dans un vieux pays européen à la démographie déclinante. Dans sa banlieue, les familles nombreuses étaient plutôt la norme. Mais son sourire disparu vite et elle répondit d'un ton neutre :
_Non, pas du tout. C'est vrai qu'on empiète légèrement les uns sur les autres, mais je crois qu'on ne se rend pas vraiment compte des inconvénients d'être plusieurs, puisqu'après tout on a toujours vécu comme ça. Et puis j'ai Poudlard, maintenant ; on peut dire que j'ai assez d'espace.
C'était un euphémisme, évidemment. Ada n'avait pas seulement assez d'espace, elle en avait trop - le château était grand, très grand, et elle se sentait parfois écrasée par l'immensité du domaine. Le parc, la bibliothèque, la salle commune... - et tant d'autres choses qui s'entrechoquaient dans une cacophonie sans fin qui l'empêchait de se sentir à la maison.
- ces éternels couloirs qui ne semblaient jamais finir, ces escalier marrons qui montaient bien trop haut, ces tableaux la toisant le long des murs.
- ces vitraux trop nombreux qui tamisaient la lumière, ces vagues continuelles de gens qu'on ne connaissait pas (et tout ceux qu'on ne connaissait plus), ces trois hiboux qui hululaient la nuit comme cinquante âmes en peine - ces parchemins qu'on ne pourrait jamais avoir le temps de lire.
- ces livres qui traînaient à jamais sur les étagères. La poussière sur les rambardes d'escaliers.
Et pourtant chez elle, tout était trop petit. Rien n'était parfait, il aurait semblé.
Peut-être un jour, achèterait-elle une grande maison loin quelque part à la campagne. Elle inviterait sa famille, il ferait gris et beau en même temps, et le linge sentirait la lavande et les chrysanthèmes.
Et le linge sentira la lavande et les chrysanthèmes... Elle eut un sourire dur. Ces foutues chrysanthèmes de juillet. Les siennes pousseraient en novembre, et même en octobre si elles prenaient leur temps !, et personne ne les ferait danser dans les airs ; et ce serait la plus grande et la plus exquise des ironies.
Mais bien sûr Enola ne savait rien de ça. D'ailleurs, elles allaient partir chacun de leurs côtés, et Ada oubliera même qu'elle s'était appelée "Enola", et rien de tout cela n'aura d'importance.
Elle avait un frère. Qui avait deux ans de plus qu'elle. Et elle hocha la tête à la réponse, parce qu'après tout, c'est ce qu'elle avait demandé.
_Oh... chouette.
Son ton était neutre - en vérité, il n'avait pas changé d'un iota depuis tout à l'heure. Pourtant à l'intérieur, la première pensée d'Ada fut : Mais qu'est-ce que tu fous là ? Qu'est-ce que tu fous là, Ada ? A parler à une étrangère alors que ta famille t'attends peut-être, quelque part ? A discuter de choses dont vous ne vouliez pas parler ? A gâcher des mots qui s'envolaient par la bouche pour ne jamais revenir, serpents insipides qui venaient ramper dans l'air en gigotant pathétiquement de la queue - qu'est-ce que tu fous là, Ada ?
Elle n'avait rien à faire, mais elle fut prise soudain d'un sentiment (absurde) d'absurdité.
Qu'est-ce qui l'avait déclenché ? Peut-être la sensation profonde que cette conversation n'allait aller nulle part. Peut-être cette compréhension soudaine qu'aucune des deux parties n'allait dire de choses intéressantes, parce qu'aucune des deux parties ne voulaient se livrer à la première inconnue.
Mais pourtant, connaître les gens, n'était-ce pas ça la partie intéressante ? Ada avait du le penser en commencer cette discussion. Mais elle ne le pensait plus.
Un silence suivit. Un petit silence, un silence de rien du tout. Un silence comme il y en a de partout. Mais pour Ada, c'était un silence gêné. Et cela faisait toute la différence. Et pourtant, elle ne pouvait pas s'empêcher de faire une chose...
_Tu avais peut-être des choses à faire ? Parce que moi.. j'allais me prendre une glace, personnellement.
Être gentille.
_Tu veux en prendre une avec moi ?
Son ton était sympathique, on pourrait presque dire qu'il devenait chaleureux. A l'intérieur, Ada se maudissait. Elle avait bien vu les brefs coups d’œil en direction du glacier, et inviter son interlocutrice semblait la chose naturelle à faire. Pourtant elle s'en rendait compte maintenant : elle n'avait pas envie de discuter.
Alors comme elle ne pouvait s'empêcher d'être honnête et claire, autant qu'elle pouvait être gentille, elle rajouta quelques milli-secondes plus tard :
_Mais pas pour discuter, juste... pour prendre une glace. J'ai bien envie d'une glace. Ça te dit ?
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_Non, pas du tout. C'est vrai qu'on empiète légèrement les uns sur les autres, mais je crois qu'on ne se rend pas vraiment compte des inconvénients d'être plusieurs, puisqu'après tout on a toujours vécu comme ça. Et puis j'ai Poudlard, maintenant ; on peut dire que j'ai assez d'espace.
C'était un euphémisme, évidemment. Ada n'avait pas seulement assez d'espace, elle en avait trop - le château était grand, très grand, et elle se sentait parfois écrasée par l'immensité du domaine. Le parc, la bibliothèque, la salle commune... - et tant d'autres choses qui s'entrechoquaient dans une cacophonie sans fin qui l'empêchait de se sentir à la maison.
- ces éternels couloirs qui ne semblaient jamais finir, ces escalier marrons qui montaient bien trop haut, ces tableaux la toisant le long des murs.
- ces vitraux trop nombreux qui tamisaient la lumière, ces vagues continuelles de gens qu'on ne connaissait pas (et tout ceux qu'on ne connaissait plus), ces trois hiboux qui hululaient la nuit comme cinquante âmes en peine - ces parchemins qu'on ne pourrait jamais avoir le temps de lire.
- ces livres qui traînaient à jamais sur les étagères. La poussière sur les rambardes d'escaliers.
Et pourtant chez elle, tout était trop petit. Rien n'était parfait, il aurait semblé.
Peut-être un jour, achèterait-elle une grande maison loin quelque part à la campagne. Elle inviterait sa famille, il ferait gris et beau en même temps, et le linge sentirait la lavande et les chrysanthèmes.
Et le linge sentira la lavande et les chrysanthèmes... Elle eut un sourire dur. Ces foutues chrysanthèmes de juillet. Les siennes pousseraient en novembre, et même en octobre si elles prenaient leur temps !, et personne ne les ferait danser dans les airs ; et ce serait la plus grande et la plus exquise des ironies.
Mais bien sûr Enola ne savait rien de ça. D'ailleurs, elles allaient partir chacun de leurs côtés, et Ada oubliera même qu'elle s'était appelée "Enola", et rien de tout cela n'aura d'importance.
Elle avait un frère. Qui avait deux ans de plus qu'elle. Et elle hocha la tête à la réponse, parce qu'après tout, c'est ce qu'elle avait demandé.
_Oh... chouette.
Son ton était neutre - en vérité, il n'avait pas changé d'un iota depuis tout à l'heure. Pourtant à l'intérieur, la première pensée d'Ada fut : Mais qu'est-ce que tu fous là ? Qu'est-ce que tu fous là, Ada ? A parler à une étrangère alors que ta famille t'attends peut-être, quelque part ? A discuter de choses dont vous ne vouliez pas parler ? A gâcher des mots qui s'envolaient par la bouche pour ne jamais revenir, serpents insipides qui venaient ramper dans l'air en gigotant pathétiquement de la queue - qu'est-ce que tu fous là, Ada ?
Elle n'avait rien à faire, mais elle fut prise soudain d'un sentiment (absurde) d'absurdité.
Qu'est-ce qui l'avait déclenché ? Peut-être la sensation profonde que cette conversation n'allait aller nulle part. Peut-être cette compréhension soudaine qu'aucune des deux parties n'allait dire de choses intéressantes, parce qu'aucune des deux parties ne voulaient se livrer à la première inconnue.
Mais pourtant, connaître les gens, n'était-ce pas ça la partie intéressante ? Ada avait du le penser en commencer cette discussion. Mais elle ne le pensait plus.
Un silence suivit. Un petit silence, un silence de rien du tout. Un silence comme il y en a de partout. Mais pour Ada, c'était un silence gêné. Et cela faisait toute la différence. Et pourtant, elle ne pouvait pas s'empêcher de faire une chose...
_Tu avais peut-être des choses à faire ? Parce que moi.. j'allais me prendre une glace, personnellement.
Être gentille.
_Tu veux en prendre une avec moi ?
Son ton était sympathique, on pourrait presque dire qu'il devenait chaleureux. A l'intérieur, Ada se maudissait. Elle avait bien vu les brefs coups d’œil en direction du glacier, et inviter son interlocutrice semblait la chose naturelle à faire. Pourtant elle s'en rendait compte maintenant : elle n'avait pas envie de discuter.
Alors comme elle ne pouvait s'empêcher d'être honnête et claire, autant qu'elle pouvait être gentille, elle rajouta quelques milli-secondes plus tard :
_Mais pas pour discuter, juste... pour prendre une glace. J'ai bien envie d'une glace. Ça te dit ?
bon, je ne sais pas trop où est parti ce post, mais voilà
Juste pour dire que je n'ai pas encore RP le truc des chrysanthèmes, donc c'est normal que tu n'y comprennes rien, mais c'est juste un évènement dans son enfance... voilà. rien de bien grave, mais elle en a gardé un grand souvenir. Mais comme c'est que dans ses pensées, je me suis permise de le rajouter même si je ne l'ai pas encore RP
#28363c
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Au milieu de la foule
Sa camarade ne semblait pas dérangée le moins du monde d'avoir quatre frères. Un nombre qui ne finissait plus d'étonner la fillette. Peut-être était-ce parce que ses parents n'avaient pas été capables de s'occuper de deux enfants à peine. Qu'elle se demandait comment c'était possible de s'occuper des quatre à la fois. Mais en vérité, tous les parents n'étaient pas aussi nuls que les siens. Tous les pères n'abandonnaient pas leurs enfants au premier problème venu. Toutes les mères ne préféraient pas leur aîné. Certaine mère aimait même tous leurs enfants au même niveau ! Ça devait être plus sympa, ça. Malheureusement pour elle, la petite sorcière n'avait pas ce luxe. Elle ne l'aurait probablement jamais.
La future première année hocha la tête, croyant son aînée sur parole. Elle n'avait pas encore eu l'occasion de mettre les pieds à Poudlard, puisqu'elle allait rentrer en première année, mais en avait assez entendu parler pour savoir que c'était tout simplement immense. Son frère avait beau être avare en information, il ne lui avait pas caché celle-là. Les couloirs étaient nombreux et se ressemblaient tous, les escaliers n'en faisaient qu'à leur tête et les salles de classe se trouvaient parfois à l'autre bout du château. Apparemment, il fallait même parfois prévoir un peu de temps supplémentaire le temps de s'y rendre. Ça paraissait fou à la sang-mêlée, qui n'avait en tête que son primaire moldu, qui devait comporter au maximum une dizaine de classes et de couloirs. Bien trop petit pour s'y perdre. Comment allait-elle faire au château ? Heureusement pour elle qu'elle avait Jake, qui avait promis de l'aider à se repérer. Elle adorait son frère, même si son comportement ce jour-là était étonnant.
- C'est si grand que ça ? demanda-t-elle, curieuse.
Après tout, peut-être que le Gryffondor avait exagéré. Elle n'avait aucune de raison de croire ce qu'il lui disait. Ça n'avait pas l'air si terrible en plus, sorti de la bouche de la brune.
Après une rapide réponse de son aînée, le silence s'installa entre les deux filles. Enola ne le brisa pas, sans surprise, se contentant de poser ses yeux sur les passants qui se mélangeaient au paysage. La sorcière aimait le silence. Cette absence de son -ou en tout cas de parole, dans leur cas- ne la dérangeait jamais, contrairement aux autres, que ça pouvait parfois gêner. Elle, ça lui permettait juste de réfléchir, de prendre des décisions. C'était reposant, surtout quand elle parlait avec quelqu'un qu'elle ne connaissait pas. Comme ce jour-là, même si la conversation lui demandait étonnement très peu d'efforts. Sa camarade n'était pas bien bavarde, pour le plus grand plaisir de la sang-mêlée. Ça faisait du bien de voir qu'elle n'était pas la seule à ne pas aimer parler. À quoi bon épuiser ses mots pour apprendre à se connaître, alors même qu'elles risquaient de ne plus jamais se recroiser ? À quoi bon poser des questions dont les réponses ne l'intéressaient pas, juste pour meubler un silence qui pouvait être gênant pour les autres ? Enola connaissait la réponse, et pour cause: ça ne servait absolument à rien.
Au plus grand étonnement de la brunette, ce fut sa camarade qui brisa le silence qui s'était installé. Elle devait sûrement chercher une excuse pour partir, prétextant vouloir aller se prendre une glace. La suite de sa phrase laissa pourtant la sorcière bouchée bée, les yeux écarquillés. Elle voulait prendre une glace ? Avec elle ? C'était une proposition pour le moins déroulante, bien qu'alléchante.
- Oh, lâcha-t-elle, laissant sa surprise disparaître sous un sourire amusé et ravie. Oui, pourquoi pas. Et... sans parler, ça me va !
C'était bien la première fois qu'une quasi-inconnue lui donnait autant envie de passer du temps avec elle. Manger une glace sans discuter ? Rien de mieux pour patienter. Son frère et sa mère ayant déserté la rue dans le chaudron baveur, il n'y avait en plus aucun risque qu'elle les croise. Et puis, elle ne pouvait nier que l'idée de les faire patienter un peu ne la tentait pas. Manger une glace, c'était parfait. Alors, sans plus attendre, la fillette se dirigea vers l'endroit où étaient attablés quelques minutes auparavant sa famille, patientant juste assez pour s'assurer que son aînée la suivait bien.
La future première année hocha la tête, croyant son aînée sur parole. Elle n'avait pas encore eu l'occasion de mettre les pieds à Poudlard, puisqu'elle allait rentrer en première année, mais en avait assez entendu parler pour savoir que c'était tout simplement immense. Son frère avait beau être avare en information, il ne lui avait pas caché celle-là. Les couloirs étaient nombreux et se ressemblaient tous, les escaliers n'en faisaient qu'à leur tête et les salles de classe se trouvaient parfois à l'autre bout du château. Apparemment, il fallait même parfois prévoir un peu de temps supplémentaire le temps de s'y rendre. Ça paraissait fou à la sang-mêlée, qui n'avait en tête que son primaire moldu, qui devait comporter au maximum une dizaine de classes et de couloirs. Bien trop petit pour s'y perdre. Comment allait-elle faire au château ? Heureusement pour elle qu'elle avait Jake, qui avait promis de l'aider à se repérer. Elle adorait son frère, même si son comportement ce jour-là était étonnant.
- C'est si grand que ça ? demanda-t-elle, curieuse.
Après tout, peut-être que le Gryffondor avait exagéré. Elle n'avait aucune de raison de croire ce qu'il lui disait. Ça n'avait pas l'air si terrible en plus, sorti de la bouche de la brune.
Après une rapide réponse de son aînée, le silence s'installa entre les deux filles. Enola ne le brisa pas, sans surprise, se contentant de poser ses yeux sur les passants qui se mélangeaient au paysage. La sorcière aimait le silence. Cette absence de son -ou en tout cas de parole, dans leur cas- ne la dérangeait jamais, contrairement aux autres, que ça pouvait parfois gêner. Elle, ça lui permettait juste de réfléchir, de prendre des décisions. C'était reposant, surtout quand elle parlait avec quelqu'un qu'elle ne connaissait pas. Comme ce jour-là, même si la conversation lui demandait étonnement très peu d'efforts. Sa camarade n'était pas bien bavarde, pour le plus grand plaisir de la sang-mêlée. Ça faisait du bien de voir qu'elle n'était pas la seule à ne pas aimer parler. À quoi bon épuiser ses mots pour apprendre à se connaître, alors même qu'elles risquaient de ne plus jamais se recroiser ? À quoi bon poser des questions dont les réponses ne l'intéressaient pas, juste pour meubler un silence qui pouvait être gênant pour les autres ? Enola connaissait la réponse, et pour cause: ça ne servait absolument à rien.
Au plus grand étonnement de la brunette, ce fut sa camarade qui brisa le silence qui s'était installé. Elle devait sûrement chercher une excuse pour partir, prétextant vouloir aller se prendre une glace. La suite de sa phrase laissa pourtant la sorcière bouchée bée, les yeux écarquillés. Elle voulait prendre une glace ? Avec elle ? C'était une proposition pour le moins déroulante, bien qu'alléchante.
- Oh, lâcha-t-elle, laissant sa surprise disparaître sous un sourire amusé et ravie. Oui, pourquoi pas. Et... sans parler, ça me va !
C'était bien la première fois qu'une quasi-inconnue lui donnait autant envie de passer du temps avec elle. Manger une glace sans discuter ? Rien de mieux pour patienter. Son frère et sa mère ayant déserté la rue dans le chaudron baveur, il n'y avait en plus aucun risque qu'elle les croise. Et puis, elle ne pouvait nier que l'idée de les faire patienter un peu ne la tentait pas. Manger une glace, c'était parfait. Alors, sans plus attendre, la fillette se dirigea vers l'endroit où étaient attablés quelques minutes auparavant sa famille, patientant juste assez pour s'assurer que son aînée la suivait bien.
Au milieu de la foule
Cette Enola était curieuse, aussi, car elle embraya avec une question dès ma mention de Poudlard. Décidément, elle avait beaucoup de qualités.
_C'est... vraiment immense, oui, répondit-elle.
La discussion mourut peu à peu, jusqu'à la proposition de la Poufsouffle. Enola accepta, et Ada ne put s'empêcher d'être légèrement étonnée, même si lui faire plaisir avait été le but principal.
Car après tout... Qui irait manger une glace avec une inconnue ?
Mais Enola ne semblait pas surprise, ou du moins, Ada ne le perçut pas. L'idée semblait l'amuser, plutôt, ou peut-être la ravir ; toujours est-il qu'elle eut un de ces premiers sourires depuis le début de leur conversation. Et cela ravit la Poufsouffle à son tour, qui ne put empêcher un sourire de s'échapper des commissures de ses lèvres. Pas un grand sourire, ni un sourire gêné, ni même un sourire timide ; mais plutôt un sourire qui prend son temps, qui n'a pas besoin de beaucoup d'espace - un sourire tout petit, mais juste assez grand pour révéler les fossettes et faire pétiller les yeux.
Tu m'étonnes que je sois à Poufsouffle... La pensée était amère, mais peut-être ne devrait-elle pas l'être : après tout, la gentillesse était toujours un avantage. Mais Ada ne voulait pas être un rayon de soleil, elle ne voulait être rien qu'une ombre passagère, qu'on oublie avec le temps, mais qu'on savait agréable. Oui ; rien qu'une ombre. Disparaître, c'était toujours la meilleure des défenses.
C'est vrai... mais contre quoi ? Ou qui ?
Mais déjà, Enola amorçait le mouvement - à la surprise de la Première Année. Elle ne s'était pas attendue pas à ce que sa cadette prît l'initiative, mais après tout, ce n'était pas parce qu'elle était plus jeune qu'elle était perdue, au contraire. Elle pouvait très bien être née-sorcière, sans qu'Ada n'en sût rien. Elle l'imaginait plutôt en née-moldue, qui seraient perdue devant les innombrables tableaux parlants de Poudlard, mais elle réalisait maintenant que son image était fausse - après tout, tous les nouveaux ne se ressemblaient pas.
Enola s'arrêta un instant, et Ada la rejoignit prestement. Ses pas semblaient légers, presque fragiles, et pourtant ils étaient efficaces, et elle rejoignit sa cadette en quelques enjambées.
Il était temps d'aller s'acheter une glace, alors...
#28363c
_C'est... vraiment immense, oui, répondit-elle.
La discussion mourut peu à peu, jusqu'à la proposition de la Poufsouffle. Enola accepta, et Ada ne put s'empêcher d'être légèrement étonnée, même si lui faire plaisir avait été le but principal.
Car après tout... Qui irait manger une glace avec une inconnue ?
Mais Enola ne semblait pas surprise, ou du moins, Ada ne le perçut pas. L'idée semblait l'amuser, plutôt, ou peut-être la ravir ; toujours est-il qu'elle eut un de ces premiers sourires depuis le début de leur conversation. Et cela ravit la Poufsouffle à son tour, qui ne put empêcher un sourire de s'échapper des commissures de ses lèvres. Pas un grand sourire, ni un sourire gêné, ni même un sourire timide ; mais plutôt un sourire qui prend son temps, qui n'a pas besoin de beaucoup d'espace - un sourire tout petit, mais juste assez grand pour révéler les fossettes et faire pétiller les yeux.
Tu m'étonnes que je sois à Poufsouffle... La pensée était amère, mais peut-être ne devrait-elle pas l'être : après tout, la gentillesse était toujours un avantage. Mais Ada ne voulait pas être un rayon de soleil, elle ne voulait être rien qu'une ombre passagère, qu'on oublie avec le temps, mais qu'on savait agréable. Oui ; rien qu'une ombre. Disparaître, c'était toujours la meilleure des défenses.
C'est vrai... mais contre quoi ? Ou qui ?
Mais déjà, Enola amorçait le mouvement - à la surprise de la Première Année. Elle ne s'était pas attendue pas à ce que sa cadette prît l'initiative, mais après tout, ce n'était pas parce qu'elle était plus jeune qu'elle était perdue, au contraire. Elle pouvait très bien être née-sorcière, sans qu'Ada n'en sût rien. Elle l'imaginait plutôt en née-moldue, qui seraient perdue devant les innombrables tableaux parlants de Poudlard, mais elle réalisait maintenant que son image était fausse - après tout, tous les nouveaux ne se ressemblaient pas.
Enola s'arrêta un instant, et Ada la rejoignit prestement. Ses pas semblaient légers, presque fragiles, et pourtant ils étaient efficaces, et elle rejoignit sa cadette en quelques enjambées.
Il était temps d'aller s'acheter une glace, alors...
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