Un léger recadrage
La tête d'Honor bascula en arrière alors qu'elle emplit une dernière fois ses poumons de l'air ambiant, baigné dans la sueur et le sang.
Un délice.
Son codeur battait la chamade, mais ce n'était pas à cause de l'effort physique. Ses sens étaient affûtés par l'émotion, par les sensations. Les délicats picotements de sa peau contrastaient avec la douleur sourde de ses phalanges. Ses instincts satisfaits auraient presque pu la faire trembler, comme à son jeune âge, si elle s'y était laissé aller. Mais la nouvelle expiration qu'elle prit réinitialisa tout cela.
Son visage redevint aussi neutre que la pierre. Une mèche de cheveux qui s'était échappée des autres fut calmement redisposée derrière son oreille.
Enfin, elle s'autorisa à poser le regard sur la jeune adulte qu'elle venait de réduire à néant.
La militaire se vit, trente ans en arrière. Elle avait douze ans, à l'époque. Elle se souvenait parfaitement de chaque détail de cette scène, mais se refusait à leur donner le pouvoir d'avoir de l'effet sur elle. Une question en particulier jouait les montagnes russes avec Honor. D'où lui venait une telle force ? Si au début, elle avait pu la tarauder, lorsqu'elle prenait conscience de ses capacités, elle s'était ensuite empressée de l'ignorer. De la jeter aux orties, pour simplement se concentrer sur le fait qu'elle pouvait. Elle pouvait. Elle avait toujours pu, et elle adorait pouvoir. Mais, depuis quelques années, la question revenait.
Pourquoi ? D'où ?
Elle n'aurait certainement jamais de réponse, mais ce n'était pas important. Un soupir s'échappa de ses narines, alors qu'elle défit habilement ses gants pour les jeter avec précision dans le panier à équipements sales.
Il y a encore quelques années, elle aurait chèrement fait payer ces larmes à la jeune femme. Très chèrement. Et même aujourd'hui, elle ne s'embarrasserait certainement pas à mentir sur ce qu'elle pensait. Elfie ne pleurait en aucun cas en raison de la douleur physique. Mais sa douleur mentale, elle s'en contrefoutait royalement. Seules trois personnes dans le monde entier comptaient pour la militaire. Pas une de plus.
Cependant... Il ne serait pas avisé de simplement ignorer l'état de santé mentale d'une personne aussi proche de son fils que cette sorcière.
Puis un sourire. Un infime rire, même.
"Fuck tú féin."
Elle avait beau ne pas être née en Irlande, seule une idiote n'aurait pas appris la langue du pays dans lequel elle vivait depuis bientôt quatre décennies.
Sans un mot de plus, elle se détourna de la jeune femme, pour rouvrir une autre armoire. Elle en tira deux serviettes de sport. L'une passa autour de la nuque de la militaire, puis elle revint vers la blonde, et s'accroupit à ses côtés.
"Demain, on recommence."
Sa main tendit avec assurance l'autre serviette vers la jeune adulte. Pas une émotion ne pouvait se lire sur son visage, mais un regard attentif, de celui qui a partagé un combat avec la propriétaire de ses traits, pourrait éventuellement y lire un certain adoucissement.
"Et après-demain, on recommence encore. Et le surlendemain. Et le jour d'après. Et ce, jusqu'à ce que tu réussisses à correctement me toucher. Ou que tu renonces. Ton choix."
Elle continua de maintenir la serviette à portée de mains pour Elfie, sans bouger, sans ajouter un mot de plus. Il y a encore quelques années, jamais Honor n'aurait pu s'imaginer pouvoir se tenir ainsi à côté de quelqu'un avec l'air aussi pathétique. Et encore moins pouvoir s'imaginer, qu'aujourd'hui, elle était capable de regarder Elfie sans avoir envie de lui renfoncer ses larmes à grands coups de poing.
Mentalement, elle visualisa la courbe de progression de la jeune femme, et estima qu'elle réussirait à lui porter un coup franc au bout... d'environ un mois.
Un délice.
Son codeur battait la chamade, mais ce n'était pas à cause de l'effort physique. Ses sens étaient affûtés par l'émotion, par les sensations. Les délicats picotements de sa peau contrastaient avec la douleur sourde de ses phalanges. Ses instincts satisfaits auraient presque pu la faire trembler, comme à son jeune âge, si elle s'y était laissé aller. Mais la nouvelle expiration qu'elle prit réinitialisa tout cela.
Son visage redevint aussi neutre que la pierre. Une mèche de cheveux qui s'était échappée des autres fut calmement redisposée derrière son oreille.
Enfin, elle s'autorisa à poser le regard sur la jeune adulte qu'elle venait de réduire à néant.
La militaire se vit, trente ans en arrière. Elle avait douze ans, à l'époque. Elle se souvenait parfaitement de chaque détail de cette scène, mais se refusait à leur donner le pouvoir d'avoir de l'effet sur elle. Une question en particulier jouait les montagnes russes avec Honor. D'où lui venait une telle force ? Si au début, elle avait pu la tarauder, lorsqu'elle prenait conscience de ses capacités, elle s'était ensuite empressée de l'ignorer. De la jeter aux orties, pour simplement se concentrer sur le fait qu'elle pouvait. Elle pouvait. Elle avait toujours pu, et elle adorait pouvoir. Mais, depuis quelques années, la question revenait.
Pourquoi ? D'où ?
Elle n'aurait certainement jamais de réponse, mais ce n'était pas important. Un soupir s'échappa de ses narines, alors qu'elle défit habilement ses gants pour les jeter avec précision dans le panier à équipements sales.
Il y a encore quelques années, elle aurait chèrement fait payer ces larmes à la jeune femme. Très chèrement. Et même aujourd'hui, elle ne s'embarrasserait certainement pas à mentir sur ce qu'elle pensait. Elfie ne pleurait en aucun cas en raison de la douleur physique. Mais sa douleur mentale, elle s'en contrefoutait royalement. Seules trois personnes dans le monde entier comptaient pour la militaire. Pas une de plus.
Cependant... Il ne serait pas avisé de simplement ignorer l'état de santé mentale d'une personne aussi proche de son fils que cette sorcière.
Puis un sourire. Un infime rire, même.
"Fuck tú féin."
Elle avait beau ne pas être née en Irlande, seule une idiote n'aurait pas appris la langue du pays dans lequel elle vivait depuis bientôt quatre décennies.
Sans un mot de plus, elle se détourna de la jeune femme, pour rouvrir une autre armoire. Elle en tira deux serviettes de sport. L'une passa autour de la nuque de la militaire, puis elle revint vers la blonde, et s'accroupit à ses côtés.
"Demain, on recommence."
Sa main tendit avec assurance l'autre serviette vers la jeune adulte. Pas une émotion ne pouvait se lire sur son visage, mais un regard attentif, de celui qui a partagé un combat avec la propriétaire de ses traits, pourrait éventuellement y lire un certain adoucissement.
"Et après-demain, on recommence encore. Et le surlendemain. Et le jour d'après. Et ce, jusqu'à ce que tu réussisses à correctement me toucher. Ou que tu renonces. Ton choix."
Elle continua de maintenir la serviette à portée de mains pour Elfie, sans bouger, sans ajouter un mot de plus. Il y a encore quelques années, jamais Honor n'aurait pu s'imaginer pouvoir se tenir ainsi à côté de quelqu'un avec l'air aussi pathétique. Et encore moins pouvoir s'imaginer, qu'aujourd'hui, elle était capable de regarder Elfie sans avoir envie de lui renfoncer ses larmes à grands coups de poing.
Mentalement, elle visualisa la courbe de progression de la jeune femme, et estima qu'elle réussirait à lui porter un coup franc au bout... d'environ un mois.
Un léger recadrage
Elfie avait encore son équipement, allongée au sol, incapable de bouger. Les larmes qui avaient coulés le long de ses joues du à un épuisement mental, plus que physique s’arrêtèrent au fur et à mesure qu’Honor lui parler. Elle se retenait, elle était dans un état pitoyable à voir, elle devait diminuer les arguments pour la traiter de minable. Elle avait déjà la bouche en sang, le corps rouge des ecchymoses se formant à chaque endroit où la plus âgée avait frappée. Elle était allongée là sans pouvoir rien faire, c’était finit, elle ne pouvait plus maîtriser la douleur, à chaque respiration, à chaque mouvement de bras celle si se réveillait dans tous ses membres comme un écho. Si il y avait une chose à retenir de se combat, c’est que la vision des choses de la jeune adulte avait légèrement changé, finalement c’était pas si cool d’avoir mal, de se laisser frapper juste pour ressentir la douleur. L’humiliation était pire, elle aurait voulu pouvoir rendre les coups, toucher Honor, paraître plus forte, plus technique, plus entraîner mais ce n’était pas le cas et elle le savait, elle en avait pleinement conscience, elle était faible sur tout les points, sans avenirs, complètement perdue, s’enfermant dans une carapace et n’étant même plus capable de répondre de son physique. C’était lamentable.
La mère de Narc l’avait insulté en réponse, Elfie ne bougea pas. Qu’elle idiote aussi de penser qu’elle serait la seule à parler irlandais en Irlande. Les mots s’étaient dévoilés avant même qu’elle y réfléchisse. Elle ne s’en voulait pas non, mais elle avait conscience qu’heureusement Honor ne l’avait finalement pas achevé. Elle avait écouté le reste, sans broncher, recommencer? Sur le moment l’ancienne gryffondor ne savait pas si elle en avait envie, si il n’était pas préférable de partir s’enterrer à Dublin dans le manoir familiale, si elle devait couper les ponts avec Narcisse et sa mère dégénérée. De l’autre, elle devait sûrement se prouver qu’elle était capable de récupérer et de pouvoir recevoir de nouveau coup. Mais ce qui était certains c’est que sur son séjour, elle n’arriverait pas à toucher Honor, elle ne comptait pas rester ici plus d’une semaine, cela ne suffirait pas. Et tant que sa coach improvisé taperait et ne parlerait pas de ses soucis, elle pouvait bien rester quelques jours.
Tout en faisant le nécessaire pour ne pas gémir de douleur, Elfie bougea le bras pour attraper la serviette tendue par son aînée pour s’essuyer ses yeux humides et sa bouche tachée de rouge. Elle voulait se lever, aller se laver, mais c’était encore trop tôt. À la place elle fermait les yeux pour reprendre son souffle. Elle ne pensait qu’au fond de sa bouteille qu’elle avait ramené, oubliant Narcisse du programme. Elle n’était pas d’humeur à entendre une boule d’énergie plus de deux heures. Elle avait passé son mois de juillet à boire, il y avait des conséquences, elle avait envie, dès que possible de retrouver le liquide brûler sa gorge au fur et à mesure des gorger repensant à chaque détail de ce qu’il s’était passé aujourd’hui. Des qu’elle serait prête à bouger, elle se dirigera vers sa chambre pour s’y enfermer quelques heures. Elle en avait besoin, elle le voulait, ne plus faire face a qui que ce soit, se retrouver seule pour se perdre dans ses pensées négatives à attendre le prochain jour.
Ce qui était sure c’est que pour une fois, elle était contente d’être sorcière, les moldus n’avaient pas les mêmes soins. Chez elle sa mère l’aurait déjà soigné. Ici elle devrait attendre, ça l’handicaperait plus qu’autre chose pour demain.
C’est normalement une fin pour moi, merci!
La mère de Narc l’avait insulté en réponse, Elfie ne bougea pas. Qu’elle idiote aussi de penser qu’elle serait la seule à parler irlandais en Irlande. Les mots s’étaient dévoilés avant même qu’elle y réfléchisse. Elle ne s’en voulait pas non, mais elle avait conscience qu’heureusement Honor ne l’avait finalement pas achevé. Elle avait écouté le reste, sans broncher, recommencer? Sur le moment l’ancienne gryffondor ne savait pas si elle en avait envie, si il n’était pas préférable de partir s’enterrer à Dublin dans le manoir familiale, si elle devait couper les ponts avec Narcisse et sa mère dégénérée. De l’autre, elle devait sûrement se prouver qu’elle était capable de récupérer et de pouvoir recevoir de nouveau coup. Mais ce qui était certains c’est que sur son séjour, elle n’arriverait pas à toucher Honor, elle ne comptait pas rester ici plus d’une semaine, cela ne suffirait pas. Et tant que sa coach improvisé taperait et ne parlerait pas de ses soucis, elle pouvait bien rester quelques jours.
Tout en faisant le nécessaire pour ne pas gémir de douleur, Elfie bougea le bras pour attraper la serviette tendue par son aînée pour s’essuyer ses yeux humides et sa bouche tachée de rouge. Elle voulait se lever, aller se laver, mais c’était encore trop tôt. À la place elle fermait les yeux pour reprendre son souffle. Elle ne pensait qu’au fond de sa bouteille qu’elle avait ramené, oubliant Narcisse du programme. Elle n’était pas d’humeur à entendre une boule d’énergie plus de deux heures. Elle avait passé son mois de juillet à boire, il y avait des conséquences, elle avait envie, dès que possible de retrouver le liquide brûler sa gorge au fur et à mesure des gorger repensant à chaque détail de ce qu’il s’était passé aujourd’hui. Des qu’elle serait prête à bouger, elle se dirigera vers sa chambre pour s’y enfermer quelques heures. Elle en avait besoin, elle le voulait, ne plus faire face a qui que ce soit, se retrouver seule pour se perdre dans ses pensées négatives à attendre le prochain jour.
Ce qui était sure c’est que pour une fois, elle était contente d’être sorcière, les moldus n’avaient pas les mêmes soins. Chez elle sa mère l’aurait déjà soigné. Ici elle devrait attendre, ça l’handicaperait plus qu’autre chose pour demain.
C’est normalement une fin pour moi, merci!
Employée au manoir Joyce, Promo 42
Je déteste ceux qui volent ma solitude sans m’offrir de vraie compagnie.