Journal des rêves
~ Trop plein de nourriture ~
Lundi 11 octobre 2049
Peut-être avait-elle trop mangé la veille ? En tout cas, cette nuit-là, Eileen rêva de nourriture ! On aurait pu croire qu’elle était Poufsouffle tellement les aliments étaient présents dans son rêve. Ceux-ci étaient littéralement partout.
Le premier cours de la journée consista à faire de la cuisine. En cours de potions, il s’agissait de remplir un chaudron avec tout ce qu’il passait sous la main de la jeune fille, et d’en faire une excellente recette. Elle ne fut pas la personne avec la meilleure note de la classe mais s’en sortit pas trop à la peine. Avoir de temps en temps aider sa mère dans son affaire d’entrepreneuse, portait semblait-il ses fruits.
Pour la suite, pour le cours de défense contre les forces du mal, un concours de saucisses vit le jour. Qui en mangerait le plus ? Elle ne gagna pas, n’ayant pas très faim lors de cette deuxième heure de cours.
La récréation survint. Et là, ce fut un déluge d’en-cas dégustés sur la pelouse. Le sien consistait en un sandwich qu’elle ne put malheureusement pas finir à cause du concours de saucisses.
Le cours de botanique qui suivit obligea les élèves à consommer différentes sortes de salades et à déterminer laquelle était laquelle. Laitue, scarole et autres légumes passèrent sous la dent des élèves. Au goût elle ne put en reconnaître qu’une ou deux ; à la couleur ou à la texture une ou deux de plus. En tout cas, elle ne fut pas la meilleure.
Vint l’heure du déjeuner. Vous imaginez bien qu’elle n’avait plus faim depuis longtemps. Elle ne prit qu’à boire, il fallait bien faire glisser tout ça.
En métamorphose, le cours consista à remplacer des briques par de la glace. Il fallait choisir le parfum préféré des élèves et goûter afin de savoir si le sortilège avait réussi. Même si, avec la théorie de Gamp, la glace ne fut pas nourrissante, Eileen était pleine à ras bord. Elle adorait la pistache mais choisit finalement le citron pour l’aider à digérer… ce qui ne marcha pas très bien.
À ce stade, elle se sentait comme un bibendum. Elle était prête à rouler si on la mettait sur le sol et qu’on la poussait dans les escaliers, pour les dévaler à toute allure. D’ailleurs peut-être était-ce ce que recherchaient les professeurs avec cette journée étonnamment consistante pour l’estomac. Seuls ses camarades, habillés de jaune et de noir, semblaient s’en sortir à merveille.
Elle rejoignit d’ailleurs la cour de récréation avec une lenteur et un pas caractéristiques de quelqu’un qui ne se sent pas bien.
Avant même que le prochain cours ne sonne sa reprise, elle fut obligée de rejoindre l’infirmerie pour cause d’indigestion. Bonne nouvelle, elle put enfin digérer les différents repas qu’elle avait consommé mais fut quand même renvoyée en classe.
Elle se retrouva sans trop savoir comment en cours de divination où il fallut consommer l’entièreté de la théière de thé. Sur la digestion, ce ne fut pas si difficile que cela, mais pas nécessaire non plus.
Elle se réveilla soudain, sentant son ventre inexplicablement vide qui réclamait son petit déjeuner. Pourtant elle se sentait bien incapable de le contenter et ne put que boire son thé au jasmin dans la Grande salle.
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Journal des rêves
~ Perdre l'important ~
Mardi 12 octobre 2049
Cette nuit-là, Eileen rêva dans une sorte de brouillard qui la séparait de tout ce qui comptait pour elle. Elle tâtonnait pour marcher dans l'espace, ayant l'impression étrange de ne pas voir à plus d'un mètre et en même temps la sensation que tout s'éloignait à d'elle. Comme si les choses se tenaient à distance délibérément au fur et à mesure qu'elle avançait.
Cela commença avec sa famille. Elle adorait la branche familiale O'Brien, qu'elle soit de Galway ou de Douglas. Elle adorait son cousin Etan, qu'elle connaissait déjà depuis plus d'un an. Elle les voyait dans son esprit discuter entre eux, faire des messes basses. Et tandis que ses pas la menaient vers eux, ils s'éloignaient peu à peu et finissaient par disparaitre. Elle cria son désespoir mais finit par les voir totalement se perdre dans le brouillard.
Elle poursuivit sa route, sans trop savoir comment elle savait que c'était le chemin à suivre. Mais elle ne capitula pas, certaine de son fait. Elle tomba sur Marine, Erin, Charlotte, Ellana, Ernest. Des êtres particulièrement chers à son cœur. Autour d'eux d'autres camarades se trouvaient, de sa promotion comme Astrid, Elena, Narcisse ou Lyam ; certains qui n'étaient pas de son année tels Pervinca, Juniper ou Elliott. Elle s'approchait, tentait de les interpeler. Mais rien n'y faisait. Il y avait comme un mur invisible entre eux. Elle se mit à crier, ils relevèrent la tête dans sa direction et la regardèrent d'un œil vide avant de revenir à leurs occupations, la snobant totalement. Et cette fois, elle hurla. De peur, d'anxiété et de crainte. Toute sa frustration à ne pas pouvoir les atteindre monta en un torrent colérique qui se transforma en de gros sanglots.
Pourquoi donc tout le monde s'éloignait d'elle ? La flamme de l'espoir se ralluma lorsqu'elle vit Mila, Délicat, Améno et Marley qui aboyait et miaulaient avec Ybou, qui lui ululait. Elle les interpella. Ils lui dédièrent un regard avant de revenir à leur occupation. Comme si elle était invisible, comme s'ils ne voyaient pas.
Les larmes chaudes inondaient à présent ses joues comme deux rivières pressées de trouver leur chemin. Chemin qui prit fin dans un lac. Comment ? Il semblait que tous ses pleurs s'étaient rencontrés pour faire ce lac. A présent, sa famille, ses amis, les animaux... tous naviguaient sur les flots et rejoignaient la rive opposée à celle où elle se trouvait.
Elle tenta de pénétrer dans l'eau, s'enfonça, oublia totalement qu'elle savait nager et crut qu'elle allait se noyer. Dans son inconscient, elle se demanda à quoi bon lutter si tous ceux qu'elle aimait lui échappaient.
Une petite voix pleine d'espoir lui souffla à l'oreille qu'elle avait encore pour elle ses passions, qu'elle avait encore la lecture, les voyages, l'Irlande et la magie. Elle pourrait se reconstruire. Il fallait qu'elle croit en elle. Elle n'allait pas laisser les fondations de sa vie la faire s'écrouler en la quittant. Elle allait devoir revoir ses fondations. C'était un long chemin qui l'attendait. Mais soudain, le brouillard se leva, laissant la place à un soleil lumineux, traçant une nouvelle voie à emprunter.
Le cœur lourd, elle se décida à l'emprunter. Le premier pas vers la lumière la fit se réveiller en sursaut, couverte de sueurs et hagarde. Mila se précipita à elle pour lui offrir un câlin réconfortant. Ca n'avait été qu'un cauchemar.
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~ Coucher de soleil ~
Mercredi 13 octobre 2049
Cette nuit-là, Morphée conduisit Eileen sur le bord d'une plage en compagnie d'Ernest. Elle n'était pas spécialement plage, sable et mer et préférait la campagne verdoyante, la bruyère voire même les routes caillouteuses de montagne... mais la scène ne la dérangea pas. Elle aimait aussi tenter de nouvelles expériences, apprendre des choses, et il était fort possible qu'Ernest, lui, aime la plage. En somme, rien ne lui sembla étrange dans ce rêve.
Elle était assise à côté du Serpentard qui avait ravi son cœur. Le regard soit tourné vers lui soit tourné vers l'horizon.
Le bleu de la mer et celui du ciel lui rappelèrent la couleur qu'elle pouvait admirer en Irlande. Nulle couleur turquoise ici. Et pourtant, les nuances de bleu lui permirent d'admirer une belle palette qui aurait fait taper du pied de jalousie un peintre s'il avait été là. Entre le ciel et la mer, la ligne de démarcation restait nette et pourtant fondue dans le lointain. La nature pouvait offrir un véritable tableau à qui souhaitait prendre le temps de l'admirer !
La journée passa. Non pas qu'Eileen vécut l'entièreté de la journée dans son rêve, mais elle put s'en rendre compte au recul de la mer sur le sable, en lien avec la marée, aux couleurs qui avaient changé face à elle. A présent, des teintes jaunes, orangées et rouges se mêlaient, témoignant du coucher du soleil.
Le sourire sur le visage du petit brun témoignait qu'il passait un bon moment. La rouquine se sentait heureuse, épanouie, en paix. Comme si sa place était là, à admirer l'art céleste, avec à ses côtés un être cher.
Sans savoir pourquoi, elle avait la gorge sèche. Etait-ce d'avoir trop parlé ? Etait-ce la beauté du spectacle qui s'offrait à elle ? Elle ne savait pas. Elle était vraiment ébahie par le spectacle. Comment le monde pouvait-il offrir autant de merveilles ? Comment de telles nuances pouvaient-elles exister ? C'était un peu comme si un lion descendait se poser sur la ligne de crète des vagues pour se transformer dans les couleurs citrouille puis poivrons, rouge, jaune... Il ne manquait à vrai dire que le vert ! Mais le vert était représenté par le Serpentard juste à sa droite.
Un véritable feu d'artifice de coloris s'offraient à la vue... allant même jusqu'à une sorte de violet rosé qui dans l'imaginaire de la jeune fille permettait une touche de mystère. Elle n'était pas romantique pour deux mornilles et ne pensa pas du tout au fait que cela pouvait être l'occasion d'un rapprochement spécifique avec son ami.
Elle tenait juste à profiter de l'instant avec lui. Elle voulait juste être avec lui et graver à jamais le moment dans son esprit.
Lorsque l'astre solaire se cacha tout à fait, une étoile commença à faire son apparition. Ce fut le garçon qui la trouva en premier. Cela n'étonna pas la demoiselle. Il avait toutes les qualités... Elle lui dédia un sourire... et se réveilla.
A n'en pas douter, l'expérience était à renouveler en vrai, se promit-elle, un sourire aux lèvres.
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~ Labyrinthe existentiel ~
Jeudi 14 octobre 2049
Peut-être l'énigme particulièrement difficile du heurtoir avait-elle influencée le rêve de l'irlandaise cette nuit-là ? Peut-être qu'elle baignait simplement d'un univers empli de curiosité et d'énigmes ?
En tout cas, les heures sombres qu'elle passa dans son lit la menèrent dans un labyrinthe. A première vue, elle n'avait face à elle et autour d'elle que des murs. Lorsqu'elle bifurqua, elle se rendit compte qu'il en était de même et qu'elle devait ensuite choisir dans quelle direction elle devait se rendre.
Deux choix, deux possibilités opposées : à droite ou à gauche. Sans réfléchir, elle prit du côté de sa main dominante, à droite. Elle avança et tomba encore sur des murs et des choix à faire.
Pour avoir une possibilité de sortir de là, car après plusieurs embranchements, elle se rendit compte qu'elle était bel et bien dans un labyrinthe, elle choisit de prendre toujours à droite, espérant que cette stratégie lui réussirait... revenant sur ses pas lorsqu'elle parvenait à un cul de sac.
Pendant plusieurs minutes, elle eut ainsi l'impression d'errer sans but. Elle déambulait sans savoir comment elle était parvenue là ou pourquoi elle se retrouvait là. Tout ce qu'elle savait - elle le sentait au plus profond d'elle-même, c'était qu'elle devait avancer.
Personne ne venait à son secours. Elle était seule. Elle devait s'en sortir par elle-même. Elle était responsable de son bien-être, de sa réussite. Personne ne le ferait à sa place. Elle marcha donc. A droite, toujours à droite.
Au bout d'un moment, elle perdit le compte des virages. Combien de fois avait-elle tourné ? Elle perdit aussi le compte du temps qui passait. Et dans ce rêve, elle n'avait pas mal aux pieds, pas soif, pas faim. Elle savait juste qu'elle devait poursuivre son chemin, continuer. Un peu comme une métaphore de la vie qui oblige à choisir des routes, à en exclure d'autres. Elle finit par se faire cette réflexion.
Sa logique de toujours prendre à droite était-elle la bonne ? Y avait-il vraiment une logique à mettre en œuvre pour sortir de ce labyrinthe ? Se terminerait-il un jour ?
Bien sûr, elle n'avait pas sa baguette sur elle. Les murs étaient lisses et elle ne pouvait donc pas grimper pour voir en hauteur ce que le plan donnait. Bien sûr, elle ne disposait d'aucune possibilité de se repérer. Pas de boussole, pas d'étoile. La hauteur des murs semblait aussi infinie que les longueurs des couloirs qu'elle empruntait.
Soudain, elle s'assit, dépitée. Non pas qu'elle était fatiguée. Mais elle voulait prendre le temps de réfléchir. Et c'est alors qu'une phrase se matérialisa face à elle : "quel est le sens de ta vie ?"
Elle aurait pu s'étonner de cette phrase dans ce rêve étrange si le réveil n'avait pas demandé à ce qu'elle quitte les bras de Morphée.
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Journal des rêves
~ Jardin oriental ~
Vendredi 15 octobre 2049
Eileen avait toujours aimé découvrir de nouvelles cultures, voyager et en apprendre plus sur les différents peuples. Elle avait l'impression que les voyages lointains étaient moins faciles depuis qu'elle était devenue sorcière. En même temps, elle en faisait aussi souvent avec ses parents et depuis quelques temps, la clinique vétérinaire de son père avait perdu des effectifs, et il était plus souvent de garde. Dans le même temps, elle s'était étrangement rapprochée de ses grands-parents maternels. Elle ne les voyait auparavant qu'une fois par an, à Noël le plus souvent. A présent, elle vivait avec eux quelques jours au moins l'été. C'était bien pratique car ils vivaient à Londres.
Bref, elle faisait moins de voyage à l'étranger. A part les Philippines qu'elle avait découvert suite à la Coupe du monde de Quidditch, elle n'avait pas vraiment découvert de pays ces derniers temps. Mais cela lui manquait. Elle voyageait souvent à travers les lectures qu'elle faisait, mais ce n'était pas tout à fait pareil. Elle ne pouvait pas échanger avec les gens sur leur culture, goûter de nouveaux plats, s'émerveiller devant les architectures ou les merveilles de la nature.
Elle n'était pas du genre à ouvrir un guide de voyage pour y voir ce qui méritait d'être vu. Elle aimait y aller au feeling, sélectionner les éléments essentiels à regarder, discuter avec les locaux afin de voir s'ils n'avaient pas des propositions... parfois hors des sentiers battus à découvrir.
Alors ce jour-là, la Serdaigle avait choisi de passer du côté de la salle sur demande pour se faire un petit voyage. Rien de bien compliqué. Mais elle avait envie de rêver en grand. De rêver grâce ce que la magie pouvait lui apporter.
Eileen avait besoin de se sentir transportée. Elle avait besoin de voyager, ca lui manquait terriblement. La salle sur demande dut le sentir. Car lorsqu'elle passa la porte qu'Erin lui avait montré l'année précédente, elle découvrit un jardin japonais. Elle qui s'intéressait de près au Japon et qui n'y avait jamais mis les pieds se sentait comme là-bas.
Elle osa à peine mettre le pied dans le décor ainsi constitué. Au premier regard, la nature était domestiquée et pourtant invitait au rêve.
Des plantes aux formes architecturées et stylisées étaient présentes dans le paysage et visibles au premier coup d'œil. Quelques arbustes en forme de nuages ou de vagues côtoyaient une étendue de sable ratissée en des cercles dessinés dans laquelle des pas japonais permettaient de circuler sans troubler l'ordre établi. Des pierres en nombre impair, dont certaines étaient recouvertes de mousse, jouxtaient une petite étendue d'eau que l'on pouvait traverser via un pont en bois rouge. Des bambous bordaient le chemin comme autant de petites barrières. En avançant malgré tout, elle découvrit au cœur de ce jardin emplit de verdure une fontaine composée d'une pierre creuse et d'un tube en bambou qui se remplissait progressivement pour taper la pierre quand l'eau se déversait.
Le calme émanant de l'endroit était merveilleux. A n'en pas douter, la demoiselle voyageait en cet instant. C'était un endroit propice à la méditation. Elle grava chaque minéral, chaque végétal, dans sa mémoire... se promettant lorsqu'elle aurait besoin de méditer à l'avenir de pouvoir revenir dans cet endroit merveilleux à volonté.
Au bout d'un temps qui lui sembla court mais qui aurait pu être infini, elle sortit de la salle sur demande, l'esprit apaisé.
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~ Ruelle sombre, ô désespoir ! ~
Samedi 16 octobre 2049
Eileen avait rêvé cette nuit-là qu'elle bravait un interdit...
Elle visitait une rue qui lui était fermée, peuplée de commerces peu recommandables, dans un endroit escarpé, étroit, sinueux propice à se faire couper la gorge.
Elle se l'était imaginée sombre, pleine de poussière, de toiles d'araignée, de saleté, de graisse... un endroit crasseux en somme. Pour elle, il représentait l'île aux pirates pour les sorciers, cet ilôt de terre sans foi ni loi pour ceux qui voulaient se cacher, tuer, prospérer dans l'illégalité... tout en portant une baguette. Il s'agissait en fait d'une allée où les lois et la morale n'avaient pas lieu d'être.
Le tableau qu'elle en dressait dans sa tête grouillait d'un brouillard constant propre à la Londres imaginaire de certains livres, d'ombres torturées, d'un manque significatif de soleil, de rigoles pleines de détritus, d'enfants perdus enlevés à leurs parents...
C'était à n'en pas douter le pire endroit sur terre où vivre. Comment des personnes issues du monde de la magie pouvaient-elles accepter de vivre là ? La seule réponse était qu'elles étaient traquées et que pour elles, cela restait mieux qu'une prison ou que le mort.
A n'en pas douter, ce lieu était bien loin de Poudlard. Il sentait la précarité, constitué de matériaux fragiles, de normes de sécurité inexistantes, d'intempéries qui suintaient à travers les toitures. L'insalubrité semblait présente sur chaque être vivant que la demoiselle croisait.
A n'en pas douter, elle ne se sentait pas en sécurité. Comment avait-elle pu atterrir là ?
Soudain, dans son rêve, elle put lire à la faveur d'un éclair la plaque de la rue "Allée des embrumes". Son coeur battit soudain plus fort. Elle avait une chance de sortir de là si elle faisait attention. Le Chemin de traverse n'était pas loin. Mais comment faire ?
Le chemin tortueux qu'elle suivait jusqu'à présent n'offrait nulle trace de salut. Aucun signe de lumière dans le lointain ne pointait.
Elle prit son courage à deux mains et se mit à courir. Luttant pour garder son équilibre, contre la pluie, le vent, les pavés disparates manquant à tout moment de la faire trébucher.
Et soudain, elle vit au loin la très reconnaissable bâtisse de la banque des sorciers, Gringotts. Elle ne répondit pas aux visages patibulaires qui s'approchaient d'elle, tentant de l'entourer, de la reléguer dans l'ombre. Elle lutta pour rejoindre la lumière.
Et enfin, dans un ultime effort, le Chemin de traverse fut là. Elle mit ses pieds dessus. Elle se sentit tout de suite plus légère, plus heureuse, plus calme aussi. Le désespoir contre lequel elle avait dû se battre dans l'ombre fondait comme neige au soleil. Le bonheur faisait son apparition. Qu'elle était bien sur cette rue commerçante joyeuse et colorée ! Jamais plus elle ne se perdrait dans les méandres de sa rue cousine ! Elle avait eu bien trop peur.
Pour se remettre, elle se dirigea vers la Ménagerie magique. Etonnamment, Mila était là. Elle la serra fort dans ses bras et se sentit tout de suite mieux sous les ronronnements amicaux et rassurants de sa féline.
C'est ainsi que le réveil la cueillit, l'invitant à se lever pour attaquer sa journée.
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~ Batraciens en délire ~
Dimanche 17 octobre 2049
Eileen n'avait jamais vraiment tenu de journal. Elle avait toujours eu du mal à se tenir à écrire un mot quotidien dans un carnet. En cela, elle admirait Ernest qui réussissait à maintenir l'envie et la motivation de tenir à jour ses notes avec ses expériences, ses idées et cela à chaque fois que l'une d'elles émergeait, soit parfois plus d'une fois par jour. Il avait cette sorte de patience, d'astreinte qu'il s'était mis à lui même, se disciplinant tellement que l'irlandaise se disait une fois de plus qu'il était extraordinaire. Une certaine magie irradiait de lui. Tout ce qu'il faisait semblait facile... rendant l'exploit le plus difficile aussi facile à comprendre que si tout cela n'était pas si sorcier pour lui !
Elle-même avait réussi jusqu'à présent à noter chaque jour quelques mots dans ce journal des rêves qu'elle avait entamé en début de mois. Elle avait dépassé la moitié sans comprendre comment elle avait réussi à tenir jusqu'à présent.
Elle avait tenté l'expérience l'année passée en écrivant un mot par jour issu d'un journal avec une difficulté croissante au fur et à mesure que le mois tirait sur sa fin. Or, pour l'instant, il n'était rien de tel pour la rouquine ! Jusqu'à présent ! Elle croisait les doigts et tenait fermement sa baguette, espérant se donnait la force d'avancer et ne pas fléchir.
Quoique le rêve de la nuit précédente soit particulièrement flou à l'instant où elle prit sa plume pour le retranscrire, les mots clés "grenouille", "nénuphar" et "saut" qu'elle avait noté l'aidèrent à se remémorer quelques éléments.
Là encore, son inconscient avait voyagé par-delà elle ne savait quel mont pour l'emmener à découvrir une mare, ou plutôt un étang, dans un jardin. Tout autour de l'étendue d'eau, se trouvaient des joncs, des bambous, des végétaux qu'elle ne savaient nommer mais qui donnaient à l'endroit un merveilleux ton naturel au mille nuances de verts.
Ici et là, parsemés comme des touches de couleur sur une toile de peintre, se tenaient des nénuphars rappelant des pas japonais avec des fleurs écloses, roses, blanches et bleues et dont le cœur, jaune. Cette couleur bouton d'or appelait probablement au butinage des abeilles et autres insectes passant par là.
Certaines feuilles de nénuphar ne portaient pas de fleur. A la place, en guise d'ornementation vivante, quelques grenouilles coassaient en rythme. Provenaient-elles de la chorale de Poudlard ? En tout cas, l'irlandaise crut voir une sorte de représentation théâtrale.
Car bientôt, aux grenouilles qui apportaient une belle musique à l'endroit, une sorte de chorégraphie de sauts se mit en branle. Imaginez le tableau ! Les grenouilles n'auraient pas démérité au Cirque de Pékin tant leurs cabrioles diverses représentaient des efforts de témérité, des exploits de membres tendus, de sauts créatifs et des émerveillements en cascade.
Bientôt, le spectacle prit fin avec la danse et la musique qui se turent. Eileen subjuguée applaudit des deux mains, un sourire jusqu'aux lèvres... et se réveilla dans son lit, émerveillée par tant de beauté.
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~ Coller une étiquette ~
Lundi 18 octobre 2049
Eileen avait toujours été une jeune fille droite et honnête qui aimait à discuter avec les autres. Comprendre le monde dans lequel elle évoluait était une source de motivation, s'intéresser à ceux qu'elle côtoyait, un plaisir. Découvrir, voilà pour quoi elle était faite.
Aussi, quand son rêve la mena dans une pièce, en compagnie de personnes qu'elle ne connaissait pas suffisamment bien à son goût, et qu'elle se vit en train de conduire un entretien avec eux, cela ne choqua pas son subsconscient.
Très souvent, elle avait l'habitude de bombarder de questions la moindre personne avec qui elle discutait. Identifier ce qui la guidait, elle, était ce qui l'orientait. Depuis longtemps, elle avait compris que chacun était différent, non pas seulement physiquement, mais aussi dans la façon d'être, d'avancer et de voir le monde.
Car à Poudlard, chacun avait beau être un sorcier, tout le monde ne voyait pas le monde comme elle empreint d'une magie bienveillante qui ne demandait qu'à aider son utilisateur. Tout le monde n'identifiait pas sa baguette comme un membre à part entière.
L'école était un écosystème qui regorgeait de couleurs différentes, de prismes différents, d'idées et de visions différentes. C'était un peu comme une galerie d'art qui comporteraient de multiples tableaux chacun portant une part de vérité, la sienne.
Ainsi donc, dans son rêve, l'irlandaise était assise avec Pervinca et discutait avec elle. Elle ne saisissait pas vraiment ce qui se disait mais appréhendait les sensations positives qu'elle recevait. L'image changea et Alyssa prit la place de Pervi. Puis Astrid fit son apparition. Ce fut ensuite Lyam qui la remplaça... suivi par Ellana... Et au fur et à mesure des personnes qui prenaient leur place face à Eileen, celle-ci sentit son cœur se remplir d'ondes positives, de bienveillance vis-à-vis d'eux.
Elle aimait ces personnes. Elle voulait les appeler ses amis. Le faisait déjà pour certains, espérant que c'était réciproque.
Le prisme du cadre onirique changea. La rouquine se retrouva dans un parc, pareil à celui de son école. Son cœur était léger et rempli de joie. Face à elle, de nombreux visages plus ou moins connus lui souriaient. Chacun d'eux portait un badge sur sa poitrine indiquant son nom. Une pancarte, étrangement portée en chapeau, indiquait le statut de la personne vis-à-vis de la jeune fille.
Voir que Tara portait les mots "amie perdue de vue" fit du mal à l'irlandaise. Elle le savait au fond d'elle-même. Mais le voir écrit, ce n'était pas pareil. Ca avait quelque chose de définitif. Sur celui de Lina, elle put lire "guide" dans une écriture qui se brouilla. Etait-ce parce qu'en réalité elle comprenait le sens alors que c'était inscrit en chinois ?
Elle ne chercha pas de personnes en particulier dans cette foule même si elle repéra Erin ou Marine. Chacun lui souriait et c'était suffisant pour elle. Qui a besoin de mettre une étiquette sur une relation ? Le principal est de la vivre comme on l'entend.
Ernest vint bientôt à elle. Elle ne chercha pas à lire le nom sur la pancarte. Elle connaissait le mot inscrit. Elle n'avait besoin de rien d'autre que de le regarder lui. Et c'est noyée dans son regard qu'elle rejoignit finalement son lit et le monde de ceux qui doivent aller en cours !
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~ Paysages côtiers irlandais ~
Mardi 19 octobre 2049
Le rêve d'Eileen la fit basculer en Irlande pour profiter des paysages côtiers que son île natale lui proposait.
Elle connaissait bien l'endroit et pouvait donc au premier coup d'œil dire qu'il s'agissait d'un des lieux propres à sa chère île.
Morphée l'emmena d'abord au sommet de falaises majestueuses : celles de Moher. Le tableau qu'elles offraient était vraiment unique. Calcaires, s'élevant à plus de 214 mètres au-dessus de l'océan Atlantique, elles offraient un panorama à couper le souffle sur environ 8 kilomètres. L'irlandaise retrouva cette sorte de mur naturel impressionnant qui marquait la frontière occidentale de l'Europe avec plaisir. L'endroit était brut, majestueux, sculpté par le vent qui soufflait à ses oreilles et les vagues dont la hauteur de crète s'abattait contre le calcaire. De nombreux oiseaux marins offraient leurs cris et leurs couleurs à la jeune fille. Elle reconnut quelques macareux, des fous de Bassan et des goélands. Ce qui l'étonna ce fut qu'elle se retrouvait seule, sans touriste en cet endroit tout droit sorti du monde de la magie.
Sa vision bascula ensuite. Non pas vers d'autres falaises comme celles de Slieve League ou de Sybil Head, mais vers des plages sauvages. Là, ne pas voir de touristes était normal. Souvent désertes, les plages de sable fin, accessibles uniquement à pied. Elles offraient à l'âme une vague de charme, car elles étaient chaleureuses, propres à se ressourcer et à profiter de la nature. Le ressac apaisant des vagues offrait en cet instant des pieds mouillés à la rouquine avec un massage des chevilles offert par la marée. Elle se gorgea de l'air marin et de la paix qui l'entourait.
Puis, elle se retrouva dans le village côtier considéré comme le plus village d'Irlande. Il n'était pas sorcier de comprendre pourquoi. Kinsale, dans le comté de Cork, était un véritable bijou : maisons colorées, rues pavées, port animé. Un paradis pour les amateurs de bonne cuisine !
A peine eut-elle reconnu l'endroit, qu'elle fut transportée à Dingle, dans le comté de Kerry. Elle reconnut les paysages spectaculaires et les pubs traditionnels... Puis, Kenmare, dans le comté de Kerry, offrit ses boutiques artisanales à son œil, lui rappelant un peu Pré-au-Lard, le village célèbre à côté de Poudlard. Elle rentra dans un café accueillant et y prit une tasse de thé.
Sans vraiment comprendre comment, se succédèrent ensuite à la vitesse d'un lancer de sort avec une baguette, Howth dans le comté de Dublin, ce village particulièrement apprécié des locaux avec son port de pêche animé ; puis Cong, dans le comté de Mayo, au cœur du Connemara, dont Eileen reconnu sans mal l'abbaye du XIIème siècle ; Adare, dans le comté de Limerick avec ses maisons aux toits de chaume et son architecture traditionnelle irlandaise...
Elle finit son voyage à Clifden, dans le comté de Galway, la capitale du Connemara, qui offrait à la visiteuse qu'elle était une riche culture gaélique. Elle atterrit en plein concert de musique traditionnelle tandis que les anciens discutaient dans la langue gaëlique avec des plus jeunes, qui allaient probablement à des cours de langue.
Puis, le rêve se finit là... La jeune fille se réveilla, requinquée à plus d'un titre par son sommeil.
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~ Halloween avant l'heure ~
Mercredi 20 octobre 2049
Morphée avait une fois de plus embarqué Eileen dans ses bagages et elle s'était retrouvée dans un pays extraordinaire qu'elle ne connaissait pas.
Au premier regard, elle imagina qu'elle était dans un endroit inconnu et même inexploré. Nulle trace de civilisation ou même de pas ne laissait penser qu'elle n'était pas seule au monde.
Les plantes étaient prolifiques, foisonnantes et dans les tons orangés. Car tout ce qui était naturellement vert chez nous était de la couleur du jus de citrouille de la demoiselle à son petit déjeuner habituel comme si la nature avait mangé une citrouille et en avait extrait une myriade de nuances. Les troncs, habituellement marrons, étaient ici noirs. Les fruits que la jeune fille voyaient tendaient sur la couleur rouge sang. Imaginez un tableau orange, noir et rouge face à vous sur les tons d'Halloween !
L'atmosphère lui-même semblait mystérieux, comme si l'étrange faisait partie de ce monde. Le bruit des animaux parvenait aux oreilles de l'irlandaise comme étouffés. C'était comme si elle avait des bouchons d'oreille qui l'empêchaient d'entendre clairement.
Elle tenta un pas face à elle et entendit un cri déchirant en provenance du sol. Les sons de la nature se turent alentours. Etait-ce de son fait ? Elle réitéra l'expérience et un nouveau cri se fit entendre. Elle marchait donc sur quelque chose qui souffrait lorsqu'elle avançait ? Risquait-elle quelque chose ? En tout cas, cette façon de progresser n'était pas du tout discrète.
Comment s'était-elle retrouvée là ? Elle semblait bien loin de Poudlard. Se sentant en danger, elle chercha sa baguette qu'elle trouva sans difficulté. Elle chercha à appeler sa magie mais rien ne vint. Aucun lien ! Son catalyseur restait comme un membre inerte dans sa main. Elle commença à paniquer.
Voulant se reprendre, elle rangea tremblotante sa baguette à sa place et se lança dans une série de respiration ventrale pour se calmer. Ce n'était pas le moment de perdre son sang-froid. Trois respirations plus tard, elle se sentait mieux.
Elle allait agir comme une moldue. Après tout, elle en avait été une pendant la majorité de sa vie. Elle allait pouvoir s'en sortir ! Elle savait comment faire n'est-ce pas ?!
Si debout, elle faisait jaillir des cris, peut-être qu'à quatre pattes, en répartissant le poids de son corps en 4 points au lieu de 2, ceux-ci seraient moins forts voire disparaitraient. Elle tenta l'expérience. Si cela ne fonctionnait pas, elle ne voyait qu'une solution : s'allonger et ramper mais elle ne se voyait pas faire cela au regard de la hauteur des herbes orangés qui cachaient elle ne savait quoi dans ce monde étrange, qui aurait pu probablement naitre d'un sort lancé par un sorcier. Après tout, la magie pouvait provoquer des illusions. Etait-elle dans la salle sur demande ? Dans ce cas, où pouvait être la porte ?
D'où elle était, elle ne voyait rien de spécial. Il fallait vraiment qu'elle bouge. Elle mit donc son plan à exécution et se mit à quatre pattes. Pendant ce déplacement, un mini cri s'échappa du sol, bien moins fort que les deux précédents. Cela soulagea l'irlandaise. Il semblait que son idée était la bonne.
Doucement, elle parvint à rejoindre un sol plus granuleux. Plus aucun son n'en sortait. Elle se releva, se retourna vers le sol qu'elle venait de quitter et découvrit deux yeux globuleux noirs d'environ un mètre de long avec des cils fabuleusement longs ainsi qu'un sourire immense et des dents pointues qui se dirigeaient vers elle.
Elle était sur le point de se faire avaler par cette bouche géante lorsqu'elle se réveilla en sursaut, bien à l'abri dans son lit.
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4A en P&O (options SaCM & runes) - Préfète inRP du 01/09/2049 au 16/04/2051 - - - - - #0f8011 - Ouverte aux propositions de RP