Je suis une île
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5ème année RP | #B31E35 | Vive Audrey Hall | membre de la boutique Magic in the Hair
Je suis une île
2020
Présents : Ailean Magkill et ses parents Fellana et Arthur Magkill
Présents : Ailean Magkill et ses parents Fellana et Arthur Magkill
La maison est simple d'apparence. De forme rectangulaire, la chaux blanche vient protéger la pierre grise. Le toit de chaume assombrit le tout. Si l'extérieur était entretenu, la maison ressemblerait à celles que l'on voit sur les catalogues de vacances en Ecosse. Mais ce n'est pas le cas. Le lierre l'enserre délicatement et l'herbe semble vouloir entrer dans la chaumière. A l'extérieur, l'on dirait une maison abandonnée, avec sa peinture abîmée laissant apparaître les pierres à certains endroits et le toit pas complètement étanche. Les fenêtres ne laissent apparaître aucune lumière, la porte avec la peinture écaillée bleue marine semble scellée pour l'éternité. Un Moldu ne verrait rien qu'une ruine vieille comme le monde, et aurait cette étrange impression de n’avoir aucune envie de s’y approcher. Mais cela n'est qu'un sortilège permettant à la famille qui y vit d'être tranquille. Car les yeux d'un sorcier ou de n'importe quelle créature magique aperçoivent cette maison. Le portail qui permet d'y entrer est fait d'un bois trop pourri pour le toucher, c'est pourquoi il reste constamment ouvert. D'ailleurs, personne ne sait s'il ne tomberait pas en miette si on cherchait à le fermer...
L’élevage de Veaudlune est juste à côté de la maison. Le troupeau n’est pas grand, on compte environ une quinzaine d’animaux. Un espace leur a été aménagé, une sorte de grotte plongeant dans la terre où ils passent leur journée avant de sortir au lever de lune. Le seul Moldu qui habite sur l'île a tendance à raconter que d'étranges créatures apparaissent la nuit, mais les touristes mettent cela sur le compte de son grand âge et apprécient qu'on leur raconte des légendes.
Ici, la nature a tous les droits. Elle ne cherche pourtant pas à chasser les sorciers, et les oiseaux réveillent toujours avec plaisir la famille. De nombreux oiseaux migrateurs connaissent cet endroit et reviennent chaque année. Ils viennent saluer Fellana qui s'est toujours entendue avec eux puis s'envolent vers le reste de l'île. Le faible soleil d’Écosse ne parvient pas souvent à dissiper le faible brouillard qui semble persister chaque jour. Nous ne sommes pas loin de l'eau, l'air est salé et humide et frise les cheveux roux d'Ailean.
Il suffit de passer la porte pour changer complètement d'univers. L'intérieur est plus grand que l'extérieur, mais semble presque aussi vieux. Les meubles croulent sous une immensité de bibelots sans valeur, le sol de pierre est réchauffé par des tapis aux tons chauds tous abîmés. Le mobilier est là depuis toujours semble-t-il, autant le meuble à potions que la longue table abîmée. Rien n'est neuf, et Arthur s'occupe de tout réparer. Ils ne pourraient s'offrir de nouveaux meubles, déjà qu'Arthur économise pour s'acheter une baguette, la sienne ayant été brisée sous les sabots d'un Veaudelune. Ce dernier avait fait un saut de plusieurs mètre à l'impact de la magie mais s'en était sorti sans trop d’égratignure. C'était Ailean qui l'avait soigné.
Depuis, Arthur est grincheux, bien plus que d'habitude. Il laisse à Ailean la charge de s'occuper de l'élevage de Veaudelunes, tandis qu'il passe son temps libre à réparer la maison. Il avait prévu d'agrandir d'une nouvelle chambre, mais sans baguette il faut remettre ce projet à plus tard. Fellana ne peut comprendre ce qu'il ressent, elle n'a jamais eu de pouvoir. Elle l'aide pourtant en préparant des potions censées lui remonter le moral.
A l'intérieur de la maison, le feu brûle constamment dans la cheminée, Fellana y fait attention. Mais pourtant, l'atmosphère n'est pas souvent à la fête. La famille est bien silencieuse et rare sont les rires que l'on peut entendre. Ailean y est habitué. Il n'a jamais connu autre chose. Ses pensées sont si bruyantes qu'elles éliminent toute sorte de silence lorsqu'il travaille dehors. Dans la maison, le poste de radio sorcière est posé sur le plan de travail de la cuisine, et est constamment allumé. Mais Fellana tient à ce que le son reste au minimum, elle n'aime pas le bruit inutile.
Un escalier donne accès aux chambres. Seulement deux sont utilisées, les autres restent vides en attendant. En attendant quoi ? Personne n'a la réponse.
Dernière modification par Clar Magkill le 12 déc. 2025, 15:38, modifié 5 fois.
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Je suis une île
11/03/2031
Présents : Sophie Fouquet, Ailean et ses parents Fellana et Arthur Magkill
Présents : Sophie Fouquet, Ailean et ses parents Fellana et Arthur Magkill
« -Fais comme chez toi, je reviens. »
Ailean n'aurait pas pu prévoir ça. Que Sophie se ramène sans crier gare, oh non il ne l'avait jamais prévu. Il pensait que leur relation resterait au point de départ, qu'il continuerait de lui envoyer des lettres à en tuer son hibou. A ce moment même, il repensait à toutes les stupidités qu'il avait pu écrire, à tous ces problèmes qu'il lui avait décrit et qui maintenant semblaient inintéressants.
Pour couronner le tout, il était occupé à faire un tas de crottes de Veaudelune lorsqu'elle était arrivée. Toute jolie, avec ses cheveux bleus et sa robe printanière. Elle portait même les boucles d'oreilles qu'il lui avaient offertes pour son anniversaire l'année dernière. D'ailleurs, il se rappelait de la difficulté qu'il avait eu pour économiser assez.
Elle avait sourit, un sourcil levé comme pour lui dire « Tu vois ? J't'avais dis que je viendrais » et Ailean était resté là, les bras ballants sans savoir comment réagir, avec son odeur qui aurait réveillé un mort. Son cœur battait si fort qu'il n'entendait plus que ça et Sophie était là, plus jolie que jamais, son léger sourire habituel aux bout des lèvres.
Arthur aussi l'avait vu et Ailean avait pu apercevoir son froncement de sourcils lorsqu'il regardait la robe moldue. Ailean l'avait prise par le bras pour l'emmener à la maison, elle avait glissé sa main dans la sienne et le cœur du jeune homme avait explosé.
Maintenant ils sont là, les deux assis sur le canapé d'une couleur passé, sans oser se regarder dans les yeux ou prononcer un seul mot. Ailean essaye de sentir s'il pue toujours autant et Fellana est là, à les regarder tous deux. Sophie se lève alors, et de sa voix assurée dit :
« -Je suis ravie de vous rencontrer, Ailean m'a beaucoup parlé de vous !
-Asseyez-vous. »
La voix de Fellana est plus froide que d'habitude. Cinglante, comme pour couper en morceau la volonté de Sophie. Ailean lève les yeux vers sa mère. Elle n'a pas l'air d'apprécier l'accent français de Sophie, ses cheveux bleus ou ses vêtements moldus. En fait, elle n'a l'air de ne rien apprécier.
Arthur passe la porte, et Fellana accoure vers lui.
-Dè a tha sinn a ’dol a dhèanamh?
« Qu'allons-nous faire ? » Ailean soupire. C'est une bonne question. Sophie lui jette un regard, il l'intercepte et comprend qu'elle devine ce qu'il se dit. Les vieux continuent de parler quelques minutes, Ailean n'ose faire un geste. Il n'a jamais entendu ses parents parler autant, d'un air aussi empressé. Sophie attrape sa main, il la serre mais ne lui jette un regard. Il n'arrive pas à réfléchir correctement avec elle à ses côtés. Cela lui semble trop irréaliste, trop soudain. Encore hier, il rêvait qu'elle soit là, il rêvait de lui parler, de l'embrasser et lui faire comprendre que depuis deux ans il ne faisait qu'attendre ses lettres.
**
Sophie n'en menait pas large. Elle avait imaginé plusieurs fois ce moment, Ailean lui souriant alors qu'elle arrivait. Elle n'avait pas pensé qu'il aurait les bottes pleines de crottins de Veaudelune, que l'herbe serait si humide du temps écossais qu'elle ruinerait ses bottines. Elle n'avait pas prévu tout ce stress pour arriver en Portoloin sur l'île, qu'elle avait faillit arriver en retard. Mais cela, encore, elle pouvait y faire facilement abstraction. De toute façon, elle serait prête à tant de choses pour Ailean !
Non, ce qui la chamboulait en ce moment même, c'était la conversation en gaélique dont elle ne comprenait pas un seul mot, mais dont elle ressentait la colère. Sophie regrettait alors de s'être habillée de cette façon, et de ne pas avoir prévenu de sa visite. Elle avait pensé qu'une surprise serait bien plus agréable, et qu'elle pourrait voir la réaction d'Ailean.
-Je suis désolée.
Ailean ancra son doux regard brun sur elle et elle se sentit fondre. Qu'est-ce qu'il était beau avec sa barbe naissante ! Il lui semblait que cela faisait mille ans qu'ils ne s'étaient pas retrouvés face à face et elle aurait voulu qu'il n'y ait pas ses parents.
-Ne t'inquiète pas. C'est juste... qu'ils n'aiment pas les surprises.
Sophie ferma les yeux d'embarras. Avec toutes les lettres qu'ils s'étaient échangés, pourquoi n'avait-elle pas prévu cela ? Le roux serra un peu plus la main de Sophie, et elle ouvrit un œil pour étudier son visage. Comme souvent, il ne souriait pas mais la jeune femme savait que ce n'était pas toujours signe qu'il n'allait pas bien. C'était plutôt ces sourcils froncés qui l'inquiétait. Il lui lâcha alors la main, se leva et alla prendre part à la conversation qui était en place. Sophie essayait de ne pas faire d'hypothèses hâtives. Peut-être que ses parents n'était pas si énervés que cela ?
Dernière modification par Clar Magkill le 11 nov. 2025, 17:45, modifié 2 fois.
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Je suis une île
Sophie pliait et repliait la lettre, cette fameuse lettre qui lui avait donné l'envie de rejoindre Ailean pour de bon. Il lui avait fallu quelques mois pour trouver le courage, s'organiser et enfin venir réellement. Mais maintenant qu'elle était là elle essayait tant bien que mal de ne pas regretter son geste.Hier j'ai rêvé que je te retrouvais. Tu étais la même que lors de notre rencontre, absolument magnifique, tu avais toujours ce bleu dans tes cheveux et ce petit sourire au coin des lèvres. Tu portais ta jolie robe violette. Moi, j'étais en costume de clown et mes chaussures trop grandes me faisaient trébucher à chaque pas. Nous étions de nouveau dans ce bar d'Edinburgh et j'essayais d'attirer ton attention, mais tu étais en pleine conversation avec un groupe de personnes qui te faisaient rire. Et j'essayais d'attirer ton attention mais tu ne te tournais jamais. Et puis à un moment, j'ai hurlé et tu t'es retourné, et tu m'as lancé le plus beau sourire de la Terre entière.
Ma douce Sophie, 15/12/2030
Je pense à toi constamment, Sophie. Je sais que c'est ridicule de le dire alors que je t'ai vu seulement 2 jours avant que nous nous séparerions, mais je suis fou de toi. Je me rappelle de ton rire, et j'attends impatiemment de l'entendre.
Chaque jour, j'espère qu'une lettre de toi est arrivée. Notre hibou va bientôt mourir à force de faire le trajet et je m'en voudrais mais je n'arrive pas à arrêter de t'écrire. Tu es la meilleure chose qui me soit arrivée et j'espère te serrer dans mes bras une nouvelle fois. [...]
Aujourd'hui, ma mère a allumé une nouvelle bougie pour Yule. A peine 10 minutes après, cet oiseau de malheur a foncé à l'intérieur de la maison par la fenêtre ouverte et a atterri pile sur la bougie allumée. J'ai cru qu'il allait prendre feu, j'ai eu la frousse de ma vie. Heureusement, plus de peur que de mal et il a juste le bout des plumes roussi. Mais je te jure, je n'ai jamais rencontré un hibou aussi maladroit...
Moi de mon côté, je travaille. Ca me change totalement de Poudlard et j'en viens à regretter ce château humide ! Mes parents ne seraient pas contents si je leur avouais que j'aurais aimé continuer mes études, mais à toi je peux le dire. Heureusement, la motivation d'aider ma famille est plus forte que tout, alors je ne me plains pas. La vie n'est pas si dure, tu sais. [...]
Au fait, un Veaudelune est né il y a quelques jours ! Il est adorable, j'aimerais que tu puisses le voir. [...]
Je te laisse, la nuit est déjà bien avancé et j'ai encore du travail à faire.
Je t'embrasse,
Ton dévoué Ailean.
Elle se trouvait actuellement dans la chambre d'Ailean, tandis que lui et ses parents discutaient au rez-de-chaussée. Sophie rangea la lettre dans sa poche de veste, et commença à arpenter la petite chambre, essayant d'en apprendre plus sur l'homme dont elle était tombée amoureuse.
La chambre était modeste et peu décorée. Le mobilier était vieux, mais on apercevait à certains endroits la personnalité d'Ailean qui faisait surface. Une peinture était affichée au dessus de son lit, représentant un ciel étoilé avec une météorite crevant l'espace, laissant une traînée bleue derrière elle. Sophie devina que c'était le roux qui l'avait peinte, elle se souvenait qu'il lui en avait parlé. Un fanion de Quidditch était accroché à côté, soutenant l'équipe "Les Pies de Montrose". Si elle avait ouvert le tiroir de la table de nuit, elle aurait trouvé ses lettres qu'Ailean conservait précieusement.
Quelqu'un toqua à la porte et Ailean entra doucement. Sophie fronça les sourcils, toute la tristesse du moment lui tombant sur les épaules et courut dans les bras du jeune homme. Ailean la serra fort et Sophie souffla, son visage caché dans sa poitrine :
-Je suis désolée...
-Arrête de t'excuser.
L'accent écossais d'Ailean rendait ses mots plus durs, mais Sophie avait assez voyagé en Ecosse pour savoir qu'il n'était pas énervé.
-S'ils le veulent vraiment, je pars. Je veux pas m'immiscer entre toi et tes parents.
Elle leva le visage pour rencontrer le regard d'Ailean.
-Qu'est-ce que tu fais ici ?
Il avait murmuré ces quelques mots, comme s'il n'osait pas les dire à voix haute. Sophie sourit tristement, et lui dit la vérité.
-Je t'aime Ailean. Je veux être près de toi.
-Tu n'as pas fini de voyager. Tu as tant à découvrir. Ne gâche pas cette opportunité pour te retrouver enfermé ici sur cette île. Tu mérites bien plus.
Sophie fronça les sourcils, confuse et Ailean se pencha pour déposer un doux baiser sur ses lèvres.
-Voyager c'est bien, mais je ne supporte plus de ne pas te voir...
796 mots
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Je suis une île
Les papillons dans son ventre s'étaient réveillés après plusieurs mois de silence. Avoir Sophie dans ses bras, c'était totalement irréel. Ailean ouvrait grand les yeux pour ne rien louper. Les quelques discrètes tâches de rousseur sur ses joues, ses yeux bleus si doux, si doux, et son sourire qui le transportait sur une autre planète. Il mesurait la chance qu'il avait d'avoir Sophie dans sa vie, mais se retrouvait totalement démuni face à la situation dans laquelle ils se trouvaient maintenant.
Sophie voulait rester ici, à Sanda Island. Sophie la grande voyageuse, qui depuis qu'elle avait fini sa scolarité se promenait de ville en ville dans toute l'Europe, voulait poser ses valises ici, pour un temps non défini. Elle était trop jeune pour gâcher sa vie de rêve avec lui. Mais en même temps, peut-être le voulait-elle vraiment ? Ailean avait du mal à y croire. Il se souvenait trop bien du ton on ne peut plus enjoué de Sophie dans ses lettres quand elle lui racontait ses aventures.
Etait-il égoïste d'accepter le choix de Sophie sans plus essayer de la convaincre de continuer à voyager ? Ils étaient jeunes, ils avaient le temps de se retrouver. Mais le roux était si heureux de l'avoir là, près de lui...
-Viens, mes parents nous attendent.
Il avait eu une discussion compliquée avec ses parents. Devoir leur expliquer qu'il correspondait avec une femme depuis pratiquement deux ans n'avait pas été chose facile. Ses parents étaient, comment dire, vieux jeu et n'avaient pas été ravis d'apprendre que leur fils discutait avec une française dans leurs dos.
Ensuite, Ailean avait dû leur annoncer que Sophie souhaitait rester ici, avec lui, avec eux. De leurs points de vue, c'était impensable ! Ils n'approuvaient pas cette union, alors pourquoi accepteraient-ils que Sophie déménage ici ?
Ailean prit la main de Sophie dans la sienne et les deux amoureux descendirent les escaliers pour rejoindre le salon, où Fellana tricotait nerveusement et Arthur fumait sa pipe l'air renfrogné. Les deux s'arrêtèrent dans leurs activités quand ils les entendirent arriver. Ailean patienta un peu pour voir s'ils n'avaient pas quelque chose à dire. Il était habitué aux silences de ses parents.
-Je voulais m'excuser d'être arrivée comme ça, sans prévenir. Et sans vous demander votre avis.
L'accent français de Sophie fit grimacer Fellana.
-C'était stupide de ma part de venir comme ça.
Toujours le silence en réponse sans compter les bruit des aiguilles de tricot. Fellana avait recommencé à tricoter comme si de rien n'était mais un oeil avisé verrait que ses mailles étaient mal réalisées.
-Je partirai dès qu-
-Non.
La voix d'Ailean était déterminée. Arthur fixa son regard sur son fils, attendant de voir ce qu'il avait à dire. Ailean pouvait presque voir un sourire s'étirer sur ses lèvres, mais peut-être était-ce son imagination...
-Cette maison est aussi la mienne. Et je veux que Sophie reste. Vous avez le droit d'être énervés, mais vous devez respecter cela.
Son cœur battait à tout allure. Il n'arrivait pas à se souvenir de la première fois qu'il avait fait ça, être aussi directif contre ses parents. Ailean était tellement habitué à suivre leurs souhaits. Ses mains étaient moites de stress mais Sophie tenait toujours sa main dans la sienne en signe de soutien.
-Très bien.
La voix bourrue d'Arthur résonna dans la pièce et Fellana tourna vers lui des yeux agrandis par la surprise. Ailean soupira de contentement. Son père avait toujours eu un cœur plus tendre que celui de sa mère.
-Elle peut prendre la chambre d'ami.
Ailean lui sourit en reconnaissance mais Arthur avait déjà plongé son regard sur la cheminée qui réchauffait le salon à l'ambiance glaciale.
-Merci beaucoup, je suis très reconnaissante.
Fellana ne dit rien. Elle se leva sans un regard pour Sophie et s'enferma dans la cuisine. La pilule serait plus difficile à passer pour elle, mais Ailean espérait vraiment qu'elle arrive à accepter Sophie. Il est vrai qu'elle était tellement différente d'eux : française, en habits de Moldus, avec des cheveux bleus, ... Mais Ailean voulait croire que sa mère était capable d'ouvrir les yeux, au moins pour lui.
686 mots
Sophie voulait rester ici, à Sanda Island. Sophie la grande voyageuse, qui depuis qu'elle avait fini sa scolarité se promenait de ville en ville dans toute l'Europe, voulait poser ses valises ici, pour un temps non défini. Elle était trop jeune pour gâcher sa vie de rêve avec lui. Mais en même temps, peut-être le voulait-elle vraiment ? Ailean avait du mal à y croire. Il se souvenait trop bien du ton on ne peut plus enjoué de Sophie dans ses lettres quand elle lui racontait ses aventures.
Etait-il égoïste d'accepter le choix de Sophie sans plus essayer de la convaincre de continuer à voyager ? Ils étaient jeunes, ils avaient le temps de se retrouver. Mais le roux était si heureux de l'avoir là, près de lui...
-Viens, mes parents nous attendent.
Il avait eu une discussion compliquée avec ses parents. Devoir leur expliquer qu'il correspondait avec une femme depuis pratiquement deux ans n'avait pas été chose facile. Ses parents étaient, comment dire, vieux jeu et n'avaient pas été ravis d'apprendre que leur fils discutait avec une française dans leurs dos.
Ensuite, Ailean avait dû leur annoncer que Sophie souhaitait rester ici, avec lui, avec eux. De leurs points de vue, c'était impensable ! Ils n'approuvaient pas cette union, alors pourquoi accepteraient-ils que Sophie déménage ici ?
Ailean prit la main de Sophie dans la sienne et les deux amoureux descendirent les escaliers pour rejoindre le salon, où Fellana tricotait nerveusement et Arthur fumait sa pipe l'air renfrogné. Les deux s'arrêtèrent dans leurs activités quand ils les entendirent arriver. Ailean patienta un peu pour voir s'ils n'avaient pas quelque chose à dire. Il était habitué aux silences de ses parents.
-Je voulais m'excuser d'être arrivée comme ça, sans prévenir. Et sans vous demander votre avis.
L'accent français de Sophie fit grimacer Fellana.
-C'était stupide de ma part de venir comme ça.
Toujours le silence en réponse sans compter les bruit des aiguilles de tricot. Fellana avait recommencé à tricoter comme si de rien n'était mais un oeil avisé verrait que ses mailles étaient mal réalisées.
-Je partirai dès qu-
-Non.
La voix d'Ailean était déterminée. Arthur fixa son regard sur son fils, attendant de voir ce qu'il avait à dire. Ailean pouvait presque voir un sourire s'étirer sur ses lèvres, mais peut-être était-ce son imagination...
-Cette maison est aussi la mienne. Et je veux que Sophie reste. Vous avez le droit d'être énervés, mais vous devez respecter cela.
Son cœur battait à tout allure. Il n'arrivait pas à se souvenir de la première fois qu'il avait fait ça, être aussi directif contre ses parents. Ailean était tellement habitué à suivre leurs souhaits. Ses mains étaient moites de stress mais Sophie tenait toujours sa main dans la sienne en signe de soutien.
-Très bien.
La voix bourrue d'Arthur résonna dans la pièce et Fellana tourna vers lui des yeux agrandis par la surprise. Ailean soupira de contentement. Son père avait toujours eu un cœur plus tendre que celui de sa mère.
-Elle peut prendre la chambre d'ami.
Ailean lui sourit en reconnaissance mais Arthur avait déjà plongé son regard sur la cheminée qui réchauffait le salon à l'ambiance glaciale.
-Merci beaucoup, je suis très reconnaissante.
Fellana ne dit rien. Elle se leva sans un regard pour Sophie et s'enferma dans la cuisine. La pilule serait plus difficile à passer pour elle, mais Ailean espérait vraiment qu'elle arrive à accepter Sophie. Il est vrai qu'elle était tellement différente d'eux : française, en habits de Moldus, avec des cheveux bleus, ... Mais Ailean voulait croire que sa mère était capable d'ouvrir les yeux, au moins pour lui.
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Je suis une île
01/12/2034
Présents : Sophie Fouquet, Ailean et Fellana Magkill
Présents : Sophie Fouquet, Ailean et Fellana Magkill
Elle avait oublié cette sensation. Son ventre est rond comme un ballon prêt à exploser, ses jambes sont lourdes et elle va aux toilettes beaucoup trop de fois par jour. Et surtout, surtout, elle a des contractions absolument désagréables depuis une semaine.
Aujourd’hui, elle cuisine un peu. Elle n’en peut plus de rester assise à tricoter. L’idée de devoir répondre encore une fois à la terrible question « alors, ça avance ce pull ? » lui est insupportable. Alors elle cuisine. Elle aurait aimé aller se promener sur la lande écossaise pour passer le temps mais elle ne se sent pas de marcher plus de cinq minutes sans interruption.
Elle allume le poste de radio pour écouter la chaîne de radio sorcière. Elle augmente le volume et commence à préparer une tarte tatin. La chanson "Contre-sort" vient de sortir et Sophie l'adore alors elle se met à chanter. Un regain d'énergie la prend et elle sourit lorsqu'elle se rappelle que Fellana déteste ce genre de musique et qu'elle n'est pas loin, assise dans le canapé du salon.
Nuit d’éclipse, je brille en secret,
Ma baguette trace des mots discrets.
Un philtre doux coule sur ma peau,
J’ai des sorts plein les talons hauts.
Ma baguette trace des mots discrets.
Un philtre doux coule sur ma peau,
J’ai des sorts plein les talons hauts.
Elle prépare le caramel tout en se trémoussant sur la chanson autant qu'elle peut. D'un coup de baguette magique la cuillère commence à remuer le caramel.
Magie noire sur le dancefloor,
Fais tourner le monde encore plus fort.
Nos cœurs battent à contre-sort,
Sous les néons et les météores.
Oh-oh, regarde-moi léviter,
Entre le rêve et la vérité.
Fais tourner le monde encore plus fort.
Nos cœurs battent à contre-sort,
Sous les néons et les météores.
Oh-oh, regarde-moi léviter,
Entre le rêve et la vérité.
Elle coupe les pommes, chantant de plus en plus fort.
Verre d’élixir, regards en feu,
Ton aura joue avec mes vœux.
Nos ombres glissent sur les miroirs,
Et tout s’enflamme dans le noir.
Ton aura joue avec mes vœux.
Nos ombres glissent sur les miroirs,
Et tout s’enflamme dans le noir.
On arrive au pont de la chanson, le moment préféré de Sophie. Elle fait une pause dans le découpage et utilise un ustensile en guise de micro, les yeux fermés.
-Et si demain tout disparaît - On dira que c’était parfait - Un sort, un mot, un corps à corps - ON S'EFFACE MAIS ON LAISSE L'OR !
La chanson finit bientôt alors elle donne ses dernières réserves d'énergie pour le refrain.
-Magie noire sur le dancefloor - Fais tourner le monde encore plus fort - Nos cœurs battent à contre-sort - Sous les néons et les météores - Oh-oh OOOOOOOOH
Une vive douleur lui prend alors au ventre et elle se plie en deux sans pouvoir faire autre chose que grimacer alors que la chanson se termine. Petit à petit, la douleur diminue et elle peut recommencer à respirer. Fellana, sa belle-mère arrive alors en courant.
-Wouah, elle m'a défoncée celle-là*
Sophie tourne son regard vers la femme qu'elle déteste et malgré l'animosité, une compréhension mutuelle se dessine. D'un pas rapide, Fellana se dirige vers la porte d'entrée pour aller chercher Ailean.
Quelques minutes passent et une nouvelle contraction prend Sophie, toujours aussi forte. Ailean ne tarde pas à arriver en courant encore dans son habit de travail.
-Mo chridhe1 c'est reparti je crois bien... Mais attendons un peu, tu veux ?
Ailean sourit légèrement en se souvenant du premier accouchement. Sophie avait souffert pendant de nombreuses heures et le gynécomage présent n'avait pas été très présent pour la soutenir. Heureusement, l'accouchement des jumeaux s'était bien passé. Cette fois-là, une sage-femme sorcière serait présente.
Pendant deux heures, Sophie reste avec Ailean pour voir si le travail a bien commencé, comme la sage-femme lui a expliqué. Les contractions sont de plus en plus douloureuses, et au bout d'un moment, Sophie souffle à Ailean :
-On y va.
Ailean hoche la tête et va chercher sa mère pour lui annoncer qu'ils partent pour Sainte-Mangouste. Sophie aurait bien aimé accoucher à domicile, mais le fait d'habiter à Sanda Island rendait l'organisation compliqué. Elle insiste pour monter à l'étage embrasser Malcolm et Fillan avant de partir. Ailean prend les affaires, empoigne sa femme et prend une poignée de poudre de Cheminette. Les deux s'installent dans l'âtre. Au dernier moment, Sophie se tourne vers Ailean pour l'embrasser, soudainement un peu nerveuse. Il prend le temps de lui murmurer des mots d'encouragement, les yeux remplis d'amour et une petite bulle de tranquillité s'installe autour d'eux, au moins pour une seconde. Alors, d'une voix claire, il s'exclame :
-Hôpital de Sainte-Mangouste !
Et lance la poudre à leurs pieds. Fellana les regarde partir, et d'un murmure, leur souhaite :
-Sealbh math dhuibh2
Puis s'en va finir cette tarte tatin.
*en français dans le texte
1 : "mon cœur"
2 : "bonne chance"
747 mots
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Je suis une île
??
Elle courait depuis plusieurs minutes, les bras remplis de fleurs des champs. Le vent s'amusait à emmêler ses cheveux, défaisant progressivement les tresses que la mère avait fait, l'herbe lui chatouillait les chevilles.
Il lui fallait se dépêcher, les invités allaient bientôt arriver et elle devait encore mettre sa jolie robe qui lui grattait le cou et refaire sa coiffure.
Elle arriva enfin à la maison qui avait été décorée pour l'occasion. Le toit avait été réparé et paraissait presque neuf; la porte d'entrée avait été huilée. Clar avait fait la réflexion que la maison ressemblait maintenant à un manoir ce qui n'avait pas fait rire son père.
Clar et ses frères s'étaient chargés de la décoration. De nombreux bouquets de fleurs blanches et roses figées par magie pour garder leur beauté primaire embellissaient la petite maison.
Elle poussa le petit portail qui grinça légèrement, toute essoufflée. Elle sentait qu'elle n'avait plus beaucoup de temps.
Elle posa ses fleurs sur la grande table préparée dehors pour le repas. Sa mère l'aperçut et arriva, les mains sur les hanches et les sourcils froncés mais toujours un petit sourire au coin des lèvres. Clar savait très bien que sa mère ne s'énervait presque jamais. Elle ne s'en doutait pas, mais Sophie reconnaissait tellement de son caractère dans Clar qu'elle n'arrivait pas à la gronder. Elle connaissait trop son besoin de liberté.
-Clar... Tu es toute décoiffée. Où est ta tenue ?
-Mais il me fallait des fleurs pour mes cheveux ! Pour aller avec ma robe !
Sophie ne parut pas impressionnée et l'envoya à l'intérieur.
-Et dépêche toi s'il te plaît !
La brune récupéra ses fleurs puis courut dans sa petite chambre en montant les marches deux par deux. Elle les posa sur son lit et s'assit devant le bout de son miroir posé sur le sol. Son cœur battait fort dû à sa course. Elle se força à ralentir sa respiration. Ses tresses devaient être aussi parfaites que celle que sa mère avait fait, pour ne pas l'inquiéter encore plus.
Ses doigts jouaient avec ses cheveux, et elle ajouta à la fin quelques fleurs. Maintenant, elle ressemblait à une jolie fée de la nature comme on pouvait en voir dans les livres Moldus.
Elle enfila sans attendre sa robe, qui avait une couleur rose pâle, des jolis plantes brodées et de la dentelle sur chaque bord. Mais celle au niveau du cou la grattait dès qu'elle portait le vêtement plus de cinq minutes. La sorcière réajusta la ceinture, tourna plusieurs fois sur elle-même, appréciant l'image qu'elle voyait dans le miroir.
Elle baissa les yeux, et réalisa, horrifiée, que ses seules chaussettes blanches présentables étaient maintenant souillées de terre.
-Merlin...
Elle s'empara d'un vieux chiffon qui traînait inexplicablement dans sa chambre et frotta ses nouvelles chaussures pour chasser la terre humide. Mais pour ces chaussettes, elle ne voyait d'explication.
Clar se brossa les cheveux, et les tressa à une vitesse folle, les accompagnant de quelques fleurs qu'elle coinça à différents endroits. Elle ne prit même pas le temps d'observer son travail dans le miroir et sortit de sa chambre, courant dans les escaliers à la recherche de son père. Elle ne pouvait décemment pas retourner voir sa mère, donc son père était son dernier espoir.
Elle le trouva dehors dans le jardin, assis. Il semblait perdu dans ses pensées, et Clar s'inquiéta alors. Elle s'approcha de lui et posa une main sur son avant-bras, le visage soucieux :
-Oh non papa, me dis pas que tu veux plus épouser maman !
Ailean la regarda alors avec des yeux ronds et les quelques secondes de silence furent une torture pour la fille. Il éclata alors de rire, et Clar fut rassurée. Elle soupira de contentement et le prit dans ses bras en disant :
-Tu m'as fait peur papa.
Il posa une main douce sur ses cheveux en lui disant :
-C'est la seule chose dont je suis sûre Sìthiche.
Elle leva la tête en fronçant les sourcils et il se reprit avec un sourire :
-La deuxième chose, évidemment.
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