Terminé Ces sentiments-là PV

Un immense sourire s’affiche sur le visage de Zakary lorsque Maddison accepte de jouer le jeu. Un sourire comme seul peut en avoir une personne au sang remplit d’alcool : les dents en avant, les lèvres retroussées sous la force de la grimace et les yeux brillants comme l’éclat d’un diamant. Ayant des années d’expérience derrière lui, l’homme sait bien que l’euphorie qu’il ressent soudainement, le bonheur qui monte dans son coeur, l’excitation provenant de la certitude d’être en train de faire quelque chose de profondément idiot et immature, tout cela lui vient de l’alcool qu’il a ingéré. Malgré tout, c’est un sorcier trop sincère pour se laisser totalement influencer par une boisson : certes, son inhibition provient du fond de son verre mais son bonheur, lui, est bien réel. Les dernières semaines passées à se demander ce que pouvait bien avoir sur le coeur cette femme qui est redevenue une amie proche pèsent encore sur ses épaules. Il ressent un soulagement indécent à être là ce soir avec elle, les tensions effacées, ou presque. Profiter de sa présence, de ses sourires, de son caractère affirmé, de son humour semblable au sien. Il a envie de faire durer la soirée, de ne jamais la voir toucher à sa fin. Et si demain tout changeait ? Il préfère se concentrer sur ce soir et évacuer dans ses immenses sourires toute la crainte qui l’a tenaillé ces dernières semaines.

Zakary laisse un gloussement lui secouer les épaules en voyant Maddison sortir sa baguette.

« Trop bien ! s’exclame-t-il de sa voix trébuchante. Tu vas faire des micra… Miracles ! »

Il la connaît suffisamment pour savoir qu’elle donnera tout ce qu’elle a, même si elle est fatiguée de sa journée et qu’elle a bu. Alors Zakary s’installe plus confortablement, les bras croisés devant lui, le menton posé dessus, le regard braqué vers le verre victime de leur jeu d’enfants. Il ne manque rien du spectacle : le verre qui s’élève dans les airs, qui traverse la table, qui se positionne au-dessus de la bouteille… N’importe qui, imbibé d’alcool ou non, se serait rendu compte à ce moment-là qu'une catastrophe allait arriver. Le verre est trop lourd, la bouteille trop vide et évidemment, l'inconnue attablée près d'eux beaucoup trop proche du drame à venir. Mais Zakary a toujours aimé le chaos joyeux, celui qui ne blesse personne, qui met de l’ambiance, qui fait rire et sourire, alors, loin d’être craintif, il ouvre grand les yeux lorsque le verre s’approche tout doucement du goulot.

Évidemment en une fraction de seconde tout dérape : le bruit du verre qui se casse fait sursauter Zakary qui se redresse subitement. Comme un enfant pris en faute, sa main vient se plaquer sur ses lèvres. À l’instant même où son regard croise celui de Maddison et qu’il aperçoit la commissure de ses lèvres frémir, le sorcier sait qu’il ne pourra pas retenir le fou-rire qui monte en lui avec la force d’un tsunami. Il pouffe derrière sa main avant d’éclater d’un rire bruyant qu’il s’empresse de camoufler — en vain.

Partager un fou-rire avec une personne que l’on aime est la forme la plus pure du bonheur. Entre les regards qui se frôlent, aggravant l’hilarité, et le plaisir de voir l’autre rire aux larmes, c’est comme si un canal reliait les deux acteurs du fou-rire pour faire circuler une joie impossible à refuser. Le bras de Zakary s’enroule autour de son ventre douloureux et il met toute sa force pour contenir son éclat et pouvoir écouter ce que lui dit son amie.

« J’étais sûr que tu allais y arriver ! lui souffle-t-il avec un grand sourire sur le même ton qu’elle, penché par-dessus la table comme pour partager un secret. Tu l’as même pas réveillée, c’est incroyable… »

Son regard se tourne vers la sorcière avachie qui, loin d’être dérangée par leur hilarité et le bruit du verre cassé, redresse la bouteille comme si elle était coupable de l’avoir fait tomber. Zakary lance un sourire ahuri à Maddison et mime sur ses lèvres, sans prononcer le moindre mot, une phrase qu’elle comprendra certainement : « Elle est complètement morte ! »

Lorsque le verre s’est brisé, le bruit de la pièce principale du Chaudron Baveur a légèrement diminué, les regards se sont tournés vers eux, certains mécontents, d’autres amusés. Insensible à tout cela, Zakary, incapable d’effacer de ses lèvres le sourire amusé qui semble s’y être définitivement installé, sort sa baguette magique. Il sait que faire de la magie lorsqu’on a bu de l’alcool est la pire idée possible, à la fois bête et dangereuse, mais il pense avoir suffisamment de contrôle sur lui-même pour réparer ce verre. Loin de lui l’idée de laisser qui que ce soit d’autre le faire à sa place : après tout, c’est lui qui a eu cette idée enfantine ! Il doit s’y reprendre à deux fois avant de réussir à prononcer la formule adéquate, mais il y parvient finalement et le verre retrouve sa place d’origine.

Puis il se tourne vers Maddison, laquelle semble rayonner de fierté. À moins qu’elle ne soit juste heureuse d’avoir fait cette bêtise digne d’une gamine de quinze ans ? Peu importe, Zakary adore voir cette expression sur son visage.

« Et bien… Je pourrais être sévère et di-dire que t’as pas réussi, baragouine-t-il en s’avachissant toujours plus sur son banc, mais t’as quand même touché l’goulot alors j’t’accorde la victoire. J’suis magma-nime, hein ? Magmanime. Magmanime ? Magnia-gnianime ! » Il glousse derrière son verre. « Merlin, pourquoi j’utilise des mots aussi compliqués maintenant ? »

Terminé Ces sentiments-là PV
La joie que ressent en ce moment Maddison est indescriptible : elle n'a pas vécu beaucoup de moments dans sa vie durant lesquels elle pouvait dire qu'elle se sentait si heureuse, où le bonheur envahissait tout son corps. Ses yeux pétillaient, tant à cause de l'alcool qu'à cause de sa bêtise, et elle ne pensait ni au lendemain, mais encore moins à la journée qu'elle a eue avant d'arriver au Chaudron Baveur. Elle est bien, dans le moment présent.

Zakary place un peu trop d'espoirs en elle mais cela fait sourire la blonde. Elle se sent soutenue par son ami avec qui elle est contente de passer sa soirée et est heureuse de le voir comme un pilier dans sa vie.


- Tu en étais... sûr, vraiment ? répond-elle, presque hilare. Oh mais c'est vrai ça, comment c'est possible ?

En même temps que son ami, la blonde se tourne pour observer la femme, avant de poser à nouveau son regard sur Zak pour comprendre ce qu'il veut lui dire, sans un bruit. Elle hoche alors la tête frénétiquement, avant de commencer à rire sans savoir s'arrêter. L'Ecossaise avait bien compris qu'on les observait après cet incident, mais elle s'en moquait tout autant que son acolyte.

Elle le laisse ensuite réparer le verre brisé, ne croyant plus vraiment en ses capacités au vu de son état. Si elle a tout d'abord été potionniste, ce n'est pas pour rien et ce, même si elle peut se débrouiller avec sa baguette, bien évidemment. Cependant, après quelques verres, il ne faut pas trop rêver non plus.

Maddison pose ensuite son coude sur la table pour soutenir sa tête, très intéressée par le verdict de son ami. Elle ne peut s'empêcher d'esquisser un large sourire en apprenant qu'il lui accorde la victoire, avant de partir en fou rire en le voyant buter sur un mot.


- J'en... j'en ai aucune idée, répond-elle avec difficulté, tant il est impossible pour elle de s'arrêter de glousser. En tout cas, je suis contente que tu m'accordes la victoire, merci pour ta... non, je ne vais pas essayer de prononcer ce mot trop compliqué.

Après quelques instants, la jeune femme arrive à se contrôler et à prendre un air plus sérieux.

- Eh bien, maintenant que cette question est réglée, est-ce qu'on ne se dirigerait pas vers le comptoir pour demander une chambre ?

La blonde appréciait vraiment ce moment avec Zakary mais toute bonne chose a une fin, d'autant plus lorsque la fatigue commence à pointer le bout de son nez. Il faut aussi dire que, si elle ne veut pas s'en vouloir le lendemain, quelques heures de sommeil seraient la moindre des choses pour tenir durant sa journée de travail à venir.

34 ans Fiche PNJ #743403
Poufsouffle 2028 - 2035 IMSM 2035 - 2038

Terminé Ces sentiments-là PV
Incapable de s'arrêter de glousser, Zakary se contente d'acquiescer aux paroles de Maddison. S'il pince furieusement les lèvres, les doigts crispés autour de son verre, c'est pour s'empêcher d'essayer encore une fois de prononcer le mot compliqué qui lui donne du fil à retordre. En temps normal, il ne se serait pas gêné pour le faire, pour faire durer le moment pendant de longues minutes, même si ça le rendait ridicule et que ce n'était pas forcément indiqué pour un homme dans la trentaine. Mais il faut dire que jamais Zakary n'a été préoccupé par les choses "indiquées" ou les "il faut" ; il a toujours vécu sa vie comme il le le souhaitait, sans faire fi du regard des autres. Mais aujourd'hui le regard qui est face à lui est celui de Maddison Nash, et elle retrouve tout à coup un sérieux qui semble dire : "peut-être que la soirée devrait s'arrêter là", ce que confirme aussitôt ses paroles.

Un léger sourire étire les lèvres du sorcier. Léger, peut-être, mais pas moins hanté ; impossible de ne pas se demander à ce moment-là de la soirée si cette soudaine envie d'aller se coucher est due à leur conversation d'il y a quelques heures ou si ce n'est que le besoin d'être en forme le lendemain. Puisqu'il n'aime pas faire des suppositions, Zakary hoche légèrement la tête pour accepter la demande et plie la nuque en arrière pour finir le fond de son verre.

« C'est très, trèèès raisonnable, articule-t-il difficilement d'une voix pâteuse. T'as toujours été plus raisonnable que moi. »

Les mains plaquées sur la table, il pousse sur ses bras pour réussir à se redresser. Il s'immobilise un instant le temps que la pièce cesse de tourner. Zakary émet encore un gloussement idiot en jetant un coup d’œil complice à sa vieille comparse.

Une fois stable, il s'avance en direction du comptoir, en quête d'une chambre avec deux lits, si possible, ou n'importe quoi d'autre qui pourrait permettre à l'un d'eux de ne pas dormir par terre — ou ne pas dormir ensemble, car cela serait drôlement étrange dans cette situation (encore un détail qui l'attriste, persuadé qu'il y a quelques mois ils ne se seraient même pas posés la question ; ou peut-être que si ? ils ne le sauront jamais). Les pièces pour payer la chambre sortent de sa poche, mais le sorcier n'oublie pas la demande de Maddison à laquelle elle semblait réellement tenir. Il profite du moment où la personne derrière le comptoir leur tourne le dos pour aller chercher leur clé pour lui chuchoter :

« Ouiii, je sais, tu as gagné le défi, on fait moit-moit. »

Derrière l'amusement qui est bien réel et certainement pas surjoué, l'inquiétude est encore là. Zakary se demande quel impact aura les aveux de Maddison sur leur relation. Il questionne son propre comportement et se demande s'il a été là de la bonne manière pour elle, s'il a pu la rassurer, la soulager. Plus tard, bien plus tard, il posera un regard neuf sur cette affaire, et sur Maddison, et se demandera ce que serait devenue sa vie s'il n'avait pas eu Lounis et surtout, si Mad avait été du genre à penser les relations hors du schéma commun.

En attendant, clé en main, c'est le moment de se diriger vers les étages, leur chambre et un sommeil bien réparateur pour ne pas être déphasés pour leur journée de travail du lendemain.

C'est certainement une fin ! J'ai beaucoup aimé écrire Zakary avec toi, surtout dans une situation comme celle-ci. Merci pour ce RP !