Te regarder dans les yeux
Londres
Appartement des Davis
Dimanche 15 novembre 2048, 11h30
Reducio
- Votre PJ est présent ? oui
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ + utilisation "actif" ou "prétexte") : Hazuki DAVIS, mère - PNJ actif
- Lien vers la fiche du PNJ : ici
- Intérêt d'utiliser ce(s) PNJ dans ce RP précis pour votre PJ : développer la relation de Aki avec sa mère et écrire autour du deuil de son père

Aki se tenait devant la porte d’entrée de l’appartement dans lequel elle avait grandi, figée. Le bois usé du seuil lui semblait étrangement intimidant, pourtant elle avait passé cette porte tant de fois. Elle serra la hanse de son sac, tentant d’apaiser ses mains tremblantes, mais la moiteur de celles-ci l’empêchait de pouvoir la tenir fermement. Cela faisait un mois que son père était parti, emportant avec lui la seule force qui liait encore cette famille silencieuse. Depuis, elle n’avait fait qu’envoyer quelques lettres maladroites à sa mère, remplies de formules creuses, de phrases sans profondeur. La vérité, c’est qu’elle ne savait pas quoi dire. Que dire à cette femme, sa mère, qui venait de perdre l’amour de sa vie sans même pouvoir lui dire au revoir ? Que dire à cette femme avec qui parler avait toujours été si difficile ?
Comment pouvait-elle offrir du réconfort quand elle-même se sentait vide ? Et pourtant, elle le savait. Elle savait que derrière cette porte, sa mère, aussi fière soit elle, souffrait en silence. L’idée de l’affronter, de voir son visage marqué par la douleur, était insupportable.
Toujours face à cette porte de bois, la balafrée, immobile. Elle ferma les yeux un instant, puis se força à respirer profondément. Chaque respiration lui semblait si douloureuse, une bouffée d’air remplie d’épines lui taillant la gorge.
Dans sa famille maternelle on ne parle pas, on garde les émotions pour soi, et Aki incarnait parfaitement cette loi du silence. Elle non plus ne parlait pas, comme sa propre mère elle avait l’habitude de laisser ses douleurs gronder en elle. Mais peut-être que cette fois serait différente ? Peut-être que, sans dire un mot, elles pourraient se comprendre l’une et l’autre, dans ce silence familier.
La main de la sorcière se posa doucement sur la poignée. Elle se devait d’affronter ce qui devait l’être. Elle tourna lentement la clé, espérant que sa mère ne soit pas juste de l’autre côté.
Comment pouvait-elle offrir du réconfort quand elle-même se sentait vide ? Et pourtant, elle le savait. Elle savait que derrière cette porte, sa mère, aussi fière soit elle, souffrait en silence. L’idée de l’affronter, de voir son visage marqué par la douleur, était insupportable.
Toujours face à cette porte de bois, la balafrée, immobile. Elle ferma les yeux un instant, puis se força à respirer profondément. Chaque respiration lui semblait si douloureuse, une bouffée d’air remplie d’épines lui taillant la gorge.
Dans sa famille maternelle on ne parle pas, on garde les émotions pour soi, et Aki incarnait parfaitement cette loi du silence. Elle non plus ne parlait pas, comme sa propre mère elle avait l’habitude de laisser ses douleurs gronder en elle. Mais peut-être que cette fois serait différente ? Peut-être que, sans dire un mot, elles pourraient se comprendre l’une et l’autre, dans ce silence familier.
La main de la sorcière se posa doucement sur la poignée. Elle se devait d’affronter ce qui devait l’être. Elle tourna lentement la clé, espérant que sa mère ne soit pas juste de l’autre côté.
Te regarder dans les yeux
Reducio
Hazuki Davis #8f4b52

Hazuki Davis #8f4b52
Doucement, la porte s’ouvrit en grinçant, avant que Aki ne pénètre lentement dans l’appartement. Ici, l’air lui semblait lourd, chargé de souvenirs et de non-dits. Elle ôta ses chaussures délicatement puis elle enfila les chaussons que sa mère avait déposé exprès dans l’entrée. Ici il n’était pas possible de marcher avec ses chaussures, sa mère a toujours mis des chaussons à disposition des invités, elle ne dérogeait jamais à la règle.
Avant de s’aventurer un peu plus dans l’appartement, la balafrée regarda, la gorge nouée, les photos dans l’entrée. Elles n'avaient pas bougé depuis toutes ces années. Ces cadres en bois abritaient des visages figés dans des moments heureux, maintenant si lointains. Aki, enfant, souriant timidement entre son père et sa mère lors d'une excursion à la mer. Une autre photo montrait son père et elle entrain d’observer des insectes. Le voir ainsi, éternellement jeune, la poignarda de douleur. Le noeud dans sa gorge grandissant à chaque seconde.
Un bruit provenant de la cuisine attira l’attention de la sorcière qui se reconnecta douloureusement à la réalité. Sa mère préparait à manger. Après tout ce temps, cette routine n’avait pas changée, même dans ces circonstances. Elle se dirigea alors vers la cuisine, et quand elle entra dans la pièce, sa mère était là, au milieu de ses fleurs, concentrée sur la cuisson d’un plat. Le frémissement d’une soupe accompagnait le crépitement doux du feu. L’odeur de miso flottait dans l’air, familière et réconfortante. La cuisine était un des seuls endroits où Aki se sentait proche de sa mère, cette dernière lui ayant transmis toutes les recettes familiales.
« Tu es venue. », dit doucement sa mère sans la regarder, comme si elle avait senti sa présence bien avant qu’elle ne parle.
Avant de s’aventurer un peu plus dans l’appartement, la balafrée regarda, la gorge nouée, les photos dans l’entrée. Elles n'avaient pas bougé depuis toutes ces années. Ces cadres en bois abritaient des visages figés dans des moments heureux, maintenant si lointains. Aki, enfant, souriant timidement entre son père et sa mère lors d'une excursion à la mer. Une autre photo montrait son père et elle entrain d’observer des insectes. Le voir ainsi, éternellement jeune, la poignarda de douleur. Le noeud dans sa gorge grandissant à chaque seconde.
Un bruit provenant de la cuisine attira l’attention de la sorcière qui se reconnecta douloureusement à la réalité. Sa mère préparait à manger. Après tout ce temps, cette routine n’avait pas changée, même dans ces circonstances. Elle se dirigea alors vers la cuisine, et quand elle entra dans la pièce, sa mère était là, au milieu de ses fleurs, concentrée sur la cuisson d’un plat. Le frémissement d’une soupe accompagnait le crépitement doux du feu. L’odeur de miso flottait dans l’air, familière et réconfortante. La cuisine était un des seuls endroits où Aki se sentait proche de sa mère, cette dernière lui ayant transmis toutes les recettes familiales.
« Tu es venue. », dit doucement sa mère sans la regarder, comme si elle avait senti sa présence bien avant qu’elle ne parle.
Te regarder dans les yeux
Aki ne parvint pas à répondre immédiatement à sa mère, les mots semblant coincés dans sa gorge. Ce fut finalement quand Hazuki tourna la tête vers sa fille que cette dernière pu prendre la parole, la gorge serrée. « Oui, je suis venue. »
Sa mère continua à cuisiner, sans un mot de plus. Le bruit de la cuillère dans la casserole résonnait comme une étrange mélodie, leur seul échange, leur seule façon de communiquer. La noiraude avança timidement, puis, sans vraiment savoir pourquoi, s’assit à la table derrière sa mère, attendant que quelque chose brise enfin ce silence. Ce silence n’était rompu que par le bruit de la soupe qui mijotait doucement. La dragonologiste sentait le besoin urgent de dire quelque chose, de combler le vide entre elles, mais les mots restaient encore une fois coincés dans sa gorge.
« Tu prépares du miso ? », dit-elle finalement d’une voix légèrement tremblante.
Sa mère se redressa en entendant ces mots, hésitant une fraction de seconde avant de répondre, toujours sans la regarder. « Ton père aimait ça. »
Le simple fait d'entendre ces quelques mots fit flancher la sorcière qui baissa les yeux, incapable de répondre. La cuisine, les odeurs, les souvenirs de ces repas partagés... Pourtant cela faisait déjà bien longtemps qu’ils ne partageaient plus ça tous les trois. Elle aurait tout donné pour revivre tout ça une dernière fois, si seulement elle ne s’était pas totalement exilée en Roumanie, les choses n’auraient peut-être pas le même goût aujourd’hui. Aki se leva soudainement, puis elle s’avança, jusqu'à ce qu’elle se tienne juste à côté de sa mère. Elles étaient si près l'une de l'autre, mais le gouffre entre elles, lui, semblait si grand.
Sa mère continua à cuisiner, sans un mot de plus. Le bruit de la cuillère dans la casserole résonnait comme une étrange mélodie, leur seul échange, leur seule façon de communiquer. La noiraude avança timidement, puis, sans vraiment savoir pourquoi, s’assit à la table derrière sa mère, attendant que quelque chose brise enfin ce silence. Ce silence n’était rompu que par le bruit de la soupe qui mijotait doucement. La dragonologiste sentait le besoin urgent de dire quelque chose, de combler le vide entre elles, mais les mots restaient encore une fois coincés dans sa gorge.
« Tu prépares du miso ? », dit-elle finalement d’une voix légèrement tremblante.
Sa mère se redressa en entendant ces mots, hésitant une fraction de seconde avant de répondre, toujours sans la regarder. « Ton père aimait ça. »
Le simple fait d'entendre ces quelques mots fit flancher la sorcière qui baissa les yeux, incapable de répondre. La cuisine, les odeurs, les souvenirs de ces repas partagés... Pourtant cela faisait déjà bien longtemps qu’ils ne partageaient plus ça tous les trois. Elle aurait tout donné pour revivre tout ça une dernière fois, si seulement elle ne s’était pas totalement exilée en Roumanie, les choses n’auraient peut-être pas le même goût aujourd’hui. Aki se leva soudainement, puis elle s’avança, jusqu'à ce qu’elle se tienne juste à côté de sa mère. Elles étaient si près l'une de l'autre, mais le gouffre entre elles, lui, semblait si grand.
Te regarder dans les yeux
Aki resta silencieuse, immobile à côté de sa mère. L’odeur du miso emplissait l’espace, offrant un peu de chaleur en ce moment si dur, si froid. Aujourd’hui, chaque détail semblait avoir un poids. Elle observait sa mère découper méticuleusement ses légumes, ses gestes semblaient presque mécaniques, et il l’étaient certainement. Elle se demandait combien de fois sa mère avait répété ces mêmes gestes, seule, dans cette même cuisine depuis quasiment un mois.
Pourquoi le silence devenait-il de plus en plus pesant ? Comme une barrière invisible que ni l'une ni l'autre ne savait franchir. La balafrée sentit une vague de culpabilité monter en elle. Elle était froide depuis tant d’années avec sa mère, puis là, après le drame, elle avait encore plus évité cet appartement, évité cette douleur partagée. Maintenant qu’elle était là, elle se sentait comme une étrangère.
Prenant une inspiration, elle osa enfin, « Je suis désolée… de ne pas être venue plus tôt. »
Ces mots semblaient étranges dans la bouche de la sorcière, d’un naturel si froid et si fier, mais ils étaient lourds de tout ce qu’ils ne disaient pas. Hazuki ne répondit pas tout de suite, elle continua à cuisiner, comme si ces excuses n’avaient pas traversé le silence. Puis, sans la regarder, elle murmura, « Tu es là maintenant. »
Sa fille plissa légèrement les yeux, surprise par la simplicité de la réponse. Ces quelques mots, si discrets, portaient en eux un étrange mélange de résignation et de réconfort. Pour la première fois depuis longtemps, elle sentit que peut-être, tout n’était pas perdu entre elles.
Pourquoi le silence devenait-il de plus en plus pesant ? Comme une barrière invisible que ni l'une ni l'autre ne savait franchir. La balafrée sentit une vague de culpabilité monter en elle. Elle était froide depuis tant d’années avec sa mère, puis là, après le drame, elle avait encore plus évité cet appartement, évité cette douleur partagée. Maintenant qu’elle était là, elle se sentait comme une étrangère.
Prenant une inspiration, elle osa enfin, « Je suis désolée… de ne pas être venue plus tôt. »
Ces mots semblaient étranges dans la bouche de la sorcière, d’un naturel si froid et si fier, mais ils étaient lourds de tout ce qu’ils ne disaient pas. Hazuki ne répondit pas tout de suite, elle continua à cuisiner, comme si ces excuses n’avaient pas traversé le silence. Puis, sans la regarder, elle murmura, « Tu es là maintenant. »
Sa fille plissa légèrement les yeux, surprise par la simplicité de la réponse. Ces quelques mots, si discrets, portaient en eux un étrange mélange de résignation et de réconfort. Pour la première fois depuis longtemps, elle sentit que peut-être, tout n’était pas perdu entre elles.
Te regarder dans les yeux
Aki fixa sa mère, cherchant quelque chose dans les mots qu’elle venait de lui adresser. Elle avait le sentiment qu’il s’agissait à la fois d’un reproche et d’un pardon silencieux, une manière d’accepter l’absence sans l’ignorer. Elle ne s’attendait pas à ce que tout soit réparé par quelques phrases maladroites, d’autant plus que la communication était difficile depuis au moins une vingtaine d’années, mais ce léger acquiescement l’encourageait à rester.
Le bruit de la cuillère dans la casserole s’interrompit. Hazuki posa la posa sur le côté et, sans se tourner vers sa fille, murmura d’une voix tremblante, « C’est difficile sans lui. »
Cette confession, si rare quand on connaissait la froideur de cette femme, frappa la balafrée en plein cœur. C’était la première fois que sa mère parlait de sa douleur, de cette manière directe, sans détour ni retenue. Elle la vit se raidir, comme si elle venait de lâcher un poids trop lourd à porter. Sans réfléchir, Aki s’approcha, tendant la main vers elle.
Elle hésita un instant, avant de prendre délicatement la main de sa mère. Sa mère ne bougea pas, mais elle ne la retira pas non plus. « Je sais… il me manque aussi. », dit finalement Aki d’une voix à peine audible.
C’est alors que la moldue se tourna vers sa fille, et qu’elle l’a prit dans ses bras, sans un mot. La directrice de la Réserve se laissa aller, déposant sa tête sur celle de sa mère, bien plus petite qu’elle. Les bras de Hazuki se resserrèrent autour de sa fille, et, pour la première fois depuis si longtemps, elle se sentit comme une enfant à nouveau, protégée, malgré tout.
Aucune des deux ne parla. Elles restèrent ainsi pendant quelques secondes, laissant le silence faire le travail que les mots n’avaient jamais su accomplir.
Le bruit de la cuillère dans la casserole s’interrompit. Hazuki posa la posa sur le côté et, sans se tourner vers sa fille, murmura d’une voix tremblante, « C’est difficile sans lui. »
Cette confession, si rare quand on connaissait la froideur de cette femme, frappa la balafrée en plein cœur. C’était la première fois que sa mère parlait de sa douleur, de cette manière directe, sans détour ni retenue. Elle la vit se raidir, comme si elle venait de lâcher un poids trop lourd à porter. Sans réfléchir, Aki s’approcha, tendant la main vers elle.
Elle hésita un instant, avant de prendre délicatement la main de sa mère. Sa mère ne bougea pas, mais elle ne la retira pas non plus. « Je sais… il me manque aussi. », dit finalement Aki d’une voix à peine audible.
C’est alors que la moldue se tourna vers sa fille, et qu’elle l’a prit dans ses bras, sans un mot. La directrice de la Réserve se laissa aller, déposant sa tête sur celle de sa mère, bien plus petite qu’elle. Les bras de Hazuki se resserrèrent autour de sa fille, et, pour la première fois depuis si longtemps, elle se sentit comme une enfant à nouveau, protégée, malgré tout.
Aucune des deux ne parla. Elles restèrent ainsi pendant quelques secondes, laissant le silence faire le travail que les mots n’avaient jamais su accomplir.
Te regarder dans les yeux
Au bout d’un moment, les deux femmes se détachèrent l’une de l’autre, sans un mot, mais quelque chose avait changé. Pendant que sa mère retourna à la préparation du repas, Aki sortit deux bols et des baguettes, puis elle les déposa sur la table basse du salon comme elles le faisaient autrefois.
Lorsque le repas fut prêt, elles s’installèrent à table, face à face, la soupe encore fumante dans leurs bols. Le silence qui les enveloppait demeurait froid malgré le moment qu’elles avaient passé dans la cuisine quelques minutes plus tôt. Il y avait quelque chose qui restait tendu, un non-dit comme suspendu entre elles. La balafrée prit une première gorgée, le regard fixé sur son bol, cherchant comment commencer. Elle savait que cette conversation était nécessaire, mais la peur de dire les mauvaises choses la paralysait.
Finalement, elle se lança, la voix plus froide qu’elle ne l’aurait voulu, « Je te le redis mais je suis désolée de ne pas être venue plus tôt. » Sa mère leva les yeux, son expression difficile à lire. « Tu as envoyé des lettres. », dit-elle d’un ton neutre, « Je pensais que c'était suffisant pour toi. »
Le sous-entendu était clair pour l’eurasienne qui sentit une pointe de culpabilité monter en elle, mais aussi de la colère, une rancœur qu'elle ne s'attendait pas à ressentir. « Oui, et tu n’as jamais répondu. », rétorqua-t-elle un peu trop sèchement.
Hazuki posa ses baguettes, observant sa fille avec un regard si froid. « Je n’ai jamais su comment répondre. Et toi, tu n’es pas revenue non plus… Peut-être que tu ne voulais pas vraiment. », dit-elle alors, avant de reposer ses yeux sur son bol de soupe.
Lorsque le repas fut prêt, elles s’installèrent à table, face à face, la soupe encore fumante dans leurs bols. Le silence qui les enveloppait demeurait froid malgré le moment qu’elles avaient passé dans la cuisine quelques minutes plus tôt. Il y avait quelque chose qui restait tendu, un non-dit comme suspendu entre elles. La balafrée prit une première gorgée, le regard fixé sur son bol, cherchant comment commencer. Elle savait que cette conversation était nécessaire, mais la peur de dire les mauvaises choses la paralysait.
Finalement, elle se lança, la voix plus froide qu’elle ne l’aurait voulu, « Je te le redis mais je suis désolée de ne pas être venue plus tôt. » Sa mère leva les yeux, son expression difficile à lire. « Tu as envoyé des lettres. », dit-elle d’un ton neutre, « Je pensais que c'était suffisant pour toi. »
Le sous-entendu était clair pour l’eurasienne qui sentit une pointe de culpabilité monter en elle, mais aussi de la colère, une rancœur qu'elle ne s'attendait pas à ressentir. « Oui, et tu n’as jamais répondu. », rétorqua-t-elle un peu trop sèchement.
Hazuki posa ses baguettes, observant sa fille avec un regard si froid. « Je n’ai jamais su comment répondre. Et toi, tu n’es pas revenue non plus… Peut-être que tu ne voulais pas vraiment. », dit-elle alors, avant de reposer ses yeux sur son bol de soupe.
Te regarder dans les yeux
Les mots que venait de prononcer sa mère tombèrent soudainement, presque accusateurs. Aki commença à jouer nerveusement avec ses doigts sous la table, comme lorsqu’elle était enfant, tentant de maîtriser ses émotions. « Mais non, ce n’est pas que je ne voulais pas. » répondit-elle, la gorge serrée et le regard s’assombrissant doucement. « C’est juste que… toi et moi, on n’a jamais su comment parler. Je me suis toujours sentie de trop, même avant la mort de papa. »
La réponse de la balafrée surprit sa mère qui resta silencieuse un moment, une certaine tristesse se dessinant sur son visage. Elle n’était pas habituée à ce que sa fille s’exprime, Aki s’était toujours murée dans le silence, sauf avec son père. « J’ai fait des erreurs. », murmura Hazuki, « Mais tu as toujours eu une manière de t'éloigner. Je ne savais pas comment te rattraper. »
Aki sentit la rancœur monter davantage, sa mère n’avait jamais fait le moindre effort pour la comprendre, pour voir qui elle était. Elle déposa ses baguettes, fixant sa mère droit dans les yeux. Elle avait raison, la métisse s’était toujours éloignée quand les choses devenaient difficiles, mais comment faire autrement quand les mots semblaient proscrits.
« Tu veux que je sois honnête ? Je n’ai jamais su comment rester près de toi. », dit-elle froidement. « À chaque fois que je traversais quelque chose, à chaque fois que je me suis sentie touchée par quelque chose, j’ai fui. J’ai fui parce que je n’avais pas le droit de te montrer ça de moi. Tu as toujours refusé que je te montre ça de moi. »
Ses mots étaient durs, et elle le savait, mais c’était la vérité qu’elle avait enfouie pendant des années. Sa mère baissa les yeux, visiblement touchée, mais refusant de laisser la douleur transparaître.
La réponse de la balafrée surprit sa mère qui resta silencieuse un moment, une certaine tristesse se dessinant sur son visage. Elle n’était pas habituée à ce que sa fille s’exprime, Aki s’était toujours murée dans le silence, sauf avec son père. « J’ai fait des erreurs. », murmura Hazuki, « Mais tu as toujours eu une manière de t'éloigner. Je ne savais pas comment te rattraper. »
Aki sentit la rancœur monter davantage, sa mère n’avait jamais fait le moindre effort pour la comprendre, pour voir qui elle était. Elle déposa ses baguettes, fixant sa mère droit dans les yeux. Elle avait raison, la métisse s’était toujours éloignée quand les choses devenaient difficiles, mais comment faire autrement quand les mots semblaient proscrits.
« Tu veux que je sois honnête ? Je n’ai jamais su comment rester près de toi. », dit-elle froidement. « À chaque fois que je traversais quelque chose, à chaque fois que je me suis sentie touchée par quelque chose, j’ai fui. J’ai fui parce que je n’avais pas le droit de te montrer ça de moi. Tu as toujours refusé que je te montre ça de moi. »
Ses mots étaient durs, et elle le savait, mais c’était la vérité qu’elle avait enfouie pendant des années. Sa mère baissa les yeux, visiblement touchée, mais refusant de laisser la douleur transparaître.
Te regarder dans les yeux
Après un moment de silence qui sembla durer une éternité pour Aki, sa mère reprit doucement ses baguettes, les mains tremblantes. Elle inspira profondément, retrouvant toute sa contenance, le visage figé dans une forme de neutralité que la balafrée avait toujours prise pour de l’indifférence.
« Nous devrions manger, avant que tout refroidisse. », dit soudainement Hazuki d'un ton presque détaché. Elle attrapa champignon dans sa soupe, l’amenant à ses lèvres tout en évitant de croiser le regard de sa fille.
Aki resta immobile un instant, le temps semblait suspendu, à l’image de ce qu’elle venait de confier à sa mère. Le fait de ne pas être entendue, alors qu’enfin elle osait parler, vint fissurer quelque chose en elle. Mais comme elle l’eut toujours fait, la directrice de la Réserve des Hébrides se replia sur elle-même, refoulant sa douleur aussi profondément que possible.
Sans un mot, elle baissa les yeux vers son bol et attrapa ses baguettes à son tour. Elle n’avait plus envie de parler, plus envie de chercher à se faire entendre, c’était vain. Les minutes passèrent dans un silence assourdissant. Aki s’était à présent enfermée dans mutisme, comme ce que sa mère faisait depuis toujours.
La chaleur qui avait rempli la cuisine plus tôt avait disparue, remplacée par un froid glacial. Chacune, face à son bol, mangeait en silence, comme deux étrangères qui n’osaient même plus se regarder. Elles étaient assises l’une en face de l’autre, si proches, mais séparées par un un fossé invisible, plus infranchissable que jamais.
« Nous devrions manger, avant que tout refroidisse. », dit soudainement Hazuki d'un ton presque détaché. Elle attrapa champignon dans sa soupe, l’amenant à ses lèvres tout en évitant de croiser le regard de sa fille.
Aki resta immobile un instant, le temps semblait suspendu, à l’image de ce qu’elle venait de confier à sa mère. Le fait de ne pas être entendue, alors qu’enfin elle osait parler, vint fissurer quelque chose en elle. Mais comme elle l’eut toujours fait, la directrice de la Réserve des Hébrides se replia sur elle-même, refoulant sa douleur aussi profondément que possible.
Sans un mot, elle baissa les yeux vers son bol et attrapa ses baguettes à son tour. Elle n’avait plus envie de parler, plus envie de chercher à se faire entendre, c’était vain. Les minutes passèrent dans un silence assourdissant. Aki s’était à présent enfermée dans mutisme, comme ce que sa mère faisait depuis toujours.
La chaleur qui avait rempli la cuisine plus tôt avait disparue, remplacée par un froid glacial. Chacune, face à son bol, mangeait en silence, comme deux étrangères qui n’osaient même plus se regarder. Elles étaient assises l’une en face de l’autre, si proches, mais séparées par un un fossé invisible, plus infranchissable que jamais.