Une fraction de magie
10 juillet 2049
Aux Vapeurs de Hangzhou
« Un cinquième de dix, ça fait...
Assise à l'une des tables du restaurant, je me prends la tête avec les mains. Mon crayon entre les doigts a déjà bien gratté ma feuille pour les exercices d'anglais. Mais les mathématiques sont une autre épreuve pour moi. Je ne suis pas mauvaise, mais je n'aime pas particulièrement le calcul. À chaque fois, j'ai l'impression que mon cerveau entre en ébullition. Comme dans certains dessins animés que je regarde, j'imagine de la fumée sortir de mes oreilles tellement mes neurones s'agitent.
« Ça fait dix divisé par cinq. »
Bravo Lina, tu n'as pas avancé du tout...
Après avoir été acceptée dans le collège que mes parents convoitaient, nous avons fêté ce résultat. J'ai eu mes grands-parents paternels sur le téléphone de mon père, ils m'ont félicitée chaudement. Leur parler m'a fait énormément plaisir : avec le décalage horaire et la distance, nous n'avons pas beaucoup l'occasion de nous joindre. Mon père a fait venir quelques habitués du restaurant, des amis qui sont presque devenus de la famille, pour partager un repas à mon honneur. J'ai reçu quelques cadeaux pour l'occasion : des bonbons et friandises, et même des souliers rouges. Le rouge, en Chine, est la couleur de la réussite.
Mais les festivités n'ont pas duré. Mes parents m'ont acheté des livres scolaires et des cahiers de vacances pour ne rien perdre durant l'été. Certains manuels que j'ai reçus sont même d'un niveau supérieur pour que je prenne de l'avance. J'aurais peut-être dû être meilleure en sciences cette année, j'aurais sûrement eu quelques livres en moins à travailler...
« Dix par cinq font deux. »
Je lève la tête dans la grande pièce du restaurant, comme attendant des félicitations des clients encore à table. Mais il n'y personne. La salle est vide, à l'exception de ma mère qui passe le balai. Le service vient de se terminer. Je reporte donc à nouveau mes yeux sur ma feuille, je n'ai fait que deux fractions sur les douze à faire.
Deux douzièmes, ça fait... un sixième.
— Maman, ça fait combien en chiffres, un sixième.
Ma mère n'a pas l'air d'avoir envie de m'aider. Elle me répond :
— Je ne sais pas, Lina. Tu n'as qu'à regarder sur ta calculette.
Comme cadeau, mes parents m'ont offert une calculatrice. Je ne sais pas vraiment quoi penser de ce cadeau : elle était sur ma liste d'affaires scolaires, j'en aurais forcément eu une. Je l'attrape donc et entre l'opération.
1, :, 6, =
— Ça fait zéro virgule seize six six six six six...
— C'est bien, Lina.
— ... six six six six six six...
— Oui, c'est bon Lina, on a compris !
Je m'arrête. Ma mère n'a pas l'air de trouver ça drôle. Moi, je trouve ça marrant que la division de deux petits nombres comme un et six en donne un aussi long avec plein de six.
— Maman, y a un garçon dans ma classe qui a dit qu'on pouvait écrire GOOGLE à l'envers avec sa calculatrice. Tu sais comment on fait ?
Ma mère soupire.
— C'est comme ça que tu avances dans tes exercices ? Plus tu traînes, moins tu auras de temps pour jouer cet après-midi.
C'est à mon tour de soupirer. Je reprends ma tête entre les mains et réfléchis à la fraction suivante. Mais alors que mon cerveau entre à nouveau en ébullition, j'entends le carillon de bambous sonner l'entrée d'une personne. Ma mère va en sa direction, et j'entends :
— Excusez-moi, monsieur, mais le service est terminé.
@Dominic Khan
2è année RP
Aux Vapeurs de Hangzhou
« Un cinquième de dix, ça fait...
Assise à l'une des tables du restaurant, je me prends la tête avec les mains. Mon crayon entre les doigts a déjà bien gratté ma feuille pour les exercices d'anglais. Mais les mathématiques sont une autre épreuve pour moi. Je ne suis pas mauvaise, mais je n'aime pas particulièrement le calcul. À chaque fois, j'ai l'impression que mon cerveau entre en ébullition. Comme dans certains dessins animés que je regarde, j'imagine de la fumée sortir de mes oreilles tellement mes neurones s'agitent.
« Ça fait dix divisé par cinq. »
Bravo Lina, tu n'as pas avancé du tout...
Après avoir été acceptée dans le collège que mes parents convoitaient, nous avons fêté ce résultat. J'ai eu mes grands-parents paternels sur le téléphone de mon père, ils m'ont félicitée chaudement. Leur parler m'a fait énormément plaisir : avec le décalage horaire et la distance, nous n'avons pas beaucoup l'occasion de nous joindre. Mon père a fait venir quelques habitués du restaurant, des amis qui sont presque devenus de la famille, pour partager un repas à mon honneur. J'ai reçu quelques cadeaux pour l'occasion : des bonbons et friandises, et même des souliers rouges. Le rouge, en Chine, est la couleur de la réussite.
Mais les festivités n'ont pas duré. Mes parents m'ont acheté des livres scolaires et des cahiers de vacances pour ne rien perdre durant l'été. Certains manuels que j'ai reçus sont même d'un niveau supérieur pour que je prenne de l'avance. J'aurais peut-être dû être meilleure en sciences cette année, j'aurais sûrement eu quelques livres en moins à travailler...
« Dix par cinq font deux. »
Je lève la tête dans la grande pièce du restaurant, comme attendant des félicitations des clients encore à table. Mais il n'y personne. La salle est vide, à l'exception de ma mère qui passe le balai. Le service vient de se terminer. Je reporte donc à nouveau mes yeux sur ma feuille, je n'ai fait que deux fractions sur les douze à faire.
Deux douzièmes, ça fait... un sixième.
— Maman, ça fait combien en chiffres, un sixième.
Ma mère n'a pas l'air d'avoir envie de m'aider. Elle me répond :
— Je ne sais pas, Lina. Tu n'as qu'à regarder sur ta calculette.
Comme cadeau, mes parents m'ont offert une calculatrice. Je ne sais pas vraiment quoi penser de ce cadeau : elle était sur ma liste d'affaires scolaires, j'en aurais forcément eu une. Je l'attrape donc et entre l'opération.
1, :, 6, =
— Ça fait zéro virgule seize six six six six six...
— C'est bien, Lina.
— ... six six six six six six...
— Oui, c'est bon Lina, on a compris !
Je m'arrête. Ma mère n'a pas l'air de trouver ça drôle. Moi, je trouve ça marrant que la division de deux petits nombres comme un et six en donne un aussi long avec plein de six.
— Maman, y a un garçon dans ma classe qui a dit qu'on pouvait écrire GOOGLE à l'envers avec sa calculatrice. Tu sais comment on fait ?
Ma mère soupire.
— C'est comme ça que tu avances dans tes exercices ? Plus tu traînes, moins tu auras de temps pour jouer cet après-midi.
C'est à mon tour de soupirer. Je reprends ma tête entre les mains et réfléchis à la fraction suivante. Mais alors que mon cerveau entre à nouveau en ébullition, j'entends le carillon de bambous sonner l'entrée d'une personne. Ma mère va en sa direction, et j'entends :
— Excusez-moi, monsieur, mais le service est terminé.
@Dominic Khan
2è année RP
Une fraction de magie
XXX Alors qu'il attendait que le feu piéton passe au vert, Dominic relisait rapidement le parchemin sur lequel il avait inscrit ce qu'il ne devait pas oublier de dire aux parents de Lina Zhao, pour leur annoncer que cette dernière était une sorcière. Si un passant moldu avait eu la curiosité de lire par-dessus son épaule, il n'aurait pu glaner que de sommaires abréviations qui n'étaient compréhensibles que par l'homme en turban : « Inscr. dj effcT. Si doute, démonstr° mg. Contr_ /!\ sinn grv csqs. » signifiaient, peu ou prou, « L'inscription de votre fille est effective et on ne peut rien y changer. Si vous doutez de l'existence de la magie, en voici une démonstration. Le contrôle de la magie est impératif si vous ne souhaitez pas que votre enfant encourt de graves conséquences. »
XXX Cet éventuel passant moldu aurait alors pu se faire la réflexion que Dominic participait à un de ces escape games à ciel ouvert dont le présent parchemin était un des indices permettant de résoudre le puzzle. Et il n'aurait peut-être pas eu tout à fait tort : Dominic était certes rassuré par le fait qu'il avait déjà rencontré, dans un autre contexte, la jeune fille en question, mais il était impossible de prévoir la réaction de ses parents, ni même celle de la principale intéressée. Si le professeur avait pu bénéficier d'indices supplémentaires pour aider à ce que sa première visite chez des enfants né-moldus se passe bien, il aurait signé pour sans aucune hésitation.
XXX Malheureusement pour lui, aucune clé, aucun coffre secret, ni aucune boîte peinturlurée de points d'interrogation n'avaient été déposés sur le pas de la porte du restaurant Aux Vapeurs de Hangzhou, où Dominic avait eu l'occasion de déguster un repas en compagnie de son ex-compagne quelques mois plus tôt. Tout ce qu'il lui restait à faire était de pousser la porte de l'établissement.
XXX La femme qu'il avait rencontrée lors de sa première visite vint à sa rencontre, lui annonçant la clôture du service. Avec un sourire contrit, Dominic répondit :
XXX « Bonjour Madame, je suis désolé de vous importuner. J'ai certes déjà été un client de votre restaurant mais c'est pour une toute autre raison que je viens à vous aujourd'hui. Cela concerne la scolarité de votre fille. Pourrais-je vous parler, à vous deux ainsi qu'à votre mari ? »
#4c4b16 - Baleine gracieuse
XXX Cet éventuel passant moldu aurait alors pu se faire la réflexion que Dominic participait à un de ces escape games à ciel ouvert dont le présent parchemin était un des indices permettant de résoudre le puzzle. Et il n'aurait peut-être pas eu tout à fait tort : Dominic était certes rassuré par le fait qu'il avait déjà rencontré, dans un autre contexte, la jeune fille en question, mais il était impossible de prévoir la réaction de ses parents, ni même celle de la principale intéressée. Si le professeur avait pu bénéficier d'indices supplémentaires pour aider à ce que sa première visite chez des enfants né-moldus se passe bien, il aurait signé pour sans aucune hésitation.
XXX Malheureusement pour lui, aucune clé, aucun coffre secret, ni aucune boîte peinturlurée de points d'interrogation n'avaient été déposés sur le pas de la porte du restaurant Aux Vapeurs de Hangzhou, où Dominic avait eu l'occasion de déguster un repas en compagnie de son ex-compagne quelques mois plus tôt. Tout ce qu'il lui restait à faire était de pousser la porte de l'établissement.
XXX La femme qu'il avait rencontrée lors de sa première visite vint à sa rencontre, lui annonçant la clôture du service. Avec un sourire contrit, Dominic répondit :
XXX « Bonjour Madame, je suis désolé de vous importuner. J'ai certes déjà été un client de votre restaurant mais c'est pour une toute autre raison que je viens à vous aujourd'hui. Cela concerne la scolarité de votre fille. Pourrais-je vous parler, à vous deux ainsi qu'à votre mari ? »
#4c4b16 - Baleine gracieuse
Une fraction de magie
L'homme qui vient d'entrer ne repart pas directement. Je ne suis pas très loin, donc je l'entends parler de ma scolarité. Je lève donc la tête, surprise que mon futur collège envoie quelqu'un. Y a-t-il eu une erreur sur mes examens d'entrée ? Cela ne serait pas si étonnant, je n'ai eu qu'une note moyenne en science, et mes résultats sont bien inférieurs à ceux de ma meilleure amie.
En relevant la tête, j'aperçois alors l'homme. Il est impressionnant, il porte un turban, et ce petit détail me donne une impression de déjà-vu. J'ai souvenir d'un dessin qui doit encore être dans une de mes pochettes à l'étage, où j'avais dessiné un constructeur de pyramides dans le désert. Enfin, je crois que c'était ça. C'était il y a longtemps quand même.
Ma mère semble aussi surprise que moi. Elle exprime un petit « Oh ! » et invite le monsieur à rentrer en s'inclinant légèrement en guise de salutations respectueuses. Puis elle tonne en mélangeant anglais et mandarin :
— 钱, 你来!这是 le directeur du collège de Lina1 !
Presque aussitôt, mon père apparaît, en train de s'essuyer avec un torchon les mains qu'il vient sûrement de laver. Il pose le linge sur le dos d'une chaise et vient serrer la main au directeur de ma future école. Il n'a pas encore pris le temps de retirer son tablier.
— Bonjour monsieur. Qian Zhao.
Tout se formalise m'impressionne. Comme je suis concernée également, je m'avance timidement, et lâche un petit « Bonjour monsieur ». Mon père questionne alors l'homme.
— Il y a un souci avec le dossier de Lina ?
____________________
1 « Qian, viens ! Il y a... ». Prononciation pinyin : Qián, nǐ lái! Zhè shì...
2è année RP
En relevant la tête, j'aperçois alors l'homme. Il est impressionnant, il porte un turban, et ce petit détail me donne une impression de déjà-vu. J'ai souvenir d'un dessin qui doit encore être dans une de mes pochettes à l'étage, où j'avais dessiné un constructeur de pyramides dans le désert. Enfin, je crois que c'était ça. C'était il y a longtemps quand même.
Ma mère semble aussi surprise que moi. Elle exprime un petit « Oh ! » et invite le monsieur à rentrer en s'inclinant légèrement en guise de salutations respectueuses. Puis elle tonne en mélangeant anglais et mandarin :
— 钱, 你来!这是 le directeur du collège de Lina1 !
Presque aussitôt, mon père apparaît, en train de s'essuyer avec un torchon les mains qu'il vient sûrement de laver. Il pose le linge sur le dos d'une chaise et vient serrer la main au directeur de ma future école. Il n'a pas encore pris le temps de retirer son tablier.
— Bonjour monsieur. Qian Zhao.
Tout se formalise m'impressionne. Comme je suis concernée également, je m'avance timidement, et lâche un petit « Bonjour monsieur ». Mon père questionne alors l'homme.
— Il y a un souci avec le dossier de Lina ?
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1 « Qian, viens ! Il y a... ». Prononciation pinyin : Qián, nǐ lái! Zhè shì...
2è année RP
Une fraction de magie
Dominic tiqua au mot de « directeur » mais n'en laissa rien paraître. Par mimétisme, il inclina légèrement la tête en direction de madame Zhao, puis sourit chaleureusement à l'homme qui venait des cuisines et lui serra la main. « Enchanté, monsieur Zhao, Dominic Khan. », termina-t-il en mettant la main sur sa poitrine. « Je suis professeur, et non directeur, au collège Poudlard. » Dominic marqua une pause, un peu gêné par le fait d'être ainsi exposé au regard des passants dans la rue : il s'était attendu à ce que les parents de Lina l'invitent à s'asseoir. Mais après tout, sa visite pouvait facilement se confondre avec une simple visite de courtoisie, qui serait expédiée rapidement. Il savait par ailleurs qu'il n'était pas correct de dire à ses hôtes ce qu'ils devaient et ne devaient pas faire, aussi n'en fit-il rien.
« D'après ce que je comprends, vous avez déjà fait parvenir un dossier d'inscription à un autre collège, ce que je comprends sans mal. Je ne crois pas m'avancer de trop en disant que le dossier en question ne doit pas présenter de problème majeur. Mais le fait est que le profil de votre fille a attiré l'attention du conseil d'administration de l'établissement où je travaille. Elle y est d'ors et déjà inscrite pour la prochaine rentrée. C'est une information qui peut paraître un peu déconcertante, j'en conviens... » Dominic chercha le regard de l'un et l'autre parent comme pour anticiper leur réaction, puis il poursuivit : « Ma visite a pour but de vous expliquer plus amplement les raisons qui ont motivé ce choix de la direction, ainsi que de discuter de l'aspect administratif de l'inscription. »
La voix de Dominic se voulait calme mais ferme. S'il voulait convaincre les parents de Lina de l'écouter, et ce même après qu'il aurait à prononcer le mot « magie » – ce qui ne devait plus tarder –, le trentenaire avait le devoir d'être un modèle de professionnalisme. Le professeur s'autorisa cependant à adresser un petit sourire à Lina, qui venait de le saluer. Se pouvait-il qu'elle se souvienne de lui ?
#4c4b16 - Baleine gracieuse
« D'après ce que je comprends, vous avez déjà fait parvenir un dossier d'inscription à un autre collège, ce que je comprends sans mal. Je ne crois pas m'avancer de trop en disant que le dossier en question ne doit pas présenter de problème majeur. Mais le fait est que le profil de votre fille a attiré l'attention du conseil d'administration de l'établissement où je travaille. Elle y est d'ors et déjà inscrite pour la prochaine rentrée. C'est une information qui peut paraître un peu déconcertante, j'en conviens... » Dominic chercha le regard de l'un et l'autre parent comme pour anticiper leur réaction, puis il poursuivit : « Ma visite a pour but de vous expliquer plus amplement les raisons qui ont motivé ce choix de la direction, ainsi que de discuter de l'aspect administratif de l'inscription. »
La voix de Dominic se voulait calme mais ferme. S'il voulait convaincre les parents de Lina de l'écouter, et ce même après qu'il aurait à prononcer le mot « magie » – ce qui ne devait plus tarder –, le trentenaire avait le devoir d'être un modèle de professionnalisme. Le professeur s'autorisa cependant à adresser un petit sourire à Lina, qui venait de le saluer. Se pouvait-il qu'elle se souvienne de lui ?
#4c4b16 - Baleine gracieuse
Une fraction de magie
Le monsieur se présente alors. Dominic Khan. À vrai dire, il s'était déjà présenté la première fois, mais je ne m'en rappelais pas. Puis, des prénoms, j'en apprends presque toutes les semaines avec tous les clients qui passent et me parlent. Mais contrairement au souvenir que j'ai de mon dessin, l'homme au turban ne travaille pas dans le désert, mais est professeur dans un collège.
Poudlard... C'est quand même un peu moche comme nom. Poux-de-Lard, on dirait le nom d'une ferme de cochons.
Je l'écoute, toujours intimidée. L'homme présente les raisons de sa venue. J'ai du mal à saisir tous les mots d'adulte, mais je comprends malgré tout que son collège aimerait m'avoir parmi ses élèves. Cela m'étonne particulièrement. Surtout que je ne pense pas être une aussi bonne élève que ça. Je veux dire, pourquoi me voudrait-il alors que ma meilleure amie est beaucoup plus forte que moi ?
Je lève les yeux vers mes parents. Ils ont l'air intrigués également. Mon père se frotte le front quand il entend que je suis déjà inscrite dans leur collège. Je crois que ce n'était pas dans ses plans, ni dans les miens d'ailleurs. C'est quand même bizarre de m'avoir inscrite avant de m'en parler. Peut-être qu'il voulait être sûrs de me garder une place ? Mais je ne comprends toujours pas pourquoi moi. Malgré tout, je rends à notre invité son sourire. Malgré la carrure impressionnante qui me fait penser qu'il doit mesurer le double de ma mère, il me semble gentil.
Mes parents se font un signe de tête discret, comme s'ils arrivaient à communiquer et se comprendre sans avoir besoin de parler. Je devine sans mal leur pensée. Si un collège souhaite autant mon profil, c'est qu'il peut s'agir d'un collège bien réputé qui fait de la prospection de « talents ». Je ne sais pas comment mes parents peuvent toujours penser que je suis plus exceptionnelle qu'une autre élève. En tout cas, mon père invite chaleureusement l'homme à s'asseoir, sentant que l'entrevue serait un peu plus long qu'une simple discussion ou remise de documents. Ma mère lui propose du thé et apporte une petite assiette de friandises chinoises que l'on apporte souvent au moment du café. Moi, je reste avec mon père et le monsieur Turban, intriguée et attendant la suite des explications.
2è année RP
Poudlard... C'est quand même un peu moche comme nom. Poux-de-Lard, on dirait le nom d'une ferme de cochons.
Je l'écoute, toujours intimidée. L'homme présente les raisons de sa venue. J'ai du mal à saisir tous les mots d'adulte, mais je comprends malgré tout que son collège aimerait m'avoir parmi ses élèves. Cela m'étonne particulièrement. Surtout que je ne pense pas être une aussi bonne élève que ça. Je veux dire, pourquoi me voudrait-il alors que ma meilleure amie est beaucoup plus forte que moi ?
Je lève les yeux vers mes parents. Ils ont l'air intrigués également. Mon père se frotte le front quand il entend que je suis déjà inscrite dans leur collège. Je crois que ce n'était pas dans ses plans, ni dans les miens d'ailleurs. C'est quand même bizarre de m'avoir inscrite avant de m'en parler. Peut-être qu'il voulait être sûrs de me garder une place ? Mais je ne comprends toujours pas pourquoi moi. Malgré tout, je rends à notre invité son sourire. Malgré la carrure impressionnante qui me fait penser qu'il doit mesurer le double de ma mère, il me semble gentil.
Mes parents se font un signe de tête discret, comme s'ils arrivaient à communiquer et se comprendre sans avoir besoin de parler. Je devine sans mal leur pensée. Si un collège souhaite autant mon profil, c'est qu'il peut s'agir d'un collège bien réputé qui fait de la prospection de « talents ». Je ne sais pas comment mes parents peuvent toujours penser que je suis plus exceptionnelle qu'une autre élève. En tout cas, mon père invite chaleureusement l'homme à s'asseoir, sentant que l'entrevue serait un peu plus long qu'une simple discussion ou remise de documents. Ma mère lui propose du thé et apporte une petite assiette de friandises chinoises que l'on apporte souvent au moment du café. Moi, je reste avec mon père et le monsieur Turban, intriguée et attendant la suite des explications.
2è année RP
Une fraction de magie
Les parents de Lina semblaient désormais disposés à l'écouter. Ils invitèrent Dominic à s'asseoir, ce qu'il fit en les remerciant, et en acceptant le thé qu'on lui proposait. L'Anglo-soudanais huma avec un plaisir non dissimulé l'odeur herbacée qui s'échappait par volutes de sa tasse, aussi bien par politesse que pour réfléchir à ce qu'il allait dire ensuite.
« Vous vous en êtes peut-être déjà rendus compte », commença-t-il en regardant tour à tour le couple, « votre fille a des compétences tout à fait exceptionnelles. C'est la raison pour laquelle l'école dans laquelle je travaille est intéressée par son profil. » Dominic avait deviné que ses interlocuteurs étaient particulièrement sensibles au critère d'excellence qu'il s'efforçait de mettre en avant au sujet de Poudlard. Il se demandait bien quelle serait leur réaction quand ils apprendraient que l'excellence était certes l'objectif de l'internat, mais dans une toute autre dimension que la leur.
« Je suis persuadé que Lina est une élève modèle. Elle sera à coup sûr un atout majeur pour notre établissement. Mais ce n'est pas seulement pour cela que je viens à vous aujourd'hui. » Le professeur porta la tasse à ses lèvres, et prit le temps le faire rouler sous sa langue la boisson.
« Votre fille, Lina, est une sorcière. Le collège Poudlard est une école de sorcellerie. » Dominic posa la tasse sur la table avec un clac sonore, avant de positionner ses mains jointes sur ses jambes désormais croisées. Il se doutait bien que cette information serait un choc pour les parents, mais il était difficile d'annoncer la nouvelle d'une autre manière. Le dos droit, le regard alerte, il laissa le temps à ses interlocuteurs d'assimiler ce qu'il venait de dire. « Les sorciers ne sont pas à confondre avec les magiciens que vous connaissez peut-être, ou que vous êtes déjà allés voir en spectacle. Il en existe une communauté entière, en parallèle du monde avec lequel vous êtes familiers. Nous avons assez rarement à faire avec les personnes qui ne possèdent pas de pouvoirs magiques, en dehors d'occasions spéciales comme celles-ci. »
Dominic tourna brièvement la tête vers Lina : « Votre enfant possède une magie qui est actuellement à l'état latent, même s'il se peut qu'elle ait observé elle-même des effets qui... Sortaient de l'ordinaire, de sa propre initiative. Notre établissement permet aux élèves comme elles d'apprendre à utiliser leur magie, pour contrôler leur flux intérieur, et ainsi faire advenir au monde cette magie latente. »
Le professeur s'interrompit de lui-même pour éviter de trop en dire d'une seule traite. Ses yeux cherchaient tantôt le regard du père, tantôt le regard de la mère, pour anticiper leurs réactions. Il percevait au dehors le bruit des sonnettes des bicyclettes, celui des klaxons de voitures, mais ce bruit du tissu urbain était devenu presque étouffé, comme si le monde de Lina et de ses parents s'éloignait du dôme qui semblait les avoir progressivement enveloppés tous les quatre, dès le moment où le mot de « sorcière » avait été prononcé. Quelle que puisse être l'issue de cette entrevue, la vie de la famille ne serait plus jamais la même.
#4c4b16 - Baleine gracieuse
« Vous vous en êtes peut-être déjà rendus compte », commença-t-il en regardant tour à tour le couple, « votre fille a des compétences tout à fait exceptionnelles. C'est la raison pour laquelle l'école dans laquelle je travaille est intéressée par son profil. » Dominic avait deviné que ses interlocuteurs étaient particulièrement sensibles au critère d'excellence qu'il s'efforçait de mettre en avant au sujet de Poudlard. Il se demandait bien quelle serait leur réaction quand ils apprendraient que l'excellence était certes l'objectif de l'internat, mais dans une toute autre dimension que la leur.
« Je suis persuadé que Lina est une élève modèle. Elle sera à coup sûr un atout majeur pour notre établissement. Mais ce n'est pas seulement pour cela que je viens à vous aujourd'hui. » Le professeur porta la tasse à ses lèvres, et prit le temps le faire rouler sous sa langue la boisson.
« Votre fille, Lina, est une sorcière. Le collège Poudlard est une école de sorcellerie. » Dominic posa la tasse sur la table avec un clac sonore, avant de positionner ses mains jointes sur ses jambes désormais croisées. Il se doutait bien que cette information serait un choc pour les parents, mais il était difficile d'annoncer la nouvelle d'une autre manière. Le dos droit, le regard alerte, il laissa le temps à ses interlocuteurs d'assimiler ce qu'il venait de dire. « Les sorciers ne sont pas à confondre avec les magiciens que vous connaissez peut-être, ou que vous êtes déjà allés voir en spectacle. Il en existe une communauté entière, en parallèle du monde avec lequel vous êtes familiers. Nous avons assez rarement à faire avec les personnes qui ne possèdent pas de pouvoirs magiques, en dehors d'occasions spéciales comme celles-ci. »
Dominic tourna brièvement la tête vers Lina : « Votre enfant possède une magie qui est actuellement à l'état latent, même s'il se peut qu'elle ait observé elle-même des effets qui... Sortaient de l'ordinaire, de sa propre initiative. Notre établissement permet aux élèves comme elles d'apprendre à utiliser leur magie, pour contrôler leur flux intérieur, et ainsi faire advenir au monde cette magie latente. »
Le professeur s'interrompit de lui-même pour éviter de trop en dire d'une seule traite. Ses yeux cherchaient tantôt le regard du père, tantôt le regard de la mère, pour anticiper leurs réactions. Il percevait au dehors le bruit des sonnettes des bicyclettes, celui des klaxons de voitures, mais ce bruit du tissu urbain était devenu presque étouffé, comme si le monde de Lina et de ses parents s'éloignait du dôme qui semblait les avoir progressivement enveloppés tous les quatre, dès le moment où le mot de « sorcière » avait été prononcé. Quelle que puisse être l'issue de cette entrevue, la vie de la famille ne serait plus jamais la même.
#4c4b16 - Baleine gracieuse
Une fraction de magie
Mon père et moi nous asseyons en face de l'homme. La salle à manger habituelle semble s'être transformée en un bureau de proviseur. Les magnifiques aquarelles chinoises ont laissé place à une atmosphère sérieuse. Je peux presque ressentir sur mes petites épaules la pression soudaine des entretiens d'admission classiques. Qui eut cru que je vivrais cela à mon propre domicile ? Les coutumes de cette école semblent bien singulières.
Ma mère nous rejoint, prend une chaise de la table d'à-côté et s'aligne avec nous pour faire face au professeur. Nous sommes tous intrigués, c'est avec un silence scolaire que nous attendons qu'il finisse de savourer les parfums de jasmin. Il prend ensuite la parole.
Quand l'homme commence par faire l'éloge de mes compétences, je ne peux m'empêcher de rougir, intimidée. Mes yeux se portent vers le bas, sur la surface de la table de restaurant. Une élève modèle ? C'est vrai que je suis plutôt bonne élève. Mais je n'ose pas contredire le professeur Khan en lui racontant les quelques punitions pour bavardages ou pour avoir piqué les crayons de mes camarades.
Mes parents, quant à eux, écoute l'invité dans un silence religieux. Ma mère me fait un petit clin d’œil quand je relève les yeux vers elle. Je décèle une pointe de fierté à l'écoute de l'éloge faite par l'homme, mais aussi une curiosité quant à ce qu'il a à proposer. Et l'information ne tarde pas à venir, puisque ce dernier révèle qu'il n'est pas seulement là pour le recrutement.
— Votre fille, Lina, est une sorcière. Nous lâche-t-il alors, décrivant son école comme un collège de sorcellerie.
Mon père se redresse alors en glissant un « 我天...1 » soupiré. Il croise les bras, la mine un peu plus refermée. Ma mère fronce les sourcils à cette annonce inattendue, contrastant avec le petit sourire qu'elle m'avait fait quelques secondes auparavant. Moi, je regarde mes parents, passant de l'un à l'autre pour essayer de comprendre. Les sorciers, ça existe ?
L'homme poursuit ses explications. Il tourne la tête vers moi en me disant que j'ai de la magie « à l'état latent ». Je ne sais pas ce que ça veut dire. Mais comme je suis impressionnée, je baisse un peu les yeux. Moi, je n'ai rien remarqué. J'ai déjà essayé de faire des tours de magie avec ma meilleure amie, mais ça n'a pas l'air d'être ceux à quoi l'homme fait allusion.
J'attrape discrètement la manche de mon père pour lui demander, en chuchotant pour essayer de ne pas être entendu :
— Papa, ça existe les sorciers ?
— Non, non... Me répond-il d'un air contrarié.
Puis il se tourne vers notre interlocuteur.
— C'est une blague, monsieur ? Vous filmez en cachette pour les réseaux sociaux, c'est ça ?
Mon père pense que c'est une blague. Je regarde à nouveau l'homme, il avait pourtant l'air si sérieux. Si c'est vraiment une blague, il doit être bon acteur. Amusée à l'idée que je puisse être filmée, je cherche discrètement des yeux l'objectif d'une potentielle caméra cachée.
_________________________
1 (pinyin : wǒ tiān /u̯ɔ tʰi̯ɛn/ ; littéralement « mon ciel ») : « Mon dieu... »
2è année RP
Ma mère nous rejoint, prend une chaise de la table d'à-côté et s'aligne avec nous pour faire face au professeur. Nous sommes tous intrigués, c'est avec un silence scolaire que nous attendons qu'il finisse de savourer les parfums de jasmin. Il prend ensuite la parole.
Quand l'homme commence par faire l'éloge de mes compétences, je ne peux m'empêcher de rougir, intimidée. Mes yeux se portent vers le bas, sur la surface de la table de restaurant. Une élève modèle ? C'est vrai que je suis plutôt bonne élève. Mais je n'ose pas contredire le professeur Khan en lui racontant les quelques punitions pour bavardages ou pour avoir piqué les crayons de mes camarades.
Mes parents, quant à eux, écoute l'invité dans un silence religieux. Ma mère me fait un petit clin d’œil quand je relève les yeux vers elle. Je décèle une pointe de fierté à l'écoute de l'éloge faite par l'homme, mais aussi une curiosité quant à ce qu'il a à proposer. Et l'information ne tarde pas à venir, puisque ce dernier révèle qu'il n'est pas seulement là pour le recrutement.
— Votre fille, Lina, est une sorcière. Nous lâche-t-il alors, décrivant son école comme un collège de sorcellerie.
Mon père se redresse alors en glissant un « 我天...1 » soupiré. Il croise les bras, la mine un peu plus refermée. Ma mère fronce les sourcils à cette annonce inattendue, contrastant avec le petit sourire qu'elle m'avait fait quelques secondes auparavant. Moi, je regarde mes parents, passant de l'un à l'autre pour essayer de comprendre. Les sorciers, ça existe ?
L'homme poursuit ses explications. Il tourne la tête vers moi en me disant que j'ai de la magie « à l'état latent ». Je ne sais pas ce que ça veut dire. Mais comme je suis impressionnée, je baisse un peu les yeux. Moi, je n'ai rien remarqué. J'ai déjà essayé de faire des tours de magie avec ma meilleure amie, mais ça n'a pas l'air d'être ceux à quoi l'homme fait allusion.
J'attrape discrètement la manche de mon père pour lui demander, en chuchotant pour essayer de ne pas être entendu :
— Papa, ça existe les sorciers ?
— Non, non... Me répond-il d'un air contrarié.
Puis il se tourne vers notre interlocuteur.
— C'est une blague, monsieur ? Vous filmez en cachette pour les réseaux sociaux, c'est ça ?
Mon père pense que c'est une blague. Je regarde à nouveau l'homme, il avait pourtant l'air si sérieux. Si c'est vraiment une blague, il doit être bon acteur. Amusée à l'idée que je puisse être filmée, je cherche discrètement des yeux l'objectif d'une potentielle caméra cachée.
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1 (pinyin : wǒ tiān /u̯ɔ tʰi̯ɛn/ ; littéralement « mon ciel ») : « Mon dieu... »
2è année RP
Une fraction de magie
La mâchoire légèrement contractée dans l'attente de la réaction des parents, Dominic sentait le regard de Lina sur lui – pourtant, il ne tourna pas la tête. Il savait que les prochaines fractions de secondes seraient absolument cruciales pour que cette entrevue se passe de la meilleure des façons, aussi était-il particulièrement soucieux de la façon dont il était perçu par les trois personnes qu'il avait en face de lui. Comme un acteur désarmé sur scène, chaque froncement de sourcil, chaque regard en coin pouvaient se retourner contre lui. Tout portait à croire qu'il était à la merci des deux spectateurs susceptibles d'être les plus acerbes : les parents de Lina. L'expression décontenancée du père de Lina fut rapidement suivie d'une posture accusatrice à son égard. Dominic inspira lentement pour se donner le temps de réfléchir.
« Je dois vous avouer mon ignorance, monsieur, je ne connais pas les réseaux dont vous parlez. Sachez toutefois qu'il ne s'agit ni d'une blague, ni d'un canular. Je comprends que la méthode puisse laisser à désirer, mais c'est la seule en vigueur pour le moment, lorsqu'un enfant présente des signes de magie. » Dominic s'était retenu de prononcer le mot « moldu » : le père de Lina utilisait peut-être des mots qui lui étaient inconnues – comme ces « réseaux », dont il se demandait bien de quoi il pouvait s'agir, mais l'Anglo-soudanais devait, quant à lui, rester le plus clair et le plus transparent possible pour s'assurer que le message soit transmis et, avec un peu de chances, compris. Là débutait le deuxième acte de la saynète qui se jouait dans le restaurant.
La personne qui pouvait l'aider dans ce rôle, ce n'était ni Qian Zhao, ni son épouse, mais bien Lina, qui, comme peut-être tous les enfants né-moldus lorsqu'on leur apprenait la nouvelle, était dans la confusion la plus totale. Le professeur se tourna vers l'enfant tout en s'adressant aux parents. Ces derniers semblaient sensibles à l'érudition et à une certaine exigence dans l'éducation de leur fille, aussi Dominic s'appliqua-t-il à souligner que Lina n'était pas un cas isolé. « Dans notre établissement, beaucoup d'étudiants viennent de familles ne possédant pas de pouvoirs magiques. L'équipe éducative se donne pour mission d'accepter chacun et chacune avec les différences qui leur sont propres, pour assurer un accompagnement de qualité. »
L'Anglo-soudanais prit une pause, avant d'ajouter : « Malheureusement, les parents de ces enfants n'ont pas le choix. Si on laisse le flux magique de votre fille à l'état brut, sans possibilité de s'exprimer ni d'être maîtrisé, les conséquences pourraient être désastreuses. J'imagine que vous connaissez l'effet des maladies malignes sur le corps humain. Les cellules concernées subissent des mutations qui font que le corps s'attaque à lui-même, en quelque sorte. Eh bien... Une magie qui ne trouverait pas de canal pour s'exprimer pourrait s'apparenter à cette malignité. »
Dominic planta son regard dans celui du père. « Je ne prends pas la santé des élèves qui sont à ma charge à la légère, Monsieur Zhao. Soyez sûrs qu'à Poudlard, votre enfant sera en sûreté et protégée de ce risque. Chaque professeur y veille personnellement. »
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Je suis désolé pour ce retard, Lina !
524 mots.
#4c4b16 - Baleine gracieuse
« Je dois vous avouer mon ignorance, monsieur, je ne connais pas les réseaux dont vous parlez. Sachez toutefois qu'il ne s'agit ni d'une blague, ni d'un canular. Je comprends que la méthode puisse laisser à désirer, mais c'est la seule en vigueur pour le moment, lorsqu'un enfant présente des signes de magie. » Dominic s'était retenu de prononcer le mot « moldu » : le père de Lina utilisait peut-être des mots qui lui étaient inconnues – comme ces « réseaux », dont il se demandait bien de quoi il pouvait s'agir, mais l'Anglo-soudanais devait, quant à lui, rester le plus clair et le plus transparent possible pour s'assurer que le message soit transmis et, avec un peu de chances, compris. Là débutait le deuxième acte de la saynète qui se jouait dans le restaurant.
La personne qui pouvait l'aider dans ce rôle, ce n'était ni Qian Zhao, ni son épouse, mais bien Lina, qui, comme peut-être tous les enfants né-moldus lorsqu'on leur apprenait la nouvelle, était dans la confusion la plus totale. Le professeur se tourna vers l'enfant tout en s'adressant aux parents. Ces derniers semblaient sensibles à l'érudition et à une certaine exigence dans l'éducation de leur fille, aussi Dominic s'appliqua-t-il à souligner que Lina n'était pas un cas isolé. « Dans notre établissement, beaucoup d'étudiants viennent de familles ne possédant pas de pouvoirs magiques. L'équipe éducative se donne pour mission d'accepter chacun et chacune avec les différences qui leur sont propres, pour assurer un accompagnement de qualité. »
L'Anglo-soudanais prit une pause, avant d'ajouter : « Malheureusement, les parents de ces enfants n'ont pas le choix. Si on laisse le flux magique de votre fille à l'état brut, sans possibilité de s'exprimer ni d'être maîtrisé, les conséquences pourraient être désastreuses. J'imagine que vous connaissez l'effet des maladies malignes sur le corps humain. Les cellules concernées subissent des mutations qui font que le corps s'attaque à lui-même, en quelque sorte. Eh bien... Une magie qui ne trouverait pas de canal pour s'exprimer pourrait s'apparenter à cette malignité. »
Dominic planta son regard dans celui du père. « Je ne prends pas la santé des élèves qui sont à ma charge à la légère, Monsieur Zhao. Soyez sûrs qu'à Poudlard, votre enfant sera en sûreté et protégée de ce risque. Chaque professeur y veille personnellement. »
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Je suis désolé pour ce retard, Lina !
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