9 août 2024, 19:46
Au sommet du château
TREIZIÈME JOUR DU MOIS DE MAI 2049
Les escaliers de la volière s'étirent
@Enola Smith


Lorsque la fin du cours avait été annoncée, j'avais déserté les lieux sans même un mot au professeur. Je me souviendrai longtemps de cette séance de botanique plus que désastreuse. Dire que je n'avais pas la main verte serait un euphémisme. Mes cheveux que j'avais soigneusement noués pour ne pas les tâcher s'échappaient de l'élastique, affichant une auréole de feuilles et de brindilles tout droit sorties de la serre. La main que je passai sur ma joue y déposa une trace de terre, précédée de multiples autres éparpillées sur mon habit. Le terreau séchant contre ma peau me faisait frissonner. Je haïssais la sensation que créait ce dernier lorsque mes doigts se touchaient. Si je n'étais pas pressé, j'aurais filé jusqu'au dortoir pour me débarrasser de mon uniforme et me jeter sous la douche.

Il y a une dizaine de jours de cela, une lettre m'était parvenue. Écrite de la main de Martin - mon précepteur français - elle m'avait rappelé à mes manquements. En effet, je lui avais fait la promesse de garder contact et, depuis quelques mois, rien de ma plume ne lui avait été adressé. Pour pallier à ce manque, j'avais profité de ma soirée de la veille pour rédiger une réponse. Le travail avait été laborieux. Muni de ma plume, d'un parchemin vierge et d'un dictionnaire franco-anglais, j'avais tenté d'écrire quelque chose de convenable. Il s'agissait d'un assemblage de formules apprises par cœur, d'extraits d'anciennes lettres, d'erreurs de grammaire et d'anglais par moment.
Mon très cher Martin,
J'espère que tu vas bien. Moi ça va. Ashley ça va. Elle et moi s'amuser [beaucoup]*. Désolé pour le silence. [J'ai pensé à toi chaque jour mais le temps a filé sans que je le vois.] La France manquer à moi. Je veux les photos !! Poudlard est magnifique. [Les jours s'étirent, la vallée reprend des couleurs. Je suis sûr que tu adorerais. Je ne me lasse pas de regarder le soleil se coucher depuis mon lit. Cependant], mon cœur est dans le forêt des Pyrénées. Bientôt examens. Mais pas stress. Toi aller en vacances ?
Tu me manques. Bien à toi,
Ander
*Les mots entre crochets sont rédigés en anglais. Le reste de la lettre est en français.

Ceci fait, j'avais déposé ma plume. Au bout de diverses relectures, j'avais soigneusement plié le papier que j'avais pris soin de sceller. Il avait immédiatement filé au fond de ma sacoche. Hecta avait donné un léger coup de bec contre ma joue, le regard curieux. Mes doigts avait caressé avec tendresse les plumes sur sa tête. "On ira envoyer cette lettre demain ma belle. Elle est pour Martin. Tu sais ? Mon précepteur de France. Je t'ai déjà parlé de lui plusieurs fois. Pour l'instant, il faut ranger notre bazar et aller dormir ! C'est que j'ai cours demain. "

Demain était aujourd'hui. Je me hissai avec peine jusqu'à la volière et chaque marche m'arrachait un soupir. Le supplice pris fin suite à une énième volée de pas. Mes cuisses me brûlaient, mes poumons aussi. J'inspirai longuement pour apaiser ma douleur comme l'on soufflait sur une flamme pour l'éteindre. Enfin remis de mes émotions, je regardai autour de moi. Ce qui me frappa d'abord, où plutôt me saisit à la gorge était l'odeur épaisse et chaude de la fiente. Omniprésente, elle semblait ramper sous mes vêtements, s'immiscer sous ma peau. Vint ensuite le bruit. Une marée de plumes de toutes couleurs produisait une joyeuse cacophonie. Si je souhaitais éviter une migraine, être rapide serait préférable.

Je posai ma sacoche sur le plancher, en prenant bien soin de vérifier la propreté de ce dernier. Je m'accroupis pour me mettre à niveau dans un craquement de genoux. Mes articulations - meurtries d'avoir passées une heure debout dans la serre - protestaient bruyamment. Je frottai énergiquement mes paumes entre elles pour retirer l’excédent de terre. Puis, je les plongeai dans mon sac pour partir à la recherche de la lettre glissée la veille. Je retournai tous mes livres et parchemins en vain. Je décidai donc d'opter pour une autre technique. A l'aide de piles ordonnées, je vidais peu à peu ma besace dans l’objectif de dresser un inventaire de son contenu. Il n'y avait rien à faire, mes recherches n'aboutissaient qu'à l'échec. Je devais me rendre à l'évidence : la lettre ne se trouvait pas sur moi. Je répétai les évènements d'hier dans mon esprit et parvins à la conclusion que ma missive devait m'attendre quelque part en salle commune.

Résigné, je remballai mes affaire sans le soin précédemment montré, me redressai et sortis de la volière. Je ne savais pas que sur le sol de cette dernière m'attendait la fameuse lettre, échappée des pages d'un manuel. Je voyais uniquement la vertigineuse descente puis l'ascension qui me guiderait jusqu'à la seconde aile de la tour ouest où se trouvaient les quartiers azurés de ma maison.


En espérant que tout te convienne !

#004000 / troisième année ✰ promo 47 / fiche PRfiche PNJ

10 août 2024, 10:46
Au sommet du château
JEUDI 13 MAI 2049
Première année, 12 ans


La fillette venait à peine de sortir de son cours de vol qu'elle s'était ruée vers les escaliers menant à la volière. Elle avait beau être en nage après avoir volé pendant une heure, épuisée, elle ne pouvait attendre plus longtemps. Quelques jours auparavant, son frère lui avait expliqué que sa mère voulait lui parler. Enola ne comprenait pas. Celle-ci s'était montrée odieuse avec sa fille ces derniers mois, la brune n'ayant pas eu de nouvelles depuis les vacances, et tout d'un coup, elle voulait lui parler ? Ça ne lui disait rien qui vaille, et la Poufsouffle sentait son coeur se resserrait à mesure qu'elle gravissait les marches.

Le cours de cet après-midi là s'était plutôt bien passé, pour le plus grand bonheur de la fillette. Elle commençait vraiment à prendre confiance sur son balai, réalisant petit à petit que ça ne servait à rien d'avoir peur. À part la crisper sur son balai et lui tordre le ventre, ça ne l'avançait pas à grand chose et surtout pas à être en sécurité. Enola avait donc décidé de se concentrer sur cette sensation de liberté qu'elle adorait en volant, plutôt que sur cette angoisse qui lui rappelait sans cesse à quel point c'était dangereux. Elle le savait déjà et n'avait pas besoin de se le rappeler. Point final. Et étrangement, depuis qu'elle avait pris cette résolution, la première année se sentait beaucoup mieux sur son balai. Elle aimait de plus en plus voler et allait plus vite et plus haut, sans problème. C'est comme si le mur qui la barricadait auparavant s'était complètement effondré. La brune en était ravie, surtout à l'approche des examens de fin d'année.

Montant les escaliers aussi rapidement que ses jambes le lui permettaient, la brune sentait la sueur perlait en haut de son front. Ses footings matinales lui permettaient de ne pas être trop essoufflée quand elle traversait tout le château pour se rendre à ses cours, mais ne l'empêchait pas de souffrir le martyre quand elle montait à la volière. La montée était rude et semblait interminable, les marches s'enchaînant pendant de longues minutes.

Mais au bout de quelques minutes, la brune atteignit enfin la porte de la volière, soulagée. Elle pénétra à l'intérieur sans vraiment faire attention au garçon déjà présent, qui semblant fouiller son sac à la recherche de quelque chose. Une lettre sûrement. Ça ne la regardait pas vraiment, aussi se concentra-t-elle sur sa lettre à elle, pendue au bout de sa main gauche. Enola n'avait pas pris beaucoup de précaution pour l'écrire, décrétant que sa mère ne méritait absolument pas qu'elle fasse ses efforts pour elle. Comme elle n'avait pas d'hiboux à elle, la première année tendit sa lettre à un ses hiboux que l'école mettait à disposition des élèves, septique.

La jeune fille avait eu bien du mal à croire que des hiboux pouvaient transmettre ses messages à sa famille. Comment savaient-ils où aller ? Comment déposer les lettres ? Au début de l'année, Enola leur avait donné une lettre sans vraiment y croire, persuadée que celle-ci n'arriverait jamais à destination. Comme sa surprise avait été grande quand, quelques jours plus tard, elle avait reçu une réponse. Bien que toujours sceptique et curieuse, la fillette ne rechignait plus à transmette ses messages à des hiboux. De toute façon, elle n'avait pas vraiment d'autre choix.

La brunette s'attarda quelques minutes de plus, le temps de reprendre son souffle. La descente était toujours plus facile que la montée, mais elle ne souhaitait pas vraiment arriver en nage en bas. Elle observait d'un coin de l'oeil son camarade vider son sac en vain, définitivement à la rechercher de quelque chose. Celui-ci n'attendit pas bien longtemps avant de repartir, l'air désespéré.

Alors que la fillette allait le suivre, elle remarqua un petit papier par terre. Curieuse, elle se baissa pour le ramasser, le parcourant rapidement des yeux. La lettre était plutôt propre, devant probablement être la depuis quelques heures, voir minutes. C'est en réalisant ça que la brune se rappela que le garçon présent une petite minute auparavant était à la recherche de quelque chose. Et apparemment, Enola avait mis les mains dessus. Celle-ci n'attendit pas plus longtemps avant de courir à la suite de celui-ci, espérant qu'il n'allait pas trop vite. Elle devalait escaliers plus vite qu'elle ne l'avait jamais fait, croisant les doigts pour que le garçon soit encore là. Elle tomba dessus à peine quelques secondes plus tard, le brun avançant tranquillement.

- Hey, l'interpella-t-elle. Attends ! Elle reprit son souffle quelques secondes, attendant que le garçon se retourne vers elle pour continuer : Je crois que c'est à toi.

Si ce n'était pas à lui, la jeune sorcière allait se sentir sacrément bête. Au moins, elle avait fait la moitié du trajet retour. Il ne devait rester plus que quelques marches pour atteindre le bas de la tour.

@Ander Finlay j’espère que ce début te plaît :cute:

Troisième année 2050/2051 - Fiche PR
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2 nov. 2024, 10:46
Au sommet du château
Qualifiez-moi d'extrême mais la descente de la volière était proche de la descente aux Enfers. Épuisé d'avoir tant grimpé pour rien et le cœur lourd de déception, je me laissai aller à des pas plus formés par la gravité que par une volonté propre. De sorte que ma démarche semblait particulièrement chaloupée, balançant mes hanches et ma tête d'un côté puis de l'autre. Je savais bien que ça n'était pas la fin du monde, qu'une lettre ça se réécrivait. De toute façon, elle se trouvait quelque part en salle commune, n'est-ce p- "Hey !"

Une voix dans mon dos me fit me retourner. Doutant qu'elle me soit adressée, je fouillai tout de même les hauteurs d'un œil curieux, cherchant à comprendre l'origine d'une telle énergie. Il s'avéra que les mots m'étaient bel et bien destinés. Devant moi se tenait une Poufsouffle. Elle me fixait d'un regard vert, surmonté pour un œil d'une courte cicatrice. Je mordis instinctivement ma lèvre supérieure, comme pour vérifier que ma propre cicatrice ne s'était pas, elle aussi, volatilisée mystérieusement dans le Château. Le visage de la fille ne me disait rien. Je cherchai en vain un brin de familiarité entre tâches de rousseur et boucles chaudes. Je devinai à sa respiration qu'elle avait du se presser à ma suite.

Ma curiosité piquée, je descendis mon regard vers l'objet qu'elle me tendait. Il s'agissait de ma lettre ! Comment avait-elle atterri dans ses mains ? J'avalai la distance entre nous, remis d'un coup d'épaule mon sac en place et récupérai ma missive. Du bout du doigt, je caressai la surface pâle avant de la retourner pour voir le nom de Martin rédigé de mon écriture la plus distinguée. "Effectivement, c'est bien ma lettre. C'est étrange, je suis pourtant sûr d'avoir cherché partout." dis-je. Je demeurai pensif un instant, rejouant en esprit les scènes qui avaient précédées. Non, je ne comprenais définitivement pas.

Je glissai alors mon trésor retrouvé entre mes lèvres et entrepris de frotter de nouveau mes mains terreuses entre elles. Je vins gratter la pulpe de mes doigts de manière à retirer la matière incrustée dans les rainures de ma peau. Ce ne fut qu'une fois les risques de tâcher le papier écartés que je le repris en main. Pinçant juste assez fort pour l'empêcher de s'envoler.

"Tu l'as trouvée où ?" finis-je par demander. Je me doutai que mon sommeil ne pourrait être paisible tant que cette question ne serait pas répondue. Mes traits s'adoucirent à la lecture du prénom de Martin. La simple vue des lettres aux sonorités franches suffisait à me ramener trois ans en arrière. Me parvenaient depuis l'autre côté de la mer odeurs de neige et d'herbe brûlée. La maison aux allures de cabane n'avait rien de comparable au grandiose de mon manoir actuel mais savait nous bercer de son charme confortant. Elle respirait avec nous, dans les craquements du bois et l'expiration de la mousse. Je regrettais que Cælena n'y ait passé que si peu de temps.

Je me consumais d'impatience d'envoyer la lettre. Dans un autre contexte, je serais parti sans demander mon reste. Après tout, je ne connaissais pas la fille. Pour autant, elle m'avait ramené ma lettre, et y avait mis de l'effort. Je lui devais bien un peu de gratitude : "Dis, j'vais retourner dans la volière pour l'envoyer. C'est un peu pressé. Tu m'accompagnes ? On pourra discuter un peu en chemin.". Joignant le geste à la parole, je gravis quelques marches. Je me retournai pour inviter d'un regard la Jaune à me suivre. "Merci au fait, c'est sympa de l'avoir ramassée." lançais-je depuis mon promontoire.


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@Enola Smith

#004000 / troisième année ✰ promo 47 / fiche PRfiche PNJ

9 nov. 2024, 09:59
Au sommet du château
La jeune fille avait dévalé les marches quatre à quatre, ses pieds manquant de déraper sur les marches à chaque pas, si bien qu'elle avait à présent le souffle court. Arrivée devant le garçon, elle attendit qu'il se retourne tout en reprenant doucement sa respiration. Devant sa propre réaction à une course aussi courte, Enola ne put s'empêcher de remarquer à quel point elle était rapidement fatiguée. Ce n'était pourtant pas faute d'aller courir au moins une fois par semaine. Parfois même deux, quand elle trouvait le temps. Il allait falloir qu'elle trouve le moyen d'en faire plus, si elle était essoufflée aussi rapidement, alors qu'elle était capable de courir pendant des kilomètres sans se fatiguer. Elle pourrait essayer d'y aller trois fois au lieu de deux, quand ses semaines étaient peu chargées. Après tout, lire n'était pas toujours indispensable, elle pouvait donc remplacer ces moments par la course.

Le geste de son camarade la sortit de ses pensées, tandis que la lettre lui échappait des mains pour se retrouver dans celles de son propriétaire. Relevant les yeux, la Poufsouffle observa un peu plus attentivement le garçon alors que celui-ci parlait. Ses mots lui arrivaient dans les oreilles sans qu'elle ne les entende réellement, emportée très loin de la conversation. Bien plus grand elle, la première année devait lever la tête pour le regarder parler, des longues boucles brunes encadrant un visage anguleux. Il parlait d'une voix grave, ses yeux marrons plantés sur la lettre à peine retrouvé. Au bout de quelques secondes, Enola décréta qu'elle ne l'avait encore jamais aperçu.

Revenant sur terre, la seule phrase qui parvint clairement à ses oreilles fut "Tu l'as trouvée où ?". Ca, la sorcière pouvait y répondre.

- Elle était par terre, dans la volière, expliqua-t-elle. Dans un coin.

Comment expliquer plus clairement ? Là-haut, il n'y avait pas vraiment d'éléments distinctifs. A part des hiboux, des hiboux et encore des hiboux, la volière était en réalité assez vide. Ca pouvait paraître étonnant, connaissant la décoration recherchée du reste du château, mais cette pièce-là était surtout fonctionnelle. Simple, petite, efficace. Personne n'y passait beaucoup de temps, en même temps. C'était juste le temps d'effectuer un geste, de confier sa lettre puis de repartir. Seule la vue était remarquable, la hauteur de la tour donnant une vision surprenante de l'extérieur du château. Rien de plus, rien de moins.

Un sourcil étonné s'arqua sur son visage quand la jeune anglaise entendit la suite des paroles de son camarade. Pourquoi diable voulait-il qu'elle le raccompagne ? Certainement par politesse, même si la première année s'en serait bien passée. Ce n'était pas parce qu'elle lui avait ramené sa lettre qu'ils avaient besoin de discuter. D'apprendre à se connaître. Ramener le morceau de papier avait simplement semblé la bonne chose à faire sur le moment et puis, ça restait sur son chemin. Remonter toutes les marches allait être un défi pour ses jambes en compote, qui semblaient prête à défaillir à tout moment. D'un autre côté, le garçon semblait plutôt gentil. Nul besoin d'être désagréable avec lui. Et puis, qu'est-ce qu'elle ferait, une fois seule ? Elle ruminerait sur son frère et sa mère, une fois de plus, son coeur se serrant un peu plus à chaque nouvelle idée. Valait-ce vraiment le coup ?

- Euh oui, si tu veux, fit-elle avec précaution avant d'esquisser un léger sourire. De rien.

Elle le suivit ensuite à travers les marches, sentant déjà ses cuisses brûler. De quoi pouvait bien vouloir parler le brun ? Enola, elle, n'avait à ce moment-là aucune idée de conversation. De toute façon, elle n'avait pas pour habitude de se forcer à discuter. Elle verrait bien ce qui lui réserverait cette parenthèse.
618 mots

Troisième année 2050/2051 - Fiche PR
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