Recueil d'un Gryffondor
Au coin du feu
La veille de Noël 2038 (2 ans)
Chez les Blacksword
Chez les Blacksword
Un blanc manteau recouvrait les campagnes anglaises de l'Hampshire cette année-là. Tout était silencieux. Au loin, on pouvait observer les filets de fumée produits par les cheminées des foyers, seul mouvement brisant l'immobilité du paysage bloqué sous la neige. En ce temps, il faisait si froid qu'aucun animal ne se risquait à sortir. Tout était si calme, si blanc. Le monde aurait pu disparaitre qu'on ne s'en serait jamais rendu compte. Et pourtant, le ciel était immaculé. Bleu sans une once de blanc comme si tous les nuages avaient chuté de leur siège et s'étaient effondrés sur l'Angleterre telle une immense couverture blanche étouffant tout bruit et toute vie de l'île continentale.
Mais si on s'approche, rien qu'un peu, d'un logement, on voit que la vie y frétille encore. Si on plisse les yeux, derrière un carreau de fenêtre décoré pauvrement d'une petite guirlande verte imitant les aiguilles d'un sapin, on distingue des couleurs chaudes et une agitation allègre et festive. C'est Noël. Dans cette famille, il est fêté de différentes façons. Mais peu importe si c'est la religion qui vous amène, la chaleur, la joie ou bien l'odeur des plats alléchants préparés en cuisine à cette heure, vous y êtes le bienvenue.
Derrière la porte, celle qui mène au jardin et au petit potager recouvert de neige, il fait chaud. Entrez et vous pénétrerez dans une petite arrière cuisine sur laquelle chauffe le thé. Il y fait bon car le four est en route. Il chauffe depuis hier afin d'offrir une superbe dinde à la viande succulente et au parfum entêtant. Sur le côté, des petits gâteaux attendent leur tour. Ils ne sont pas encore cuits alors on peut encore distinguer la forme que le cuisinier a tenté de leur donné. Ici on peut voir un sapin, et là, un bonhomme de neige au chapeau sorcier.
Mais laissons la cuisine au cuisinier et avançons un peu dans la maison. En franchissant le palier de la cuisine, passant la petite table sur laquelle les enfants prennent le gouter pendant les vacances, vous rejoindrez un couloir. Sur la gauche, une large salle à manger est apprêtée pour accueillir un festin. La table en bois brut est recouverte d'une lourde nappe blanche imitant le manteau de l'hiver. Elle est ornée d'un chemin de table au rouge profond accueillant plusieurs cruches et centres de tables travaillés. La quantité de chaise qui entourent la tablée semblent signifier qu'il y eut, un moment, de nombreux invités, mais aujourd'hui, le couvert n'est placé que sur huit places. Laissons la table pour le repas et rejoignons le salon, dans lequel la petite famille est réunie. C'est la pièce la plus remplie de vie à cette heure. Un sapin de taille modeste observe la pièce dans un coin. Il sait que plusieurs cadeaux arriveront a ses pieds pendant la nuit, mais pour le moment, il profite de ne pas être le centre de l'attention. A sa gauche, une ancienne cheminée accueille un foyer crépitant.
Au coin du feu, on retrouve un jeune enfant. Il observe les flammes avec l’intérêt que seuls les tout-petits peuvent avoir. Peut-être qu'il y voit des choses. Il a l'air tant absorbé par le crépitement et la lueur qu'on pourrait croire qu'il est ailleurs. Sa mère, qui le surveille derrière, ignore tout de ce qui se passe dans le crâne de son fils, mais elle est heureuse qu'il soit au calme.
Aujourd'hui, c'est Noël et le monde, un instant, est apaisé.
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Recueil d'un Gryffondor
Lutte fraternelle (Partie 1)
- C'est Maddox ! Il m'a tapé ! hurle presque l'enfant, les yeux mi remplit de larmes mi remplit de rage.
Il pointe sa joue droite comme si l'origine de la légère rougeur qui apparaissait lentement était évidente. A son visage outré, on devine qu'il attend une réaction de la part de son parent, mais le visage de sa mère reste de glace. Elle le voit mais son regard semble pointer quelque chose derrière l'enfant.
- Maman ! fait l'enfant scandalisé, et enfin sa mère accepte de répondre.
- Lance, va jouer à autre chose tu veux bien. Ce n'est pas le moment. fait-elle en se pinçant l'arrête du nez. Elle a l'air fatiguée.
Et le petit repart, tapant des pieds sur le vieux plancher de la demeure. Heureusement, son caprice ne dure pas lorsqu'il aperçoit dans un encadrement de porte, le visage de son frère aîné et un large sourire machiavélique comme il savait tant bien le faire pour torturer le benjamin. Ce dernier d'ailleurs, détale en hurlant, claquant la porte qui mène au jardin dans le mince espoir de ralentir Maddox qui s'est déjà lancé à sa poursuite.
- Ugh... murmure la mère des enfants au claquement sonore de la vieille porte.
Lance galope de toutes se forces dans le jardin. Il court, très loin au fond pour rejoindre le petit bosquet où il sait qu'il peut se cacher. Mais le grand qui le poursuit ne compte pas le laisser disparaitre dans les sous-bois. Il joue à chat et Lance est sa proie. A vrai dire, les deux ne se rappellent pas d'où était parti cette rixe entre eux. Il savaient simplement comment elle finirait.
Peut-être que Lance avait piqué un objet dans la chambre de Maddox. Peut-être que c'était Maddox qui était aller chercher des noises à Lance par ennui. Personne ne sait.
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Recueil d'un Gryffondor
Toucher le ciel
Si l'évolution physique de Lance au cours de ses années d'école est très visible pour ses camarades et lui-même, elle est d'autant plus impressionnante pour ses parents qui, depuis sa rentrée à l'internat, ne le voient plus pendant ces longs mois dédiés à sa scolarité.
Isolé au nord de l'Ecosse, le manque de soleil n'empêche pas le jeune homme de gagner de nombreux centimètres au cours des semaines. Chaque jour, il découvre de nouvelles capacités et chaque jour, il en profite avec exaltation. Ses membres s'allongent, son visage poupon s’amincit. Bientôt, il pourrait regarder son frère dans les yeux sans avoir même besoin de se hisser sur la pointe des pieds pour paraître plus impressionnant.
Du point de vue de ses géniteurs, les dernières vacances ont été relativement marquantes. Leur dernier enfant rentrait à peine encore dans ses chaussures et il a fallu lui acheter rapidement de nouveaux vêtements. Ceux restés à la maison étaient désormais trop petits pour lui. Pour le père du petit, c'était sa faible corpulence qui l'inquiéta en premier. Dépassé par sa croissance soudaine, le corps de Lance, et cela malgré sa nouvelle faim insatiable, ne suivait pas la prise de masse rendant sa silhouette longiligne, presque comique et grotesque. Ses pieds, trop grands pour lui, le faisait régulièrement chuter. Ses longs bras se cognaient souvent sur des meubles et des murs auxquels ils n'avaient jamais cogné auparavant.
Et s'il avait changé physiquement, ses parents purent également être les témoins d'un changement mental et moral. Alors qu'avant l'enfant les gratifiait d'un regard énamouré, plein d'admiration et de reconnaissance lorsqu'on lui proposait de participer à la vie de la maison, aujourd'hui, il ne leur accordait qu'un regard venimeux parfois agrémenté de remarques désagréables dû à son cortex préfrontal encore sous-développé. Et pourtant, ce n'était certainement pas son genre. L'enfant avait toujours été serviable et agréable en compagnie des adultes. Les changements hormonaux dont il était la victime modifiait son comportement et en cela, il n'y pouvait rien.
Au même titre qu'il était impuissant face à ces poussées de croissances et ces brusques changements émotionnels, Lance était aussi la cible de terribles fatigues et de maux dont il ignorait l'origine. Habitué à se levé tôt, sortir de son lit devenait plus difficile. Rester en place face à son pupitre en classe devenait douloureux pour son dos mais aussi pour son moral. Une rage indéfinissable l'habitait et le poussait à dévorer ses repas mais aussi à voir des attaques là ou il n'y en avait pas. Ce sentiment indescriptible que le monde vous en veut sans pour autant n'en avoir de preuve concrète.
Loin d'être le seul à vivre ces changements au cours de sa croissance, la multitude d'enfants grandissant au sein de Poudlard rendaient l'ambiance de l'école saturée de ces étranges créatures chaotiques et éphémères qu'étaient les adolescents.
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Recueil d'un Gryffondor
L'antre du monstre
Délaissée lors des longues périodes scolaires, le chambre de Lance subit l'opération de nombreux changements lors des quelques semaines de présence du garçon au cours de l'année.
Pour commencer, plusieurs nouveaux posters de Quidditch rejoignirent la collection des quelques autres déjà affichés au mur. Les rares petits tableaux de son enfance furent bien sûr décrochés et rangés au grenier, remplacés par ses nombreuses affiches aux couleurs des Canons de Chudley et autres posters gratuits de balai nouvelle génération.
Son petit coffre à jouet fut vidé de son contenu. Seule sa collection de figurines de dragons méritait à ses yeux d'être exposée sur ses étagères. Le reste finit comme les vieux tableaux, au grenier. Côté vêtements, la penderie fut elle aussi vidée et rapidement renouvelée. Pourtant, parmi les tiroirs, peu de nouveaux vêtements. L'adolescent grandissait si vite que la famille prit le choix de récupérer les vêtements de l'ainé pour les donner au cadet au grand désespoir de ce dernier qui donnerai beaucoup pour une paire de chaussure neuve et non celle défoncée de son frère.
Sur son petit bureau, moins de crayons et de dessins. On pouvait y observer des copies, des lettres, des vieux paquets de bonbons terminés mais aussi un petit coffre contenant du liquide et quelques jolies pierres que le garçon avait trouvé au cours de sa vie.
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Morne matinée
POV Henry Blacksword (Père)
Un voile laiteux recouvrait le ciel du sud de l'Angleterre. Novembre était déjà bien entamé et avec lui, la chute des feuilles d'arbres qui peuplaient le petit parc derrière la maison des Blackswords. Il faisait encore sombre malgré l'heure avancée de la matinée. Les faiblards rayons de soleil peinaient à percer la fin couche nuageuse rendant l'atmosphère du début de l'hiver presque fantomatique.
Dans cette étrange atmosphère, Henry enfila ses bottes de jardinier et quitta la petite véranda pour rejoindre le jardin potager. L'adulte laissa échapper un soupir en observant les branches nues griffer le ciel comme quelques dents pointues d'un monstre immobile parmi les troncs. Pourtant ce n'était pas pour récolter des légumes que le sorcier était sorti ce matin-là mais pour récupérer des herbes. La fièvre d'Arlene ne l'avait pas quittée de la nuit et Henry n'en pouvait plus d'attendre sans rien faire.
L'égo de sa femme prenant tout le temps le dessus, elle refusa maintes et maintes fois les infusions que lui proposait son mari, prétextant que ses potions suffiraient à faire l'affaire. Mais Henry n'était pas dupe. Malgré les feintes de sa femme, il l'avait entendu gémir de douleur durant la nuit. Et le pincement de ses doigts sur l'arrête de son nez lui traduisait une chose, la migraine n'était toujours pas partie comme Arlene pouvait le prétendre.
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