Café de Nuit

26 août 2049
Avec @Adélaïde Brennen, coucou rappeltout
Avec @Adélaïde Brennen, coucou rappeltout
Il n'y a pas d'endroit où reposer son esprit, par les temps des festivités. Les rues sont bondées, et il n'y a plus place aux réflexions. On a beau chercher calme et solitude, il n'est pas si facile de s'isoler dans la ville sorcière la plus réputée de l'Angleterre. Mais Faith, comme toute jeune fille ignorante, avait cru qu'à treize ans, elle allait pouvoir se reposer sur ses lauriers dans un bistro du coin, seule.
Elle était ignorante, l'avais je mentionné ? De venir accompagnée dans un endroit qu'elle ne connaissait pas à son âge, ce n'était pas très futé. C'est même à dire que c'était assez valeureux, comme acte. Pourtant, Faith préférait être identifiée de quelqu'un de tout, sauf valeureux. Elle était une Serpentard, et les Serpentard ne baissaient pas les bras. C'est donc après une longue journée en compagnie de Meredith et de sa mère, qu'elle leur avait demandé si elle allait pouvoir aller au café.
Étonnement, la mère de son amie accepta le départ de la jeune fille qu'elle gardait pour cette semaine, et elle en profita même pour prévoir une petite sortie avec sa fille. En effet, depuis l'arrivée de Faith, elles n'avaient pas eu de moment juste toutes les deux. Bien que la jeune blonde et sa copine souhaitaient ne pas être prises en mode "petites amies", elles avaient tout fait ensemble, sans blague.
Maintenant, en ce vingt-six août, elle regardait sa montre, un peu désespérée à l'idée de la rentrée, mais quand même assez contente de la soirée qui s'annonçait. En effet, autours de dix-sept heure, avant le dîner, la mère de Meredith emmena Faith dans le café de Godric's Hollow, avec ses plumes, son encre et ses parchemins, prête à aller écrire, ou même dessiner, au chaud, dans un endroit qui lui donnait de bonnes impressions. En effet, déjà, même si la ville était très remplie depuis les Quadriennales, la ville peuplée était un refuge assez sécure, bien que très bruyant. À ne pas nier.
Lena l'emmena donc devant le café du rosier, et elle passa le seuil de la porte, contente du réconfort que la ville lui procurerait pour la soirée. Elle s'installa donc rapidement à une table, déposa son matériel sur l'épaule, et commença à utiliser l'encre comme elle aurait utilisé un crayon de plomb dans son école primaire. Elle ne savait pas qui dessiner, car elle avait choisi ce passe temps, mais quand une femme aux longs cheveux noirs et à la robe grandiose rentra, elle su qu'elle avait un modèle. Grande, belle et gracieuse, elle n'aurait choisi personne d'autre, même si Harry Potter était entré dans la salle. L'angle dans lequel elle s'était placée était intéressant à explorer. Elle sourit.
Une vingtaine de minutes plus tard, elle avait déjà le visage bien dessiné sur la feuille, et elle commençait à avoir une petite fringale. Elle avait déjà mangé à sa faim, ce soir là, mais d'être entourée d'odeurs qui flattaient ses narines de telles, elle ne put d'empêcher de lâcher sa plume pour aller au moins s'acheter un thé, de quoi lui réchauffer la gorge, car même en été, les chaleurs devenaient froide quand venait le temps de la nuit... L'automne approchait, de même.
Avec quelques mornilles, elle se paya un thé au rose, qui représentait assez bien la boutique, mais ne remarqua pas qui se trouvait près d'elle quand elle marcha sur la robe de la femme qui lui avait servi de modèle quelques minutes plus tôt. Elle se sentit immédiatement mal à l'aise; une pièce de collection de la sorte, comme elle portait, devait couter la peau des fesses, et Faith avait parcouru les rues de Godric's Hollow toute la journée... Ses souliers devaient être sales aussi... Elle était mal...
Elle se redressa aussitôt, et les yeux apeurés, elle dit à la dame : « Je suis dé-solée... J'espère que je ne l'ai pas taché, votre robe... Magnifique qui plus est... » Elle n'hésita pas, ni plus ni moins, et lui offrit la boisson qu'elle n'avait pour le moment pas touché, détournant les yeux. « Acceptez ceci, je ne peux rien faire d'autre... » Et elle garda le regard détourné vers la porte, hésitant presque à retourner à la maison familiale des Clayton, morte de honte pour quelque chose de pas si grave que ça...
Elle était ignorante, l'avais je mentionné ? De venir accompagnée dans un endroit qu'elle ne connaissait pas à son âge, ce n'était pas très futé. C'est même à dire que c'était assez valeureux, comme acte. Pourtant, Faith préférait être identifiée de quelqu'un de tout, sauf valeureux. Elle était une Serpentard, et les Serpentard ne baissaient pas les bras. C'est donc après une longue journée en compagnie de Meredith et de sa mère, qu'elle leur avait demandé si elle allait pouvoir aller au café.
Étonnement, la mère de son amie accepta le départ de la jeune fille qu'elle gardait pour cette semaine, et elle en profita même pour prévoir une petite sortie avec sa fille. En effet, depuis l'arrivée de Faith, elles n'avaient pas eu de moment juste toutes les deux. Bien que la jeune blonde et sa copine souhaitaient ne pas être prises en mode "petites amies", elles avaient tout fait ensemble, sans blague.
Maintenant, en ce vingt-six août, elle regardait sa montre, un peu désespérée à l'idée de la rentrée, mais quand même assez contente de la soirée qui s'annonçait. En effet, autours de dix-sept heure, avant le dîner, la mère de Meredith emmena Faith dans le café de Godric's Hollow, avec ses plumes, son encre et ses parchemins, prête à aller écrire, ou même dessiner, au chaud, dans un endroit qui lui donnait de bonnes impressions. En effet, déjà, même si la ville était très remplie depuis les Quadriennales, la ville peuplée était un refuge assez sécure, bien que très bruyant. À ne pas nier.
Lena l'emmena donc devant le café du rosier, et elle passa le seuil de la porte, contente du réconfort que la ville lui procurerait pour la soirée. Elle s'installa donc rapidement à une table, déposa son matériel sur l'épaule, et commença à utiliser l'encre comme elle aurait utilisé un crayon de plomb dans son école primaire. Elle ne savait pas qui dessiner, car elle avait choisi ce passe temps, mais quand une femme aux longs cheveux noirs et à la robe grandiose rentra, elle su qu'elle avait un modèle. Grande, belle et gracieuse, elle n'aurait choisi personne d'autre, même si Harry Potter était entré dans la salle. L'angle dans lequel elle s'était placée était intéressant à explorer. Elle sourit.
Une vingtaine de minutes plus tard, elle avait déjà le visage bien dessiné sur la feuille, et elle commençait à avoir une petite fringale. Elle avait déjà mangé à sa faim, ce soir là, mais d'être entourée d'odeurs qui flattaient ses narines de telles, elle ne put d'empêcher de lâcher sa plume pour aller au moins s'acheter un thé, de quoi lui réchauffer la gorge, car même en été, les chaleurs devenaient froide quand venait le temps de la nuit... L'automne approchait, de même.
Avec quelques mornilles, elle se paya un thé au rose, qui représentait assez bien la boutique, mais ne remarqua pas qui se trouvait près d'elle quand elle marcha sur la robe de la femme qui lui avait servi de modèle quelques minutes plus tôt. Elle se sentit immédiatement mal à l'aise; une pièce de collection de la sorte, comme elle portait, devait couter la peau des fesses, et Faith avait parcouru les rues de Godric's Hollow toute la journée... Ses souliers devaient être sales aussi... Elle était mal...
Elle se redressa aussitôt, et les yeux apeurés, elle dit à la dame : « Je suis dé-solée... J'espère que je ne l'ai pas taché, votre robe... Magnifique qui plus est... » Elle n'hésita pas, ni plus ni moins, et lui offrit la boisson qu'elle n'avait pour le moment pas touché, détournant les yeux. « Acceptez ceci, je ne peux rien faire d'autre... » Et elle garda le regard détourné vers la porte, hésitant presque à retourner à la maison familiale des Clayton, morte de honte pour quelque chose de pas si grave que ça...
Dernière modification par Faith Cobain le 3 nov. 2024, 21:43, modifié 1 fois.
Je change de compte et désolée, mais ce n'est pas un poisson d'avril ! (Hiboutez moi au moindre doute
Avatar par Clarke Kane !
Café de Nuit
Il faisait doux ce jour-là. Assez doux, pour un jour d'été. Adélaïde avait passé une ou deux heures dans les petites boutiques de la ville, comme à son habitude. Elle était ressortie des commerces avec une nouvelle liste de babioles à acheter, grande comme une maison. Par chance, rien ni personne ne pouvait l'empêcher de faire ces achats, de les étaler dans l'appartement, et d'en vanter les mérites auprès de ses connaissances. Là était l'avantage d'être célibataire.
C'est donc, la tête pleine d'idées de décoration pour son salon et sa salle de bain qu'elle était entrée au café du rosier pour y boire un petit quelque chose qui l'aiderait à tenir éveillée une partie de la nuit. À la maison, le matériel était déjà préparé, car, ce soir, elle peindrait. Cela faisait un moment qu'elle n'avait pas joué avec les couleurs, les mélanges, les pinceaux et la toile. Il faut dire que ces derniers mois avaient été assez remplis. Les vacances d'été attiraient beaucoup de jeunes sorciers accompagnés de leurs familles, au musée. Ainsi, les autres guides et elle avait des journées un peu plus remplies qu'à l'ordinaire. Rien de bien fatiguant, était ce que l'allemande se répétait en boucle depuis deux mois, en quête d'une quelconque auto-rassurance. Bien que peu utile, ce petit brin de pensée était devenu un rituel amusant qu'elle pratiquait à chaque ouverture, et lui donnait le sourire.
Adélaïde s'était calmement assise sur une petite chaise dans un coin du café, et avait tranquillement consommé une tasse de thé en pensant à la nuit qui tomberait dans quelques heures, comme le rideau annonçait la fin d'un spectacle. Le après, peu de gens s'y intéressait. Pourtant, ce après était là plus belle chose dont on pouvait rêver. La nuit à Godric's Hollow valait tout autant que les coulisses d'un théâtre après une représentation. C'était dans ces moments que naissaient les plus belles œuvres, tel les comédiens qui se regroupaient à la fin de la représentation en se serrant fort dans leurs bras.
Elle se laissait bercer par la musique d'une soirée d'été en appréciant sa propre compagnie, déjà bien suffisante. Elle avait bien remarqué ce petit bout d'enfant qui lui jetait de petits coups d'œil une fois toute les dix secondes. Il fallait avouer que ce petit jeu était assez mignon, et laissait donc la petite fille continuer ce qu'elle effectuait.
Un peu plus tard, lorsqu'elle eut fini sa boisson, la trentenaire quitta son assise pour payer au comptoir. Une poignée de mornilles déposées sur le plan de travail et le tour était joué. Elle se retourna furtivement, sa robe flottant autour de ses jambes rapides. Elle fit quelques pas en direction de la sortie mais fut retenu par une force inconnue. Un léger crac superficiel se fit entendre, et un petit morceau de tissu superficiel lui retomba sur le talon. C'était totalement inattendu. Adélaïde se retourna, à la recherche de l'origine de cet incident.
La petite bouille de la jeune fille de tout à l'heure lui faisait face, apparemment légèrement paniquée. Celle-ci se répandit en excuses tandis que l'adulte la fixait, attendrie.
— Il n'y a aucun mal. Rien de grave.
Elle jeta un léger coup d'œil à l'état de sa robe avant de sortir sa baguette.
— Reparo. Tu vois ? C'est arrangé.
Oh, et c'est très gentil de ta part mais tu as payé cette boisson, garde-la, je ne la prendrai pas.
Assura-t-elle d'une voix maternelle. La petite blonde avait air d'enfant adorable, avec sa petite moue inquiète. Pourquoi était-elle dans un état pareil pour un simple petit accident ?
Entre temps, la brune avait réfléchi à ce que pouvait bien faire cette enfant, quelques minutes auparavant. Ce genre de regards répétitifs, c'est exactement ce qu'elle faisait lorsqu'elle peignait un modèle. Mais alors, la jeune fille savait-elle dessiner ? Adélaïde s'apprêtait à sortir mais fit un petit demi-tour gracieux avec sa canne.
— Tu dessines, n'est-ce pas ?
Elle souriait. Si son observation était confirmée, cela ferait d'elle une femme comblée. Les enfants qui dessinent détiennent le pouvoir de l'art, bien plus important que quelconque discours politique ou thèse scientifique. Le pouvoir de la création appartenait à une élite resserrée qui à elle seule pourrait refaire le monde.
704
C'est donc, la tête pleine d'idées de décoration pour son salon et sa salle de bain qu'elle était entrée au café du rosier pour y boire un petit quelque chose qui l'aiderait à tenir éveillée une partie de la nuit. À la maison, le matériel était déjà préparé, car, ce soir, elle peindrait. Cela faisait un moment qu'elle n'avait pas joué avec les couleurs, les mélanges, les pinceaux et la toile. Il faut dire que ces derniers mois avaient été assez remplis. Les vacances d'été attiraient beaucoup de jeunes sorciers accompagnés de leurs familles, au musée. Ainsi, les autres guides et elle avait des journées un peu plus remplies qu'à l'ordinaire. Rien de bien fatiguant, était ce que l'allemande se répétait en boucle depuis deux mois, en quête d'une quelconque auto-rassurance. Bien que peu utile, ce petit brin de pensée était devenu un rituel amusant qu'elle pratiquait à chaque ouverture, et lui donnait le sourire.
Adélaïde s'était calmement assise sur une petite chaise dans un coin du café, et avait tranquillement consommé une tasse de thé en pensant à la nuit qui tomberait dans quelques heures, comme le rideau annonçait la fin d'un spectacle. Le après, peu de gens s'y intéressait. Pourtant, ce après était là plus belle chose dont on pouvait rêver. La nuit à Godric's Hollow valait tout autant que les coulisses d'un théâtre après une représentation. C'était dans ces moments que naissaient les plus belles œuvres, tel les comédiens qui se regroupaient à la fin de la représentation en se serrant fort dans leurs bras.
Elle se laissait bercer par la musique d'une soirée d'été en appréciant sa propre compagnie, déjà bien suffisante. Elle avait bien remarqué ce petit bout d'enfant qui lui jetait de petits coups d'œil une fois toute les dix secondes. Il fallait avouer que ce petit jeu était assez mignon, et laissait donc la petite fille continuer ce qu'elle effectuait.
Un peu plus tard, lorsqu'elle eut fini sa boisson, la trentenaire quitta son assise pour payer au comptoir. Une poignée de mornilles déposées sur le plan de travail et le tour était joué. Elle se retourna furtivement, sa robe flottant autour de ses jambes rapides. Elle fit quelques pas en direction de la sortie mais fut retenu par une force inconnue. Un léger crac superficiel se fit entendre, et un petit morceau de tissu superficiel lui retomba sur le talon. C'était totalement inattendu. Adélaïde se retourna, à la recherche de l'origine de cet incident.
La petite bouille de la jeune fille de tout à l'heure lui faisait face, apparemment légèrement paniquée. Celle-ci se répandit en excuses tandis que l'adulte la fixait, attendrie.
— Il n'y a aucun mal. Rien de grave.
Elle jeta un léger coup d'œil à l'état de sa robe avant de sortir sa baguette.
— Reparo. Tu vois ? C'est arrangé.
Oh, et c'est très gentil de ta part mais tu as payé cette boisson, garde-la, je ne la prendrai pas.
Assura-t-elle d'une voix maternelle. La petite blonde avait air d'enfant adorable, avec sa petite moue inquiète. Pourquoi était-elle dans un état pareil pour un simple petit accident ?
Entre temps, la brune avait réfléchi à ce que pouvait bien faire cette enfant, quelques minutes auparavant. Ce genre de regards répétitifs, c'est exactement ce qu'elle faisait lorsqu'elle peignait un modèle. Mais alors, la jeune fille savait-elle dessiner ? Adélaïde s'apprêtait à sortir mais fit un petit demi-tour gracieux avec sa canne.
— Tu dessines, n'est-ce pas ?
Elle souriait. Si son observation était confirmée, cela ferait d'elle une femme comblée. Les enfants qui dessinent détiennent le pouvoir de l'art, bien plus important que quelconque discours politique ou thèse scientifique. Le pouvoir de la création appartenait à une élite resserrée qui à elle seule pourrait refaire le monde.
704
Café de Nuit
La femme avait l'air royale, et quand à elle, Faith regardait ses pieds l'air miteux. Elle se sentait mal. Mais pourquoi tant pour si peu finalement ? Eh bien elle s'était dit que si la femme était si bien habillée, avec un air si soigné, si belle et gracieuse, c'était bien parce qu'elle tenait sûrement à son affiche et aux morceaux qu'elle faisait refléter sur elle. Et la blonde ne voulait aucunement blesser son image, mais elle était partie pour ça, et elle allait comme toujours faire mal figure.
Contre toute attente, c'est le sourire attendri de la femme qui la surprit aussitôt. Elle cligna deux fois des yeux pour s'en assurer, mais oui, elle ne lui en voulait pas du tout. Elle avait donc paniqué pour rien ? Ou alors la femme mentait, tout simplement. Elle mentait cruellement et cela, Faith parviendrait à le cerner.
La jeune fille avait toujours été très douée pour discerner les sentiments de ses interlocuteurs ou des gens qu'elle abordait. Elle ne parlait pas beaucoup, mais à travers les paroles des autres, les voyait des vérités cruelles ou pas, exprimées par la personne. Mais cette fois, elle l'entendait, mais elle ne ressentait que les pures vérités que la femme avait déjà soulevé. Rien de grave.
Elle se calma, et sa respiration reprit son courant normal. Comme souvent, elle s'en était fait pour absolument rien. Enfin, cela aurait vraiment dépendu de la personnalité et de l'acceptabilité de la personne; si elle avait eu affaire avec une vieille bonne femme, peut être cela n'aurait il pas pu être la même chose, littéralement.
Elle regarda tout de même le bout de tissu déchiré au sol, avec quand même un petit mauvais feeling. Elle l'avait tout de même déchiré... Mais avant de continuer à sombrer dans ses lourdes pensées, elle pensa tout de même à remercier la femme pour sa gentillesse, puisqu'elle venait de déchirer ce qui devait être une pièce de collection, et elle allait devoir tout recoudre maintenant...
— Je vois. Merci beaucoup, madame.
Assura t-elle avant de laisser la principale concernée dire ce qu'elle allait dire. Reparo, pensa t-elle. Mais pourquoi n'y avait elle pas pensé plutôt ? Elle qui se sentait si mal pour rien que ça... Tandis que comme toujours, il y avait un sort pour tout réparer. Faith se sentait stupide au bout.
— Effectivement... murmura t-elle. Pourquoi n'y avais je pas pensé ? Tout ce cinéma pour rien.
Elle avait pensé à voix basse, tout en évitant les injures envers elle même. Elle ne remercia pourtant pas la femme une énième fois et se contenta tout simplement de sourire faiblement à la dame et d'acquiescer quand elle lui dit de garder sa boisson. C'était vrai qu'elle l'avait bien payé de sa poche mais si c'était la moindre des choses qu'elle pouvait faire...
Pourtant la robe était maintenant réparée, et les problèmes, écartés, tout simplement.
Elle s'en allait regagner sa place pour continuer son dessin, mais la femme partait. Et cette femme était son sujet, son model, la base de son œuvre à en devenir. Allait elle lui rendre l'art en question ? Peut être que oui, peut être que non, mais si elle partait, rien de tout cela n'arriverait aucunement.
Mais comme par coïncidence, la brune fit demi-tour et porta ses yeux sur Faith. Elle l'avait remarqué. C'était vrai qu'elle n'avait pas été tout à fait discrète, mais au lieu d'être fâchée, une nouvelle fois, c'est avec grâce qu'elle lui demanda.
Son visage devint à la fois rouge, et s'illumina. La femme semblait en être enchantée, et Faith l'était aussi... Bien qu'elle se sentait un peu gênée. L'art était une façon de s'exprimer, et elle mettait des émotions à ses portraits. Cette fois, c'était bien à cette dame qu'elle avait commencé à donner vie en assemblant les tons de sa trousse à crayons. Elle aurait apprécié savoir comment faire bouger ses portraits comme on le faisait avec les photos sorcières, mais elle sentait que le début de son portrait était assez vivant comme cela et, elle était apte à le montrer. Et elle parla finalement.
— En effet. C'est un art auquel j'aime toucher. Cela aide à s'exprimer et à montrer notre intérieur. dit-elle en toute sincérité, bien que la phrase soir quand même très classe pour être de la Serpentarde.
— Désirez vous voir ? Le portrait n'est pas complété, au contraire, il ne s'agit que d'une ébauche mais... Je le trouve quand même joli à sa façon.
Son teint rosi par la gêne redescendit à son blanc habituel. Elle se sentait un poil plus à l'aise, maintenant qu'elle parlait d'une de ses précieuses passions.
775
Contre toute attente, c'est le sourire attendri de la femme qui la surprit aussitôt. Elle cligna deux fois des yeux pour s'en assurer, mais oui, elle ne lui en voulait pas du tout. Elle avait donc paniqué pour rien ? Ou alors la femme mentait, tout simplement. Elle mentait cruellement et cela, Faith parviendrait à le cerner.
La jeune fille avait toujours été très douée pour discerner les sentiments de ses interlocuteurs ou des gens qu'elle abordait. Elle ne parlait pas beaucoup, mais à travers les paroles des autres, les voyait des vérités cruelles ou pas, exprimées par la personne. Mais cette fois, elle l'entendait, mais elle ne ressentait que les pures vérités que la femme avait déjà soulevé. Rien de grave.
Elle se calma, et sa respiration reprit son courant normal. Comme souvent, elle s'en était fait pour absolument rien. Enfin, cela aurait vraiment dépendu de la personnalité et de l'acceptabilité de la personne; si elle avait eu affaire avec une vieille bonne femme, peut être cela n'aurait il pas pu être la même chose, littéralement.
Elle regarda tout de même le bout de tissu déchiré au sol, avec quand même un petit mauvais feeling. Elle l'avait tout de même déchiré... Mais avant de continuer à sombrer dans ses lourdes pensées, elle pensa tout de même à remercier la femme pour sa gentillesse, puisqu'elle venait de déchirer ce qui devait être une pièce de collection, et elle allait devoir tout recoudre maintenant...
— Je vois. Merci beaucoup, madame.
Assura t-elle avant de laisser la principale concernée dire ce qu'elle allait dire. Reparo, pensa t-elle. Mais pourquoi n'y avait elle pas pensé plutôt ? Elle qui se sentait si mal pour rien que ça... Tandis que comme toujours, il y avait un sort pour tout réparer. Faith se sentait stupide au bout.
— Effectivement... murmura t-elle. Pourquoi n'y avais je pas pensé ? Tout ce cinéma pour rien.
Elle avait pensé à voix basse, tout en évitant les injures envers elle même. Elle ne remercia pourtant pas la femme une énième fois et se contenta tout simplement de sourire faiblement à la dame et d'acquiescer quand elle lui dit de garder sa boisson. C'était vrai qu'elle l'avait bien payé de sa poche mais si c'était la moindre des choses qu'elle pouvait faire...
Pourtant la robe était maintenant réparée, et les problèmes, écartés, tout simplement.
Elle s'en allait regagner sa place pour continuer son dessin, mais la femme partait. Et cette femme était son sujet, son model, la base de son œuvre à en devenir. Allait elle lui rendre l'art en question ? Peut être que oui, peut être que non, mais si elle partait, rien de tout cela n'arriverait aucunement.
Mais comme par coïncidence, la brune fit demi-tour et porta ses yeux sur Faith. Elle l'avait remarqué. C'était vrai qu'elle n'avait pas été tout à fait discrète, mais au lieu d'être fâchée, une nouvelle fois, c'est avec grâce qu'elle lui demanda.
Son visage devint à la fois rouge, et s'illumina. La femme semblait en être enchantée, et Faith l'était aussi... Bien qu'elle se sentait un peu gênée. L'art était une façon de s'exprimer, et elle mettait des émotions à ses portraits. Cette fois, c'était bien à cette dame qu'elle avait commencé à donner vie en assemblant les tons de sa trousse à crayons. Elle aurait apprécié savoir comment faire bouger ses portraits comme on le faisait avec les photos sorcières, mais elle sentait que le début de son portrait était assez vivant comme cela et, elle était apte à le montrer. Et elle parla finalement.
— En effet. C'est un art auquel j'aime toucher. Cela aide à s'exprimer et à montrer notre intérieur. dit-elle en toute sincérité, bien que la phrase soir quand même très classe pour être de la Serpentarde.
— Désirez vous voir ? Le portrait n'est pas complété, au contraire, il ne s'agit que d'une ébauche mais... Je le trouve quand même joli à sa façon.
Son teint rosi par la gêne redescendit à son blanc habituel. Elle se sentait un poil plus à l'aise, maintenant qu'elle parlait d'une de ses précieuses passions.
775
Je change de compte et désolée, mais ce n'est pas un poisson d'avril ! (Hiboutez moi au moindre doute
Avatar par Clarke Kane !
Café de Nuit
La fillette semblait un peu prise de court. Adélaïde ne pouvait que la comprendre : se retrouver dans une telle situation, ce n'était jamais très plaisant, surtout à son âge. Avec sa peau lisse, sa petite taille et ses grands yeux pétillants, elle ne pouvait avoir au-dessus de treize ans, un peu moins peut-être. Il était difficile de réellement lui donner un âge. Si elle se fiait seulement à l'apparence, ses suppositions ne seraient pas allées plus loin que douze ans. Mais si on ajoutait à cela la vivacité qui se dessinait dans ses yeux, on pouvait facilement lui donner quatre ans de plus. De toute façon, l'âge n'était qu'un nombre sans importance intellectuelle, qui n'était qu'utile à l'administration. Des enfants pouvaient sembler extrêmement matures, tandis que le comportement de certains adultes s'apparente à celui d'un enfant se 8 ans en pleine crise existentielle lorsqu'on lui refusait une glace chez le marchand.
La blondinette semblait appartenir à cette première catégorie. Sa façon charmante de s'excuser pour une simple maladresse sans importance avait attendri le cœur maternel de la trentenaire, dont le visage affichait un air de mère lorsque son enfant prononçait ses premiers mots.
Adélaïde se tenait droite sur sa canne et hocha doucement la tête en guise de réponses aux remerciements de sa jeune interlocutrice. Inutile de se préoccuper plus longtemps de cette histoire, qui appartenait désormais au passé. Elle ne releva pas la remarque de l'autre, qui s'adressait de toute évidence à sa propre personne, comme une sorte de reproche. La phrase avait été prononcée d'une si petite voix qu'il était évident qu'elle n'était pas censée l'entendre. C'est donc ce qu'elle prétendit faire, en balayant le café du regard pour patienter.
Puis, calmement, comme si elle y avait été invitée, elle suivit l'apprentie sorcière jusqu'à sa table, où elle s'installa sur un petit fauteuil moelleux. Sa robe remontait un peu, et faisait des plis au niveau de la taille, mais ce n'était pas désagréable pour autant. Simplement encombrant. Une fois la canne posée contre la petite table de bois, elle croisa les jambes et se rapprocha un peu, comme pour montrer son intérêt.
Sur la table, quelques feuilles étaient éparpillées, signe du passage d'une la plume créative. Si ses sens ne la trompaient pas, l'Allemande lui avait servi de modèle. Elle ne pouvait qu'approuver ce choix de goût, se tenant elle-même en haute estime et transportant jour après jour son ego surdimensionné, qu'elle arrivait pourtant à merveilleusement bien dissimuler. Elle ne voulait pas être confondue avec une vieille bique superficielle rattachée à son argent, même s'il fallait avouer que ce dernier point était plutôt vrai.
Elle acquiesça à l'explication de celle qui lui faisait face. La petite avait une perception de l'art assez précise pour son âge. D'habitude, les gens tenaient ce genre de propos à 30 ans, pas à 13 ; en si peu d'années de vie, il leur était souvent impossible de ressentir cette sensation de légèreté qu'était poser ses émotions sur une toile. Pourtant, elle semblait sincère. Elle avait dû plonger dans le monde de l'art dès la naissance, il n'en était pas possible autrement.
— Je comprends. L'art est un monde bien compliqué, qui possède de nombreuses portes pour les gens qui savent s'y prêter. Certains y trouvent un réconfort, d'autres une source d'inquiétude. C'est assez subjectif.
Ce n'était pas celui qui tenait le pinceau qui était maître de son tableau, mais l'esprit résidant dans l'au-delà, subitement sollicité d'une façon qu'on ne retrouverait nul par ailleurs. L'artiste n'était pas un corps matériellement présent, mais une addition de parcelles de pensées, de sensations, de ressentis, de souvenirs, et, les muscles pouvaient essayer autant qu'ils le souhaitaient, jamais ils ne réussiraient à prendre le dessus sur l'esprit divin de l'artiste.
La fille avait encore beaucoup à apprendre, à explorer dans ce domaine. Elle découvrirait les phases plus sombres de l'expression par les traits et la couleur, mais également les soulagements des retrouvailles avec sa palette, son crayon, sa plume ou tout autre équipement destiné à cette activité.
Elle sourit timidement en clignant lentement des paupières pour exprimer son envie de regarder son croquis.
— J'aime les croquis, presque autant que l'œuvre finale. Ce sont eux qui révèlent la nature de celui ou celle qui en est à l'origine. De Vinci avait passé des années sur la Joconde. Selon lui, elle n'était toujours pas terminée, quelques jours avant son décès. Il réfléchissait beaucoup, son esprit scientifique reprenait sans cesse le dessus. Ce tableau n'est pas le meilleur exemple de sa grandeur. Cependant, tu remarqueras que ses dessins au crayon étaient tout aussi merveilleux, même si bien différents. Comme l'homme de Vitruve, par exemple.
L'adulte ne savait pas réellement comment elle en était arrivée à faire un monologue sur cet homme, et la petite n'avait sûrement rien saisi de ce qui lui avait été raconté, mais c'était un détail. On ne comprend pas tout du premier coup, et le sentiment de compréhension, des mois plus tard, lorsqu'on apprenait un petit détail qui complétait ce qu'on n'avait pas pu intégrer, était un exquis mélange entre la satisfaction et l'ascension de sa propre estime. En attendant, elle avait hâte de voir ce qu'avait pondu la petite. Il y avait de grandes chances que cela ne soit pas à la hauteur de ses attentes : elle voyait toujours trop grands, en tout et n'importe quoi. Pour être tout à fait honnête, bien que cela la flatte beaucoup, elle n'appréciait pas plus que ça qu'on la représente. Elle avait toujours peur de se rendre compte que les autres avaient une image bien différente de comment elle se voyait, et c'était trop dur à accepter. Adélaïde était toujours partie du principe que seule sa vision d'elle-même comptait, mais celle des autres était inévitable. Un jour ou l'autre, on finissait toujours par se retrouver confronté à une dure vérité. Elle avait peur d'avoir sombré dans un monde qui n'existait pas, d'avoir fabulé des merveilles dans sa tête, et d'être totalement déconnectée de la réalité. Mais ce qui la terrifiait encore plus, c'était l'avis d'un enfant. Ceux-là représentaient toujours les choses avec beaucoup de simplicité ; ils ne cherchaient pas de détails invisibles, ils se contentaient de prendre ce qu'ils voyaient. Et c'est ceci, ce qui apparaissait à leurs petits yeux innocents, qui était profondément troublant.
1051
La blondinette semblait appartenir à cette première catégorie. Sa façon charmante de s'excuser pour une simple maladresse sans importance avait attendri le cœur maternel de la trentenaire, dont le visage affichait un air de mère lorsque son enfant prononçait ses premiers mots.
Adélaïde se tenait droite sur sa canne et hocha doucement la tête en guise de réponses aux remerciements de sa jeune interlocutrice. Inutile de se préoccuper plus longtemps de cette histoire, qui appartenait désormais au passé. Elle ne releva pas la remarque de l'autre, qui s'adressait de toute évidence à sa propre personne, comme une sorte de reproche. La phrase avait été prononcée d'une si petite voix qu'il était évident qu'elle n'était pas censée l'entendre. C'est donc ce qu'elle prétendit faire, en balayant le café du regard pour patienter.
Puis, calmement, comme si elle y avait été invitée, elle suivit l'apprentie sorcière jusqu'à sa table, où elle s'installa sur un petit fauteuil moelleux. Sa robe remontait un peu, et faisait des plis au niveau de la taille, mais ce n'était pas désagréable pour autant. Simplement encombrant. Une fois la canne posée contre la petite table de bois, elle croisa les jambes et se rapprocha un peu, comme pour montrer son intérêt.
Sur la table, quelques feuilles étaient éparpillées, signe du passage d'une la plume créative. Si ses sens ne la trompaient pas, l'Allemande lui avait servi de modèle. Elle ne pouvait qu'approuver ce choix de goût, se tenant elle-même en haute estime et transportant jour après jour son ego surdimensionné, qu'elle arrivait pourtant à merveilleusement bien dissimuler. Elle ne voulait pas être confondue avec une vieille bique superficielle rattachée à son argent, même s'il fallait avouer que ce dernier point était plutôt vrai.
Elle acquiesça à l'explication de celle qui lui faisait face. La petite avait une perception de l'art assez précise pour son âge. D'habitude, les gens tenaient ce genre de propos à 30 ans, pas à 13 ; en si peu d'années de vie, il leur était souvent impossible de ressentir cette sensation de légèreté qu'était poser ses émotions sur une toile. Pourtant, elle semblait sincère. Elle avait dû plonger dans le monde de l'art dès la naissance, il n'en était pas possible autrement.
— Je comprends. L'art est un monde bien compliqué, qui possède de nombreuses portes pour les gens qui savent s'y prêter. Certains y trouvent un réconfort, d'autres une source d'inquiétude. C'est assez subjectif.
Ce n'était pas celui qui tenait le pinceau qui était maître de son tableau, mais l'esprit résidant dans l'au-delà, subitement sollicité d'une façon qu'on ne retrouverait nul par ailleurs. L'artiste n'était pas un corps matériellement présent, mais une addition de parcelles de pensées, de sensations, de ressentis, de souvenirs, et, les muscles pouvaient essayer autant qu'ils le souhaitaient, jamais ils ne réussiraient à prendre le dessus sur l'esprit divin de l'artiste.
La fille avait encore beaucoup à apprendre, à explorer dans ce domaine. Elle découvrirait les phases plus sombres de l'expression par les traits et la couleur, mais également les soulagements des retrouvailles avec sa palette, son crayon, sa plume ou tout autre équipement destiné à cette activité.
Elle sourit timidement en clignant lentement des paupières pour exprimer son envie de regarder son croquis.
— J'aime les croquis, presque autant que l'œuvre finale. Ce sont eux qui révèlent la nature de celui ou celle qui en est à l'origine. De Vinci avait passé des années sur la Joconde. Selon lui, elle n'était toujours pas terminée, quelques jours avant son décès. Il réfléchissait beaucoup, son esprit scientifique reprenait sans cesse le dessus. Ce tableau n'est pas le meilleur exemple de sa grandeur. Cependant, tu remarqueras que ses dessins au crayon étaient tout aussi merveilleux, même si bien différents. Comme l'homme de Vitruve, par exemple.
L'adulte ne savait pas réellement comment elle en était arrivée à faire un monologue sur cet homme, et la petite n'avait sûrement rien saisi de ce qui lui avait été raconté, mais c'était un détail. On ne comprend pas tout du premier coup, et le sentiment de compréhension, des mois plus tard, lorsqu'on apprenait un petit détail qui complétait ce qu'on n'avait pas pu intégrer, était un exquis mélange entre la satisfaction et l'ascension de sa propre estime. En attendant, elle avait hâte de voir ce qu'avait pondu la petite. Il y avait de grandes chances que cela ne soit pas à la hauteur de ses attentes : elle voyait toujours trop grands, en tout et n'importe quoi. Pour être tout à fait honnête, bien que cela la flatte beaucoup, elle n'appréciait pas plus que ça qu'on la représente. Elle avait toujours peur de se rendre compte que les autres avaient une image bien différente de comment elle se voyait, et c'était trop dur à accepter. Adélaïde était toujours partie du principe que seule sa vision d'elle-même comptait, mais celle des autres était inévitable. Un jour ou l'autre, on finissait toujours par se retrouver confronté à une dure vérité. Elle avait peur d'avoir sombré dans un monde qui n'existait pas, d'avoir fabulé des merveilles dans sa tête, et d'être totalement déconnectée de la réalité. Mais ce qui la terrifiait encore plus, c'était l'avis d'un enfant. Ceux-là représentaient toujours les choses avec beaucoup de simplicité ; ils ne cherchaient pas de détails invisibles, ils se contentaient de prendre ce qu'ils voyaient. Et c'est ceci, ce qui apparaissait à leurs petits yeux innocents, qui était profondément troublant.
1051
Café de Nuit
L'apparence ne voulait clairement pas tout dire. Parfois, enfin, aux yeux de la jeune fille, les gens qui s'habillaient de cette façon étaient aussi excentriques à l'intérieur qu'à l'extérieur. Mais clairement, la femme l'avait surprise avec sa voix douce et empathique, et elle réalisait peu à peu que oui, l'habit ne fait pas le moine. Avec le sourire aux lèvres, la brune hochait la tête à ses excuses et elle se sentait mieux. Elle devait peut-être se demander pourquoi Faith en faisait autant pour si peu... Eh bien de toute façon, elles avaient passé à autre chose, pas besoin de s'expliquer oralement. Elle préférait rester dans une autre thématique de discussion, maintenant qu'elle était passée à autre chose.
Mais Faith ne put tout de même pas s'empêcher d'observer discrètement la femme. Elle en avait eu le temps plus tôt, et c'était ce qu'elle avait fait, mais maintenant qu'elle commençait à lui parler, et comme pour tout le monde en fin de compte, elle se faisait une nouvelle idée de la brune. Faith se trouvait gentille aux premiers abords mais son allure n'était pas ouf en second temps. Mais certaines personnes savaient jongler entre le style et une personnalité juste.
Elles se réorientèrent donc vers la place de Faith, un peu plus loin, puisque l'art était maintenant leur nouveau sujet de discussion, au grand bonheur de la blonde et apparemment, aussi à celui de la femme. Peut-être qu'elle aussi c'était un de ses passe-temps, de laisser aller son imagination sur des papiers. Elle s'en sentait joyeuse.
Faith se sentait sur la même longueur d'ondes de que la dame au niveau de l'art. L'art sur papier était le premier croquis d'un univers, puis il y avait toutes les autres sphères qu'elle comportait. Mais peindre et dessiner étaient ses passe-temps favoris, et elle ne s'imaginait pas faire autre chose dans l'ennui, à part peut-être lire ou étudier. Bref, l'art était son univers, et elle n'était pas la seule, puisque l'adulte semblait s'intéresser grandement à ce que la jeune fille avait fait. Déjà, ça, c'était un signe comme quoi elle appréciait l'art à sa valeur : Faith n'avait l'air que d'une enfant d'onze ou de douze ans, et la femme s'intéressait à ses dessins qu'elle ne faisait que sous-estimer ! Et sans être narcissique, c'était cet intérêt pour ces simples croquis qui faisait de la femme une vraie connaisseuse, ou au moins, quelqu'un qui savait donner ses chances aux autres.
Elle écouta l'opinion de celle à qui elle parlait concernant l'art. Elle avait semblé être impressionnée par ce qu'elle venait de dire concernant son monde, mais Faith passait beaucoup de temps à réfléchir à ce qui l'entourait quand elle était seule, et peu à peu, une opinion se forgeait, aussi belle qu'elle puisse l'être. La perception de l'art n'était pas la même pour tout le monde, mais cette fois, elle sentait avoir visé juste, et ce n'était pas la première fois que quelqu'un était étonné à l'entendre dire des trucs dans ce genre. Pour Faith, c'était un truc de tous les jours.
— Je suis d'accord. Et parfois, certains y trouvent les deux. Faire de l'art, ça vient aussi avec une envie de savoir si nous sommes à la hauteur, tout en s'amusant. C'est étrange, cette manière de s'exprimer, et c'est sans doute une des raisons pour laquelle je l'aime.
Elle dessinait souvent. Surtout pour elle, la plupart du temps, et elle affichait ensuite ses croquis, ou alors ses toiles achevées dans sa chambre, son lieu de repos dans ses pensées. Quelquefois elle dessinait pour sa famille, avec la pression de savoir s'ils allaient apprécier. Mais avec des inconnus, comme avec la femme, c'était pire. Mais plus que le niveau de pression augmentait, plus que son niveau d'amusement et de talent montait aussi.
Puis, même si Faith ne savait pas si elle en était enthousiaste ou apeurée, elle vit le sourire de la femme, qui l'incitait à montrer ses croquis. Elle semblait s'être reconnue parmi les dessins, et elle les prit dans ses mains, avant de les lui donner gracieusement les feuilles. Les parchemins n'étaient pas tachés, et étonnement puisqu'elle utilisait de l'encre. En comparant ses croquis à l'apparence de la dame, elle sourit. Elles se ressemblaient quand même. Bien que les yeux de la femme étaient fermés sur l'image, le visage avait les mêmes formes, et les bijoux qu'elle y avait ajouté rajoutaient du réalisme. Il lui restait les cheveux et les vêtements à faire; elle avait dessiné la brune en entier, dans la position dans laquelle elle s'était tenue pour la plupart du temps.
Puis, en les observant, la femme partit des réflexions sur lesdits croquis. De Vinci… Un génie à sa façon. Ses parents avaient parlé de lui comme un héros, comme un homme à tout faire; ce qu’il était véritablement, et c’est ce qui avait fait de lui un homme célèbre. Il était cependant connu pour ses peintures, à l’origine, et c’était une des raisons pour lesquelles elle l’appréciait. La femme dont elle ne connaissait toujours pas le nom soulevait de lourds points; il pensait trop, cet homme, et ne voyait pas le bon de l’œuvre avant qu’elle ne soit achevée. Il se sous estimait…
— Vous marquez un point… Mais j’aurais tendance à me dire comme lui. Il m’arrive de me sous-estimer… Mais bon, il était un génie. Il n’en a pas besoin. Et puis même si la joconde n’avait pas de sourcils, c’est une toile qui a révolutionné le monde de l’art. Mais en soi, je vous comprends et j’apprécie cette manière d’exprimer un tel fait.
Faith espérait être assez claire. Elle tentait de s'exprimer au mieux mais rien n'était si facile, surtout après avoir exprimé une telle théorie... Et de tels ressentis. Mais ça y était, elle avait dit ce qui lui pesait dessus depuis un moment à propos de ses passions, et ce, avec une inconnue dont elle appréciait pour le moment assez la compagnie. Quoi que, il lui manquait quand même de savoir qui elle était exactement, mais elle était gênée de le demander... Et de plus, on lui avait dit qu'elle ne devrait jamais faire confiance à un inconnu... Mais étrangement, ce n'était pas que d'être dans le monde de la magie qui allégeait la chose, mais elle était bien, comme ça, avec elle. Elle semblait totalement normale et chaleureuse, pas quelqu'un telle qu'une kidnappeuse ou... Quoi que ce soit d'autre.
Mais entre temps et lieux, même s'il n'y avait aucun problème dans leur discussion jusqu'à présent et qu'elle avait l'impression de se retrouver en compagnie de quelqu'un qu'elle connaissait déjà, il lui manquait quelque chose d'indispensable; son nom. Eh oui, elles ne parlaient que depuis cinq minutes, à première vue. Sept ou dix, sinon, mais elle ne savait pas en compagnie de qui elle discutait. Déjà, en l'écoutant et la voyant, la femme devait être l'héritière d'une grande famille allemande; l'accent de la femme portait à croire cela. Et après... Il fallait observer ses vêtements. Mais Faith ne jugeait pas, et au contraire. Elle la trouvait sublime, mais désirait savoir à qui elle s'adressait, et c'était normal.
Elle prit une respiration intérieure, en se demandant si ce n'était pas trop intrusif de poser la question. Mais après, elle lui montrait ses dessins après avoir déchiré sa robe, tout de même... Et puis bon, il lui manquait quelques qualités mais elle désirait savoir qui. Mais enfin, qui était la femme mystérieuse du croquis ? Ni une ni deux, elle ouvrit la bouche une seconde fois, quelques temps après lui avoir répondu sur De Vinci.
— Oh et... Puis-je vous demander votre prénom tant que nous y sommes ? Je vous donnerai le mien en retour... Ce n'est que pour faciliter la discussion... Le contact si on peut le dire. Mais sinon je ferai sans, sans problème. déclara la blonde d'une voix posée.
Elle avait dit ce qu'elle avait à dire dans tous ses angles, et elle ne voulait maintenant plus qu'avoir sa réponse, afin que la discussion puisse continuer fluidement, dans les règles de l'art...
1341
Mais Faith ne put tout de même pas s'empêcher d'observer discrètement la femme. Elle en avait eu le temps plus tôt, et c'était ce qu'elle avait fait, mais maintenant qu'elle commençait à lui parler, et comme pour tout le monde en fin de compte, elle se faisait une nouvelle idée de la brune. Faith se trouvait gentille aux premiers abords mais son allure n'était pas ouf en second temps. Mais certaines personnes savaient jongler entre le style et une personnalité juste.
Elles se réorientèrent donc vers la place de Faith, un peu plus loin, puisque l'art était maintenant leur nouveau sujet de discussion, au grand bonheur de la blonde et apparemment, aussi à celui de la femme. Peut-être qu'elle aussi c'était un de ses passe-temps, de laisser aller son imagination sur des papiers. Elle s'en sentait joyeuse.
Faith se sentait sur la même longueur d'ondes de que la dame au niveau de l'art. L'art sur papier était le premier croquis d'un univers, puis il y avait toutes les autres sphères qu'elle comportait. Mais peindre et dessiner étaient ses passe-temps favoris, et elle ne s'imaginait pas faire autre chose dans l'ennui, à part peut-être lire ou étudier. Bref, l'art était son univers, et elle n'était pas la seule, puisque l'adulte semblait s'intéresser grandement à ce que la jeune fille avait fait. Déjà, ça, c'était un signe comme quoi elle appréciait l'art à sa valeur : Faith n'avait l'air que d'une enfant d'onze ou de douze ans, et la femme s'intéressait à ses dessins qu'elle ne faisait que sous-estimer ! Et sans être narcissique, c'était cet intérêt pour ces simples croquis qui faisait de la femme une vraie connaisseuse, ou au moins, quelqu'un qui savait donner ses chances aux autres.
Elle écouta l'opinion de celle à qui elle parlait concernant l'art. Elle avait semblé être impressionnée par ce qu'elle venait de dire concernant son monde, mais Faith passait beaucoup de temps à réfléchir à ce qui l'entourait quand elle était seule, et peu à peu, une opinion se forgeait, aussi belle qu'elle puisse l'être. La perception de l'art n'était pas la même pour tout le monde, mais cette fois, elle sentait avoir visé juste, et ce n'était pas la première fois que quelqu'un était étonné à l'entendre dire des trucs dans ce genre. Pour Faith, c'était un truc de tous les jours.
— Je suis d'accord. Et parfois, certains y trouvent les deux. Faire de l'art, ça vient aussi avec une envie de savoir si nous sommes à la hauteur, tout en s'amusant. C'est étrange, cette manière de s'exprimer, et c'est sans doute une des raisons pour laquelle je l'aime.
Elle dessinait souvent. Surtout pour elle, la plupart du temps, et elle affichait ensuite ses croquis, ou alors ses toiles achevées dans sa chambre, son lieu de repos dans ses pensées. Quelquefois elle dessinait pour sa famille, avec la pression de savoir s'ils allaient apprécier. Mais avec des inconnus, comme avec la femme, c'était pire. Mais plus que le niveau de pression augmentait, plus que son niveau d'amusement et de talent montait aussi.
Puis, même si Faith ne savait pas si elle en était enthousiaste ou apeurée, elle vit le sourire de la femme, qui l'incitait à montrer ses croquis. Elle semblait s'être reconnue parmi les dessins, et elle les prit dans ses mains, avant de les lui donner gracieusement les feuilles. Les parchemins n'étaient pas tachés, et étonnement puisqu'elle utilisait de l'encre. En comparant ses croquis à l'apparence de la dame, elle sourit. Elles se ressemblaient quand même. Bien que les yeux de la femme étaient fermés sur l'image, le visage avait les mêmes formes, et les bijoux qu'elle y avait ajouté rajoutaient du réalisme. Il lui restait les cheveux et les vêtements à faire; elle avait dessiné la brune en entier, dans la position dans laquelle elle s'était tenue pour la plupart du temps.
Puis, en les observant, la femme partit des réflexions sur lesdits croquis. De Vinci… Un génie à sa façon. Ses parents avaient parlé de lui comme un héros, comme un homme à tout faire; ce qu’il était véritablement, et c’est ce qui avait fait de lui un homme célèbre. Il était cependant connu pour ses peintures, à l’origine, et c’était une des raisons pour lesquelles elle l’appréciait. La femme dont elle ne connaissait toujours pas le nom soulevait de lourds points; il pensait trop, cet homme, et ne voyait pas le bon de l’œuvre avant qu’elle ne soit achevée. Il se sous estimait…
— Vous marquez un point… Mais j’aurais tendance à me dire comme lui. Il m’arrive de me sous-estimer… Mais bon, il était un génie. Il n’en a pas besoin. Et puis même si la joconde n’avait pas de sourcils, c’est une toile qui a révolutionné le monde de l’art. Mais en soi, je vous comprends et j’apprécie cette manière d’exprimer un tel fait.
Faith espérait être assez claire. Elle tentait de s'exprimer au mieux mais rien n'était si facile, surtout après avoir exprimé une telle théorie... Et de tels ressentis. Mais ça y était, elle avait dit ce qui lui pesait dessus depuis un moment à propos de ses passions, et ce, avec une inconnue dont elle appréciait pour le moment assez la compagnie. Quoi que, il lui manquait quand même de savoir qui elle était exactement, mais elle était gênée de le demander... Et de plus, on lui avait dit qu'elle ne devrait jamais faire confiance à un inconnu... Mais étrangement, ce n'était pas que d'être dans le monde de la magie qui allégeait la chose, mais elle était bien, comme ça, avec elle. Elle semblait totalement normale et chaleureuse, pas quelqu'un telle qu'une kidnappeuse ou... Quoi que ce soit d'autre.
Mais entre temps et lieux, même s'il n'y avait aucun problème dans leur discussion jusqu'à présent et qu'elle avait l'impression de se retrouver en compagnie de quelqu'un qu'elle connaissait déjà, il lui manquait quelque chose d'indispensable; son nom. Eh oui, elles ne parlaient que depuis cinq minutes, à première vue. Sept ou dix, sinon, mais elle ne savait pas en compagnie de qui elle discutait. Déjà, en l'écoutant et la voyant, la femme devait être l'héritière d'une grande famille allemande; l'accent de la femme portait à croire cela. Et après... Il fallait observer ses vêtements. Mais Faith ne jugeait pas, et au contraire. Elle la trouvait sublime, mais désirait savoir à qui elle s'adressait, et c'était normal.
Elle prit une respiration intérieure, en se demandant si ce n'était pas trop intrusif de poser la question. Mais après, elle lui montrait ses dessins après avoir déchiré sa robe, tout de même... Et puis bon, il lui manquait quelques qualités mais elle désirait savoir qui. Mais enfin, qui était la femme mystérieuse du croquis ? Ni une ni deux, elle ouvrit la bouche une seconde fois, quelques temps après lui avoir répondu sur De Vinci.
— Oh et... Puis-je vous demander votre prénom tant que nous y sommes ? Je vous donnerai le mien en retour... Ce n'est que pour faciliter la discussion... Le contact si on peut le dire. Mais sinon je ferai sans, sans problème. déclara la blonde d'une voix posée.
Elle avait dit ce qu'elle avait à dire dans tous ses angles, et elle ne voulait maintenant plus qu'avoir sa réponse, afin que la discussion puisse continuer fluidement, dans les règles de l'art...
1341
Je change de compte et désolée, mais ce n'est pas un poisson d'avril ! (Hiboutez moi au moindre doute
Avatar par Clarke Kane !
Café de Nuit
Il n'était pas incorrect de dire que la jeune fille avait encore quelques bases à apprendre. Du moins, sa perception de l'art semblait assez influencée par l'opinion de ses connaissances. C'est comme cela que l'avait interprété Adélaïde. Mais il était possible qu'elle se soit trompée dans sa compréhension de l'expression, et qu'elle voulait dire une tout autre chose. Cela arrivait souvent, ce genre de malentendu. C'est d'ailleurs comme ça que beaucoup de conflits commençaient, des plus insignifiants aux plus marquants, notamment lorsque cela touchait au domaine politique. Les hommes savaient rarement faire preuve de bonne foi et profitaient toujours d'un commentaire assez ouvert pour s'en servir d'arme contre son adversaire. On ne pouvait blâmer se genre de techniques, n'importe qui aurait riposté de cette manière. Seulement, les véritables malentendus aboutissaient à des guerres, impliquant les civils des pays concernés, instaurant des régimes destructeurs, créant des déficits économiques et sociaux importants.
Elle se gratta le menton tout en expliquant.
— Mmh, je dirais plus que l'art est un moyen d'échapper à la pression sociale, qui ne cherche qu'à nous trouver une valeur. Chaque artiste est par principe à la hauteur de son travail, car il n'est pas comparable. À travers un tableau, on ne démontre pas une capacité, on exprime un sentiment. Mais je comprends bien ce que tu veux dire.
La fille avait raison d'exprimer la notion de plaisir. L'art, qu'on soit jeune ou vieux, permettait parfois de s'amuser. Même si le tableau représentait une souffrance, l'artiste était soulagé de ce poids, en le matérialisant, il y avait donc toujours un contraste positif. Adélaïde était ravie de constater que la jeune blonde était heureuse de dessiner, et ne le faisait pas par désarroi et besoin d'approbation. Lorsqu'elle était enfant, Adélaïde peignait parfois des vases cassés, des décors renversés, des verres brisés, afin d'évoquer la déferlance provoquée par ses disputes avec Lothar et Maeve. Son art n'avait rien de joyeux, au contraire. Pourtant, une émotion négative, même infime, se dégageait de ces œuvres, qu'elle avait créé pour y retenir des mals êtres. Là était encore une autre histoire.
Elle fut tirée hors de ses pensées par le carnet bien rempli de la fillette, qu'elle saisit doucement avant de le poser sur la table. Ses yeux parcoururent une première fois les esquisses nombreuses, étalées sur le papier. Elles ressemblaient à une tornade, un tourbillon, un amas de différentes choses qu'on ne saurait identifier. La silhouette restait pourtant identifiable, et, petit à petit, Adélaïde arrivait à se reconnaître dans ces dessins.
Puis, en regardant de plus près, on distinguait quelque chose, quelque chose de puissant. Les dessins étaient là traduction physique de l'aura de la jeune fille. L'Allemande ne saurait l'expliquer, elle le voyait, c'est tout. Ce ne sont pas les traits, la couleur, la forme ou même le style d'une œuvre qui traduisait l'esprit de l'artiste, mais la composition. L'idée de représenter de façon censée ou non une liste d'objets, de personnes, d'animaux, complémentaires entre eux. Elle était toujours fascinée par la capacité des autres à rendre réel une chose qui était destinée à rester subjective pour toujours.
— C'est... C'est très beau. j'aime bien ce que tu as fait ici, avec cette courbe là...
Commença-t-elle en pointant de son index une partie du carnet.
— Et ici aussi, on retrouve bien ta façon de dessiner les volumes.
Elle s'était lancée dans un monologue sur chaque petit détail qu'elle avait pu observer avec les croquis dans les mains. Ses doigts se baladaient de gauche à droite sur le papier épais, et revivaient leur propre rencontre avec une crayon et un morceau de parchemin. La première expérience est toujours là plus marquante. Et on ne parle pas des coloriages pour enfants, mais du jour où l'individu avait décidé d'exprimer quelque chose par le biais de l'art.
La trentenaire écouta attentivement la remarque de l'autre, avant de hocher la tête.
— Il se sous-estimait peut-être, comme beaucoup de gens. Et comme tu le dis, il n'en avait pas besoin. Ça compte pour tous le monde. Certains artistes n'ont connu le succès qu'après leur décès. Mais ça ne voulait pas dire que leur art était mauvais lorsqu'ils étaient vivants.
L'explication était court mais pourvu d'un sens profond, et elle espérait que la blondinette le saisirait, car il valait beaucoup. Sous-estimer une œuvre, c'était encore quelque-chose qui restait à cause de la société, qui posait toujours un commentaire regardant sur ce que les gens pouvaient ou non produire, et si ce qu'ils pondaient valait la peine d'être admiré. C'est de cette façon que naissent les perfectionnistes. Né dans un monde où la liberté de création est restreinte en un périmètre concis de possibilités, de règles et de consignes, qui devaient être suivi par tous ceux qui souhaiteraient s'y prêter. Quel dommage. C'est pourquoi, pendant longtemps, Adélaïde s'était tenue à l'écart de tout ce qui rattachait cette activité à un jugement d'autrui, afin d'éviter tout breakdown et toute réaction du type en fait, je fais n'importe quoi. Le n'importe quoi n'existe pas, mais la différence, elle, oui. Mais aucun individu ne faisait mieux qu'un autre, et personne ne ratait quelque chose. C'est de cette façon qu'elle aimait voir les choses, bien que de nombreuses personnes préféraient conserver les idéologies de bases qui encadrent le monde de l'expression plastique.
Son interlocutrice semblait se poser de questions, mais Adélaïde ne su deviner quoi. D'habitude, elle arrivait à déceler une once d'intention dans les regards des gens qu'elle rencontrait, pourtant, aujourd'hui, cela ne fonctionnait pas. Elle s'apprêtait à lui demander ce qui l'a tracassait ainsi, mais elle eut sa réponse.
— Adélaïde. Adélaïde Brennen. Mais ce n'est qu'un nom sans importance. Et toi alors ?
Et oui. Qui était-donc cette fillette qui se trouvait face à elle, et qui avait des images très précises du monde qui l'entourait ? Cependant, en faisant des suppositions sur celle-ci, une autre question lui vint à l'esprit.
— Mais, tu es toute seule ici ?
Depuis quelques minutes, elles échangeaient, mais aucun adulte n'était venu interpeler la fillette, pour lui dire qu'ils devaient rentrer. Personne ne l'avait donc accompagnée ? C'était bien dangereux, de laisser une enfant dans un café, en fin de journée....
1030
Elle se gratta le menton tout en expliquant.
— Mmh, je dirais plus que l'art est un moyen d'échapper à la pression sociale, qui ne cherche qu'à nous trouver une valeur. Chaque artiste est par principe à la hauteur de son travail, car il n'est pas comparable. À travers un tableau, on ne démontre pas une capacité, on exprime un sentiment. Mais je comprends bien ce que tu veux dire.
La fille avait raison d'exprimer la notion de plaisir. L'art, qu'on soit jeune ou vieux, permettait parfois de s'amuser. Même si le tableau représentait une souffrance, l'artiste était soulagé de ce poids, en le matérialisant, il y avait donc toujours un contraste positif. Adélaïde était ravie de constater que la jeune blonde était heureuse de dessiner, et ne le faisait pas par désarroi et besoin d'approbation. Lorsqu'elle était enfant, Adélaïde peignait parfois des vases cassés, des décors renversés, des verres brisés, afin d'évoquer la déferlance provoquée par ses disputes avec Lothar et Maeve. Son art n'avait rien de joyeux, au contraire. Pourtant, une émotion négative, même infime, se dégageait de ces œuvres, qu'elle avait créé pour y retenir des mals êtres. Là était encore une autre histoire.
Elle fut tirée hors de ses pensées par le carnet bien rempli de la fillette, qu'elle saisit doucement avant de le poser sur la table. Ses yeux parcoururent une première fois les esquisses nombreuses, étalées sur le papier. Elles ressemblaient à une tornade, un tourbillon, un amas de différentes choses qu'on ne saurait identifier. La silhouette restait pourtant identifiable, et, petit à petit, Adélaïde arrivait à se reconnaître dans ces dessins.
Puis, en regardant de plus près, on distinguait quelque chose, quelque chose de puissant. Les dessins étaient là traduction physique de l'aura de la jeune fille. L'Allemande ne saurait l'expliquer, elle le voyait, c'est tout. Ce ne sont pas les traits, la couleur, la forme ou même le style d'une œuvre qui traduisait l'esprit de l'artiste, mais la composition. L'idée de représenter de façon censée ou non une liste d'objets, de personnes, d'animaux, complémentaires entre eux. Elle était toujours fascinée par la capacité des autres à rendre réel une chose qui était destinée à rester subjective pour toujours.
— C'est... C'est très beau. j'aime bien ce que tu as fait ici, avec cette courbe là...
Commença-t-elle en pointant de son index une partie du carnet.
— Et ici aussi, on retrouve bien ta façon de dessiner les volumes.
Elle s'était lancée dans un monologue sur chaque petit détail qu'elle avait pu observer avec les croquis dans les mains. Ses doigts se baladaient de gauche à droite sur le papier épais, et revivaient leur propre rencontre avec une crayon et un morceau de parchemin. La première expérience est toujours là plus marquante. Et on ne parle pas des coloriages pour enfants, mais du jour où l'individu avait décidé d'exprimer quelque chose par le biais de l'art.
La trentenaire écouta attentivement la remarque de l'autre, avant de hocher la tête.
— Il se sous-estimait peut-être, comme beaucoup de gens. Et comme tu le dis, il n'en avait pas besoin. Ça compte pour tous le monde. Certains artistes n'ont connu le succès qu'après leur décès. Mais ça ne voulait pas dire que leur art était mauvais lorsqu'ils étaient vivants.
L'explication était court mais pourvu d'un sens profond, et elle espérait que la blondinette le saisirait, car il valait beaucoup. Sous-estimer une œuvre, c'était encore quelque-chose qui restait à cause de la société, qui posait toujours un commentaire regardant sur ce que les gens pouvaient ou non produire, et si ce qu'ils pondaient valait la peine d'être admiré. C'est de cette façon que naissent les perfectionnistes. Né dans un monde où la liberté de création est restreinte en un périmètre concis de possibilités, de règles et de consignes, qui devaient être suivi par tous ceux qui souhaiteraient s'y prêter. Quel dommage. C'est pourquoi, pendant longtemps, Adélaïde s'était tenue à l'écart de tout ce qui rattachait cette activité à un jugement d'autrui, afin d'éviter tout breakdown et toute réaction du type en fait, je fais n'importe quoi. Le n'importe quoi n'existe pas, mais la différence, elle, oui. Mais aucun individu ne faisait mieux qu'un autre, et personne ne ratait quelque chose. C'est de cette façon qu'elle aimait voir les choses, bien que de nombreuses personnes préféraient conserver les idéologies de bases qui encadrent le monde de l'expression plastique.
Son interlocutrice semblait se poser de questions, mais Adélaïde ne su deviner quoi. D'habitude, elle arrivait à déceler une once d'intention dans les regards des gens qu'elle rencontrait, pourtant, aujourd'hui, cela ne fonctionnait pas. Elle s'apprêtait à lui demander ce qui l'a tracassait ainsi, mais elle eut sa réponse.
— Adélaïde. Adélaïde Brennen. Mais ce n'est qu'un nom sans importance. Et toi alors ?
Et oui. Qui était-donc cette fillette qui se trouvait face à elle, et qui avait des images très précises du monde qui l'entourait ? Cependant, en faisant des suppositions sur celle-ci, une autre question lui vint à l'esprit.
— Mais, tu es toute seule ici ?
Depuis quelques minutes, elles échangeaient, mais aucun adulte n'était venu interpeler la fillette, pour lui dire qu'ils devaient rentrer. Personne ne l'avait donc accompagnée ? C'était bien dangereux, de laisser une enfant dans un café, en fin de journée....
1030
Café de Nuit
Chaque artiste est unique. Et Faith n'en était qu'une à venir. S'était elle trompée dans sa perception des choses ? Peut être. Et c'était important pour elle ou... En vérité, pas du tout. Et enfin, chacun voyaient ça différemment, et Faith était au courant qu'elle n'était encore qu'une adolescente. Elle avait la maturité pour comprendre qu'on ne naissait pas connaisseur, et qu'on acquérait nos connaissances de jours en jour. En ce qui concernait ce qu'elle venait de dire, elle n'avait qu'essayé de dire qu'elle trouvait en l'art et une source de réconfort, et une source d'inquiétude. L'expression avait une nature noire à sa façon, il ne fallait que penser à Munch et à ses peintures... Enfin, lui, il avait du consulter au moins une fois dans sa vie un psychologue, on l'espérait... Puis, c'était un passe temps, une façon de mettre en avant ses opinions et ses ressentis, une sorte de réconfort en tant que tel. Mais peut être n'avait elle pas été comprise.
Mais elle écouta la connaisseuse d'avantage. Même si elles se connaissaient depuis peu, Faith avait trouvé un certain réconfort à l'écouter exprimer ses pensées à propos de ce qu'elles avaient de commun. Chaque artiste est à la hauteur de son travail. Un travail et un artiste incomparable. C'est une façon dont elle n'avait jamais encore pensé. C'est vrai que dans son petit monde, qui était aussi celui de beaucoup, l'art était une notion partagée par plusieurs mais chacun avaient leur propre technique, leur propre style. Maintenant que l'on y pense, ce serait stupide de se comparer. Stupide.
— Et puis, c'est un passe temps, une passion. Se réfugier dans l'art nous permet de tout dire, je suis entièrement d'accord. une phrase courte et claire, qui définissait très bien ce qu'elle souhaitait exprimer. C'était comme une façon d'imprégner dans son cerveau les mots de la femme, puisqu'elle répétait dans ses mots, ou poussait plus sur cette définition.
Et après, l'art était différent pour chacun, et donc ce qui l'entoure aussi : son artiste, ses matériaux, les mots qu'on espère y placer, pousser une bonne fois pour toute. Et étrangement, le morbide, la peur, l'effroi, l'anxiété, le stress et le mal ressortait dans les tableaux et à travers les parchemins. Tout cela avait une histoire propre pour chacun et cela aurait été compliqué de mettre des mots sur la chose. On en faisait donc un passe temps, un refuge, puis on s'exprimait sans parler.
Faith était bonne pour garder le silence. Peut être que c'était l'art qui avait contribué à sa personnalité silencieuse, et autrement, un peu plus réservée. Mais cela lui allait de boucher un pinceau, de changer de crayons, de gommer plusieurs fois certains traits parce qu'ils ne lui plaisaient pas. C'était juste plus facile de que gommer le passé afin de donner un présent plus idéal. Parce que dans le monde réel, c'était comme ci l'idéal n'existait pas vraiment. Mais dans l'art, l'idéal, tout le monde pouvait l'atteindre, ce n'était pas quelque chose à cacher, puisque c'était mieux que le vrai visage du monde.
Mais elle fut enfin tirée de ses pensées par la femme, qui avait empoigné son carnet, et qui commençait à voir le vrai visage, ainsi que les intentions de Faith à travers ce qu'elle avait dessiné. Elle n'avait pas dessiné quelque chose de triste et heureusement : cela aurait pu mettre le moral à plat à la femme, mais ni rien de trop joyeux. Elle était calme en cette soirée, et le papier reflétait donc son calme. Mais ce même calme fut brouillé par le rose qui lui montait aux joues, tandis que la femme exprimait ce qu'elle ressentait par rapport à ce qu'elle voyait sur son œuvre.
Elle commenta ses courbes, puis ses volumes. Puis encore d'autres choses sur les textures, les formes et sur ce qu'il y avait à dire sur tout le coté créatif de son dessin. Gauche, droite et petits détails. Cinq mots qui résumaient les paroles, les actions et les commentaires qui surgissaient de la bouche de la femme en parlant de son dessin. Du sien. Faith appréciait énormément ses commentaires, puisque depuis le début, elle lui avait fait bonne figure d'après ses dires, et c'était la première fois qu'elle recevait des commentaires d'une source intérieure et inconnue.
— M-merci... C'est la première fois que quelqu'un de connaisseur et d'extérieur, si nous pouvons le dire, me fait de joyeux commentaires comme ça. Ce n'est qu'une ébauche, et après je peux faire mieux, mais ça valorise mon travail... J'apprécie.
À quoi cela lui aurait servi de nier qu'elle aimait se faire valoriser ? Mentir c'est mal, et elle tenait à avoir une image de vérité. Pas de mensonge et de narcissisme. Mais elle reporta son attention sur la brune car elle avait à nouveau ouvert la bouche depuis le dessin. Elles parlaient aussi de De Vinci, pas juste de Faith Cobain.
C'est vrai. Beaucoup se sous estiment. Beaucoup se sous estiment. De Vinci n'avait pas besoin de se sous estimer... Peut être que personne, en fin de compte, n'avait besoin de se sous estimer. Mais ça venait avec le poids d'exercer un métier dans l'univers de l'art, ou tout simplement d'exercer une passion en lien avec l'art. Surtout quand on présente aux autres nos réalisations. Elle se contenta d'acquiescer à ce qu'elle disait, puisque c'était tout ce qu'elle pouvait faire, à part encore dire oralement qu'elle appréciait... Bref, un peu de blabla inutile, puisque cela serait la cinquième fois qu'elle ferait la même chose.
Puis elle se présenta à elle, alors que Faith attendait sa réponse. Joli nom, pensa la jeune fille. Ça a un peu l'air...
— Allemand, pensa t-elle à voix haute. Désolée, enfin, c'est très joli. Je me disais que vous deviez avoir des racines allemande non ? Maintenant qu'elle y pensait, c'était vrai qu'elle avait un accent... Enfin bon. Moi c'est Faith, Faith Cobain. C'est moins royal, mais ça a de belles racines.
Mais ce qu'elle ne voulait pas entendre se fit entendre. Seule ? Oui elle l'était. Et alors ? Elle était grande, elle avait un moyen de communication, et elle se sentait bien à l'aise, entourée de "témoins" si on le voulait bien, dans ce joli petit café. Ses hôtes allaient arriver dans environs 30 à 45 minutes si elle s'en rappelait bien, et sinon, elle pourrait rentrer à pieds si elle était fatiguée...
— Oui... Enfin, on va venir me chercher et sinon, je pourrais rentrer chez eux à pieds si je le veux. Leur maison sont à quelques pâtés de maisons, mais je me plais ici, pour le moment.
1100
Mais elle écouta la connaisseuse d'avantage. Même si elles se connaissaient depuis peu, Faith avait trouvé un certain réconfort à l'écouter exprimer ses pensées à propos de ce qu'elles avaient de commun. Chaque artiste est à la hauteur de son travail. Un travail et un artiste incomparable. C'est une façon dont elle n'avait jamais encore pensé. C'est vrai que dans son petit monde, qui était aussi celui de beaucoup, l'art était une notion partagée par plusieurs mais chacun avaient leur propre technique, leur propre style. Maintenant que l'on y pense, ce serait stupide de se comparer. Stupide.
— Et puis, c'est un passe temps, une passion. Se réfugier dans l'art nous permet de tout dire, je suis entièrement d'accord. une phrase courte et claire, qui définissait très bien ce qu'elle souhaitait exprimer. C'était comme une façon d'imprégner dans son cerveau les mots de la femme, puisqu'elle répétait dans ses mots, ou poussait plus sur cette définition.
Et après, l'art était différent pour chacun, et donc ce qui l'entoure aussi : son artiste, ses matériaux, les mots qu'on espère y placer, pousser une bonne fois pour toute. Et étrangement, le morbide, la peur, l'effroi, l'anxiété, le stress et le mal ressortait dans les tableaux et à travers les parchemins. Tout cela avait une histoire propre pour chacun et cela aurait été compliqué de mettre des mots sur la chose. On en faisait donc un passe temps, un refuge, puis on s'exprimait sans parler.
Faith était bonne pour garder le silence. Peut être que c'était l'art qui avait contribué à sa personnalité silencieuse, et autrement, un peu plus réservée. Mais cela lui allait de boucher un pinceau, de changer de crayons, de gommer plusieurs fois certains traits parce qu'ils ne lui plaisaient pas. C'était juste plus facile de que gommer le passé afin de donner un présent plus idéal. Parce que dans le monde réel, c'était comme ci l'idéal n'existait pas vraiment. Mais dans l'art, l'idéal, tout le monde pouvait l'atteindre, ce n'était pas quelque chose à cacher, puisque c'était mieux que le vrai visage du monde.
Mais elle fut enfin tirée de ses pensées par la femme, qui avait empoigné son carnet, et qui commençait à voir le vrai visage, ainsi que les intentions de Faith à travers ce qu'elle avait dessiné. Elle n'avait pas dessiné quelque chose de triste et heureusement : cela aurait pu mettre le moral à plat à la femme, mais ni rien de trop joyeux. Elle était calme en cette soirée, et le papier reflétait donc son calme. Mais ce même calme fut brouillé par le rose qui lui montait aux joues, tandis que la femme exprimait ce qu'elle ressentait par rapport à ce qu'elle voyait sur son œuvre.
Elle commenta ses courbes, puis ses volumes. Puis encore d'autres choses sur les textures, les formes et sur ce qu'il y avait à dire sur tout le coté créatif de son dessin. Gauche, droite et petits détails. Cinq mots qui résumaient les paroles, les actions et les commentaires qui surgissaient de la bouche de la femme en parlant de son dessin. Du sien. Faith appréciait énormément ses commentaires, puisque depuis le début, elle lui avait fait bonne figure d'après ses dires, et c'était la première fois qu'elle recevait des commentaires d'une source intérieure et inconnue.
— M-merci... C'est la première fois que quelqu'un de connaisseur et d'extérieur, si nous pouvons le dire, me fait de joyeux commentaires comme ça. Ce n'est qu'une ébauche, et après je peux faire mieux, mais ça valorise mon travail... J'apprécie.
À quoi cela lui aurait servi de nier qu'elle aimait se faire valoriser ? Mentir c'est mal, et elle tenait à avoir une image de vérité. Pas de mensonge et de narcissisme. Mais elle reporta son attention sur la brune car elle avait à nouveau ouvert la bouche depuis le dessin. Elles parlaient aussi de De Vinci, pas juste de Faith Cobain.
C'est vrai. Beaucoup se sous estiment. Beaucoup se sous estiment. De Vinci n'avait pas besoin de se sous estimer... Peut être que personne, en fin de compte, n'avait besoin de se sous estimer. Mais ça venait avec le poids d'exercer un métier dans l'univers de l'art, ou tout simplement d'exercer une passion en lien avec l'art. Surtout quand on présente aux autres nos réalisations. Elle se contenta d'acquiescer à ce qu'elle disait, puisque c'était tout ce qu'elle pouvait faire, à part encore dire oralement qu'elle appréciait... Bref, un peu de blabla inutile, puisque cela serait la cinquième fois qu'elle ferait la même chose.
Puis elle se présenta à elle, alors que Faith attendait sa réponse. Joli nom, pensa la jeune fille. Ça a un peu l'air...
— Allemand, pensa t-elle à voix haute. Désolée, enfin, c'est très joli. Je me disais que vous deviez avoir des racines allemande non ? Maintenant qu'elle y pensait, c'était vrai qu'elle avait un accent... Enfin bon. Moi c'est Faith, Faith Cobain. C'est moins royal, mais ça a de belles racines.
Mais ce qu'elle ne voulait pas entendre se fit entendre. Seule ? Oui elle l'était. Et alors ? Elle était grande, elle avait un moyen de communication, et elle se sentait bien à l'aise, entourée de "témoins" si on le voulait bien, dans ce joli petit café. Ses hôtes allaient arriver dans environs 30 à 45 minutes si elle s'en rappelait bien, et sinon, elle pourrait rentrer à pieds si elle était fatiguée...
— Oui... Enfin, on va venir me chercher et sinon, je pourrais rentrer chez eux à pieds si je le veux. Leur maison sont à quelques pâtés de maisons, mais je me plais ici, pour le moment.
1100
Je change de compte et désolée, mais ce n'est pas un poisson d'avril ! (Hiboutez moi au moindre doute
Avatar par Clarke Kane !
Café de Nuit
La fillette semblait vivre à travers l'art. Elle découlait d'un monde qui n'appartenait pas au réel, son esprit flottait dans un nuage qui n'était pas les nôtres. On pouvait imaginer que de la peinture coulait dans des veines, dans ses méninges une coulée d'acrylique, dans ses muscles une mine graphique, ses vêtements une enveloppe de feuilles, de croquis, d'ébauches, qui l'habillait comme l'artiste qu'elle était.
Bien qu'elle ait encore des choses à apprendre, on ne pouvait nier qu'elle était absolument passionnée par cet univers. Peu de gens parviennent à comprendre l'intérêt de confier ses émotions à un pinceau ou un crayon, mais il était clair et net que la blonde appartenait à cette catégorie. Mot après mot, phrase après phrase, un petit morceau de son âme transparaissait, laissant entendre qu'elle aimait se prêter à cette activité.
Adélaïde acquiesça à sa remarque tout à fait pertinente, les bras croisés, ses yeux posés sur ceux de la jeune fille.
Les commentaires et observations que l'Allemande effectuait sur les travaux de l'autre semblaient beaucoup la toucher. Il était souvent compliqué d'accepter de dévoiler son travail à quelqu'un d'autre. On avait toujours peur qu'on nous juge, qu'on fasse une remarque négative, ou tout simplement que celui qui avait le privilège de le regarder n'aime pas le style. C'était toujours une sorte d'atteinte à la liberté créative de l'artiste qui ne cherchait pas à avoir de confirmation, mais simplement à représenter le monde tel qu'il le voyait de son œil. Beaucoup de peintres avaient reçu des critiques extrêmement sévères sur leur art. Certains étaient affectés, d'autres n'en avaient rien à faire. Pourtant, une part de cette négativité restait ancrée, qu'ils le veuillent ou non, au plus profond de leurs cœurs, jusqu'à ressortir un beau jour, sous forme de mots, d'actions ou de réalisations. Voilà pourquoi l'art est jugé comme un des meilleurs moyens d'expression. Il y a toujours une possibilité pour se débarrasser d'une émotion intruse.
Mais malheureusement, dans certains cas, l'individu n'arrivait pas à rejeter ce commentaire désobligeant, et l'emportait parfois dans sa tombe. Ce n'est que des siècles plus tard que l'art finissait par être apprécié, une fois que son créateur avait bel et bien disparu de la surface vivante de la terre. Trop souvent, on se rend compte trop tard. On passe à côté d'un talent, d'un ressenti, d'une beauté, qu'on ne découvre que plus tard. Trop tard.
Marius avait déjà critiqué un dessin d'Adélaïde. Il avait arraché le parchemin de la main de sa sœur, avait craché dessus en marmonnant quelque chose du style C'est pas bo. Ce n'était qu'un enfant, elle aurait pu oublier. Mais on dit souvent que la vérité sort de la bouche de ceux-ci. Ils ne se cassent pas la tête, ne cherchent pas à répondre en fonction de ce qui pourrait toucher ou non la personne en face d'eux. Ils sont pourvus d'une telle sincérité, presque logique et naturelle, que beaucoup perdent avec l'âge, la remplaçant par un masque de mensonge et de douleur. Les enfants planaient dans un monde dont tout le monde rêve. Un endroit sans problème, sans sous-entendus, sans blessures, où seule la vérité résidait derrière ses portes. Si elle avait besoin d'un avis, elle savait que se tourner vers ses petits était la meilleure des idées. Leur réponse était toujours objective, là où celle d'une meilleure amie serait altérée par la vision évidente qu'elle avait de l'autre, ou encore celle de la famille qui ferait tout son possible pour contourner les critiques audacieuses.
Adélaïde refusait que la petite fille soit confrontée à un jugement aussi sec, et, de façon générale, détestait soulever le mal dans les choses. Lorsqu'elle devait le faire, tout était équilibré grâce à la positivité. Souvent, la société mettait en avant le négatif et enterrait ce qu'il y avait de bien. Comme si son seul souhait était de profondément traumatiser la personne qui recevrait tout cela en pleine figure. Les qualités d'un homme étaient souvent oubliées, au profit de chaque détail le rendant un peu plus mauvais ou cible de moqueries.
La trentenaire rendit les feuilles à sa propriétaire et commença.
— Alors je suis ravie d'être la première. C'est vraiment réussi. Elle pris une légère inspiration avant de se pencher et murmurer. Pour les cheveux, tu pourrais faire quelque chose comme ceci... elle traça une forme avec son index sur la feuille que l'autre tenait de nouveau entre ses mains. Peut-être est-ce que cela l'aiderai à compléter son dessin.
Les deux passèrent quelques minutes à étudier les différents volumes du visage et du crâne, afin de perfectionner les ébauches de la plus jeune, avec des proportions correctes. Tandis qu'Adélaïde faisait tourner sa canne avec son index, elle écouta l'artiste en herbe. Pour une enfant de 12 ou 13 ans, elle savait plutôt bien analyser. S'en était même troublant. L'Allemande était habituée à faire des suppositions sur les gens, bien qu'elle les gardait pour elle –ça pouvait servir–, mais voir quelqu'un en faire sur sa propre personne était une autre histoire. Comment, avec un simple nom, une enfant pouvait-elle aussi bien saisir son origine ? Elle en fut presque honteuse, comme si on avait découvert sa couverture d'espionne. Le parallèle était assez vaste, mais, en cet instant, il en était tout comme. Elle se contenta tout simplement de confirmer le doute de la fillette, sans en étaler davantage sur ses racines, ce qui de toute façon, n'apporterait rien à la discussion.
Faith Cobain. Elle n'avait jamais entendu un tel nom, mais le simple choix du prénom la fit sourire. Ses parents avaient eu une bonne idée. En Allemagne, aussi, elle connaissait des gens dont la famille, voire même les animaux, portaient des noms désignant de véritables choses. Cette réflexion lui fit penser à Vorsicht, dont le règne majestueux s'était éteint il y a des années de cela. Son fidèle compagnon de vol avait été un véritable appui au cours de ses années d'adolescence, là où ses parents ne pouvaient manifestement pas comprendre ce dont elle avait besoin. Bien que le souvenir soit plaisant, elle le chassa d'un grand geste de la main avant de reporter toute son attention en face d'elle.
— Et bien, ravie de vous rencontrer miss Cobain.
Hélas, la rencontre serait de courte durée. Sa montre à gousset indiquait clairement 18h40, soit une vingtaine de minutes avant la fermeture du café. La laisser rentrer seule chez elle, étant mineure ? Adélaïde ne pouvait le concevoir.
— Mmh... Ça va bientôt fermer. Je pense que tu ne devrais pas tarder. Je vais te raccompagner.
Sa proposition pouvait pourtant faire peur ; après tout, qu'est-ce qui pourrait qu'elle n'allait pas la suivre jusqu'à chez ces gens simplement pour savoir où elle réside ? Elle ne pouvait pas faire grand chose de plus, et espérait simplement que leur courte discussion lui permettrait d'avoir suffisamment confiance en l'adulte.
1138
Bien qu'elle ait encore des choses à apprendre, on ne pouvait nier qu'elle était absolument passionnée par cet univers. Peu de gens parviennent à comprendre l'intérêt de confier ses émotions à un pinceau ou un crayon, mais il était clair et net que la blonde appartenait à cette catégorie. Mot après mot, phrase après phrase, un petit morceau de son âme transparaissait, laissant entendre qu'elle aimait se prêter à cette activité.
Adélaïde acquiesça à sa remarque tout à fait pertinente, les bras croisés, ses yeux posés sur ceux de la jeune fille.
Les commentaires et observations que l'Allemande effectuait sur les travaux de l'autre semblaient beaucoup la toucher. Il était souvent compliqué d'accepter de dévoiler son travail à quelqu'un d'autre. On avait toujours peur qu'on nous juge, qu'on fasse une remarque négative, ou tout simplement que celui qui avait le privilège de le regarder n'aime pas le style. C'était toujours une sorte d'atteinte à la liberté créative de l'artiste qui ne cherchait pas à avoir de confirmation, mais simplement à représenter le monde tel qu'il le voyait de son œil. Beaucoup de peintres avaient reçu des critiques extrêmement sévères sur leur art. Certains étaient affectés, d'autres n'en avaient rien à faire. Pourtant, une part de cette négativité restait ancrée, qu'ils le veuillent ou non, au plus profond de leurs cœurs, jusqu'à ressortir un beau jour, sous forme de mots, d'actions ou de réalisations. Voilà pourquoi l'art est jugé comme un des meilleurs moyens d'expression. Il y a toujours une possibilité pour se débarrasser d'une émotion intruse.
Mais malheureusement, dans certains cas, l'individu n'arrivait pas à rejeter ce commentaire désobligeant, et l'emportait parfois dans sa tombe. Ce n'est que des siècles plus tard que l'art finissait par être apprécié, une fois que son créateur avait bel et bien disparu de la surface vivante de la terre. Trop souvent, on se rend compte trop tard. On passe à côté d'un talent, d'un ressenti, d'une beauté, qu'on ne découvre que plus tard. Trop tard.
Marius avait déjà critiqué un dessin d'Adélaïde. Il avait arraché le parchemin de la main de sa sœur, avait craché dessus en marmonnant quelque chose du style C'est pas bo. Ce n'était qu'un enfant, elle aurait pu oublier. Mais on dit souvent que la vérité sort de la bouche de ceux-ci. Ils ne se cassent pas la tête, ne cherchent pas à répondre en fonction de ce qui pourrait toucher ou non la personne en face d'eux. Ils sont pourvus d'une telle sincérité, presque logique et naturelle, que beaucoup perdent avec l'âge, la remplaçant par un masque de mensonge et de douleur. Les enfants planaient dans un monde dont tout le monde rêve. Un endroit sans problème, sans sous-entendus, sans blessures, où seule la vérité résidait derrière ses portes. Si elle avait besoin d'un avis, elle savait que se tourner vers ses petits était la meilleure des idées. Leur réponse était toujours objective, là où celle d'une meilleure amie serait altérée par la vision évidente qu'elle avait de l'autre, ou encore celle de la famille qui ferait tout son possible pour contourner les critiques audacieuses.
Adélaïde refusait que la petite fille soit confrontée à un jugement aussi sec, et, de façon générale, détestait soulever le mal dans les choses. Lorsqu'elle devait le faire, tout était équilibré grâce à la positivité. Souvent, la société mettait en avant le négatif et enterrait ce qu'il y avait de bien. Comme si son seul souhait était de profondément traumatiser la personne qui recevrait tout cela en pleine figure. Les qualités d'un homme étaient souvent oubliées, au profit de chaque détail le rendant un peu plus mauvais ou cible de moqueries.
La trentenaire rendit les feuilles à sa propriétaire et commença.
— Alors je suis ravie d'être la première. C'est vraiment réussi. Elle pris une légère inspiration avant de se pencher et murmurer. Pour les cheveux, tu pourrais faire quelque chose comme ceci... elle traça une forme avec son index sur la feuille que l'autre tenait de nouveau entre ses mains. Peut-être est-ce que cela l'aiderai à compléter son dessin.
Les deux passèrent quelques minutes à étudier les différents volumes du visage et du crâne, afin de perfectionner les ébauches de la plus jeune, avec des proportions correctes. Tandis qu'Adélaïde faisait tourner sa canne avec son index, elle écouta l'artiste en herbe. Pour une enfant de 12 ou 13 ans, elle savait plutôt bien analyser. S'en était même troublant. L'Allemande était habituée à faire des suppositions sur les gens, bien qu'elle les gardait pour elle –ça pouvait servir–, mais voir quelqu'un en faire sur sa propre personne était une autre histoire. Comment, avec un simple nom, une enfant pouvait-elle aussi bien saisir son origine ? Elle en fut presque honteuse, comme si on avait découvert sa couverture d'espionne. Le parallèle était assez vaste, mais, en cet instant, il en était tout comme. Elle se contenta tout simplement de confirmer le doute de la fillette, sans en étaler davantage sur ses racines, ce qui de toute façon, n'apporterait rien à la discussion.
Faith Cobain. Elle n'avait jamais entendu un tel nom, mais le simple choix du prénom la fit sourire. Ses parents avaient eu une bonne idée. En Allemagne, aussi, elle connaissait des gens dont la famille, voire même les animaux, portaient des noms désignant de véritables choses. Cette réflexion lui fit penser à Vorsicht, dont le règne majestueux s'était éteint il y a des années de cela. Son fidèle compagnon de vol avait été un véritable appui au cours de ses années d'adolescence, là où ses parents ne pouvaient manifestement pas comprendre ce dont elle avait besoin. Bien que le souvenir soit plaisant, elle le chassa d'un grand geste de la main avant de reporter toute son attention en face d'elle.
— Et bien, ravie de vous rencontrer miss Cobain.
Hélas, la rencontre serait de courte durée. Sa montre à gousset indiquait clairement 18h40, soit une vingtaine de minutes avant la fermeture du café. La laisser rentrer seule chez elle, étant mineure ? Adélaïde ne pouvait le concevoir.
— Mmh... Ça va bientôt fermer. Je pense que tu ne devrais pas tarder. Je vais te raccompagner.
Sa proposition pouvait pourtant faire peur ; après tout, qu'est-ce qui pourrait qu'elle n'allait pas la suivre jusqu'à chez ces gens simplement pour savoir où elle réside ? Elle ne pouvait pas faire grand chose de plus, et espérait simplement que leur courte discussion lui permettrait d'avoir suffisamment confiance en l'adulte.
1138
Café de Nuit
Un dessin. Qu'un dessin et Faith se retrouvait en pleine discussion profonde. La jeune fille avait été plus que maladroite mais cela l'avait mené à une rencontre où elle avait pu s'exprimer. Elle ne parlait pas à ce point d'art avec ni ses parents, ni ses amis, car elle ne partageait pas avec tous cette passion. Le dessin et la peinture, c'était un monde qu'elle traversait seule. Pour elle, l'art était une expérience à vivre avec soi même, ou en tout cas, pour ce qui impliquait un crayon. Elle rentrait dans son monde et n'en ressortait que quand elle pensait avoir bien fait. Dès qu'un détail l'achalait, elle se replongeait dans sa marre de couleurs, et le schéma se reproduisait.
Les critiques et les remarques de la femme avaient donc un impact sur elle, mais elle ne savait pas comment l'expliquer. C'était comme si elle avait une visite d'elle même du futur, qui lui expliquait l'art. Cette femme en savait clairement plus qu'elle sur le sujet et cela lui donnait une certaine sécurité. Ses critiques auraient donc très probablement un impact sur son style à l'avenir. Elle les prendrait comme on prend un bébé tortue. On le nourrit, on l'observe, on en prend soin, puis on le laisse s'envoler. Et puis, de toute manière, jamais elle n'avait eu ce genre de remarque à propos de ses œuvres.
Soit elles se faisaient totalement ignorer, soit quand quelqu'un passait devant et décidait de dire quelque chose à son propos, c'était pour sortir quelque chose comme "t'as de la chance d'être douée en dessin" ou "pas mal, mais cette partie n'est pas vraiment réussie". On ne nait pas avec du talent. On apprend et on le met en œuvre. On travaille, et on travaille, et ce, pas qu'en art. Elle ne cherchait dans ce cas pas à répondre à cette personne. Elle n'était qu'en colère.
La fillette se sentait bien par rapport aux approches de cette Adélaïde, clairement. Sa façon se parler, de façon aussi posée, et ses compliments la firent rougir. Partager son travail, ce n'était pas si mal finalement. Et si une fois chez elle, Faith essayait de se trouver un club d'art ? Ou peut-être tout simplement un atelier... Peut-être qu'il y en avait un à Godric's Hollow même; elle pourrait rencontrer d'autres gens comme ça. D'autres personnes qui critiquent, partagent, aident comme elle... Faith en serait comblée.
Elle regardait la ligne tracée par l'Allemande au sujet des cheveux et elle approuvait d'un signe de tête. Elle n'aurait pas pu faire mieux, et c'était évident; la détentrice* de ces cheveux savait mieux les dessiner qu'une personne qui n'en faisait qu'une vulgaire copie, surtout si cette personne était moins expérimentée bien entendu. Mais au fond d'elle, la blonde savait que ce n'était pas forcément le cas. Elle n'avait pas essayé après tout, comment pouvait elle le savoir ? Elle prit donc note de la forme et se dit qu'elle les dessinerait une fois chez Meredith. Puis une fois tout cela prit en compte, ce fut sur d'autre détail qu'elles jetaient leur attention.
Quand il fut question de son nom, Faith ne savait pas trop à quoi s'attendre comme réaction. D'ailleurs, il n'y avait pas vraiment de réaction à laquelle s'attendre, mais comme elle avait un étrange nom, on ne savait jamais. Le "ravie de vous rencontrer" fut donc parfait et elle lui rendait donc un sourire, contente de voir que ce n'était pas un drôle de commentaire qu'elle lui faisait.
Quand la femme sortit une montre à gousset - un objet qui l'époustouflait par ailleurs- et qu'elle fit l'heure, elle fut plutôt surprise. Cela faisait donc plusieurs heures qu'elle était arrivée... Elle n'avait pas vu le temps passer, et il était temps de rentrer, très clairement. La nuit l'effrayait un peu et elle se sentit presque soulagée quand la femme lui proposait de l'accompagner. Les voitures n'étaient pas les plus convoitées dans le monde sorcier, l'option d'un kidnapping n'était donc pas très probable. Faith savait se défendre et courait vite. Elle décidait donc de saisir l'opportunité qui lui était présentée.
- Si ça ne vous pose vraiment pas de problème, j'en serais ravie. Pensez-vous que si nous passons devant chez vous, vous pourrez m'indiquer que c'est votre maison ? Seulement si vous le voulez, bien entendu, mais je pourrais aller déposer le dessin une fois celui-ci achevé, demandait elle. La réponse allait probablement être négative, mais qu'en savait elle ?
Les critiques et les remarques de la femme avaient donc un impact sur elle, mais elle ne savait pas comment l'expliquer. C'était comme si elle avait une visite d'elle même du futur, qui lui expliquait l'art. Cette femme en savait clairement plus qu'elle sur le sujet et cela lui donnait une certaine sécurité. Ses critiques auraient donc très probablement un impact sur son style à l'avenir. Elle les prendrait comme on prend un bébé tortue. On le nourrit, on l'observe, on en prend soin, puis on le laisse s'envoler. Et puis, de toute manière, jamais elle n'avait eu ce genre de remarque à propos de ses œuvres.
Soit elles se faisaient totalement ignorer, soit quand quelqu'un passait devant et décidait de dire quelque chose à son propos, c'était pour sortir quelque chose comme "t'as de la chance d'être douée en dessin" ou "pas mal, mais cette partie n'est pas vraiment réussie". On ne nait pas avec du talent. On apprend et on le met en œuvre. On travaille, et on travaille, et ce, pas qu'en art. Elle ne cherchait dans ce cas pas à répondre à cette personne. Elle n'était qu'en colère.
La fillette se sentait bien par rapport aux approches de cette Adélaïde, clairement. Sa façon se parler, de façon aussi posée, et ses compliments la firent rougir. Partager son travail, ce n'était pas si mal finalement. Et si une fois chez elle, Faith essayait de se trouver un club d'art ? Ou peut-être tout simplement un atelier... Peut-être qu'il y en avait un à Godric's Hollow même; elle pourrait rencontrer d'autres gens comme ça. D'autres personnes qui critiquent, partagent, aident comme elle... Faith en serait comblée.
Elle regardait la ligne tracée par l'Allemande au sujet des cheveux et elle approuvait d'un signe de tête. Elle n'aurait pas pu faire mieux, et c'était évident; la détentrice* de ces cheveux savait mieux les dessiner qu'une personne qui n'en faisait qu'une vulgaire copie, surtout si cette personne était moins expérimentée bien entendu. Mais au fond d'elle, la blonde savait que ce n'était pas forcément le cas. Elle n'avait pas essayé après tout, comment pouvait elle le savoir ? Elle prit donc note de la forme et se dit qu'elle les dessinerait une fois chez Meredith. Puis une fois tout cela prit en compte, ce fut sur d'autre détail qu'elles jetaient leur attention.
Quand il fut question de son nom, Faith ne savait pas trop à quoi s'attendre comme réaction. D'ailleurs, il n'y avait pas vraiment de réaction à laquelle s'attendre, mais comme elle avait un étrange nom, on ne savait jamais. Le "ravie de vous rencontrer" fut donc parfait et elle lui rendait donc un sourire, contente de voir que ce n'était pas un drôle de commentaire qu'elle lui faisait.
Quand la femme sortit une montre à gousset - un objet qui l'époustouflait par ailleurs- et qu'elle fit l'heure, elle fut plutôt surprise. Cela faisait donc plusieurs heures qu'elle était arrivée... Elle n'avait pas vu le temps passer, et il était temps de rentrer, très clairement. La nuit l'effrayait un peu et elle se sentit presque soulagée quand la femme lui proposait de l'accompagner. Les voitures n'étaient pas les plus convoitées dans le monde sorcier, l'option d'un kidnapping n'était donc pas très probable. Faith savait se défendre et courait vite. Elle décidait donc de saisir l'opportunité qui lui était présentée.
- Si ça ne vous pose vraiment pas de problème, j'en serais ravie. Pensez-vous que si nous passons devant chez vous, vous pourrez m'indiquer que c'est votre maison ? Seulement si vous le voulez, bien entendu, mais je pourrais aller déposer le dessin une fois celui-ci achevé, demandait elle. La réponse allait probablement être négative, mais qu'en savait elle ?
On ne dirait peut-être pas mais c'est une fin pour moi^^
Pour la réaction de Faith dans ton prochain post, tu peux m'envoyer un message si tu as besoin de quoi que ce soit, mais elle part avec Adélaïde, ça tu peux le noter c:
Pour la réaction de Faith dans ton prochain post, tu peux m'envoyer un message si tu as besoin de quoi que ce soit, mais elle part avec Adélaïde, ça tu peux le noter c:
Je change de compte et désolée, mais ce n'est pas un poisson d'avril ! (Hiboutez moi au moindre doute
Avatar par Clarke Kane !
Café de Nuit
Les minutes s'écoulèrent et le temps vola en un éclat. Une si jeune fille, seule, imprudente, laissée sans adulte en un lieu où n'importe qui pourrait aisément reconnaître sa présence unique, dépourvue de toute protection conséquente. Il est vrai que la proposition avait été faite aveuglément, sans réellement peser le poids de ses mots, et après coup, peut-être passait-elle également pour dangereuse ? Fort heureusement, Adélaïde était une femme, ce qui réduisait déjà considérablement le risque qu'elle pouvait représenter vis à vis de la blonde, et, de toute évidence, jamais en tant qu'homme qu'elle aurait pu incarner dans un tout autre monde, elle n'aurait soumis cette suggestion auprès d'une individu telle que l'était Miss Cobain. S'il y avait bien une chose que l'Allemande ne voulait être pour les jeunes gens, c'était bien une personnalité intimidante, même inconsidérément. Parfois valait-il mieux rester à l'écart et ravaler avec dépit son envie de prendre part à la discussion et retrancher dans ses positions sa curiosité, plutôt que de laisser son propre intérêt gagner et brusquer l'inconnue. Dans un monde où le danger sonnait en permanence à notre porte, aucune âme moralement consciente de cette vérité ne devrait se laisser aller à sa propre volonté. La trentenaire laissa couler un sourire maternel sur ses lèvres avant de laisser l'enfant se joindre à elle dans sa marche.
— Nous verrons cela. annonça t'elle, autant pour exprimer une éventualité, comme pour se libérer de la question à laquelle elle ne savait trop quoi répondre. Puis, un silence imposant s'installa, aussi reposant que malaisant, durant lequel une illumination parvint à Adélaïde. Vous pourrez sans aucun mal me faire parvenir votre dessin par la volière de l'Astronarium, cela plus simple pour...nous tous. De cette façon, sa résidence demeurerait secrète pour Miss Cobain, et sûrement ses parents seraient-ils rassurés de connaître la profession de cette sorcière que leur fille rencontra, si toutefois cette dernière se tente à les en prévenir.
321
Fin pour moi également, merci pour ce RP !
— Nous verrons cela. annonça t'elle, autant pour exprimer une éventualité, comme pour se libérer de la question à laquelle elle ne savait trop quoi répondre. Puis, un silence imposant s'installa, aussi reposant que malaisant, durant lequel une illumination parvint à Adélaïde. Vous pourrez sans aucun mal me faire parvenir votre dessin par la volière de l'Astronarium, cela plus simple pour...nous tous. De cette façon, sa résidence demeurerait secrète pour Miss Cobain, et sûrement ses parents seraient-ils rassurés de connaître la profession de cette sorcière que leur fille rencontra, si toutefois cette dernière se tente à les en prévenir.
321
Fin pour moi également, merci pour ce RP !