3 nov. 2024, 21:29
 PNJ   Sainclair   L.O  Tas de plumes
5 DÉCEMBRE 2039
LORS D'UNE RUDE SOIRÉE D'HIVER, SAINCLAIR,
ft. @Linh Olsen

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Bien enveloppée de sa longue cape d'hiver brodée, Adélaïde avait l'impression d'avoir remonté le temps, et d'être à nouveau l'étudiante puérile de l'institut Durmstrang, qu'elle avait été des années auparavant. Justement, cette soirée, à l'image de ce souvenir, se ponctuait par une petite visite chez un ami de longue date, à qui elle devait rendre une faveur. Il y a bien longtemps qu'elle avait abandonné l'idée d'un arrangement exceptionnel, car ses venues étaient devenues de plus en plus ponctuelles. Maintes fois, elle avait songé à taxer ses services à son ami, mais une petite voix divine lui rappelait sans cesse qu'elle ne pouvait demander une telle requête, pour un acte si simple. Et puis elle aimait le faire ! C'était toujours mieux que de passer la serpillière dans l'escalier, ou épousseter les vieux meubles –ce qu'elle aurait catégoriquement refusé, ne serait-ce que pour ne pas salir ses robes.

Elle avait passé la journée à profiter de la vie avec Antonn. Tous deux avaient réussi à négocier un jour de congé pour aller se promener en ville, souffler un peu et surtout, échapper à l'oppression de leur chef qui, depuis quelques jours, avait l'énergie d'une pile électrique. Cela était dû au nouveau projet qu'ils avaient lancé ; il était d'une complexité extrême mais extrêmement intéressant. Le vieil homme avait mis la pression sur ses employés pour avancer plus vite, mais la seule chose qu'il avait récolté été la fatigue générale, et des recherches qui n'avançaient pas. Ça lui apprendra à être un patron stressant.

Lui-même n'avait pas prêté main forte. Il avait seulement délégué toutes les tâches encombrantes au reste de l'équipe, et s'était chargé de la réécriture des notes prises par Adélaïde et Antonn. Ces deux derniers étaient certains qu'il allait s'attribuer tout le mérite de ce travail titanesque... Mais ils n'allaient pas se laisser faire. L'ensemble du corps des chercheurs avait prévu un plan de riposte au cas où les choses tourneraient mal.

Les deux tourtereaux étaient donc allés faire un tour dans un Pré-au-Lard recouvert de son manteau blanc annuel. Adélaïde avait fait trois fois le tour de chaque boutique, et, lorsque Antonn en eu assez, elle lui acheta une pomme d'amour pour de faire pardonner. Ils avaient beaucoup ri, de tout et n'importe quoi. Des blagues ridicules sur les passants, des suppositions farfelues, et d'autres plaisanteries enfantines. La jeune femme avait adoré cette journée, mais était fatiguée. Pourtant, elle n'était pas prête de se reposer.

Mais, quelque peu excitée à l'idée de revenir, elle maintenait sa canne de sa main gauche, et cogna trois coups contre le heurtoir de l'entrée. La maison typique de son ami ne cessait de l'émerveiller, bien que cela faisait un moment qu'elle la connaissait presque par cœur. Presque, car l'Allemande avait observé que plusieurs pièces, à l'intérieur, étaient condamnées. Pourquoi ? Elle n'avait jamais osé demander.
Il faisait déjà nuit, Adélaïde frissonnait malgré ses vêtements chauds, et se précipita à l'intérieur lorsqu'elle y fut invitée. Comment pouvait-il avoir envie de s'aventurer à l'extérieur alors qu'il faisait un temps à s'emmitoufler sous les couvertures ? Quoique, elle pouvait se demander la même chose. Mais elle, c'était pour la bonne cause. Elle ferait n'importe quoi pour revoir le petit bout de chou, qui devait actuellement l'attendre dans le salon. Sur le seuil, elle retira sa longue cape qu'elle accrocha sur le portemanteau comme si elle était chez elle. Puis, lorsqu'elle fut en mesure de le saluer sans avoir l'air d'un hippopotame enveloppé de doudounes, elle se retourna.

Bonsoir Iaros.

Son ami n'avait pas changé, même après Durmstrang. Il était toujours aussi grand, avait toujours ces traits fins si caractéristique du norvégien, et cet air posé et détendu. À l'image de sa maison d'ailleurs. Le claquement de ses talons résonnait dans le hall alors qu'Adélaïde se dirigeait vers le salon, parfaitement à l'aise.

Où est-elle ?

La petite fille qu'elle cherchait frénétiquement du regard lui avait terriblement manqué, et elle ne rêvait que d'une seule chose : la serrer dans ses bras. Sa petite tête brune et son petit corps d'enfant qui se dandinaient lorsqu'elle courrait étaient assez typiques de Linh. Elle lui ressemblait un peu, au final. Ce qui n'était pas étonnant, Adélaïde et Odélia étaient deux femmes au physique assez proche. Pourtant, elle percevait un éclat dans les yeux de la petite qu'on ne retrouverait jamais dans ceux de sa mère.
Adélaïde aimait passer du temps à s'occuper de l'enfant, à jouer avec elle, et à batailler pour la mettre au lit. Elle avait l'impression d'avoir un lien fort avec elle, un peu comme deux amies avec beaucoup d'écart d'âge, ou comme une mère et sa fille, bien que le rôle soit déjà pris. Elle grimaça à cette pensée, et continua à patienter, appuyée contre un mur, en attendant que la principale concernée montre le bout de son petit nez. Ce soir, le programme allait être assez simple : repas, une histoire et au dodo. Pas de représailles, elle allait y faire attention. Cela ne se terminerait en aucun cas comme la dernière fois, où Linh avait fini par convaincre sa baby-sitter de la laisser aller de coucher un peu plus tard. Mais vingt-trois heures pour un enfant de 3 ans, c'était bien trop tard. Une véritable catastrophe, pensa la jeune femme.

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5 nov. 2024, 21:46
 PNJ   Sainclair   L.O  Tas de plumes
- Votre PJ est présent ? oui / non
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ) : Iaros Olsen - Père
- Lien vers la fiche du PNJ : ici
- Intérêt de ce RP pour votre PJ : Développer la relation de Linh avec sa marraine Adélaïde, en l'effectuant directement entre les deux personnages et indirectement par le biais de Iaros qui est un ami d'Adé. Il l'accueil, avant de lui confier sa fille pour la soirée.
Linh était excitée comme une puce. Cela faisait maintenant deux jours qu'elle sautillait d'impatience dans toute la maison, trop heureuse de passer du temps avec Adé. Cela faisait si longtemps qu'elle ne s'était vues ! A l'échelle de sa courte vie, cela paraissait faire une éternité. Elle avait tellement hâte de lui montrer son nouveau doudou : Norbert ! Et d'écouter les fantastiques histoires qu'elle lui lisait avant de dormir ! Et de jouer aux cubes ! Et de lui faire un énorme câlin !! Elle avait plein de choses à lui dire !

Linh gigottait sur son siège alors que Iaros tentait, tant bien que mal, de peigner ses longs cheveux bruns. Son pauvre papa avait dût lui courir après pour réussir à l'habiller et l'apprêter. Depuis deux jours, il était la victime permanente des lubies de sa fille chérie qui ne tenait plus en place ! Cette dernière avait d'ailleurs exigé d'être belle ! Il fallait être belle pour Adé ! Papa se faisait toujours beau quand elle venait à la maison..

- Linh, trésor, tiens-toi tranquille, s'il te plaît, implora ce dernier

La brunette, obéissante, cessa.
Pour l'occasion, elle avait revêtu une très jolie robe rouge rubis. Elle savait que la couleur allait plaire à Adé. Papa avait dit que c'était même sa couleur préférée. Ses grosses joues roses et sa longue chevelure d'ébène la faisait ressembler aux princesses des contes que Papa lui lisait, parfois.

Lorsqu'elle entendit les trois coups caractéristiques, la petite sauta du tabouret sur lequel elle était installée, pour coller son petit nez à la fenêtre afin d'apercevoir sa baby-sitter préférée.
Elle trépignait d'impatience de revoir celle qu'elle considérait comme sa "vraie" maman. Elle n'osait pas en parler à Papa... elle avait peur qu'il soit triste.. D'ailleurs, lorsqu'elle l'avait appelée ainsi la dernière fois, Adé lui avait fait jurer de ne plus jamais recommencer. Elle avait dit que ce serait très blessant pour Maman, si elle l'apprenait. Donc maintenant, c'était leur secret.

Iaros soupira de soulagement. Elle était enfin arrivée. C'était très rare que sa crevette soit incontrôlable, mais lorsque Adélaïde venait lui rendre visite, une armée entière aurait échoué à la maintenir en place.
Il descendit les escalier en réajustant son costume. Ce soir, il avait rendez-vous avec son éditeur pour la petite soirée de lancement de son nouveau polar. C'est pourquoi, il avait demandé à sa chère amie de garder sa fille adorée. Celle-ci n'avait pas eu besoin de se laisser convaincre - elle avait tout de suite accepté - à la grande joie du blondinet, qui se plaisait également à la voir.

En ouvrant la porte du cottage, il rencontra son regard bleu gris. Pendant quelques secondes, il fut absorbé par ses yeux qui lui rappelaient tant de choses. Il lui sourit chaleureusement. Elle lui avait manquée à lui aussi.

- Bonjour Iaros

Il lui fit signe d'entrer. Il n'eut pas besoin de lui montrer le chemin : elle le connaissait déjà par coeur.
Cela faisait longtemps qu'elle ne prenait plus la peine de se conduire en invitée modèle !

- Où est-elle ?

- Bonjour, Adélaïde.

Il lui sourit chaleureusement.

- Elle se prépare à l'étage. Elle tenait à se faire belle pour toi, dit-il solennellement

C'est le moment que choisit la petite pour dévaler les escaliers en hurlant : ADÉEEEEEEE!!!

Elle courût aussi vite que lui permettaient ses petites jambes. Elle darda son regard bleu sur l'Allemande et sauta dans ses bras.

- Tu m'as manquée, chuchota-t-elle dans son oreille

La petite cala sa tête sur la poitrine d'Adélaïde, ainsi elle pouvait humer les effluves de son doux parfum et entendre son coeur battre. Elle se sentait bien, en sécurité.

Iaros les contemplait, ravi. Il aimait la relation que deux des femmes de sa vie avait instauré. Tristement, Adélaïde était ce qui se rapprochait le plus d'une mère, pour Linh. Et c'était impossible de rester parfaitement indifférent par rapport à cette situation. Cela le rongeait. Se dire qu'Odélia n'en avait que faire le minait.

Il s'éclipsa discrètement, pour finir de se préparer. Les laissant à leurs confidences.

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@Adélaïde Brennen
Dernière modification par Linh Olsen le 5 mai 2025, 12:00, modifié 3 fois.

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6 nov. 2024, 22:40
 PNJ   Sainclair   L.O  Tas de plumes
Adélaïde patientait tranquillement dans l'entrée. Appuyée fermement contre sa canne, elle effectuait machinalement un mouvement de son majeur et son pouce pour la faire tourner, simplement en effectuant une pression sur le pommeau. Habituellement, cette pulsion se manifestait lorsqu'elle était stressée, ou impatiente; en salle d'attente par exemple. Il était peu probable qu'elle le soit également ici, surtout dans cette maison, si familière à présent. Mais peut-être avait-elle hâte de la voir ? De lui faire à manger ? Que la petite lui raconte sa journée ? L'Allemande se rendait compte que plus elle passait de temps avec elle, plus elle s'y attachait, et sa vision sur ce petit fragment de vie, si singulier, se métamorphosait totalement. Les enfants, de façon générale , avaient une sorte d'innocence rassurante, de simplicité fondamentale qui la ramenait toujours sur terre. Ils étaient si directs et francs; ils laissaient toujours paraître le fond de leur pensée. Pourtant, plus ils grandissaient, plus on leur arrachait ce bien précieux, ce morceau d'enfance, pour les rattacher à des principes de société où il valait mieux ne rien dire.
Mais, en plus de tout cela, Linh avait autre chose. Quelque chose d'indescriptible, mais de tellement puissant. Une sorte de fleur, tout au fond de son cœur. Une minuscule plante colorée au immense pouvoir, qui continuait de fleurir, jour après jour, obstacle après obstacle, et qui répandait son parfum céleste tout autour d'elle, apportant sans vraiment s'en rendre compte, une ambiance divine, un soulagement relaxant, et qui, en quelques secondes, faisait disparaître toute trace de souffrance intérieure. C'était sûrement pour cela qu'elle aimait passer du temps en sa compagnie. Une fraction de seconde suffisait pour lui faire oublier tous ses problèmes. Comme un nuage, elle flottait, doucement dans les cieux, là où ses seuls soucis était de savoir si la petite ne se tâchait pas avec la peinture, et si elle arrivait bien à manger sans en mettre partout.

Tout en rêvassant à propos de l'aura rassurante d'une enfant de 3 ans, Adélaïde maintenait le contact visuel avec Iaros.
Dans sa belle tenue formelle, il ressemblait à un membre du Conseil –bien qu'elle doutait qu'il apprécierait cette comparaison– ou à un homme d'affaire riche et bienveillant. Les détails sur sa soirée avaient été succincts, et elle n'en avait pas grand chose à faire : avec Antonn, elle était habituée à ne pas trop poser de question sur les activités de ses proches, cela touchait parfois au domaine professionnel mais aussi du privé, et les gens n'étaient pas toujours apte à répondre à ses interrogations. S'il souhaiterait lui faire un debrief, elle l'écouterait, mais autrement, cela lui resterait inconnu.
Des portions de souvenirs surgissaient ici et là dans son esprit alors qu'elle dévisageait son ami avec une absence de toute expression humble. Appuyée, contre l'encadrement de la porte du salon, un flashback de son ami, riant à gorge déployée, en cinquième ou sixième année peut-être, lui arracha une grimace. C'était la belle époque, celle où ils ne se souciaient de pas grand chose, où seul l'envie de voyager, d'apprendre, de comprendre et de découvrir les animaient. Rien encore ne venait troubler leur quotidien paisible, hormis les cours de Durmstrang. Elle préféra rompre le contact et fixa le vide, en alternant entre vision nette et vision floue par un simple mouvement de pupille qu'on ne saurait expliquer. Elle savait le faire, c'était reposant, et c'est tout.

La réponse de Iaros lui arracha un sourire. Linh s'était faite belle ? Pour elle ? Ses fossettes ressortaient clairement, parfaitement visible, et ce sourire, le véritable sourire d'Adélaïde, qui n'apparaissait pas souvent, voulait tout dire.

Pfft, se faire belle ? Pourquoi se faire belle al...

Mais la petite Linh avait déjà dévalé les escaliers à une vitesse fulgurante, et sautait maintenant sur l'adulte qui sursauta en tentant de garder un équilibre stable. Elle avait mal aux joues tant son sourire s'élargissait.

...alors qu'elle l'est toujours

Et elle enlaça tendrement le corps de sa petite être préférée, qui avait logée sa tête sur sa poitrine. Adélaïde respirait doucement, les yeux fermés, collant sa joue contre les doux et soyeux cheveux bruns de Linh. La fameuse sensation à laquelle elle pensait s'empara de ses muscles engourdis par l'exaltation.
Les deux restèrent dans cette position quelques instants, profitant de la sécurité que l'une apportait à l'autre. Puis, elle saisit la petite taille de l'enfant pour la reposer au sol, et constater le joli accoutrement avec lequel elle se baladait.
L'adorable robe rouge la faisait passer pour une princesse de contes, il ne lui manquait plus qu'une couronne. Elles iraient peut-être en acheter une, un de ses jours au magasin.

Mais ! Linh, qu'est ce que c'est que cette tenue ? Tu sais bien que je n'apprécie pas me trouver dans la même pièce qu'une personne plus jolie que moi !
Plaisanta-t-elle d'un ton euphorique, qu'elle savait compréhensible pour la brunette, qui, à force, était habituée à son humour autocentré.

Mais pourquoi es-tu si loin de ton palais ? Laisse donc ta sujet préférée, Mlle Brennen, t'y raccompagner au plus vite. Par ici, votre grâce.

Continua Adélaïde en faisant une révérence basse et exagérée devant la minuscule enfant. La soirée s'annonçait amusante. Elle guida l'enfant jusqu'au salon où, à quelques mètres du canapé, elle l'attrapa par les épaules, ricana à la manière d'un vilain de fantaisie et l'apporta en trombe sur le canapé. Un faux sourire maléfique collé aux lèvres, Adélaïde leva ses mains, ses doigts recroquevillés à la manière d'une momie, et, lorsque Linh s'en attendait le moins, la chatouilla un peu partout.
Un rire alègre s'échappait de sa gorge lorsqu'elle se délecta des réactions de la petite.
Elle se stoppa évidemment assez rapidement, et s'assit à côté de l'enfant, les bras posés sur le ventre, comme pour dire qu'elle y avait mal, tellement cela l'avait amusée.
Le regard perçant de la petite Linh l'attendrit encore plus. Elle l'embrassa le front avant de se relever pour faire un point avec Iaros, avant que celui-ci parte.

Si sa majesté Linh pouvait me préparer une courte présentation de sa journée, pendant que Sujet Brennen s'entretient avec Papa...

Appeler Iaros par son rôle auprès de l'enfant avait toujours eu un effet étrange sur Adélaïde. Lui qui avait été jeune, insouciant, vivant, était désormais père ? L'information n'arrivait jamais à pénétrer, c'était bien trop cabalistique. Et pourtant, bien réel. Elle repensait à ces années, où son imagination ne tournait qu'autour de sa vie aux côtés de cet homme, avec une famille aimante, une jolie petite maison, un peu comme celle-ci... Toute une construction d'avenir qui était malheureusement tombée à l'eau avec l'arrivée d'Odélia. L'astronome avait rapidement accepté qu'elle ne faisait pas le poids face à cette divinité vivante, avec qui elle s'était tant comparée. Elle était si belle, si intelligente, et avait tout d'une femme parfaite ! Pourtant, en ce jour, celle-ci était la dernière personne qu'Adélaïde aurait voulu être. Sa vision de la jeune femme avait drastiquement basculée dans le négatif lorsqu'elle avait été sollicitée pour la première fois, pour babysitter Linh.
Car, si ses visites chez les Olsen étaient si fréquentes, c'était bel et bien parce que cette bouffonne qui servait de mère à sa protégée ne prenait pas la peine de s'occuper de sa propre fille.

Cela avait d'abord été un choc pour l'Allemande. Comment pouvait-on avoir un enfant si on ne peut s'en occuper ? Adélaïde concevait bien qu'avec le travail, il lui était parfois difficile de le combiner avec la vie de famille, mais d'après ce qu'elle avait compris des mots éparpillées de la petite, Odelia n'était absolument pas présente. Rarement. Jamais. Pas de bisou le soir avant de dormir –ce qui, de toute évidence, ne prenait que quelques secondes– pas de moments passés ensemble, et surtout, pas d'excuses. Linh était un bébé, elle ne comprenait pas vraiment pourquoi sa mère était si peu à ses côtés. Le problème étant qu'elle grandirait en pensant que tout ce qui se trame par ici était tout à fait normal. Et c'était bien la seule chose qu'Adélaïde ne voulait pas. Si quelqu'un devait représenter une figure féminine de confiance, elle le ferait. Pour qu'elle puisse se sentir entourée de gens aimants, attentionnés, et qui l'aimait plus que tout.

Quand rentres-tu ? J'ai rien de prévu, Antonn travaille toute la soirée et j'imagine qu'il sortira avec des amis après, donc ne te presse pas, d'acc ?
Au centre de l'entrée, sa voix sonnait comme un murmure, assurant à Iaros que tout irait bien. Mais, avant qu'il parte, il lui était vital de demander.

Оделия здесь ? ¹

La question était simple, neutre, pourtant, son ton laissait paraître une certaine maladresse, comme si elle l'avait supplié. Ses sourcils étaient légèrement froncés en attente d'une réponse.

____________________

¹ Оделия здесь - Odeliya zdes' - Est-ce que Odelia est là ?

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12 nov. 2024, 09:19
 PNJ   Sainclair   L.O  Tas de plumes
La princesse rayonnait d'une joie qu'elle n'arrivait pas à contenir. Elle avait envie de crier de joie !
Adé avait dit qu'elle était belle ! Adé ne mentait jamais ! Elle avait même dit qu'elle était plus jolie ?

- Tu es toujours la plus jolie ! s'écria t-elle vivement

Aahhh c'était pour rire. Linh savait que c'était de l'humour. Oui. Elle rit doucement. C'était évident que c'était toujours Adé la plus belle dans une pièce. Elle pourrait porter un sac poubelle ou encore une couette et être, et de loin, la personne la plus époustouflante dans une pièce. Quand Linh serait grande, elle voulait être exactement comme Adélaïde : belle, intelligente, drôle, gentille, aimante et parfaite.

Mais pourquoi es-tu si loin de ton palais ? Laisse donc ta sujet préférée, Mlle Brennen, t'y raccompagner au plus vite. Par ici, votre grâce.

- Ouiii!! Allons dans mon palais ! babilla t-elle avec le plus adorable des sourires

Adé savait pertinemment qu'elle était sa préférée.
Elle se laissa guider jusqu'au salon, elle accorda sa main à sa charmante sujette et atterrit tout près du canapé.
Et là, ici, sur son propre territoire, dans son propre palais, sur son propre trône, qu'eu lieu le plus grand, le plus terrible, le plus injuste des coups d'état !
Adé eu le culot d'essayer de l'assassiner en lui faisait les plus affreuses guilis du monde !
La petite se tordait de rire, elle riait si fort que ses côtes étaient douloureuses. Elle ne s'était pas autant amusée depuis très longtemps. Elle détestait et adorait être chatouillé, à la fois.

- Adéeeeee ! S'il te plait. S'il te plaitttt arrête ! supplia-t-elle en riant

Sa babysitter préférée finit par arrêter de la torturer. Elles s'assirent côte à côte sur le canapé et Linh posa sa petite tête ronde sur l'épaule d'Adé. Elle poussa un petit soupir satisfait. Elle n'arrivait pas à arrêter de sourire. Adélaïde l'embrassa tendrement sur le front, et Linh sentit son petit coeur se réchauffer. En bonne impératrice obéissante, elle hocha la tête et s'attela calmement à sa tâche.

Iaros nouait sa cravate, bleue comme ses yeux, devant le miroir de l'entrée, lorsqu'il sentit la présence de l'astronome dans son dos. Il se retourna, et leva les yeux vers elle.

Quand rentres-tu ? J'ai rien de prévu, Antonn travaille toute la soirée et j'imagine qu'il sortira avec des amis après, donc ne te presse pas, d'acc ?

- J'avais prévu de rentrer le plus tôt possible. Malheureusement, mon éditeur veut commencer par un long discours, puis une conférence et même un dîner. Donc très tard, je suppose. Peut être entre minuit et deux heures du matin ? J'aurais largement préféré rester avec vous deux.

Il s'avança vers sa chère amie et prit délicatement ses mains dans les siennes.

- Merci infiniment. Tu ne sais pas à quel point ça compte pour moi. Et pour Linh. Elle t'adore, elle ne cesse de te réclamer. Je.. j'ai.. enfin, ce n'est pas toujours facile pour moi et ça me soulage de te savoir toujours là pour elle. Merci.

Il lâcha ses mains, ne voulant pas la mettre mal à l'aise. Le Norvégien sentait que leur relation s'était vue modifiée suite à son mariage. Depuis ce moment, il n'avait jamais retrouvé la même complicité avec sa meilleure amie, qu'avant. Il n'avait jamais trop compris ce qui s'était passé et cela l'attristait. Il avait du mal à la voir autrement que comme celle qu'elle était avant. L'ado blessée qu'il avait appris à apprécier était maintenant devenue une femme. Il aurait simplement aimé que leur relation reste, pour toujours, inchangée.

— Оделия здесь ?

Ah, si. C'était le problème. On en revenait toujours à la même rengaine.

Iaros fit non de la tête. Odélia n'était jamais là. Cela n'avait rien de nouveau. Il connaissait pertinemment l'avis d'Adélaïde sur son épouse. Il aurait adorer ne pas le partager. Aimer sa femme mais aimer encore plus son bébé. Comment faire ?

- Вы прекрасно знаете, что это не так.1

Le Norvégien n'avait pas envie de s'étaler plus longtemps sur son désastre de mariage.
Il repassa a l'anglais dans un soucis de compréhension pour les potentielles oreilles baladeuses de sa fille.

- Les placards son pleins, elle a mangé des boulettes de viande et des carottes ce midi, de la tarte au pomme au goûter. Ce serait donc bien que tu réussisse à lui faire avaler des légumes verts.. si c'est trop.. impossible, tu connais son plat préféré !
Je te laisse juger de l'heure du coucher mais je doute qu'elle ne soit calme avant tard ce soir.


- Ah, et je t'ai laissé un petit truc dans le premier tiroir du deuxième placard, dans la cuisine. sourit-il, complice.

Iaros se dirigea ensuite vers le salon. Il n'avait pas du tout envie de quitter sa fille chérie. Son petit bébé était tranquillement entrain de dessiner sa journée sur la table basse du salon. Son petit ange était si adorable. Il s'approcha doucement d'elle, et lui caressa lentement la tête.

- Jeg går, min kjære.2

- Farvel, pappa. Vil du komme og gi meg et kyss når du kommer hjem ?3

Papa hocha la tête en souriant. Il embrassa sa crevette sur le front et transplana, laissant ses deux brunettes seules.

Linh sautilla joyeusement vers Adé.

- J'ai finiiii !

Elle s'assit sur le tapis et commença à babiller à propos de la neige qui commençait à tomber, du sapin que Papa avait promis de faire demain, de son délicieux goûter, de Norbert à qui il fallait mettre un nœud papillon, des cadeaux qu'elle aimerait pour Noël et surtout du petit oiseau qu'elle avait ramassé devant la maison ce matin.
En parlant, elle regardait tout autour d'elle comme si chaque chose était merveilleuses. Elle ne cessait de bouger les pieds, incapable de réellement tenir en place.

_______________________________________

1 - Вы прекрасно знаете, что это не так : Tu sais bien que non.

2 - Jeg går, min kjære : J'y vais, mon trésor.

3 - Farvel, pappa. Vil du komme og gi meg et kyss når du kommer hjem? : Au revoir, Papa. Tu viendra me faire un bisou en rentrant ?

1032 @Adélaïde Brennen

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12 nov. 2024, 23:14
 PNJ   Sainclair   L.O  Tas de plumes
Non, tu l'es. Tu es la plus belle de toutes les princesses.
Adélaïde essayait difficilement de retenir un gigantesque sourire, voire même un rire en pensant à Linh. Mais, lorsqu'il fallait s'adresser à Iaros, elle préférait rester calme, peut-être elle formelle. C'était devenu une habitude depuis quelque temps, sûrement pour mettre un peu de distances entre les deux adultes. Avec n'importe qui d'autre, elle aurait simplement exprimé ses émotions, les auraient laissé sortir, pourtant, en sa présence, elle ne ressentait plus la même sensation. Elle était comme serrée dans un étau, dans une sorte d'état second où les émotions s'échappaient extrêmement laborieusement. Le malaise n'était pas présent, au contraire, elle était plutôt rassurée d'être à ses côtés, mais pas suffisamment pour laisser parler son cœur. C'était comme si elle devait tout retenir, empêcher toute parole à caractère dévastateur. On pouvait toujours imaginer des milliers de choses à dire, préparer un discours, bien construit, concis, concret, mais jamais nous ne pouvions être certains que ces mois-là sortiraient. Sur le moment, on ne contrôle plus rien. On peut être préparé, et lorsqu'il faut ouvrir la bouche, un flot de paroles totalement étranger s'en échappe. Une fois à ce stade, personne ne pouvait nous retenir. Les phrases continuaient de crier à l'attention, de réclamer, de se plaindre, de pleurer, et l'homme lui-même ne pouvait les empêcher de détruire. C'était exactement pour cette raison qu'elle préférait garder tout cela pour elle. Qui sait ce qu'il se produirait une fois que ce sera prononcé ? On n'effaçait pas les mots comme on effaçait une image, on ne faisait pas disparaître un instant comme un objet qui disparaissait, on n'oubliait pas la flamme comme on oubliait un ancêtre. Chaque lettre s'accrochait fermement à la paroi du cœur, le réchauffait doucement comme un baiser sur le coin de la lèvre, ou le décomposait lentement, douloureusement, comme des griffes grattant l'écorce vitale d'un arbre majestueux. Le cœur de Iaros ne méritait pas un tel sort.

Mais, de toute façon, cela n'arriverait pas. Ça n'arriverait pas, car elle-même ne sait pas ce qu'elle ressent. Elle ne savait pas l'exprimer, elle ne le comprenait pas, elle ne le voyait pas, elle ne le ressentait pas. L'Allemande nageait dans un flot de sentiments qui n'était pas le sien, mais qui l'engloutissait parfois, avant de la faire remonter à la surface. Une boucle perpétuelle à la propriété bien étrange, qui refusait de déterminer clairement ce qui se tramait dans la poitrine de la jeune femme. Elle avait essayé d'y voir plus clair. Assise sur son canapé, en tailleur, elle avait réfléchi, creusé, écrit, revécu. Mais rien. Comme si cette chose étrange était congelée, une glace extrêmement solide, pointue, dévastatrice, éternelle. Un gel froid, douloureux, qui ne s'en allait jamais.
Cela faisait un moment qu'elle avait simplement décidé de négliger cet aspect-là d'elle-même. Si rien ne naissait, rien n'existait. Plus on force, plus on tombe. Et plus on tombe, plus il est pénible de remonter. Elle ne voulait pas subir ça, elle, et même Iaros. Les sentiments qui avaient autrefois habité son cœur s'étaient doucement envolés, comme de douces colombes en quête d'une nouvelle mission. Elle avait tout bonnement dit adieu à ces amis, un adieu sans pleurs, sans souffrance, un simple adieu, synonyme d'espoir, de départ, de renouveau. Depuis, elle évitait de revenir sur ce sujet, afin de ne pas rapatrier ses missionnaires.

Adélaïde hocha silencieusement. La voix de son ami était splendide. Elle l'avait toujours pensé. Là où d'autres parlaient d'un ton rauque, désabusé, impoli, lui, naturellement, s'exprimait avec une telle grâce qu'il pourrait donner des frissons à n'importe qui tendra l'oreille pour l'écouter. Elle se surprit à penser que c'était un sacré avantage, et qu'il pouvait sûrement obtenir tout ce qu'il souhaitait, simplement en prononçant ses mots de la sorte.

Mmh. D'accord.

Sa piteuse tentative de réponse décontractée échoua misérablement. Elle n'était pas détendue et sa voix ressemblait plus à celle d'un général de l'armée qu'à celle d'une femme avec son ami. Sur son petit nuage, elle ne remarqua pas tout de suite que le blond avançait ses mains vers les siennes. Sa bulle fut percée, et, les yeux ronds, elle eut un mouvement de recul, malheureusement pas assez rapide pour échapper au contact de l'autre. Elle se contenta de regarder à côté ; étrangement, le parquet semblait fort intéressant en ce jour. Son cœur battait à la chamade, mais Adélaïde le savait, ce n'était pas de l'amour, mais de la peur. De la peur que, par ce simple touché, il puisse lire dans son esprit, voir ses réflexions, ses angoisses, son passé, tout ce qu'elle avait tant oeuvré à camoufler. Mais une nouvelle frayeur s'ajoutait à la précédente : celle qu'avec leur proximité, il puisse percevoir les battements dans sa poitrine. Qu'il y lise une explication, maladroite, blessante, incompréhensible. Il ne devait pas, elle devait l'éviter. Pour leur bien à tous. Ses mots, rassurants, plein d'espoir, lui réchauffait le cœur, bien plus qu'un feu au coin de la cheminée. La brune aimait aider, filer des coups de main. Elle aimait cette maison, elle aimait le petit chemin pittoresque qui y menait, le jardin fleuri qui l'entoure, les volets colorés, les murs tapissés, l'ambiance détendue, souple, variable. Mais surtout, elle aimait Linh, et ça valait plus que n'importe quelle fleur ou tapisserie.

Ravie de pouvoir aider. Et puis, je ne le fais pas par défaut. Ici, c'est tellement... Différent, tu comprends ?

Un léger sourire laissait entrevoir ses fossettes. De cette façon, elle ressemblait beaucoup à Simon. En pensant aux sourires, cela faisait un moment qu'elle n'avait pas vu le rictus de son ami. Le rictus. Celui qui l'avait charmé, qui l'avait fait rire, mais aussi pleurer, se tordre de douleur lorsqu'il lui rappelait la perte qu'elle eût dû affronter, à cause de cette...
Odelia. Bien que la mère de Linh ne soit jamais physiquement présente, elle hantait les esprits de chacune des personnes qui se tenaient dans cette pièce. C'était une pensée extrêmement douloureuse.
Évidemment que celle-ci n'était pas présente. Toujours ailleurs, à faire on ne savait quoi, bien qu'une partie d'Adélaïde était satisfaite de ne pas avoir à croiser sa tête de suricate à chaque fois qu'elle passait le seuil de cette maison. Un simple regard compatissant suffit à passer à autre chose. L'information avait été assimilée, pas besoin de s'attarder sur cette femme-là.

L'instant quelque peu émotionnel semblait s'être dissipé, au plus grand plaisir de l'Allemande se déplaça vers la porte de la cuisine –quel bonheur d'avoir une occasion de claquer sa canne contre le sol, même pour quelques mètres– pour y jeter un coup d'œil tandis que le rapport alimentaire de Linh lui était exposé. Tout deux savaient que le repas équilibré risquait d'être compliqué, bien que pour une fois, elle y croyait. Elle allait être une gentille adulte responsable et lui faire avaler de bonnes et délicieuses choses, pleines de fer et d'autres vitamines. Balivernes.
Elle prit mentalement note des informations sur la petite et acquiesça une seconde fois.

Comme d'habitude. Je sais pas comment tu fais pour tenir autant de temps avec elle. Une véritable pile électrique, comme dirait les moldus.

Drôle d'expression.
La partie la plus compliquée, après la bataille de pâtes et la course au lavage de mains, était de mettre au lit le petit pot de colle. Même après de longues heures à jouer, courir, crier, Linh ne ressentait pas la moindre once de fatigue dans son corps. À croire qu'elle buvait du whisky pur feu à chaise repas, et avait des bouffées d'énergies subites qui l'alimentaient comme une ampoule. Adélaïde pouffa doucement en secouant la tête, désespérée.
Sa réflexion fut coupée par le sourire complice de Iaros. Elle n'avait jamais osé lui dire que cette expression lui allait affreusement mal, qu'elle lui faisait plus ressembler à une personnalité moldue séline des États-Unis, connue dans sa jeunesse, essayant de se remémorer de bonnes veilles anecdotes de l'époque. Elle n'en dit pourtant rien et fit une note mentale d'aller jeter un coup d'œil à ce qu'il avait bien pu cacher à cet endroit. Sûrement un vieux truc banal et sans intérêt, comme à son habitude, mais ce genre de petites attentions l'intriguaient toujours.

Retournant dans le salon où elle laissait l'adorable petite famille se dire au revoir, elle s'assit, très à l'aise, dans le canapé moelleux qu'elle connaissait à présent comme sa poche. Sa place était stratégique ; il s'agissait du côté le plus enfoncé du meuble. De cette façon, elle s'y sentait bien enveloppée, comme reposant sur un petit nuage, à côté de son coussin multicolore fétiche, qui, à maintes reprises, lui avait servi de repose-fessier. Lorsque Linh reçut un adorable petit baiser sur son front, elle déglutit. Comme elle enviait cette relation que la toute petite enfant entretenait avec son père. C'est sûrement ce qu'on appelait une relation de confiance. Lothar avait été un père bon et humble, mais rarement, voire jamais, elle n'avait connu tant de proximité et d'attachement entre deux membres d'une famille. Mais peut-être que ses coutumes les rendaient un peu moins tactiles, mais que leur amour existait quand même ? Ses parents l'exprimaient beaucoup sous forme de divers cadeaux, souvent de nouvelles robes et parures.

Vi sees senere, nyt.¹

Avait-elle appris quelques mots basiques de Norvégien pour le surprendre ? Oui. Pour gagner l'admiration de Linh ? Oui. Et Adélaïde était aux anges, ravie de son petit effet.

Lorsque le petit crac caractéristique du transplanage retenti dans le large salon, elle se tourna vers la petite, assise sur le tapis. Avec un air amusé, le visage faussement sérieux, elle lança

Si sa majesté est prête...
La fillette sautillant partout, totalement surexcitée, et une partie d'Adélaïde appréhendait l'heure du coucher. Les multitudes d'histoires différentes que racontait Linh s'entrechoquaient, elle ne cessait de s'interrompre pour parler d'autre chose, avant de revenir sur la précédente histoire, en ajoutant des détails volant dans tous les sens. La jeune femme, bien investie dans ce récit, ponctuait le babillage de Linh d'une multitude d'exclamations : Mais non ? Oh, génial ! C'est pas vrai ?

Et comment tu l'as appelé alors, ce petit oiseau ? Est-ce qu'il a rejoint ses parents oiseaux ?

Savoir si oui ou non la bestiole avait retrouvé son nid lui importait peu. C'était surtout dans le but d'écouter à nouveau la mélodieuse voix énergétique de sa petite Linhette préférée que le moment ressemblait tant à un interrogatoire. Lorsqu'elle bondit du canapé à la recherche d'une première activité, la liste des cadeaux de Noël de Linh était bien logée dans un coin de ses neurones.

Bon. Je vais cuisiner un petit quelque chose à manger, pendant ce temps est-ce que tu pourrais aller te mettre en pyjama ? Tu ne voudrais pas tacher cette jolie robe n'est-ce pas ?

Linh serait sûrement capable de se débrouiller toute seule. Dans le cas contraire, il lui suffirait de hurler le nom de l'adulte pour qu'elle vienne lui prêter main-forte. Alors que la petite montait à l'étage, elle installa une ambiance cozy en allumant quelques bougies et en tirant les rideaux. Rien que la faible lumière des flammes dansantes lui donnait envie de dormir. Mais d'après ce qu'elle avait cru comprendre, elle n'était pas prête de poser sa tête sur un oreiller, et encore moins d'avoir un sommeil paisible. Afin de mieux résister à la tentation, elle chassa cette idée et ouvrit à la volée un des placards de la cuisine. Légumes, légumes, légumes... Elle n'avait clairement pas envie de se casser la tête, mais si Iaros préférait un repas plutôt équilibré, elle mélangerait vitamines et plaisir. Des pâtes aux épinards, ça ne peut qu'être bon, non ? Les pâtes d'Adélaïde, qui plus sont .
Tout en sortant une armée de matériel de cuisine, elle s'époumona.

Et attention dans les escaliers choupette ! Je n'ai pas de diplôme en Médicomagie !

Vu comment la petite sautillait, il valait mieux le préciser. Passer la soirée à la nouvelle Sainte-Mangouste à cause d'une chute aggravée était bien la dernière des choses qu'elle voulait expérimenter. D'autant plus que Iaros ne lui confierait plus sa fille.

____________________

¹ Vi sees senere, nyt - à tout à l'heure, profite bien.

2019

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Impératrice-Sirène des Contrées Germaniques, Célestes et Maritimes • Idole d'Elam

17 oct. 2025, 22:32
 PNJ   Sainclair   L.O  Tas de plumes
La brunette regarda Adé comme si elle venait de poser la question la plus étrange qu'elle eu jamais entendu.

- Je ne l'ai pas appelé.. Je ne suis ni sa maman, ni son papa. Ils lui ont sûrement déjà donné un nom de petit oiseau. Ils n'auraient pas voulu que je change son prénom, dit elle en fixant l'adulte bizarrement. Elle enchaîna ensuite tout naturellement :

- Mais si j'avais pu choisir je l'aurais appelé Edward ! C'est un très joli prénom, j'aurais bien aimé m'appeler Edward, gazouilla t-elle, ne tenant absolument pas en place. Se levant, sautillant, se rasseyant, tout ça avec un sourire rayonnant sur le visage. Elle adorait raconter des choses à sa marraine. Quand celle-ci l'écoutait, lui souriait, et ponctuait tout cela de petits rires fiers.

- Je ne sais pas si il avait un papa oiseau, mais j'ai vu sa maman !

Son sourire fana, un peu. Elle s'interrogea à voix haute. Cette question la turlupinait depuis qu'elle avait aperçu l'oisillon.

- Mais et s'il n'avait pas de papa ? Comment on fait sans papa, Adé ? Il doit être tout triste et se sentir très seul.

Linh avait un peu mal à la gorge, elle avalait difficilement sa salive et ses yeux picotaient. Elle baissa la tête. Comment on fait sans papa, Adé ? Pauvre oisillon, que fait-il quand sa maman part au travail ? Qui lui fait à manger ? Qui joue avec lui ? Elle aurait tant voulu le prendre dans ses petites mains et le serrer contre son coeur, pour le consoler. Être son papa. Elle battait à présent furieusement des paupières, retenant ses larmes. Une grande fille ne pleurait pas.
Adé la regardait, sans doute un peu triste aussi. L'Allemande ne lui répondit pas, mais sourit et la brunette sentait bien qu'elle avait le coeur lourd. Percevant son malaise, elle n'insista pas plus et garda ses autres questions.

- Bon. Je vais cuisiner un petit quelque chose à manger, pendant ce temps est-ce que tu pourrais aller te mettre en pyjama ? Tu ne voudrais pas tâcher cette jolie robe n'est-ce pas ?

La petite hocha la tête, profitant de l'occasion pour scotcher de nouveau un sourire sur son visage rond. Linh monta les escaliers comme elle pu, comme ses petites jambes pouvaient la porter, et se précipita vers sa chambre pour se changer, comme Adé lui avait demandé de le faire. Elle se contorsionna pour mettre son haut de pyjama, et sauta dans son bas de pyjama, avant d'enfiler des chaussons tous chauds, et tous doux. L'adorable enfant attrapa ensuite Bjorn et Norbert, ses deux doudous préférés, puis descendit les escaliers. Plus doucement, cette fois. Elle se tint prudemment à la rampe en bois, serrant contre elle ses peluches. Les gros chaussons rendaient la descente particulièrement difficile. Fronçant les sourcils pour se concentrer, elle considérait l'option de finir cette épreuve sur les fesses, lorsqu'elle aperçut enfin la dernière marche. Avec une petite exclamation de joie, elle bondit sans aucune grâce en bas. Puis courût - enfin se dandina - vers la cuisine, les bras encore bien chargés. En pénétrant dans la pièce, elle annonça sa présence par un retentissant :

- C'est bon. Je suis prête !

Elle s'arrêta un instant pour humer les bonnes odeurs qui se dégageaient du plat qu'Adélaïde était en train de remuer.

- Ça sent très bon, déclara solennellement la brunette.

Linh sautilla ensuite jusqu'à sa chaise attitrée, sans oublier de placer Norbert et Bjorn non loin d'elle. Maternelle, elle tapota doucement leurs têtes et noua autour de leurs cous une petite serviette en tissu blanc, en guise de bavoir.

- On mange quoi Adé ? J'ai vraiment faim.

L'adulte lui répondit qu'elle n'avait plus qu'à patienter quelques minutes, c'était bientôt prêt. Elle ne mentionna pas la nature du plat, et elle faisait bien : Linh ne mangeait rien de vert. Mais pire, elle ne mangeait rien qui ne soit pas des féculents ou du sucre. Peut être que si Papa s'y prenait vraiment bien, elle acceptait des carottes, voire même du fromage. Mais c'était vraiment pour faire plaisir à Papa. Ce dernier en était donc réduit à cacher des légumes un peu partout dans ses recettes pour que sa fille mange sainement. Il passait les repas à croiser les doigts, l'oreille en alerte, la boule au ventre à l'idée que son bout de chou ne découvre la supercherie. Fort heureusement, le palais de la jeune difficile n'était pas encore bien développé, elle mangeait donc souvent sans faire d'histoires si l'apparence du plat lui convenait. Mais des épinards ? Jamais. Pas même sous la torture, pas même après des semaines d'une famine prolongée Linh ne mangerait ça. Jamais.

- Adéeeee... j'aiii faimmmm, se plaignit l'Insupportable Enfant.

Sa marraine lui donna la même réponse qu'environ cinq secondes plus tôt. La petite se mit alors à jouer avec Bjorn et Norbert pour passer le temps plus vite. Rien à faire. Son petit estomac semblait lui crier "J'ai faim! J'ai faim!". Bjorn, lui aussi, paraissait mourir de faim. Elle pouvait le lire dans les billes noires qui remplaçaient ses yeux.

Lorsque que le repas arriva enfin elle gigottait donc, toute contente, sur sa petite chaise. Un sourire de pur bonheur, parfaitement enfantin, éclairait son visage. Elle chantonnait presque. Elle perdit rapidement son sourire en se rendant compte que.. arg.. des épinards ? Une grimace de dégout, non dissimulée, vint bientôt orner sa jolie bouille. Elle dévisagea Adé. Voulait-elle l'empoisonner ? Des épinards ? Mais pourquoi faire ? Apparence douteuse, goût incertain : c'était sûr Adé voulait la voir morte. Les larmes lui montèrent aux yeux.

- J'aime pas les épinaaaaaards.....chouina-t-elle.

Bjorn paraissait aussi déçu qu'elle. Son sourire figé d'ours en peluche en disait long sur ce qu'il pensait de la trahison de la marraine de Linh. Cette dernière faisait rarement des scènes, elle refusait juste de manger. Si elle décrétait ne pas aimer un aliment, cette tête de mule ne l'avalerait jamais. Même si Papa lui demandait très gentiment. Même si Adé lui faisait les gros yeux. Sa tête, bien que petite, était très dure. L'Allemande soupira. Iaros l'avait prévenue, pourtant.
Linh continuait de fixer son assiette, les yeux embués. Elle secoua la tête.

- Je peux pas Adé. C'est trop pas bon les épinards.

Lorsqu'elle disait ça, ce n'était pas contre Adé, ni même contre son plat, juste par rapport à son incapacité à manger des horreurs telles que les épinards et autres abominations de couleur verte. Elle tendit son petit bras et attrapa son ours chéri, qu'elle serra fort contre elle. Il sentait bon. Il sentait Papa. Bientôt, il sentirait les épinards.. et ce serait trop triste. Il faudrait le laver. Et alors.. quel drame ce serait.. Papa avait lavé Bjorn, une fois. Linh avait tant pleuré, que Iaros s'était juré de ne plus jamais toucher une des peluches de sa fille. La pauvre petite ne reconnaissait plus l'odeur de son doudou, même son poil - si doux d'habitude - avait changé. C'était comme si Papa avait lavé la personnalité de Bjorn en même temps que la grosse tâche de confiture qu'elle avait faite sur le ventre de son ourson.
Adé commença à manger et la brunette continua de fixer son assiette, imperturbable.

« Tu peux le faire ! Pour Adé ! » lui criait le petit ange dans sa tête.
« Mais c'est pas bon les épinards.. » se rappelait elle.

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○ Apprentie empoisonneuse ✭ #5544ab ✶ 3A rp
>> Looks like a cinnamon roll, could kill you<<

18 oct. 2025, 00:32
 PNJ   Sainclair   L.O  Tas de plumes
Adossée contre le plan de travail, Adélaïde laissa échapper un las soupir, tremblante. Portant maladroitement sa tasse de thé fumant à ses lèvres, tout en fixant le vide presque noir qui tapissait la pièce et faisait union avec la nuit bleue d'un soir d'hiver, elle repensa aux paroles de la jeune Olsen.

Comment on fait sans papa, Adé ?

Une des faibles lueurs orangées qui éclairaient la pièce vacilla une seconde, avant de reprendre sa calme ondulation, typique des jeunes bougies parfumées que l'Allemande allumait partout où elle passait. Les lumières blanches, agressives lui étaient toujours apparues comme des éléments inutiles, sans réel but si ce n'était celui de vous aveugler à jamais. À Lohr am Main, le manoir était presque toujours éclairé par de larges torches couleur feuilles d'automne. Elle s'y était habituée.

Alors, le visage presque plongé dans le noir, Linh ne pourra voir la larme cristalline qui avait roulé sur sa joue, et qu'elle effaça presque immédiatement du dos de sa main.

Comment on fait sans papa, Adé ?

La douce et juvénile voix de l'enfant résonna une nouvelle fois à travers ses tympans. Une question si simple, si innocente et apparemment tellement naturelle qui était née, là, au creux d'une simple soirée, mais qui avait bien fait son effet, autant sur la petite sorcière que sur l'adulte. Cette dernière avait maintenu son sourire, son sourire si sincère, si aimant qui, en cet instant, aurait voulu chasser ce regard trop mélancolique qui s'installait dans les pupilles de sa filleule. De la peur, aussi. Un frémissement, peut-être.

Adélaïde se retourna pour poursuivre la préparation du repas, les yeux encore trempés de quelques larmes qu'elle n'avait voulu laisser couler plus longtemps. Touillant machinalement le contenu du récipient à l'aide d'une cuillère, ses iris se perdirent de nouveau dans le néant.

Pour elle, nul doute, tout cela avait bien un lien avec Iaros. Avec ce père si présent, si actif, si tendre. Mais, aujourd'hui plus que jamais, c'était bien noué à l'absence d'Odélia. Si le norvégien remplissait son rôle de père, sa femme, elle, n'en faisait pas autant. Et Linh le sentait. Elle en était touchée, considérablement, bien plus qu'on ne le pensait. Dans un monde où tant d'enfants craignent de perdre leur mère, leur phare au milieu de la tempête, l'Écossaise, elle, s'accrochait désespérément à son père.

Car, tout le monde le savait : sans Iaros, Linh était destinée au malheur.

Alors, face à ce questionnement si inattendu, l'astronome peina à trouver ses mots. Et, ainsi, dans cette cuisine où seuls quelques sanglots proféraient leur mélodie dans l'inexistence sonore, elle se revit répondre, la gorge serrée, quelque chose comme : « Bien sûr qu'il a un papa, Mein Stern, ne t'inquiètes pas. Un sourire sincère s'était dessiné sur ses lèvres. Et regarde : les peluches que tu as, n'es-tu pas leur maman ? N'ont-elles pas de papa ? Elles n'en sont pas moins heureuses ! »

Elle avait passé sa main sur la petite tête de l'enfant pour lui caresser les cheveux, et d'une voix presque chuchotante, elle avait ajouté : « Ce qui compte, Sonnenstrahl, c'est tout l'amour que tu leur donnes, et tout celui qu'ils reçoivent. »

L'éclat de la voix de la jeune brune la sortit de ses pensées. D'un rapide coup de baguette, elle amplifia la luminosité de ses petites flammes pour que l'enfant ne se fatigue point les yeux. Elle modela sur son visage une expression enthousiaste avant de se retourner vers le petit être tout vêtu de pyjama, et accompagné, dans chaque bras, de deux peluches dont elle n'osa demander le nom, persuadée qu'elle les lui avait déjà confié, mais qu'elle les avait vite oubliés. À la place, elle lui signifia de s'asseoir et de patienter un instant que le bon repas finisse de cuire. Dans son récipient, les jolis légumes qui luisaient les vitamines et la bonne santé n'attendaient désormais plus qu'une seule chose : être dégustés.

Alors, elle en servit deux cuillerées dans l'assiette de l'autre, ignorant presque la grimace qui commençait à déformer ses traits. Quelque chose lui disait que ce repas ne serait pas de tout repos, et ses doutes furent confirmés lorsque des plaintes commencèrent à résonner dans la cuisine.

Pour avoir joué à la maman responsable avec Marius lorsque Maeve le lui confiait, Adélaïde était loin de paniquer lorsque ce type de situation survenait. Elle se contenta de soupirer et regarda Linh avec une pointe d'étonnement marquée par son haussement de sourcils, et se contenta d'affirmer :

« Comment peux-tu être certaine de ne pas aimer si tu n'as même pas goûté ? En prononçant ces mots, la scientifique eu l'impression d'incarner une mère de 40 ans, dépassée par la vie et répétant mécaniquement la même phrase à ses six enfants. Et peut-être n'aimes-tu pas la façon dont Ia-...papa les fait. Mh ? »

Livrant la petite à son propre sort, elle laissa une petite minute s'écouler, incertaine de la décision que celle-ci prendrait. Dans le doute, elle céda partiellement : « Mange au moins le reste de ton assiette. Et un peu de pain. » D'un accio maîtrisé, elle fit voler la corbeille sur la table à manger, juste sous le nez de la future grande sorcière, afin qu'elle puisse y piocher lorsqu'elle le voudra. D'un geste de tête, elle l'incita néanmoins à goûter le légume vert.

Mais alors, une fine stratégie naquit dans son esprit. Stratégie qu'elle expérimenta immédiatement. Quoi de mieux que de distraire la petite pour la faire avaler son repas ? D'une voix ainsi toute tendre, elle la questionna, en espérant qu'elle imiterait sa marraine qui mangeait, tout en discutant : « Que penses-tu de la magie, meine Sonne ? N'est-elle pas magnifique ? »

Car, mine de rien, il était important de comprendre le rapport que les enfants avaient avec ce fait omniprésent dans leur quotidien. Car, si on le trouvait complètement banal, anodin, parfois, il pouvait peser, aussi bien sur les cœurs que sur les épaules, et capter l'énergie d'un nouvel habitant de cette Terre sorcière était toujours utile. Quelles affinités aura Linh avec sa baguette, les sorts, les cours de magie ? Adélaïde avait peur. Peur que, comme elle, sa filleule voit sa magie épuisée après un surmenage trop long, trop fatiguant. Comme un nuage de tonnerre qu'on traverse, et dont on ressort complètement électrisé, sans plus aucune force physique ou mentale pour apprécier le goût des enchantements puissants.

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