Fosse des Confidences
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"Éli". Un nom, sans doute un diminutif, avait été posé. L'inconnue ne l'était désormais plus. Mattew n'avait quant à lui pas souhaité s'attarder sur ce détail, jugeant inutile et fatiguant de devoir se présenter pour l'instant. Merlin merci, elle avait accepté de quitter le repas, il n'aurait pas pu y rester plus longtemps, le vacarme devenait assourdissant. Après qu'il lui ait indiqué la cour de la tour de l'horloge, Les deux pensionnaires de l'école de sorcellerie avaient marchés sans plus se concerter depuis la Grande Salle, leurs pas respectifs les entrainant finalement jusque dans ladite cour qui devançait le hall. Par chance, il ne s'y trouvait que très peu de monde en ce temps du midi, et les rares occupants semblaient calmes ou affairés à diverses activités. Le volume sonore y était déjà plus respectable, quelques oiseaux chantant avec douceur entre les feuillages. Ils s’avancèrent jusqu'au centre des vieux pavés. Après quelques instants d'hésitation, le jeune garçon s’assit sur le rebord de la fontaine, et invita sa camarade à faire de même. Ici, ils seraient libres de parler en toute intimité.
Il y eut un léger blanc. Maintenant que les éléments étaient réunis, et qu'il n'y avait plus personne pour entraver leur conversation, il fallait se lancer dans les explications. Le bruit de l'eau se déversant de la fontaine l'aidait à nettoyer ses pensées, aérant un peu son esprit et relançant sa réflexion. Sans plus la faire attendre, il ressortit le papier de sa poche intérieure et le déplia délicatement sous les yeux d'Éli, et d'en relire le contenu. Sentant la curiosité de la jeune fille à nouveau stimulée, il la regarda d'un air hésitant :
- Bon, par où je commence... Tu veux savoir quoi ?
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Reducio

@Élisabeth Willis
Je cherche les Couleurs.
Fosse des Confidences
À peine sortie du hall, l'ambiance de la cours se propagea chez la jeune fille comme un courant agréable, l'apaisant presque instantanément. Associé à la vision de cet extérieur qu'elle aimé beaucoup, le souffle de la brise, et le son régulier de la fontaine centrale déclenchèrent chez Éli un léger sourire. Le garçon avait eu raison de l'emmener ici, étrangement, pas mal de choses importantes c'étaient dites dans ce décor pour la Poufsouffle, et les pavés de pierre restaient encore témoins de nombreux moments clef de sa vie. Même si tout n'était pas plus simple dans cette cours, ce lieu avait le mérite d'englober un peu les choses d'un cocon de quiétude.
Suivant le garçon jusqu'à la fontaine, la jeune fille finit par s'asseoir en tailleur sur le rebord du muret. Maintenant prête à l'entendre, espérant en silence que la magie de ce lieu agisse sur lui autant qu'il avait pu le faire pour elle, elle resta muette. La jeune fille avait déjà bien trop empiété sur sa vie privée, et déployée sa curiosité maladive sur lui, pour savoir qu'il était temps maintenant qu'elle se contrôle un peu, qu'elle lui laisse l'espace nécessaire pour entamer les choses comme il le voulait.
D'un geste, il sortit et déplia le mot responsable de cette situation.
Avait-il besoin de le relire pour être sûr d'avoir envie de lui partager ce qu'il cachait ? Avait-il finalement envie de changer d'avis, maintenant que l'échéance de l'explication se préciser ? Abolissant les doutes de la jeune fille d'un regard, il finit par accrocher au sien l'un de ceux qui ne fuit pas, comme s'il n'attendait qu'un mot pour déverser ce qu'il avait trop longtemps cloisonné dans le silence de ses pensées.
Qu'est-ce qu'elle voulait savoir ? Rien, et tout en même temps.
Sans porter attention à l'encre accessible, Éli savait que certains des mots qu'il avait écrits s'imposaient encore à elle plus que d'autre, ceux criants, qui s'étaient inscrit dans sa mémoire sans forcer.
- De quelle...pourriture tu parles ? Et cette graine... non, en fait... c'est plutôt toi qui dois m'dire c'qu'il y a à savoir comme t'as envie d'me l'dire. Expliquer "juste des mots" n'avait aucun intérêt pour la jeune fille, elle, elle voulait l'interprétation, l'histoire qu'il y avait derrière, demander au garçon de lui expliquer tel ou tel termes ne ferait que brimer les émotions et le fil conducteur qu'il y avait mis instinctivement. Elle ne voulait pas lui imposer de barrières, ni dans son art, ni dans ses explications.
Laissant glisser la pulpe d'un doigt sur la surface de l'eau, Éli se mit à tracer machinalement de petits motifs aléatoires. Elle savait combien il était difficile parfois de dire les choses, et cette tentative de diversion par l'eau n'était là que pour laisser le temps au garçon de respirer avant ses confidences, sans lui imposer la pression de son regard.
Suivant le garçon jusqu'à la fontaine, la jeune fille finit par s'asseoir en tailleur sur le rebord du muret. Maintenant prête à l'entendre, espérant en silence que la magie de ce lieu agisse sur lui autant qu'il avait pu le faire pour elle, elle resta muette. La jeune fille avait déjà bien trop empiété sur sa vie privée, et déployée sa curiosité maladive sur lui, pour savoir qu'il était temps maintenant qu'elle se contrôle un peu, qu'elle lui laisse l'espace nécessaire pour entamer les choses comme il le voulait.
D'un geste, il sortit et déplia le mot responsable de cette situation.
Avait-il besoin de le relire pour être sûr d'avoir envie de lui partager ce qu'il cachait ? Avait-il finalement envie de changer d'avis, maintenant que l'échéance de l'explication se préciser ? Abolissant les doutes de la jeune fille d'un regard, il finit par accrocher au sien l'un de ceux qui ne fuit pas, comme s'il n'attendait qu'un mot pour déverser ce qu'il avait trop longtemps cloisonné dans le silence de ses pensées.
Qu'est-ce qu'elle voulait savoir ? Rien, et tout en même temps.
Sans porter attention à l'encre accessible, Éli savait que certains des mots qu'il avait écrits s'imposaient encore à elle plus que d'autre, ceux criants, qui s'étaient inscrit dans sa mémoire sans forcer.
- De quelle...pourriture tu parles ? Et cette graine... non, en fait... c'est plutôt toi qui dois m'dire c'qu'il y a à savoir comme t'as envie d'me l'dire. Expliquer "juste des mots" n'avait aucun intérêt pour la jeune fille, elle, elle voulait l'interprétation, l'histoire qu'il y avait derrière, demander au garçon de lui expliquer tel ou tel termes ne ferait que brimer les émotions et le fil conducteur qu'il y avait mis instinctivement. Elle ne voulait pas lui imposer de barrières, ni dans son art, ni dans ses explications.
Laissant glisser la pulpe d'un doigt sur la surface de l'eau, Éli se mit à tracer machinalement de petits motifs aléatoires. Elle savait combien il était difficile parfois de dire les choses, et cette tentative de diversion par l'eau n'était là que pour laisser le temps au garçon de respirer avant ses confidences, sans lui imposer la pression de son regard.
❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso ☙ - bouilleur de chaudron
Fosse des Confidences
Le temps ralentissait. L'environnement avait transformé l'instant. Le moment leur appartenait, à eux seuls. Celui des confidences. Il se sentait libre, écouté. Alors il entreprit quelque chose dont il ne se serait jamais cru de nouveau capable. Il ouvrit son cœur.
- Reprenons depuis le début. Et bien... "Le Cœur", ça s'est moi. Enfin le fond de mon être, mes pensées si tu préfères.
Il la regarda avec douceur, pour s'assurer qu'elle comprenait, puis inspira un coup avant de reprendre, une flamme triste s'allumant dans son regard.
- Cet été... Il m'est arrivé des choses pas très agréables. Ca faisait un moment que ça me faisait du mal. Et là c'était pire. J'ai... J'ai fait le point. Pour éviter de disparaître. Je suis allé dans un endroit que je ne connaissais pas. Je me suis perdu, mais c'était ce que je cherchais finalement. J'ai trouvé une cascade. J'y suis resté un moment. L'eau a un effet particulier sur moi. J'ai compris quelques points.
Mattew marqua une pause, conscient de la complexité de ce qu'il tentait d'expliquer.
- J'ai senti... Oui, c'est ça j'ai senti quelque chose de nouveau en moi. J'ai appelé ça le Souffle. Il sourit en baissant le regard. Je suis malade hein ? Ouais je sais ce que tu vas penser, fais pas semblant. Mais c'est vraiment ce que j'ai ressenti. Je crois que ça m'a sauvé en fait.
Ses yeux se perdirent quelques instants dans le lointain, rappelés par les souvenirs grisâtres.
- Euh... Je disais, "la pourriture", c'est ce truc qui me détruisait la vie, ça m'a bouffé, pendant longtemps. Alors je l'ai jeté. J'veux plus jamais l'revoir.
Sa voix s'était faîte hachée, mais plus agressive, dans l'emballement des émotions. Les vannes étaient ouvertes. Aucun retour en arrière n'était possible. Ce n'était plus son intention.
- La suite, c'est tout à l'heure. Je regardais le pain. La graine, c'est ce qui a changé depuis. C'est le chemin qui m'attend. La ligne que je me suis tracée pour plus jamais reconnaître ça.
Juste en-dessous, c'est l'épreuve actuelle. "Regarder derrière les Autres". Je dois apprendre à retrouver le contact, regarder les cœurs. La dernière ligne, c'est la suite, la fin du chemin je crois. Retrouver les Couleurs, c'est reprendre goût à tout ça, redécouvrir le monde, grandir, poser un nouveau regard, sortir de cette vie en noir et blanc.
Il se tût, il avait fini. Oui, tout était dit. Il était complètement timbré, ça il le savait. Mais au moins il était lui-même. Et aujourd'hui, il regardait derrière une Autre.
Après tout ce temps.
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@Élisabeth Willis
Je cherche les Couleurs.
Fosse des Confidences
....Enfin les mots vinrent se poser entre eux, et Éli s'autorisa à tourner un regard bienveillant vers le Poufsouffle. Ses yeux semblaient parler pour lui, touchants, laissant entrevoir un mélange de plusieurs émotions qu'elle ne savait complètement intercepter, de la mélancolie peut être, de la tristesse sûrement, mais peu importait ce qu'elle pouvait y lire, leurs reflets toucha la jeune fille directement.
Il déversait ses explications, omettant certaines choses volontairement ou non, offrant malgré lui de nouvelles zones d'ombre aux pensées en ébullition d'Éli. Des choses pas très agréables ? De quoi parlait-il ? Que lui était il arrivé qui l'ai tourmenté à ce point ? Silencieuse, attentive, la Poufsouffle tentait de lui offrir toute l'écoute bienveillante dont elle été capable, malgré tout, l'inquiétude que les mots du garçon faisaient grandir en elle pouvait clairement se lire sur son visage.
Ses mots étaient à la fois tristes, et magnifiques !
Il avait l'air d'avoir subi depuis trop longtemps, d'avoir enfoui par faute d'autre solution des choses bien trop compliquées, pourtant, la suite de son monologue fragile sembla mettre en lumière une issue un peu plus éclairée. En le voyant sourire, Éli ne put se retenir de le suivre en miroir, sur la réserve malgré tout, craignant que la suite ne signe un présent plus complexe, elle profita de ce répit un instant. Accalmie de courte durée, abrogée en une seconde lorsqu'il se qualifia de "malade". Un frisson glacial parcourut la jeune fille, bien sûr que cette idée ne lui avait même pas effleurée l'esprit, bien sûr qu'elle comprenait ce que la nature, les arbres, l'eau et les éléments en règles général pouvaient apporter comme réconfort et comme aide véritable, elle avait même déjà ressenti ce calme apaisant, limpide, qui avait fini par laver les tourments de son âme meurtrie... Son "souffle" à lui. Elle le comprenait bien plus que ce qu'il avait l'air de croire, sans aucun jugement.
Mais avant même qu'elle puisse le rassurer à ce sujet, le regard du garçon se perdit de nouveau. Présent sans l'être, il sembla se refermer légèrement sur lui-même. Cette "pourriture" ainsi mise sur le devant avait eu l'effet d'un Silencio d'âme, claquant la porte des confidences avec force. S'il s'était donné du mal pour mettre de la distance entre ce "truc qui l'avait bouffé" et sa vie, ne plus en parler faisait sûrement partie du contrat qu'il avait passé avec lui-même, pouvait-elle vraiment s'autoriser à lui poser la question qui lui brûlait les lèvres à cet instant sans souffler sur des braises à peine éteintes ?
Même si le fond du message était un peu plus décryptable avec ses explications, le nœud du problème lui, été encore inconnu, et à part lui offrir sa présence, elle ne trouva rien à dire d'assez pertinent en réponse à ses mots. Posant une main sur l'une des siennes, le regard compatissant, Éli laissa premièrement le silence les englober de son étreinte renommée quelques secondes, avant d'enfin parler pour sortir de cet état d'entre-deux compliqué.
- Déjà...t'es pas malade. Arrête de dire ça ! C'est grav' beau c'que t'as écris, et j'comprend. La jeune fille inspira profondément, encore hésitante à remuer chez le Poufsouffle les problèmes d'un passé compliqué pour comprendre mieux, mais elle finie malgré tout par se servir de l'atmosphère du lieu comme force, et osa poser son besoin d'éclaircissement. ...mais, cette "pourriture" , comment tu peux être sûr qu'ça r'viendra pas ? Qu'est-ce que t'as jeté en vrai ?
Il déversait ses explications, omettant certaines choses volontairement ou non, offrant malgré lui de nouvelles zones d'ombre aux pensées en ébullition d'Éli. Des choses pas très agréables ? De quoi parlait-il ? Que lui était il arrivé qui l'ai tourmenté à ce point ? Silencieuse, attentive, la Poufsouffle tentait de lui offrir toute l'écoute bienveillante dont elle été capable, malgré tout, l'inquiétude que les mots du garçon faisaient grandir en elle pouvait clairement se lire sur son visage.
Ses mots étaient à la fois tristes, et magnifiques !
Il avait l'air d'avoir subi depuis trop longtemps, d'avoir enfoui par faute d'autre solution des choses bien trop compliquées, pourtant, la suite de son monologue fragile sembla mettre en lumière une issue un peu plus éclairée. En le voyant sourire, Éli ne put se retenir de le suivre en miroir, sur la réserve malgré tout, craignant que la suite ne signe un présent plus complexe, elle profita de ce répit un instant. Accalmie de courte durée, abrogée en une seconde lorsqu'il se qualifia de "malade". Un frisson glacial parcourut la jeune fille, bien sûr que cette idée ne lui avait même pas effleurée l'esprit, bien sûr qu'elle comprenait ce que la nature, les arbres, l'eau et les éléments en règles général pouvaient apporter comme réconfort et comme aide véritable, elle avait même déjà ressenti ce calme apaisant, limpide, qui avait fini par laver les tourments de son âme meurtrie... Son "souffle" à lui. Elle le comprenait bien plus que ce qu'il avait l'air de croire, sans aucun jugement.
Mais avant même qu'elle puisse le rassurer à ce sujet, le regard du garçon se perdit de nouveau. Présent sans l'être, il sembla se refermer légèrement sur lui-même. Cette "pourriture" ainsi mise sur le devant avait eu l'effet d'un Silencio d'âme, claquant la porte des confidences avec force. S'il s'était donné du mal pour mettre de la distance entre ce "truc qui l'avait bouffé" et sa vie, ne plus en parler faisait sûrement partie du contrat qu'il avait passé avec lui-même, pouvait-elle vraiment s'autoriser à lui poser la question qui lui brûlait les lèvres à cet instant sans souffler sur des braises à peine éteintes ?
Même si le fond du message était un peu plus décryptable avec ses explications, le nœud du problème lui, été encore inconnu, et à part lui offrir sa présence, elle ne trouva rien à dire d'assez pertinent en réponse à ses mots. Posant une main sur l'une des siennes, le regard compatissant, Éli laissa premièrement le silence les englober de son étreinte renommée quelques secondes, avant d'enfin parler pour sortir de cet état d'entre-deux compliqué.
- Déjà...t'es pas malade. Arrête de dire ça ! C'est grav' beau c'que t'as écris, et j'comprend. La jeune fille inspira profondément, encore hésitante à remuer chez le Poufsouffle les problèmes d'un passé compliqué pour comprendre mieux, mais elle finie malgré tout par se servir de l'atmosphère du lieu comme force, et osa poser son besoin d'éclaircissement. ...mais, cette "pourriture" , comment tu peux être sûr qu'ça r'viendra pas ? Qu'est-ce que t'as jeté en vrai ?
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Fosse des Confidences
"Beau"
Le qualificatif venait d'allumer une étincelle dans son cerveau. L'écriture était pour lui une façon de vivre ; souvent une thérapie, une échappatoire ou bien un outil de réflexion. Il portait sur ce qu'il écrivait un regard très attentif. Par-dessus tout, il détestait l'inachevé. Alors sans doute, lorsque son travail était terminé, il devait se dire que cela était beau. Que cela était fidèle à l'idée qu'il s'en faisait au départ, vrai. Du moins c'était pour lui une banalité, une simple indication qui ne prenait que peu de place dans son esprit. L'important était d'être allé au bout, de s'y être concentré et d'avoir oublié le reste. Pourtant, là, le mot lui était jeté. Il était confronté à ce constat. Ce n'était pas simplement beau, c'était "beau", comme elle le disait. L'entendre de la bouche d'une étrangère était une bien singulière sensation. Un compliment certes, dans un certain sens une récompense, mais plus que tout, c'était une lumière. Une lumière qu'il n'avait jamais su discerner. La réalité le frappait désormais : il pouvait faire quelque chose de "beau", en extrayant de la noirceur.
Les choses sont parfois difficiles à expliquer. Les mécanismes de son écriture, parfois surprenants, peinaient à être interprétés par la jeune fille. Ce n'est que d'ailleurs lorsqu'elle manifesta de nouveau ces difficultés qu'il remarqua la main posée sur la sienne. Comme si le contact oral rappelait la présence, que l'échange se faisait avec quelqu'un et pas seulement dans sa tête. Il avait perdu depuis longtemps l'appréciation du contact. Pourtant il ne se dégagea pas de cette connexion physique. Pure et légère, elle formait une extension de leur conversation. Un moyen de transfert supplémentaire.
- C'était moi ou elle. Y avait plus la place pour deux.
Il poursuivi sa phrase, conscient d'avoir esquivé la question :
- C'est du passé, des souvenirs. Et la suite se passe devant. J'ai plus le temps pour ces erreurs-là. Je crois que ça m'a fait grandir en fait. On peut rien jeter véritablement, sinon ça revient, et c'est pire. Disons que l'ai transformé, j'ai gardé le positif dans un coin, et j'ai retiré ce qui m'empêchait d'avancer.
Il ne pouvait s'empêcher de personnifier, de retoucher le récit à l'aide de formules métaphoriques, plus lisses et plus générales. C'était sa manière de se défendre, de garder son ultime bouclier, en espérant que personne ne viendrait y asséner un coup supplémentaire. Car ce bouclier était en réalité bien mince à ce stade, et si Éli le fendait, toutes les pensées deviendraient libres.
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@Élisabeth Willis
Je cherche les Couleurs.
Fosse des Confidences
C'est du passé... Les mots qu'il lui offrit n'arrivaient pas véritablement à atteindre leur cible, comme si, encore trop cryptés, ils avaient étaient dit dans une autre langue pour ne pas qu'elle en saisisse la totalité. Elle sentait qu'il voulait lui partager des choses importantes, mais elle était presque sûre qu'il ne voulait pas qu'elle les reçoivent complètement. Est ce que les mots, les vrais, étaient pour lui si douloureux, ou est ce qu'il avait trop peur qu'ils lui fassent du mal en la percutant ?
Sous ses airs de jeune fille frêle et fragile, elle avait vécu des choses qui avaient fissuré son corps et son esprit à bien des égards déjà, elle n'était plus cette façade lisse et sans éraflure qu'il semblait vouloir préserver de sa noirceur à lui. Observant autour d'eux comme si leur bulle de confidentialité était essentielle au reste, la jeune fille resserrera ses doigts autour de la main du garçon comme pour appuyer ses paroles. Elle comptait bien lui faire comprendre qu'il pouvait parler sans retenue, que même sous son torrent de négativité, sous n'importe quelle vague de son esprit, si puissante soit elle, son barrage à elle ne céderai pas, qu'elle pouvait encaisser et accueillir ce qu'il avait besoin de faire sortir une fois pour toutes.
- Je... Non j'comprends pas désolé...Enfin si, mais ça veux dire quoi en vrai ? Quelles erreurs ? Qu'est-ce qui t'empêchait d'avancer ? On s'connais pas vraiment, j'connais même pas ton prénom et t'as l'droit d'pas vouloir m'faire confiance, mais j'te jugerais pas, ça c'est promis, tu peux m'parler vraiment, j'te jure ! De sa main libre, Éli tendit son petit doigt comme l'avait fait un jour un de ses camarades de promos avec elle, pour lui prouver sa sincérité. À l'époque, elle n'avait que trop compris l'importance de cette promesse pour en accepter les termes, mais aujourd'hui en la faisant à son tour, elle se rendait compte à quel point elle espérait que le petit doigt de son camarade rejoigne le sien pour celer ce pacte de silence. Aussi puérile que semblait être cette promesse d'enfant, qu'eux seuls se souviendraient, Éli en pensait pourtant tous les mots.
Sous ses airs de jeune fille frêle et fragile, elle avait vécu des choses qui avaient fissuré son corps et son esprit à bien des égards déjà, elle n'était plus cette façade lisse et sans éraflure qu'il semblait vouloir préserver de sa noirceur à lui. Observant autour d'eux comme si leur bulle de confidentialité était essentielle au reste, la jeune fille resserrera ses doigts autour de la main du garçon comme pour appuyer ses paroles. Elle comptait bien lui faire comprendre qu'il pouvait parler sans retenue, que même sous son torrent de négativité, sous n'importe quelle vague de son esprit, si puissante soit elle, son barrage à elle ne céderai pas, qu'elle pouvait encaisser et accueillir ce qu'il avait besoin de faire sortir une fois pour toutes.
- Je... Non j'comprends pas désolé...Enfin si, mais ça veux dire quoi en vrai ? Quelles erreurs ? Qu'est-ce qui t'empêchait d'avancer ? On s'connais pas vraiment, j'connais même pas ton prénom et t'as l'droit d'pas vouloir m'faire confiance, mais j'te jugerais pas, ça c'est promis, tu peux m'parler vraiment, j'te jure ! De sa main libre, Éli tendit son petit doigt comme l'avait fait un jour un de ses camarades de promos avec elle, pour lui prouver sa sincérité. À l'époque, elle n'avait que trop compris l'importance de cette promesse pour en accepter les termes, mais aujourd'hui en la faisant à son tour, elle se rendait compte à quel point elle espérait que le petit doigt de son camarade rejoigne le sien pour celer ce pacte de silence. Aussi puérile que semblait être cette promesse d'enfant, qu'eux seuls se souviendraient, Éli en pensait pourtant tous les mots.
❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso ☙ - bouilleur de chaudron
Fosse des Confidences
"Cascade"
La bulle venait d'éclater. Il n'avait plus le temps, l'énergie, ni l'envie de tergiverser. Une oreille était là, prête à recueillir ses paroles, avec respect et tolérance. Tout, depuis le début de cette discussion, dans ses mots jusqu'à cet ultime geste compatissant, témoignait de la sincérité de la jeune fille, l’absence de jugement. Juste, une main. Une main tendue. Désormais resserrée autour de la sienne.
Les mots, les mots peinaient à trouver leur chemin. Un assemblement de quelques syllabes, une simple phrase, pourquoi tout semblait si compliqué ? Les mois avaient passées pourtant, les pensées noires s'étaient évanouies... Ou plutôt, elles s'étaient muées en quelque chose de nouveau. Transformées par sa volonté, sa pulsion de vie, elles avaient laissées une marque. Comme le symbole d'une étape, un point de non-retour, une chose qu'il se jurait de ne plus jamais retrouver. Un fragment de ce passé douloureux. Mais avant tout un moment marquant de sa construction.
- Deux ans. Ca a duré deux ans. J'étais seul. J'étouffais. Au début ça allait, je m'en rendais pas compte. J'ai cru que ça venait d'Elle, de toute cette histoire-là, mais c'était ailleurs. Je pensais être seul par choix, je crois que ça m'a dévasté. J'avais plus foi en rien, je savais même plus ce que je foutais là. C'était partout, tout le temps. Ca devenait insupportable. Mon seul refuge c'était la magie. Ce truc qui me différenciait de mon monde d'avant. Je crois que c'est ça qui m'a sauvé.
Il tourna son regard, plongeant ses yeux dans les siens, comme s'il ouvrait son cœur, son âme.
- Je m'appelle Mattew Thomas et je ne suis qu'un misérable.
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@Élisabeth Willis
Je cherche les Couleurs.
Fosse des Confidences
En une seconde, Éli sentit que le garçon lui ouvrait une porte vers quelque chose de bien plus profond. Il ne lui devait rien, mais il avait choisi de la laisser apercevoir ce qui avait l'air si difficile pour lui, ce qu'il gardait si invisible pour les autres. Il lui faisait confiance sans la connaître, il fallait qu'elle prenne ce moment comme un cadeau, quoiqu'il dise après.
Cette solitude, cette douleur encore perceptible dans les mots du Poufsouffle, tout venait frapper en plein cœur la jeune fille. Comment pouvait-il avoir enfoui tout ça sans exploser ? Les mots qu'elle avait lus sur ce parchemin peu de temps avant, n'étaient donc qu'une infime partie d'un iceberg bien plus important dormant sous la surface. Ses mots étaient durs, et encore un peu énigmatique pour Éli, mais elle comprenait à demi ce qu'ils pouvaient porter comme message.
S'il avait laissé un peu couler ce qui le rongeait encore de l'intérieur, il n'avait pas réussi à affronter le regard de la jeune fille. Est-ce qu'il avait peur d'un jugement, ou d'y lire ce qu'il redoutait d'avoir provoqué ? Est-ce qu'il avait déjà osé raconter ça à quelqu'un ? Est-ce que ses confidences venaient de lui offrir plus de souffrance que de soulagement ? Elle n'en avait aucune idée, mais elle savait que son regard à elle ne changerait pour aucun des mots qu'il avait prononcé. Alors lorsque les iris du garçon trouvèrent enfin les siens, accompagnant une présentation dévastatrice de lui-même, c'est un sourire sincère qu'elle lui offrit comme première réponse.
- T'es sûrement beaucoup d'chose Mattew Thomas, mais un misérable, j'ai du mal à y croire. Qu'est-ce que t'aimais pas dans ton monde d'avant ? Et... c'est qui "Elle" ?
La Poufsouffle ne savait pas si pousser encore les investigations était juste ou déplacé, mais elle laissa son instinct choisir, comme si elle sentait qu'il avait besoin de tout dire pour aller mieux.
@Mattew Thomas, pardon pour cet affreux retard
Cette solitude, cette douleur encore perceptible dans les mots du Poufsouffle, tout venait frapper en plein cœur la jeune fille. Comment pouvait-il avoir enfoui tout ça sans exploser ? Les mots qu'elle avait lus sur ce parchemin peu de temps avant, n'étaient donc qu'une infime partie d'un iceberg bien plus important dormant sous la surface. Ses mots étaient durs, et encore un peu énigmatique pour Éli, mais elle comprenait à demi ce qu'ils pouvaient porter comme message.
S'il avait laissé un peu couler ce qui le rongeait encore de l'intérieur, il n'avait pas réussi à affronter le regard de la jeune fille. Est-ce qu'il avait peur d'un jugement, ou d'y lire ce qu'il redoutait d'avoir provoqué ? Est-ce qu'il avait déjà osé raconter ça à quelqu'un ? Est-ce que ses confidences venaient de lui offrir plus de souffrance que de soulagement ? Elle n'en avait aucune idée, mais elle savait que son regard à elle ne changerait pour aucun des mots qu'il avait prononcé. Alors lorsque les iris du garçon trouvèrent enfin les siens, accompagnant une présentation dévastatrice de lui-même, c'est un sourire sincère qu'elle lui offrit comme première réponse.
- T'es sûrement beaucoup d'chose Mattew Thomas, mais un misérable, j'ai du mal à y croire. Qu'est-ce que t'aimais pas dans ton monde d'avant ? Et... c'est qui "Elle" ?
La Poufsouffle ne savait pas si pousser encore les investigations était juste ou déplacé, mais elle laissa son instinct choisir, comme si elle sentait qu'il avait besoin de tout dire pour aller mieux.
@Mattew Thomas, pardon pour cet affreux retard
❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso ☙ - bouilleur de chaudron
Fosse des Confidences
Le sourire qu'il découvrit en affrontant son regard était d'une incroyable douceur. Comme un souffle chaud sur son âme grisâtre. Il ne voyait qu'une issue, reprendre l'histoire depuis le tout début.
- J'ai toujours été heureux enfant. La vie était simple, mes parents aimants, grand-père formidable. Un jour, j'ai compris que j'étais différent, que j'appartenais à autre chose. J'ai découvert un monde à la fois fascinant et terrifiant. Je crois que je suis resté bloqué dans ce corps d'enfant, c'est là que j'ai pris le mauvais chemin.
"Elle", c'était ma petite lumière. Je l'ai rencontré la première année ici, c'était beau et doux, c'était la première. Ca a pas fonctionné. Tout vient pas de là. Au contraire, j'ai compris avec ça mon ignorance, mon insouciance et ma banalité. Protégé des dangers et de la réalité, j'avais pas grandi. Les temps ont changé, les gens aussi. Je pensais que c'était les autres le problème, alors je me suis enfermé, je parlais plus. Je me suis lassé de la routine, je me suis perdu, sans repère, sans objectif. Les choses étaient devenues fades, les visages transparents, les couleurs sont parties. Il n'y avait plus que les Autres, et la Grisaille, si bien que le noir total devenait préférable. J'aimais pas me sentir faible comme ça, j'voulais juste que tout s'arrête, peu importe le prix.
Quelques secondes de blanc, le temps d'amorcer la transition.
- Puis un jour j'ai compris. J'avais ce truc en moi, cette magie. J'pouvais pas tout lâcher comme ça, laisser grand-père, laisser mes parents, ma sœur. Fallais que je sache qui j'étais vraiment, d'où je venais. J'ai commencé à voir les choses autrement.
- J'ai toujours été heureux enfant. La vie était simple, mes parents aimants, grand-père formidable. Un jour, j'ai compris que j'étais différent, que j'appartenais à autre chose. J'ai découvert un monde à la fois fascinant et terrifiant. Je crois que je suis resté bloqué dans ce corps d'enfant, c'est là que j'ai pris le mauvais chemin.
"Elle", c'était ma petite lumière. Je l'ai rencontré la première année ici, c'était beau et doux, c'était la première. Ca a pas fonctionné. Tout vient pas de là. Au contraire, j'ai compris avec ça mon ignorance, mon insouciance et ma banalité. Protégé des dangers et de la réalité, j'avais pas grandi. Les temps ont changé, les gens aussi. Je pensais que c'était les autres le problème, alors je me suis enfermé, je parlais plus. Je me suis lassé de la routine, je me suis perdu, sans repère, sans objectif. Les choses étaient devenues fades, les visages transparents, les couleurs sont parties. Il n'y avait plus que les Autres, et la Grisaille, si bien que le noir total devenait préférable. J'aimais pas me sentir faible comme ça, j'voulais juste que tout s'arrête, peu importe le prix.
Quelques secondes de blanc, le temps d'amorcer la transition.
- Puis un jour j'ai compris. J'avais ce truc en moi, cette magie. J'pouvais pas tout lâcher comme ça, laisser grand-père, laisser mes parents, ma sœur. Fallais que je sache qui j'étais vraiment, d'où je venais. J'ai commencé à voir les choses autrement.
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@Élisabeth Willis
Je cherche les Couleurs.
Fosse des Confidences
En l'entendant reprendre son récit depuis l'enfance, Éli fut rassurée. Comme si la réponse du garçon, avant même de lui apporter une information, lui donné l'autorisation d'être là, et de partager ce moment avec lui. La Poufsouffle ne savait absolument pas qu'elle place elle allait prendre, ni ce qu'elle pouvait réellement apporter à Mattew, mais elle était là, à écouter sa vérité sans condition comme une amie qu'elle n'était pas encore.
Concentrée sur ces paroles, Éli, le front légèrement plissé de concentration, essayait de garder un visage neutre et bienveillant pour accueillir son histoire. Il parlait de magie, de rapport aux mondes dans lequel il évoluait, ces mondes ou rien n'était simple, et surtout, il parlait de relation aux autres. C'est en tout cas l'interprétation que la jeune fille fit de ses mots. Lui aussi était donc né moldu, comme elle, et lui aussi avait connu des moments de doute, et d'appartenance. Se tromper de chemin c'était devenu la spécialité de la jeune fille, et cette petite ressemblance dans leur histoire fit encore plus ressentir à Éli le poids de ce qu'il lui partageait. Pourtant, sans oser lui demander, elle avait du mal à savoir si "sa petite lumière" était réellement sa magie, ou est ce qu'il parlait d'une fille. Tu l'as rencontrée ici ? Et ça n'a pas fonctionné ? Mais c'est qui pour t'avoir fait croire des choses aussi dures sur toi ? Sans être sur de rien, portée par l'histoire, Éli s'énervait déjà intérieurement contre cette illusion coupable des maux du garçon.
Le Poufsouffle parlait bien, et ses mots raisonnaient comme des poèmes, mais ils étaient aussi gorgés de ce mystère qui interroge bien trop pour le laisser sans réponse. Ne voulant pas interrompre Mattew, espérant trouver les explications toute seule en écoutant la suite, Éli resta concentrée, et attentive face à ses confidences. Au fil des phrases, elle espérait vraiment s'être trompée pour ne pas rendre ses camarades coupables. Comment pouvait-il s'être isolé des autres à ce point ? Comment avait-il pu perdre autant espoir en lui, et en l'Autre ? Et surtout, pourquoi personne n'avait réagi à ce moment-là ? Est-ce que sa promo était si aveugle, ou est ce que le garçon avait une maîtrise si parfaite du secret que de la prose au point de duper tout le monde sur son état ? Comment avait-il pu survivre dans cette noirceur ?
j'voulais juste que tout s'arrête, peu importe le prix. Lorsque Mattew posa ces mots, l'impact fut immédiat chez Éli, qui retint son souffle jusqu'aux prochaines paroles. La tristesse pouvait se lire dans son regard, et son sourire porté disparu, ne cachait plus aucune de ses craintes. Par reflex protecteur, elle posa une main sur le bras du Poufsouffle sans réfléchir. Elle n'était pas très sûre d'avoir tout comprit, mais elle savait que c'était quelque chose de très encré, de très profond, et que le garçon avait dû beaucoup lutter pour en arriver là aujourd'hui. C'était un survivant, pas un misérable.
- Et t'as trouvé ? Tu sais qui tu es maintenant ? Tu les vois comment les choses ? Réellement très intéressée, Éli fit remonter un léger sourire sur ses joues comme pour ramener un peu de légèreté dans ce trop-plein d'intensité.
Concentrée sur ces paroles, Éli, le front légèrement plissé de concentration, essayait de garder un visage neutre et bienveillant pour accueillir son histoire. Il parlait de magie, de rapport aux mondes dans lequel il évoluait, ces mondes ou rien n'était simple, et surtout, il parlait de relation aux autres. C'est en tout cas l'interprétation que la jeune fille fit de ses mots. Lui aussi était donc né moldu, comme elle, et lui aussi avait connu des moments de doute, et d'appartenance. Se tromper de chemin c'était devenu la spécialité de la jeune fille, et cette petite ressemblance dans leur histoire fit encore plus ressentir à Éli le poids de ce qu'il lui partageait. Pourtant, sans oser lui demander, elle avait du mal à savoir si "sa petite lumière" était réellement sa magie, ou est ce qu'il parlait d'une fille. Tu l'as rencontrée ici ? Et ça n'a pas fonctionné ? Mais c'est qui pour t'avoir fait croire des choses aussi dures sur toi ? Sans être sur de rien, portée par l'histoire, Éli s'énervait déjà intérieurement contre cette illusion coupable des maux du garçon.
Le Poufsouffle parlait bien, et ses mots raisonnaient comme des poèmes, mais ils étaient aussi gorgés de ce mystère qui interroge bien trop pour le laisser sans réponse. Ne voulant pas interrompre Mattew, espérant trouver les explications toute seule en écoutant la suite, Éli resta concentrée, et attentive face à ses confidences. Au fil des phrases, elle espérait vraiment s'être trompée pour ne pas rendre ses camarades coupables. Comment pouvait-il s'être isolé des autres à ce point ? Comment avait-il pu perdre autant espoir en lui, et en l'Autre ? Et surtout, pourquoi personne n'avait réagi à ce moment-là ? Est-ce que sa promo était si aveugle, ou est ce que le garçon avait une maîtrise si parfaite du secret que de la prose au point de duper tout le monde sur son état ? Comment avait-il pu survivre dans cette noirceur ?
j'voulais juste que tout s'arrête, peu importe le prix. Lorsque Mattew posa ces mots, l'impact fut immédiat chez Éli, qui retint son souffle jusqu'aux prochaines paroles. La tristesse pouvait se lire dans son regard, et son sourire porté disparu, ne cachait plus aucune de ses craintes. Par reflex protecteur, elle posa une main sur le bras du Poufsouffle sans réfléchir. Elle n'était pas très sûre d'avoir tout comprit, mais elle savait que c'était quelque chose de très encré, de très profond, et que le garçon avait dû beaucoup lutter pour en arriver là aujourd'hui. C'était un survivant, pas un misérable.
- Et t'as trouvé ? Tu sais qui tu es maintenant ? Tu les vois comment les choses ? Réellement très intéressée, Éli fit remonter un léger sourire sur ses joues comme pour ramener un peu de légèreté dans ce trop-plein d'intensité.
❧ 5 ème année RP - 16 ans 🢣Fiche perso ☙ - bouilleur de chaudron

