Inventez-moi des rêves PV

12 AOÛT 2049, 11h10,
QUADRIENNALES DE LA MAGIE, GODRIC'S HOLLOW

Alyona, 19 ans,


Je déambule dans les allées, perdue comme un papillon dans un champ de fleurs. Je ne sais plus où donner de la tête, où porter mon attention, ni où m'arrêter dans ces stands flamboyants d'ingéniosité et d'idées merveilleuses. Cela fait maintenant trois jours que je visite les quadriennales, et pourtant je ne cesse d'être impressionnée par les créations que j'y découvre. Si certaines me rendent perplexe, d'autres emmènent mes pensées dans des terres que je n'avais jamais explorées. J'ai l'impression que mon monde s'étend, que mon imagination grandit en avalant toutes ces inventions plus innovantes et surprenantes les unes que les autres. J'essaye de retenir celles qui m'intéressent, celles qui me font sourire, et celles qui m'intriguent. Parfois, je ne comprends pas vraiment à quoi elles servent, ni comment elles fonctionnent, mais je prends tout de même le temps de les observer et de les découvrir, et ce avec un plaisir qui m'est difficile à dissimuler. Et dire que Nahele ne pourra pas venir ! Merlin, je suis certaine que cela lui aurait plu. Cependant, je lui raconterai tout ce que j'ai vu, et je lui parlerai de cette Magie grandiose et de toutes ces inventions réfléchies, produits d'un travail merveilleux. La création n'est pas un domaine dans lequel je suis à l'aise, et ces quadriennales ne me permettent que de réaffirmer l'idée que ceux qui y naviguent en en domptant les flots sont dotés d'un talent que je n'aurais jamais, et que j'envie aussi peut-être parfois.

Ma grand-mère est retournée à Londres hier soir, et c'est donc seule que je m'avance dans la foule, petite sorcière éblouie dans une foule de curieux. Je prends un plaisir nouveau à m'arrêter devant des stands surprenants, n'attirant quelques fois pas grand-monde. Je ne sais pas vraiment ce que j'y cherche. Est-ce simplement de la curiosité ? À moins que je ne sois en quête de dépaysement, d'horizons nouveaux et inconnus ? De rencontres, peut-être ? La perspective de passer mes vacances seule me fait frémir. Déjà, je regarde vers les prochains jours, vers mon séjour chez ma grand-mère, vers mes vacances avec mes amis, vers la rentrée qui viendra bien rapidement frapper à la porte de ma conscience pour me ramener à la réalité. L'été sera court. Plus que l'envie, j'ai besoin d'en profiter. Je voudrais faire de chaque jour un voyage dans l'inconnu. Je ne suis pas prête à retourner chez moi.

Dans mes vagabondages, j'évite certains stands. Ainsi, je reste loin de celui de Jeremiah Gleann, me satisfaisant à distance de son idée saugrenue de plantes géantes. Certes, celle-ci m'intéresse, mais je connais déjà le professeur et ses fantaisies ; je ne souhaite pas m'avancer vers lui et me retrouver prisonnière d'une curiosité que je ne pourrai pas contenir quand tant d'autres stands me sont encore inconnus. Peut-être reviendrai-je plus tard ? De même, en passant devant d'étranges et terrifiantes poupées gardiennes, mes yeux s'arrondissent et mes pas m'incitent à poursuivre mon chemin. Certaines inventions repoussent plus qu'elles n'attirent.

Quelle inventrice aurais-je été ? Qu'aurais-je cherché à créer si j'en avais eu le talent ? Probablement quelque chose d'utile, me dis-je en observant un stand tenu par une sorcière se désignant comme opticienne animalière, et bien occupée à discuter avec d'autres passants. Est-ce que cela aurait concerné les plantes ? Peut-être, c'est un domaine qui m'a, après tout, toujours intriguée, et que je commence à bien maîtriser. Aurais-je imaginé un objet ou une amélioration d'un élément déjà existant ? Mes capacités manuelles sont assez limitées en matière de création, je crains que cet aspect me soit alors difficilement envisageable. Mais dans une autre vie, si mon chemin avait été différent, aurais-je pu venir ici, de l'autre côté du stand, affichant mes inventions avec fierté, portée par l'enthousiasme de les présenter au monde, observant l'étonnement et la fascination sur le visage d'inconnus, le coeur plein de bonheur ?

Je réfléchis, je pense, je me questionne. Mes yeux se perdent dans le vide et mes traits se teintent de concentration. Dans mon voyage, je glisse en moi-même. Mon silence et mon immobilité auraient pu me faire passer pour une statue si mes lèvres n'avaient pas fini par s'étirer doucement dans un sourire plein de tendresse. J'aurais aimé être accompagnée pour libérer les mots et les questions qui naviguent dans mon crâne.

@Enola Smith, en espérant que ce début te convienne !

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht

Inventez-moi des rêves PV
JEUDI 12 AOÛT 2049
Deuxième année, 12 ans


Enola déambulait dans la foule, usant de sa petite taille pour se faufiler là où il n'y avait personne. Elle marchait et se sentait seule, comme souvent cet été-là, jetant des regards réguliers à son frère pour ne pas le perdre de vue. Celui-ci était bien capable de s'évaporer et de la laisser là, complètement perdue. Leur relation, si elle ne s'était pas empirée, ne s'était pas arrangée avec les vacances d'été. Le blondinet continuait d'éviter Enola, lui adressant la parole ou même le regard uniquement pour des choses de première nécessité. Lui passer le pain, lui donner l'heure, lui rappelait les consignes de leur mère... Voilà ce à quoi la Poufsouffle était réduite.

Au milieu de tous ces stands, la sorcière ne pensant pas à ça. Elle ne savait pas où donner de la tête, son regard étant attiré de tous les côtés. Venue pour l'inauguration une dizaine de jours plus tôt, elle était de retour depuis presque quatre jours maintenant. Et pourtant, elle n'avait pas encore eu le temps de jeter un oeil à tous les stands. Il y avait tellement d'idées différentes, de personnes différentes... La futur deuxième année était admirative des participants du concours, dont la créativité et l'originalité ne laissait pas à désirer. La brune ne pouvait qu'imaginer à quel point tout ça avait du être du travail pour eux, ce qui l'impressionnait encore plus. Jamais elle n'aurait pu faire ce qu'ils avaient fait. Même le plus médiocre des participants devait surpasser la plupart des visiteurs qui, comme elle, étaient venus pour cet événement majeur. C'était excitant, bien qu'un peu oppressant.

Après quelques minutes de marche, durant lesquelles la sorcière tournait la tête de tous les côtés pour s'imprégner de toutes les impressions, ses yeux se posèrent sur un stand on ne peut plus curieux. Une femme d'un certain âge y parlait avec joie et ferveur, empêchant quiconque de s'en aller avant qu'elle n'en ait fini. *Qu'est-ce que c'est ?* Enola reconnaissait facilement des chouettes et des hiboux, non loin d'elle, mais avait bien du mal à comprendre à quoi servait l'invention. Ou même quelle était l'invention. Les hiboux existaient depuis la nuit des temps, après tout. Ce n'est qu'après s'être encore rapprochée de quelques mètres que la fillette distingua des lunettes posées sur le nez des chouettes, qui semblaient parfaitement calmes. C'était une opticienne pour animaux ! Cette idée aurait probablement sembé farfelue aux yeux de n'importe qui d'autre, mais pas aux yeux de la brune. C'était tout simplement génial !

Tout en gardant ses distances -la fillette en souhaitait pas particulièrement se faire embarquée par celle qui tenait le stand- la fillette s'approcha encore un peu, à l'écart. Obnubilée par ce qu'elle voyait, elle ne remarqua pas la silhouette rousse qui se trouvait sur le chemin, ne réalisant sa présence qu'une fois son épaule rentrée dans celle de l'autre.

- Pardon, marmonna-t-elle après s'être immobilisée, jetant un coup d'oeil au visage de la fille. Hum... Tout va bien ?

L'inconnue, qui, bien que petite, semblait bien plus âgée qu'elle, ne semblait pas prête de bouger, un large sourire aux lèvres. Qu'est-ce qu'elle avait ? La curiosité de la fillette était piquée, elle qui ne souhaitait que bouger et découvrir tous les stands. Pourquoi diable quelqu'un s'arrêterait de visiter ? Un petit sourire timide accroché sur son visage habituellement inexpressif, la brune réfléchissait à toutes les raisons qui auraient pu pousser son aînée à s'arrêter comme ça. Pourtant, elle n'en trouva pas.

@Alyona Farrow c'est parfait !
N'hésite pas si tu veux que je modifie quelque chose :cute:

Troisième année 2050/2051 - Fiche PR
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Inventez-moi des rêves PV
Mes pensées tombent brutalement, comme un château de cartes, quand une petite épaule me bouscule. Je suis arrachée à mes réflexions et reprends brusquement contact avec la réalité. Il y a une certaine violence dans ce passage d'un milieu intime et personnel à une place publique et bruyante. Il me faut d'ailleurs plusieurs secondes pour réaliser ce qu'il se passe, et elles sont rapidement suivies par l'arrivée d'une culpabilité qui me fait grimacer et perdre mon sourire. Merlin ! Je suis au coeur d'une foule en mouvement, et je me suis permis de rester immobile, le regard dans le vague et la tête ailleurs. À quoi pensais-je ? C'était idiot. On aurait pu me voler sans que je ne m'en rende compte. J'aurais dû me mettre dans un coin, à l'écart, mais pas rester ici comme si j'étais seule. C'était évident que je dérangerais quelqu'un.

Je me retourne vers la petite voix qui s'est excusée, bien plus désolée qu'elle. Je sais que ce sont des choses qui arrivent, mais le rôle que je joue dans cet accident me met mal à l'aise. Mon crâne se remplie trop rapidement de j'aurais pu, comme si ma culpabilité était une rivière gonflée par cette bousculade et envahissant mes pensées. Je voudrais la chasser de chez-moi, mais pour cela il me faut d'abord m'excuser.

« Pardon, c'est moi qui suis navrée, m'empressé-je de dire. Je vais bien, j'étais juste... »

Je secoue la tête en poussant un soupir. Je me sens ridicule. Où avais-je la tête ? Ce n'est pourtant pas dans mes habitudes d'être ainsi dans les nuages. Est-ce la fatigue accumulée durant ces longs mois d'études ? Mes derniers examens ont dévoré mon sommeil, et cela ne fait que quelques jours qu'ils sont terminés. Ou me suis-je simplement faite emportée par mon imagination à cause de ces Quadriennales ? Si la création n'est pas mon domaine, bien des idées peuvent pour autant jaillir dans un tel événement. Pourtant, aucune excuse n'est valable, et aucune ne peut être présentée. Elles seraient d'ailleurs inutiles, et trahiraient un besoin défensif que je ne ressens pas. Je dois me rendre à l'évidence : j'aurais tout bonnement dû faire plus attention.

« J'étais juste dans mes pensées, » terminé-je finalement, quelque peu embêtée par cette situation.

Mon regard glisse vers la fille dont l'épaule m'a arrachée à mes réflexions. Elle paraît toute jeune. Elle est sûrement élève à Poudlard, ou prête à le devenir. Était-elle également préoccupée pour ne pas m'apercevoir ? Elle devait sûrement avoir le regard attiré par un stand, et comme poussé vers lui. Peut-on remarquer une personne sur son chemin quand les yeux sont ailleurs, loin devant soi, accrochés à des merveilles débordantes de secrets ? Je ne peux pas lui en vouloir. De toute manière, à quoi cela servirait-il ?

Je l'observe délicatement, elle et son sourire timide. Elle semble seule. Est-elle perdue ? S'est-elle égarée loin de sa famille ? Les pensées attirées peuvent entraîner le corps et semer la raison. À moins que ses lèvres étirées ne trahissent une forme de gêne. Lui ai-je fait mal et craint-elle de le montrer ?

L'inquiétude me pique le coeur, et des questions jaillissent de ma gorge sans que je ne puisse les retenir.

« Et toi ? Je t'ai fait mal ? » Un silence, une hésitation qui se balance sur mes traits. « Tu es seule ici ? » demandé-je.

Des paroles et des sons me poussent à relever les yeux, et mon regard heurte celui d'une chouette qui porte des lunettes. J'en suis surprise, et amusée, si bien que mon sourire revient fleurir sur mes lèvres comme s'il n'en était jamais parti. Comment un oiseau peut-il avoir besoin d'un opticien ? Y a-t-il régulièrement des collisions dans un espace aussi grand que le ciel ? Et n'est-ce pas moi, au lieu de cet animal, qui aurait eu besoin de lunettes pour faire davantage attention aux gens qui m'entourent ? Merlin ! La situation pourrait presque être comique.

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Ses grands yeux posés sur la silhouette immobile, la Poufsouffle vit l'expression de l'inconnue se changer en un rien de temps, le large sourire affiché précédemment ne devenant plus qu'un fantôme. La rousse semblait mal à l'aise, gênée d'avoir été surprise comme ça. Si seulement elle savait comme Enola s'en fichait. Les personnes présentes dans la ville pouvaient faire ce qu'elles voulaient, la petite sorcière n'en avait que faire. Seule sa curiosité l'importait ce jour-là, son besoin d'en voir plus, de tout découvrir. Son esprit était tellement concentré sur tous les stands qui l'entouraient que s'attarder sur les humains lui semblait bien futile. Eux existaient tout le reste de l'année, pas comme les quadriennales. Elle aurait bien le temps de s'intéresser aux sorciers un autre jours-si elle avait envie de le faire à un moment.

Elle était donc dans ses pensées. Pas très surprenant. À vrai dire, ça semblait même plutôt évident. Enola l'avait compris au moment même où son épaule avait percuté celle de son aînée et qu'elle l'avait aperçue, le regard perdu dans le vague et un large sourire aux lèvres. C'est si elle n'avait pas été dans ses pensées, que ça aurait été bizarre au yeux de la future deuxième année.

- Non, pas du tout, fit-elle avec sincérité, ne ressentant même plus de picotements dans son épaule. Euh... Mon frère doit être quelque part, par là-bas.

La fillette se contenta d'un vague mouvement de bras vers l'avant, montrant à l'inconnue qu'elle ne savait pas vraiment où elle se trouvait. Et qu'elle s'en fichait. Ce qui n'était pas vraiment le cas, en réalité, mais que la rousse n'avait aucun besoin de savoir. Enola ne voulait pas parler de Jake. Ce n'était jamais le bon moment pour parler du blond. Tant qu'elle ne serait pas guérie de la sensation de trahison et de déception qui l'envahissait chaque fois qu'elle le voyait et qu'elle pensait à lui, la Poufsouffle ne pourrait pas en parler. Juste à cette pensée, elle sentit son coeur se serrer. Ça faisait mal, si mal de se dire qu'une année seulement auparavant, ils auraient été ensemble, à rire et se moquer des stands improbables. Comment tout avait pu changer aussi rapidement ? Sans même qu'elle ne se rende compte ? Elle avait été dans le déni la plus grande partie de l'année, et avait senti son coeur se briser et se vider quand elle avait réalisé ce qui se passait. Mais c'était déjà trop tard pour rattraper les choses, son frère ne lui parlant plus. Mais pourquoi ? Qu'est-ce qu'elle avait fait ? Enola ne comprenait pas.

Ne montrant rien de son amertume à la jeune femme, elle se concentrant plutôt sur celle-ci, qui avait posé son regard sur le stand qui intéressait tant la brune. Le sourire de l'inconnue était réapparu, comme par magie. C'était dingue ce que la curiosité et l'émerveillement pouvaient faire, en quelques secondes à peine. De la gêne à l'excitation, il n'avait fallut qu'une seconde pour sauter le pas.

- C'est génial, pas vrai ? déclara-t-elle, les yeux pétillants d'amusement.

La femme qui tenait le stand continuait de parler avec effervescence, d'un air passionné. Juste pour la détermination avec laquelle la vendeuse parler de ses produits, Enola était décidée à aimer son stand. C'était tellement incroyable, de voir de gens tellement intrigués- ou préoccupés, ça se discutait- par quelque chose qu'ils créaient d'autres choses pour y remédier. En tout cas, ça impressionnait la sorcière. Elle, elle n'aurait jamais être capable de faire quelque chose comme ça. Elle avait un esprit tellement pratique et logique, que créer des choses lui semblait compliqué. Les travaux manuels, créatifs: très peu pour elle !

La fillette se rapprocha d'un pas du stand, plissant les yeux pour mieux apercevoir les lunettes. Elles avaient l'air tout à fait normales, le genre de lunettes utilisées pour les humains. C'était dingue. Tout simplement génial.

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Qu'est-ce qui peut pousser une sorcière à créer des lunettes pour oiseaux ? Était-ce quelque chose qui la préoccupait particulièrement ? Ou alors, a-t-elle subi plusieurs retards et erreurs dans les livraisons de ses lettres, la poussant avec agacement à réfléchir à une solution ? À moins que cela ne trahisse qu'une certaine curiosité envahissante, lui suggérant de créer des objets pour toutes les idées qui lui traverseraient le crâne ? Ou pire, n'est-ce pas juste un moyen de se faire de l'argent à partir d'un problème qui n'en est peut-être pas vraiment un, ou que cette solution ne peut pas totalement résoudre ? Non, je ne peux pas penser que ce soit le cas. Certes, certains sorciers sont surtout guidés par le profit et non par l'avancée scientifique, mais je n'ose croire que ce soit le cas de cette femme. Tous les sorciers présents ne peuvent être comme cela, n'est-ce pas ? Pourtant, la manière dont elle alpague les visiteurs pour qu'ils restent à son stand laisse penser qu'elle souhaite absolument vendre son produit... Enfin, cela peut aussi être une question de survie. J'imagine qu'inventer quelque chose doit prendre du temps, durant lequel la rémunération pour ces heures passées n'est pas toujours présente. Les sorciers qui viennent introduire ici leurs créations attendent une reconnaissance, et sûrement une rentrée d'argent pour faire vivre les leurs. Finalement, peut-être que cette femme est juste très enthousiaste à l'idée de proposer ce sur quoi elle a adoré travailler. Peut-être n'est-ce qu'une question de passion.

Mes yeux quittent les hiboux et les chouettes pour s'envoler vers le visage de la petite brune à mes côtés. Apprendre qu'elle n'a pas mal et que son frère n'est pas loin me rassure. Je me sens moins coupable, et plus légère. Cela me donne le droit de penser à autre chose, de me concentrer sur les stands autour de moi et les idées qui se bousculent comme des oiseaux dans la volière qu'est mon crâne. D'ailleurs, je ne m'attarde pas beaucoup sur ces informations qu'elle me transmet, trop sollicitée au niveau de mes sens par les bruits et les présences éblouissantes près de mon corps. Je hoche simplement la tête, remarquant à peine le vague mouvement de bras et l'incertitude qu'il trahit. Car, tout de même, aucune de nous n'est venue pour penser à tout cela. Il y a bien plus important à observer, à découvrir, à comprendre. Et ces oiseaux avec des lunettes, qui nous regardent et nous intriguent, entraînent bien plus facilement nos pensées que la bousculade qui nous a rapprochées.

La question de la jeune sorcière me fait sourire et me pousse à revenir poser mes yeux près des siens. Ils pétillent. Elle paraît heureuse, et amusée, et ravie. N'est-ce pas aussi pour cela que j'étais venue ? Pour la bonne humeur, la curiosité et les lèvres étirées ? Apercevoir un plaisir semblable au mien dans le regard d'une petite inconnue pourrait éclairer mon coeur, même en pleine nuit.

« Oui, répondis-je simplement, c'est génial. »

Je la suis quand elle s'approche, sans vraiment m'en rendre compte. Est-ce une façon de la surveiller, de l'accompagner pour me faire pardonner la manière dont nous nous sommes rencontrées ? Ou est-ce indépendant d'elle ? Je ne le sais pas vraiment, et ne me questionne pas davantage à ce sujet. À vrai dire, je crois que moi aussi, je me sens intriguée par ces lunettes et leur fonctionnement. Pourraient-elles être portées par d'autres espèces ? Imaginer Ecco avec est amusant. Et si les moldus apercevaient des animaux en ayant, comment réagiraient-ils ? Ils penseraient sûrement que ces lunettes sont l'idée d'une bien étrange personne. Est-ce le cas ?

« Comment crois-tu qu'elles tiennent sur les hiboux ? Tu penses qu'ils pourraient faire tomber leurs lunettes en plein vol ? Je me demande si cela a vraiment une utilité. »

Les oiseaux ont aussi dû développer d'autres sens quand la vue commençaient à leur faire défaut. Ils ne se repèrent sûrement pas qu'avec leurs yeux. Pourtant, si ces lunettes ont été inventées, c'est probablement parce qu'elles ont une utilité. Et puis, par Merlin ! pourquoi pas ? Aucune création n'est inutile. Si elle ne se révèle finalement pas très essentielle, alors elle permet au moins de comprendre qu'il ne faut pas en produire davantage.

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La jeune Poufsouffle observa la réaction de sa camarade avec attention, son aînée ayant attiré son attention. La rousse semblait être là sans vraiment l'être, perchée dans un monde parallèle à celui dans lequel elles évoluaient. Peut-être que, dans le sien, elles n'étaient pas au milieu d'une foule pleine d'individus qui sentaient la transpiration. Peut-être que, dans le sien, la jeune femme était seule au milieu des stands, ayant le loisir de découvrir absolument tout ce qu'elle souhaitait comme bon lui semblait. Peut-être que, dans le sien, Enola n'existait même pas. C'était marrant, de tenter d'imaginer ce qu'il se passait dans la tête des autres. La brune savait très bien qu'elle était bien loin du compte, la rêveuse devant sûrement penser à un million de choses différentes, mais elle s'en fichait. S'il y avait bien quelqu'un auquel elle ne prêtait pas attention, c'était l'avis des gens.

Son impression fut cependant renforcée par le léger hochement de tête de son aînée, qui semblait ne même pas avoir entendu ce qu'elle avait dit. Plutôt que d'être vexée, Enola ne s'en trouva que plus soulagée. Elle n'avait pas envie de parler de son frère, de répondre à des questions trop envahissantes à propos de la relation. Leur éloignement soudain était encore bien trop frais dans sa mémoire pour qu'elle puisse en parler sans avoir l'impression que quelqu'un était en train de lui piétiner le coeur. Mince, qu'est-ce que ça faisait mal !

Automatiquement, ses pas la menèrent un peu plus proche du stand. Toutes ces inventions, ça avait de quoi émerveiller. Enola, qui avait un esprit plus standard et terre à terre, n'aurait jamais été capable de créer toutes ces choses. Alors elle était admirative. Admirative de tant de créativité réunie dans une même personne. Admirative de cette capacité à aller au bout de leurs idées. Admirative de ce courage, de continuer malgré l'incertitude. Être créateur d'objets magiques, inventeurs, ne devait pas être facile tous les jours. Pour créer des objets intéressants, qui connaîtraient le succès, il fallait être sacrément doué. Et chanceux aussi. Seules quelques personnes y arrivaient vraiment. Alors continuer, tout en sachant qu'il y avait peu de chances que leur inventions connaissent le sujet... Il fallait être sacrément déterminé et courageux. Alors oui, la future deuxième année était admirative.

La sang-mêlée entendit les pas de la rousse la suivre, étonnée de voir que celle-ci s'intéressait aussi aux lunettes pour hiboux. En réalité, elle avait en quelques sortes oublié sa présence. Être ainsi entourée d'objets plus intéressant les uns que les autres était plutôt difficile: la jeune anglaise ne savait plus où donner de la tête. Les personnes qui l'entouraient devenaient alors le cadet de ses soucis.

- J'sais pas, fit-elle, soudain pensive. Elles doivent être équipées d'un sort, ou un truc comme ça, sinon ça servirait pas à grand chose...

La jeune sorcière n'avait même pas songé au fait que, peut-être, ça pouvait être une sorte d'arnaque. Elle était si enchantée par ce qu'elle voyait que penser que ça pouvait avoir un but purement économique lui paraissait improbable. Ce serait si... bas. Pourquoi pas se contenter d'être embauchée quelque part, si le seul but des exposants étaient de gagner de l'argent ? Non, pour Enola, ces gens-là étaient forcément des passionnés, des artisans qui croyaient avec ferveur en leur cause. Mais après, peut-être était-elle simplement trop naïve. C'aurait bien été la première fois...

- Tu penses que c'est juste pour l'argent ? s'enquit-elle, curieuse d'avoir un avis extérieur au sien. Elle a l'air d'être passionnée quand même. 'Fin, j'veux dire, ce serait quand même curieux, de faire ça que pour l'argent. C'est pas commun, comme invention.

La jeune fille ne pouvait nier que ce n'était pas la plus utile des inventions des quadriennales. Mais de là à penser que la vieille femme était en fait une arnaqueuse ?! Enola ne savait pas trop si elle y croyait. En réalité, elle ne voulait pas y croire. Elle voulait rester dans sa petite bulle d'émerveillement, sans que rien ni personne ne vienne la déranger. Mais si tout ce qu'elle trouvait génial n'était en fait qu'une manipulation, elle ne pourrait pas retourner là-bas. Du moins, pas tant qu'elle serait dans le village. Elle détestait tellement qu'on lui mente !

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Un sort ? C'est fort probable. Cette petite brune doit avoir raison. Quelle utilité y aurait-il sinon à créer des lunettes pour oiseaux que ceux-ci perdraient une fois envolés ? La magie doit les protéger de la chute pour garantir leur fonctionnement. Mais pourquoi avoir choisi de créer des lunettes ? Des lentilles n'auraient-elles pas été plus précises ? Peut-être cette idée était-elle plus difficile à mettre en œuvre. Poser des lentilles sur le globe oculaire d'un animal ne doit, à l'évidence, pas être si simple. Les lunettes offrent un contact moins direct, et sont certainement plus faciles à imaginer. Mais ne risquent-elles pas de s'abîmer sérieusement avec le temps ? J'imagine que pour les oiseaux, cela nécessite toute une adaptation. Créer un sort pour améliorer la vue des volatiles n'aurait-ce pas été plus pratique ? Néanmoins, qui peut garantir que ce sort fonctionne ? Les chouettes et les hiboux ne pourraient pas prendre la parole pour l'affirmer. Et cela rentrait-il seulement dans les compétences de cette inventrice ? Merlin ! Soit, les lunettes n'étaient finalement pas une mauvaise idée. Si toutefois les oiseaux ont réellement des problèmes de vision. Quel encombrement ce serait, pour eux, si ce n'était pas le cas.

Quant à cette question d'argent... Mes sourcils se froncent. Si ce n'était qu'une question d'argent, d'où viendrait la lueur passionnée dans les yeux de cette femme ? Elle croit en ce qu'elle fait, n'est-ce pas ? Elle y croit peut-être davantage que toutes les personnes autour d'elle, sauf peut-être de ces quelques jeunes, qui avalent ses mots comme des bonbons. C'est le fruit de son travail, de ses recherches, de sa réflexion. Combien d'heures a-t-elle passé là-dessus ? Combien de nuits a-t-elle perdu à trouver des solutions aux problèmes rencontrées ? Est-ce que l'argent peut être le seul guide dans ce chemin ténébreux, semé d'embûches et d'incertitudes ? Je ne pense pas. Ceux qui ne sont menés que par cela n'arrivent probablement pas ici. Enfin, je crois. Mais n'est-ce pas trop idéaliste comme avis ? N'y en a-t-il pas, parmi tous les stands proposés ici, qui cherchent à tromper leur public ? Ce ne serait, finalement, pas surprenant.

La petite brune semble être de la même opinion que moi. Cela se voit dans ses yeux que cette invention lui plaît, qu'elle l'étonne, qu'elle l'attire. Pourquoi celle-ci ? Pourquoi cette femme ? Y a-t-il des hiboux ou des chouettes âgés et fatigués de voyager chez cette jeune sorcière ?

« Non, je ne pense pas, répondis-je finalement. Je partage ton avis, cette inventrice a l'air particulièrement passionnée. Sinon, elle ne s'accrocherait pas comme cela aux gens de passage pour leur parler de l'anatomie des hiboux. »

Un sourire naît doucement sur mes lèvres tandis que je me tourne vers la petite brune. Sera-t-elle une grande inventrice, plus tard ? La croiserai-je de nouveau ici, mais de l'autre côté des stands ? Je me demande ce qui a retenu son attention ici. Est-ce la femme, les oiseaux, ou la curiosité liée aux innovations présentées ?

Je plante mes mains dans les poches de ma cape. Il fait beau, le ciel est bleu, et je pourrai rester debout longtemps si je ne craignais pas que la sorcière s'annonçant comme « opticienne animalière » s'avance vers moi pour m'enfermer entre ses phrases. L'idée de déambuler entre les stands et les autres allées est bien plus séduisante. Qu'y découvrirai-je ? Qu'est-ce qui me surprendra ? Je veux avoir des anecdotes à raconter et des secrets de fabrication sur lesquels m'interroger. Pourtant, je ne veux pas laisser la jeune brune toute seule dans cette foule ; ce ne serait pas très responsable. Oh, je le sais bien : je ne suis pas responsable d'elle, mais tout de même.

« Tu as déjà vu les autres allées ? » demandé-je avec intérêt. J'ajoute à cette première question une deuxième, guidée elle aussi par une certaine curiosité. « Quelles inventions t'ont plu pour le moment ? »

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La fillette hocha la tête en guise de réponse, ses yeux brillant d'une étincelle d'émerveillement. Elle n'écoutait pas vraiment ce que lui disait sa camarade en réalité, trop occupée à observer les alentours avec curiosité. Malgré son envie de ne pas y penser, elle ne put s'empêcher de remarquer que son frère n'était plus aux alentours. ses grands yeux verts traversèrent plusieurs fois la vue, roulant entre les abords de chaque stand. Introuvable. Où était-il passé ? Nul doute qu'il avait dû croiser un de ses amis et considérait plus important de passer du temps avec eux qu'avec sa petite soeur. Même si elle avait déjà eu cette réflexion quelques secondes plus tôt, Enola ne put empêcher son coeur de se serrer à cette pensée. Dire qu'elle aurait tout fait pour lui, même encore à ce jour, alors qu'ils ne s'adressaient même plus la parole. Lui semblait ne pas y prêter attention, oubliant sa soeur aussi vite que cette dernière oubliait ses cours d'histoire de la magie. C'était vexant, plus qu'elle ne l'aurait jamais avoué.

Détournant le regard pour poser ses yeux sur le stand, une fois de plus, la future deuxième année tenta tant bien que mal de s'imprégner de la bonne humeur qui émanait de la vendeuse. Cette dernière, qui semblait en pleine forme malgré son apparence assez âgée, ne cessait d'attirer de nouveaux visiteurs et de parler avec ferveur de son invention. Celle-là ferait son chiffre d'affaire pour l'année entière, sans aucun doute. Enola avait rarement vu quelqu'un d'aussi passionné.

Le flot de pensées de la fillette fût à nouveau interrompue, cette fois par la douce voix de son aînée. Qu'est-ce qu'elle lui demandait ? Ah, les inventions qui lui avaient plu. En réalité, la Poufsouffle n'avait pas eu l'occasion d'en voir beaucoup pour le moment. Elle avait beau être là-bas depuis presque quatre jours, les journées défilaient à toute vitesse sans qu'elle n'ait vraiment le temps de regarder tous les stands. Ce n'était que ce jour-là qu'elle s'était décidée à faire le tour plus attentivement, suivant avec plus ou moins d'enthousiasme son frère dans la foule de sorciers. Il y avait évidemment quelques stands qu'elle avait déjà vus, quelques inventions qui lui avaient tapées dans l'oeil, mais pas énormément. Il fallait qu'elle prenne son temps, qu'elle examine tout, pour pouvoir décider avec exactitude ce qu'elle préférait. Tout était si intéressant que sinon, elle pouvait tout aussi répondre que tout lui plaisait. Ce qui était vrai, en partie.

- J'ai pas vu beaucoup de stands pour l'instant, expliqua-t-elle, mais j'ai bien aimé celui des sucettes. J'sais pas si tu l'as vu mais en fait, c'est des sucettes qui prennent le goût de ce qu'aime celui qui la mange. Du coup, elles sont forcément bonnes ! J'trouve ça cool.

Ca faisait un peu gamine, la brune ne pouvait le nier, mais elle avait vraiment apprécié cette invention. Le seul point négatif de celle-ci était que celles qui tenaient le stand, deux soeurs, ne semblaient pas si passionnés que ça. Elles semblaient plus être intéressées par l'argent que pouvait leur procurer le village, sans réellement réaliser à quel point leur invention était intéressante. *Tant pis pour elles* Peut-être bien qu'elle participerait à leur course à l'argent avant de repartir, ses grands-parents lui ayant expliqué qu'elle pourrait acheter quelques unes des inventions qui lui plaisaient. Des lunettes pour hiboux étant assez inutiles, étant donné que sa famille ne possédait aucun de ces animaux, les sucettes pouvaient être pas mal. Enfin, elle verrait bien. Il lui restait encore tant de choses à découvrir.

- Et toi ? fit-elle, réellement intéressée.

La rouquine, bien qu'elle semblait assez excentrique, paraissait plutôt réfléchie. Posée, aussi. Elle aurait sûrement de bonnes inventions en tête, qu'Enola pourrait aller voir en priorité. Elle avait beau être intéressée par tout ce qu'elle voyait, son caractère curieux ressortant au milieu de ce regroupement d'objets magiques, c'était toujours sympa d'avoir les opinions des autres. Etant donné qu'elle ne pouvait plus obtenir celui de son frère... Celui d'une inconnue ferait très bien l'affaire !

Son aînée, bien que pas particulièrement grande, avait sur le visage un air mature qu'Enola ne reconnaissait pas. C'était bien là le seul indice qu'elle avait sur son âge, la jeune sorcière en déduisant qu'elle ne devait pas être à Poudlard. Elle l'aurait forcément croisée, au moins une fois durant l'année, si la sorcière résidait au château. Celui-ci avait beau être particulièrement grand, la brune restait persuadée qu'elle avait croisé au moins une fois chaque élève de l'école. Le contraire était tout simplement improbable. Dans les dix mois qu'elle avait passés dans l'école de magie, elle avait dû croiser plusieurs centaines d'élèves. Impossible de ne pas tous les avoir vus, non ?
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Troisième année 2050/2051 - Fiche PR
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Inventez-moi des rêves PV
La petite brune me fait sourire avec sa réponse. Des sucettes qui prennent le goût de ce qu'on aime ? Je suppose qu'à son âge, j'aurais aussi aimé le principe. Et même maintenant, à vrai dire, je dois avouer qu'il me plaît bien. Il me fait aussi me questionner. Quel parfum aurait été le mien ? Le citron, peut-être ? Il a toujours été particulier à mes yeux, transportant mon enfance dans une saveur exotique et acidulée. Je crois que je pourrais glisser chaque jour des sorbets citron entre mes lèvres, je ne m'en lasserai jamais. Cependant, ces bonbons sont différents. Qui sait si le parfum est toujours le même ? Je me souviens être passée devant ce stand aujourd'hui, et avoir hésité à acheter une de ces sucreries mystérieuses. Elles promettent du plaisir, et une forme de surprise. Nul doute qu'elles ont attiré enfants et grands enfants curieux tentés par un peu de douceur. Mais comment ne pas résister ?

« Je l'ai vu aujourd'hui, oui, » répondis-je avec un sourire à destination de la brune.

Il me semble qu'il était géré par les soeurs Pieddodu. Peut-être les bonbons seront-ils en vente dans la boutique familiale après les Quadriennales ? S'ils ont du succès ici, pourquoi n'en auraient-ils pas là-bas ?

La question de la petite sorcière me pousse à visiter de nouveau les allées à travers ma mémoire. Pourtant, il ne me faut pas longtemps pour trouver une réponse à son interrogation. Les inventions qui m'ont plu jaillissent vivement dans mon crâne avec les sensations qui y sont associées. Je me souviens surtout de celles découvertes hier et avant-hier, dans les stands étrangers. J'avais été marquée par les ponchos aux étoffes délicates et colorées. Ma grand-mère avait levé un sourcil sceptique en les apercevant, mais de mon côté j'avais été attirée par les tissus, la forme et les propriétés mentionnées. Je ne sais pas si cela me serait très utile au quotidien, mais je trouvais l'idée intéressante. J'avais eu le même sentiment pour le stylet runique. Je n'ai pas les runes pour passion, et c'est même une matière avec laquelle j'ai eu quelques difficultés lors de ma scolarité, mais il n'empêche que je sais reconnaître les inventions qui méritent de se voir accordées de l'importance. Ma grand-mère, cette fois, était du même avis que moi. Je me demande si, aujourd'hui, certains des stands que j'ai aperçus l'auraient marquée. Et quels stands retiendront mon attention à l'avenir ? Il m'en reste tant à découvrir.

« J'ai fait les pavillons étrangers il y a quelques jours. Il y avait vraiment des inventions intéressantes, avec des formes de magie qu'on connaît peu par ici. Mais j'ai bien aimé le stand... péruvien, je crois, avec des ponchos qui s'adaptent aux températures. Et aussi le stand qui présentait des stylets runiques capables de graver sur n'importe quelle surface. »

Je baisse les yeux vers la petite sorcière avec un sourire avant d'ajouter :

« Je n'ai jamais été une grande amatrice de runes, mais si j'avais pu avoir un stylet comme celui-ci à Poudlard, cela aurait été pratique. »

Mon regard se lève vers le stand de la sorcière opticienne. Je l'observe parler, et je regarde les phrases qui se forment au bout de ses lèvres, presque comme si je ne les entendais pas. Bien des visiteurs s'approchent de ses animaux et de ses inventions. Les lunettes font sourire et amusent. Les questions posées à voix haute ou résonnant dans les crânes font vibrer l'air. Est-ce que ce sont des lunettes similaires à celles que certains sorciers peuvent avoir ? Est-ce qu'elles fonctionnent aussi pour les animaux magiques ? Je me demande si Dawn serait intriguée par ces créations. Passera-t-elle par les Quadriennales ? La verrai-je ? Elle doit être préoccupée par ses études supérieures à l'heure qu'il est. J'espère qu'elle va pouvoir entrer à la Faculté.

Je me tourne de nouveau vers la petite brune à mes côtés. Les visiteurs se font de plus en plus nombreux autour de nous et la deuxième allée m'attire ; j'aimerais pouvoir la parcourir avant d'aller déjeuner.

« Au fait, moi c'est Alyona, me présenté-je. Cela t'intéresserait de m'accompagner pour aller voir la deuxième allée ? »

Je ne suis pas naïve, et je me doute que la réponse risque d'être négative. Cette jeune sorcière doit certainement rester avec son frère, ou au moins demeurer dans son champ de vision. Néanmoins, je lui propose tout de même de se joindre à moi, surtout parce qu'un peu de compagnie me ferait plaisir. Cette rencontre imprévue me fait prendre conscience qu'il est bien plus agréable de découvrir les stands avec quelqu'un.


Argh, excuse-moi pour ce délai.

#466962Botaniste au Jardin de Draíocht

Inventez-moi des rêves PV
Son aînée lui répondit après quelques secondes qu'elle l'avait en effet vue le jour même, un petit sourire accroché aux lèvres. Enola ne put s'empêcher de sourire devant le temps de réflexion de la rouquine, ravie de voir que celle-ci avait pris son temps pour réfléchir avant de parler. Rares étaient les personnes qui le faisaient, la jeune Poufsouffle n'y échappant pas. La plupart du temps, ses mécanismes de défense se mettaient en route sans qu'elle ne le veuille, la faisant mentir ou dire des choses vraies -mais blessantes- sans qu'elle n'y réfléchisse. Son honnêteté sans faille venait probablement de ce fait, la brune ne prenant pas le temps de se demander si ce qu'elle allait dire allait blesser ou non son interlocuteur. Pas qu'elle n'en ait grand chose à faire, en même temps.

Ne prenant pas la peine de répondre -elle n'avait rien à ajouter, en réalité, la fillette se contenta d'hocher la tête. Elle-même l'avait également vue le jour même, à moitié surprise par l'invention. Elle avait en effet fini par s'habituer à voir toutes les choses qu'elle aurait pensé impossible encore un an auparavant. Elle commençait vraiment à penser que la magie était capable de presque tout. C'était à la fois émerveillant et effrayant pour elle, qui avait grandi en compagnie des moldus. Dire que la plupart d'entre eux ne se doutaient même pas de l'existence de la sorcellerie...

La fillette écouta ensuite sa camarade parler des stands étrangers, absorbée par ce que son aînée lui racontait. Cette dernière semblait avoir été captivée par presque tout ce qu'elle avait vu, parlant avec un enthousiasme non dissimulé. C'était amusant pour la fillette, qui partageait probablement le même intérêt que son aînée, mais de façon bien plus réservée.

- Des ponchos ? fit-elle, pensive, se disant qu'elle n'en avait jamais mis de toute sa vie. C'est vrai que c'est cool. 'Fin pratique.

Si la première invention intéressait tout particulièrement la jeune sorcière, qui était particulièrement frileuse, ce n'était pas vraiment le cas de la seconde. N'ayant pas vraiment une âme d'artiste -pour ne pas dire pas du tout, l'idée de pouvoir graver sur tout type de surface ne lui faisait ni chaud ni froid. Et puis, c'était pas forcément très intelligent... Tout type de personnes pouvait l'utiliser après tout, ce stylo runique, ce qui voulait dire que les gens pouvaient tout aussi bien l'utiliser pour graver une pierre de manière innocente que pour graver un mur, détruisant ainsi le travail acharné de quelqu'un d'autre. Pas sûre qu'Enola aime beaucoup l'idée. A ses yeux, il valait mieux s'en servir avec précaution.

Finalement, la fin de la phrase de son aînée vint accompagner les pensées de la fillette, entraînant un hochement de tête de cette dernière. Elle ne pouvait nier que, pour les cours, ça pouvait parfois être utile.

La voix de la grande se fit à nouveau entendre au bout de quelques secondes, durant lesquelles Enola, pensive, avait laissé traîner son esprit du côté des stylos runiques. La prénommée Alyona se présentait, faisant réaliser à Enola qu'elles ne l'avaient pas encore fait. C'était joli, Alyona, comme prénom. Ca collait plutôt bien avec la personne qui se tenait devant elle, à l'air calme et pensif mais aussi gentil. Bien qu'elle n'y avait pas réfléchi depuis le début de leur conversation, elle se disait à présent que le prénom collait à merveille avec l'aura que dégageait sa camarade. Elle n'aurait pas pu trouver mieux, en réalité.

- Enola, répondit-elle avant de balayer la rue d'un coup d'oeil rapide. Toujours pas de nouvelle de son frère. Hum.. oui, pourquoi pas. J'y suis pas encore allée.

La brunette, rancunière, se faisait déjà une joie à l'idée que son frère la cherche pendant quelques temps. Ce dernier avait beau ne pas en avoir grand chose à faire d'elle, il changerait certainement de comportement quand il ne la retrouverait pas, effrayé à l'idée de devoir de demander de l'aide à leurs grands-parents. *Bonne idée* Un rictus amusé naquit sur ses lèvres à cette idée, la brune s'imaginant déjà la scène.

Troisième année 2050/2051 - Fiche PR
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