2 oct. 2024, 19:38
Semper fidelis  L.M   PNJ   ++ 
Toujours fidèle

Courant Juin 2030,
Fin de soirée, un week-end.
Chambre en colocation de Cinaed Wallace.
Avec Talya Mistérya (@Lylas Mistérya)


Ouvrant la fenêtre pour faire entrer un peu d'air et évacuer la fumée de sa cigarette, Cinaed fit craquer ses cervicales. Dehors, le soleil commençait doucement à décliner. En temps normal, cela voudrait dire que la jeune femme avec qui il était partirait bientôt. Pas aujourd'hui, cependant, pas si elle ne le voulait pas. Il se tourna vers sa partenaire de nuit et l'observa quelques instants. Elle était assise sur son lit, gracieuse comme toujours. De trois ans son ainée, elle faisait presque tache ici autant parce qu'elle était dans une chambre masculine que parce qu'elle n'avait rien à faire à l'académie. Cinaed s'en fichait un peu : ils se voyaient ici à l'occasion quand son colocataire acceptait de déserter la chambre, et parfois au dehors quand il acceptait de payer un hôtel. Il préférait cependant la voir dans sa chambre, parce qu'il n'appréciait pas de payer une chambre d'hôtel pour une nuit en sachant qu'il finirait par s'enfuir comme un voleur pour retourner dormir dans son propre lit. A quoi bon s'embêter à dormir autre part ?

Tu peux rester si tu veux dit-il simplement et pour la première fois de leur arrangement. Charlie risque pas de venir et faire une crise, il m'a largué. Il écrasa le reste de son mégot sur le bord de la fenêtre, l'envoyant rejoindre ses camarades oubliés et rejoignit Talya. Il s'étala sur le dos dans la largeur du lit, ses jambes dépassant presque comiquement. Il n'était pas certain de si Talya se souvenait du prénom de son copain. Tout ce qu'il savait, c'est qu'elle était au courant de son existence. Ca ne l'avait jamais dérangé et elle n'était de toute façon pas du genre à s'attacher. Elle voyageait trop pour cela : Cinaed imaginait sans mal qu'avoir un point d'accroche sentimental serait plus un poids qu'autre chose. C'était bien, ça lui convenait. Tu repars quand ?

Il se redressa soudainement quand son regard se posa sur un petit oiseau en bois qui traînait toujours sur son bureau. Charlie ne l'avait pas récupéré quand il était venu chercher les quelques affaires qu'il avait laissées dans sa chambre. Avant qu'il ne termine la relation, Charlie passait tout son temps libre ici. C'était presque comme si son fantôme se penchait encore sur la chaise de son bureau. Cinaed se souvenait de son rire presque cristallin alors qu'il se mettait en équilibre sur les deux pieds arrière du meuble. Charlie riait toujours quand ils se parlaient, même si Cinaed ne faisait aucune blague. Il n'avait pas ri durant leur dernière interaction. Il avait juste pleuré et hurlé, lui avait jeté des livres et des claques à la figure et Cinaed était parti sans même prendre la peine de réclamer son sweat préféré. Peut-être que Charlie l'avait brûlé avec cet ami dont il parlait tout le temps et qui n'avait jamais semblé l'apprécier. Il soupira. En fait, il déplorait plus la perte d'un ami que celle d'un partenaire. Il lui avait semblé que Charlie et lui auraient pu devenir de bons amis sur la durée. Peut-être pas aussi proche que Ewan, mais il aurait pu s'en rapprocher.

Il a dit que j'étais qu'un enfoiré dit-il à Talya assez soudainement. Il ne savait pas pourquoi il avait besoin d'en parler, peut-être que c'était parce que c'était la fin de quelque chose d'important. Ou peut-être que Charlie avait été important tout court, à sa façon, pour lui. Il a vu la lettre que tu m'as envoyée en rentrant au pays, et il a pété une durite. Je sais pas pourquoi il s'est énervé autant, ça avait jamais semblé le déranger avant. Charlie ne lui avait jamais dit clairement d'arrêter. Bien sûr, quand il l'avait prit avec quelqu'un d'autre il avait pleuré, mais tout était toujours rentré dans l'ordre. Par trois fois ils s'étaient disputés, et puis Charlie avait trouvé des excuses, avait chuchoté dans le noir que tout irait bien, que ce n'était pas grave après tout. Eh bien, si ce n'était pas grave, pourquoi avait-il été aussi blessé ?

Il ne lui avait jamais demandé de choisir, et Cinaed était persuadé qu'il savait que ses conquêtes ne s'étaient jamais arrêtées. Peut-être que Charlie avait choisi de faire semblant de ne rien voir. Ou peut-être avait-il simplement compris que Cinaed ne pourrait jamais n'être qu'à lui. C'était sûrement pour ça qu'il ne lui avait jamais demandé d'arrêter clairement. Au fond, il devait sûrement savoir que le choix de Cinaed lui aurait fait encore plus de mal. L'étudiant grogna avant de s'étaler à nouveau sur le lit. C'était trop compliqué. Pourquoi les gens donnaient autant d'importance au sexe ? Ce n'était que physique. Cinaed n'avait jamais eu l'impression de ressentir quelque chose de particulier pour ses partenaires : il avait des besoins et les autres aussi. Quel mal y avait-il à les assouvir ? Lui, il avait besoin de nouveauté, de découvertes. Il débutait dans tout cela et il ne voulait pas s'enfermer dans un duo dès le début. Pour Cinaed le sexe n'avait juste pas d'importance, mais pour Charlie c'était l'inverse.

Il m'a demandé si je l'avais aimé, au moins expliqua-t-il dans le silence de la pièce. Il n'avait pas vraiment besoin que l'autre parle, et il ne savait même pas ce qu'il avait envie d'entendre. Ewan le saurait, lui. Il saurait quoi dire dès que Cinaed lui expliquerait la situation. Il savait toujours comment faire. J'ai pas répondu. Qu'était-il censé dire, de toute façon ? Qu'aurait aimé entendre Charlie ? Il n'en avait eu aucune idée et avait alors décidé de ne pas répondre. Dire "oui" aurait pu l'aider tout autant que le faire souffrir encore plus. Cinaed n'avait jamais voulu lui faire du mal en premier lieu, alors il s'était abstenu de tout commentaire pour ne pas le blesser à nouveau. Ne rien dire avait limité la casse.

Il se frotta le visage. L'amour. Un sentiment que personne ne savait vraiment décrire et que Cinaed ne savait pas reconnaître. Il ne savait même pas s'il l'avait ressenti un jour. Peut-être qu'il en était incapable, au final. Il avait accepté de sortir avec Charlie parce qu'il lui avait demandé. S'il ne l'avait pas fait, Cinaed n'aurait jamais fait le premier pas. Il lui aurait sûrement proposé quelque chose d'indécent autour d'un verre, mais il n'aurait jamais imaginé essayer de construire quelque chose avec lui. C'était parce que Cinaed ne s'imaginait construire quelque chose avec personne. Il n'imaginait même pas vraiment son futur à lui, alors imaginer un futur commun avec une autre personne ? Le seul sorcier que Cinaed savait faire partie de son futur dans tous les cas était Ewan. L'étudiant ne doutait pas un seul instant que son ami et lui finiraient leur vie ensemble quelle que soit la façon.

Charlie avait été un bon camarade qui avait été mignon et joyeux. Cinaed avait aimé passer du temps avec lui, et voir ses mains sculpter le bois. L'écouter parler de sa passion, c'était peut-être ce qu'il avait préféré. Il avait eu envie de coucher avec lui et Charlie avait simplement semblé heureux comme jamais quand il avait accepté de se dire en couple avec lui. Tout avait été parfait, au final. Cinaed pouvait traîner avec lui autant qu'il voulait, et passer quelques nuits dans ses bras quand il avait envie de contact et Charlie était heureux. N'était-ce pas comme ça que les couples fonctionnaient ? Fallait il forcément ressentir quelque chose de particulier ? Ressentir de l'amour ça avait été facile pour Charlie, il semblerait mais Cinaed se sentait à côté de la plaque, comme d'habitude. Cependant, ça ne l'avait jamais dérangé jusqu'à maintenant.

Pourquoi tout ne peut pas être aussi facile qu'avec toi ? se plaignit-il finalement à son amie. Talya était superbe : elle n'était jamais collante, acceptait le fait que Cinaed ne comprenait ni le sarcasme, ni les sous-entendus et plus que tout, elle acceptait qu'il puisse disparaître pendant des semaines avant de revenir vers elle. Est-ce que les sentiments brisaient toujours toutes les relations ? Sûrement que si Charlie n'avait jamais été amoureux, ils auraient pu continuer à être amis. Peut-être qu'ils se seraient vus quelques fois, comme avec Talya et auraient passé des soirées agréables à apprécier la compagnie de l'autre. Qu'est-ce qui avait tout foutu en l'air ? Le fait que Charlie ait des sentiments ou le fait que, même en essayant, Cinaed n'aurait jamais pu lui rendre la pareille ? Il lui semblait qu'ils avaient toujours regardé dans la même direction et pourtant il était là, tout seul au bout du chemin tandis que Charlie en avait pris un différent.

La perte de son amitié faisait plus mal que le reste. Cinaed n'avait jamais perdu un ami, jamais. Il n'avait été vraiment proche que d'Ewan et celui-ci ne l'avait jamais quitté, pas une seule fois, pas même après de lourdes disputes. Charlie avait été la première personne qu'il voyait vraiment. A Poudlard, il avait eu plusieurs connaissances mais jamais vraiment quelqu'un de proche. Tant qu'il avait eu Ewan à ses côtés, il n'avait eu besoin de personne. A l'académie, ça avait été différent : Ewan n'était pas là. Ils s'envoyaient des lettres et se voyaient aussi souvent qu'ils pouvaient mais à part ça Cinaed avait été seul pour la première fois de sa vie. Charlie avait été un rayon de soleil, et il lui avait ouvert les yeux sur la sculpture. Il avait fait naître dans son estomac une flamme nouvelle, celle de savoir parfaitement ce qu'il voulait faire de sa vie. La flamme de se savoir enfin entier, et d'avoir enfin un objectif clair. Peut-être, finalement, que Cinaed avait bien été amoureux, simplement pas de Charlie. Il était tombé éperdument amoureux de sa passion, pas de la personne derrière.

Ewan va me déchirer la tête quand il va l'apprendre finit-il par lâcher en se tapant la tête contre le matelas. Cinaed était persuadé que son ami avait vu la fin arriver avant lui - il le faisait toujours - et qu'il l'avait simplement laissé expérimenter la perte tout seul, comme un grand. Peut-être que Ewan avait pensé que cela lui ferait ouvrir les yeux. Comment lui faire comprendre que Cinaed ne se sentait pas coupable ? Que la seule chose qui l'embêtait vraiment était d'avoir perdu la personne avec qui il passait du temps ? Bien sûr, il n'appréciait pas le fait de l'avoir fait souffrir mais il ne ressentait pas la brûlure de la honte pour ses actions. Cinaed était trop détaché pour se sentir mal pour son comportement. A bien des égards, il n'était encore qu'un enfant et, comme tous les enfants, il était triste d'avoir perdu son jouet mais pas honteux de l'avoir brisé en premier lieu.

1801.

Présence normale - Tutoyez moi !
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Capitaine Ad²OC du Nano 2025 !

6 oct. 2024, 12:35
Semper fidelis  L.M   PNJ   ++ 
Reducio
PNJ ACTIF
- Votre PJ est présent ? non
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ) : Talya Mistérya - Mère
- Lien vers la fiche du PNJ : ici
- Intérêt de ce RP pour votre PJ : Explication de certaines tensions entre Talya et Auriana. Exploration du passé de Talya pour aider à comprendre son comportement global actuel + celui avec sa famille.
Reducio
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Talya Mistérya
22 ans - PNJ validé
#05611c


FLASHBACK
~ Entre décembre 2029 & janvier 2030


Après la France et l'Espagne, tu avais besoin d'une pause plus longue. Un retour aux sources. Néanmoins tu ne pouvais te permettre de rester au Manoir Mistérya pendant une trop longue période. Tu ne le supportais pas. Tu l'aimais mais tu ne la supportais pas. Il t'était bien trop difficile de l'entendre prendre sa défense. Il t'avait abandonné. Il l'avait abandonné. Alors pourquoi ? Pourquoi ta mère te répétait de suivre tes rêves. Elle utilisait ses mots. Si tu savais pertinemment qu'elle ne souhaitait que ton bonheur, tu lui en voulais constamment d'utiliser ses mots.

C'est sans doute dans cette optique que tu avais refait tes bagages fin décembre. En janvier tu avais quitté le manoir. Destination le Pays de Galles. N'étant pas prête pour un dépaysement complet, tu avais décidé de visiter tout le Royaume-Uni. Ayant grandi en Angleterre, tu n'avais pas besoin de visiter cette partie. Néanmoins tu savais qu'il y avait des différences de culture au sein même de ce Royaume. Ainsi, se trouvèrent sur ta liste des prochains endroits du Royaume-Uni à découvrir, les destinations suivantes : l'Ecosse, la République d'Irlande, l'Irlande du Nord et les Iles Britanniques. Un voyage haut en couleur qui promettait une ribambelle de rencontres et de belles découvertes.

Le Pays de Galles. Si tu avais choisi de commencer par ici, c'était certainement car cela te ramenait deux ans plus tôt. Tu y avais passé deux ans, entre septembre 2026 et juin 2028. Dès ton arrivée, tes pas t'avaient conduit sur le Campus Magifac. Si tu n'y avais pas que des bons souvenirs, tu y avais un point d'ancrage. Tu y avais retrouvé l'un des professeurs que tu estimais le plus. Il t'avait donné goût au voyage. Tu te faisais un devoir de lui raconter chacun des tiens. Après une après-midi à discuter de tes prochaines destinations à travers le pays, tu le quittas lui promettant de revenir vite.

Ce soir-là, tu le vis, accoudé au bar. Tu ne le savais pas encore mais il prendrait une place dans ta vie déjà chaotique. Tu étais juste là pour décompresser un peu. Tu portais une de ces tenues que la France t'avait inspirée. Si tu n'aimais pas la musique, tes années d'étudiante t'ont appris qu'au cours de ces soirées, tu pouvais passer outre. Sûrement l'un des seuls endroits où en entendre ne te dérangeait plus. Tes boucles virevoltaient au rythme de tes mouvements. L'appel de la piste de danse avait rapidement résonné après quelques verres et ton âme y avait répondu sans aucune hésitation. Si ce soir-là le destin avait frappé, tu savais que tu ne cherchais rien de bien sérieux.




Juin 2030,
~ Fin de soirée, un week-end.
~ Chambre en colocation de Cinaed Wallace.


Bien qu'originaire du Royaume-Uni, ton voyage avait tenu toutes ses promesses. Tu étais rentrée il y a moins d'un mois. Si pour toi chaque voyage avait le goût de l'aventure, chacun était unique et t'apportait de l'expérience et des connaissances importantes pour l'avenir. Le dernier en date avait duré de janvier à mai. Un tour complet du Royaume Uni qui avait le même objectif que tes précédents voyages : étudier la mode, les coutumes de chaque personne. Si tout cela varier d'un pays à l'autre, tu remarquais souvent qu'à l'intérieur même des endroits que tu visitais plusieurs styles se chevauchaient.

Tu n'avais pas tardé à rédiger tes lettres. Deux, à destination de la même nation. Le Pays de Galle. Si l'une était destinée à un professeur de la Magifac, l'autre était destinée à cet inconnu, qui n'en était plus vraiment un, rencontré il y a maintenant 6 mois. C'est ainsi que tu t'étais retrouvée une énième fois dans cette chambre.

Confortablement installée sur le lit de Cinaed, tu l'observais ouvrir la fenêtre puis écraser son mégot. La fumée ne te dérangeait pas, toi-même tu avais pris l'habitude de fumer une cigarette lorsque tes pensées prenaient trop de place ou en fin de soirée, à l'air libre, avec un dernier verre d'alcool.
L'air qui s'engouffra dans la chambre fit onduler tes boucles brunes. Sa voix résonna. Tu n'aurais su dire s'il était triste ou s'il énonçait un simple fait. Changement de sujet. Un sourire, ironique bien entendu, s'afficha sur ton visage.
"Pourquoi ? Je t'ai manqué ?" Après une courte pause, tu répondis un peu plus sérieusement. "Septembre. Je vais en Italie. On a encore un peu de temps devant nous."

Tu le regardais. Allongé, près de toi, perdu dans ses souvenirs. A ce moment précis, tu ne pouvais t'empêcher de le remarquer. Même lorsque la détresse s'emparait de son âme, il restait beau. Tu aimais le regarder. Certaines fois, il t'inspirait même un début de collection. Comme ce soir-là au bar. Un jour sûrement qu'une de tes collections porterait son nom. Seul l'avenir le savait.

Tu connaissais sans doute mieux que personne le pouvoir d'une lettre. Celle de ton père. Elle t'avait détruite. Tu n'avais plus jamais été la même après ce jour-là. Du moins c'est ce qu'elle disait, ta mère, Auriana. Toi, tout ce que tu savais, c'était qu'il t'avait abandonné. Il était parti, ne te laissant qu'une pauvre lettre. Ne contenant même pas d'excuses. Seulement une envie de réaliser ses rêves. Depuis ton âme était scindée en deux parties rivales. L'une voulant suivre ses envies, l'autre se rappelant inlassablement la douleur que les rêves provoquaient.

La situation de Cinaed n'était pas la même. Mais ta lettre en était à l'origine. Elle avait détruit une part de sa vie. Tu avais détruit une des plus belles choses de sa vie. Si tu n'avais pas bougé, lui avait du mal à rester en place. Tu ne pouvais pas le blâmer. Quoi qu'il en dise, son âme était meurtrie d'une quelconque façon.

Toi, tu le savais. Pourquoi Charlie s'était énervé. Après tout, cela ne devait pas être particulièrement plaisant de savoir que son partenaire allait voir ailleurs. Néanmoins, tu n'étais pas d'accord avec Charlie. Si sa colère était légitime, il aurait dû s'y attendre. On voyait tout de suite que Cinaed n'avait pas la capacité de tenir une relation. Et puis, lui avait-il seulement dit que cela le dérangeait ? Tu ne le connaissais pas, mais tu savais que tu ne l'aimerais pas. Il te rappelait ton père. Tu n'avais pas besoin d'une personne lui ressemblant dans ta vie.

Tu ne t'excusas pas. Cela ne servirait à rien. Charlie ne reviendrait pas. Tu n'étais même pas sûre cela posait problème à Cinaed. Il se rallongea à tes côtés. Le regard posait sur lui, ta main finie par trouver ses cheveux. Tu ne voulais pas qu'il traverse cela seul. Tes doigts s'agitèrent, caressant doucement ses boucles brunes.

Tu n'étais pas étonnée. Un sourire compréhensif étirait tes lèvres. Il n'avait pas répondu car il n'y avait rien à dire. Et tout à expliquer à la fois. Le silence avait été préférable. Comme souvent. Est-ce que Charlie aimait Cinaed ? La réponse ne faisait aucun doute. Est-ce que Cinaed aimait Charlie ? La réponse ne faisait aucun doute. Une même question, deux évidences, deux réponses différentes. Deux attentes différentes.

La pièce était silencieuse. Tu l'acceptais. Le silence régnait en maître. Cinaed avait été rattrapé par les souvenirs. Il avait besoin d'un peu de temps. Tu le respectais. Essayant toi-même de repousser tes souvenirs d'enfance. Tu ne voulais plus ressentir ce sentiment d'abandon qui t'avait tant fait souffrir et qui continuait à te hanter nuit et jour. Pour lutter, tu n'avais trouvé que deux solutions. L'inspiration. Créer, dessiner tes nouvelles collections. Ou prendre un verre et allumer une cigarette. Tu aurais certainement fait cela si sa voix ne t'avait pas ramené dans le monde réel.

Un petit rire t'échappa. Tu savais qu'il ne t'en tiendrait pas rigueur. Entre vous c'était simple. La raison était simple également, vous étiez sur la même longueur d'onde. Passer du bon temps en la compagnie de l'autre. Vous vous acceptiez comme vous étiez. Aucun jugement. Un respect total. Et puis, au fil du temps, vous étiez devenus un peu plus que de simple partenaire. Tu t'en rendais compte ce soir. Peu de personnes, te rappelant malgré eux ton père, réussissaient à te faire rester. Là était la vérité. Il était devenu ton ami. Votre relation n'avait rien de commune. Beaucoup la jugeraient. A cette pensée, un frisson parcouru ton corps. Tu la balayas rapidement. Personne ne savait.


"Tu sais pourquoi. Il t'aimait, il savait dès le départ que tu ne pourrais lui donner ce qu'il voulait. Il s'est condamné seul, tu n'y es pour rien. Et puis, chaque relation est unique. Le nombre de paramètres les composant est en constante évolution tout comme les paramètres en question. Ce n'est pas figé. Pour nous c'est simple parce qu'on ne voit aucun intérêt de compliquer les choses."

Ta voix s'était faite un peu plus douce que d'habitude. Ton regard n'avait pas quitté ton ami. Un nom franchit ses lèvres. Ewan. Tu te demandas soudainement si la personne allongée à tes côtés n'accordait pas plus d'importance à la réaction de son meilleur ami qu'à sa rupture. "Je suis certaine qu'il se contenterait de te mettre la misère lors d'un bon duel." Comme à ton habitude, tu n'avais pas pu t'empêcher d'ironiser. Tu étais comme ça, ce n'était pas méchant. Du moins pas avec les gens que tu estimais. Cinaed était ton ami, ton but n'était pas de le blesser. Aussi, un sourire bienveillant avait accompagné tes paroles. Une lueur brillait dans tes yeux. Tu n'en avais pas conscience. Comme pour te donner raison, une légère brise de vent entra dans la chambre. Tes boucles reprirent leurs envolent. Ton regard se tourna vers la fenêtre.


@Cinaed Wallace
Dernière modification par Lylas Mistérya le 1 mars 2025, 16:19, modifié 1 fois.

7 année RP, Couleur : #800080, L'Atelier Mode
~ aka Lyl's - réservé à la fratrie Blackburn

11 nov. 2024, 00:50
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Est-ce qu'elle lui avait manqué ? C'était sûrement une blague mais Cinaed y réfléchit quand même. Quand il y pensait en détail : non, pas vraiment. Il appréciait beaucoup la compagnie de l'autre et ils s'échangeaient parfois quelques lettres mais l'étudiant pouvait passer plusieurs mois sans la voir sans être dérangé. Il n'était pas un amant déprimé dès qu'elle quittait son appartement : c'était leur habitude. Ils ne vivaient pas ensemble, n'étaient pas en couple et n'étaient pas meilleurs amis. Ils étaient juste deux personnes qui s'entendaient bien et passaient du bon temps ensemble à l'occasion mais ça n'allait pas beaucoup plus loin. Elle ne lui manquait pas : et il savait qu'au fond elle en avait conscience. Tout comme lui avait conscience qu'elle ne pensait pas nécessairement à lui quand elle partait. C'était bien, ils avaient tous les deux leur vie à côté et, de son côté, d'autres partenaires. Leur engagement s'arrêtait à ça. Beaucoup auraient pu trouver ça triste mais Cinaed et Talya le vivaient bien. En tout cas, aucun des deux n'avait jamais remis tout ça en question.

Nan répondit il simplement, honnête comme à son habitude. Mais si tu restes quelque temps, on pourra sortir boire un verre, j'ai pas mal de taff en cours alors ça serait cool. Si elle repartait en Septembre alors ils pourraient sûrement se voir une petite dizaine de fois facilement chez l'un ou l'autre ou à l'hôtel. Un peu plus pour juste boire un verre ensemble, ce serait sympa. Ca occuperait son temps et ils pourraient papoter un peu. Il n'était pas amoureux d'elle mais elle restait malgré tout une bonne amie, même s'il pouvait supporter de ne jamais la voir. En plus, elle avait toujours de bonnes histoires à raconter sur ses voyages. Lui qui n'avait jamais quitté la Grande Bretagne, ça lui changeait. Il n'était pas particulièrement intéressé à voyager mais les différences de cultures étaient intéressantes, surtout en matière de magie.

L'italie ? demanda-t-il en se tournant vers l'autre. Qu'allait-elle faire en Italie ? C'est pour trouver des idées pour tes croquis ? Il essayait de se souvenir de si elle avait déjà parlé de ce pays avant mais sans succès. Il ne se souvenait pas non plus de grandes choses en Italie, à part quelques monuments moldus qu'il trouvait bien quelconques. La seule chose mémorable en Italie était ce chercheur qui faisait parler de lui récemment mais il se doutait bien que Talya n'en avait rien à faire. Elle créait des vêtements, elle ne s'embêtait pas à étudier les sortilèges comme si sa vie en dépendait comme lui le faisait. Parce que, oui, même si les gens avaient tendance à penser le contraire, Cinaed étudiait énormément. Ca ne se voyait pas beaucoup parce qu'il avait toujours eu des facilités mais il était bosseur quand quelque chose l'intéressait.

Ses essais étaient toujours rendus soit en avance, soit dans les temps avec des bonus. Il écrivait bien, ses notes étaient hautes et il n'était pas rare qu'il soit à la tête de sa promotion. Pas tout le temps, évidemment, parce qu'il n'était pas un démon sans vie sociale qui passait son temps le nez dans les bouquins mais tous ses professeurs se retrouvaient sur une idée commune : Cinaed Wallace était fait pour créer des artefacts, pour enchanter des objets et pour lancer des sortilèges de manière générale. L'année touchait d'ailleurs à sa fin et au lieu de quitter l'académie après la première année comme il pouvait le faire, il avait décidé d'y retourner en septembre pour parfaite ses connaissances. Son bulletin à Poudlard n'avait pas été glorieux, il avait comporté trop d'acceptable à peine atteints pour être impressionnant mais il s'était bien rattrapé sur ses études supérieures. C'était dû à une seule chose : ici il se concentrait uniquement sur ce qu'il aimait. Evidemment, et même s'il n'avait pas de cours spécifiques dessus, il prenait tout de même le temps d'étudier les runes dans son temps libre.

Le jeune homme se mit à fredonner alors que Talya passait sa main dans ses cheveux, comme pour caresser un petit animal. l'autre était toujours douce avec lui, c'était quelque chose qu'il appréciait beaucoup. En six mois de relation, ils ne s'étaient jamais disputés. Pas une seule fois : c'était le bonheur d'être sur la même longueur d'onde. Talya acceptait ses excès sans sourciller, et les soirées où il était trop vide pour vraiment lui être utile. Il se fit la remarque que ses cheveux commençaient à être longs et que ses parents trouveraient sûrement quelque chose à redire là dessus quand il finirait par retourner à la maison familiale à Inverness pour l'été. Mon dieu, ils lui feraient aussi probablement des remarques sur sa relation avec Charlie et la façon dont elle s'était terminée. Nul doute que soit ils lui demanderaient directement, soit Ewan leur passerait le mot. Il soupira à l'idée.

J'sais pas trop répondit-il à l'autre. Ses paroles sur Charlie n'étaient pas fausses mais Cinaed se demandait parfois s'il avait été assez clair avec l'autre. Probablement pas, mais qui pouvait lui en vouloir ? Les sentiments étaient difficiles, et convaincre quelqu'un qui vous aimait de ne pas le faire l'était encore plus. Il avait sûrement été égoïste d'en profiter mais pendant un instant, il avait vraiment cru être amoureux de Charlie. En tout cas, il y avait pensé. Peut-être pas assez fort, comme à son habitude. Il n'était pas vraiment allé au bout des choses mais s'il l'avait fait et qu'il avait compris directement qu'il n'aimait l'autre que pour ses créations et les choses qu'il pouvait lui apprendre, il n'était pas sûr que ça aurait changé quoi que ce soit. Cinaed connaissait ses défauts, même s'il était parfois difficile pour lui de les voir entièrement. Il se savait égoïste et opportuniste. Cependant, il n'avait pas l'intention de changer ça. Le souci quand on ne comprend pas le mal qu'on fait aux autres, c'est qu'on a aucune raison de changer soi-même. Cinaed, c'était ça.

T'as déjà été amoureuse, toi ? demanda-t-il simplement, finalement sans expliquer plus que de raison son dernier raisonnement. Son interrogation resta en suspens quelques secondes dans la chambre silencieuse tandis qu'il continuait simplement d'apprécier les papouilles de l'autre. Si elle lui retournait la question, Cinaed saurait quoi répondre : Non. Il ne savait même pas ce qu'on était censé ressentir quand on était amoureux, alors s'il l'avait déjà été, il était fort probable qu'il ne l'ai même pas compris. Peut-être que cette partie de lui était cassée, au final. M'enfin, avoir dans son entourage des gens comme Talya lui redonnait un peu d'espoir pour cette partie. S'il était brisé, alors d'autres gens l'étaient aussi pour trainer avec lui sans demander plus que quelques parties de jambe en l'air. Tant qu'il n'était pas le seul à qui il manquait des morceaux, alors ça irait, il pourrait survivre. Il avait juste besoin de savoir qu'il n'était pas seul, parfois.

Il frotta ses yeux en grognant. C'est tellement compliqué, par les slips de Merlin. Et tu sais quoi ? Mes parents étaient quasiment persuadés que c'était l'amour fou avec Charlie. Ma mère a fait un arrêt cardiaque quand je lui ai balancé que j'étais bi. Maintenant elle pense qu'elle a loupé un truc dans mon éducation, ou un truc du genre. Elle en parle pas, mais je sais qu'elle s'attend toujours à ce que je me marie avec une gentille sorcière de bonne famille. Il étala ses bras en étoile de mer, en drapant un par dessus les genoux de Talya par manque de place. Je veux pas me marier, ni maintenant, ni jamais j'pense. Il observa le plafond avec intérêt, comptant le nombre de grumeaux de peinture. J'ai l'impression d'être une pauvre tâche comparé aux autres. Les gens ne s'amusent pas, leur vie est triste. Ils sont là avec leur mec ou leur meuf et trois chats et ils disent qu'ils sont heureux. Comment on peut être heureux en restant toujours avec la même personne, 24h sur 24 ? Ils doivent forcément s'engueuler, et à partir de là ils font quoi ? Ils se plient à l'autre pour arrêter les disputes ?

Lui, il ne savait pas faire ça. La plupart du temps, il cherchait la petite bête jusqu'à ce que l'autre en face de lui craque et qu'il déverse toute sa colère d'un coup, ou alors il cherchait à avoir le dernier mot. Les deux propositions étaient aussi amusantes l'une que l'autre. Cinaed aimait voir à quel point il pouvait piquer les autres jusqu'à ce qu'ils explosent, tout comme il aimait se savoir vainqueur d'une conversation. Il ne savait pas faire de compromis et n'apprendrait pas avant très longtemps. Moi, soit je comprends rien, soit... soit je suis un infame con, d'après les gens. Alors je me vois mal faire durer un couple sans sortir ailleurs quand j'en ai besoin, ou quand je m'ennuie. Le sexe c'est cool, objectivement, à quoi ça sert de patienter des semaines si l'autre en veut pas ? Autant passer à quelqu'un d'autre, c'est plus simple non ? C'n'est que du sexe, c'est pas comme si c'était une demande en mariage. Les gens surréagissent. Peut-être que le rejet de Charlie avait fait plus mal que prévu mais Cinaed n'arrivait pas à savoir pourquoi.

Il avait juste l'envie de se plaindre, de s'expliquer même si ce n'était pas à l'autre homme. Il avait besoin que quelqu'un comprenne son point de vue. Peut-être que c'était ça, quand on se sentait coupable ? Il n'en avait aucune foutue idée, tout ce qu'il savait c'était que les mots coulaient de ses lèvres comme si c'était une bonne chose. Comme si expliquer tout ça à Talya qui n'avait même jamais vu Charlie pourrait arranger les choses. Il savait que ça n'arrangerait rien, et pire encore, il ne voulait pas arranger les choses. Charlie était parti, et alors ? Il n'allait pas lui courir après. Ce n'était que du sexe, la seule chose qui l'énervait vraiment c'était ces foutus petits souvenirs. Son foutu sweat qu'il ne reverrait plus et les sculptures de Charlie sur son bureau. Pourquoi avait-il été si en colère maintenant alors qu'ils en avaient déjà parlé 3 fois avant ça ? Il avait toujours semblé accepter l'idée que Cinaed allait voir ailleurs. Pourquoi ça avait pété d'un coup ?

A la mention d'un duel avec Ewan, cependant, Cinaed se mit à gémir encore plus fort et plus dramatiquement et roula sur le côté, contre Talya. Il entoura sa taille de ses bras et plongea son visage dans son estomac en veillant à ne pas lui faire mal. Contre son tee-shirt, là où il pouvait sentir son sang battre sous sa peau, il se mit à bougonner comme un enfant prit sur le fait. Je peux pas juste m'étouffer dans ta poitrine et mourir ? Ce serait si paisible, et au moins Ewan viendrait pas me péter la tronche Il resserra ses bras autour de sa taille. Ewan serait livide, ce serait horrible à vivre comme situation. Son meilleur ami n'était jamais d'accord avec lui : il arrivait toujours à trouver une faute que Cinaed avait commise et en plus, il essayait de lui expliquer pendant des heures. Sa patience était infinie, malheureusement pour le futur sculpteur. L'idée de fermer les yeux et d'éviter à jamais la confrontation était tentante bien que légèrement dramatique. Cependant, il y avait une ombre au tableau : un essai qu'il avait commencé à écrire et qui traînait quelque part sur son bureau. S'il se laissait mourir maintenant, il ne pourrait jamais le rendre dans les temps et ça casserait sa suite de notes presque parfaites. Quelle plaie.

1939.
@Lylas Mistérya Vraiment désolée pour le retard mais j'espère que le post me pardonne ! pour le coup j'en suis très contente, ça donne beaucoup de dimension à Cinaed :blush:

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Capitaine Ad²OC du Nano 2025 !

16 nov. 2024, 14:05
Semper fidelis  L.M   PNJ   ++ 
C'était sûrement cela que tu appréciais le plus chez Cinaed. Sa sincérité. Tu ne lui avais pas manqué, il n'avait pas pensé à toi et il ne prenait pas de pincette pour te le dire. C'était ainsi. C'était vrai. Avec lui, tu n'avais pas besoin de remettre en question tout ce qu'il disait. Lui n'était pas ton père. Il ne te disait pas qu'il t'aimait pour disparaître le lendemain.

Sa réponse te laissa indifférente. Il ne t'avait pas manqué non plus. Tu étais certes contente de le revoir, mais tu étais bien trop occupée pendant tes voyages pour lui accorder, ne serait-ce qu'une seule pensée. Tu ne pouvais te permettre d'être distraite. Et puis s'attacher, c'était souffrir. Et tu souffrais déjà bien assez de l'abandon de ton géniteur. Tu n'avais pas besoin de t'infliger des douleurs supplémentaires.

Les cours. Ce n'était pas quelque chose qui te manquait particulièrement. Parfois, tu étais un peu nostalgique de la beauté des lieux dans lesquels tu avais eu la chance d'étudier. Cela ne durait jamais longtemps, notamment parce que tu t'y rendais encore assez régulièrement pour rendre visite et raconter tes aventures à ton ancien professeur. Si la vie sur le campus Magi'Fac n'avait pas toujours été facile, tu avais choisi de ne garder que les bons souvenirs. Les mauvais étaient rangés tout au fond de ta conscience. Lorsqu'ils refaisaient surface, c'était souvent en fin de soirée lorsque toutes tes pensées n'en faisaient qu'à leurs têtes.


"Ce serait avec grand plaisir. D'ailleurs, comment ça se passe ? Les cours te plaisent toujours autant ?" Tu étais ravie qu'il te propose de vous revoir. Cela te faisait, une parfaite excuse pour quitter le manoir plus souvent. Ta mère n'apprécierait sûrement pas, mais tu savais qu'Auriana ne bataillerait pas. Elle te laissait la liberté dont tu avais besoin. Sûrement pour éviter des disputes supplémentaires. Inconsciemment, tu lui en étais plutôt reconnaissante.

Tu appréciais d'autant plus cette proposition parce qu'elle venait de lui. Vous appréciez passer du temps ensemble, alors pourquoi vous en priver ? Cela vous sortez de vos quotidiens bien remplis. La vie n'était que meilleure lorsqu'elle n'était pas monotone.

Ton choix de destination semblait étonner ton ami. À vrai dire, il n'y avait pas vraiment de raison à ce choix. Après la France, l'Espagne et le Royaume-Uni, tu avais seulement envie de découvrir une nouvelle culture, un nouveau pays, de nouvelles personnes. Tu trouverais sûrement de multiples sources d'inspiration pour tes croquis. Et puis d'après ce que tu en savais, l'Italie, c'était un mode de vie. Un état d'esprit. La Dolce Vita. Tu voulais tester cela. Ce voyage serait tout aussi riche que les précédents et tu avais déjà hâte de découvrir le pays.
"J'ai besoin d'inspiration. Et elle ne viendra pas à moi si je ne fais pas un minimum d'effort. Voyager m'aide à voir les choses autrement, à découvrir de nouveaux modes de vie, de nouvelles coutumes... " Un jour, tu aurais visité le monde entier. C'était une certitude.

Tu avais deux carnets. Ton carnet de croquis et ton carnet d'inspiration. Tous deux avaient un rôle bien précis. Le premier renfermait les ébauches de tes futurs vêtements. Le second contenait toutes tes sources d'inspiration. Il y avait des photos de lieux, des dessins de personnes, des couleurs, des matières, des sons et bien plus encore. Ils t'étaient aussi précieux l'un, que l'autre. Ils t'accompagnaient partout.
"Concernant mes croquis, je ne sais pas quoi penser des derniers que j'ai réalisé...

Ta main dans ses cheveux, tu laissas tes pensées dériver. Lorsqu'il se mit à fredonner, ton corps entier se crispa légèrement. S'il n'avait pas été aussi près de toi, il n'aurait sûrement rien perçut. Mais le fait est qu'à cette distance, tu ne savais pas s'il l'avait senti. La musique te rappelait ton enfance. Ton enfance te rappelait ton père. Ton père, tu ne voulais pas t'en souvenir. Il t'avait abandonné. Il ne méritait pas tes pensées. Et encore moins tes larmes.

Enroulant tes doigts dans ses boucles, tu le laissas réfléchir. Toi-même, tu fermas les yeux un instant. Profitant de ce moment. Un peu hors du temps. Un peu suspendu. Le vent s'engouffrait toujours par la fenêtre. Il balayait chacun de tes démons. Chacune de tes pensées parasites. À cet instant précis, tu n'étais que légèreté. Cette sensation dessina un sourire enjôleur sur tes lèvres.

Il brisa le cours de vos pensées respectives ainsi que le silence qui s'était établi à l'aide d'une seule petite question. Petite, mais loin d'être anodine. Toi, amoureuse ? La réponse était bien simple. Jamais tu n'avais ressenti ce sentiment. Tu n'étais même pas certaine de savoir ce que quelqu'un d'amoureux était censé ressentir. Ta mère était amoureuse et tu trouvais cela ridicule. Elle s'accrochait au passé et aux bons moments partagés alors que son âme sœur l'avait abandonné comme on abandonne un vieux tissu troué.

L'amour, tu ne savais pas ce que c'était. Tu aimais ta mère autant que tu la détestais. Tu aimais Cinaed et la compagnie qu'il t'apportait, c'était devenu un ami. Tu aimais la mode, c'était ce qui t'animait. Ce qui te gardait en vie. C'était ta passion. Mais l'amour ? Tu ne l'avais jamais expérimenté. Le voulais-tu seulement ? L'amour faisait souffrir. Tu t'aimais bien trop pour laisser quelqu'un te faire souffrir de nouveau.
" J'imagine que ma réponse est identique à la tienne. Jamais."

Cinaed enchaîna presque instantanément. Tu n'étais même pas certaine qu'il t'ai entendu lui répondre. Ses parents, étaient-ils aveugles à ce point ? Comment, qui que ce soit connaissant un tant soit peu Cinaed pouvait penser qu'il était amoureux ? Cela ne faisait que confirmer ce que tu savais déjà. Les gens ne voient que ce qui les arrange. Le reste, ils se contentent de faire comme si ça n'existait pas.

Sa mère. Tu ne la connaissais pas et tu n'avais aucune envie de la rencontrer un jour. Quoique, Cinaed venait d'une bonne famille, avec de l'argent. Elle était une cliente potentielle à ne pas négliger. Même si elle était... Elle. Un esprit aussi fermé. Tu détestais cela. En tant qu'artiste, tu ne pouvais supporter les esprits trop rigides. Tu n'avais pas besoin de limites. L'inspiration venait de partout, pourquoi mettre des limites ?

Tu avais la fâcheuse tendance à tout ramener à la mode et la création. Certaines personnes ne comprenaient pas comment tu pouvais être autant passionnée par un bout de tissus. À vrai dire, tu ne savais pas non plus. Pourtant, ayant eu l'occasion de travailler avec les Dames Guipure, tu savais ne pas être la seule à être animée par une chose aussi futile.

Tu ne pus t'empêcher de rire aux remarques de ton ami. Ton fou rire était sincère mais peut-être mal venu. Une fois calmée, tu repris ton souffle afin de lui faire part d'une chose importante.
"Eux ne comprennent pas que tu penses être pleinement heureux lorsque tu enchantes des objets et créer des artefacts. Ils ne comprennent pas quand je leur annonce ne pas dormir de la nuit dans le seul but de ne pas perdre l'inspiration. Mais en a-t-on vraiment quelque chose à faire ? Si tout le monde se ressemblait, la vie serait cruellement ennuyeuse."

Se plier à la volonté de l'autre ? Et puis quoi encore ? Quelle drôle d'idée ? Pourquoi devait-on faire passer les besoins des autres avant nos besoins ? Toi, tu avais besoin de créer et tu ne t'arrêterais pas pour faire plaisir au premier venu. Tu avais grandi libre. Tu le resterais. Indépendante et libre, personne ne changerait jamais cela.

Tu le savais. Que Charlie avait fait des dégâts. Tu le voyais dans son regard. Pourtant, tu ne pouvais rien pour lui. Tu n'étais pas la bonne personne pour lui faire comprendre ses torts. Tu en avais aussi dans cette histoire. La seule différence était que tu en avais conscience et t'en moquais éperdument. Charlie, tu ne le connaissais pas. Tu n'avais aucune explication à lui fournir.

Concernant les questions de ton ami, tu ne savais pas quoi lui répondre. Sûrement qu'Ewan trouverait les mots justes lui. Toi, tu n'y arriverais pas. Alors, tu t'abstins de répondre. Pour ne pas dire quelque chose que tu finirais par regretter. Chacun avait sa manière de voir la vie, et si tes voyages t'avaient appris à te mettre à la place des autres, Cinaed avait encore un peu de mal avec ça. Comment lui en vouloir ? Vos vies étaient déjà tellement compliquées. Pourquoi les compliquer davantage avec des soucis n'étant pas les vôtres ?

Le contact de Cinaed te fit frissonner. Voilà que ton ami était parti dans un élan dramatique alors Ewan se contenterait certainement de lui parler un peu fermement. Tes lèvres souriaient, tes yeux riaient. Cinaed était un véritable enfant par moment. Cela te faisait rire la plupart du temps. Tu ne lui en tenais jamais rigueur. Il était comme cela, c'était sa personnalité. C'est ce qui faisait sa beauté.
"Ewan ne te fera pas de mal et tu le sais bien. Tu auras juste droit à un long discours interminable."


@Cinaed Wallace j'ai adoré ton post !
j'espère que le mien sera à la hauteur :blush:

7 année RP, Couleur : #800080, L'Atelier Mode
~ aka Lyl's - réservé à la fratrie Blackburn

24 avr. 2025, 22:42
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Il fit un sourire à l'autre, toujours heureux à l'idée de pouvoir partager un verre avec une bonne amie. Enfin, ce qui se rapprochait d'une bonne amie : elle n'était pas aussi importante que Ewan mais Cinaed essayait d'apprendre petit à petit à élargir sa vision de l'amitié. Les gens n'avaient pas besoin d'être aussi importants que Ewan pour signifier quelque chose. C'était un peu difficile car il avait passé toute son enfance à ne jurer que par le roux et à n'avoir ni besoin, ni envie de quelqu'un d'autre près de lui. Maintenant qu'il devait agrandir son cercle, il était un peu perdu et avait toujours tendance à comparer l'univers entier à son premier ami. Ce n'était pas la chose la plus saine, et surtout pas une bonne base sur laquelle créer des liens mais il avait du mal à s'en défaire. Une petite partie de lui n'avait, surtout, pas envie de le faire. Ewan était parfait - du moins à ses yeux - alors il lui semblait naturel de vouloir que tous les autres soient exactement pareil. Cinaed était trop égoïste pour célébrer toutes les différences du monde, lui, il voulait simplement que les gens sachent évoluer avec lui.

Y'a un bar étudiant par trop loin qui fait des supers réductions sur les Happy Hour. Ils font surtout de la bière mais bon, pour se bourrer la gueule c'est largement suffisant, non ? Cinaed pouvait boire à peu près n'importe quoi tant qu'il ne s'agissait pas de vin. Il ne buvait pas depuis si longtemps que ça mais ça lui avait suffit à apprendre que le vin était globalement désagréable sur la langue et qu'il préférait le whisky. Cela dit, la bière ce n'était pas cher et même celle qui était globalement mauvaise ou coupée avec beaucoup de merdes remplissait son objectif : celui de pouvoir quitter le bar en tanguant tellement qu'un pas suffisait à vous donner le mal de mer. Cela dit, s'il allait boire avec Talya, il ne se rendrait pas ivre mort : Merlin savait que certaines activités étaient bien plus difficiles avec trop d'alcool dans le sang et il fallait bien qu'ils profitent du moment où ils se voyaient. Son colocataire comprendrait s'il le fichait dehors une nuit ou deux. Et puis, au pire, il n'aurait qu'à se boucher les oreilles : son lit était au moins à 3 pas, c'était largement suffisant pour que Cinaed s'y intéresse peu. Talya, elle, serait probablement plus pudique, cela dit.

Son visage s'éclaira quand sa compagne d'infortune lui parla de ses cours. Malgré le poids qui pesait sur sa poitrine, la mention de ce qu'il faisait à l'académie eut le mérite de le faire sourire d'un coup. C'est génial. Il leva les mains vers le plafond, toujours allongé et la tête posée sur les genoux de la jeune femme. Un de ses bras frôla le visage de Talya et il le décala légèrement histoire de pouvoir dessiner de petits motifs abstraits dans l'air sans lui frapper le nez. C'est un peu plus facile que ce à quoi je m'attendais, et les professeurs sont contents de moi. Y'a toujours des gens pour dire que je bosse pas, mais eux ils donnent l'impression de voir le temps que je passe dessus.

Ses camarades de promotion avaient rapidement tendance à penser qu'il était juste doué sans avoir besoin de travailler puisqu'il leur proposait presque tous les deux soirs de sortir mais personne ne savait à quel point il apportait de l'importance à tout ce qu'il apprenait. A part son colocataire, personne ne voyait l'acharnement avec lequel il testait ses sortilèges ou écrivait ses essais. C'était pas grave : même Charlie avait toujours pensé qu'il n'était qu'un pauvre branleur. Avec le temps, Cinaed s'en fichait : ils devaient simplement tous être jaloux. C'était un comportement d'idiot de mettre toute la réussite de quelqu'un sur une chance bête et méchante. Ils étaient juste des abrutis inutiles avec une baguette et souhaitaient se rassurer. Quand Cinaed obtiendrait son diplôme avec toutes les félicitations qui accompagnaient le fait d'être en tête de promotion, il pourrait les narguer. Tous autant qu'ils étaient, ils s'en mordraient les doigts d'avoir sous estimé Cinaed Wallace et d'avoir été des incapables. Ils ne savaient que faire semblant d'apprécier tout le monde pour au final passer plus de temps à critiquer leurs camarades une fois le dos tourné plutôt qu'à travailler leurs manuels.

J'adore vraiment les sortilèges, je sais que c'est ça que je veux faire. Et... Et la sculpture. Ca aussi, c'est vraiment super. Même sans Charlie pour lui apprendre et l'encourager, il continuerait à creuser le bois. Ce n'était même plus un simple hobby, ça s'était transformé en une bulle d'oxygène. Cinaed y pensait presque tout le temps. Il aurait pu échanger six mois de soirée et d'alcool contre quelques heures à sculpter. Il replia les bras sur sa poitrine et se mit à jouer avec le tissu du haut de l'autre. Il était doux sous ses doigts et Cinaed pouvait aussi bien laisser ses doigts glisser dessus que les entortiller légèrement à l'intérieur. Il savait que ça ne dérangerait pas l'autre qui, avec le temps, était sûrement habituée à ce qu'il ne puisse pas rester immobile plus de quelques secondes. Il avait besoin d'avoir les mains occupées, c'était presque viscéral : quand elles étaient immobiles, il avait l'impression qu'une pression invisible le forçait à les bouger. Obliger Cinaed à rester immobile c'était rajouter de l'essence sur un feu et attendre l'explosion.

Tu penses qu'on est obligés de voyager pour trouver l'inspiration ? demanda-t-il alors qu'il tirait légèrement sur son haut pour en défaire les plis. J'ai l'impression que, quand je regarde bien, tout est magnifique dehors. Cinaed n'avait pas besoin de changer de pays pour trouver de la beauté dans le monde. Une fois qu'il ouvrait clairement les yeux, il pouvait tout voir, tout comprendre. Il captait à quel point le soleil était lumineux, ou les reflets qu'il posait sur les pierres et les points d'eau. Il entendait le vent, ressentait la brise comme jamais auparavant.

Plus il sculptait, plus il avait l'impression d'ouvrir les yeux souvent, d'ailleurs. Petit à petit, toute sa vie devenait magnifique, même les orages et les jours de pluie. Il y avait de la beauté n'importe où tant que la nature existait. Même les humains étaient beaux. Enfin, la plupart. Ceux qui avaient une petite étincelle en eux étaient magnifiques et pas seulement esthétiquement agréable à regarder. Cinaed tourna légèrement la tête pour observer le ciel à travers sa fenêtre. J'ai l'impression que créer, ça change toute ma vision des choses. J'avais jamais remarqué tout ça avant et maintenant j'ai l'impression de plus pouvoir détacher les yeux de comment les muscles des oiseaux bougent quand ils s'envolent ou de la façon dont les feuilles se courbent sous la pluie. Il leva les yeux à nouveau vers Talya. Toi, c'est la façon de vivre des gens que tu trouves belle ? Il lui fit un sourire lumineux. Et pour tes croquis, tu n'auras qu'à me les montrer, si tu veux ! Il ne serait probablement pas d'une grande aide parce que son sens de la mode frôlait le néant mais il appréciait toujours l'écouter parler de ses créations. Souvent, il était plus utile en l'écoutant simplement parler plutôt qu'en donnant des idées. Les gens créatifs étaient tous pareils : ils comprenaient les choses tout seul, il leur suffisait simplement d'avoir quelqu'un avec qui en discuter. Leur cerveau moulinait mieux quand ils pouvaient partager leurs avancées. Pour aider un artiste, ça ne servait à rien de bouffer des bouquins d'art ou d'apporter un quelconque avis : ce qui fonctionnait le mieux c'était simplement de se taire.

Son sourire se fana à nouveau pour une moue de réflexion. Il leva les yeux et plongea son regard dans celui de Talya, se forçant à ne pas disparaitre à nouveau en se cachant contre son ventre. Et tu penses pouvoir l'être un jour ? Amoureuse, je parle. Talya lui ressemblait beaucoup sur ce point. Elle non plus ne comprenait pas l'importance que les gens donnaient à trouver le grand amour. Cependant, si elle pensait pouvoir l'atteindre un jour alors ça devrait vouloir dire quelque chose. Cinaed avait l'impression que ça n'arriverait jamais. Qu'il ne serait jamais capable de placer quelqu'un d'autre avant ses propres besoins, alors que c'était ça l'amour, non ? C'était s'inquiéter pour quelqu'un, vouloir le rendre heureux plus que de l'être soi-même.

Les gens perdaient de leur raison pour être amoureux et Cinaed ne pensait pas pouvoir en être capable un jour. Il était, surtout, persuadé de ne jamais comprendre ce sentiment là. Et, on ne pouvait pas ressentir quelque chose qu'on ne comprenait pas du tout, non ? En observant l'autre il se demanda si, au fond d'elle, elle ne rêvait pas de mariage et d'enfants. Si oui, elle le cachait plutôt bien : il avait l'impression qu'elle était trop indépendante pour accepter de se plier aux niaiseries des relations amoureuses. Et, surtout, vu comment elle naviguait entre quatre pays tous les six mois, il avait l'impression qu'avoir un enfant détruirait ses rêves plus qu'autre chose. Est-ce qu'elle les abandonnerait un jour ? Il essaya de ne pas avoir l'air aigre en pensant à cela mais l'idée que quelqu'un puisse abandonner ses rêves et ses projets pour quelqu'un d'autre lui paraissait lunaire. Les gens qui s'oubliaient pour les autres étaient des abrutis finis.

Il se redressa légèrement pour se mettre à genoux devant l'autre et l'observa quelques instants. Puis, il leva un bras pour pouvoir draper sa main sur sa nuque et l'attirer pour un baiser. Ca ne voulait rien dire, mais il avait soudainement eu le besoin de plaquer ses lèvres sur les siennes. Quand elle parlait d'art, quand elle le comprenait comme personne ne le faisait, elle était belle. Elle était magnifique et pas dans le sens physique du terme. Elle semblait simplement être le miroir de ses propres pensées et il était difficile de résister à la pulsion de vouloir disparaître dans cette sensation. Il avait envie de déchirer tout ce qui la rendait mortelle pour garder à jamais cette petite chose qui le faisait se sentir si compris et de se le fourrer dans la poitrine pour qu'il habite à jamais au creux de ses cotes, collé à son cœur.

Il la poussa légèrement à s'allonger à moitié sur le matelas et s'appuya sur le matelas, une main de chaque côté de sa tête, juste au dessus des épaules. Son regard ne quitta pas le sien et, même en essayant de trouver les mots, il ne put absolument rien dire. Un "Tu as raison" semblait trop fade. Ces trois mots ne suffiraient pas à lui faire comprendre à quel point sa phrase avait raisonné en lui. Elle était libre et elle était belle. Quelque chose en lui criait pour plus de contact ou n'importe quoi qui puisse graver ses paroles dans son esprit mais, alors qu'il se penchait pour l'embrasser à nouveau, elle ria et se moqua d'Ewan.

Cinaed se dégonfla instantanément et plongea la tête dans son buste en pleurnichant. S'étalant de tout son long sans grâce - mais en veillant à ne pas l'écraser sous son poids - il gémit tout haut d'une fausse détresse dramatique. Les conférences de Ewan c'est peut-être encore pire que ses raclées, mais là je vais avoir les deux ! Il releva la tête, le menton posé au creux de sa poitrine et l'observa, une moue boudeuse sur les lèvres. Il devrait prendre exemple sur toi, je l'écouterais largement mieux s'il avait de bons arguments.

Ton post était génial ❤️ Désolée pour le retard, j'espère que ce post te plait !
1934.

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17 mai 2025, 19:23
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Un sourire. Au moins, Charlie ne lui avait pas pris cela. Tu lui rendis avec grand plaisir. Un bar étudiant ? Bien que tu ne le sois plus, tu réussirais sans aucun soucis à te fondre dans la masse. Non seulement la différence d'âge n'était pas grande, mais avec les bons vêtements et le sens du style dont tu avais été pourvu, tu pouvais aisément te créer une autre identité. Un rôle à part entière. Comme les acteurs de cinéma et les comédiens au théâtre. Tu serais autre, pour quelques heures seulement. S'évader de son quotidien était bien simple au final.

De la bière ? Il est vrai que c'est ce que boivent les étudiants. Cela t'allait bien entendu et ce même si tes goûts étaient devenus plus premium au fil de tes voyages et beuveries. Chaque alcool avait sa situation de consommation. Le vin français, sans aucun doute le meilleur qu'il t'es été donné de goûter, était idéal pour des repas. Le champagne était parfait pour les soirées mondaines. Le whisky accompagnait chacune de tes soirées créatives mais également celles dédiées à l'introspection et la réflexion. Quant à la fameuse bière, Cin avait tout dit. Excellente pour se bourrer la gueule et faire taire ses pensées.

Pour autant, tu n'irais pas te mettre une mine si tu devais passer la soirée en si bonne compagnie.
" Tu sais s'ils servent des cocktails aussi ? J'imagine que oui puisque c'est un bar. " Voilà qui serait certainement bien plus raisonnable. La bière se buvait trop vite et tu avais du mal à compter tes verres lorsque tu allais au bar. Notamment car tu tenais très bien l'alcool. Si tu restais au cocktail, tout irait bien. Tu devrais être en pleine possession de tes moyens, ou presque, à l'heure de quitter le bar.

Suite à ta question, ton ami partit dans une explication passionnée de ses cours. Le visage illuminé par son sourire, il était complètement absorbé par ce qu'il racontait. Comme tu le comprenait, tu devais être pareil lorsque l'on te parlait mode. L'académie avait l'air de vraiment convenir à Cinaed. Tu étais sincèrement contente qu'il aie trouvé sa voie.

Ce que tu les détestais. Ceux qui osaient parler sans savoir. Ceux qui propageaient des rumeurs à tout va. Ceux à cause de qui le mot "réputation" avait pris tant d'importance. A cause d'eux, tout n'était plus qu'apparence. Cela était devenu si important pour réussir dans ce monde. Préserver sa réputation et surtout maintenir les apparences. Il valait mieux paraître qu'être. C'était idiot. Mais c'était la règle pour survivre en société. Tout cela serait certainement la cause de ta mort un jour. Tu finirais par vendre ton âme au diable et leur ressembler. A la différence près que tu créerais tes propres règles du jeu...

La sculpture ? C'était nouveau ça ? En tout cas, ce mot avait allumé une étincelle dans les yeux de l'écossais et tu ne l'avais pas manqué. Tu avais toujours remarqué ces détails là. Ceux qui exprimaient ce que les gens ressentaient réellement. Surement était-ce pour cela que tu ne supportais pas rester à Londres avec ta mère. Auriana avait cette façon indescriptible d'exprimer ce qu'elle ressentait. Dans ses gestes, dans sa démarche, sur les traits de son visage, dans le fond de ses yeux et surtout dans sa musique. Tu détestais cela. Tu détestais lorsqu'elle s'installait au piano. Tu détestais lorsqu'elle attrapait sa guitare. Cela faisait ressurgir tes souvenirs. Ceux que tu voulais oublier. Ceux dans lesquels il était présent. Lui, qui avait préféré la musique. Lui, qui t'avait abandonné sans la moindre hésitation. Lui, qu'elle défendait constamment comme s'il ne lui avait pas brisé le cœur...

Son geste te sortit de tes pensées. Voilà pourquoi tu aimais sa compagnie. Certes, il était un peu hyperactif sur les bords, mais au moins, il t'empêchait de te perdre trop longtemps dans tes pensées. Il s'était mis à jouer avec ton haut. Une habitude qu'il avait prise au fur et à mesure de vos rencontres. Ton regard se posa sur ses gestes et les suivit lentement. Il y avait une chose apaisante dans sa présence et dans ses gestes. Doucement, tu approchas ta main de son visage et lui caressa la joue. Un geste simple, plus ou moins dépourvu d'arrières-pensées, seulement guider par ton inconscient.

Voyager ne te permettait pas seulement de trouver l'inspiration. Voyager, c'était fuir le manoir. Fuir ta mère. Fuir le quotidien. C'était tenter vainement de fuir ton passé. Mais, voyager, c'était surtout l'occasion de découvrir. Découvrir qui tu étais. Ce que tu voulais être et ce que tu ne voulais pas être. C'était comprendre et apprendre. C'était élargir ta vision des choses. C'était nourrir ton esprit. C'était rencontrer de nouvelles personnes.


" Non, je ne pense pas. Tout m'inspire. La beauté comme la laideur. Il y a toujours une forme, une couleur, un mot ou je ne sais quoi d'autre qui m'inspire. Mais, voyager c'est... Je crois simplement que cela fait partie de moi. J'en ai... Besoin ? Du moins, pour l'instant. Peut-être qu'un jour, j'arrêterai. Je ne sais pas vraiment. "

Tu avais l'habitude de réfléchir à haute voix. Souvent, tu te perdais dans tes réflexions sans vraiment te rendre compte que quelqu'un t'écoutait. Tu étais comme ça. Le dire, à haute voix, libérait de la place dans ton esprit pour ton art ou pour d'autres pensées plus ou moins importantes.

D'un artiste à un autre, parce que oui, pour toi, toute personne qui crée est un artiste, tu comprenais sans mal ce que Cinaed racontait. Etait-ce vraiment la façon de vivre des gens que tu trouvais belle ? Ou était-ce leur manière de chercher à plaire ? Peut-être que c'était la liberté de certaines âmes qui t'inspirais ? La vérité, c'était que tu n'en savais rien. Il y avait quelque chose dans le monde, dans la nature, dans chaque être qui vibrait et brillait. Quand cette chose s'exprimait, l'inspiration te trouver. Quand un être s'illuminait, tu trouvais cela beau. Alors, c'était peut-être seulement la vie que tu trouvais belle.
" Je comprends. Créer change quelque chose en moi également. Je ne saurais dire quoi. La beauté ? Je crois que j'aime la différence. Je veux dire, ce qui fait que chaque être est lui-même. Que rien n'est identique. Quand ce je ne sais quoi se révèle et s'exprime, je trouve ça beau."

" Tu veux voir mes croquis ? Je... Je dois les avoir dans mon sac. " Tu ne les avais montrés à personne à part ton ancien professeur. Les Dames Guipure en avaient certainement aperçu un ou deux traîner lorsque tu étais avec elles, mais c'était tout. Parfois, tu regrettais de n'avoir personne à qui les monter. Un avis extérieur sur ton travail pouvait être bénéfique. Avec une certaine appréhension, tu lanças un "Accio" afin de récupérer ton sac et de fouiller dedans. Une petite partie de toi espérait que tu l'ais oublier. Si tu savais cela impossible, tu ne savais pas si tu étais prête à affronter la critique. Tu attrapas tes deux carnets et soupiras comme si cela te demandait un effort surhumain de les tendre à ton ami.

" Le premier, c'est celui dans lequel je range mon inspiration. Ou du moins, j'essaie de la garder... " Il y découvrirait un joyeux bordel. Tu ne voyais pas d'autres mots pour décrire l'intérieur de ce carnet. Photos, dessins, matières, couleurs, fleurs séchées... Il y avait de tout, absolument tout. " Et, ici, ce sont mes croquis... J'en ai réalisé certains que tu m'as peut-être déjà vu porter... " Que dire de plus ? Que la plupart était pitoyable ? Qu'aucune pièce n'était parfaite. Que tu avais un réel problème d'exigence ? Tout ça, tu le savais et ce n'était pas bien compliqué de le deviner.

Toi ? Amoureuse ? Jamais. Pourtant, tu étais persuadée, qu'un jour, plus ou moins lointain, tu trouverais le besoin d'être aimé. Ce jour-là, tu ferais ce que beaucoup finissent par faire : tu te marierais. Le pire serait que tu essaierais d'aimer. Par acquit de conscience ou par réelle envie d'aimer. En l'état actuel des choses, tu ne t'imaginais pas amoureuse. Tu finirais certainement par te lasser et divorcer. Cela ne te ferait ni chaud ni froid puisque l'amour n'aurait jamais existé...
" Si je tombe amoureuse un jour, j'espère être en capacité de ne pas briser la personne en question. "

Oui, tu avais répondu à côté. Cela t'arrivait parfois, assez souvent pour être honnête. Tu avais vu les ravages de l'amour. Tu savais qu'aimer, c'était souffrir et faire souffrir. Ta mère souffrait, tous les jours, depuis son départ. Et, si tu aimais laisser penser les gens que tu étais comme ton géniteur. Que tu préférais faire souffrir. Tu connaissais la vérité. Le jour où tu serais sincèrement et profondément amoureuse, tu préférais mille fois souffrir que faire souffrir. Ta conscience ne le supporterait pas. Certains pourraient y voir une étrange forme d'égoïsme, mais tu t'en moquais éperdument. Ton choix était fait, et ce, depuis bien longtemps.

Cinaed réfléchissait et une chose dans son expression faciale te fit dire que tu n'aimerais sans doute pas la pensée qui venait de traverser son esprit. Pourtant, ce fut plus fort que toi, tu posas la question.
" Quelle est la pensée qui vient de rider ton visage ? " Tu n'avais jamais pu poser une question comme les autres. Il avait fallu que ta mère te donne le goût de la théâtralité. Tu n'avais jamais su si tu devais la remercier ou non pour cela. C'était ainsi et ça n'avait pas prévu de changer.

Le mouvement de Cinaed te surprit. Tu aurais dû t'y attendre puisqu'il ne tenait pas en place, mais il s'était complétement redressé face à toi. Qu'est-ce que tu avais pu dire ou faire ? Quelle pensée l'habitait à cet instant ? Il te regardait. Tu fis de même. Puis, tu compris. Lorsqu'il t'attira à lui, tu n'opposas aucune résistance, bien au contraire. Ce besoin incandescent prenait le dessus comme à chaque fois lors de vos discussions. Un jour, il y cédait en premier et le jour suivant, c'est toi qui ne pouvais y résister.

Tu lui rendis son baiser, déposant ta main sur sa joue comme pour lui signifiait que tu ne l'abandonnerais pas. Il ne le savait pas, mais ayant vécu un abandon, tu ne souhaitais cela à personne. Dans cette relation, tant amicale que charnelle, ce ne serait pas toi qui partirais. Tu avais appris que chaque chose avait une fin et que s'attacher était une erreur. Alors, tu profitais simplement du moment, parce que, pour ça, tu étais douée.

Tu te laissas basculer en arrière. Tes yeux plantés dans les siens. Tu n'avais pas besoin de plus et pourtant à ce moment précis tu aurais voulu tellement plus. Ton bras se souleva de lui-même pour permettre à ta main de retrouver les boucles de ses cheveux. Ta poitrine se gonfla. Tu venais de prendre une grande inspiration. Tu n'avais jamais compris pourquoi, dans ces moments-là, l'oxygène se faisait rare. A cette distance, tu ressentais sans aucune difficulté chaque variation d'émotions. Son âme s'exprimait à travers son regard. Tu lisais dans ses yeux les mots qui ne franchiraient jamais ses lèvres. Et, dans un silence absolu, tu lui souhaitais de la trouver, cette liberté et cette indépendance dont il rêvait tant.

Et comme tout à une fin, Cinaed vient s'écraser dans tes bras comme un enfant à qui l'on aurait joué une mauvaise blague. D'instinct, tu refermas tes bras sur lui. Pour le garder près de toi, le temps de retrouver tes esprits. Lorsqu'il commença ses jérémiades, un sourire rieur étira tes lèvres. Lorsque tes yeux rencontrèrent à nouveau les siens, et que ses paroles atteignirent tes oreilles, tu rougis légèrement. Pour contrebalancer ce rougissement, ton sourire devint enjôleur.
" De ce côté-là, il ne sera jamais à ma hauteur. " Sur ces belles paroles, tu pris ce qu'il t'avait fait miroiter quelques instants plus tôt et qu'il t'avait retiré tout aussi vite : ses lèvres.

Après ce baiser tant attendu, tu repris ton sérieux. Cinaed allait passer un sale moment, c'était une réalité. Et, heureusement pour toi, lorsqu'il verrait Ewan, tu ne serais plus dans les parages. Tu espérais seulement qu'Ewan n'aurait pas une mauvaise image de toi. Ce serait trop bête, même si tu ne l'avais jamais rencontré, ton ami tenait vraiment à lui alors cela devait être une bonne personne.
" Tu sais, je pense qu'Ewan est bien plus sage que nous deux réunit. Tu devrais peut-être écouter une partie de ce qu'il te raconte. "


@Cinaed Wallace, aucun souci.
C'est parfait comme toujours. <3

7 année RP, Couleur : #800080, L'Atelier Mode
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8 nov. 2025, 11:44
Semper fidelis  L.M   PNJ   ++ 
Un pouce passant sur le bout de ses ongles pour s'occuper les mains, Cinaed fit une moue boudeuse à la proposition de l'autre. J'crois qu'ils en ont, mais... Un cocktail ? Les cocktails c'était pas vraiment de l'alcool. Il en buvait, évidemment et il les aimait bien la majorité du temps avec toutes les saveurs sucrées qu'ils dégageaient sur sa langue mais aucun cocktail ne valait un bon verre de whisky. Il aurait été moins choqué si Talya avait refusé sa bière pour un véritable alcool, mais y préférer les cocktails ? C'était cher, parfois le double du prix d'une pinte et pour autant, l'alcool contenu dans les verres ne vous brulaient pas la gorge. S'il avait eu envie de dépenser autant son argent dans un bar, il se serait choisi le meilleur whisky de la carte. Un Ecossais, évidemment. Madame, vous êtes bien trop distinguée pour un rustre simplet tel que moi s'exclama-t-il vivement, prenant une voix délibérément aiguë. Cela dit, ça lui allait bien, à l'autre. Elle avait totalement le physique de quelqu'un qui puisse s'asseoir au bord d'un bar, un joli verre coloré dans la main. Et elle devait faire des ravages avec cette image d'elle quand elle sortait. L'étudiant l'aurait bien vu dans une pub d'alcool, ou de parfum, d'ailleurs.

Mais, au final, elle était là. Allongée dans son lit, écrasée par le poids d'un idiot alors qu'elle aurait pu avoir largement mieux. Mais peut-être - sûrement, même - qu'elle ne désirait pas mieux tout comme lui ne désirait rien de sérieux. Chercher mieux ça signifiait s'impliquer dans quelque chose, et Talya était comme lui. De toute façon, et pour être parfaitement honnête, le fait qu'elle se contente du fond du panier lui allait très bien. Passer du temps avec une femme de son calibre sans parler mariage, enfant et héritage d'une grosse société, c'était fou.

Cinaed blotti son visage contre la main qui lui caressait la joue, les yeux mi-clos. Et il observa. Talya était belle quand elle parlait d'art, du monde qui les entourait et quand elle le comprenait. Elle était magnifique et Cinaed se sentait étrangement intime avec elle, comme s'ils partageaient bien plus que n'auraient pu partager deux véritables amants. L'amour, ça gâchait tout de toute façon. Eux, et tout ce qu'il se passait entre eux, ça ne serait jamais gâché par des sentiments qui foutraient tout en l'air. Il pouvait apprécier sa compagnie et le fait que sa main le faisait fondre sans arrière pensée.

Le brun continua d'observer l'autre alors qu'elle parlait. Son regard se porta sur l'arête de son nez, le creux de ses joues et ses lèvres qui s'enroulaient sur chacune des syllabes que sa voix faisait porter dans le silence de la pièce. Il lui fit un sourire calme et finit par se concentrer sur ses paroles. Peut-être qu'elles étaient aussi jolies que son visage. Tu as déjà trouvé quelque chose de laid, toi ? Cinaed, lui, il n'était pas sûr. Enfin, pas quelque chose de physique. Il trouvait laid certaines réflexions et certains sentiments mais les objets, les corps et la nature ? Jamais. Chaque chose était magnifique dans sa façon d'être en vie, que les animaux soient difformes ou les corps minces et athlétiques. J'crois que si tu trouves du beau dans tes voyages, ce serait dommage d'arrêter un jour. Y'aura toujours du beau à voir quelque part et que tu auras loupé. Il attrapa sa main, croisa ses doigts dans les siens avant de la relâcher avec un fredonnement content. Je veux continuer à te voir créer jusqu'à la fin de ma vie. Ce que tu as dans les doigts, ça ne doit jamais s'éteindre sinon... Tu serais plus vraiment toi, j'crois.

Il ne dit rien par la suite, se contentant d'hocher la tête. Talya comprenait, comme lui, que la beauté résidait dans l'âme des choses. C'était uniquement par cette âme qu'ils pouvaient devenir laid, parce qu'il n'y avait rien de plus horrible que de briser cet amour de la vie dans les yeux de quelqu'un en étant foncièrement mauvais. Idiot. Méchant et laid à l'intérieur.

Le brun n'eut pas besoin de répondre à la question concernant les croquis que Talya les sortait déjà, pour son plus grand plaisir. Les yeux pétillants, il se pencha par dessus les pages pour en admirer tous les traits de crayon. Un sifflement admiratif passa la barrière de ses lèvres et, avec un sourire, il écouta son amie lui expliquer à quoi servait ses carnets. Il les feuilleta avec une extrême révérence comme si le moindre faux mouvement pouvait les faire disparaître, eux et tout ce qui faisait de Talya celle qu'elle était. Passant quelques secondes sur chaque page, à admirer son fil de pensée et les idées qui dégorgeaient sur les feuilles, il eut envie de se blottir entre les feuilles pour ne jamais quitter ce petit monde d'art et d'inspiration. Il sentait qu'il y vivrait bien. Quelle chance elles avaient, toutes les couleurs qui s'y trouveraient pour l'éternité. Une vie entourée de fleurs et de l'essence même de l'art. Cinaed en était presque jaloux.

Il referma les carnets quand Talya reprit la parole, le regard soudain lointain. Je pense que je briserais toujours les gens avec moi. Dit-il simplement, un peu trop sèchement peut-être avant de se reprendre avec un sourire. Il agita la main, comme pour signifier à l'autre de ne pas faire attention à ce qu'il avait dit et enterra la réflexion au fond de son esprit. Elle avait toujours été là, de toute façon et il n'avait jamais pensé différemment de lui-même. Cinaed Wallace n'était pas fait pour aimer et chérir les gens. Il était un trou noir qui finissait par engloutir toutes les bonnes personnes qui le suivaient. Un jour, il engloutirait Ewan aussi. Mais ce n'était pas grave, parce que de cette façon, son meilleur ami resterait à jamais avec lui et Cinaed ne serait jamais seul. C'était probablement la chose qui lui faisait le plus peur au monde, même s'il aurait volontiers caché la vérité si on la lui avait demandé.

Décidant d'oublier ce petit détail, il se contenta de rendre son baiser à Talya avant de se blottir à nouveau contre elle. Ses lèvres étaient douces comme une berceuse, et ses bras comme une ancre. Les deux jeunes adultes étaient tantôt sérieux, tantôt enjôleurs pour cacher ce qui se passait dans leur petite tête mais après que Cinaed ait ri un S'il avait les mêmes, je crois que je pourrais plus le regarder dans les yeux le silence reprit sa place, emmenant avec lui cette ambiance plus intimiste et calme. Le futur ébéniste la brisait toutes les quelques minutes pour ne pas sombrer entièrement dedans. C'était un peu une défense, parce qu'il savait parfaitement que plonger dans ses pensées jusqu'à la taille le ferait s'y enfoncer bien plus profond qu'il ne le souhaitait. Il n'avait pas envie de réfléchir plus que de nécessaire à tout ça, malgré son cerveau qui le poussait dans cette direction depuis la dispute avec Charlie. Cet idiot avait foutu le bordel dans sa tête et maintenant l'âme de Cinaed avait envie de réfléchir sur elle-même.

Ewan est... commença-t-il avant de s'arrêter. Il fronça le bout du nez, les lèvres pincées. Exprimer tout ce qu'était Ewan en quelques mots lui semblait impossible. Il aurait pu parler de lui pendant des semaines de suite sans jamais s'en lasser. Ewan est magnifique à l'intérieur. Plus que tout l'univers réunit. Il fit une nouvelle moue boudeuse avant de se recroqueviller un peu plus contre Talya après avoir glissé sur le lit à côté d'elle. Il attrapa à nouveau une de ses mains pour jouer avec et prit une longue inspiration. Au fond, je sais qu'il a raison. Si j'étais aussi bien que lui, et si je faisais comme il me disait, alors... bah, je serait quelqu'un de très beau à l'intérieur aussi.

Mais il n'en avait pas envie, parce qu'il préférait avoir ses instants de laideurs tant que cela lui permettait d'être libre. Personne n'attacherait Cinaed Wallace, et si les gens devaient finir par être blessés alors c'était leur problème. Tant qu'Ewan restait avec lui, tous les autres pouvaient fondre dans un amas de douleur et de tristesse et ça lui serait bien égal. Être une bonne personne, du moins pour lui à cet instant de sa vie, ça équivalait à faire trop de sacrifice pour que tout le monde soit content. Que les gens pleurent, hurlent, se brisent le coeur tant que lui, il pouvait avoir ce qu'il voulait. C'était comme ça que le monde fonctionnait, et il n'y avait que Ewan qui puisse faire l'inverse sans que Cinaed trouve ça idiot. De toute façon, Ewan pouvait être aussi gentil qu'il le voulait parce que s'il ne savait pas être méchant, c'était pas grave. Cinaed était là pour ça.

1472.

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8 févr. 2026, 17:48
Semper fidelis  L.M   PNJ   ++ 
Cin n'avait pas l'air de comprendre ta question. Son air dubitatif t'arracha un sourire. Tu aimais surprendre. Ne pas rentrer dans les cases. Que les gens se demandent quel serait ton prochain choix. Être imprévisible. Cette forme de mystère était attirante, séduisante. Une véritable attraction. Alors, lorsque ton compagnon de beuverie s'exclama pour souligner ton élégance et vos différences, ton rire retenti dans la pièce. Élégante, charmante, envoûtante, tu l'étais. Tu le savais et tu ne t'en cachais pas. Tu en jouais régulièrement. Après tout, c'était un cadeau de la vie et un cadeau ça ne se refusait pas.

Un rustre simplet tel que lui. Décidément, Cinaed n'avait aucune idée des ravages qu'il faisait sur son passage. Même sa rupture ne lui avait pas ouvert les yeux à ce sujet. Pourtant, il devait bien se douter qu'il avait quelque chose que les autres n'avaient pas, sinon jamais tu n'aurais posé ton regard sur le ce fameux soir. En y repensant, tu tournais au whisky le soir de votre rencontre. Cette boisson était un véritable cadeau des dieux, mais tu avais rapidement compris que ce cadeau était à double tranchant. Voilà pourquoi désormais, tu n'en buvais que dans certaines circonstances, pour certaines occasions, et une soirée avec l'homme en face de toi ne remplissait absolument pas les critères imposés.
" Penses-tu vraiment qu'un simple rustre comme toi, m'aurez ainsi à ses côtés ? Et, en ce qui concerne le cocktail, je pense que tu me préfères en pleine possession de mes moyens. " Un petit clin d'œil charmeur avait accompagné ta dernière phrase. Comme pour sceller une promesse silencieuse.

Derrière ton attitude désinvolte, les paroles de Cinaed t'avaient atteinte. Tu savais que ton rang ne te permettrait pas de jouer ainsi toute ta vie. Que même sans être une sang pur, tu devrais bientôt arrêter toutes ces sorties et rencontres pour rentrer dans le moule. Pour respecter les exigences des gens fermés d'esprit qui compose la société. Tu détestais ce monde, où le paraître prenait toute la place. Pourtant, ce que tu détestais par dessus tout, ce n'était ni l'étiquette, ni les diverses soirées guindées auxquelles tu te devrais d'assister. Non, ce que tu détestais vraiment, du plus profond de ton âme, c'était la partie de toi qui était lucide sur ton avenir. Cette petite voix dans ta tête qui te soufflait qu'au fil du temps, tu deviendrais comme eux. Cela tu ne pouvais pas le supporter.

Ton ami changea de position pour se rapprocher de toi. Tu fus presque surprise que cela soit encore possible puisqu'il était déjà étalé de tout son long sur toi. Cependant, lorsque sa tête vint s'appuyer contre ta paume et que tu croisas son regard d'enfant, tes pensées négatives s'envolèrent aussi vite qu'elles étaient arrivées. Tu ne l'aimais pas. Du moins pas de cette manière. Il avait pris une place étrange dans ta vie. Comme si vous étiez liés par un fil invisible. Comme si vous veniez tous deux d'une autre planète. Votre vision de la vie se complétait sur bien des points. Tu ne l'aimais pas. Mais plus tu passais de temps à ses côtés, plus ton âme s'apaisait. Tu étais moins en colère, moins irritable, moins sarcastique.

Sa phrase te coupa. Trouver quelque chose de laid ? Elle venait d'une famille d'artiste. Une famille qui trouvait de la beauté même dans ce que le commun des mortels décrivait comme hideux. Alors, la réponse qu'elle s'apprêtait à donner aurait dû être négative. Pourtant, deux réponses lui parvinrent simultanément. Non seulement aucune des deux n'était négative, mais en plus, elle n'aimait aucune des deux.
La première chose, personne, à laquelle elle avait pensé, était son père. Physiquement, il n'était pas laid. C'était même tout le contraire. Chaque photo, chaque souvenir, prouvait qu'il était beau. Pourtant, il avait abandonné sa famille, abandonné sa femme, son âme-sœur, et abandonné sa fille dans le seul but de poursuivre un rêve impossible. Les autres peuvent bien en penser ce qu'ils veulent, c'était inacceptable à tes yeux. Inacceptable, odieux et laid. Tellement laid...
La seconde réponse qui avait traversé ton esprit, te donner envie de vomir. C'était toi. Physiquement, le constat était le même que pour ton père, la nature t'avait gâté. Mais à l'intérieur... Tu te laissais ronger par la haine que tu portais à ton géniteur. Tu faisais taire tes pensées à l'aide de bouteille de whisky et de cigarette. Tu étais incapable de comprendre et de pardonner ta mère. Était-ce de la laideur ? Tu n'en savais rien, mais à tes yeux, cela s'en rapprochait un peu. Alors, qui étais-tu pour juger les autres si toi-même, tu n'étais pas belle ?

Incapable de donner une réponse convenable, tu préféras garder le silence. Ton corps profita de ce moment de faiblesse pour te trahir et échapper à ton contrôle. Une larme se forma dans le fond de tes yeux brillants. Avant que tu n'aies eu le temps de t'en apercevoir, cette dernière roula sur ta joue, entraînant une seconde larme dans sa chute. Deux choix s'offraient désormais à toi : sécher le produit de la traîtrise de ton corps ou les laisser dévaler tes joues, espérant vainement que Cin ne remarque rien. Tu choisis l'option numéro deux, sans grande conviction, te concentrant plutôt sur les paroles de la personne à tes côtés.

C'était beau. Il était beau. Voyager et créer jusqu'à la fin de ta vie. C'était la seule chose dont tu étais certaine. La raison de cette conviction était bien simple, c'étaient les deux seules choses qui te gardaient en vie. Les deux seules choses qui faisaient vibrer ton âme. Les deux seules choses qui t'empêchaient de sombrer dans la laideur.
" La fin de ta vie... C'est dans un long moment encore... Je te le promets. " Tu avais murmuré ces mots, d'une voix tremblante qu'on ne te prêtait pas souvent. Tu avais formulé une promesse. C'était une chose sacrée, et tu le savais mieux que personne. Brisée, tu fermas les yeux, dans l'espoir de réussir à reprendre contenance.

Heureusement, la discussion reprit sur tes croquis. Le sifflement admiratif qui s'échappa des lèvres de l'artiste à tes côtés gonfla ton ego tandis que tes pommettes prirent une légère teinte rose. Parenthèse rapidement refermée puisque la conversation revint sur l'amour et la capacité de certaines personnes à briser, plus ou moins malgré eux, les âmes qui les entourent.

Tu n'étais pas d'accord avec Cin. La preuve, il ne t'avait pas brisé. Tu n'avais pas eu besoin de lui pour l'être. Au final, tu n'étais peut-être pas le meilleur exemple. Mais il n'avait pas brisé Ewan. Si tu t'apprêtais à le lui faire remarquer, tu te ravisa en voyant son signe de la main et l'air abattu qu'avait pris son visage. Tu détestais le voir ainsi. Tu préférais son sourire, son air enfantin, mi-espiègle, mi-niais. Tu préférais le voir créer. Voir ses yeux briller lorsqu'il évoquait son travail et sa passion. L'entendre parler d'Ewan comme de la meilleure chose qui ne lui soit jamais arrivé. Sentir ses pensées s'enraillait quand il posait son regard sur toi.

C'était d'ailleurs ce qui était en train de se produire. Ses lèvres vinrent rencontrer les tiennes et tout en gardant la main dans ses boucles désordonnées, tu lui donnas les deux seules choses que tu pouvais lui offrir en cet instant. Ni amour, ni sécurité. Simplement passion et liberté.
Après quoi, le silence reprit possession de la pièce. Chacun était bien trop occupé à essayer de repousser ses sombres pensées tout en sachant pertinemment qu'ils n'avaient aucune chance de réussir.

Tu t'étais enfoncée bien loin dans ton âme quand le silence fut brisé. Ne sachant pas si tu étais reconnaissante que ton ami t'ai arraché à tes démons, tu entrepris de l'écouter. Tu ne pourrais peut-être rien pour lui, mais s'il avait besoin d'être écouté, tu serais là. Ewan... Tu avais l'impression de le connaître tellement Cin en parlait. Tu devais bien avouer qu'il t'intriguait autant qu'il t'impressionnait. Si tu te fiais aux dires de ton ami, c'était une personne unique et belle en tout point. Une personne que tu ne pourrais aimer correctement pour la simple raison que ta mère était ainsi. Belle, pure, sensible, honnête...

Le problème lorsqu'une de ces personnes entrait dans votre vie, c'était qu'elle vous rappelait inlassablement que vous n'étiez pas à la hauteur. Sans en avoir conscience bien entendu, mais pour l'être moins bon, moins beau, se satisfaire de soi devenait compliquer, voire impossible. Comment rivaliser avec des êtres parfaits ? Alors oui, la perfection n'existe pas, mais subjectivement, chaque personne en ce monde trouve quelqu'un parfait. Pour Cin, c'était Ewan. Et dans les moments de doute sur sa valeur personnelle, une présence tierce, et amicale de préférence, était souvent d'une grande aide. C'était exactement ce que tu comptais être pour Cin, la personne qui lui rappelait sa valeur, sa beauté.


" Cela signifie que je suis bien laide également... " Après avoir marqué une petite pause, tu attrapas le visage de Cin entre tes mains, plantas ton regard dans le sien et tout en caressant sa joue, tu ajoutas quelques mots." A mes yeux, tu brilles. Je sais que mon regard n'est pas aussi important que celui d'Ewan pour toi, et je ne prétend pas l'être, mais soit plus indulgent avec toi-même. Tu es beau, bien plus que la plupart des gens qu'il m'ait été donné de rencontrer. "



@Cinaed Wallace, ces deux âmes me font pleurer <3

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22 mai 2026, 05:03
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Il envoya un énième sourire à l'autre, agrémenté d'un petit rire à sa réponse. Il pensait, en effet, que c'était son petit côté rustre, ce côté qui se fichait du monde et de comment il tournait quand il ne tournait pas pour lui, qui avait attiré Talya. Au moins, en partie. Il n'était pas idiot, l'étudiant. Il savait que c'était ce qui faisait une grosse partie de son charme et qui, d'un côté, faisait de lui un artiste dans l'âme. C'était bien parce qu'il se fichait de ce que pensaient les autres et parce qu'il vivait sa vie en creusant son propre chemin à travers les montagnes qu'on disposait devant lui qu'il arrivait à voir la beauté là où elle était difficile à percevoir. Et c'était cette qualité qui avait séduite Talya, ça et son sourire charmeur. Et son humour à tomber par terre parce que l'écossais savait qu'il était drôle, tout comme il savait qu'il plaisait aux autres.

Mais il restait aussi très au fait qu'il était un abruti sans manières. Je pense que ça ajoute un peu d'épices, c'est ça qui est sympa. Non ? demanda-t-il avec un sourire amusé, presque goguenard. Il roucoula à la fin de la phrase de la jeune femme, le regard soudainement très intéressé par tout ce qu'elle avait prévu et qui impliquait de ne pas voire de cocktail. Je te préfère qu'importe comme tu es dit-il finalement en jouant avec une des mèches de cheveux mais quand tu es en pleine possession de tes moyens, je suis certain de pouvoir t'émerveiller. Ajouta-t-il avec un haussement de sourcils révélateur de ses intentions.

Oui, il était évidement pour Cinaed que Talya appréciait autant passer du temps avec lui parce que ça la faisait sortir de sa zone de confort, en plus du fait que les deux âmes se comprenaient presque parfaitement. Lui aussi, quand il était plus jeune, avait apprécié se rouler dans l'herbe essentiellement parce qu'il savait que ça ferait criser ses parents et parce qu'il n'en avait pas eu le droit. L'interdit, c'était toujours intéressant. Ca donnait envie, ça faisait palpiter quelque chose au milieu de notre poitrine. Cinaed était le près plein d'herbe de Talya. L'interdit qui rendait tout ce qu'ils faisaient bien plus palpitants. Et puisqu'ils avaient également de bonnes conversations et qu'ils pouvaient discuter de l'Art avec un grand A, cette discipline que peu de gens comprenaient avec le même regard qu'eux, pourquoi s'en priver ?

Il ne finirait jamais sa vie avec Talya, ne se rangerait pas avec elle comme elle finirait par devoir le faire à moins de s'enfuir de toutes les injonctions qui pesaient sur ses épaules. Elle le savait, et Cinaed se doutait bien que c'était pour cette raison qu'elle se sentait si libre à ses côtés. Surtout, elle savait que Cinaed Wallace avait abandonné l'idée d'être bien vu par la société, alors il devait être un petit espoir de pouvoir, elle aussi, le faire un jour.

Il fit courir son petit doigt sur le nez de son amie, une caresse toute douce qui suivit l'os jusqu'à ce qu'il pose son doigt sur ses lèvres, le regard perçant et fixé dans celui de son amante. Une promesse est une promesse. Rappela-t-il avant de passer une main à l'arrière de sa nuque pour la tirer vers lui et plaquer ses lèvres sur les siennes. Il lui offrit un baiser ravageur qui ne laissa aucune place au doute, comme pour sceller correctement la promesse qu'elle lui avait faite. Et, aussi, la promesse que lui aussi lui faisait parce qu'il ne pouvait pas lui demander de créer jusqu'à la fin s'il ne décidait pas de la suivre dans ce chemin.

Alors que Talya reprenait la parole, Cinaed se dégagea de ses mains et se redressa. Il dégagea les carnets et croquis qui s'étaient étalés sur son lit durant leur discussion. Et puis, il se tourna à nouveau vers son amie, le visage sérieux. Il l'observa, elle et tout ce qu'elle était, tout ce qu'elle avait été et serait pour lui.

Finalement, il grimpa à nouveau sur le lit, chaque genoux placé de part et d'autre des jambes de Talya. Appuyé dessus, il lui évitait de recevoir tout son poids sur les genoux et aussi de ne pas avoir de Cinaed blotti sur elle comme un enfant de 4 ans. Je me fiche de si tu es laide ou non, tout comme tu ne vois pas ça en moi. Talya se trouvait laide, tout autant que Cinaed et pourtant, aux yeux de l'autre, ils n'étaient rien d'autre qu'un sentiment de liberté. La sensation de vent dans les cheveux, la brise marine qui vous réveille le matin au bord de mer et le soleil qui vous réchauffe la peau. Moi, je te trouve aussi magnifique que quelqu'un puisse l'être. chuchota-t-il doucement contre ses lèvres. Au diable les autres, ils peuvent bien penser ce qu'ils veulent. ajouta-t-il alors qu'il passait ses mains sous le haut de la jeune femme, laissant ses paumes reposer délicatement dans le creux de ses reins. Des paumes abimées contre une peau qui semblait plus douce que la plus belle des soies. Le gens de contact qui donne la sensation d'être interdit, et qui en dévient véritablement grisant pour cette même raison. Une main abimée sur une peau totalement pure, ou qui semblait l'être.

C'était comme toucher une œuvre d'art avec la sensation qu'on faisait quelque chose de mal, qu'on salissait une création merveilleuse mais punaise, qu'est-ce que c'était agréable. Une vague intérieure qui rappelait qu'on avait le droit de faire ce qu'on voulait, de prendre ce qu'on voulait de la vie et de laisser le reste à ceux qui se contentaient de récupérer les miettes. Cinaed était comme ça : il prenait et prenait, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien qui l'intéresse, et il se fichait bien des miettes qu'il laissait derrière ou même de si elles étaient suffisantes pour les autres. Dans son esprit, les autres n'avaient qu'à se battre pour récupérer ce que Cinaed finissait par garder pour lui. Et, tant qu'ils ne le faisaient pas, alors Cinaed gardait tout pour lui.

Reste ce soir, 'kay ? susura-t-il sans quitter la jeune femme des yeux. Un jour, quelqu'un d'autre se battrait pour Talya et pourrait l'admirer avec autant de révérence que Cinaed. Mais ce jour n'était pas arrivé et l'étudiant savait se montrer égoïste.

1061

Fin du RP pour moi sauf si tu veux qu'on continue sur quelque chose d'autre !

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