Miðsumar - Dans l'abîme du jour
Avec @Aelle BristyleJustification de l'utilisation de mon PNJ sans PJ : Arlene est chercheuse en sortilège et le personnage d'Aelle cherchait un stage dans ce domaine. On trouvait ça plus captivant de RP à deux plutôt que seul chacun de notre côté. Je développe ainsi le côté solitaire d'Arlene et son travail mais aussi le développement de son mal qui va influencer la vie de Lance à partir de sa troisième année. Et de l'autre côté le personnage d'Aelle peut effectuer son stage sans être obligé de créer un PNJ supplémentaire.
Arlene Howard,
42 ans,
L'utilisation de ce PNJ (validé ici) sans mon PJ se fait dans le cadre de la règle d'exception :
RP 1/3 de l'utilisation sans PJ de mon PNJ validé en présence de Lance Blacksword pour l'année 2024/2049.
Juin 2049,
La veille du départ, encore en Angleterre...
Un soleil magnifique surplombait la région de l'Hampshire, bombardant la ville de Winchester de ces rayons flamboyants. A l'ombre des grands arbres, à l'abri derrière les vieilles pierres qui constituaient la maison, Arlene triait ses parchemins en soupirant. La sorcière se pinça le haut du nez et ferma les yeux un instant, s'efforçant tant bien que mal de chasser les lumières qui dansaient dans sa vision. Ces maux de tête ne l'aidaient pas à se concentrer. Par chance, ces deux rejetons semblaient être absents de la demeure pour le moment et la mère put enfin prendre le temps d'achever les préparatifs du voyage qu'elle s’apprêtait à effectuer.
Affaissée sur son bureau, la sorcière se passa la main sur le visage une dernière fois avant d'observer les manuscrits qui recouvraient son bureau. Il y avait du tri à faire et c'était pour son plus grand déplaisir. D'un coup de baguette rageur, elle ferma les rideaux afin d'apaiser le début de migraine qui martelait son crâne depuis ce matin.
Sous ses yeux, quelques cartes tracées par d'anciens sorciers originaires de l’Islande s'étalaient au nez et à la vue de tous, affichant fièrement les noms à rallonges parsemés d'accent curieux si caractéristiques de cette l'île. Le papier, roussi par les âges, était orné d'enluminures monstrueuses représentants les créatures et légendes auxquelles croyait le cartographe, Abraham Ortelius.
Un œil profane pourrait prendre le papier pour une carte fantastique tracée de la main d'un auteur à l'imagination débordante. Pourtant, le fournisseur d'Arlene l'avait assuré son authenticité. Au nord-ouest on pouvait reconnaître les nobles fjords formés par des glaciers antédiluviens ayant lentement glissé le long des vallées de l'île. A l'est, on pouvait également y reconnaître les amas de glace empruntés par les ours polaires afin de rejoindre une terre plus riche en nourriture pendant les périodes estivales. Enfin, au milieu de l'île, une gueule rocheuse vomissant des langues de flammes et de fumée noire accompagnée d'une annotation "Hekla perpetuis damnata estib et ni uib horrendo boatu lapides vomit" représentait certainement l'un des nombreux volcans actifs de l'île.
Arlene souffla à voix basse : "Hekla éternellement damnée..." Voilà qui était rassurant. Mais il fallait se mettre à la place des contemporains du cartographe lorsqu'on observait un volcan en éruption et les paysages désolés qui les accompagnent. C'était épouvantable. Comment ne pas faire le rapprochement entre ce qu'on contemplait et l'infernale demeure de Satan lorsque la terre vomissait littéralement l’apocalypse en déchainements de flammes et de roches en fusion sur les villes et campagnes des hommes.
Quittant ses rêveries effrayantes, Arlene délaissa la carte sur son bureau pour se saisir de son autorisation de voyage. Le papier, bien trop important pour être stocké dans son sac sans-fond, finit dans une poche de sa cape. Celle-ci semblait d'ailleurs déjà contenir quelque chose. Contrariée d'avoir pu oublier quelque chose dans son vêtement, la sorcière sortie le contenant afin de l'identifier. Une autre autorisation de voyage pour... Aelle Bristyle. Une évidence frappa alors l'adulte. Elle n'avait pas prévenu sa stagiaire de leur départ. Ou était-elle d'ailleurs ?
Arlene jura silencieusement contre elle-même. Elle l'avait oubliée. Espérons que l'étudiante n'était pas tombée sur l'un de ses garçons car si c'était le cas, il y avait une chance sur deux que ça finisse mal. Heureusement, ce fut Lance qui sembla être tombé sur elle car l'enfant l'avait guidé jusqu'à l'entrée avant de retourner à ses occupations. Il faut dire, creuser la terre du jardin avec un bâton pour trouver des insectes qui n'existent pas était bien plus intéressant que d’interagir avec les collaborateurs de sa mère. Par la grâce de Merlin, le cadet était bien plus poli que son aîné.
Arlene rejoignit alors l'entrée pour faire signe à Aelle de la suivre dans son bureau. Pour son premier jour, la jeune fille n'aurait pas grand-chose à faire. Il ne manquait plus qu'à la prévenir de leur départ le lendemain et d'être à l'heure pour le portoloin ! Et de préparer des affaires...
Troisième année - 14 ans - Préfet de Gryffondor - Couleur>8f3232
Miðsumar - Dans l'abîme du jour
Juin 2049
1ère année à l'AESM
La grande capuche que j'ai tirée sur mon front et ma cape imperméable me paraissent de trop lorsque j'apparais devant la maison d'Arlene Howard. Je me sèche d'un coup de baguette, effaçant les traces dégoulinantes de la pluie diluvienne qui m'est tombée dessus lorsque j'ai quitté l'Académie il y a quelques minutes. Ici règne un splendide soleil d'été qui me force à plisser les yeux, la main en casquette sur le front pour pouvoir observer la maison qui se dresse fièrement à quelques mètres de moi. Les oiseaux piaillent et volent d'une branche à l'autre dans les arbres qu'arbore le domaine. La brise fraîche fait danser les brins d'herbe, me rappelant les étés apaisés passés le jardin de la maison de ma famille.
Voici venir l'un des moments les plus importants de ma vie ; n'est-ce pas un grand moment que de vivre sa première expérience professionnelle ? Si. Peut-être. Je ne sais pas trop, à vrai dire. Je ne me sens ni particulièrement joyeuse ni impatiente. Arlene Howard est une chercheuse intéressante, je ne l'aurais pas choisie dans le cas contraire. J'aime ses travaux que je trouve inspirants et je ne doute pas apprendre beaucoup de choses durant ce mois de stage, mais la femme en elle-même m'a laissé une impression mitigée. Rien d'alarmant, cependant : c'est ce que m'inspirent la plupart des gens que je rencontre. J'ai hâte que nous passions les premières heures, souvent dédiées à de l'administratif et autres questions peu intéressantes, pour nous plonger dans la recherche pure et dure.
À une époque, je me serais beaucoup plus réjouie de ce qui est en train de m'arriver. Mais depuis quelques semaines il n'y a pas grand chose qui me réjouisse. J'ai du mal à garder la tête claire durant les longues journées qui s'étirent à l'infini devant moi. Je peine à me souvenir de la date du jour ou de ce que j'ai fait le matin ou de ce que j'ai appris la veille. Je suis épuisée par mes efforts constant pour maintenir le sortilège noir qui brouille ma mémoire. Enfin... Plus que des efforts, ce sont des échecs ; chacun d'eux pèsent plus lourd que le précédent sur mon esprit.
Je m'avance dans le grand jardin, appréciant l'ombre que les arbres font tomber sur moi. Mon épaule me parait trop légère puisque Zikomo n'y est pas perché, mais nous avons tous les deux convenu que mon lieu de stage n'était pas l'endroit le plus indiqué pour ramener mon compagnon, qu'importe qu'il soit aussi petit qu'une souris. Je suis désespérée, peut-être ; épuisée, peut-être ; frustrée à m'en damner, peut-être ; complètement dépassée — mais bien déterminée à ne pas être autre chose que professionnelle ici, même si je dois travailler plus que la moyenne pour garder mon esprit alerte et pour rester concentrer.
Je traverse le jardin, la main accrochée à la bandoulière de mon sac, me répétant mentalement le titre des recherches de la femme que je vais rejoindre — j'ai passé de longues heures à m'en imprégner mais alors que j'approche de la belle bâtisse je me demande si j'ai vraiment effectué ce travail ou si les souvenirs que j'en ai ne sont que de vieilles réminiscences comme celles que j'ai à longueur de journée.
C'est un garçon qui me cueille avant que je n'ai le temps de me croire perdue. Je baisse mes yeux sombres sur lui et le salue du bout des lèvres. Ma froideur ne semble pas le déstabiliser. Il est chez lui, il sait exactement où je dois aller et m'encourage d'ailleurs à le suivre, ce que je fais malgré moi, agacée que ce que je pense être la mère de ce gamin n'ait pas pensé à m'accueillir d'elle-même. Avoir son bureau chez soi, là où peuvent nous déranger enfants et compagnon... Quelle idée ! Heureusement qu'elle a évoqué durant notre entretien être peu souvent sur place, trop occupée qu'elle est à mener ses recherches parfois jusqu'à l'étranger.
La voilà d'ailleurs qui arrive, après que son gamin de fils m'ait laissé dans l'entrée de l'imposante maison. La femme qui m'apparaît est en tout point semblable à celle que j'ai rencontrée il y a quelques semaines ; il m'a semblé, lors de notre première entrevue, qu'il s'agissait d'une sorcière qui ne s'encombrait pas de mots inutiles et qui ne s'intéressait pas aux sujets futiles qui occupent parfois les conversations des gens. J'ai vu dans la froideur de notre échange une aubaine : nul besoin de chaleur pour effectuer ses recherches et j'aurais de toute manière détesté qu'elle se perde en sourires et en bienveillance inutile. C'est donc d'un hochement poli du menton que je la salue, accompagnant ce geste d'un « bonjour, madame » aussi sobre qu'expéditif, avant de la suivre jusqu'à son bureau.
« Par quoi commençons-nous ? » la questionné-je dès que la politesse me le permet.
J'ôte mon sac de mon épaule et le laisse pendre au bout de mon bras, fière d'avoir pensé à alléger son contenu d'un sortilège avant de partir. Les livres que j'y ai fourrés, les plumes et les nombreux parchemins qui l'accompagnent, sans compter le carnet dans lequel je compte consigner toutes mes découvertes, étaient pour moi le minimum à amener aujourd'hui, même si je n'ai qu'une vague idée de ce en quoi consisteront mes tâches. Mais cela n'importe peu : la seule chose qui m'intéresse, c'est de me plonger dans les recherches que me proposera cette femme, étudier sur le terrain, me plonger dans un sujet et le décortiquer jusqu'à le comprendre de bout en bout.
1ère année à l'AESM
La grande capuche que j'ai tirée sur mon front et ma cape imperméable me paraissent de trop lorsque j'apparais devant la maison d'Arlene Howard. Je me sèche d'un coup de baguette, effaçant les traces dégoulinantes de la pluie diluvienne qui m'est tombée dessus lorsque j'ai quitté l'Académie il y a quelques minutes. Ici règne un splendide soleil d'été qui me force à plisser les yeux, la main en casquette sur le front pour pouvoir observer la maison qui se dresse fièrement à quelques mètres de moi. Les oiseaux piaillent et volent d'une branche à l'autre dans les arbres qu'arbore le domaine. La brise fraîche fait danser les brins d'herbe, me rappelant les étés apaisés passés le jardin de la maison de ma famille.
Voici venir l'un des moments les plus importants de ma vie ; n'est-ce pas un grand moment que de vivre sa première expérience professionnelle ? Si. Peut-être. Je ne sais pas trop, à vrai dire. Je ne me sens ni particulièrement joyeuse ni impatiente. Arlene Howard est une chercheuse intéressante, je ne l'aurais pas choisie dans le cas contraire. J'aime ses travaux que je trouve inspirants et je ne doute pas apprendre beaucoup de choses durant ce mois de stage, mais la femme en elle-même m'a laissé une impression mitigée. Rien d'alarmant, cependant : c'est ce que m'inspirent la plupart des gens que je rencontre. J'ai hâte que nous passions les premières heures, souvent dédiées à de l'administratif et autres questions peu intéressantes, pour nous plonger dans la recherche pure et dure.
À une époque, je me serais beaucoup plus réjouie de ce qui est en train de m'arriver. Mais depuis quelques semaines il n'y a pas grand chose qui me réjouisse. J'ai du mal à garder la tête claire durant les longues journées qui s'étirent à l'infini devant moi. Je peine à me souvenir de la date du jour ou de ce que j'ai fait le matin ou de ce que j'ai appris la veille. Je suis épuisée par mes efforts constant pour maintenir le sortilège noir qui brouille ma mémoire. Enfin... Plus que des efforts, ce sont des échecs ; chacun d'eux pèsent plus lourd que le précédent sur mon esprit.
Je m'avance dans le grand jardin, appréciant l'ombre que les arbres font tomber sur moi. Mon épaule me parait trop légère puisque Zikomo n'y est pas perché, mais nous avons tous les deux convenu que mon lieu de stage n'était pas l'endroit le plus indiqué pour ramener mon compagnon, qu'importe qu'il soit aussi petit qu'une souris. Je suis désespérée, peut-être ; épuisée, peut-être ; frustrée à m'en damner, peut-être ; complètement dépassée — mais bien déterminée à ne pas être autre chose que professionnelle ici, même si je dois travailler plus que la moyenne pour garder mon esprit alerte et pour rester concentrer.
Je traverse le jardin, la main accrochée à la bandoulière de mon sac, me répétant mentalement le titre des recherches de la femme que je vais rejoindre — j'ai passé de longues heures à m'en imprégner mais alors que j'approche de la belle bâtisse je me demande si j'ai vraiment effectué ce travail ou si les souvenirs que j'en ai ne sont que de vieilles réminiscences comme celles que j'ai à longueur de journée.
C'est un garçon qui me cueille avant que je n'ai le temps de me croire perdue. Je baisse mes yeux sombres sur lui et le salue du bout des lèvres. Ma froideur ne semble pas le déstabiliser. Il est chez lui, il sait exactement où je dois aller et m'encourage d'ailleurs à le suivre, ce que je fais malgré moi, agacée que ce que je pense être la mère de ce gamin n'ait pas pensé à m'accueillir d'elle-même. Avoir son bureau chez soi, là où peuvent nous déranger enfants et compagnon... Quelle idée ! Heureusement qu'elle a évoqué durant notre entretien être peu souvent sur place, trop occupée qu'elle est à mener ses recherches parfois jusqu'à l'étranger.
La voilà d'ailleurs qui arrive, après que son gamin de fils m'ait laissé dans l'entrée de l'imposante maison. La femme qui m'apparaît est en tout point semblable à celle que j'ai rencontrée il y a quelques semaines ; il m'a semblé, lors de notre première entrevue, qu'il s'agissait d'une sorcière qui ne s'encombrait pas de mots inutiles et qui ne s'intéressait pas aux sujets futiles qui occupent parfois les conversations des gens. J'ai vu dans la froideur de notre échange une aubaine : nul besoin de chaleur pour effectuer ses recherches et j'aurais de toute manière détesté qu'elle se perde en sourires et en bienveillance inutile. C'est donc d'un hochement poli du menton que je la salue, accompagnant ce geste d'un « bonjour, madame » aussi sobre qu'expéditif, avant de la suivre jusqu'à son bureau.
« Par quoi commençons-nous ? » la questionné-je dès que la politesse me le permet.
J'ôte mon sac de mon épaule et le laisse pendre au bout de mon bras, fière d'avoir pensé à alléger son contenu d'un sortilège avant de partir. Les livres que j'y ai fourrés, les plumes et les nombreux parchemins qui l'accompagnent, sans compter le carnet dans lequel je compte consigner toutes mes découvertes, étaient pour moi le minimum à amener aujourd'hui, même si je n'ai qu'une vague idée de ce en quoi consisteront mes tâches. Mais cela n'importe peu : la seule chose qui m'intéresse, c'est de me plonger dans les recherches que me proposera cette femme, étudier sur le terrain, me plonger dans un sujet et le décortiquer jusqu'à le comprendre de bout en bout.
Miðsumar - Dans l'abîme du jour
Il fait sombre dans le bureau de la chercheuse. Les rideaux tirés ne laissent filtrer que quelques rayons de soleil dans l'embrasure de la fenêtre qui se projettent sur le sol en d'informes lignes lumineuses. Ils baignent la pièce dans une faible lueur qui suffit à l’œil humain pour lire sans s’abimer les yeux. C'est plutôt agréable.
Lorsque les deux sorcières pénètrent dans la pièce, un plateau de thé les accueille, certainement préparé par l'elfe de maison pendant qu'Arlene était descendu chercher la jeune femme.
La chercheuse pointa une chaise afin qu'Aelle puisse s'asseoir. En servant le thé dans la vieille vaisselle, l'adulte tentait tant bien que mal de se rappeler les usages lorsqu'on accueillait un élève. D'ailleurs fallait-il plutôt la considérer comme une élève ou bien comme une collègue ? Une associée ? Le visage de sa stagiaire l'empêchait de la considérer comme une associée pour le moment. L'aspect juvénile d'Aelle dénotait durement avec les vieux sorciers chercheurs aigris avec qui Arlene avait l'habitude de converser par hibou ou devoir faire ses rapports. Cette fraicheur était presque plaisante si on oubliait le fait que la jeune fille allait devoir la suivre partout dans ses pérégrinations à l'étranger.
Le thé servit, Arlene se saisit de l'autorisation de voyager en Islande au nom de Bristyle afin de la tendre à l’intéressée, sans répondre directement à sa question.
- Tiens. Vérifie qu'ils n'ont pas écorché ton nom.
C'était plutôt froid comme interaction. Arlene en était consciente. Mais les semaines passées à étudier des livres enfermé dans une bibliothèque d'Amérique du Sud et les longs voyages solitaires qui rythmaient sa vie avaient grandement réduit ses capacités d'oratrice. Il était bien plus facile d'écrire des faits et des résultats sur un parchemin que de devoir échanger des banalités avec ses contemporains du point de vue de la sorcière.
Malgré tout, elle tenta tout de même de faire des efforts. Loin de chercher l'approbation de la jeune fille, elle ne cherchait tout de même pas à se faire détester dès le premier jour. Et puis, Aelle avait le meilleur profil par rapport aux jeunes candidats avec qui Arlene avait dû échanger. Comparé à un élève bien trop bavard qui avait listé tous ses travaux un par un certainement sans en avoir lu un mot, la chercheuse avait sût faire son choix. A voir si celui-ci était le bon.
Quelques soucis se posaient cependant. La tente magique qu'Arlene emportait généralement avec elle dans ses voyages ne comportait qu'une seule place. Aussi, le potentiel magique aléatoire de l'Islande impliquait pas mal de turbulences magiques qui pourraient interférer avec les sortilèges de leur équipement. Tout un tas de choses dont il fallait faire part à Aelle avant de partir, au risque d'être surpris par les éléments et d'être obligé de faire demi-tour. Alors, Arlene demanda.
- Tu as déjà voyagé ?
Le "à l'étranger" était implicite. Ici, on ne parlait pas d'un weekend en Asie pour assister à un match de la coupe du monde de Quidditch.
Troisième année - 14 ans - Préfet de Gryffondor - Couleur>8f3232
Lorsque les deux sorcières pénètrent dans la pièce, un plateau de thé les accueille, certainement préparé par l'elfe de maison pendant qu'Arlene était descendu chercher la jeune femme.
La chercheuse pointa une chaise afin qu'Aelle puisse s'asseoir. En servant le thé dans la vieille vaisselle, l'adulte tentait tant bien que mal de se rappeler les usages lorsqu'on accueillait un élève. D'ailleurs fallait-il plutôt la considérer comme une élève ou bien comme une collègue ? Une associée ? Le visage de sa stagiaire l'empêchait de la considérer comme une associée pour le moment. L'aspect juvénile d'Aelle dénotait durement avec les vieux sorciers chercheurs aigris avec qui Arlene avait l'habitude de converser par hibou ou devoir faire ses rapports. Cette fraicheur était presque plaisante si on oubliait le fait que la jeune fille allait devoir la suivre partout dans ses pérégrinations à l'étranger.
Le thé servit, Arlene se saisit de l'autorisation de voyager en Islande au nom de Bristyle afin de la tendre à l’intéressée, sans répondre directement à sa question.
- Tiens. Vérifie qu'ils n'ont pas écorché ton nom.
C'était plutôt froid comme interaction. Arlene en était consciente. Mais les semaines passées à étudier des livres enfermé dans une bibliothèque d'Amérique du Sud et les longs voyages solitaires qui rythmaient sa vie avaient grandement réduit ses capacités d'oratrice. Il était bien plus facile d'écrire des faits et des résultats sur un parchemin que de devoir échanger des banalités avec ses contemporains du point de vue de la sorcière.
Malgré tout, elle tenta tout de même de faire des efforts. Loin de chercher l'approbation de la jeune fille, elle ne cherchait tout de même pas à se faire détester dès le premier jour. Et puis, Aelle avait le meilleur profil par rapport aux jeunes candidats avec qui Arlene avait dû échanger. Comparé à un élève bien trop bavard qui avait listé tous ses travaux un par un certainement sans en avoir lu un mot, la chercheuse avait sût faire son choix. A voir si celui-ci était le bon.
Quelques soucis se posaient cependant. La tente magique qu'Arlene emportait généralement avec elle dans ses voyages ne comportait qu'une seule place. Aussi, le potentiel magique aléatoire de l'Islande impliquait pas mal de turbulences magiques qui pourraient interférer avec les sortilèges de leur équipement. Tout un tas de choses dont il fallait faire part à Aelle avant de partir, au risque d'être surpris par les éléments et d'être obligé de faire demi-tour. Alors, Arlene demanda.
- Tu as déjà voyagé ?
Le "à l'étranger" était implicite. Ici, on ne parlait pas d'un weekend en Asie pour assister à un match de la coupe du monde de Quidditch.
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Miðsumar - Dans l'abîme du jour
Ce serait mentir que de dire que l'accueil froid de la sorcière ne me déstabilise pas. Il le fait, mais je n'en montre rien. Lors de notre première rencontre, elle n'a pas été plus affable qu'elle l'est aujourd'hui. Elle semble être une femme de peu de mots. Heureusement pour elle, je suis habituée à ce genre de personnalité : ma mère est ainsi et je partage ce trait de caractère. Aller à l'essentiel, ne pas se perdre en discours inutile, dire seulement ce qui compte — c'est une chose à laquelle je suis habituée. Ce qui me déstabilise le plus dans l'accueil d'Arlene Howard, c'est son absence de réponse à ma question. Ne pas répondre à une question directe, c'est affirmer sans le dire avec les mots que celle-ci est inintéressante en plus d'être inutile. Je pince les lèvres pour contenir mon agacement : ma question n'avait rien d'inintéressant et n'était certes pas inutile ! Enfin, qu'importe. Je m'enfonce dans le fauteuil sur lequel j'ai été invité à m'asseoir et attrape la tasse qui m'est destinée. De la vaisselle s'élève un subtil arôme de thé qui me contente, à défaut d'attendrir mon humeur.
Sans me montrer plus bavarde qu'elle, j'attrape le document que me tend Howard. Un sourcil se dresse sur mon front lorsque je remarque l'intitulé "Autorisation de voyager". Mes yeux parcourent rapidement le parchemin et à chaque nouvelle ligne qu'ils découvrent mon cœur perd un peu plus le rythme paisible dans lequel il battait. Islande ? Un voyage en Islande ? Avant même de penser à poser la question que me taraude, je réponds machinalement à la demande de la chercheuse.
« Il n'a pas été écorché. »
D'ailleurs, elle me confirme sans réellement le faire ce que je craignais avec sa question. Je lève les yeux du parchemin pour les poser sur elle, ahurie qu'elle ne m'ait pas prévenue plus tôt de ce que je viens tout juste d'apprendre : nous allons voyager. Oh, elle me l'annonce sans les formes, me dit les chose sans me les expliquer, comme si cela coulait de source. De fait : cela coule de source et je m'en veux subitement de ne pas y avoir songé. Lors de notre entretien, Howard m'a parlé de ses voyages puisqu'ils constituent la plus grande partie de son travail : elle quitte régulièrement le pays pour aller mener ses recherches à l'étranger. À l'époque, j'avais songé à l'hypothèse que nous partions étudier quelques phénomènes dans un autre pays, mais puisqu'elle ne m'en avait parlé, j'avais abandonné cette agréable et tentante idée.
Une étincelle de colère s'allume dans mon esprit ; la date inscrite sur le document annonce la couleur : nous sommes censé partir demain ! Demain ! Alors que je n'ai pas mis d'ordre dans mes affaires et que rien est organisé ; et je devrais quitter le pays demain ? L'idée de m'éloigner de la Grande-Bretagne pendant un temps me réjouit, évidemment, mais apprendre cela à la dernière minute... Déjà mon esprit fourmille dans tous les sens et cherche des réponses à des problèmes qui n'existent pas encore : quels vêtements prendre ? comment transporter mes ouvrages sur une période aussi longue sans m'en encombrer ? où dormir ? que prévoir comme matériel ? dans quel environnement serons-nous ? Zikomo pourra-t-il chasser ? aurais-je seulement le droit de l'emmener avec moi ?
Pendant que toutes ces questions traversent mon esprit, le silence s'étire dans le bureau plongé dans la pénombre. Je cligne des yeux et me force à lever de nouveau les yeux sur la femme. Tout d'abord, répondre à sa question.
« J'ai déjà voyagé, dis-je d'une voix froide et mécanique. Récemment en Afrique, l'Ouganda pour être précise. »
Je ne pense pas qu'elle s'attende à ce que je lui décrive tous les voyages que j'ai fait dans ma vie. Si elle a besoin de réponses précises, qu'elle pose des questions précises.
J'aimerais la presser de questions et exiger d'elle des explications ou, mieux, des excuses : qu'elle me dise pourquoi elle ne m'a pas prévenu plus tôt et pourquoi elle n'a pas pris les dispositions nécessaires pour que je me prépare au mieux à ce voyage. J'aimerais qu'elle me confirme de vive voix ce que j'ai découvert sur le parchemin. J'en ai terriblement envie, mais c'est l'habitude qui me fait serrer les lèvres et retenir mes mots : j'ai compris tout ce qu'il y avait à comprendre en lisant le document, je n'ai pas besoin de poser des questions bêtes.
« De quoi aurais-je besoin pour ce voyage ? » demandé-je à la place, ajoutant à mon regard froid une paire de sourcils froncés par l'agacement.
Sans me montrer plus bavarde qu'elle, j'attrape le document que me tend Howard. Un sourcil se dresse sur mon front lorsque je remarque l'intitulé "Autorisation de voyager". Mes yeux parcourent rapidement le parchemin et à chaque nouvelle ligne qu'ils découvrent mon cœur perd un peu plus le rythme paisible dans lequel il battait. Islande ? Un voyage en Islande ? Avant même de penser à poser la question que me taraude, je réponds machinalement à la demande de la chercheuse.
« Il n'a pas été écorché. »
D'ailleurs, elle me confirme sans réellement le faire ce que je craignais avec sa question. Je lève les yeux du parchemin pour les poser sur elle, ahurie qu'elle ne m'ait pas prévenue plus tôt de ce que je viens tout juste d'apprendre : nous allons voyager. Oh, elle me l'annonce sans les formes, me dit les chose sans me les expliquer, comme si cela coulait de source. De fait : cela coule de source et je m'en veux subitement de ne pas y avoir songé. Lors de notre entretien, Howard m'a parlé de ses voyages puisqu'ils constituent la plus grande partie de son travail : elle quitte régulièrement le pays pour aller mener ses recherches à l'étranger. À l'époque, j'avais songé à l'hypothèse que nous partions étudier quelques phénomènes dans un autre pays, mais puisqu'elle ne m'en avait parlé, j'avais abandonné cette agréable et tentante idée.
Une étincelle de colère s'allume dans mon esprit ; la date inscrite sur le document annonce la couleur : nous sommes censé partir demain ! Demain ! Alors que je n'ai pas mis d'ordre dans mes affaires et que rien est organisé ; et je devrais quitter le pays demain ? L'idée de m'éloigner de la Grande-Bretagne pendant un temps me réjouit, évidemment, mais apprendre cela à la dernière minute... Déjà mon esprit fourmille dans tous les sens et cherche des réponses à des problèmes qui n'existent pas encore : quels vêtements prendre ? comment transporter mes ouvrages sur une période aussi longue sans m'en encombrer ? où dormir ? que prévoir comme matériel ? dans quel environnement serons-nous ? Zikomo pourra-t-il chasser ? aurais-je seulement le droit de l'emmener avec moi ?
Pendant que toutes ces questions traversent mon esprit, le silence s'étire dans le bureau plongé dans la pénombre. Je cligne des yeux et me force à lever de nouveau les yeux sur la femme. Tout d'abord, répondre à sa question.
« J'ai déjà voyagé, dis-je d'une voix froide et mécanique. Récemment en Afrique, l'Ouganda pour être précise. »
Je ne pense pas qu'elle s'attende à ce que je lui décrive tous les voyages que j'ai fait dans ma vie. Si elle a besoin de réponses précises, qu'elle pose des questions précises.
J'aimerais la presser de questions et exiger d'elle des explications ou, mieux, des excuses : qu'elle me dise pourquoi elle ne m'a pas prévenu plus tôt et pourquoi elle n'a pas pris les dispositions nécessaires pour que je me prépare au mieux à ce voyage. J'aimerais qu'elle me confirme de vive voix ce que j'ai découvert sur le parchemin. J'en ai terriblement envie, mais c'est l'habitude qui me fait serrer les lèvres et retenir mes mots : j'ai compris tout ce qu'il y avait à comprendre en lisant le document, je n'ai pas besoin de poser des questions bêtes.
« De quoi aurais-je besoin pour ce voyage ? » demandé-je à la place, ajoutant à mon regard froid une paire de sourcils froncés par l'agacement.
Miðsumar - Dans l'abîme du jour
De quoi aura t-elle besoin pour ce voyage ? Arlève lève un sourcil. Ne venait-elle pas de dire qu'elle avait déjà voyagé. En Afrique. En Ouganda pour être précise. La chercheuse retient un soupir d'agacement au travers de ses lèvres pincées par l'exaspération.
Si la jeune Bristyle n'avait pas gémit ni râlé quant au voyage surprise que Arlene venait de lui annoncer indirectement, l'entendre demander le futur contenu de ses bagages n'enchantait guère l'adulte. Arlene ne s'attendait certainement pas à devoir lui faire une liste de fournitures à ramener en Islande. Allons bon, elle espérait également ne pas être obligée de devoir l'aider à préparer sa valise comme elle avait dû le faire pour la rentrée de son fils cadet en août dernier. Un air affligé se lisait sur ses traits.
L'étudiante venait de chuter d'un cran dans son estime.
La sorcière déposa alors sa tasse sur le bureau, laissant quelques secondes s'écouler pour venir ensuite fixer la jeune fille qui lui fait face. Pour la première fois, elle la détailla un peu plus. Ses yeux sombres, sa peau pâle. Arlene croisa volontairement le regard de la jeune fille pour y sonder son âme et tester sa volonté. Elle la met à l'épreuve. Elle y cherche quelque chose sans savoir vraiment quoi mais un voile étrange obstrue son examen. Arlene ne distingue pas grand chose, sinon quelques ténèbres l’empêchant d'y voir plus clair. La sorcière cache son étonnement. C'est sombre. Obscur. Rien à voir avec le regard rieur et enthousiaste qu'un élève lambda aurait pu afficher. Le contraste était marquant. On aurait pu croire qu'un rideau noir l'empêchait de lire derrière les yeux de la jeune fille dont on ne distinguerai que la silhouette. Etait-ce la migraine qui lui jouait des tours ?
Elle cessa alors de chercher. Ces quelques secondes lui suffiraient pour l'instant. Arlene se détourna du bureau pour rejoindre la bibliothèque qui soutenait le mur nord. Les gens avaient souvent de très bonnes raisons pour tremper dans d'obscurs maléfices et Arlene savait que celles-ci étaient souvent très personnelles. Du moment que cela n'entrait pas en conflit avec la qualité de travail du sorcier, la chercheuse n'avait aucune raison de s'y impliquer ni même de s'y intéresser. Le pourquoi et le comment ne la concernait pas. Elle ignorait même d'où ce voile étrange pouvait provenir et n'avancerai aucune théorie à ce sujet.
Compressés les uns sur les autres, les nombreux ouvrages soutenu par le vieux meuble qui servait de bibliothèque affichaient tout autant d'auteurs connus comme Elfias Noctambule et Zygmunt Budge que de titres mystérieux aux auteurs moins connus du monde des sorciers du genre "La clef des songes, Ὀνειροκριτικά ou l'Onirocritique" de Artémidore de Daldis. Mais, ce n'est ni un de ses propres écrits ni un de ses étranges ouvrages qu'Arlene tire de sa collection, mais un petit bouquin coloré.
En le déposant sur la table devant Aelle, on peut y lire le titre "Le petit guide illustré du voyageur en Islande". Rien de sorcier là-dedans. S'en était presque insultant si on ignorait ce que la chercheuse avait derrière la tête.
@Aelle Bristyle désolé d'avance, elle parle pas beaucoup x)
Hésite pas si il y a quelque chose qui va pas dans mon post.
Troisième année - 14 ans - Préfet de Gryffondor - Couleur>8f3232
Si la jeune Bristyle n'avait pas gémit ni râlé quant au voyage surprise que Arlene venait de lui annoncer indirectement, l'entendre demander le futur contenu de ses bagages n'enchantait guère l'adulte. Arlene ne s'attendait certainement pas à devoir lui faire une liste de fournitures à ramener en Islande. Allons bon, elle espérait également ne pas être obligée de devoir l'aider à préparer sa valise comme elle avait dû le faire pour la rentrée de son fils cadet en août dernier. Un air affligé se lisait sur ses traits.
L'étudiante venait de chuter d'un cran dans son estime.
La sorcière déposa alors sa tasse sur le bureau, laissant quelques secondes s'écouler pour venir ensuite fixer la jeune fille qui lui fait face. Pour la première fois, elle la détailla un peu plus. Ses yeux sombres, sa peau pâle. Arlene croisa volontairement le regard de la jeune fille pour y sonder son âme et tester sa volonté. Elle la met à l'épreuve. Elle y cherche quelque chose sans savoir vraiment quoi mais un voile étrange obstrue son examen. Arlene ne distingue pas grand chose, sinon quelques ténèbres l’empêchant d'y voir plus clair. La sorcière cache son étonnement. C'est sombre. Obscur. Rien à voir avec le regard rieur et enthousiaste qu'un élève lambda aurait pu afficher. Le contraste était marquant. On aurait pu croire qu'un rideau noir l'empêchait de lire derrière les yeux de la jeune fille dont on ne distinguerai que la silhouette. Etait-ce la migraine qui lui jouait des tours ?
Elle cessa alors de chercher. Ces quelques secondes lui suffiraient pour l'instant. Arlene se détourna du bureau pour rejoindre la bibliothèque qui soutenait le mur nord. Les gens avaient souvent de très bonnes raisons pour tremper dans d'obscurs maléfices et Arlene savait que celles-ci étaient souvent très personnelles. Du moment que cela n'entrait pas en conflit avec la qualité de travail du sorcier, la chercheuse n'avait aucune raison de s'y impliquer ni même de s'y intéresser. Le pourquoi et le comment ne la concernait pas. Elle ignorait même d'où ce voile étrange pouvait provenir et n'avancerai aucune théorie à ce sujet.
Compressés les uns sur les autres, les nombreux ouvrages soutenu par le vieux meuble qui servait de bibliothèque affichaient tout autant d'auteurs connus comme Elfias Noctambule et Zygmunt Budge que de titres mystérieux aux auteurs moins connus du monde des sorciers du genre "La clef des songes, Ὀνειροκριτικά ou l'Onirocritique" de Artémidore de Daldis. Mais, ce n'est ni un de ses propres écrits ni un de ses étranges ouvrages qu'Arlene tire de sa collection, mais un petit bouquin coloré.
En le déposant sur la table devant Aelle, on peut y lire le titre "Le petit guide illustré du voyageur en Islande". Rien de sorcier là-dedans. S'en était presque insultant si on ignorait ce que la chercheuse avait derrière la tête.
@Aelle Bristyle désolé d'avance, elle parle pas beaucoup x)
Hésite pas si il y a quelque chose qui va pas dans mon post.
Troisième année - 14 ans - Préfet de Gryffondor - Couleur>8f3232
Miðsumar - Dans l'abîme du jour
La réponse tarde à venir et quand Arlene Howard plonge son regard dans le mien, me forçant à faire face à son visage pincé par un agacement que je ne comprends pas, une vérité s'impose à moi : je n'apprécie pas sa façon d'agir. Je peux même dire que celle-ci me brusque fortement, si l'on en croit mes mâchoires serrées. Face à ce regard, c'est comme si un défi m'était présenté : ne détourne pas les yeux, ne laisse rien paraître et surtout, ne laisse pas croire que cette femme, tout aussi chercheuse, adulte et possédant un ascendant sur moi de part sa position soit-elle, a le droit de te traiter de la mauvaise façon. Elle m'observe longuement et longuement je reste sans bouger, sentant mon regard devenir plus dur au fur et à mesure que les secondes s'enfuient. Cherche-t-elle à me mettre à l'épreuve ?
Dans ma tête défilent les minutes qui viennent de s'écouler. Je me repasse les images de la maigre discussion que nous avons eue et me demande enfin si c'est ma dernière phrase qui a pu la mettre dans cet état-là. Mais j'éloigne rapidement cette hypothèse : comment aurait-elle pu être agacée par une question aussi légitime et bienvenue ?
Puis soudain, elle me libère du joug de son regard. Je me décrispe dans le secret de son dos, profitant qu'elle ne puisse pas me voir pour la cribler d'une œillade rancunière. L'agacement ne veut désormais plus s'en aller : je me sens bafouée et peu respectée. Son silence est une insulte à lui seul et il me donne envie de me lever et de parler fort pour me faire entendre. Envie que j'étouffe, évidemment ; je ne suis pas une gamine qui crie et qui hurle quand on ne lui accorde pas son attention. Si elle ne veut pas parler, ne parlons donc pas ! Mais comment me débarrasser de ce terrible sentiment que je ressens et qui semble me coller à la peau ?
Quand elle se tourne de nouveau vers moi, j'ai l'air aussi impassible que tout à l'heure bien que mon visage présente une froideur qui n'était là à mon arrivée. Mes yeux trouvent le chemin de l'ouvrage qu'elle tient entre les mains et j'ai le temps de me dire : Ah, elle me donne enfin sa réponse, sous forme de livre qui plus est ! », pensée qui a le puissant pouvoir d'apaiser légèrement ma fierté lacérée et de me décrisper... Jusqu'au moment où j'attrape l'ouvrage, lis son titre et reconnais sans le moindre effort la facture moldue de la chose.
Quelques secondes incroyablement longues passent pendant lesquelles mon regard reste fixé sur le livre. Le choc m'immobilise. Dans mon esprit défilent mille hypothèses sur la raison de l'action de la sorcière, mais les milles ne suffisent pas à contrer la colère qui grimpe en moi, pas plus que ma compréhension soudaine de son silence : elle pensait donc que ma question était inutile pour croire que je trouverai mes réponses dans un tel livre ! Lorsque mes yeux grimpent en quête du regard de la femme qui me fait face, je sais que je vais pas pouvoir me retenir. Trop de fatigue, de cauchemars, de mauvais moments passés ces derniers jours, trop d'échecs, de désillusions, de souvenirs malvenus. Trop, pour que j'accepte sans ne rien dire d'être insultée de la sorte.
« Croyez-vous réellement que ce livre... » on peut certainement sentir à la façon dont je prononce le mot que je n'accepte pas que la chose que je tiens entre les mains puisse être considérée comme un livre « vaut toutes les indications que pourrait me fournir une sorcière-chercheuse habituée aux voyages, d'autant plus dans un environnement hostile comme le pays dans lequel nous allons aller ? »
Le ton très formel avec lequel je m'exprime n'est qu'une preuve de plus que je m'efforce, avec une grande ardeur, d'empêcher ma colère de rendre mes paroles désagréables ou insultantes. Je peux néanmoins moi-même percevoir dans l'intonation de ma question ce que je pense réellement de l'affaire : non, ce livre ne m'apportera aucune question. Et je laisse une chance à Howard de me prouver qu'elle n'est pas en train de m'insulter.
Le pire serait certainement qu'elle pense que ce bouquin pourrait m'aider : cela me décevrait de me rendre compte qu'une chercheuse que je respecte (et pourquoi aurais-je souhaité travailler avec elle si ses travaux ne m'inspiraient pas ce respect ?) s'appuie sur un fichu livre moldu pour préparer son élève à affronter les éléments et le grand inconnu !
Oh, elle ne parle peut-être pas mais elle dit beaucoup, beaucoup de choses. Oups, et bien voilà, à peine quelques minutes ensemble qu'elles se désespèrent mutuellement. Ça promet !
Dans ma tête défilent les minutes qui viennent de s'écouler. Je me repasse les images de la maigre discussion que nous avons eue et me demande enfin si c'est ma dernière phrase qui a pu la mettre dans cet état-là. Mais j'éloigne rapidement cette hypothèse : comment aurait-elle pu être agacée par une question aussi légitime et bienvenue ?
Puis soudain, elle me libère du joug de son regard. Je me décrispe dans le secret de son dos, profitant qu'elle ne puisse pas me voir pour la cribler d'une œillade rancunière. L'agacement ne veut désormais plus s'en aller : je me sens bafouée et peu respectée. Son silence est une insulte à lui seul et il me donne envie de me lever et de parler fort pour me faire entendre. Envie que j'étouffe, évidemment ; je ne suis pas une gamine qui crie et qui hurle quand on ne lui accorde pas son attention. Si elle ne veut pas parler, ne parlons donc pas ! Mais comment me débarrasser de ce terrible sentiment que je ressens et qui semble me coller à la peau ?
Quand elle se tourne de nouveau vers moi, j'ai l'air aussi impassible que tout à l'heure bien que mon visage présente une froideur qui n'était là à mon arrivée. Mes yeux trouvent le chemin de l'ouvrage qu'elle tient entre les mains et j'ai le temps de me dire : Ah, elle me donne enfin sa réponse, sous forme de livre qui plus est ! », pensée qui a le puissant pouvoir d'apaiser légèrement ma fierté lacérée et de me décrisper... Jusqu'au moment où j'attrape l'ouvrage, lis son titre et reconnais sans le moindre effort la facture moldue de la chose.
Quelques secondes incroyablement longues passent pendant lesquelles mon regard reste fixé sur le livre. Le choc m'immobilise. Dans mon esprit défilent mille hypothèses sur la raison de l'action de la sorcière, mais les milles ne suffisent pas à contrer la colère qui grimpe en moi, pas plus que ma compréhension soudaine de son silence : elle pensait donc que ma question était inutile pour croire que je trouverai mes réponses dans un tel livre ! Lorsque mes yeux grimpent en quête du regard de la femme qui me fait face, je sais que je vais pas pouvoir me retenir. Trop de fatigue, de cauchemars, de mauvais moments passés ces derniers jours, trop d'échecs, de désillusions, de souvenirs malvenus. Trop, pour que j'accepte sans ne rien dire d'être insultée de la sorte.
« Croyez-vous réellement que ce livre... » on peut certainement sentir à la façon dont je prononce le mot que je n'accepte pas que la chose que je tiens entre les mains puisse être considérée comme un livre « vaut toutes les indications que pourrait me fournir une sorcière-chercheuse habituée aux voyages, d'autant plus dans un environnement hostile comme le pays dans lequel nous allons aller ? »
Le ton très formel avec lequel je m'exprime n'est qu'une preuve de plus que je m'efforce, avec une grande ardeur, d'empêcher ma colère de rendre mes paroles désagréables ou insultantes. Je peux néanmoins moi-même percevoir dans l'intonation de ma question ce que je pense réellement de l'affaire : non, ce livre ne m'apportera aucune question. Et je laisse une chance à Howard de me prouver qu'elle n'est pas en train de m'insulter.
Le pire serait certainement qu'elle pense que ce bouquin pourrait m'aider : cela me décevrait de me rendre compte qu'une chercheuse que je respecte (et pourquoi aurais-je souhaité travailler avec elle si ses travaux ne m'inspiraient pas ce respect ?) s'appuie sur un fichu livre moldu pour préparer son élève à affronter les éléments et le grand inconnu !
Oh, elle ne parle peut-être pas mais elle dit beaucoup, beaucoup de choses. Oups, et bien voilà, à peine quelques minutes ensemble qu'elles se désespèrent mutuellement. Ça promet !
Miðsumar - Dans l'abîme du jour
C'était comme un enfant qui tapotait le corps inerte d'un serpent de la pointe d'un bâton pour voir si celui-ci était encore en vie ou prétendait être mort. Arlene, dans le rôle de l'enfant au bâton semblait avoir vu tressaillir l'animal malgré sa raideur affichée. Elle aurait presque pu sourire si une migraine aussi vilaine que désagréable n'enfonçait pas de violentes aiguilles derrière son œil droit.
L'adulte soupira, non pas de la réaction de la jeune femme, mais à cause de sa faiblesse. Elle se replaça de dos à Aelle pour froncer les sourcils et se masser le haut du nez. Ce n'était pas très drôle. Une potion devrait rapidement la remettre sur pied cependant. Alors, pour quitter la situation avec contrôle, elle aligna autant de mots qui lui était possible de prononcer sans grimacer.
"Si ça ne te plait pas, sers-toi." Elle pointa faiblement le reste la bibliothèque d'un geste de la main mais aussi les cartes étalées sur son bureau. Elle accepta également de mauvaise grâce de répondre à la question de la jeune femme. "Moldu ou pas, un guide contient suffisamment d'éléments pour être utile aux yeux de n'importe quel voyageur." Et celui-ci indiquait parfaitement les zones qu'elles devraient éviter dû aux touristes moldus avides de belles photographies de voyage. Mais Arlene n'avait ni la force ni l'envie d'expliquer tout cela. Et si Aelle ne voulait pas le lire, alors elle n'aurait qu'à le laisser sur le coin de la table.
Malgré tout, c'était vrai, Arlene n'avait donné aucun indice sur les éléments dont elles auraient besoin pour leur voyage et leurs études. Et malgré sa froideur, elle savait également qu'en tant que responsable, ses devoirs étaient de guider la jeune stagiaire. Alors, pour l'aider sans le lui montrer trop facilement, la sorcière se saisit d'un document sans intérêt qui en recouvrait un bien plus important : sa liste d'équipement.
Rien de bien sorcier, un sac à dos extensible, plusieurs herbes et ingrédients de potion, un nécessaire d'entretien de baguette, une trousse de secours sorcière, une trousse de secours moldue. Quelques éléments semblaient plus importants que d'autre cependant. Quelques traits appuyés les soulignaient. Parmi eux on retrouvait, vêtements imperméables et coupe-vents non-magiques, allume-feu non-magique, un Scrutoscope et quelques autres appareils de mesure dont le seul point commun était leur utilisation dénué de magie.
Un peu plus bas quelques notes sur la météo précédaient quelques phrases sur les points d'interêt qu'elles devrais rejoindre. Le glacier Vatnajökull. Le cratère Hveravellir. Et enfin Hekla éternellement damnée, la montagne de feu.
Ça suffirait bien pour commencer. Il y avait tant encore à préparer. Arlene quitta le bureau pour rejoindre la petite salle de bain accolée à la chambre de son fils afin d'y trouver le remède à son mal et du répit loin d'Aelle et de son regard contrarié. Ce voyage allait être long...
Dernier post pour cette première partie pour moi !
Troisième année - 14 ans - Préfet de Gryffondor - Couleur>8f3232
L'adulte soupira, non pas de la réaction de la jeune femme, mais à cause de sa faiblesse. Elle se replaça de dos à Aelle pour froncer les sourcils et se masser le haut du nez. Ce n'était pas très drôle. Une potion devrait rapidement la remettre sur pied cependant. Alors, pour quitter la situation avec contrôle, elle aligna autant de mots qui lui était possible de prononcer sans grimacer.
"Si ça ne te plait pas, sers-toi." Elle pointa faiblement le reste la bibliothèque d'un geste de la main mais aussi les cartes étalées sur son bureau. Elle accepta également de mauvaise grâce de répondre à la question de la jeune femme. "Moldu ou pas, un guide contient suffisamment d'éléments pour être utile aux yeux de n'importe quel voyageur." Et celui-ci indiquait parfaitement les zones qu'elles devraient éviter dû aux touristes moldus avides de belles photographies de voyage. Mais Arlene n'avait ni la force ni l'envie d'expliquer tout cela. Et si Aelle ne voulait pas le lire, alors elle n'aurait qu'à le laisser sur le coin de la table.
Malgré tout, c'était vrai, Arlene n'avait donné aucun indice sur les éléments dont elles auraient besoin pour leur voyage et leurs études. Et malgré sa froideur, elle savait également qu'en tant que responsable, ses devoirs étaient de guider la jeune stagiaire. Alors, pour l'aider sans le lui montrer trop facilement, la sorcière se saisit d'un document sans intérêt qui en recouvrait un bien plus important : sa liste d'équipement.
Rien de bien sorcier, un sac à dos extensible, plusieurs herbes et ingrédients de potion, un nécessaire d'entretien de baguette, une trousse de secours sorcière, une trousse de secours moldue. Quelques éléments semblaient plus importants que d'autre cependant. Quelques traits appuyés les soulignaient. Parmi eux on retrouvait, vêtements imperméables et coupe-vents non-magiques, allume-feu non-magique, un Scrutoscope et quelques autres appareils de mesure dont le seul point commun était leur utilisation dénué de magie.
Un peu plus bas quelques notes sur la météo précédaient quelques phrases sur les points d'interêt qu'elles devrais rejoindre. Le glacier Vatnajökull. Le cratère Hveravellir. Et enfin Hekla éternellement damnée, la montagne de feu.
Ça suffirait bien pour commencer. Il y avait tant encore à préparer. Arlene quitta le bureau pour rejoindre la petite salle de bain accolée à la chambre de son fils afin d'y trouver le remède à son mal et du répit loin d'Aelle et de son regard contrarié. Ce voyage allait être long...
Dernier post pour cette première partie pour moi !
Troisième année - 14 ans - Préfet de Gryffondor - Couleur>8f3232
Miðsumar - Dans l'abîme du jour
Une nouvelle fois, un dos m'est présenté. D'abord persuadée qu'en agissant ainsi la femme renouvelle son insulte, je me dresse subitement, quittant le confort du canapé en m'efforçant de ne pas serrer les poings sous le coup de la colère. Je suis bien partie pour lui faire valoir mon point de vue, qu'elle soit ma tutrice de stage ou non ! Mais, alors que la femme persiste à me montrer son dos tout en se massant le visage, geste que je prends pour un profond ennui que je lui inspirerais, sa voix s'élève dans le bureau et désamorce la bombe qui allait s'échapper de ma bouche. Mes mâchoires ont du mal à se desserrer, mais sa proposition est suffisamment exceptionnelle pour que je parvienne à quitter des yeux son agaçant et froid profil pour observer sa belle bibliothèque. Une personne comme moi, passionnée de magie, d'ouvrages en tout genre et de lectures intelligentes ne peut pas, physiquement comme mentalement, rester neutre face à une proposition de ce genre : aussitôt mes yeux se mettent à briller, plus qu'ils ne l'ont fait depuis un moment, peut-être depuis le jour où Howard a accepté de me prendre comme élève pour mon stage de fin d'année.
J'ai du mal à quitter le présent qui s'offre à moi, mais puisque la sorcière daigne attraper un document sur son bureau je fomente l'espoir qu'elle me fournisse quelques éléments intéressants. Intéressants, certes, mais il semblerait que je doive me les fournir toute seule. Aussitôt le document partagé, voilà que la femme quitte la pièce sans autre forme de politesse. Je dois bien avouer qu'au départ, naïve et encore peu familière de la façon d'être de cette sorcière, je me contente de regarder de loin les livres qui m'ont été offert, sans pour autant me permettre d'attraper ceux qui attirent mon attention. La politesse me force, dans cette situation, à attendre le retour de Howard — quitter la pièce aussi rapidement et avec si peu d'égard pour moi ne peut que signifier qu'elle finira par revenir, n'est-ce pas ? Une minute passe, puis une seconde. Je commence à effectuer mon second tour d'horizon des étagères remplies de livres lorsque je prends conscience de ma profonde bêtise : elle ne reviendra pas.
Je reste les bras ballants, ma liste de fournitures dans une main, l'autre accrochée à une étagère portant des livres aux dos particulièrement attirants, incapable d'accepter que je viens de me faire insulter une nouvelle fois, d'une façon particulièrement malpolie, il faut dire. La colère m'étouffe, je peste à mi-voix, insulte légèrement, fracasse mon regard à l'assaut de la porte qui ouvre sur le reste de la maison, hésite à aller acculer la femme, mais au final tout cela disparaît très rapidement lorsque je prends conscience que ma tutrice de stage m'a autorisé à consulter ses ouvrages et autres documents présents dans son bureau sans me congédier de chez elle, sans limite de temps et sans non plus m'interdire de les emprunter. C'est donc sans honte que je glisse le petit guide moldu auquel je consens laisser une chance dans mon sac, accompagné de la liste de fournitures qui, plus tard mais je ne le sais pas encore, me fera hurler de colère lorsque je me frotterai à la difficulté de me procurer du matériel moldu en moins d'une journée.
Puis, forte de l'autorisation orale d'Arlene Howard, sorcière qui m'insupporte déjà alors que nous n'avons pas passé plus de deux heures ensemble, je passe la prochaine heure à découvrir sa bibliothèque. Je me permets sans gêne aucune de m'installer confortablement dans le canapé pour feuilleter des ouvrages et, quand il me parait évident que les deux titres que j'ai sélectionnés auront besoin d'une étude plus complète et avancée, je prends soin de les glisser également dans mon sac, persuadée que le "sers-toi" m'autorisait ces prêts — et si ce n'est pas le cas, Howard ne pourra se le reprocher qu'à elle-même, elle avait cas être plus claire, ou mieux encore, rester pour me donner des indications précises sur ce qu'elle souhaitait ou non. Puisqu'elle ne l'a pas fait, je me sens libre d'agir à ma guise. Demain, je l'informerai des livres empruntés que je garderai dans mon sac pour le voyage et je les lui remettrai lorsque nous serons revenu d'Islande.
Avant de quitter la pièce et de retrouver, seule, le chemin de la sortie de cette maison inconnue, je jette un œil aux différentes cartes qui sont étalées sur le bureau et me montre particulièrement intéressée par la vieille version représentant l'Islande comme je l'ai jamais vue. C'est sans aucun scrupule que je lance un Gemino sur la chose et que je repars avec mon exemplaire de la carte roulée sous le bras, déterminée à me préparer comme je le peux pour cet inédit voyage, même si je dois pour cela me débrouiller et décider par moi-même de ce qui serait bon d'emporter ou non et d'apprendre ou non avant mon départ. De toute manière, je n'ai jamais attendu que qui que ce soit me tienne par la main et j'ai bien compris qu'Arlene Howard n'était pas du genre à me souffler le moindre petit conseil. Qu'elle ne se plaigne pas durant le voyage s'il me manque telle information ou tel équipement !
Je me fais l'impression de quitter la maison comme une voleuse, avec mes livres dans le sac et ma carte sous le bras, mais je suis une voleuse déterminée et fière. Je quitte le domaine sans croiser âme qui vive, mais persuadée d'avoir aperçu au loin la fine silhouette d'un enfant ; à moins que ce ne soit un arbuste ? Bah, qu'importe, je suis bien soulagée de quitter cet endroit et de profiter de toutes les heures de liberté qu'il me reste avant de me retrouver compagne d'un mois d'une sorcière désagréable.
J'ai du mal à quitter le présent qui s'offre à moi, mais puisque la sorcière daigne attraper un document sur son bureau je fomente l'espoir qu'elle me fournisse quelques éléments intéressants. Intéressants, certes, mais il semblerait que je doive me les fournir toute seule. Aussitôt le document partagé, voilà que la femme quitte la pièce sans autre forme de politesse. Je dois bien avouer qu'au départ, naïve et encore peu familière de la façon d'être de cette sorcière, je me contente de regarder de loin les livres qui m'ont été offert, sans pour autant me permettre d'attraper ceux qui attirent mon attention. La politesse me force, dans cette situation, à attendre le retour de Howard — quitter la pièce aussi rapidement et avec si peu d'égard pour moi ne peut que signifier qu'elle finira par revenir, n'est-ce pas ? Une minute passe, puis une seconde. Je commence à effectuer mon second tour d'horizon des étagères remplies de livres lorsque je prends conscience de ma profonde bêtise : elle ne reviendra pas.
Je reste les bras ballants, ma liste de fournitures dans une main, l'autre accrochée à une étagère portant des livres aux dos particulièrement attirants, incapable d'accepter que je viens de me faire insulter une nouvelle fois, d'une façon particulièrement malpolie, il faut dire. La colère m'étouffe, je peste à mi-voix, insulte légèrement, fracasse mon regard à l'assaut de la porte qui ouvre sur le reste de la maison, hésite à aller acculer la femme, mais au final tout cela disparaît très rapidement lorsque je prends conscience que ma tutrice de stage m'a autorisé à consulter ses ouvrages et autres documents présents dans son bureau sans me congédier de chez elle, sans limite de temps et sans non plus m'interdire de les emprunter. C'est donc sans honte que je glisse le petit guide moldu auquel je consens laisser une chance dans mon sac, accompagné de la liste de fournitures qui, plus tard mais je ne le sais pas encore, me fera hurler de colère lorsque je me frotterai à la difficulté de me procurer du matériel moldu en moins d'une journée.
Puis, forte de l'autorisation orale d'Arlene Howard, sorcière qui m'insupporte déjà alors que nous n'avons pas passé plus de deux heures ensemble, je passe la prochaine heure à découvrir sa bibliothèque. Je me permets sans gêne aucune de m'installer confortablement dans le canapé pour feuilleter des ouvrages et, quand il me parait évident que les deux titres que j'ai sélectionnés auront besoin d'une étude plus complète et avancée, je prends soin de les glisser également dans mon sac, persuadée que le "sers-toi" m'autorisait ces prêts — et si ce n'est pas le cas, Howard ne pourra se le reprocher qu'à elle-même, elle avait cas être plus claire, ou mieux encore, rester pour me donner des indications précises sur ce qu'elle souhaitait ou non. Puisqu'elle ne l'a pas fait, je me sens libre d'agir à ma guise. Demain, je l'informerai des livres empruntés que je garderai dans mon sac pour le voyage et je les lui remettrai lorsque nous serons revenu d'Islande.
Avant de quitter la pièce et de retrouver, seule, le chemin de la sortie de cette maison inconnue, je jette un œil aux différentes cartes qui sont étalées sur le bureau et me montre particulièrement intéressée par la vieille version représentant l'Islande comme je l'ai jamais vue. C'est sans aucun scrupule que je lance un Gemino sur la chose et que je repars avec mon exemplaire de la carte roulée sous le bras, déterminée à me préparer comme je le peux pour cet inédit voyage, même si je dois pour cela me débrouiller et décider par moi-même de ce qui serait bon d'emporter ou non et d'apprendre ou non avant mon départ. De toute manière, je n'ai jamais attendu que qui que ce soit me tienne par la main et j'ai bien compris qu'Arlene Howard n'était pas du genre à me souffler le moindre petit conseil. Qu'elle ne se plaigne pas durant le voyage s'il me manque telle information ou tel équipement !
Je me fais l'impression de quitter la maison comme une voleuse, avec mes livres dans le sac et ma carte sous le bras, mais je suis une voleuse déterminée et fière. Je quitte le domaine sans croiser âme qui vive, mais persuadée d'avoir aperçu au loin la fine silhouette d'un enfant ; à moins que ce ne soit un arbuste ? Bah, qu'importe, je suis bien soulagée de quitter cet endroit et de profiter de toutes les heures de liberté qu'il me reste avant de me retrouver compagne d'un mois d'une sorcière désagréable.
Miðsumar - Dans l'abîme du jour
Le lendemain
Zikomo et moi avons convenu que l'Islande, d'autant plus dans un contexte professionnel comme celui-ci, ne conviendrait pas au Mngwi. Qu'aucun stagiaire ne se serait présenté avec son meilleur ami et que je devais moi également me passer de mon compagnon le plus proche, qu'importe qu'il ne soit pas plus gros qu'une souris et qu'il puisse se camoufler facilement dans mon sac ou sous mes vêtements. D'abord, je n'ai pas à imposer à mon ami un rythme qui l'oblige à se cacher constamment et il n'a pas à subir la pression de passer les contrôles de sécurité pour sortir du pays, ou ceux pour rentrer en Islande, et encore moins de prendre le risque de se faire voir par les moldus que nous allons immanquablement croiser et qui m'aurait valu à moi, sorcière responsable de ses actes, de méchantes interactions avec le Conseil des sorciers si une personne dénuée de magie posait ses yeux sur le petit renard d'encre. Aussi la décision a-t-elle été cohérente à prendre, mais pas moins douloureuse. Jamais depuis cinq ans qu'il est avec moi nous avons dû nous passer aussi longtemps de la compagnie l'un de l'autre.
« Mais tu vas faire quoi durant mon absence ? ai-je demandé à Zikomo, le cœur douloureux à l'idée de le quitter dans l'heure à venir.
— Je n'en ai aucune idée, m'a-t-il répondu, penaud, découvrir de nouveaux terrains de chasse, peut-être rendre visite à quelques vieux amis...
— Quels amis ? »
Mon ton jaloux lui a fait agiter les oreilles de façon comique.
« Des messagers des rêves, d'anciens élèves d'Uagadou, des connaissances. Tu sais, on ne peut qu'avoir des amis dans le monde entier lorsqu'on est aussi vieux que moi. Mais Nyakane veillera sur toi. »
L'oiseau-serpentaire et moi-même avons échangé un regard. À aucun moment nous nous sommes demandé s'il allait m'accompagner. Il semblait évident pour tout le monde que l'esprit allait vaquer à ses occupations, comme il l'a toujours fait. Après tout, tout esprit soit-il, sa présence doit autant rester discrète que celle de Zikomo. Nyakane a opiné du bec dans une mimique typiquement humaine piquée aux nombreux années qu'il a passé auprès de ceux de mon espèce :
« Je viendrai te rendre visite et te donner des nouvelles de Zikomo, a-t-il dit de son éternelle voix calme, avant d'ajouter comme je gardais le silence : sauf si tu ne préfères pas ?
— Non, ça me ferait plaisir. »
C'était sincère, mais j'ai aussitôt changé de sujet. Désormais, me voici avec mon sac allégé magiquement sur le dos, à patienter devant l'aire de départ des portoloins du Conseil que se présente ma tutrice de stage, le cœur déchiré entre des sentiments mitigés. Excitée comme jamais à l'idée de quitter le pays et de découvrir de nouvelles choses, mais également perturbée de laisser mes compagnons derrière moi et agacée d'avance de revoir la femme qui m'a laissé entre les mains une liste impossible à suivre.
Hier, je n'ai eu aucune minute pour moi. Il m'a fallu aller jusqu'à chez mes parents pour récupérer des affaires, leur demander de m'en prêter d'autres, essuyer les reproches de maman (« Et tu te préoccupes de ça la veille de ton départ ? ») qui a eu l'air drôlement amusé quand je lui ai dit que Howard, dont elle connait la réputation à travers ses travaux, ne m'avait pas précisé que nous partions en voyage avant aujourd'hui, et aller en catastrophe à Godric's Hollow pour m'acheter quelques ingrédients et autres matériels de camping que ma famille ne possédait évidemment pas. J'ai abandonné l'idée de me procurer les vêtements non-magiques qui étaient sur la liste mais j'ai accepté l'allonge sur mon argent du mois que papa m'a proposé pour pouvoir me les acheter quand j'en aurais l'occasion.
Avec un murmure agacé, j'enlève le sac à dos et le cale entre mes jambes, prenant appuie contre le mur en croisant les bras sur ma poitrine en attendant Arlene Howard. J'ai suffisamment d'avance pour qu'elle ne soit pas en retard, mais attendre m'agace tout de même. Si je suis aussi fébrile, c'est parce que je ne me sens pas prête. Je déteste ne pas être préparée. J'ai passé la nuit à potasser les livres que je lui ai emprunté, à me renseigner sur le pays dans lequel nous allons atterrir et à en apprendre davantage sur les lieux où nous allons nous rendre, mais que faire en une nuit ? Il s'est passé des semaines depuis notre entretien et son accord de me prendre comme stagiaire, des semaines durant lesquelles j'aurais eu le temps de me préparer si seulement j'avais été prévenue. Au point où j'en suis, je suis persuadée que c'est dans l'intérêt de Howard de me mettre des bâtons dans les roues. Mais j'ai beau réfléchir, je n'arrive pas à comprendre quel intérêt aurait une femme comme elle de saboter le stage d'une élève prometteuse.
Zikomo et moi avons convenu que l'Islande, d'autant plus dans un contexte professionnel comme celui-ci, ne conviendrait pas au Mngwi. Qu'aucun stagiaire ne se serait présenté avec son meilleur ami et que je devais moi également me passer de mon compagnon le plus proche, qu'importe qu'il ne soit pas plus gros qu'une souris et qu'il puisse se camoufler facilement dans mon sac ou sous mes vêtements. D'abord, je n'ai pas à imposer à mon ami un rythme qui l'oblige à se cacher constamment et il n'a pas à subir la pression de passer les contrôles de sécurité pour sortir du pays, ou ceux pour rentrer en Islande, et encore moins de prendre le risque de se faire voir par les moldus que nous allons immanquablement croiser et qui m'aurait valu à moi, sorcière responsable de ses actes, de méchantes interactions avec le Conseil des sorciers si une personne dénuée de magie posait ses yeux sur le petit renard d'encre. Aussi la décision a-t-elle été cohérente à prendre, mais pas moins douloureuse. Jamais depuis cinq ans qu'il est avec moi nous avons dû nous passer aussi longtemps de la compagnie l'un de l'autre.
« Mais tu vas faire quoi durant mon absence ? ai-je demandé à Zikomo, le cœur douloureux à l'idée de le quitter dans l'heure à venir.
— Je n'en ai aucune idée, m'a-t-il répondu, penaud, découvrir de nouveaux terrains de chasse, peut-être rendre visite à quelques vieux amis...
— Quels amis ? »
Mon ton jaloux lui a fait agiter les oreilles de façon comique.
« Des messagers des rêves, d'anciens élèves d'Uagadou, des connaissances. Tu sais, on ne peut qu'avoir des amis dans le monde entier lorsqu'on est aussi vieux que moi. Mais Nyakane veillera sur toi. »
L'oiseau-serpentaire et moi-même avons échangé un regard. À aucun moment nous nous sommes demandé s'il allait m'accompagner. Il semblait évident pour tout le monde que l'esprit allait vaquer à ses occupations, comme il l'a toujours fait. Après tout, tout esprit soit-il, sa présence doit autant rester discrète que celle de Zikomo. Nyakane a opiné du bec dans une mimique typiquement humaine piquée aux nombreux années qu'il a passé auprès de ceux de mon espèce :
« Je viendrai te rendre visite et te donner des nouvelles de Zikomo, a-t-il dit de son éternelle voix calme, avant d'ajouter comme je gardais le silence : sauf si tu ne préfères pas ?
— Non, ça me ferait plaisir. »
C'était sincère, mais j'ai aussitôt changé de sujet. Désormais, me voici avec mon sac allégé magiquement sur le dos, à patienter devant l'aire de départ des portoloins du Conseil que se présente ma tutrice de stage, le cœur déchiré entre des sentiments mitigés. Excitée comme jamais à l'idée de quitter le pays et de découvrir de nouvelles choses, mais également perturbée de laisser mes compagnons derrière moi et agacée d'avance de revoir la femme qui m'a laissé entre les mains une liste impossible à suivre.
Hier, je n'ai eu aucune minute pour moi. Il m'a fallu aller jusqu'à chez mes parents pour récupérer des affaires, leur demander de m'en prêter d'autres, essuyer les reproches de maman (« Et tu te préoccupes de ça la veille de ton départ ? ») qui a eu l'air drôlement amusé quand je lui ai dit que Howard, dont elle connait la réputation à travers ses travaux, ne m'avait pas précisé que nous partions en voyage avant aujourd'hui, et aller en catastrophe à Godric's Hollow pour m'acheter quelques ingrédients et autres matériels de camping que ma famille ne possédait évidemment pas. J'ai abandonné l'idée de me procurer les vêtements non-magiques qui étaient sur la liste mais j'ai accepté l'allonge sur mon argent du mois que papa m'a proposé pour pouvoir me les acheter quand j'en aurais l'occasion.
Avec un murmure agacé, j'enlève le sac à dos et le cale entre mes jambes, prenant appuie contre le mur en croisant les bras sur ma poitrine en attendant Arlene Howard. J'ai suffisamment d'avance pour qu'elle ne soit pas en retard, mais attendre m'agace tout de même. Si je suis aussi fébrile, c'est parce que je ne me sens pas prête. Je déteste ne pas être préparée. J'ai passé la nuit à potasser les livres que je lui ai emprunté, à me renseigner sur le pays dans lequel nous allons atterrir et à en apprendre davantage sur les lieux où nous allons nous rendre, mais que faire en une nuit ? Il s'est passé des semaines depuis notre entretien et son accord de me prendre comme stagiaire, des semaines durant lesquelles j'aurais eu le temps de me préparer si seulement j'avais été prévenue. Au point où j'en suis, je suis persuadée que c'est dans l'intérêt de Howard de me mettre des bâtons dans les roues. Mais j'ai beau réfléchir, je n'arrive pas à comprendre quel intérêt aurait une femme comme elle de saboter le stage d'une élève prometteuse.
Miðsumar - Dans l'abîme du jour
Le sac était rempli, il ne manquait plus qu'à quitter la maison. Il était tôt, trop tôt pour que les enfants soient levés. Mais Maddox ne s'encombrait plus d'un bisou d'au revoir depuis longtemps. Et Lance... Eh bien Lance survivrait. L'enfant trouverai sûrement quelque chose à faire de ses vacances sans sa mère. Il l'avait toujours fait. Dans le meilleur des cas, elle lui rapportera un petit quelque chose de son voyage pour compenser ses longues absences. Qui a besoin d'une mère quand on a des cadeaux ?
Prête, Arlene referme doucement la porte de la demeure derrière elle afin de ne réveiller personne et quitte le domaine. Une fois en dehors du périmètre de sécurité de la demeure, l'adulte transplane.
* * *
La sorcière, cachée sous son chapeau à larges bords, cherche des yeux sa stagiaire tout en faisant mine de cherche le portoloin. Elle espérait presque ne pas la voir afin d'avoir la bonne excuse pour partir seule. Malheureusement, une silhouette sombre à l'air contrarié semble l'attendre. Arlene soupire, déçue. Peut-être qu'elle aurait dû sélectionner un bon à rien afin de ne pas être encombré, ça aurait été sûrement plus malin.
Bon gré, mal gré, elle la rejoint, décidant d'elle-même d'entamer la conversation. Mais pas de bonjour, pas de fioritures. Seulement, la froideur perça au travers de sa voix, tant son mécontentement de la revoir était grand.
"As-tu trouvé le portoloin ?"
Arlene était confuse, incapable de deviner pourquoi plus le temps passait, plus la jeune fille lui déplaisait.
Troisième année - 14 ans - Préfet de Gryffondor - Couleur>8f3232
Prête, Arlene referme doucement la porte de la demeure derrière elle afin de ne réveiller personne et quitte le domaine. Une fois en dehors du périmètre de sécurité de la demeure, l'adulte transplane.
* * *
La sorcière, cachée sous son chapeau à larges bords, cherche des yeux sa stagiaire tout en faisant mine de cherche le portoloin. Elle espérait presque ne pas la voir afin d'avoir la bonne excuse pour partir seule. Malheureusement, une silhouette sombre à l'air contrarié semble l'attendre. Arlene soupire, déçue. Peut-être qu'elle aurait dû sélectionner un bon à rien afin de ne pas être encombré, ça aurait été sûrement plus malin.
Bon gré, mal gré, elle la rejoint, décidant d'elle-même d'entamer la conversation. Mais pas de bonjour, pas de fioritures. Seulement, la froideur perça au travers de sa voix, tant son mécontentement de la revoir était grand.
"As-tu trouvé le portoloin ?"
Arlene était confuse, incapable de deviner pourquoi plus le temps passait, plus la jeune fille lui déplaisait.
Troisième année - 14 ans - Préfet de Gryffondor - Couleur>8f3232

