Fichus gallois
Thomas était fier de bien peu de chose. Il était beau, drôle, intelligent, charmant, riche… et il oubliait sans nul doute d’autres choses.
Mais tout cela, il le devait à son patrimoine génétique et à son éducation, nullement à lui même. Il n’y avait aucune fierté à tirer d’un cadeau offert par ses parents.
La chose dont il était le plus fier avait été forgé jour après jour, entretenu avec difficulté.
Cette chose, c’était ce masque qu’il sentait vaciller.
Morgan était une forme vaporeuse. A chaque fois qu’il tentait de s’en saisir, ses doigts se refermaient dans le vide, et la belle dame se reconstituait.
Ils savaient que les rares fois où il la sentait palpable, il le devait à ce masque qu’il laissait s’effriter. Ce n’était pas une sensation agréable, bien au contraire. Il haïssait cela. Ô oui, il haïssait cela.
Thomas écouta Morgan sans jamais l’interrompre, car il savait ces quelques phrases regorgeaient de vérité. Et ce regard, ah, par Merlin… il en disait tellement plus qu’aucun autre mot.
Thomas déglutit, rompant le contact lorsque Morgan le fit. Elle ne voulait plus en parler, et c’était son droit le plus légitime. Il était toujours plus simples de contourner un obstacle.
Mais celui ci, Thomas voulait l’affronter.
« Passer à autre chose m'est bien plus désagréable encore que cette position, et croyez moi : j'ai essayé », répondit-il en tournant sa tête vers elle. Il glissa une main dans ses boucles blanches. « Cessons de tourner autour du pot, Morgan. Ce n’est pas mon genre, et je doute que ce soit le votre. »
Il reposa son coude sur le comptoir et pivota vers elle. « Vous me plaisez, vous le savez. Et je sais que je vous plais aussi. Sans quoi, vous auriez déjà englouti votre foutu whisky et vous en seriez allé. Ce whisky est infâme, et pourtant vous le buvez à petite gorgée. Pourquoi ? Parce que l’odeur putride de cette bicoque vous convient ? Allons, Morgan. Je ne suis pas idiot. Vous n’êtes pas encore parti, parce que vous en êtes incapable. Parce que je vous plais. »
Thomas se tût enfin. Il déglutit. Son cœur battait la chamade.
Mais pour rien au monde il n’aurait détourner le regard.
Il voulait voir ce que ses mots avaient provoqués en Morgan.
Mais tout cela, il le devait à son patrimoine génétique et à son éducation, nullement à lui même. Il n’y avait aucune fierté à tirer d’un cadeau offert par ses parents.
La chose dont il était le plus fier avait été forgé jour après jour, entretenu avec difficulté.
Cette chose, c’était ce masque qu’il sentait vaciller.
Morgan était une forme vaporeuse. A chaque fois qu’il tentait de s’en saisir, ses doigts se refermaient dans le vide, et la belle dame se reconstituait.
Ils savaient que les rares fois où il la sentait palpable, il le devait à ce masque qu’il laissait s’effriter. Ce n’était pas une sensation agréable, bien au contraire. Il haïssait cela. Ô oui, il haïssait cela.
Thomas écouta Morgan sans jamais l’interrompre, car il savait ces quelques phrases regorgeaient de vérité. Et ce regard, ah, par Merlin… il en disait tellement plus qu’aucun autre mot.
Thomas déglutit, rompant le contact lorsque Morgan le fit. Elle ne voulait plus en parler, et c’était son droit le plus légitime. Il était toujours plus simples de contourner un obstacle.
Mais celui ci, Thomas voulait l’affronter.
« Passer à autre chose m'est bien plus désagréable encore que cette position, et croyez moi : j'ai essayé », répondit-il en tournant sa tête vers elle. Il glissa une main dans ses boucles blanches. « Cessons de tourner autour du pot, Morgan. Ce n’est pas mon genre, et je doute que ce soit le votre. »
Il reposa son coude sur le comptoir et pivota vers elle. « Vous me plaisez, vous le savez. Et je sais que je vous plais aussi. Sans quoi, vous auriez déjà englouti votre foutu whisky et vous en seriez allé. Ce whisky est infâme, et pourtant vous le buvez à petite gorgée. Pourquoi ? Parce que l’odeur putride de cette bicoque vous convient ? Allons, Morgan. Je ne suis pas idiot. Vous n’êtes pas encore parti, parce que vous en êtes incapable. Parce que je vous plais. »
Thomas se tût enfin. Il déglutit. Son cœur battait la chamade.
Mais pour rien au monde il n’aurait détourner le regard.
Il voulait voir ce que ses mots avaient provoqués en Morgan.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Fichus gallois
Morgan resta un moment silencieuse, ses doigts crispés autour de son verre. Il pense m’avoir percée à jour. La colère montait en elle, et elle ne prit pas la peine de s’en cacher. N’est-ce pas cela qui voulait tant, une réaction de sa part ? Il se croit sûr de lui, pensa-t-elle. Dans ce bar, entourée par l’odeur rance des marécages, elle était chez elle, quand bien même elle en détestait le moindre centimètre de moisissure. Dans son monde. Par Circée, elle aurait même pu dire qu’elle se trouvait sur sa terre galloise. Pas lui.
Il lui plaisait ? Peut-être. Oui. Non. Qu’il aille se faire… !
Toute ses hésitations et ses incertitudes furent renvoyer dans le fin fond de ses pensées, balayées par le puissant instinct de préservation de la sorcière, qui avait sonné l’alarme. Il était allé trop loin pour qu'elle le laisse continuer sur cette route. Elle porta son verre à ses lèvres, savourant ce qui lui restait ce whisky infâme, non par goût, mais par défi, puis elle le reposa sur le comptoir avec force, sans jamais quitter Thomas des yeux.
« Vous croyez m’avoir démasquée ? commença-t-elle, sardonique. Vous croyez vraiment que, parce que je bois ce whisky à petites gorgées, cela signifie que vous me plaisez ? Que je suis incapable de partir loin de vous ? »
Elle laissa échapper un petit rire moqueur, un rictus se dessinant sur ses lèvres et se recula légèrement sur sa chaise, sans jamais briser le contact visuel.
« Vous ne comprenez visiblement rien, Thomas Sangblanc. Rien du tout. »
Ses mots étaient tranchants, dénués de toute douceur. Elle se redressa lentement, jetant un regard autour d’eux. Les sorciers mal fagotés, l’air fatigué, les murs usés par le temps, tout ici suintait la rudesse de la vie quotidienne, bien loin des fastes que l’homme devait connaître au quotidien.
« Laissez-moi vous rappeler quelque chose, dit-elle d'une voix plus calme mais résolue, ses yeux de nouveau fixés sur lui. Vous êtes peut-être habitué à ce que les gens cèdent à votre charme, à vos envies et vos certitudes… »
Elle posa un bras sur le comptoir, son corps légèrement tourné vers lui. « Mais ce bar ? Ce whisky ? Si je suis encore ici, c’est parce que je choisis de l’être, parce que j’ai simplement décidé d’y rester pour boire un whisky, aussi pourri soit-il, avant de me rendre dans un autre de ces endroits putrides. Vous êtes sur mon territoire, par l’inverse. Alors ne surestimez pas votre importance en ces lieux, et ne confondez pas de la sympathie avec de quelconques sentiments. Et si vous êtes tant frustré et inconfortable, alors vous devriez peut-être retourner à vos françaises. »
Elle pivota sur ses talons, décidée à partir. Assez joué.
Il lui plaisait ? Peut-être. Oui. Non. Qu’il aille se faire… !
Toute ses hésitations et ses incertitudes furent renvoyer dans le fin fond de ses pensées, balayées par le puissant instinct de préservation de la sorcière, qui avait sonné l’alarme. Il était allé trop loin pour qu'elle le laisse continuer sur cette route. Elle porta son verre à ses lèvres, savourant ce qui lui restait ce whisky infâme, non par goût, mais par défi, puis elle le reposa sur le comptoir avec force, sans jamais quitter Thomas des yeux.
« Vous croyez m’avoir démasquée ? commença-t-elle, sardonique. Vous croyez vraiment que, parce que je bois ce whisky à petites gorgées, cela signifie que vous me plaisez ? Que je suis incapable de partir loin de vous ? »
Elle laissa échapper un petit rire moqueur, un rictus se dessinant sur ses lèvres et se recula légèrement sur sa chaise, sans jamais briser le contact visuel.
« Vous ne comprenez visiblement rien, Thomas Sangblanc. Rien du tout. »
Ses mots étaient tranchants, dénués de toute douceur. Elle se redressa lentement, jetant un regard autour d’eux. Les sorciers mal fagotés, l’air fatigué, les murs usés par le temps, tout ici suintait la rudesse de la vie quotidienne, bien loin des fastes que l’homme devait connaître au quotidien.
« Laissez-moi vous rappeler quelque chose, dit-elle d'une voix plus calme mais résolue, ses yeux de nouveau fixés sur lui. Vous êtes peut-être habitué à ce que les gens cèdent à votre charme, à vos envies et vos certitudes… »
Elle posa un bras sur le comptoir, son corps légèrement tourné vers lui. « Mais ce bar ? Ce whisky ? Si je suis encore ici, c’est parce que je choisis de l’être, parce que j’ai simplement décidé d’y rester pour boire un whisky, aussi pourri soit-il, avant de me rendre dans un autre de ces endroits putrides. Vous êtes sur mon territoire, par l’inverse. Alors ne surestimez pas votre importance en ces lieux, et ne confondez pas de la sympathie avec de quelconques sentiments. Et si vous êtes tant frustré et inconfortable, alors vous devriez peut-être retourner à vos françaises. »
Elle pivota sur ses talons, décidée à partir. Assez joué.
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
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Fichus gallois
Thomas voulait voir ce que son aveu et ses présomptions allaient générer en Morgan, et il avait vu.
La colère, d’abord. Pourquoi, exactement ? Ah, Thomas pensait le savoir. Assurer avec autant d’audace avoir percé l’armure d’une femme aussi froide ne pouvait générer que la colère. Mais était-ce tout ?
A cela c’était mélangé la défiance : le whisky, l’appui des affirmations que Thomas pensait solide, avait été expédié sans que jamais Morgan ne rompe le contact visuel. Cette fierté, cette insolence, fit battre plus fort le cœur déjà agité de l’héritier.
Et alors que Morgan crachait sans pitié des mots destinés à enterrer Thomas sous sa propre arrogance, il se prit à la trouver plus belle que jamais. La froideur avec laquelle elle tranchait l’orgueil de Thomas, son rire moqueur, son dédain… il en restait sans voix.
Mais voilà que le show touchait à sa fin dans une phrase qui sonna le glas de la fierté de Thomas : "Vous ne comprenez visiblement rien, Thomas Sangblanc."
Le sorcier avait voulu être honnête et retirer son masque, et voilà qu’il payait le prix fort.
L’honnêteté est désuète. Il l’avait pourtant dit à sa sœur à plusieurs reprises. La ruse est l’arme la plus puissante en ce monde. Mentir est si simple, et offre tant de chemin. Et voilà qu’il avait trahi son propre credo par soucis d’honnêteté envers une femme.
Il n’y avait bien qu’elles pour l’abîmer de la sorte.
L’attaque se poursuivit, toujours plus violente, toujours plus sanglante. Thomas ne bougeait pas, son regard braqué sur Morgan. Il affrontait la tempête, sa mâchoire serrée bien malgré lui. Morgan était belle dans sa colère, mais pas seulement. Elle était honnête… mais pas envers elle même.
Il lui semblait voir une sorte de fêlure dans son joli masque de dédain. Une blessure, peut-être. C’était un pressentiment, et Thomas n’avait aucune carte en main pour vérifier cette hypothèse. Et le moment ne se prêtait aucunement à cela.
Et lorsque, enfin, la diatribe assassine prit fin, Thomas se surprit à respirer à nouveau. Morgan s’apprêtait à partir, a le planter ici, dans ce bar pourri, avec pour seule compagnie des ivrognes gaéliques et sa fierté sous le bras.
Il resta silencieux de longues secondes durant lesquelles il entendit son cœur battre à ses tempes.
Et lorsque enfin il reprit la parole, se fut avec sarcasme, quoi qu’avec un peu trop de rudesse non désiré :
« Ô mais je vous en prie, recevez l’expression de mes plus sincères excuses, ma Dame, égérie officielle des bars miteux de toute la Grande-Bretagne. Loin de moi l’idée d’avoir voulu vous faire part de mon ressenti à votre égard au sein de votre royaume. »
Thomas récupéra son verre entre ses doigts et expédia le contenu sans un regard pour Morgan.
Vexé, voilà ce qu’il était. Vexé et honteux comme un gamin sermonné.
« J’estimais seulement que vous étiez en droit de connaître le fond de ma pensée », ajouta t-il plus bas, chaque syllabe se détachant de sa langue avec une lenteur indésirable. « Et j’escomptais l’être également. »
Car, malgré cette soufflante monumentale, Thomas n’en démordrait pas : il plaisait à Morgan.
(527 mots)
La colère, d’abord. Pourquoi, exactement ? Ah, Thomas pensait le savoir. Assurer avec autant d’audace avoir percé l’armure d’une femme aussi froide ne pouvait générer que la colère. Mais était-ce tout ?
A cela c’était mélangé la défiance : le whisky, l’appui des affirmations que Thomas pensait solide, avait été expédié sans que jamais Morgan ne rompe le contact visuel. Cette fierté, cette insolence, fit battre plus fort le cœur déjà agité de l’héritier.
Et alors que Morgan crachait sans pitié des mots destinés à enterrer Thomas sous sa propre arrogance, il se prit à la trouver plus belle que jamais. La froideur avec laquelle elle tranchait l’orgueil de Thomas, son rire moqueur, son dédain… il en restait sans voix.
Mais voilà que le show touchait à sa fin dans une phrase qui sonna le glas de la fierté de Thomas : "Vous ne comprenez visiblement rien, Thomas Sangblanc."
Le sorcier avait voulu être honnête et retirer son masque, et voilà qu’il payait le prix fort.
L’honnêteté est désuète. Il l’avait pourtant dit à sa sœur à plusieurs reprises. La ruse est l’arme la plus puissante en ce monde. Mentir est si simple, et offre tant de chemin. Et voilà qu’il avait trahi son propre credo par soucis d’honnêteté envers une femme.
Il n’y avait bien qu’elles pour l’abîmer de la sorte.
L’attaque se poursuivit, toujours plus violente, toujours plus sanglante. Thomas ne bougeait pas, son regard braqué sur Morgan. Il affrontait la tempête, sa mâchoire serrée bien malgré lui. Morgan était belle dans sa colère, mais pas seulement. Elle était honnête… mais pas envers elle même.
Il lui semblait voir une sorte de fêlure dans son joli masque de dédain. Une blessure, peut-être. C’était un pressentiment, et Thomas n’avait aucune carte en main pour vérifier cette hypothèse. Et le moment ne se prêtait aucunement à cela.
Et lorsque, enfin, la diatribe assassine prit fin, Thomas se surprit à respirer à nouveau. Morgan s’apprêtait à partir, a le planter ici, dans ce bar pourri, avec pour seule compagnie des ivrognes gaéliques et sa fierté sous le bras.
Il resta silencieux de longues secondes durant lesquelles il entendit son cœur battre à ses tempes.
Et lorsque enfin il reprit la parole, se fut avec sarcasme, quoi qu’avec un peu trop de rudesse non désiré :
« Ô mais je vous en prie, recevez l’expression de mes plus sincères excuses, ma Dame, égérie officielle des bars miteux de toute la Grande-Bretagne. Loin de moi l’idée d’avoir voulu vous faire part de mon ressenti à votre égard au sein de votre royaume. »
Thomas récupéra son verre entre ses doigts et expédia le contenu sans un regard pour Morgan.
Vexé, voilà ce qu’il était. Vexé et honteux comme un gamin sermonné.
« J’estimais seulement que vous étiez en droit de connaître le fond de ma pensée », ajouta t-il plus bas, chaque syllabe se détachant de sa langue avec une lenteur indésirable. « Et j’escomptais l’être également. »
Car, malgré cette soufflante monumentale, Thomas n’en démordrait pas : il plaisait à Morgan.
(527 mots)
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
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Fichus gallois
Morgan s’immobilisa, les derniers mots de Thomas flottant dans l’air lourd entre eux. Elle tourna lentement la tête vers lui, une lueur glaciale illuminant ses yeux azur. Une part d’elle fut tentée de rire – mais pas d’un rire amusé. Non, un rire empreint de cynisme, celui qui naissait quand quelqu’un s’imaginait pouvoir lire en vous alors qu’il ne faisait que frôler la surface, se heurtant sans le savoir à des murs infranchissables. Mais était-ce réellement le cas ici ?
Elle plongea une main agacée dans sa poche, en sortit quelques pièces qu’elle jeta sur le comptoir sans cérémonie, le tintement métallique tranchant le silence pesant. Puis, sans avertissement, elle saisit fermement le bras de Thomas et le tira à l’extérieur, loin des oreilles indiscrètes et de l’odeur rance du pub.
« Le fond de votre pensée ? répéta-t-elle d’un ton sec. Elle marqua une pause et lâcha son bras. Vous êtes doué avec les mots, Thomas, je vous l’accorde. Mais les hommes comme vous savent bien jouer avec les vérités à moitié sincères pour obtenir ce qu’ils veulent. »
Elle ne bougea pas de sa position, mais reprit plus calmement. « Admettons que vous croyiez réellement à ce que vous dites. Alors quoi ? Vous attendez quoi de moi ? Que je me jette tête baissée dans une histoire pleine de complications et de désillusions ? Que je vacille à chacun de vos sourires ou que je me perde dans vos paroles ? Non. Merci. »
Ses propres mots lui provoquaient de la souffrance et semblait avoir un goût bien plus amer que sa précédente boisson dans le fond de sa gorge. Tais-toi. Va-t-en, Morgan. Arrête. Elle recula d’un pas, croisant les bras en signe de fermeture. « Thomas. Vous êtes séduisant, je ne vais pas prétendre le contraire. Mais je ne suis pas un rôle secondaire dans je ne sais quelle drame ou comédie que vous vous imaginez. Mon rôle de spectatrice indifférente me convient parfaitement. Et je n’ai pas l’intention de changer de position, même si cela vous paraît étrange depuis votre balcon princier. »
Elle inclina légèrement la tête, un éclat étrange dans ses yeux. « Vos ressentis – ou ce que vous prenez pour cela – ne m’intéressent pas. »
Du tourment. Emotion qu’elle effaça bien vite en reprenant son grand discours : « Maintenant, vous êtes ici pour une raison bien précise non ? Concentrez-vous là-dessus. Avec tout ce que vous venez de dire à l’intérieur, il est peu probable que ce barman, ou plutôt ce propriétaire, soit d’une quelconque aide à un étranger, encore moins après avoir insulté son whisky et son établissement devant lui. » Elle soupira. « Mon conseil : revenez plus tard avec un déguisement plus convaincant, ou laissez tomber cette piste. »
Je me suis permise la liberté de considérer que Thomas avait suivi Morgan vers l'extérieur, mais si cela ne te convient pas, je peux tout à fait refaire mon post
Elle plongea une main agacée dans sa poche, en sortit quelques pièces qu’elle jeta sur le comptoir sans cérémonie, le tintement métallique tranchant le silence pesant. Puis, sans avertissement, elle saisit fermement le bras de Thomas et le tira à l’extérieur, loin des oreilles indiscrètes et de l’odeur rance du pub.
« Le fond de votre pensée ? répéta-t-elle d’un ton sec. Elle marqua une pause et lâcha son bras. Vous êtes doué avec les mots, Thomas, je vous l’accorde. Mais les hommes comme vous savent bien jouer avec les vérités à moitié sincères pour obtenir ce qu’ils veulent. »
Elle ne bougea pas de sa position, mais reprit plus calmement. « Admettons que vous croyiez réellement à ce que vous dites. Alors quoi ? Vous attendez quoi de moi ? Que je me jette tête baissée dans une histoire pleine de complications et de désillusions ? Que je vacille à chacun de vos sourires ou que je me perde dans vos paroles ? Non. Merci. »
Ses propres mots lui provoquaient de la souffrance et semblait avoir un goût bien plus amer que sa précédente boisson dans le fond de sa gorge. Tais-toi. Va-t-en, Morgan. Arrête. Elle recula d’un pas, croisant les bras en signe de fermeture. « Thomas. Vous êtes séduisant, je ne vais pas prétendre le contraire. Mais je ne suis pas un rôle secondaire dans je ne sais quelle drame ou comédie que vous vous imaginez. Mon rôle de spectatrice indifférente me convient parfaitement. Et je n’ai pas l’intention de changer de position, même si cela vous paraît étrange depuis votre balcon princier. »
Elle inclina légèrement la tête, un éclat étrange dans ses yeux. « Vos ressentis – ou ce que vous prenez pour cela – ne m’intéressent pas. »
Du tourment. Emotion qu’elle effaça bien vite en reprenant son grand discours : « Maintenant, vous êtes ici pour une raison bien précise non ? Concentrez-vous là-dessus. Avec tout ce que vous venez de dire à l’intérieur, il est peu probable que ce barman, ou plutôt ce propriétaire, soit d’une quelconque aide à un étranger, encore moins après avoir insulté son whisky et son établissement devant lui. » Elle soupira. « Mon conseil : revenez plus tard avec un déguisement plus convaincant, ou laissez tomber cette piste. »
Je me suis permise la liberté de considérer que Thomas avait suivi Morgan vers l'extérieur, mais si cela ne te convient pas, je peux tout à fait refaire mon post
I cast happiness upon y'all — while robbing you of a few Galleons, of course.
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
#BotrucSuprématie #Le M c'est le S #4f246b
InRP, professeure remplaçante de DcFM arrivée le 1er juin 2051.
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Fichus gallois
Les doigts blancs de Morgan enroulés autour de son bras, Thomas la suivi jusqu’à l’extérieur. Il observait ses boucles noires se mouvoir au gré de ses pas rageurs. Il adorait cela. Il adorait voir la faible lumière du bar y danser comme des phalènes.
Mais voilà que sa rêverie prit fin aussi vite qu’elle débuta. Morgan attaquait, encore, et encore, et encore. Thomas ne la quittait pas des yeux. Avec lenteur, il croisa les bras, et étudia sans un mot la verbe cruelle de Morgan.
Thomas souriait.
Mais ce n’était pas par moquerie, ni par amusement.
C’était un sourire sincère.
Celui d’un homme conforté dans sa vérité.
Il lui plaisait.
Thomas l’observait comme un admire une tempête. Avec des yeux fascinés, et la conviction de se voir faucher en un battement de cil.
La tempête se fracassait contre les mêmes murs qu’elle avait un jour, dans une autre vie, bâtie. Dans une vie où, peut-être, tout avait été plus simple.
Lorsque prit fin les mots de Morgan la concernant elle - et le doux nuage où se tenait Thomas -, elle enchaîna sur ce qui les avait d’abord amené l’un à l’autre : Jacob.
Thomas se redressa. Son regard dévia un moment durant lequel il se maudissait de ne pas avoir encore mis la main sur son petit frère.
Morgan était la flamme qui lui permettait de ne pas se perdre dans l’obscurité que représentait cette quête. Elle vacillait, s’embrasait, s’éteignait… s’embrasait à nouveau, vacillait… et Thomas priait les Astres pour que jamais ô grand jamais elle ne s’éloigne trop longtemps.
« Vous avez raison », finit-il par dire. Il tourna à nouveau la tête vers elle. « Est-ce là ce que vous voulez entendre ? Très bien, je vous le répète alors : vous avez raison. »
Il s’approcha d’un pas.
« Vous avez raison concernant la raison première de ma présence ici. Et vous aviez raison de me sermonner lorsque j’ai osé tenter de vous psychanalyser. J’ai fait preuve d’une insolence que vous ne méritez pas… ou alors qu’à moitié. »
Il pencha la tête sur le côté, son regard planté sur elle. « En revanche, vous avez tort sur un point. » Il sourit à peine, presque tristement. « Je ne vous destine à aucun autre rôle que celui que vous incarnez déjà à la perfection. »
Thomas eu toutes les peines du monde à retenir ses doigts, se levant à peine pour venir caresser cette joue qui lui semblait si douce, si…
Mais il se retint. Une soufflante avait suffit. Ce soir, il ne souffrirait pas d’une claque en plus.
Thomas recula d’un pas, ses bras se décroisèrent. « Mais soit. J’ai été honnête avec vous, et vous l’avez été. Avec moi, tout du moins. Avec vous, c’est autre chose. Mais ! » Il leva les mains, pour arrêter tout potentiel retour de flamme. « C’est entre vous, et vous. Je n’ai pas ma place dans ce… de quoi s’agit-il ? D’un drame ? D’une tragédie ? Ah, qu’importe. Tout me va, tant que l’actrice est aussi charmante que vous. »
L’héritier offrit à Morgan son plus beau sourire, toutes dents dehors, ses petites canines pointues apparentes.
Le masque ne vacillerait plus ce soir.
Cela faisait trop mal.
Mais voilà que sa rêverie prit fin aussi vite qu’elle débuta. Morgan attaquait, encore, et encore, et encore. Thomas ne la quittait pas des yeux. Avec lenteur, il croisa les bras, et étudia sans un mot la verbe cruelle de Morgan.
Thomas souriait.
Mais ce n’était pas par moquerie, ni par amusement.
C’était un sourire sincère.
Celui d’un homme conforté dans sa vérité.
Il lui plaisait.
Thomas l’observait comme un admire une tempête. Avec des yeux fascinés, et la conviction de se voir faucher en un battement de cil.
La tempête se fracassait contre les mêmes murs qu’elle avait un jour, dans une autre vie, bâtie. Dans une vie où, peut-être, tout avait été plus simple.
Lorsque prit fin les mots de Morgan la concernant elle - et le doux nuage où se tenait Thomas -, elle enchaîna sur ce qui les avait d’abord amené l’un à l’autre : Jacob.
Thomas se redressa. Son regard dévia un moment durant lequel il se maudissait de ne pas avoir encore mis la main sur son petit frère.
Morgan était la flamme qui lui permettait de ne pas se perdre dans l’obscurité que représentait cette quête. Elle vacillait, s’embrasait, s’éteignait… s’embrasait à nouveau, vacillait… et Thomas priait les Astres pour que jamais ô grand jamais elle ne s’éloigne trop longtemps.
« Vous avez raison », finit-il par dire. Il tourna à nouveau la tête vers elle. « Est-ce là ce que vous voulez entendre ? Très bien, je vous le répète alors : vous avez raison. »
Il s’approcha d’un pas.
« Vous avez raison concernant la raison première de ma présence ici. Et vous aviez raison de me sermonner lorsque j’ai osé tenter de vous psychanalyser. J’ai fait preuve d’une insolence que vous ne méritez pas… ou alors qu’à moitié. »
Il pencha la tête sur le côté, son regard planté sur elle. « En revanche, vous avez tort sur un point. » Il sourit à peine, presque tristement. « Je ne vous destine à aucun autre rôle que celui que vous incarnez déjà à la perfection. »
Thomas eu toutes les peines du monde à retenir ses doigts, se levant à peine pour venir caresser cette joue qui lui semblait si douce, si…
Mais il se retint. Une soufflante avait suffit. Ce soir, il ne souffrirait pas d’une claque en plus.
Thomas recula d’un pas, ses bras se décroisèrent. « Mais soit. J’ai été honnête avec vous, et vous l’avez été. Avec moi, tout du moins. Avec vous, c’est autre chose. Mais ! » Il leva les mains, pour arrêter tout potentiel retour de flamme. « C’est entre vous, et vous. Je n’ai pas ma place dans ce… de quoi s’agit-il ? D’un drame ? D’une tragédie ? Ah, qu’importe. Tout me va, tant que l’actrice est aussi charmante que vous. »
L’héritier offrit à Morgan son plus beau sourire, toutes dents dehors, ses petites canines pointues apparentes.
Le masque ne vacillerait plus ce soir.
Cela faisait trop mal.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
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Fichus gallois
Si elle avait raison, pourquoi avait-elle cette si désagréable impression ? Qu’importe, elle avait dit tout ce qu’elle avait à dire. Tout ce qui avait été nécessaire de dire dans cette situation qui n’avait aucun sens. Elle savait qu’elle avait raison. Elle s’y accrochait comme à une ancre dans une mer agitée. Et pourtant, cette ancre ne la rassurait pas. Et l’honnêteté… Elle n’y croyait guère plus dans ce mot, et peut-être était-ce aussi là une partie du problème. Comme si l’humain était encore capable d’une telle chose, alors qu’il était bien plus aisé de se complaire dans les illusions – elle la première.
Tout le monde avait au moins un masque dans sa collection.
Elle le regarda, cet homme qui souriait désormais comme si tout cela n’avait été qu’un jeu. Une part d’elle aurait voulu lui répondre, lui offrir une phrase qui briserait le silence autrement qu’avec des pointes acérées. Mais cette part-là était bien trop enfouie sous ses propres défenses.
« Oh ça, dit-elle en reculant également d’un pas, je pense que vous n’aurez aucun problème à trouver une actrice même plus charmante que cela, voire plusieurs. Elle n’avait pu retenir une remarque mesquine, dans un espoir d’avoir gagné au moins une chose : le dernier mot. Au revoir Thomas. »
Puis elle disparut dans le bruit de craquement dans l’air.
Tout le monde avait au moins un masque dans sa collection.
Elle le regarda, cet homme qui souriait désormais comme si tout cela n’avait été qu’un jeu. Une part d’elle aurait voulu lui répondre, lui offrir une phrase qui briserait le silence autrement qu’avec des pointes acérées. Mais cette part-là était bien trop enfouie sous ses propres défenses.
« Oh ça, dit-elle en reculant également d’un pas, je pense que vous n’aurez aucun problème à trouver une actrice même plus charmante que cela, voire plusieurs. Elle n’avait pu retenir une remarque mesquine, dans un espoir d’avoir gagné au moins une chose : le dernier mot. Au revoir Thomas. »
Puis elle disparut dans le bruit de craquement dans l’air.
FIN.
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Fichus gallois
Elle était partie.
Morgan s’était envolé, emportant avec elle la volonté de sourire de Thomas.
L’héritier fixa un long moment devant lui. L’image de Morgan ne s’était pas encore tout à fait effacer pour lui, ni son odeur.
Thomas ferma finalement les yeux, et lâcha un profond soupir.
Elle ne comprenait pas, ou ne voulait pas comprendre. Cette dernière possibilité était la plus plausible… et la plus désagréable.
Thomas ne voulait pas d’autres femmes. Thomas la voulait elle. Il ne voulait pas avoir cent femmes pour lui, il en voulait une seule. Celle qui lui échappait à chaque fois qu’il sentait qu’il l’atteignait. Cette… peste.
Thomas enfonça ses mains dans ses poches, et leva le nez en l’air. Il resta là un long moment, le regard fixé sur les Astres. Autrefois, par mimétisme peut-être, Thomas laissait leur lumière bienfaitrice le caresser. Mère-Lune, disait sa propre génitrice, veillait sur ses enfants et apaisait leurs tourments. Thomas avait longtemps trouvé cette idée réconfortante.
Mais alors qu’elle scintillait dans les cieux, Thomas ne ressentait rien de plus qu’un profond vide au fond du cœur. Et aucun baiser céleste ne le remplirait. Celle qui en avait la possibilité s’était échappée.
Thomas inspira profondément. Il baissa les yeux sur ses pieds. Ses doigts glissèrent dans ses boucles blanches pour finalement se nouer derrière sa nuque.
Bien. Il était temps de repartir chasser le frère en perdition.
Mais avant cela, il lui fallait un verre de whisky.
Et du bon, cette fois.
Merci pour ce RP
Morgan s’était envolé, emportant avec elle la volonté de sourire de Thomas.
L’héritier fixa un long moment devant lui. L’image de Morgan ne s’était pas encore tout à fait effacer pour lui, ni son odeur.
Thomas ferma finalement les yeux, et lâcha un profond soupir.
Elle ne comprenait pas, ou ne voulait pas comprendre. Cette dernière possibilité était la plus plausible… et la plus désagréable.
Thomas ne voulait pas d’autres femmes. Thomas la voulait elle. Il ne voulait pas avoir cent femmes pour lui, il en voulait une seule. Celle qui lui échappait à chaque fois qu’il sentait qu’il l’atteignait. Cette… peste.
Thomas enfonça ses mains dans ses poches, et leva le nez en l’air. Il resta là un long moment, le regard fixé sur les Astres. Autrefois, par mimétisme peut-être, Thomas laissait leur lumière bienfaitrice le caresser. Mère-Lune, disait sa propre génitrice, veillait sur ses enfants et apaisait leurs tourments. Thomas avait longtemps trouvé cette idée réconfortante.
Mais alors qu’elle scintillait dans les cieux, Thomas ne ressentait rien de plus qu’un profond vide au fond du cœur. Et aucun baiser céleste ne le remplirait. Celle qui en avait la possibilité s’était échappée.
Thomas inspira profondément. Il baissa les yeux sur ses pieds. Ses doigts glissèrent dans ses boucles blanches pour finalement se nouer derrière sa nuque.
Bien. Il était temps de repartir chasser le frère en perdition.
Mais avant cela, il lui fallait un verre de whisky.
Et du bon, cette fois.
• FIN •
Merci pour ce RP
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050