Course d'ailes et de griffes
Léonie ne lui avait pas répondu. Pire, le sourire qu'elle lui avait adressé était plein de malice, de ceux qu'elle-même utilisait parfois lorsqu'elle faisait des farces, ou lorsqu'elle était avec Brett. Quand elle voulait faire planer un doute, ou embêter l'autre.
Élicia roula des yeux, amusée.
- Je peux dès à présent chercher un moyen de rentrer seule, Léonie ne va pas la lâcher.
Au rire de Thomas, la jeune fille rougit. Qu'avait-elle dit de... ? Oh. Il n'était pas Lord. Mince, quelle gaffe... Alors elle écouta les explications de l'homme, essayant d'oublier la chaleur de ses joues et la malaise que ça avait créé en elle. Elle devait montrer son assurance, hors de question de se laisser intimider.
- Dans ce cas, ça sera Lord quand même.
Ses joues étaient toujours teintées d'un voile rosé, mais son sourire se faisait plus malicieux, bien que moins marqué que celui de Léonie quelques instants plus tôt. Élicia replaça sa main correctement sur le bras de Thomas.
- Néanmoins, merci pour cette petite leçon Lord, je me coucherais moins idiote ce soir.
Et voilà qu'elle se mettait à donner des surnoms au frère d'Alice. Cette journée était véritablement pleine de surprise.
Tout en se dirigeant ensemble vers la tribune où se trouvaient les places privilégiées des Sangblanc, Élicia écouta avec attention la réponse de l'ancienne Serpentard.
- Je suis véritablement ravie de l'entendre. Bien sûr, je me doutais qu'il allait te falloir rattraper ton retard. En revanche je n'ai jamais imaginé que tu n'y arriverais pas, alors ce n'est pas tant une surprise. Toutes mes félicitations malgré tout.
Un point notamment avait retint son attention. Entrainement aux duels avec son frère... Ce frère, juste à côté d'elle. Intéressant.
- Tu t'entraines aux duels alors... C'est amusant, ça nous fait donc un point commun. Je n'ai néanmoins pas la chance d'avoir un pareil professeur.
Élicia coula un petit regard vers Thomas, un léger sourire charmeur étirant ses lèvres. Une nouvelle flatterie, une. Ce petit jeu était définitivement très plaisant.
Lorsqu'Alice lui retourna la question, la jeune fille tourna son visage vers elle.
- Plutôt bien également. Je n'avais pas d'examen, puisque j'ai passé mes BUSES l'année dernière, mais mon bulletin est plutôt correct. J'aspire à faire mieux l'année prochaine, surtout avec les Aspics, pour intégrer l'école de mon choix. Pour le moment je suis assez confiante, je sais quelles matières il va me falloir approfondir pour me donner toutes les chances de réussites.
Ses pensées se tournèrent vers les souvenirs de son année. Elle aurait pu parler de ses cours de français, de ses entrainements hebdomadaires aux duels avec Brett et... Eh bien, avec Aliosus. Était-ce vraiment une bonne idée de le mentionner ? La rousse ne voulait pas non plus trop en dire, de peur d'ennuyer ses deux interlocuteurs. Alors son regard se perdit devant elle, à la recherche de Léonie et d'Aimée.
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off
Élicia roula des yeux, amusée.
- Je peux dès à présent chercher un moyen de rentrer seule, Léonie ne va pas la lâcher.
Au rire de Thomas, la jeune fille rougit. Qu'avait-elle dit de... ? Oh. Il n'était pas Lord. Mince, quelle gaffe... Alors elle écouta les explications de l'homme, essayant d'oublier la chaleur de ses joues et la malaise que ça avait créé en elle. Elle devait montrer son assurance, hors de question de se laisser intimider.
- Dans ce cas, ça sera Lord quand même.
Ses joues étaient toujours teintées d'un voile rosé, mais son sourire se faisait plus malicieux, bien que moins marqué que celui de Léonie quelques instants plus tôt. Élicia replaça sa main correctement sur le bras de Thomas.
- Néanmoins, merci pour cette petite leçon Lord, je me coucherais moins idiote ce soir.
Et voilà qu'elle se mettait à donner des surnoms au frère d'Alice. Cette journée était véritablement pleine de surprise.
Tout en se dirigeant ensemble vers la tribune où se trouvaient les places privilégiées des Sangblanc, Élicia écouta avec attention la réponse de l'ancienne Serpentard.
- Je suis véritablement ravie de l'entendre. Bien sûr, je me doutais qu'il allait te falloir rattraper ton retard. En revanche je n'ai jamais imaginé que tu n'y arriverais pas, alors ce n'est pas tant une surprise. Toutes mes félicitations malgré tout.
Un point notamment avait retint son attention. Entrainement aux duels avec son frère... Ce frère, juste à côté d'elle. Intéressant.
- Tu t'entraines aux duels alors... C'est amusant, ça nous fait donc un point commun. Je n'ai néanmoins pas la chance d'avoir un pareil professeur.
Élicia coula un petit regard vers Thomas, un léger sourire charmeur étirant ses lèvres. Une nouvelle flatterie, une. Ce petit jeu était définitivement très plaisant.
Lorsqu'Alice lui retourna la question, la jeune fille tourna son visage vers elle.
- Plutôt bien également. Je n'avais pas d'examen, puisque j'ai passé mes BUSES l'année dernière, mais mon bulletin est plutôt correct. J'aspire à faire mieux l'année prochaine, surtout avec les Aspics, pour intégrer l'école de mon choix. Pour le moment je suis assez confiante, je sais quelles matières il va me falloir approfondir pour me donner toutes les chances de réussites.
Ses pensées se tournèrent vers les souvenirs de son année. Elle aurait pu parler de ses cours de français, de ses entrainements hebdomadaires aux duels avec Brett et... Eh bien, avec Aliosus. Était-ce vraiment une bonne idée de le mentionner ? La rousse ne voulait pas non plus trop en dire, de peur d'ennuyer ses deux interlocuteurs. Alors son regard se perdit devant elle, à la recherche de Léonie et d'Aimée.
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
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Course d'ailes et de griffes
Alice le sentait : ce petit jeu entre Elicia et Thomas finirait par lui devenir désagréable avant la fin de la journée. Thomas prenait bien trop de plaisir à jouer au charmant, et Elicia ne semblait éprouver aucune contrariété à l’idée d’être au bras d’un homme bien plus âgé qu’elle. Cette inconvenance lui aurait été fatale si elle avait été bien née.
Thomas envoyait des sourires carnassiers à Elicia. Il semblait apprécier le répondant de la jeune fille.
Alice, quant à elle, marchait un peu en retrait. Ses mains dans son dos, son regard droit, son menton levé, elle faisait mine de ne prêter aucune attention à ce singulier trio. Assez proche pour participer aux discussions qu’elle jugeait dignes, mais assez loin pour se détacher d’eux si elle le désirait. Une stratégie qui avait porté ses fruits plusieurs fois et, étonnement, toujours avec Thomas comme indésirable.
Alice, froide aux félicitations d’Elicia, arqua un sourcil en entendant sa réponse concernant les duels. Un point commun, disait-elle. Thomas, lui non plus, n’avait pas manqué l’information, ni la réplique charmeuse d’Elicia.
« Voyez vous cela… », murmura t-il dans un sourire félin. Il ne commenta pas plus, pour le moment, toute son attention captée par la réponse qui suivit.
Plutôt correct. Le terme plutôt correct avait été utilisé pour qualifier le bulletin scolaire d’Elicia. Alice se surprit à grincer des dents. Plutôt correct… et c’était assumé ! Face à un parfait étranger, de surcroît !
Et à voir la mine de Thomas, cet imperceptible et fugace froncement de sourcil, le tressaillement de la commissure de ses lèvres… Elicia n’en avait sans doute pas encore conscience, mais elle avait nourri grassement le félin joueur qui sommeillait en Thomas.
« Votre confiance vous honore, ma chère Elicia », répondit l’homme. Il serra un peu plus la main d’Elicia contre lui, faisant jouer des muscles de son avant bras pour se faire. « Vous savez… je suis moi même diplômé de la Grande Ecole de l’Art du Duel, et vous n’êtes pas sans savoir que l’intégration de cette prestigieuse école est réservée aux plus acharnés travailleurs… »
Son sourire se fit plus grand, oscillant entre la volonté de charmer et celle de dévorer tout cru un juteux petit tas de viande.
« Enfin… la journée est encore jeune, et je vous conseille de profiter pleinement de ce qu’elle vous réserve. Nous aurons tout le loisir de parler de mes honoraires après la course. »
Il gratifia Elicia d’un clin d’oeil, avant d’enfin daigner regarder sa soeur.
Alice le fustigeait d’un regard réprobateur. Et à cela, Thomas répondit d’un sourire coquin.
Peste soit de lui et de ses victimes peu farouche.
(441 mots)
Thomas envoyait des sourires carnassiers à Elicia. Il semblait apprécier le répondant de la jeune fille.
Alice, quant à elle, marchait un peu en retrait. Ses mains dans son dos, son regard droit, son menton levé, elle faisait mine de ne prêter aucune attention à ce singulier trio. Assez proche pour participer aux discussions qu’elle jugeait dignes, mais assez loin pour se détacher d’eux si elle le désirait. Une stratégie qui avait porté ses fruits plusieurs fois et, étonnement, toujours avec Thomas comme indésirable.
Alice, froide aux félicitations d’Elicia, arqua un sourcil en entendant sa réponse concernant les duels. Un point commun, disait-elle. Thomas, lui non plus, n’avait pas manqué l’information, ni la réplique charmeuse d’Elicia.
« Voyez vous cela… », murmura t-il dans un sourire félin. Il ne commenta pas plus, pour le moment, toute son attention captée par la réponse qui suivit.
Plutôt correct. Le terme plutôt correct avait été utilisé pour qualifier le bulletin scolaire d’Elicia. Alice se surprit à grincer des dents. Plutôt correct… et c’était assumé ! Face à un parfait étranger, de surcroît !
Et à voir la mine de Thomas, cet imperceptible et fugace froncement de sourcil, le tressaillement de la commissure de ses lèvres… Elicia n’en avait sans doute pas encore conscience, mais elle avait nourri grassement le félin joueur qui sommeillait en Thomas.
« Votre confiance vous honore, ma chère Elicia », répondit l’homme. Il serra un peu plus la main d’Elicia contre lui, faisant jouer des muscles de son avant bras pour se faire. « Vous savez… je suis moi même diplômé de la Grande Ecole de l’Art du Duel, et vous n’êtes pas sans savoir que l’intégration de cette prestigieuse école est réservée aux plus acharnés travailleurs… »
Son sourire se fit plus grand, oscillant entre la volonté de charmer et celle de dévorer tout cru un juteux petit tas de viande.
« Enfin… la journée est encore jeune, et je vous conseille de profiter pleinement de ce qu’elle vous réserve. Nous aurons tout le loisir de parler de mes honoraires après la course. »
Il gratifia Elicia d’un clin d’oeil, avant d’enfin daigner regarder sa soeur.
Alice le fustigeait d’un regard réprobateur. Et à cela, Thomas répondit d’un sourire coquin.
Peste soit de lui et de ses victimes peu farouche.
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Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Course d'ailes et de griffes
Élicia essayait tant bien que mal de ne pas penser à sa main posée sur le bras de Thomas. Outre le fait qu'elle ne tenait personne de cette manière lorsqu'elle marchait, pas même Brett... Eh bien il y avait Brett, et elle n'était pas sûre que ce soit très correct. Et puis, quand bien même, elle n'avait fait la connaissance du frère d'Alice que quelques minutes plus tôt, et un contact physique aussi poli soit-il avec un homme bien plus âgé qu'elle l'embarassait. Pourtant, elle faisait de son mieux pour l'ignorer, penser à autre chose, discuter... Ça serait néanmoins plus facile à faire si l'homme en question arrêtait de faire bouger ses muscles sous sa main, comme s'il voulait être certain qu'elle n'oublie pas sa présence à ses côtés. C'était réussi, et Élicia ne pouvait s'empêcher de se demander combien de femmes aurait voulu être à sa place, à marcher aux côtés de Thomas Sangblanc de cette manière.
Discrètement, ses yeux avaient glissé sur la main gauche de l'homme, cherchant un détail qui n'y figurait pas. Elle ne se souvenait pas exactement de l'âge des frères d'Alice, seulement qu'ils étaient plus âgés, et se trouvant aux côtés de l'aîné... Elle lui donnait une dizaine année de plus qu'elle, environ. En tant qu'héritier Sang-Pur, n'aurait-il pas dû être marié ?
Ne souhaitant pas éparpiller ses pensées à l'égard de ses compagnons et de leur discussion, la jeune sorcière mit de côté sa réflexion et écouta attentivement Thomas. Il était donc diplômé de la GEAD... Belle coïncidence, ou petit plus du Destin, elle n'aurait su le dire. Voilà un contact qui lui serait très certainement utile. Cependant, dans les mots qu'il avait employé, elle avait l'impression qu'il... Eh bien, qu'il la sous-estimait. Ne la croyait-il donc pas capable d'intégrer cette prestigieuse école ? Il était vrai qu'il ne la connaissait pas, et même Alice ne savait pas à quel point elle s'entrainait. Peut-être que la manière dont elle avait décrit son bulletin avait laissé pensé qu'il ne lui permettrait pas d'intégrer l'école de duel. Pourtant, elle avait eu un O en Défense Contre les Forces du Mal, et un E dans le reste de ses matières... Nul doute que l'an prochain, elle donnerait toute son énergie à augmenter ces moyennes. Elle était certaine d'entrer dans l'école qu'elle avait choisi si elle arrivait à obtenir un aussi bon bulletin, mais que ferait-elle si ce n'était pas le cas ?
- Oh, je suis certaine que mon bulletin me permettra de l'intégrer. Je sais quelles sont les matières sur lesquelles je dois le plus travailler, et je n'ai pas prévu d'abandonner mon objectif, assura-t-elle. Vous serez surpris de voir à quel point je peux être déterminée, quand quelque chose me tient à cœur.
Ces derniers mots n'étaient pas adressés à Thomas. Enfin, d'une certaine manière c'était le cas, mais elle espérait surtout qu'Alice comprendrait le sous-entendu. Hors de question de parler du Merlin ici, avec Léonie et Aimée dans le coin certes, mais avec son frère encore moins. La rouquine préférait de loin la prudence.
Mais l'héritier avait raison : il n'était pas nécessaire d'avoir des conversations aussi formelles, ils étaient là pour passer du bon temps grâce au joli stratagème de Léonie. Élicia était bien décidée à profiter de chaque moment de son voyage en France, et si passer une journée avec Alice, son frère et Léonie ne faisait pas partie de ce qu'elle avait imaginé en venant ici, elle était ravie de cette surprise.
- Oui bien sûr, chaque chose en son temps.
Ils arrivaient justement dans ce qui semblait être leur tribune. Plus hautes que les autres, elle donnait une vue d'ensemble sur le départ de la course, niché au sommet d'un col entre deux montagnes. La première était celle qui accueillait les gradins. L'autre, en face, était aménagée de sorte à ce qu'un écran de fumée géant montre en direct l'avancée des coureurs sur le circuit. Entre ces deux montagnes se trouvait un lac à l'eau cristalline qui s'évanouissait plus d'une kilomètre plus loin, sur la droite de la tribune, remplacé par un nouveau col.
L'écran de fumée, encore blanc, ramenait dans l'esprit d'Élicia un souvenir qu'elle préférerait oublier. Les Lignées avaient utilisé le même outil afin que chaque individu présent dans la Grande Salle le jour de l'épreuve du Dominion puisse suivre celle-ci en direct... et assister aux combats entre élèves qui s'y jouaient. Elle avait vu ses camarades, elle avait vu des gens à peine plus âgés qu'elle à l'époque se battre et certains en mourir. Penser qu'Aimée avait été présente dans ce labyrinthe infernal, en présence d'élèves particulièrement dangereux lui donnait la nausée, aussi fit-elle en sorte de sortir ces images de son esprit.
Son amie se trouvait justement quelques mètres devant, et tenait le bras de Léonie en lui chuchotant quelque chose à l'oreille. Cette vision fit sourire la rouquine : malgré tout ce qu'elle avait vécu, la française était encore un rayon de soleil, et la proximité de Mademoiselle de Beauvais y était certainement lié.
Après avoir contemplé, émerveillée, le magnifique paysage des Alpes qui s'offrait à elle, Élicia se tourna vers les deux Sangblanc, un doux sourire aux lèvres.
- C'est la première fois que j'assiste à une course. La première fois que je viens dans les Alpes également. Combiner les deux en un évènement est tout simplement merveilleux. Et je ne parle même pas de faire ces découvertes en aussi bonne compagnie. Je suis navrée que ça ait été une surprise pour toi, mais je suis réellement ravie de te revoir Alice.
Exprimer ses sentiments n'étaient peut-être pas une bonne idée, mais elle préférait être sincère que trop froide. Quitte à passer du temps tous ensemble, elle préférait qu'il se passe de la plus merveilleuse des manières.
- Vous venez souvent encourager votre tante ? demanda-t-elle comme pour alléger les paroles qu'elle avait prononcés quelques secondes plus tôt.
La rouquine préféra s'abstenir de révéler qu'elle ne savait toujours pas ce qu'elle allait voir.
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
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Discrètement, ses yeux avaient glissé sur la main gauche de l'homme, cherchant un détail qui n'y figurait pas. Elle ne se souvenait pas exactement de l'âge des frères d'Alice, seulement qu'ils étaient plus âgés, et se trouvant aux côtés de l'aîné... Elle lui donnait une dizaine année de plus qu'elle, environ. En tant qu'héritier Sang-Pur, n'aurait-il pas dû être marié ?
Ne souhaitant pas éparpiller ses pensées à l'égard de ses compagnons et de leur discussion, la jeune sorcière mit de côté sa réflexion et écouta attentivement Thomas. Il était donc diplômé de la GEAD... Belle coïncidence, ou petit plus du Destin, elle n'aurait su le dire. Voilà un contact qui lui serait très certainement utile. Cependant, dans les mots qu'il avait employé, elle avait l'impression qu'il... Eh bien, qu'il la sous-estimait. Ne la croyait-il donc pas capable d'intégrer cette prestigieuse école ? Il était vrai qu'il ne la connaissait pas, et même Alice ne savait pas à quel point elle s'entrainait. Peut-être que la manière dont elle avait décrit son bulletin avait laissé pensé qu'il ne lui permettrait pas d'intégrer l'école de duel. Pourtant, elle avait eu un O en Défense Contre les Forces du Mal, et un E dans le reste de ses matières... Nul doute que l'an prochain, elle donnerait toute son énergie à augmenter ces moyennes. Elle était certaine d'entrer dans l'école qu'elle avait choisi si elle arrivait à obtenir un aussi bon bulletin, mais que ferait-elle si ce n'était pas le cas ?
- Oh, je suis certaine que mon bulletin me permettra de l'intégrer. Je sais quelles sont les matières sur lesquelles je dois le plus travailler, et je n'ai pas prévu d'abandonner mon objectif, assura-t-elle. Vous serez surpris de voir à quel point je peux être déterminée, quand quelque chose me tient à cœur.
Ces derniers mots n'étaient pas adressés à Thomas. Enfin, d'une certaine manière c'était le cas, mais elle espérait surtout qu'Alice comprendrait le sous-entendu. Hors de question de parler du Merlin ici, avec Léonie et Aimée dans le coin certes, mais avec son frère encore moins. La rouquine préférait de loin la prudence.
Mais l'héritier avait raison : il n'était pas nécessaire d'avoir des conversations aussi formelles, ils étaient là pour passer du bon temps grâce au joli stratagème de Léonie. Élicia était bien décidée à profiter de chaque moment de son voyage en France, et si passer une journée avec Alice, son frère et Léonie ne faisait pas partie de ce qu'elle avait imaginé en venant ici, elle était ravie de cette surprise.
- Oui bien sûr, chaque chose en son temps.
Ils arrivaient justement dans ce qui semblait être leur tribune. Plus hautes que les autres, elle donnait une vue d'ensemble sur le départ de la course, niché au sommet d'un col entre deux montagnes. La première était celle qui accueillait les gradins. L'autre, en face, était aménagée de sorte à ce qu'un écran de fumée géant montre en direct l'avancée des coureurs sur le circuit. Entre ces deux montagnes se trouvait un lac à l'eau cristalline qui s'évanouissait plus d'une kilomètre plus loin, sur la droite de la tribune, remplacé par un nouveau col.
L'écran de fumée, encore blanc, ramenait dans l'esprit d'Élicia un souvenir qu'elle préférerait oublier. Les Lignées avaient utilisé le même outil afin que chaque individu présent dans la Grande Salle le jour de l'épreuve du Dominion puisse suivre celle-ci en direct... et assister aux combats entre élèves qui s'y jouaient. Elle avait vu ses camarades, elle avait vu des gens à peine plus âgés qu'elle à l'époque se battre et certains en mourir. Penser qu'Aimée avait été présente dans ce labyrinthe infernal, en présence d'élèves particulièrement dangereux lui donnait la nausée, aussi fit-elle en sorte de sortir ces images de son esprit.
Son amie se trouvait justement quelques mètres devant, et tenait le bras de Léonie en lui chuchotant quelque chose à l'oreille. Cette vision fit sourire la rouquine : malgré tout ce qu'elle avait vécu, la française était encore un rayon de soleil, et la proximité de Mademoiselle de Beauvais y était certainement lié.
Après avoir contemplé, émerveillée, le magnifique paysage des Alpes qui s'offrait à elle, Élicia se tourna vers les deux Sangblanc, un doux sourire aux lèvres.
- C'est la première fois que j'assiste à une course. La première fois que je viens dans les Alpes également. Combiner les deux en un évènement est tout simplement merveilleux. Et je ne parle même pas de faire ces découvertes en aussi bonne compagnie. Je suis navrée que ça ait été une surprise pour toi, mais je suis réellement ravie de te revoir Alice.
Exprimer ses sentiments n'étaient peut-être pas une bonne idée, mais elle préférait être sincère que trop froide. Quitte à passer du temps tous ensemble, elle préférait qu'il se passe de la plus merveilleuse des manières.
- Vous venez souvent encourager votre tante ? demanda-t-elle comme pour alléger les paroles qu'elle avait prononcés quelques secondes plus tôt.
La rouquine préféra s'abstenir de révéler qu'elle ne savait toujours pas ce qu'elle allait voir.
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Course d'ailes et de griffes
Sans s’émouvoir sur la beauté enchanteresse des Alpes, Alice s’avança vers les tribunes. Elle lissa sa robe sous elle et s’assied. Naturellement, ses genoux se plièrent vers la droite, et son dos se fit plus droit.
Chose faite, elle répondit à Elicia.
« Le plaisir est partagé, Elicia », répondit-elle. Son regard dévia vers Léonie et Aimée. « Je pourrais dire que depuis que je fréquente Léonie, je suis habituée aux surprises… mais ce serait un mensonge. Enfin. Ce qui est fait est fait. Le plaisir n’en demeure pas amoindri. »
Thomas se pencha un peu vers Elicia pour lui parler plus bas, tout en sachant que sa sœur entendrait chacun de ses mots.
« Ma jeune sœur abhorre tout ce qui échappe à son contrôle. Mais si vous la connaissez, je ne vous apprends rien. »
Il se redressa, accueillant dans un sourire le regard agacé d’Alice.
Thomas regardait autour de lui. Il invita Elicia à s’asseoir, lui présentant la place à côté d’Alice d’un lent déploiement de ses doigts opalins. « Autant que faire ce peut », répondit-il a la question d’Elicia. « Je l’accompagne régulièrement lorsqu’il faut voyager pour assister aux différentes courses, dans différents pays. Au niveau professionnel, les voyages sont fréquents, voyez vous. Italie, Espagne, Grèce, Islande, Norvège… Autant de lieux merveilleux pour accueillir des courses prestigieuses. »
Alice jeta un sourire moqueur à son frère. « Privilège d’héritier sans attache ni descendance » dit-elle pour son Thomas, avant de baisser la tête pour regarder Elicia. « Pour ma part, les occasions d’observer ces courses sont rares. Aujourd’hui, c’est la première fois de cette année, et il me faudra sans doute attendre l’an prochain pour revenir… si tant est que tante Élise ne se rompe pas le cou lors de cette chevauchée. »
Alice sourit à Elicia, avant de détourner le regard pour fixer son regard sur l’horizon.
Thomas considéra un moment sa jeune soeur, tout en ajoutant quelques précisions pour Elicia. « Rassurez vous, Elicia. Ce genre d’accident n’arrive que peu. Mais cela arrive. » Il sourit, ajustant son chapeau fédora sur ses boucles blanches. « C’est d’ailleurs ainsi que le premier mari de notre tante perdit la vie. Une mauvaise chute, et paf, une veuve. »
Alice haussa les sourcils, avant de les froncer pour sermonner son frère
. « — La mort d’un proche n’est pas sujet à plaisanterie.
— Tu es culotté. C’est toi qui a commencé.
— J’ai évoqué une possibilité. Pas un fait. Et je n’ai certes pas visé un proche.
— Bah, Jurian aurait préféré nos rires à nos larmes. » Thomas jeta une œillade à Elicia, un sourire coquin étirant ses lèvres. « N’êtes-vous pas d’accord, Elicia ? »
Alice darda son regard sur la rousse.
Chose faite, elle répondit à Elicia.
« Le plaisir est partagé, Elicia », répondit-elle. Son regard dévia vers Léonie et Aimée. « Je pourrais dire que depuis que je fréquente Léonie, je suis habituée aux surprises… mais ce serait un mensonge. Enfin. Ce qui est fait est fait. Le plaisir n’en demeure pas amoindri. »
Thomas se pencha un peu vers Elicia pour lui parler plus bas, tout en sachant que sa sœur entendrait chacun de ses mots.
« Ma jeune sœur abhorre tout ce qui échappe à son contrôle. Mais si vous la connaissez, je ne vous apprends rien. »
Il se redressa, accueillant dans un sourire le regard agacé d’Alice.
Thomas regardait autour de lui. Il invita Elicia à s’asseoir, lui présentant la place à côté d’Alice d’un lent déploiement de ses doigts opalins. « Autant que faire ce peut », répondit-il a la question d’Elicia. « Je l’accompagne régulièrement lorsqu’il faut voyager pour assister aux différentes courses, dans différents pays. Au niveau professionnel, les voyages sont fréquents, voyez vous. Italie, Espagne, Grèce, Islande, Norvège… Autant de lieux merveilleux pour accueillir des courses prestigieuses. »
Alice jeta un sourire moqueur à son frère. « Privilège d’héritier sans attache ni descendance » dit-elle pour son Thomas, avant de baisser la tête pour regarder Elicia. « Pour ma part, les occasions d’observer ces courses sont rares. Aujourd’hui, c’est la première fois de cette année, et il me faudra sans doute attendre l’an prochain pour revenir… si tant est que tante Élise ne se rompe pas le cou lors de cette chevauchée. »
Alice sourit à Elicia, avant de détourner le regard pour fixer son regard sur l’horizon.
Thomas considéra un moment sa jeune soeur, tout en ajoutant quelques précisions pour Elicia. « Rassurez vous, Elicia. Ce genre d’accident n’arrive que peu. Mais cela arrive. » Il sourit, ajustant son chapeau fédora sur ses boucles blanches. « C’est d’ailleurs ainsi que le premier mari de notre tante perdit la vie. Une mauvaise chute, et paf, une veuve. »
Alice haussa les sourcils, avant de les froncer pour sermonner son frère
. « — La mort d’un proche n’est pas sujet à plaisanterie.
— Tu es culotté. C’est toi qui a commencé.
— J’ai évoqué une possibilité. Pas un fait. Et je n’ai certes pas visé un proche.
— Bah, Jurian aurait préféré nos rires à nos larmes. » Thomas jeta une œillade à Elicia, un sourire coquin étirant ses lèvres. « N’êtes-vous pas d’accord, Elicia ? »
Alice darda son regard sur la rousse.
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Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
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Course d'ailes et de griffes
La foule commençait à se former dans les gradins sous les yeux émerveillés d'Élicia. Le panorama en contrebas était à couper le souffle. Elle observait minutieusement chaque forme du relief qui s'offrait à sa vue, dans l'espoir d'être capable de le dessiner plus tard, lorsqu'elle aurait le temps et que ses souvenirs commenceraient à lui faire défaut. Pour garder une trace de cette journée.
Alice s'était assise, ses genoux repliés sur le côté, comme elle l'avait tant vu le faire. Certaines choses ne changeaient jamais, et l'élégance de son ancienne camarade en faisait partie. L'anglaise n'avait jamais su comment il était possible de rester dans une position si admirable et pourtant si désagréable, et la jeune Sangblanc donnait l'impression que c'était l'une des choses les plus faciles du monde.
Aux mots d'Alice, Élicia acquiesça, rassurée qu'elle ne soit pas vexée ou déçue de cette rencontre inattendue.
Je suis ravie de l'entendre. Mais faisons en sorte qu'il n'y ait plus de surprise de la journée, qu'elle soit agréable pour tous.
Les mots de Thomas, chuchotés à son oreille, lui tirèrent un sourire. Néanmoins elle ne renchérit pas, connaissant suffisamment Alice pour savoir que son frère avait raison, et que ce n'était pas son rôle de faire le moindre commentaire.
La jeune fille s'assit donc à côté de la jeune Sangblanc en remerciant d'un hochement de tête l'invitation de l'aîné. Elle fit de son mieux pour se positionner correctement, aussi droite qu'elle le pouvait, comme une pâle imitation de sa voisine. Ses mains, dont elle ne savait quoi faire, se glissèrent sur ses cuisses et s'y retrouvèrent. Elle croisa ses doigts et releva la tête pour écouter la réponse de Thomas à sa question, puis la tourna vers Alice lorsque se fut à elle de répondre. Elle ne put réprimer une grimace à la fin de l'explication de cette dernière, malgré le sourire qu'elle lui adressait. La légèreté qu'avait emprunté Alice dans ses derniers mots contrastait violemment avec leur sens, renforçant le malaise d'Élicia. Par Merlin, elle ne souhaitait nullement être témoin d'une telle horreur...
Elle aurait sans doute laissé les deux frère et sœur à leur joute verbale, observant à son tour le paysage, si Thomas ne s'était pas finalement adressé à elle. Ses yeux se décrochèrent des deux françaises qui discutaient contre la barrière quelques mètres plus loin, et croisa celui d'Alice. Voilà qu'elle se trouvait dans une situation bien délicate...
- Eh bien, commença-t-elle, cherchant ses mots. J'imagine que chacun gère son deuil différemment. Je pense que beaucoup préfèrerait qu'on se rappelle d'eux avec le sourire, mais leur absence peut rester un sujet sensible. Je ne le connaissais pas, alors je ne saurais dire ce qu'il aurait préféré.
Ce deuil, elle ne l'avait encore jamais ressenti. Et c'était tant mieux. Mais voilà que la discussion avait laissé sur son cœur un voile de mélancolie qui n'aurait pas du s'installer en cette si belle journée.
- Voilà un sujet bien sinistre...ajouta-t-elle dans un murmure. Votre tante doit être heureuse de vous avoir comme supporters aussi dévoués. Puis elle se tourna vers Thomas, son sourire réapparaissant sur son visage. Alors comme ça, vous avez beaucoup voyagé. Je vous envie. Puis elle se tourna vers son ancienne camarade, curieuse. J'imagine que c'est ton cas aussi, Alice ?
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Alice s'était assise, ses genoux repliés sur le côté, comme elle l'avait tant vu le faire. Certaines choses ne changeaient jamais, et l'élégance de son ancienne camarade en faisait partie. L'anglaise n'avait jamais su comment il était possible de rester dans une position si admirable et pourtant si désagréable, et la jeune Sangblanc donnait l'impression que c'était l'une des choses les plus faciles du monde.
Aux mots d'Alice, Élicia acquiesça, rassurée qu'elle ne soit pas vexée ou déçue de cette rencontre inattendue.
Je suis ravie de l'entendre. Mais faisons en sorte qu'il n'y ait plus de surprise de la journée, qu'elle soit agréable pour tous.
Les mots de Thomas, chuchotés à son oreille, lui tirèrent un sourire. Néanmoins elle ne renchérit pas, connaissant suffisamment Alice pour savoir que son frère avait raison, et que ce n'était pas son rôle de faire le moindre commentaire.
La jeune fille s'assit donc à côté de la jeune Sangblanc en remerciant d'un hochement de tête l'invitation de l'aîné. Elle fit de son mieux pour se positionner correctement, aussi droite qu'elle le pouvait, comme une pâle imitation de sa voisine. Ses mains, dont elle ne savait quoi faire, se glissèrent sur ses cuisses et s'y retrouvèrent. Elle croisa ses doigts et releva la tête pour écouter la réponse de Thomas à sa question, puis la tourna vers Alice lorsque se fut à elle de répondre. Elle ne put réprimer une grimace à la fin de l'explication de cette dernière, malgré le sourire qu'elle lui adressait. La légèreté qu'avait emprunté Alice dans ses derniers mots contrastait violemment avec leur sens, renforçant le malaise d'Élicia. Par Merlin, elle ne souhaitait nullement être témoin d'une telle horreur...
Elle aurait sans doute laissé les deux frère et sœur à leur joute verbale, observant à son tour le paysage, si Thomas ne s'était pas finalement adressé à elle. Ses yeux se décrochèrent des deux françaises qui discutaient contre la barrière quelques mètres plus loin, et croisa celui d'Alice. Voilà qu'elle se trouvait dans une situation bien délicate...
- Eh bien, commença-t-elle, cherchant ses mots. J'imagine que chacun gère son deuil différemment. Je pense que beaucoup préfèrerait qu'on se rappelle d'eux avec le sourire, mais leur absence peut rester un sujet sensible. Je ne le connaissais pas, alors je ne saurais dire ce qu'il aurait préféré.
Ce deuil, elle ne l'avait encore jamais ressenti. Et c'était tant mieux. Mais voilà que la discussion avait laissé sur son cœur un voile de mélancolie qui n'aurait pas du s'installer en cette si belle journée.
- Voilà un sujet bien sinistre...ajouta-t-elle dans un murmure. Votre tante doit être heureuse de vous avoir comme supporters aussi dévoués. Puis elle se tourna vers Thomas, son sourire réapparaissant sur son visage. Alors comme ça, vous avez beaucoup voyagé. Je vous envie. Puis elle se tourna vers son ancienne camarade, curieuse. J'imagine que c'est ton cas aussi, Alice ?
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
Red hair, the crown you never take off
Course d'ailes et de griffes
Frère et soeur attendaient la réponse d’Elicia, car sa prise de position donnerait raison à l’un ou à l’autre. Et qu’il s’agisse de Thomas ou d’Alice, chacun la revendiquait comme un chef d’armée revendiquait un emplacement stratégique dans une guerre sempiternelle.
Lorsque la réponse tomba, les Sangblanc haussèrent un sourcil en choeur. Elicia avait fait le choix de ne décevoir personne et, de ce fait, ne donnait satisfaction à aucun. Ils se jetèrent une oeillade, conscients de leur propre frustration, avant de s’échanger un sourire complice.
Thomas s’adossa à la rembarre dans son dos, ses doigts glissant autour pour se tenir. Il sourit aux mots d’Elicia. Un changement de sujet. Comme c’était original.
Mais celui ci plaisait à Thomas. Évidemment : il pouvait parler de lui.
Alice préféra répondre avant que Thomas ne se lance dans ses souvenirs de voyage.
« Pas autant que ma tante », répondit-elle, ses yeux plantés sur Elicia. Ce qu’elle pouvait être proche… « Le Danemark avec Thomas dans le domaine de mon cousin Søren…Capri en Italie avec la famille de Damiano… la Hongrie avec Thomas et mon cousin danois pour contempler le lieu de vie des Magyars à pointes… et cette année, la Sibérie, pour rendre visite à mon cousin russe. » Alice sourit. Finalement, Alice avait vu bien des pays, et n’avait pas à rougir.
Finalement, Thomas ne dit mot. Il se contenta de sourire, et de se tourner dos aux deux jeunes filles pour observer le paysage.
C’était curieux.
Alice fixa le dos de son frère un instant, avant de revenir à la jolie rousse.
« Voyager est important. Pas seulement pour la contemplation des paysages… mais également pour la compréhension du monde qui nous entoure. Toi plus que n’importe quel Sang-Pur devrait comprendre la nécessité de la compréhension des autres, n’est-ce pas ? »
Alice remarqua un léger mouvement dans les épaules de Thomas avant qu’il ne jette un regard à Elicia. Il se tourna un peu, sa hanche appuyé sur la rembarre.
« Non… une Sang-Mêlé ? »
Un sourire souleva la commissure des lèvres de Thomas et haussa sa pommette. Ce n’était pas le sourire d’un prédateur face à une proie exposée, aussi Alice ne jeta aucun regard désapprobateur à son frère.
Lorsque la réponse tomba, les Sangblanc haussèrent un sourcil en choeur. Elicia avait fait le choix de ne décevoir personne et, de ce fait, ne donnait satisfaction à aucun. Ils se jetèrent une oeillade, conscients de leur propre frustration, avant de s’échanger un sourire complice.
Thomas s’adossa à la rembarre dans son dos, ses doigts glissant autour pour se tenir. Il sourit aux mots d’Elicia. Un changement de sujet. Comme c’était original.
Mais celui ci plaisait à Thomas. Évidemment : il pouvait parler de lui.
Alice préféra répondre avant que Thomas ne se lance dans ses souvenirs de voyage.
« Pas autant que ma tante », répondit-elle, ses yeux plantés sur Elicia. Ce qu’elle pouvait être proche… « Le Danemark avec Thomas dans le domaine de mon cousin Søren…Capri en Italie avec la famille de Damiano… la Hongrie avec Thomas et mon cousin danois pour contempler le lieu de vie des Magyars à pointes… et cette année, la Sibérie, pour rendre visite à mon cousin russe. » Alice sourit. Finalement, Alice avait vu bien des pays, et n’avait pas à rougir.
Finalement, Thomas ne dit mot. Il se contenta de sourire, et de se tourner dos aux deux jeunes filles pour observer le paysage.
C’était curieux.
Alice fixa le dos de son frère un instant, avant de revenir à la jolie rousse.
« Voyager est important. Pas seulement pour la contemplation des paysages… mais également pour la compréhension du monde qui nous entoure. Toi plus que n’importe quel Sang-Pur devrait comprendre la nécessité de la compréhension des autres, n’est-ce pas ? »
Alice remarqua un léger mouvement dans les épaules de Thomas avant qu’il ne jette un regard à Elicia. Il se tourna un peu, sa hanche appuyé sur la rembarre.
« Non… une Sang-Mêlé ? »
Un sourire souleva la commissure des lèvres de Thomas et haussa sa pommette. Ce n’était pas le sourire d’un prédateur face à une proie exposée, aussi Alice ne jeta aucun regard désapprobateur à son frère.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Course d'ailes et de griffes
A sa surprise, c'est Alice qui renchérit, ne laissant pas à son frère le plaisir de s'épancher sur ses voyages. Élicia écoutait donc la réponse de son ancienne camarade, son regard planté dans le sien. C'était quelque peu déroutant, mais elle ne voulait pas briser ce contact, de peur que ça soit mal perçu par Alice ou qu'elle ne l'estime incapable de le tenir. Danemark, Italie, Hongrie et Sibérie, sans parler de la Grande Bretagne, de l'Écosse, de l'Irlande et de la France... Son répertoire des terres qu'elle avait déjà foulées était épatant. Élicia l'enviait, elle aussi : le monde regorgeait d'endroits plus beaux les uns que les autres, de culture toutes plus enrichissantes et intéressantes, et la jeune Sangblanc en avait déjà tant vu... Et elle le savait, ce n'était certainement que le début des aventures d'Alice.
Élicia sourit et acquiesça, ne sachant quoi répondre. Elle n'eu pas à chercher bien longtemps, car après un léger silence, Alice reprit la parole, comme un écho aux pensées de la rouquine.
Le monde était plein de mystère, et si les paysages étaient en effet agréables à découvrir, ce n'était qu'une infime partie de ce que le monde leur offrait.
Elle n'eut pas le temps de répondre, car les mots de sa sœur semblait avoir raisonné chez Thomas, qui se retourna, surpris. Son sourire en revanche... La jeune sorcière ne réussit pas à l'interpréter. Que signifiait cette nouvelle information pour lui ?
- Oui, je suis Sang-Mêlée.
Elle n'avait aucune envie de s'épancher sur le sujet, ne trouvait aucun besoin de justifier son statut. Thomas pouvait bien dire et penser ce qu'il voulait, ça ne changerait rien à sa fierté de faire partie de ces deux mondes différents et pourtant bien similaires sur certains points. Elle lui avait répondu sur un ton posé et confiant, comme si elle le mettait au défi de faire le moindre commentaire.
Avec un sourire, elle se tourna de nouveau vers Alice.
- Il existe plein de merveille il est vrai, et je pense qu'on peut apprendre d'un paysage bien plus que ce qu'on le croit. C'est par lui qu'on arpente le monde, et ce depuis des millénaires. Et la terre ne ment pas. J'imagine qu'avec un bon sens de l'observation, on peut trouver dans ces contemplations des secrets depuis longtemps oubliés, et de quoi comprendre ce qui nous entoure avec un regard bien différent. Les mots ne sont pas les seuls vecteurs d'informations, mais je suis sûre que tu le sais aussi. Le passé est parfois plus facilement discernable dans la terre que dans les paroles parfois biaisées et trompeuses des anciens.
C'était un terrain glissant de remettre en question les paroles dans ancêtres avec les deux Sangblanc qui étaient particulièrement attachés aux traditions. Mais cette discussion prenait un tournant qu'elle appréciait, elle ouvrait les yeux sur un point qu'elle n'avait encore jamais véritablement abordé. Le voyage n'était pas seulement l'idée de changer d'air, mais aussi l'idée d'élargir ses horizons, et son esprit.
- Mais je m'égare. Je rêverais voyager autant, il y a tant de culture et d'histoire à découvrir, et jamais assez d'une vie pour tout apprendre. Quant à la compréhension des autres... Je sais à quel point elle est primordiale, tu peux me croire.
Son regard se posa sur Thomas, puis glissa vers Aimée et Léonie qui discutaient toujours contre la balustrades à quelques pas de là, avant de revenir sur Alice.
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
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Élicia sourit et acquiesça, ne sachant quoi répondre. Elle n'eu pas à chercher bien longtemps, car après un léger silence, Alice reprit la parole, comme un écho aux pensées de la rouquine.
Le monde était plein de mystère, et si les paysages étaient en effet agréables à découvrir, ce n'était qu'une infime partie de ce que le monde leur offrait.
Elle n'eut pas le temps de répondre, car les mots de sa sœur semblait avoir raisonné chez Thomas, qui se retourna, surpris. Son sourire en revanche... La jeune sorcière ne réussit pas à l'interpréter. Que signifiait cette nouvelle information pour lui ?
- Oui, je suis Sang-Mêlée.
Elle n'avait aucune envie de s'épancher sur le sujet, ne trouvait aucun besoin de justifier son statut. Thomas pouvait bien dire et penser ce qu'il voulait, ça ne changerait rien à sa fierté de faire partie de ces deux mondes différents et pourtant bien similaires sur certains points. Elle lui avait répondu sur un ton posé et confiant, comme si elle le mettait au défi de faire le moindre commentaire.
Avec un sourire, elle se tourna de nouveau vers Alice.
- Il existe plein de merveille il est vrai, et je pense qu'on peut apprendre d'un paysage bien plus que ce qu'on le croit. C'est par lui qu'on arpente le monde, et ce depuis des millénaires. Et la terre ne ment pas. J'imagine qu'avec un bon sens de l'observation, on peut trouver dans ces contemplations des secrets depuis longtemps oubliés, et de quoi comprendre ce qui nous entoure avec un regard bien différent. Les mots ne sont pas les seuls vecteurs d'informations, mais je suis sûre que tu le sais aussi. Le passé est parfois plus facilement discernable dans la terre que dans les paroles parfois biaisées et trompeuses des anciens.
C'était un terrain glissant de remettre en question les paroles dans ancêtres avec les deux Sangblanc qui étaient particulièrement attachés aux traditions. Mais cette discussion prenait un tournant qu'elle appréciait, elle ouvrait les yeux sur un point qu'elle n'avait encore jamais véritablement abordé. Le voyage n'était pas seulement l'idée de changer d'air, mais aussi l'idée d'élargir ses horizons, et son esprit.
- Mais je m'égare. Je rêverais voyager autant, il y a tant de culture et d'histoire à découvrir, et jamais assez d'une vie pour tout apprendre. Quant à la compréhension des autres... Je sais à quel point elle est primordiale, tu peux me croire.
Son regard se posa sur Thomas, puis glissa vers Aimée et Léonie qui discutaient toujours contre la balustrades à quelques pas de là, avant de revenir sur Alice.
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Course d'ailes et de griffes
Alice n’eut nullement besoin de se tourner vers son frère pour savoir que la réponse assumée d’Elicia avait fait grandir son sourire.
Il n’ajouta rien de plus, mais Alice l’entendit se tourner pour de bon vers elles, comme si désormais, Elicia était devenue suffisamment distrayante pour lui.
Et la suite lui donnerait raison.
Alice écouta soigneusement une Elicia Caldin rebondir sur les affirmations de la française sur l’importance de comprendre les autres. Bien, très bien. Elicia comprenait, et avec le sourire.
Alice aurait pu sourire, elle aussi. Si Elicia n’avait pas poursuivi ses mots en crachant sur la parole des Anciens.
Elle leva un sourcil, mais laissa poursuivre Elicia, désireuse de voir si la poufsouffle allait continuer à parler d’un sujet qu’elle ne pouvait pas connaître.
Le regard de Thomas chauffait la joue d’Alice, lui faisant alors prendre conscience que sa mâchoire s’était contractée. Il souriait, elle le savait. Thomas devait prendre grand plaisir à peindre en songe la suite des événements. Il se redressa un peu, ses doigts se croisant sur son torse. Il attendait avec impatience.
Et cette attente irrita un peu plus Alice.
« Tes… anciens -si tant est qu’il soit juste d’utiliser ce terme- sont peut-être prompt à modifier l’histoire pour qu’elle réponde à leurs intérêts, ce n’est pas le cas des miens. Des nôtres. » Elle ponctua son dernier mot d’un regard acéré vers son frère qui souriait un peu plus. Alice dressa le menton et planta à nouveau son regard dans celui d’Elicia. « Tu es anglaise, n’est-ce pas ? Tu sais donc que tu descends des Angles, des Frisons et des Saxons, hm ? Donc tu es de descendance germanique. Toi, tu viens d’un peuple dont il a été simple de retracer l’histoire, les coutumes et les traditions puisqu’elle a été jadis mise sur papier. Par des lettrés religieux, puisque pendant longtemps, les moines étaient les seuls à donner de l’intérêt à l’écriture. Mais ton passé à toi a sans nul doute été modifiée. Biaisé et trompé, comme tu l’as si justement dit. » Avec lenteur, Alice se désigna d’un doigt. « Moi, je descends des premiers Allobroges, peuple celte qui était jadis installé dans ce que nous appelons aujourd’hui la région de Rhône-Alpes. Mes ancêtres ont connu les incursions romaines, et ont vu leur histoire être effacée, remplacée. Ce qui a perduré, ma chère, c’est la transmission orale, c’est le sang qui coule dans mes veines et dans celle de mon frère. C’est leur murmure dans le bruissement des feuilles au vent, dans le chant de la rivière ou dans les râles des animaux nocturnes. Le sang ne saurait mentir. Pas plus que l’histoire que nous nous transmettons de génération en génération avec fierté. Nous n’avons pas laissé notre histoire aux mains de lettré qui ont abandonné les dieux de leurs ancêtres. »
Alice se tut, et Thomas siffla. Il applaudit mollement, faussement impressionné.
« Course d’ailes et cours d’histoire. Miss Caldin, délicieuse Elicia… Je serai enchanté de vous emmener voyager avec moi. Que diriez-vous de l’Italie ? Oh, peut-être l’Espagne ! Vous adoreriez l’Espagne. Ibiza.. Connaissez-vous Ibiza ? C’est une île charmante, où les filles sont belles et la mer chaude. »
Alice détourna les yeux, décidant que la discussion était close. Son cœur battait vite, affolé par la colère qu'elle ressentait. Silencieusement, du bout de ses doigts joints sur ses cuisses, elle pinça son tissu avec force, jusqu'à sentir ses ongles piquer la pulpe de ses doigts. Elicia n'avait pas voulu être insultante, Alice en avait toute conscience. Voilà pourquoi elle ne voulait plus lui parler pour le moment.
Il n’ajouta rien de plus, mais Alice l’entendit se tourner pour de bon vers elles, comme si désormais, Elicia était devenue suffisamment distrayante pour lui.
Et la suite lui donnerait raison.
Alice écouta soigneusement une Elicia Caldin rebondir sur les affirmations de la française sur l’importance de comprendre les autres. Bien, très bien. Elicia comprenait, et avec le sourire.
Alice aurait pu sourire, elle aussi. Si Elicia n’avait pas poursuivi ses mots en crachant sur la parole des Anciens.
Elle leva un sourcil, mais laissa poursuivre Elicia, désireuse de voir si la poufsouffle allait continuer à parler d’un sujet qu’elle ne pouvait pas connaître.
Le regard de Thomas chauffait la joue d’Alice, lui faisant alors prendre conscience que sa mâchoire s’était contractée. Il souriait, elle le savait. Thomas devait prendre grand plaisir à peindre en songe la suite des événements. Il se redressa un peu, ses doigts se croisant sur son torse. Il attendait avec impatience.
Et cette attente irrita un peu plus Alice.
« Tes… anciens -si tant est qu’il soit juste d’utiliser ce terme- sont peut-être prompt à modifier l’histoire pour qu’elle réponde à leurs intérêts, ce n’est pas le cas des miens. Des nôtres. » Elle ponctua son dernier mot d’un regard acéré vers son frère qui souriait un peu plus. Alice dressa le menton et planta à nouveau son regard dans celui d’Elicia. « Tu es anglaise, n’est-ce pas ? Tu sais donc que tu descends des Angles, des Frisons et des Saxons, hm ? Donc tu es de descendance germanique. Toi, tu viens d’un peuple dont il a été simple de retracer l’histoire, les coutumes et les traditions puisqu’elle a été jadis mise sur papier. Par des lettrés religieux, puisque pendant longtemps, les moines étaient les seuls à donner de l’intérêt à l’écriture. Mais ton passé à toi a sans nul doute été modifiée. Biaisé et trompé, comme tu l’as si justement dit. » Avec lenteur, Alice se désigna d’un doigt. « Moi, je descends des premiers Allobroges, peuple celte qui était jadis installé dans ce que nous appelons aujourd’hui la région de Rhône-Alpes. Mes ancêtres ont connu les incursions romaines, et ont vu leur histoire être effacée, remplacée. Ce qui a perduré, ma chère, c’est la transmission orale, c’est le sang qui coule dans mes veines et dans celle de mon frère. C’est leur murmure dans le bruissement des feuilles au vent, dans le chant de la rivière ou dans les râles des animaux nocturnes. Le sang ne saurait mentir. Pas plus que l’histoire que nous nous transmettons de génération en génération avec fierté. Nous n’avons pas laissé notre histoire aux mains de lettré qui ont abandonné les dieux de leurs ancêtres. »
Alice se tut, et Thomas siffla. Il applaudit mollement, faussement impressionné.
« Course d’ailes et cours d’histoire. Miss Caldin, délicieuse Elicia… Je serai enchanté de vous emmener voyager avec moi. Que diriez-vous de l’Italie ? Oh, peut-être l’Espagne ! Vous adoreriez l’Espagne. Ibiza.. Connaissez-vous Ibiza ? C’est une île charmante, où les filles sont belles et la mer chaude. »
Alice détourna les yeux, décidant que la discussion était close. Son cœur battait vite, affolé par la colère qu'elle ressentait. Silencieusement, du bout de ses doigts joints sur ses cuisses, elle pinça son tissu avec force, jusqu'à sentir ses ongles piquer la pulpe de ses doigts. Elicia n'avait pas voulu être insultante, Alice en avait toute conscience. Voilà pourquoi elle ne voulait plus lui parler pour le moment.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Course d'ailes et de griffes
Comme elle l'avait si justement dit, "les mots n'étaient pas les seuls vecteurs d'informations". Ceux là, en particulier, faisait écho à quelque chose qu'elle avait déjà lu, et qui aujourd'hui prenait tout leur sens. Qui était resté dans un coin de sa mémoire sans qu'elle n'y fasse réellement attention, ressortant ce jour-ci, à cet instant précis, criant de vérité.
Et, au regard transperçant d'Alice, à sa façon de se tenir et son corps qui s'était raidi imperceptiblement, Élicia comprit qu'elle avait touché une corde fragile. C'est ce qu'elle faisait donc à cet instant, tout en gardant ses yeux bleus ancrés dans ceux, clairs, de l'ancienne Serpentard. Elle analysait, et regardait, et comprenait ce qui n'était pas percevable. Oh oui Alice, elle comprenait les autres, parfois bien plus qu'elle ne le laissait paraître. Et c'est pourquoi elle laissa la jeune Sangblanc faire sa tirade sur l'héritage immaculé de ses Ancêtres, sans l'interrompre ni battre des cils de travers, ne souhaitant en aucun cas aggraver son énervement.
Elle s'interdit même de sourire quand Alice parla des chuchotements du vent dans les feuilles, du chant des rivières et du râle des animaux nocturnes. N'était-ce pas exactement ce qu'elle avait dit ? "Le passé est parfois plus facilement discernable dans la terre que dans les paroles parfois biaisées et trompeuses des anciens." La Sangblanc ne faisait que répéter ce qu'Élicia avait elle-même déjà essayé d'expliquer. Cela, pourtant, elle le garda pour elle. Tout comme le fait qu'elle n'avait pas remis en cause toutes les paroles des anciens, seulement le fait qu'une partie étaient biaisées et trompeuses. Finalement, elle n'avait relevé que des faits,
Cependant, sans s'en rendre compte, Alice n'avait fait que démontrer un point important : la rouquine n'en savait pas suffisamment sur sa propre histoire, sur l'Histoire en général. Avoir abandonné l'Histoire de la Magie à partir de sa troisième année lui semblait pour la première fois une idée bien stupide.
- Le sang est à l'image de la terre et de la nature, vrai et inaltérable, lâcha-t-elle dans un souffle, comme pour conclure cette discussion qui glissait de plus en plus. Elle sentait Alice tendue comme la corde d'un arc, prête à être relâchée. Où qu'aille sa flèche, cela ne pouvait qu'être douloureux.
Élicia se tourna ensuite vers Thomas, et sa proposition la fit rougir. Juste un peu. Peut-être cela pourrait passer pour une trop longue exposition au soleil, avec un peu de chance...
- Ibiza... Ce nom me dit quelque chose, en effet. Mon cousin l'a sûrement déjà mentionné.
Connaissant Maxence et ses habitudes peu recommandables, ainsi que la fin de phrase de l'héritier Sangblanc, il ne fallut pas longtemps à la jeune sorcière pour comprendre que ce n'était sûrement pas un endroit qui lui plairait.
- Je crois que ma préférence irait à l'Italie. J'en sais trop peu sur l'Espagne, mais de ce que j'ai entendu des vallées italiennes et leur culture... C'est un pays qui me tente particulièrement. Êtes-vous déjà allé à Rome ? On dit que les ruines antiques sont impressionnantes. Et Venise ?
La ville des amoureux... Peut-être irait-elle avec Brett un jour, qui sait.
Son regard se glissa vers la montagne et le lac en contrebas. Quand la course allait-elle commencer ? Les gradins semblaient se remplir de plus en plus.
Boucle d'Or, 1ère année à la GEAD
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"Les mots ne sont pas les seuls vecteurs d'information. Tout parle à qui sait lire, voir et écouter. Une façon de se tenir, un regard, une intonation, un geste, aussi anodin soit-il, sont autant de renseignements sur un être humain et ses aspirations."
Et, au regard transperçant d'Alice, à sa façon de se tenir et son corps qui s'était raidi imperceptiblement, Élicia comprit qu'elle avait touché une corde fragile. C'est ce qu'elle faisait donc à cet instant, tout en gardant ses yeux bleus ancrés dans ceux, clairs, de l'ancienne Serpentard. Elle analysait, et regardait, et comprenait ce qui n'était pas percevable. Oh oui Alice, elle comprenait les autres, parfois bien plus qu'elle ne le laissait paraître. Et c'est pourquoi elle laissa la jeune Sangblanc faire sa tirade sur l'héritage immaculé de ses Ancêtres, sans l'interrompre ni battre des cils de travers, ne souhaitant en aucun cas aggraver son énervement.
Elle s'interdit même de sourire quand Alice parla des chuchotements du vent dans les feuilles, du chant des rivières et du râle des animaux nocturnes. N'était-ce pas exactement ce qu'elle avait dit ? "Le passé est parfois plus facilement discernable dans la terre que dans les paroles parfois biaisées et trompeuses des anciens." La Sangblanc ne faisait que répéter ce qu'Élicia avait elle-même déjà essayé d'expliquer. Cela, pourtant, elle le garda pour elle. Tout comme le fait qu'elle n'avait pas remis en cause toutes les paroles des anciens, seulement le fait qu'une partie étaient biaisées et trompeuses. Finalement, elle n'avait relevé que des faits,
Cependant, sans s'en rendre compte, Alice n'avait fait que démontrer un point important : la rouquine n'en savait pas suffisamment sur sa propre histoire, sur l'Histoire en général. Avoir abandonné l'Histoire de la Magie à partir de sa troisième année lui semblait pour la première fois une idée bien stupide.
- Le sang est à l'image de la terre et de la nature, vrai et inaltérable, lâcha-t-elle dans un souffle, comme pour conclure cette discussion qui glissait de plus en plus. Elle sentait Alice tendue comme la corde d'un arc, prête à être relâchée. Où qu'aille sa flèche, cela ne pouvait qu'être douloureux.
Élicia se tourna ensuite vers Thomas, et sa proposition la fit rougir. Juste un peu. Peut-être cela pourrait passer pour une trop longue exposition au soleil, avec un peu de chance...
- Ibiza... Ce nom me dit quelque chose, en effet. Mon cousin l'a sûrement déjà mentionné.
Connaissant Maxence et ses habitudes peu recommandables, ainsi que la fin de phrase de l'héritier Sangblanc, il ne fallut pas longtemps à la jeune sorcière pour comprendre que ce n'était sûrement pas un endroit qui lui plairait.
- Je crois que ma préférence irait à l'Italie. J'en sais trop peu sur l'Espagne, mais de ce que j'ai entendu des vallées italiennes et leur culture... C'est un pays qui me tente particulièrement. Êtes-vous déjà allé à Rome ? On dit que les ruines antiques sont impressionnantes. Et Venise ?
La ville des amoureux... Peut-être irait-elle avec Brett un jour, qui sait.
Son regard se glissa vers la montagne et le lac en contrebas. Quand la course allait-elle commencer ? Les gradins semblaient se remplir de plus en plus.
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Course d'ailes et de griffes
Alice laissa Elicia clore la discussion avec une bien jolie phrase qui aurait fait sourire Grand-Père… jusqu’à ce qu’il apprenne que la rousse était à demi sorcière.
Et pourtant, elle parlait avec une sagesse que certains Sang-Pur devraient lui envier. Comme elle avait grandit au cours de ces derniers mois… Mais Alice ne lui dirait pas. Alice avait suffisamment laisser parler son coeur rudoyer par quelques mots seulement. Pauvre petite chose, incapable de garder sa langue derrière ses dents à la moindre contrariété.
Elicia n’avait pas été grossière, pas plus qu’elle avait été insultante envers les Ancêtres. Elle avait seulement été… maladroite ? Par Circée, était-ce nécessaire de répondre à la maladresse par un sursaut de fierté ?
Oui. Bien sûr.
Car des maladresses naissent parfois des torrents de mensonges. Si Alice n’avait rien dit, elle qui portait la sagesse de ses Ancêtres, Elicia aurait prit cela comme une vérité universelle : les Anciens mentent pour trafiquer le passé et véhiculer des mensonges. Alice n’avait point à rougir de son levé de bouclier. Les Anciens sourient sans doute de constater à quel point leur héritière est prompt à défendre leur parole sacrée.
Là où Thomas préférait folichonner.
« Ah l’Italie… je ne peux que vous donner raison. C’est un pays d’une grande beauté. » Il inspira avec adoration, sa tête partant en arrière comme si il s’étendait sur une plage de sable fin. « J’ai visité Rome, bien sûr. J’ai longé toute la mer Tyrrhénienne l’an passé, en balais. Mais Rome ? Oh je n’y retournerai pas. Magnifique, certes… mais bien trop vaste. Mais Venise… »
Un rire de gorge le secoua, avant qu’il ne redresse la tête pour regarder Elicia. Il jeta un regard complice à sa jeune sœur, qui ne daignait pas lui adresser un regard. Oh, elle savait très bien quel souvenir éclorait dans sa tête.
« Je m’y suis rendue pendant une semaine lorsque j’avais quinze ans, oui. Avec ma petite amie…. Comment s’appelait-elle, déjà… ah ! Qu’importe, là n’est pas le sujet. Venise n’est pas ma destination préférée. C’est dépaysant, bien sûr. Surtout en ce qui concerne les rats et l’odeur persistante d’eau croupie. En cela, je préfère Paris. C’est plus près. »
Il sourit franchement, goguenard. Alice roula des yeux. Était-il conscient qu’il venait sans doute de briser un des rêves d’Elicia ?
« Si je puis vous conseiller un voyage en Italie, pensez à Capri. C’est une île de la baie de Naples. Pleine d’histoire, de spécialités culinaires, de grottes maritimes… et de Gattonero ! Vous connaissez bien sûr les Gattonero, ou du moins leur héritier, hm ? Oh, il faut à tout prix que vous nous accompagniez chez eux lors de notre prochaine visite. J’en parlerai à Damiano dés que je mettrai la main sur lui. »
Alice jeta une oeillade mauvaise à son frère. Il souriait. Il s’amusait. Bien sûr qu’il s’amusait. Elicia était une délicieuse distraction pour lui.
Et pourtant, elle parlait avec une sagesse que certains Sang-Pur devraient lui envier. Comme elle avait grandit au cours de ces derniers mois… Mais Alice ne lui dirait pas. Alice avait suffisamment laisser parler son coeur rudoyer par quelques mots seulement. Pauvre petite chose, incapable de garder sa langue derrière ses dents à la moindre contrariété.
Elicia n’avait pas été grossière, pas plus qu’elle avait été insultante envers les Ancêtres. Elle avait seulement été… maladroite ? Par Circée, était-ce nécessaire de répondre à la maladresse par un sursaut de fierté ?
Oui. Bien sûr.
Car des maladresses naissent parfois des torrents de mensonges. Si Alice n’avait rien dit, elle qui portait la sagesse de ses Ancêtres, Elicia aurait prit cela comme une vérité universelle : les Anciens mentent pour trafiquer le passé et véhiculer des mensonges. Alice n’avait point à rougir de son levé de bouclier. Les Anciens sourient sans doute de constater à quel point leur héritière est prompt à défendre leur parole sacrée.
Là où Thomas préférait folichonner.
« Ah l’Italie… je ne peux que vous donner raison. C’est un pays d’une grande beauté. » Il inspira avec adoration, sa tête partant en arrière comme si il s’étendait sur une plage de sable fin. « J’ai visité Rome, bien sûr. J’ai longé toute la mer Tyrrhénienne l’an passé, en balais. Mais Rome ? Oh je n’y retournerai pas. Magnifique, certes… mais bien trop vaste. Mais Venise… »
Un rire de gorge le secoua, avant qu’il ne redresse la tête pour regarder Elicia. Il jeta un regard complice à sa jeune sœur, qui ne daignait pas lui adresser un regard. Oh, elle savait très bien quel souvenir éclorait dans sa tête.
« Je m’y suis rendue pendant une semaine lorsque j’avais quinze ans, oui. Avec ma petite amie…. Comment s’appelait-elle, déjà… ah ! Qu’importe, là n’est pas le sujet. Venise n’est pas ma destination préférée. C’est dépaysant, bien sûr. Surtout en ce qui concerne les rats et l’odeur persistante d’eau croupie. En cela, je préfère Paris. C’est plus près. »
Il sourit franchement, goguenard. Alice roula des yeux. Était-il conscient qu’il venait sans doute de briser un des rêves d’Elicia ?
« Si je puis vous conseiller un voyage en Italie, pensez à Capri. C’est une île de la baie de Naples. Pleine d’histoire, de spécialités culinaires, de grottes maritimes… et de Gattonero ! Vous connaissez bien sûr les Gattonero, ou du moins leur héritier, hm ? Oh, il faut à tout prix que vous nous accompagniez chez eux lors de notre prochaine visite. J’en parlerai à Damiano dés que je mettrai la main sur lui. »
Alice jeta une oeillade mauvaise à son frère. Il souriait. Il s’amusait. Bien sûr qu’il s’amusait. Elicia était une délicieuse distraction pour lui.
Avatar dessiné par ma merveilleuse Élicia Caldin
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050
Spécialiste en Lutin de cuir | Diplômée de Beauxbâtons | 1ère année GEAD | Caméléon de 2050 & Romantique de 2050