Avant que le thé ne refroidisse
Il semblerait que j'aie de la chance, car mes propos, à peine prononcés, suscitent une réaction vive de la part d'Erin. Ainsi, elle connaît l'Institut. Souhaite-t-elle y entrer ? Aime-t-elle les plantes et la botanique ? La possibilité d'en parler avec elle fait naître un petit espoir dans mon ventre, comme une graine qui tombe sur le sol. Je pourrais évoquer des sujets qui m'intéressent et me passionnent, et elle m'écouterait, dans ce petit café, buvant davantage mes paroles que son thé. Ce serait comme s'en aller sans bouger. Nos phrases plongeraient sous les bois et la terre, au coeur des serres et de l'environnement. Nous échapperions au reste du monde qui peut être si brûlant, si violent, si éreintant. Peut-être que cela aiderait la jeune Bleue à se sentir mieux. Mais n'est-ce pas là une volonté égoïste ? Pourquoi désirer que tout soit centré sur moi, que son regard ne quitte plus les mots que je prononce, que je mène cette discussion vers des espaces que je ne connais déjà que trop bien ? N'est-ce pas une démarche trop intéressée ?
De toute manière, à mesure que la rousse progresse dans son discours, mes espoirs me sont vite arrachés. Je ne suis pas maître de ce terrain vers lequel nous avançons. Je ne suis qu'une simple étudiante, quand tout son entourage travaille dans ce domaine. Si l'IMSM est nouveau à mes yeux, il fait pour Erin partie de l'histoire familiale. Qu'ai-je donc à lui apprendre ? C'est plutôt moi qui me retrouve mal à l'aise et impressionnée. Non seulement ses frères aînés sont passés dans mon école ― qui, dans cette situation, ne m'apparaît plus vraiment mienne ―, mais son père va devenir responsable des serres de la Nouvelle Sainte-Mangouste, et sa mère s'apprête également à travailler là-bas. Merlin ! Je bois une gorgée de mon thé, comme si je pouvais, par ce même geste, avaler également toutes ces nouvelles informations. Responsable des serres, ce n'est pas rien. Si un jour je travaille à la Nouvelle Sainte-Mangouste, comme ma mère l'espère, le paternel de cette petite rousse sera mon supérieur. Est-ce que cela doit modifier mon comportement ? Faut-il que je pèse mes mots, que je sois gentille, que je mesure mes actes ? Non, ce serait prendre une attitude bien trop intéressée. Ce n'est pas ce que je souhaite être, ni l'image que je veux renvoyer.
Alors, je m'empresse de laver mon esprit de ces pensées indésirables, qui me dérangent et me salissent. Erin ne sera pas à mes yeux « la fille de ». Elle sera Bleue, élève, jeune adolescente, être à part entière. Et je me comporterai avec elle comme je le fais depuis le début, sans rien changer malgré ses révélations.
Ces résolutions prises, je me sens plus légère, et m'empresse de me concentrer sur les autres informations qu'elle m'a transmises, notamment la grossesse de sa mère, son intérêt pour les créatures magiques, et les deux plantes qu'elle possède dans la serre de Poudlard. De plus, m'attarder sur la profession de son père, ce serait m'attarder sur la raison de son déménagement, sujet que je préfère éviter.
« Tu vas devenir grande soeur ? demandé-je, un sourire lumineux sur les lèvres. C'est génial ! Tu pourras aider tes parents à préparer la chambre de ton futur frère... Ou de ta future soeur ! »
Par Circé, que j'aurais aimé être grande soeur ! J'aurais pu avoir un compagnon de jeu, et une oreille attentive chez moi. Je lui aurais fait découvrir Poudlard, et j'aurais partagé mes avancées en sortilèges avec lui. J'aurais pu veiller sur lui, lui apprendre tout ce que je sais, connaître ses amis et ne plus jamais me sentir seule à la maison. Aurais-je été une bonne grande soeur ? J'aime à penser que oui, mais je n'en sais rien. Si la vie avait été différente... Mais cette situation ne sera sûrement jamais possible pour moi. Alors, dans l'obscurité de mes pensées, presque sans en avoir conscience, je m'imagine doucement devenir mère. C'est là un rôle que j'aimerais beaucoup avoir, sans pour autant me l'avouer.
« Tu pourras mettre des plantes, et des peluches de créatures magiques... Peut-être que tu partageras cette passion des créatures avec ton futur frère, ou ta future soeur ? Imagine, tu le verras découvrir Poudlard ! Tu pourras même lui transmettre tes livres, et lui montrer des sorts. Peut-être qu'il en découvrira certains grâce à toi. »
Je secoue la tête. J'ai l'impression de m'emporter dans ce que je dis, mais je ne peux pas m'en empêcher. Devenir grande soeur, Merlin ! C'est un lien pour la vie, que rien ne pourra rompre.
« Tu le découvriras comme tu découvres les créatures magiques, et tu t'occuperas de lui comme tu t'occupes de tes plantes. » ajouté-je finalement, un sourire immense sur les lèvres.
De toute manière, à mesure que la rousse progresse dans son discours, mes espoirs me sont vite arrachés. Je ne suis pas maître de ce terrain vers lequel nous avançons. Je ne suis qu'une simple étudiante, quand tout son entourage travaille dans ce domaine. Si l'IMSM est nouveau à mes yeux, il fait pour Erin partie de l'histoire familiale. Qu'ai-je donc à lui apprendre ? C'est plutôt moi qui me retrouve mal à l'aise et impressionnée. Non seulement ses frères aînés sont passés dans mon école ― qui, dans cette situation, ne m'apparaît plus vraiment mienne ―, mais son père va devenir responsable des serres de la Nouvelle Sainte-Mangouste, et sa mère s'apprête également à travailler là-bas. Merlin ! Je bois une gorgée de mon thé, comme si je pouvais, par ce même geste, avaler également toutes ces nouvelles informations. Responsable des serres, ce n'est pas rien. Si un jour je travaille à la Nouvelle Sainte-Mangouste, comme ma mère l'espère, le paternel de cette petite rousse sera mon supérieur. Est-ce que cela doit modifier mon comportement ? Faut-il que je pèse mes mots, que je sois gentille, que je mesure mes actes ? Non, ce serait prendre une attitude bien trop intéressée. Ce n'est pas ce que je souhaite être, ni l'image que je veux renvoyer.
Alors, je m'empresse de laver mon esprit de ces pensées indésirables, qui me dérangent et me salissent. Erin ne sera pas à mes yeux « la fille de ». Elle sera Bleue, élève, jeune adolescente, être à part entière. Et je me comporterai avec elle comme je le fais depuis le début, sans rien changer malgré ses révélations.
Ces résolutions prises, je me sens plus légère, et m'empresse de me concentrer sur les autres informations qu'elle m'a transmises, notamment la grossesse de sa mère, son intérêt pour les créatures magiques, et les deux plantes qu'elle possède dans la serre de Poudlard. De plus, m'attarder sur la profession de son père, ce serait m'attarder sur la raison de son déménagement, sujet que je préfère éviter.
« Tu vas devenir grande soeur ? demandé-je, un sourire lumineux sur les lèvres. C'est génial ! Tu pourras aider tes parents à préparer la chambre de ton futur frère... Ou de ta future soeur ! »
Par Circé, que j'aurais aimé être grande soeur ! J'aurais pu avoir un compagnon de jeu, et une oreille attentive chez moi. Je lui aurais fait découvrir Poudlard, et j'aurais partagé mes avancées en sortilèges avec lui. J'aurais pu veiller sur lui, lui apprendre tout ce que je sais, connaître ses amis et ne plus jamais me sentir seule à la maison. Aurais-je été une bonne grande soeur ? J'aime à penser que oui, mais je n'en sais rien. Si la vie avait été différente... Mais cette situation ne sera sûrement jamais possible pour moi. Alors, dans l'obscurité de mes pensées, presque sans en avoir conscience, je m'imagine doucement devenir mère. C'est là un rôle que j'aimerais beaucoup avoir, sans pour autant me l'avouer.
« Tu pourras mettre des plantes, et des peluches de créatures magiques... Peut-être que tu partageras cette passion des créatures avec ton futur frère, ou ta future soeur ? Imagine, tu le verras découvrir Poudlard ! Tu pourras même lui transmettre tes livres, et lui montrer des sorts. Peut-être qu'il en découvrira certains grâce à toi. »
Je secoue la tête. J'ai l'impression de m'emporter dans ce que je dis, mais je ne peux pas m'en empêcher. Devenir grande soeur, Merlin ! C'est un lien pour la vie, que rien ne pourra rompre.
« Tu le découvriras comme tu découvres les créatures magiques, et tu t'occuperas de lui comme tu t'occupes de tes plantes. » ajouté-je finalement, un sourire immense sur les lèvres.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Avant que le thé ne refroidisse
Depuis que j'avais entamé la discussion avec l'ancienne élève de Poudlard, j'en avais oublié mon boursouflet. D'un geste de la main que j'espère être discret, je tâtonne à côté de moi à la recherche de mon échappe dans laquelle j'avais positionné ma boule de poils pour qu'elle s'y sente comme dans un petit nid douillet et chaleureux. Un petit coup de langue sur mes doigts me signale que j'ai touché mon but. Je gratouille légèrement le pelage du boursouflet, heureuse qu'il reste tranquille.
Ainsi, l'étudiante était passionnée de plantes vue son choix d'études.
- Quand j'étais petite, j'trainais souvent dans les serres d'mon père. J'adore la lavande. T'as une plante préférée ?, demandais-je par curiosité.
Si je me trouvais à Godric's Hollow, c'était à cause du changement de profession de mes parents, mais il y avait également une deuxième raison, la grossesse de ma mère.
J'avais toujours voulu une petite sœur lorsque j'étais petite, car j'étais seule à la maison, mes frères étant déjà à Poudlard. Mais ma mère avait déjà eu du mal à retomber enceinte après les jumeaux, d'où la grande différence d'âge entre eux et moi. Alors, j'avais fini par ne plus y croire et m'étais habituée à ma position de petite dernière de la famille.
- Préparer sa chambre..., répétais-je d'un ton perdu. Est-ce que ça serait seulement possible... ...mais j'passe la majeure partie d'l'année à Poudlard..., marmonnais-je d'un ton un peu déçu. La suite des propos de la jeune femme me laisse sans voix. Pourtant Marine et Eileen avaient bien essayé de me le faire comprendre, que je pourrais être comme un modèle pour mon petit frère ou ma petite sœur. Pourquoi est-ce que je reste aussi têtue et que je n'arrive pas à voir les bons côtés. Tu... tu crois que c'est possible ? Entre Poudlard et les études... J'serais pas souvent là..., dis-je sans regarder ma voisine de table, mes deux mains autour de ma tasse de thé, les yeux plongés à l'intérieur, fixant la surface du liquide tiède.
336mots
Ainsi, l'étudiante était passionnée de plantes vue son choix d'études.
- Quand j'étais petite, j'trainais souvent dans les serres d'mon père. J'adore la lavande. T'as une plante préférée ?, demandais-je par curiosité.
Si je me trouvais à Godric's Hollow, c'était à cause du changement de profession de mes parents, mais il y avait également une deuxième raison, la grossesse de ma mère.
J'avais toujours voulu une petite sœur lorsque j'étais petite, car j'étais seule à la maison, mes frères étant déjà à Poudlard. Mais ma mère avait déjà eu du mal à retomber enceinte après les jumeaux, d'où la grande différence d'âge entre eux et moi. Alors, j'avais fini par ne plus y croire et m'étais habituée à ma position de petite dernière de la famille.
- Préparer sa chambre..., répétais-je d'un ton perdu. Est-ce que ça serait seulement possible... ...mais j'passe la majeure partie d'l'année à Poudlard..., marmonnais-je d'un ton un peu déçu. La suite des propos de la jeune femme me laisse sans voix. Pourtant Marine et Eileen avaient bien essayé de me le faire comprendre, que je pourrais être comme un modèle pour mon petit frère ou ma petite sœur. Pourquoi est-ce que je reste aussi têtue et que je n'arrive pas à voir les bons côtés. Tu... tu crois que c'est possible ? Entre Poudlard et les études... J'serais pas souvent là..., dis-je sans regarder ma voisine de table, mes deux mains autour de ma tasse de thé, les yeux plongés à l'intérieur, fixant la surface du liquide tiède.
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5e année RP (#0000ff) - - - PNJ | Les 3 "oeufs" : E.D. + E.F. + E.O'B. Princesse Erin + Steven Baron des Canetons |
Avant que le thé ne refroidisse
Les plantes poussent partout. Quelles que soient les conditions, il y en a toujours pour se faufiler, s'installer, et croître, même dans les espaces les plus hostiles. Ce sont de petites touches de couleur et de vie, pleine de gaieté et de beauté, qui viennent, avec ironie, murmurer au monde qu'elles sont peut-être fragiles et éphémères, rien ne peut pour autant leur faire obstacle. C'est sans doute pour cela qu'elles m'attirent tant : elles ont une force et une ténacité qu'on ne leur soupçonne pas, et que j'admire. Pour preuve, même dans cette conversation qui tendait à les écarter, elles se glissent dans les crânes et les phrases pour luire dans nos échanges, reines d'un instant fugace mais admirable. Elles font fleurir un sourire sur mon visage.
La question de la petite rousse ne me plonge pas dans une longue réflexion. À vrai dire, on me l'a déjà posée, et j'ai donc déjà pu y penser en d'autres occasions. Il n'est pas simple pour moi de choisir une plante et de la désigner comme ma préférée. Toutes m'attirent, et nombre d'entre elles ont des secrets qui ruissellent de merveilles. Certaines évoquent en moi des souvenirs qui me sont chers, d'autres m'intriguent et me séduisent par ce qu'elles proposent et ce qu'elles cachent encore, et d'autres encore me plaisent par ce qu'elles offrent et ce qu'elles permettent. Comment, parmi toutes celles-ci, choisir une favorite ? Je m'incline face à cette contrainte et opte plus facilement, et avec davantage de plaisir, pour un amour général pour ces végétaux près desquels j'ai installé mon horizon.
Alors, en réponse, je hausse les épaules. J'ai dans la tête des souvenirs liés à de trop nombreuses plantes pour n'en choisir qu'une seule.
« Pas vraiment, avoué-je elles sont nombreuses à me plaire et à m'intriguer. Certaines me font aussi penser à des choses qui les rendent, elles, particulières. Mais j'aime celles qui paraissent toutes simples et se révèlent finalement puissantes dans leurs particularités magiques. Ou celles qui permettent de guérir. »
Mon sourire m'avale le visage tandis que je secoue la tête.
« Non, vraiment, je ne saurai pas choisir, » conclus-je finalement.
Je reporte mon attention sur Erin, qui semble perdue après l'évocation de ce petit frère, ou de cette petite soeur, qui s'apprête à rentrer dans sa vie. C'est là un sujet qui paraît l'occuper particulièrement. Je la comprends. Comment aurais-je réagi si ma mère m'avait annoncé, à l'âge de la rousse, une grossesse ? Qu'il est étrange de voir ses images de l'avenir se retrouver déformées et incorrectes par l'arrivée soudaine d'une nouvelle personne de grande importance dans sa vie. Erin ne le connaît pas encore, et déjà, elle l'aime et sait qu'il jouera un rôle d'envergure dans le théâtre de son monde. C'est un proche qu'on attend. C'est un visage qu'on n'a pas besoin de connaître pour apprécier. C'est un être qu'on verra se construire, et grandir, et changer, et qu'on connaîtra toujours, car le sang est une promesse puissante.
Voilà, le désir et l'amertume reviennent se glisser dans mon coeur. Un frère, une soeur, un ami, un partenaire, un soutien, un compagnon de toujours. Et ma solitude qui se ternit devant cette idée grandiose, émouvante et magnifique. Mais c'est un rêve qui n'a pas sa place. Alors, je chasse les « j'aurais aimé » égoïstes avant qu'ils ne s'installent, décidée à ne tourner mon regard que vers celui de la Bleue.
Mes sourcils se froncent aux paroles qui me parviennent. Poudlard, un obstacle ? Les études, des contrariétés ? Est-ce possible ? La vérité entre en moi avec douceur et violence. Oui, c'est possible, et c'est même le cas. L'école en général, quand elle inclut une présence aussi constante, nous éloigne de notre vie familiale. Ne me suis-je pas, au cours de ma scolarité, détachée de mes parents, de mes grands-mères, de ma famille dans son entièreté ? Le temps ne peut pas toujours se rattraper. Mais de là à dire que Poudlard serait totalement responsable du manque de liens avec nos proches... Non, je ne veux pas y croire. Les études sont peut-être des contraintes, mais elles ne justifient pas tout, et peuvent également rassembler. Il n'y a pas de quoi être déçu, ni désespéré, ni perdu. Tout est possible, n'est-ce pas ?
« Oui, je crois, répondis-je avec conviction. Il y a plusieurs manières de se montrer présent. Rien n'est impossible. »
Mon visage et ma voix retrouvent de leur douceur tandis que j'ajoute : « Mais, tu sais, tu es déjà, avant même de rencontrer ce petit frère, ou cette petite soeur, un membre important de sa famille. Tu as déjà ta place dans sa vie. »
Je porte ma tasse à mes lèvres, les yeux pétillants, ne laissant dans son fond que quelques dernières gorgées avant de la reposer.
La question de la petite rousse ne me plonge pas dans une longue réflexion. À vrai dire, on me l'a déjà posée, et j'ai donc déjà pu y penser en d'autres occasions. Il n'est pas simple pour moi de choisir une plante et de la désigner comme ma préférée. Toutes m'attirent, et nombre d'entre elles ont des secrets qui ruissellent de merveilles. Certaines évoquent en moi des souvenirs qui me sont chers, d'autres m'intriguent et me séduisent par ce qu'elles proposent et ce qu'elles cachent encore, et d'autres encore me plaisent par ce qu'elles offrent et ce qu'elles permettent. Comment, parmi toutes celles-ci, choisir une favorite ? Je m'incline face à cette contrainte et opte plus facilement, et avec davantage de plaisir, pour un amour général pour ces végétaux près desquels j'ai installé mon horizon.
Alors, en réponse, je hausse les épaules. J'ai dans la tête des souvenirs liés à de trop nombreuses plantes pour n'en choisir qu'une seule.
« Pas vraiment, avoué-je elles sont nombreuses à me plaire et à m'intriguer. Certaines me font aussi penser à des choses qui les rendent, elles, particulières. Mais j'aime celles qui paraissent toutes simples et se révèlent finalement puissantes dans leurs particularités magiques. Ou celles qui permettent de guérir. »
Mon sourire m'avale le visage tandis que je secoue la tête.
« Non, vraiment, je ne saurai pas choisir, » conclus-je finalement.
Je reporte mon attention sur Erin, qui semble perdue après l'évocation de ce petit frère, ou de cette petite soeur, qui s'apprête à rentrer dans sa vie. C'est là un sujet qui paraît l'occuper particulièrement. Je la comprends. Comment aurais-je réagi si ma mère m'avait annoncé, à l'âge de la rousse, une grossesse ? Qu'il est étrange de voir ses images de l'avenir se retrouver déformées et incorrectes par l'arrivée soudaine d'une nouvelle personne de grande importance dans sa vie. Erin ne le connaît pas encore, et déjà, elle l'aime et sait qu'il jouera un rôle d'envergure dans le théâtre de son monde. C'est un proche qu'on attend. C'est un visage qu'on n'a pas besoin de connaître pour apprécier. C'est un être qu'on verra se construire, et grandir, et changer, et qu'on connaîtra toujours, car le sang est une promesse puissante.
Voilà, le désir et l'amertume reviennent se glisser dans mon coeur. Un frère, une soeur, un ami, un partenaire, un soutien, un compagnon de toujours. Et ma solitude qui se ternit devant cette idée grandiose, émouvante et magnifique. Mais c'est un rêve qui n'a pas sa place. Alors, je chasse les « j'aurais aimé » égoïstes avant qu'ils ne s'installent, décidée à ne tourner mon regard que vers celui de la Bleue.
Mes sourcils se froncent aux paroles qui me parviennent. Poudlard, un obstacle ? Les études, des contrariétés ? Est-ce possible ? La vérité entre en moi avec douceur et violence. Oui, c'est possible, et c'est même le cas. L'école en général, quand elle inclut une présence aussi constante, nous éloigne de notre vie familiale. Ne me suis-je pas, au cours de ma scolarité, détachée de mes parents, de mes grands-mères, de ma famille dans son entièreté ? Le temps ne peut pas toujours se rattraper. Mais de là à dire que Poudlard serait totalement responsable du manque de liens avec nos proches... Non, je ne veux pas y croire. Les études sont peut-être des contraintes, mais elles ne justifient pas tout, et peuvent également rassembler. Il n'y a pas de quoi être déçu, ni désespéré, ni perdu. Tout est possible, n'est-ce pas ?
« Oui, je crois, répondis-je avec conviction. Il y a plusieurs manières de se montrer présent. Rien n'est impossible. »
Mon visage et ma voix retrouvent de leur douceur tandis que j'ajoute : « Mais, tu sais, tu es déjà, avant même de rencontrer ce petit frère, ou cette petite soeur, un membre important de sa famille. Tu as déjà ta place dans sa vie. »
Je porte ma tasse à mes lèvres, les yeux pétillants, ne laissant dans son fond que quelques dernières gorgées avant de la reposer.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Avant que le thé ne refroidisse
Les plantes étaient indispensables. En plus de servir de source de nourriture, elles avaient de nombreuses vertus et servaient donc d'ingrédients dans la préparation des potions. Mais elles pouvaient tout simplement à la décoration, avec leurs fleurs aux jolies couleurs et aux formes diverses, et certaines avaient des odeurs vraiment agréables, comme la lavande.
- C'est vrai que c'est difficile d'en choisir une. La lavande, j'adore son odeur. Je..., m'interrompis-je car je me demandais ce qu'elle allait penser de la suite. J'ai un petit sachet en forme de berlingot remplis de fleurs de lavande séchées sous mon oreiller. Ca m'aide à bien dormir. C'est pour ça que j'aime bien la lavande., terminais-je d'expliquer. Mais bon, y'a certaines plantes, je les évite. Tu connais la Rafflesia ? Y'en a une dans la serre tropicale à Poudlard. L'odeur est horrible !, dis-je en faisant mine de me boucher le nez.
C'était bien plus simple de parler de plantes que de ma situation familiale qui allait encore bientôt changer. Les paroles de l'ancienne élève ainsi que celles dites par mes amies lors de l'annonce de la grossesse de ma mère tournent encore et encore dans ma tête. Peut-être que c'était moi qui compliquait tout ça, qui posait des barrières invisibles entre le bébé et moi. Comme une façon de me protéger, craignant de perdre aussi l'attention de mes parents. Il fallait vraiment que je discute avec eux.
Mes mains se placent à nouveau autour de la tasse. Ce n'était peut-être pas la manière la plus élégante, mais j'espérais ressentir encore la chaleur de la boisson à travers la porcelaine. Mais à présent, le thé avait refroidit. Je poste la tasse à mes lèvres et bois les dernières gorgées. Je fixe un court instant le fond vide avant de la reposer sur la table.
- Je dois réfléchir à tout ça... et aussi discuter avec mes parents. Je te remercie pour tout., commençais-je à dire en commençant à me lever. Et merci encore pour le goûter., poursuivis-je en lui adressant un sourire. Je récupère mon écharpe et Raidho que je glisse dans l'une de mes poches. Et avec un peu d'avance, bonne année.
Puis, avec un petit signe de la main en guise d'au revoir, je me dirige vers la sortie pour retourner vers mon nouveau logement.
383mots
- C'est vrai que c'est difficile d'en choisir une. La lavande, j'adore son odeur. Je..., m'interrompis-je car je me demandais ce qu'elle allait penser de la suite. J'ai un petit sachet en forme de berlingot remplis de fleurs de lavande séchées sous mon oreiller. Ca m'aide à bien dormir. C'est pour ça que j'aime bien la lavande., terminais-je d'expliquer. Mais bon, y'a certaines plantes, je les évite. Tu connais la Rafflesia ? Y'en a une dans la serre tropicale à Poudlard. L'odeur est horrible !, dis-je en faisant mine de me boucher le nez.
C'était bien plus simple de parler de plantes que de ma situation familiale qui allait encore bientôt changer. Les paroles de l'ancienne élève ainsi que celles dites par mes amies lors de l'annonce de la grossesse de ma mère tournent encore et encore dans ma tête. Peut-être que c'était moi qui compliquait tout ça, qui posait des barrières invisibles entre le bébé et moi. Comme une façon de me protéger, craignant de perdre aussi l'attention de mes parents. Il fallait vraiment que je discute avec eux.
Mes mains se placent à nouveau autour de la tasse. Ce n'était peut-être pas la manière la plus élégante, mais j'espérais ressentir encore la chaleur de la boisson à travers la porcelaine. Mais à présent, le thé avait refroidit. Je poste la tasse à mes lèvres et bois les dernières gorgées. Je fixe un court instant le fond vide avant de la reposer sur la table.
- Je dois réfléchir à tout ça... et aussi discuter avec mes parents. Je te remercie pour tout., commençais-je à dire en commençant à me lever. Et merci encore pour le goûter., poursuivis-je en lui adressant un sourire. Je récupère mon écharpe et Raidho que je glisse dans l'une de mes poches. Et avec un peu d'avance, bonne année.
Puis, avec un petit signe de la main en guise d'au revoir, je me dirige vers la sortie pour retourner vers mon nouveau logement.
383mots
J'espère que cette fin n'est pas trop rapide.
Merci pour ce RP
Merci pour ce RP
Dernière modification par Erin Fergusson le 27 déc. 2024, 23:55, modifié 1 fois.
5e année RP (#0000ff) - - - PNJ | Les 3 "oeufs" : E.D. + E.F. + E.O'B. Princesse Erin + Steven Baron des Canetons |
Avant que le thé ne refroidisse
C'est amusant, la manière dont Erin voit les plantes est si différente de la mienne ! Elle les distingue selon leurs odeurs, les classant à partir de ce point olfactif qui, il est vrai, peut être vraiment important à propos des végétaux. Mon approche est plus pratique : j'aime particulièrement les plantes qui me sont utiles, que je trouve intéressantes de par leurs propriétés, ou qui m'évoquent des souvenirs singuliers et agréables, généralement liés à ma scolarité ou à mon enfance. Pourtant, je reste incapable d'en choisir une en particulier et de la désigner comme étant ma préférée. Ce ne serait de toute manière que provisoire ; j'ai tant à découvrir sur les plantes que chacune, le temps d'un apprentissage nouveau et passionnant, devient ma favorite. Néanmoins, je ne peux pas m'empêcher de sourire aux fleurs que la Bleue mentionne. Elles sont si différentes, et si particulières !
« Oui, réponds-je, je me souviens de la Rafflesia, je l'avais découverte à Poudlard. C'est impossible d'oublier son odeur ! »
Elle apporte une telle senteur de pourriture ! J'avais été aussi intriguée que dégoûtée, la première fois que je l'ai aperçue. Je me souviens également du moment où je l'ai présentée à Estefânia, lors de sa venue au château. Ma correspondante avait été marquée par cette plante, et je suis presque certaine qu'elle l'a mentionnée par la suite dans une de ses lettres. Ce végétal fait partie de ceux, à Poudlard, qui retiennent facilement l'attention.
Mes souvenirs du château reviennent s'établir sur l'écran coloré de mes pensées. Cette fois, ils se révèlent plus doux, moins gorgés de nostalgie. Ils font éclater un sourire délicat sur mes lèvres. Les plantes, les serres, mes professeurs, mes amis, mes apprentissages. C'est une période de ma vie qui fut tant essentielle qu'il me sera impossible de l'oublier totalement. Elle est à jamais gravée dans mon identité, elle qui m'a permis de grandir, de trouver ma voie, de forger mes idées. Pour Erin aussi, elle sera sûrement associée à des étapes clés de son développement. Ne serait-ce que dans quelques années, quand elle pourra en parler à son futur frère, ou sa future soeur, et faire naître des rêves dans ce petit crâne.
Le coeur plein d'un soleil doré, je fais écho à la Bleue dans son mouvement, terminant également mon thé. Il a refroidi, mais sa saveur est toujours aussi appréciable ; je serai bien incapable de m'en lasser.
Erin semble, le temps d'un instant, plongée dans ses pensées, comme si celles-ci étaient tout ce qu'il lui restait au fond de sa tasse. Elle les observe et les goûte, y cherchant sûrement quelque chose, un avenir, une réponse. Je préfère ne pas l'interrompre dans sa réflexion, mais je sens qu'elle ne tardera pas à me quitter. De toute manière, elle est probablement attendue quelque part, ou plus vraisemblablement chez elle. Moi aussi, j'ai à faire. Mes devoirs pour l'Institut ne sont pas encore terminés, et Merlin sait que je ne peux pas les négliger. Je rentrerai bientôt dans la période de mon mémoire, et cela ne s'annonce pas simple ; il me faudra rester sérieuse et rigoureuse dans mon travail.
La prise de parole de la Bleue confirme mes intuitions : elle s'en va avec ses réflexions. La petite rousse se lève, me remercie, et reprend ses affaires. Je l'accompagne une nouvelle fois dans ses mouvements en me levant avec elle.
« Je comprends. Mais de rien, je suis ravie d'avoir pu t'offrir le thé. »
Je lui adresse un sourire chaleureux avant de la saluer.
« Bonne année à toi aussi, Erin ! »
Un mouvement simple de la tête et un signe de la main, et la voilà qui quitte la pièce. Ses cheveux roux s'enfoncent dans les rues de Godric's Hollow, et je la suis du regard jusqu'à la perdre de vue. J'espère qu'elle trouvera du bonheur avec la naissance de son frère, ou de sa soeur. Avoir une fratrie doit être tellement merveilleux ! J'aurais aimé avoir une soeur aux cheveux roux, comme cette petite Bleue.
Le sourire toujours glissé sur mes lèvres, je me rassois à la petite table sur laquelle nos deux tasses vides sont encore posées. J'ai à réfléchir, moi aussi. Retourner chez moi peut bien attendre un peu. J'apprécie assez l'ambiance dans ce café français pour rester encore quelques minutes. L'avenir peut patienter.
« Oui, réponds-je, je me souviens de la Rafflesia, je l'avais découverte à Poudlard. C'est impossible d'oublier son odeur ! »
Elle apporte une telle senteur de pourriture ! J'avais été aussi intriguée que dégoûtée, la première fois que je l'ai aperçue. Je me souviens également du moment où je l'ai présentée à Estefânia, lors de sa venue au château. Ma correspondante avait été marquée par cette plante, et je suis presque certaine qu'elle l'a mentionnée par la suite dans une de ses lettres. Ce végétal fait partie de ceux, à Poudlard, qui retiennent facilement l'attention.
Mes souvenirs du château reviennent s'établir sur l'écran coloré de mes pensées. Cette fois, ils se révèlent plus doux, moins gorgés de nostalgie. Ils font éclater un sourire délicat sur mes lèvres. Les plantes, les serres, mes professeurs, mes amis, mes apprentissages. C'est une période de ma vie qui fut tant essentielle qu'il me sera impossible de l'oublier totalement. Elle est à jamais gravée dans mon identité, elle qui m'a permis de grandir, de trouver ma voie, de forger mes idées. Pour Erin aussi, elle sera sûrement associée à des étapes clés de son développement. Ne serait-ce que dans quelques années, quand elle pourra en parler à son futur frère, ou sa future soeur, et faire naître des rêves dans ce petit crâne.
Le coeur plein d'un soleil doré, je fais écho à la Bleue dans son mouvement, terminant également mon thé. Il a refroidi, mais sa saveur est toujours aussi appréciable ; je serai bien incapable de m'en lasser.
Erin semble, le temps d'un instant, plongée dans ses pensées, comme si celles-ci étaient tout ce qu'il lui restait au fond de sa tasse. Elle les observe et les goûte, y cherchant sûrement quelque chose, un avenir, une réponse. Je préfère ne pas l'interrompre dans sa réflexion, mais je sens qu'elle ne tardera pas à me quitter. De toute manière, elle est probablement attendue quelque part, ou plus vraisemblablement chez elle. Moi aussi, j'ai à faire. Mes devoirs pour l'Institut ne sont pas encore terminés, et Merlin sait que je ne peux pas les négliger. Je rentrerai bientôt dans la période de mon mémoire, et cela ne s'annonce pas simple ; il me faudra rester sérieuse et rigoureuse dans mon travail.
La prise de parole de la Bleue confirme mes intuitions : elle s'en va avec ses réflexions. La petite rousse se lève, me remercie, et reprend ses affaires. Je l'accompagne une nouvelle fois dans ses mouvements en me levant avec elle.
« Je comprends. Mais de rien, je suis ravie d'avoir pu t'offrir le thé. »
Je lui adresse un sourire chaleureux avant de la saluer.
« Bonne année à toi aussi, Erin ! »
Un mouvement simple de la tête et un signe de la main, et la voilà qui quitte la pièce. Ses cheveux roux s'enfoncent dans les rues de Godric's Hollow, et je la suis du regard jusqu'à la perdre de vue. J'espère qu'elle trouvera du bonheur avec la naissance de son frère, ou de sa soeur. Avoir une fratrie doit être tellement merveilleux ! J'aurais aimé avoir une soeur aux cheveux roux, comme cette petite Bleue.
Le sourire toujours glissé sur mes lèvres, je me rassois à la petite table sur laquelle nos deux tasses vides sont encore posées. J'ai à réfléchir, moi aussi. Retourner chez moi peut bien attendre un peu. J'apprécie assez l'ambiance dans ce café français pour rester encore quelques minutes. L'avenir peut patienter.
Non, cela me convient ! Merci à toi pour ce RP !
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht