28 nov. 2024, 12:19
The Black Cat  A.D   01/49   PNJ 
Était-ce son imagination ou Aki n'appréciait pas sa réponse ? Effectivement, elle avait décidé de la jouer pondérée, prudente... Si Aki avait raison - vu les regards prudents qu'elle lançait alentours - alors il valait mieux se contenter de propos calmes où il fallait lire entre les lignes.

Le regard assombrit de sa compagne de comptoir se fixe un instant au sien. La respiration de Judith ralentit - comme si son inconscient pressentait une vague d'amertume.
- L’espoir est essentiel, mais il peut vite se montrer illusoire s’il n’est pas accompagné d’actions je pense, il faut se mouvoir pour que les choses avancent… dans un sens comme dans un autre, finit par articuler Aki en la regardant sans ciller.
La mettait-t-elle au défi ? Ou bien était-elle en train de vérifier une hypothèse personnelle ? Que croyait Aki, qu'elle ne partageait pas ses idées ? Judith est une née-moldue à l'origine, bien sûr qu'elle sait qu'elle ne peut pas faire l'autruche concernant ce climat politique sous tension.
Mais que pouvait-elle faire ? Elle n'allait tout de même pas créer un mouvement politique et le diriger pour mener un coup d'état ! Il fallait être réaliste. Oui, elle partageait l'avis d'Aki mais ces "actions" dont elle parlait, cruciales pour l'avenir à portée de main, elles devaient être subtiles et justes. Et ne pas contribuer à l'escalade de tensions.
Toutefois, Judith n'avait pas de passif politique et bien qu'elle partageait la vision de la noiraude, son tempérament l'incitait à la prudence et à la réflexion. Réfléchir avant d'agir, voilà un mantra qui lui correspondait bien.

Pour autant, une petite voix lui soufflait que la femme à ses côtés n'était pas au même niveau qu'elle : sa façon de parler présageait qu'elle envisageait de passer à la seconde étape, que celle de la réflexion n'était plus suffisante.

Aussi, Judith fini par lui poser la question qui lui brûlait les lèvres :
- Dis-moi Aki, quand tu disais que tu es "portée" par ça, ton envie de changement etc... était-ce qu'une notion d'idées ?

Une nouvelle fois, Aki balaye la pièce du regard et ce fut comme si l'air se chargeait d'électricité statique. C'était... palpable. La noiraude s'approche finalement d'elle et à voix basse, prononce ces quelques mots :
- Je pense qu’il est plus sage de finir cette conversation plus tard, il y a des oreilles qui traînent partout.

Cette réponse énigmatique avait le don d'en dire plus qu'elle voulait bien faire croire. Ainsi, Aki était impliquée dans quelque chose.
Judith soutient son regard et silencieusement, acquiesce subrepticement du front. C'était officiel, sa collègue avait piqué sa curiosité et sa prudence était un gage de qualité : les choses étaient sérieuses ; trop sérieuses pour continuer cette conversation à découvert.
La quarantenaire observe sa voisine de comptoir se redresser, boire sa dernière gorgée et d'un coup, se lever et saisir son manteau.

Cette attitude, un brin "fataliste" et tout à fait mystérieuse avait de quoi laisser songeur. Ne bougeant pas d'un pouce, Judith l'observe se couvrir prestement et acquiesce lorsqu'Aki la salue.
- Très bien. Oui, à demain. Bonne soirée Aki.
Ses lèvres faillirent ajouter quelque chose comme "fais attention en rentrant" mais cela aurait sûrement fait rire ironiquement sa voisine. Aussi, reste-t-elle immobile, ses doigts nonchalamment glissés autour de son verre vide tandis qu'elle suit du regard Aki slalomer prestement à travers la pièce et sortir.

Ses prunelles brun foncé redescendent alors sur le verre vide et le brouhaha ambiant se rappelle d'un coup à son bon souvenir, l'oppressant brusquement. Elle se lève, son esprit vagabondant entre les bribes de cette conversation qui avait tournée de manière si inattendue et les hypothèses naissantes, revêt son manteau, ajustant son col d'un geste réflexe et sort à son tour dans la nuit édimbourgeoise, son écharpe à la main.
Ses pas claquent dans un bruit mat sur le trottoir, douce résonnance dans le silence ambiant. La nuit est froide, grisante. Les yeux dans le vague, la quarantenaire s'engouffre dans une allée, enroulant méthodiquement son écharpe autour de son cou. Elle se demande ce que demain lui promettait. Au fond d'elle, la britannique sait une chose : ce sera à Aki de venir à elle. Un pressentiment l'étreint : ceci n'est que le début. En espérant que ce ne soit pas le début de la fin.

668 @Aki Davis :cute: une fin pour moi également, merciii et à bientôt T-)
FIN

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Appelle-moi "C", ou "Plume de Consty" ~ Joueuse chez les Hel's 🔥