22 mars 2024, 18:38
solo Si chacun doit aller à sa place... Où est donc la mienne ?
Londres,
Le 21 décembre 2048

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"Le vrai but de l'art n'est pas de créer de beaux objets : c'est une méthode de réflexion, un moyen d'appréhender l'univers et d'y trouver sa place."
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Code couleur :
Antonio, son petit frère : #946514
Mathilde, sa grande soeur : #944114
Loïs, son père : #769376
Victoria, sa mère : #844d4d
Eléanor : #564d84
Il n'est pas venue à la gare me chercher. Il doit sûrement être trop "occupé" pour s'intéresser au moins quelques secondes à sa benjamine. Que suis je à ses yeux ? Un objet ? Une marionnette ? Je ne le comprends pas et il ne me comprends pas non plus. Son comportement à lui est complètement inintelligible ! Et pour lui, le mien est insolent et indigne de mon âge et de ma famille ! Vraiment ? Il n'en a absolument rien à faire de moi ! Que dois je donc faire pour attirer son attention ? Voler ? Mentir ? Insulter ? Dans tous les cas il trouvera un moyen de me rabaisser.

De toutes façons, c'en est finit de moi. Je n'ai pas encore parler de ma répartition à Gryffondor. Dans mes lettres, j'écris que ma maison me correspond et que je m'y sens à ma place. Ce qui est faux, vu mon niveau de courage. Je vais mourir. Je suis sûr que c'est Mathilde qui va leur annoncer. Je le vois à son petit sourire en coin. Elle a prévu de le dire au pire moment, je le sais très bien.

Nos parents n'étaient pas "disponibles" pour aller nous chercher à la gare. Ils avaient joint des tickets de métro à leur dernière lettre. Je déteste ça mais je n'ai pas le choix. Le bruit et la vibration me mettent très mal à l'aise. Je ne m'y sens pas du tout à ma place dans cette endroit. Mathilde est trop occupée à discuter avec son "nouveau mec". Je parie tout ce que vous voulez que leur relations ne tiendra pas plus d'un mois.

Je vois Mathilde se lever tandis que la voix annoncer le prochaine arrêt. Le véhicule s'arrête. Les portes s'ouvrent et je suis ma soeur et son copain. Je détourne le regard tandis qu'ils s'embrassent pour se dire au revoir. Je n'aurais jamais de copain. Ca j'en suis complètement certaine. Ma très chère soeur adorée m'adresse un regard noir et sans aucunes paroles, s'avance hors du métro. La lumière du jour m'éblouit les yeux pendant quelques secondes. Je mets mais mains en visière et continue d'avancer jusqu'à notre domicile. J'évite de peu un passant avec une valise noire qui m'adresse un regard, qui semble dire "Apprends à marcher, tu n'es pas toute seule dans la rue. C'est pourtant facile de mettre un pied devant l'autre !" Je l'ignore. Personne n'a le droit de me dire ce que je dois faire. On me dit la plupart du temps que je suis qu'une petite insolente et que je n'arriverai à rien dans la vie en continuant ainsi. Qu'ils disent ce qu'ils veulent, ce n'est pas eux qui doivent me dicter la conduite que je dois adopter. Je m'arrête soudainement en voyant ma maison au coin de la rue. J'avance, la tête baissée et la boule au ventre. Mon père voulait que je sois une Serpentard. Il voulait que je suive ses pas, ceux de ma soeur et ceux de tous ses ancêtres. Ils étaient tous des verts et argents et moi je brise le cycle. Comme toujours, je suis différente. Je suis pas comme les autres. Ma soeur me sort de mes pensées.

- Alors la griffonne, tu es prête à annoncer ta répartition dans la maison ennemie ? J'imagine déjà le visage déçu de Papa... Qu'est ce que la scène va être plaisante à voir !

Je serre les dents mais je n'ai pas le temps de lui répondre qu'elle s'en va en courant pour arriver au domaine familiale. Je me sens très mal. Un nœud se forme dans ma gorge tandis que je m'élance à sa suite. Ces retrouvailles vont être les pires de toute ma vie, qui est pourtant plutôt courte. Je suis vraiment fichue cette fois.

“L'espoir n'est pas une formule mais une pratique.”
PR | #564d84

15 avr. 2024, 18:04
solo Si chacun doit aller à sa place... Où est donc la mienne ?
Je cours à sa suite, retardée par ma valise qui semble peser une tonne dans ma main. Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie. Le nœud dans ma gorge n'est pas prêt de s'en aller. Je m'arrête devant la porte d'entrée. Ma soeur me lance un regard de défis et un sourire diabolique s'étire au coin de sa bouche fine et rosée. Je ne connais que trop bien ce petit sourire qui signifie que je ne serais jamais en paix. Ca jamais. Elle pousse la porte et rentre. Je la suis et me fais emprisonner dans les bras de ma mère. Je me redis à son contact. Nous ne sommes pas proche du tout et j'ai l'impression qu'elle ne m'aime pas vraiment. Je l'ai toujours bu triste, pâle et fatiguée. On dirait qu'elle n'ait que l'ombre d'elle même. J'attends qu'elle me libère de son étreinte. Je ne veux pas me la mettre à dos maintenant. Elle enlève ses bras et je me dépêche de reculer. Mes joues rouges semblent exprimer ma gêne. Ma mère ne m'a pas fait de câlin depuis mes 5 ans. Ma réaction ne lui plait pas car une ride se forme entre ses sourcils et une vague de tristesse traverse ses yeux noirs. Elle recule à son tour et me laisse voir mon père. Avec ses yeux bleus et ses cheveux blonds. Son regard me transpercent comme mille aiguilles acérées. La ride entre ses deux sourcils n'annoncent rien de bon. Ne me dites pas qu'il est déjà au courant ? Je baisse les yeux et ouvre la bouche pour me défendre contre ses accusations. Il ne me laisse pas le temps. Je me contente de fermer le bouches pour "ne pas gober des mouches" comme dit ma mère.

- Vous êtes en retard. La seule fois où je vous laisse rentrer seules, vous n'êtes pas à l'heure.

Je pince les lèvres pour éviter de sortit une remarque désobligeante et regarde mes pieds en essayant de contenir la rage qui bouillonne dans mes veines. Je ne rêve que de lui faire part du fond de ma pensée. Je me contente pourtant que de regarder le bout de mes baskets usées en attendant la suite. Aucun "Bonjour !", "Bon retour à la maison !" ou de "Je suis content d'enfin te revoir !". Nan. Rien de cela. Juste des réprimandes. Encore et encore des réprimandes. On dirait que pour lui je ne suis qu'une gamine désobéissante et insolente.

- Dépêche toi de ranger tes affaires et de te changer. On mange à 19h30 et pas une minute de retard.

Il tourne les talon et s'éloigne dans la cuisine. Je serre les poings et retient tant bien que mal les larmes de colère qui inondent mes yeux et qui menacent de couler sur mon visage tiré pas la colère. Je prends ma valise par la main droite et passe devant ma mère sans un regard. Comment peut elle supporter cet horrible personne ? Je monte rapidement les marches menant à ma chambre sans un seul regarde en arrière. Je pousse la porte de ma chambre et la referme sans faire de bruit. Je lâche ma valise sur le sol et m'assois sur le bord de mon lit. Je fixe le mur devant moi. Je n'arrive pas à remettre mes pensées et mes émotions en place. Aucune émotion ne passe sur mon visage. Mon regard est complètement vide. Je serre à nouveau les poings et m'enfonce les ongles dans la peau. Je veux me faire mal. Le combat en moi est donc infini ? Est ce donc un cercle vicieux ? Je m'oblige à respirer. Je me retourne et frappe mon lit du poing. Je me lèvre précipitamment. J'ai chaud. Bien trop chaud. Je m'approche de la fenêtre et l'ouvre d'un seul coup. Je respire profondément l'air frais. Ne suis je donc qu'une marionnette ?

“L'espoir n'est pas une formule mais une pratique.”
PR | #564d84

25 déc. 2024, 14:05
solo Si chacun doit aller à sa place... Où est donc la mienne ?
Je me tiens à la fenêtre ouverte, laissant le vent glacé s'infiltrer dans la pièce, me mordant le visage. Mes doigts tremblent sur le rebord. Pas de froid, non, mais de colère. Une colère si puissante qu'elle me donne envie de hurler. De tout casser. Mais à quoi bon ? Personne n'écoute. Personne ne me voit. Dans cette maison, je ne suis qu'un fantôme, une erreur qui respire encore.

Gryffondor. Ma répartition. Un mot que j'ai ruminé dans ma tête depuis la cérémonie. Un mot que je n'arrive pas à avaler, comme une pierre coincée dans ma gorge. Je ne suis pas courageuse. Je ne suis pas noble. Si je suis là-bas, c'est un accident, une mauvaise blague du Choixpeau. Et pourtant, c'est ce que je dois dire. "Je suis à Gryffondor, Papa. Surprise." Je serre les dents, encore plus fort. Ma mâchoire me fait mal, mais je n'arrête pas. Parce que l'idée de dire ces mots me donne envie de vomir.

Mathilde est sûrement en bas, déjà en train de tout raconter. Elle doit s'amuser, la vipère. C'est tout ce qu'elle fait, après tout : m'enfoncer encore plus bas. Et Papa… Lui, je sais déjà ce qu'il dira. Pas besoin de deviner. Son visage crispé, sa voix froide : "Tu n'es qu'une déception." Comme si je ne le savais pas déjà. Comme si je ne l'entendais pas dans chacun de ses salutations.

Je claque la fenêtre d'un geste brusque, le bruit résonne dans ma chambre. Tant pis. Je m'en fiche. Qu'ils montent. Qu'ils me crient dessus. C'est pas comme si ça changeait quoi que ce soit. Je me laisse tomber sur le lit, les yeux fixés au plafond. Gryffondor. Pourquoi moi ? Pourquoi pas Antonio, ou même Mathilde, hein ? Eux, ils auraient été parfaits dans une maison comme ça. Moi, je suis juste… Je ne suis rien.

Une légère frappe à ma porte. Je sais déjà qui c'est. Je grogne un "Quoi ?", parce que je ne vais pas faire semblant d'être d'humeur.

La porte s'ouvre légèrement. Mathilde passe sourire juste la tête, avec son suffisant, comme si elle avait gagné une bataille que je ne savais même pas avoir commencée.

- Alors, tu comptes leur dire, ou je le fais à ta place ?

Je serre le poing, le cœur battant à tout rompre. Je pourrais me faire levier. Lui crier dessus. Lui balancer tout ce que j'ai sur le cœur. Mais non. Ça servirait à quoi ? Elle attend ça. Elle veut que j'explose. Alors je fais ce que je fais de mieux : je détourne les yeux.

- Va te faire voir, Mathilde.

Elle rit. Un rire léger, cruel, insupportable. Puis elle referme la porte, me laissant seule.

Je me relève lentement, le corps lourd. Si je ne leur dis pas maintenant, elle le fera, et elle le fera à sa manière. Je ne lui donnerai pas ce plaisir. Je me regarde dans le miroir au-dessus de ma commode. Mon reflet me fixe, vide, las. Je n'ai pas l'air d'une Gryffondor. Pas du tout.

Je descends les escaliers. Lentement, comme si chaque marche pesait une tonne. Dans le salon, mes parents sont là. Mon père lit son journal, comme si le monde entier pouvait attendre. Ma mère tricote, le regard absent. Et Mathilde, bien sûr, est assise, la tête haute, comme une reine sur son trône.

Je m'éclaircis la gorge. Tout le monde lève les yeux vers moi.

- Je suis à Gryffondor, je lâche, la voix plate. Voilà. Vous êtes content ?

Le silence tombe, lourd, oppressant. Mon père plie son journal. Lentement. Il me fixe, ses yeux glacials transpercent les miens.

- Gryffondor ?

- Oui. Gryffondor, je répète, un peu plus fort cette fois.

Il ne dit rien. Pas tout de suite. Puis il secoue la tête, un sourire amer au coin des lèvres.

- Évidemment.

C'est tout. Pas de crise, pas de dispute. Juste ce mot, jeté comme une pierre dans un lac, créant des vagues qui me submergent. Évidemment.

Je tourne les talons avant que mes jambes ne cèdent. Je remonte dans ma chambre, referme la porte derrière moi. Et cette fois, je ne retiens plus mes larmes. Parce que malgré toute ma colère, malgré ma carapace, ça fait mal. Si mal.

“L'espoir n'est pas une formule mais une pratique.”
PR | #564d84

25 déc. 2024, 14:21
solo Si chacun doit aller à sa place... Où est donc la mienne ?
... je ne retiens plus rien. Mes poings frappent l'oreiller, encore et encore, jusqu'à ce que mes bras me fassent mal. Les larmes brûlantes coulent enfin, traçant des sillons sur mon visage. Tout ce que j'avais accumulé—la colère, la honte, la tristesse — explose d'un coup.

"Évidemment." Ce mot tourne en boucle dans ma tête, chaque répétition comme une gifle. Comme si mon existence, mon choix, tout ce que je suis, n'était qu'une autre déception prévisible. Une erreur à ranger dans la longue liste des taux de ma vie.

Je me redresse, essuyant mes joues d'un geste brusque. Je ne pleure pas. Enfin, je ne suis pas censée pleurer. Ce n'est pas ce que les Gryffondors font, pas vrai ? Ils sont forts, courageux, fiers. Mais moi ? Je ne suis rien de tout ça.

Un bruit de pas dans le couloir me fait sursauter. Je me fige, le cœur battant à tout rompre. Antonio, peut-être ? Ou pire, Mathilde, viens savourer sa victoire. Mais non, les pas continuent, puis s'éloignent. Je soupire, relâchant la tension dans mes épaules.

Je m'assieds devant mon bureau, regardant ma plume et mon parchemin. Écrire, c'est la seule chose qui me calme un peu. Alors je saisis ma plume, trempant la pointe dans l'encre. Mais les mots ne viennent pas. Rien. Ma main reste suspendue au-dessus du parchemin, incapable de bouger.

Finalement, je laisse tomber la plume et croise les bras sur la table, enfouissant mon visage dedans. J'ai l'impression d'étouffer sous le poids de tout ça : leur indifférence, leurs attentes, mon propre dégoût de moi-même. Pourquoi Gryffondor ? Pourquoi pas n'importe quelle autre maison où je serais au moins ignorée, et pas jugée à chaque instant ?

Les mots de mon père me hantent encore. "Évidemment." Comme si tout était écrit d'avance, comme si je n'avais jamais eu le choix. Mais peut-être qu'il a raison. Peut-être que je suis juste… une erreur, une anomalie dans leur tableau parfait.

Une anomalie qu'ils voudraient tous oublier.

“L'espoir n'est pas une formule mais une pratique.”
PR | #564d84