L'emprise
En 2021
L E - P R I N C E - C H A R M A N T
J'ai longtemps eu ce sentiment de ne pas être comprise, ce sentiment de solitude mélangeait à ce sentiment de honte. Je ne pourrais pas expliquer clairement les raisons de ma honte, mettre le doigt sur un événement précis. Peut être que je me reproche la mort de celle qui m'a donné la vie. Peut être que je me reproche les accès de colère de mon père qui après tout, n'a pas demandé à perdre l'être aimé. Peut être que je me reproche la mort de notre elfe de maison. Peut être que je me reproche mon incapacité à satisfaire les gens qui m'entourent. Ou, ai-je simplement honte d'être en vie ? La culpabilité d'avoir laissé un camarade mourir pour moi, la culpabilité d'avoir été faible à un moment où j'aurais dû être forte.
Et malgré tout cet amas de sentiment négatif, toutes mes pensées s'envolent et tous mes maux se dissipent lorsqu'il entre dans la pièce. Tous les visages se tournent vers lui et il le sait, il dégage une aura irrésistible. Il incarne la perfection. Les traits de son visage sont à la fois doux et sévères, sa mâchoire saillante, ses lèvres charnues, sa taille imposante et ses épaules larges sont les traits qui le rendent sévère, mais, le bouquet de fleurs qu'il tient et le sourire qu'il me tend le rendent doux et irrésistible.
Soliman est le prince charmant, l'homme idéal dont rêverait toutes les femmes et pourtant, c'est vers moi qu'il s'est tourné et je sais à quel point je suis chanceuse d'avoir son attention. Depuis 2 semaines, il me transporte dans un véritable conte de fée. Me faisant la cour dès qu'il en a l'occasion, me couvrant de tendresse et d'attentions.
Il passait à Flagley-Le-Haut par hasard pour son travail et pourtant, malgré le peu de temps dont il disposait, il m'a envoyé un hibou me proposant un dîner dans l'un restaurant magique de la ville. Assise à la table, je ne peux que lui rendre son sourire et le remercier pour ce bouquet de roses lorsqu'il s'installe auprès de moi. Pendant une minute ou deux, ses yeux me parcourent, me sondent avant qu'il ne déclare à quel point il me trouve belle.
Je le crois.
Je ne pense plus à mon père, à Enzo, à Suileabhan, à mon mentor. Je ne pense plus qu'à lui, au bien être qu'il me procure et à ce sentiment nouveau que j'aime de plus en plus. J'aime ressentir ce petit picotement dans mon ventre lorsque je croise ses yeux ou lorsqu'il me dit qu'il me trouve belle. J'aime sentir mon cœur s'emballer dans ma poitrine lorsqu'il me prend dans ses bras ou que nos mains s'effleurent.
C'est donc ça, l'amour ?
Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.
L'emprise
L E - P R E M I E R - B A I S E R
Lors de sa visite à Flagley-Le-haut, nous avons passé une merveilleuse soirée. Malgré le peu de temps qu'il avait il m'a tout de même raccompagné chez moi, n'a rien attendu de moi en retour et s'est contenté de me donner un baiser sur la joue. J'apprécie qu'il prenne du temps pour me séduire, j'apprécie qu'il ne précipite pas notre premier baiser. Il est si rare en 2021 de trouver des hommes aussi prévenants que lui. Des hommes aussi doux et respectueux.
Lorsque je ferme la porte d'entrée pour le laisser repartir, je sens mon sourire qui s'étend bien au-delà du possible. Mon cœur ne cesse de battre plus fort. Pour la première fois, je mets à danser, seule chez moi pour mener mon bouquet de roses jusqu'à son futur vase. Je l'imagine lui, à la place des roses. Je peux encore sentir son odeur, la douceur de ses lèvres sur ma joue, ressentir ses mains sur mes hanches, je l'imagine me faire tourner et me voilà déjà dans la cuisine. Je dépose le bouquet dans un vase et attrape au passage le parchemin qui semblait n'attendre que moi. Je veux écrire à la terre entière que l'amour me tend enfin les bras, que j'ai trouvé la personne avec qui passer le reste de ma vie, que j'ai trouvé l'homme qui a su réparer mon cœur, mais une pointe d'appréhension me retient. J'ai peur qu'en couchant mes pensées sur du papier, tout s'arrête.
Cette nuit-là, je me suis endormie le sourire aux lèvres avec pour seule envie : le revoir.
Depuis plusieurs jours, je n'ai pas eu de nouvelle de Soliman. Il est parti en mission et, plus les jours passes plus je m'inquiète. Il a beau m'avoir prévenu qu'il ne serait pas de retour avant quelques jours, je n'ai pas encore pris conscience de la place qu'il occupe dans mon cœur à cet instant précis. Quand des applaudissements retentissent alors que je me perds dans mes pensées, il ne peut s'agir que de lui. Je me précipite, je cours dans les couloirs, je pousse les plus lents jusqu'à, enfin, croiser son regard. Le temps se suspend durant quelques secondes, je ne vois plus que lui et je crois qu'il ne voit plus que moi. Nous sommes seuls dans notre bulle.
Mon corps a cessé de courir, je reste plantée là, le regard perdu dans ses yeux et c'est lui qui vient à ma rencontre. Je sens ses bras me serrer contre son corps et mes pieds ne touchent plus le sol pendant quelques secondes. Lorsque je retouche la terre ferme, ses mains viennent encadrer mon visage et, bien qu'il approche lentement ses lèvres des miennes, il s'arrête avant que celles-ci ne les effleurent pour me demander s'il peut m'embrasser.
En guise de réponse, je termine ce qu'il a commencé. Je presse mes lèvres sur les siennes et toutes les personnes autour de nous peuvent assister à notre premier baiser. Tout mon corps brûle à ce seul contact et je redoute déjà le moment où nous devrons séparer nos lèvres pour respirer.
Mon cœur n'appartient qu'à lui.
Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.
L'emprise
L A - R O M A N C E - C O M M E N C E
Fut un temps, je ne supportais plus les soirées mondaines, les soirées ou seul quelques sorciers triés sur le volet avaient le droit d'être présent. Ces soirées ou vous deviez faire semblant de vous intéresser aux autres alors même que vous étiez incapable de mettre un nom sur un visage. Fut un temps, je devais y aller pour accompagner mon géniteur.
Hors, ce soir, j'arrive au bras de l'homme qui partage ma vie depuis quelques semaines maintenant. Si j'avais fini par détester ce genre de soirée, ce n'était plus le cas ce soir. Les regards sur moi ne me dérangent plus, je ne vois que ses yeux à lui. J'aime sa façon de me présenter, la façon dont il fait mon éloge, la façon dont il me traite comme une princesse. Les femmes viennent me voir pour me dire à quel point elles m'envient, à quel point elles auraient aimé un homme qui les regarde comme Soliman me regarde et je me sens chanceuse d'être celle qu'il a choisie pour l'accompagner ce soir. Secrètement, j'espère être plus qu'une étape dans sa vie, plus que la personne qui l'accompagne à une soirée. J'espère faire battre son cœur au moins aussi fort qu'il fait battre le mien.
Durant toute la soirée, je l'ai vu devoir discuter avec certains hommes malgré lui et, durant tout ce temps, je l'ai vu me chercher du regard. Puis, quand enfin, il a pu se libérer, il est revenu à moi ses mains retrouvant leur place sur mes hanches. Ses yeux plantés dans les miens avant qu'un baiser ne vienne sceller ce moment. La musique qui se jouait en fond ne parvient plus à mes oreilles, les sorciers autour de nous n'existent plus, les odeurs d'alcool ne parviennent plus à mon nez, il n'y a plus que lui et moi. Les yeux clos pour profiter de ce moment suspendu dans le temps, je ne suis rappelée à la réalité que lorsque ses mots résonnent dans mon cerveau et dans mon cœur.
- Je t'aime, Sixtine Valerion.
Deux mots, sept lettres, que je n'avais encore jamais entendues. Du moins, ils ne m'étaient jamais adressé. Personne ne m'avait jamais aimé, personne ne me l'avait jamais dit. Comme prise dans un tourbillon d'émotion, j'hésite à m'enfuir alors que mes sentiments sont réciproques. Je n'ai aucune idée de la réaction que je dois avoir. Je sens mon cœur qui s'emballe, mes mains qui deviennent moites, mes yeux qui cherchent à fuir son regard. Un instant, je crois qu'il entend mes pensées, car il redresse mon menton et pose un nouveau baiser sur ma bouche avant d'ajouter quelques mots.
- Je ne suis pas pressée, je peux attendre que tu sois prête.
Attendre que je sois prête. Ne suis-je pas déjà prête pour ça ? Est ce que ce n'est pas ce que j'ai entendu toute ma vie ? Trouver une personne qui m'aime au moins autant que je l'aime. Sans y réfléchir, me laissant simplement aller au jeu des sentiments, je lui murmure les paroles les plus sincères que je n'ai jamais prononcé.
- J'ai l'impression de t'avoir attendu toute ma vie.
L'amour est un diamant brut.
Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.
L'emprise
L - I S O L E M E N T
Toutes mes pensées ne sont tournées qu'autour d'une seule personne. Du matin quand j'ouvre les yeux jusqu'au soir quand je les referme, il occupe chacun de mes pensées. Je ne peux m'empêcher de me demander ce qu'il fait, s'il pense autant à moi que moi à lui, s'il partage réellement mes sentiments. Alors qu'il a prononcé des mots qui m'ont fait tourner la tête, je ne cesse de m'interroger et je me sens mal lorsqu'il ne me rassure pas, lorsqu'il ne m'affirme pas mes sentiments. Je me sens si seule lorsqu'il n'est pas avec moi que j'en viens à me demander si je suis assez bien pour lui, si je ne ferais pas mieux de partir. Et finalement, quand enfin il me rassure, quand enfin il me dit qu'il pense à moi, qu'il se sent bien avec moi, j'oublie tout le reste.
Je suis rassurée lorsqu'il me dit qu'il ne veut être qu'avec moi, qu'il ne veut pas que nous sortions pour ne pouvoir profiter que de ma présence. Je sens qu'il a besoin de moi tout autant que j'ai besoin de lui et au fond, je n'attends que ça. Je ne veux que ça. Je n'ai besoin d'aucune autre personne que lui dans ma vie, il a raison. Il représente tout pour moi.
Ce matin là, j'avais pu profiter de la douceur d'un lit conjugal avec Soliman. J'avais été heureuse de passer quelques heures avec lui, le regarder, lui sourire, lui partager mes secrets qu'il ne connaissait pas encore et finalement, nous nous étions décidé à nous lever après plusieurs heures à ne rien faire d'autres qu'être ensemble.
En descendant, j'avais remarqué une lettre qui n'était pas présente hier soir. Le courrier pouvait attendre mais le café lui, ne pouvait pas. J'avais d'abord bu une grande tasse de café avant de me décider à ouvrir cette lettre qui n'attendait que moi. L'écriture sur l'enveloppe ne me laissait aucun doute : Sixtus.
Les mots avaient beau être doux, Sixtine avait compris qu'il s'agissait d'un avertissement. Sa présence était requise ce vendredi et elle ne pouvait refuser cette offre. Elle avait immédiatement prévenu son amant et celui-ci qui grogna d'abord en prétextant qu'il avait prévu une soirée en tête à tête avec sa dulciné avait fini par accepter."Ma Sixtine,
Voilà des mois que je n'ai plus de tes nouvelles et le vieille oncle que je suis ne peut s'empêcher d'être inquiet pour toi. Tu n'es jamais restée silencieuse aussi longtemps. Je me doute que ta vie de couple est prenante, j'ai moi même eu des débuts plutôt sportif mais ne plus te voir et ne plus recevoir tes lettres est un véritable manque. Je ne connais pas encore ton compagnon et te propose de nouveau de nous rencontrer ce vendredi, chez moi.
J'espère te voir ce vendredi.
Avec toute mon affection,
Ton oncle, Sixtus Valerion."
Je ne veux que lui.
Arrivée inRP le 28 octobre 2046 -Départ le 14 décembre 2048
Arrivée à l'AESM à la rentrée 2049/2050.