Son regard sous un Lumos

Novembre 2038
Première année à Magifac Litté
Première année à Magifac Litté
Le froid de novembre à Mochdinam avait commencé à refroidir la bande des quatre amis tout juste sortis de leurs derniers cours. Niall, les mains fourrées dans ses poches suivait silencieusement les trois autres, légèrement en retrait. Fáelán accompagné de sa petite amie, et Dave, le meilleur ami de Niall s'amusaient du professeur qu'ils avaient en commun à la faculté, rendant l'Irlandais spectateur. Il aurait pu interroger les deux jeunes hommes, entrer dans la discussion en commentant les remarques de chacun, mais comme à son habitude lorsque Fáelán était là, il se taisait.
Le Gallois Fáelán était de ceux que l'on décrirait d'hommes à l'aura envoutante. Lorsqu'il parlait, tout le monde l'écoutait, tout le monde le trouvait fascinant et les femmes aussi. Il changeait de petite amie aussi souvent que cela lui plaisait, il les trompait toutes - mais pas encore cette dernière - et toutes le savaient. Elles le savaient, mais espéraient tout de même être l'exception, celle qui finirait par briser cette chaîne insensée. Niall côtoyait ce garçon depuis trois mois maintenant et tout le révoltait. Il n'avait pas été élevé ainsi ; le respect - qui manquait clairement chez ce Gallois - était une règle d'or qu'on lui avait inculquée et qu'il ne comprenait que l'on puisse y déroger. Alors, c'est silencieux qu'il analysait ses faits et gestes, son rire, sa manière de passer sa main dans ses cheveux et sa manie agaçante qu'il avait de souffler dans les visages des gens la fumée de sa cigarette. Niall ne savait expliquer pourquoi ce personnage si différent de lui l'obsédait et l'enrageait en même temps. Lui ne se permettrait jamais d'agir ainsi, de se montrer si libre, si au-dessus des lois. Il n'en avait tout simplement pas le droit.
Fáelán avait remarqué que l'Irlandais passait beaucoup de son temps à le dévisager, mais il ne s'en préoccupait pas le moins du monde. Il s'en amusait même. Ce soir-là, il avait d'ailleurs tourné la tête pour tomber, comme toujours, dans le regard de Niall et avait décidé que ce soir-là, il en serait autrement. Il voulait que son observateur parle, alors il lâcha la main de sa petite amie et lui demanda de partir plus loin. Rectification : il lui ordonna de partir plus loin.
– Mais pour faire quoi ?, demanda la pauvre étudiante perdue sans la main de son prince.
– J'en sais rien et je m'en fous, avait-il lâché sans même la regarder.
Car son regard était posé sur Niall dont il attendait des explications. L'étudiante avait compris que poser d'autres questions n'aurait servi à rien et elle avait suivi son ordre, blessée et humiliée, mais habituée.
Les deux hommes étaient maintenant arrêtés sur le chemin en pierre d'un coin perdu de Mochdinam et Niall contrôlait sa respiration et ses expressions pour paraître le plus neutre possible. Le Gallois fronçait les sourcils pour tenter de comprendre et sortit sa baguette pour y faire apparaître de la lumière. Il n'avait rien eu besoin de dire, son arrogance avait été suffisamment forte pour que la baguette s'éclaire. Et voilà que le Gallois souriait face à Niall. Pour ce dernier, c'était rageant.
– Qu'est-ce que t'as à me regarder comme ça tout le temps, O'Barden ?
Il n'y avait dans son ton aucune violence, aucune menace, mais une simple curiosité et un certain regard charmeur.
..
Son regard sous un Lumos
Soutenir son regard était facile, il suffisait de se concentrer sur le dégoût qui hurlait à l’intérieur de Niall. Il aimerait en répondre des choses à cette question impertinente. Il aimerait lui dire que la notion de respect lui semble clairement inconnue, que cette pauvre femme ne demande pourtant pas grand chose, mais rien ne sort. Il lève les yeux au ciel en guise de réponse et le Gallois fait un pas en avant.
– T’es bizarre, chuchota-t-il en fronçant les sourcils, comme s’il tentait de décortiquer les traits du futur libraire, en vain.
L’accusé ne pouvant soutenir son regard plus longtemps - la vision le rendant malade - il pivota et se mit en marche, dans le but de regagner le duo qui s’était éloigné. Le Lumos lancé plus tôt venait de s’éteindre.
– J’ai pas fini.
Il lâcha sa sentence en attrapant le bras de l’Irlandais, mouillé par la pluie qui s’était mise à tomber. À quel moment déjà ? Les deux hommes n’auraient su le dire. La main qui attrapa Niall manqua de glisser mais celle-ci persévéra et attrapa plus fermement l’homme. Notre Irlandais avait aussitôt baissé son regard sur cette main étrangère et répugnante qui l’avait agrippé. Son éducation faisait qu’il se refusait à être violent, malpoli ou à adopter toute réaction inadéquate, mais tout son être lui criait de l’être.
– Je n’ai rien à dire à un homme de ton genre.
– Oh ! Un homme de mon genre ?, répéta-t-il en riant. Et c’est quoi un homme de mon genre ?
La pluie commençait à tomber plus fortement et les voix des deux abandonnés plus loin se faisaient plus sourdes. Étrangement, personne ne revenait. Les deux hommes en plein combat verbal se fixaient entre les gouttes, jusqu’à ce que Niall réagisse.
– Umbrella !
La grâce du jeune homme encore intacte avait fait naître un parapluie suffisamment grand pour abriter les deux sorciers. Il avait beau le répugner, le laisser trempé n’était pas une option. Car si les gouttes qui perlaient son visage lui donnait une image d’homme sensible, il savait qu’il n’en était rien. Fáelán releva la tête pour observer la protection qui désormais le protégeait et revint à son accusé, en souriant. Un de ces sourires narquois qui marquait la victoire d’un premier round. Niall se protégeait certes, mais il restait. Il y en avait des dizaines des sorts qu’il aurait pu lui lancer, mais c’était celui-ci qu’il avait choisi d’utiliser. Alors le Gallois s’avança, prétextant silencieusement un parapluie trop étroit et plaqua ses lèvres contre celles de l’Irlandais qui ne put rien faire.
– T’es bizarre, chuchota-t-il en fronçant les sourcils, comme s’il tentait de décortiquer les traits du futur libraire, en vain.
L’accusé ne pouvant soutenir son regard plus longtemps - la vision le rendant malade - il pivota et se mit en marche, dans le but de regagner le duo qui s’était éloigné. Le Lumos lancé plus tôt venait de s’éteindre.
– J’ai pas fini.
Il lâcha sa sentence en attrapant le bras de l’Irlandais, mouillé par la pluie qui s’était mise à tomber. À quel moment déjà ? Les deux hommes n’auraient su le dire. La main qui attrapa Niall manqua de glisser mais celle-ci persévéra et attrapa plus fermement l’homme. Notre Irlandais avait aussitôt baissé son regard sur cette main étrangère et répugnante qui l’avait agrippé. Son éducation faisait qu’il se refusait à être violent, malpoli ou à adopter toute réaction inadéquate, mais tout son être lui criait de l’être.
– Je n’ai rien à dire à un homme de ton genre.
– Oh ! Un homme de mon genre ?, répéta-t-il en riant. Et c’est quoi un homme de mon genre ?
La pluie commençait à tomber plus fortement et les voix des deux abandonnés plus loin se faisaient plus sourdes. Étrangement, personne ne revenait. Les deux hommes en plein combat verbal se fixaient entre les gouttes, jusqu’à ce que Niall réagisse.
– Umbrella !
La grâce du jeune homme encore intacte avait fait naître un parapluie suffisamment grand pour abriter les deux sorciers. Il avait beau le répugner, le laisser trempé n’était pas une option. Car si les gouttes qui perlaient son visage lui donnait une image d’homme sensible, il savait qu’il n’en était rien. Fáelán releva la tête pour observer la protection qui désormais le protégeait et revint à son accusé, en souriant. Un de ces sourires narquois qui marquait la victoire d’un premier round. Niall se protégeait certes, mais il restait. Il y en avait des dizaines des sorts qu’il aurait pu lui lancer, mais c’était celui-ci qu’il avait choisi d’utiliser. Alors le Gallois s’avança, prétextant silencieusement un parapluie trop étroit et plaqua ses lèvres contre celles de l’Irlandais qui ne put rien faire.

Son regard sous un Lumos
Il ne put rien faire. Pendant de longues secondes qui lui semblèrent une éternité, Niall enrageait. Non seulement il n’avait pas consenti à ce… baiser, mais en plus c’était bien la pire des personnes dont il pouvait recevoir ce… baiser. Le Gallois, lui, souriait et riait à gorge déployée de l’expression de colère qu’il lisait sur le visage de l’étudiant. Pour lui, ce n’était qu’un jeu, qu’une manière de décoincer ce pauvre Irlandais qui était bien trop timide. Il s’était retourné comme s’il avait été le personnage principal d’une comédie musicale : en sautillant et en faisant voler sa cape, avant de partir rejoindre les deux autres qui n’avaient pas assisté à la scène.
— Allez, l’Irlandais ! Reste pas planté là !
Sa voix qui s’éloignait l’agaçait. Sa voix, sa manière de sautiller, son rire, sa manière de tenir sa baguette. Il résignait tout en lui et détestait ce qu’il venait de lui faire. Une fois le Gallois loin, Niall s’était essuyé les lèvres d’un revers de manche, mettant fin à son parapluie. Si sa cape n’avait pas essuyé les traces de Fáelán sur ses lèvres, la pluie l’aurait fait à sa place, tant le temps ne s’améliorait pas. Les poings contractés, les jambes de l’Irlandais avaient repris, sous l’ordre envoyé dans les airs et avançaient vers le groupe. Il n’avait envie que d’une chose : transplaner et partir loin d’ici. Ne plus revenir, ne plus le côtoyer et oublier tout ce qu’il venait de se passer. Mais il en était bien incapable.
Un bras était venu se poser sur son épaule : celui de Dave. Lui qui n’avait rien suivi, lui qui souriait de l’amitié qui s’était créée au sein de ce groupe. Il ne voyait rien. Niall savait que critiquer son ami n’aurait servi à rien, il aurait été jugé de coincé, ou peut-être aurait-il pensé qu’il n’était que tout bonnement amoureux d’une des conquêtes de Fáelán. Il n’en avait que faire de ses innombrables amantes qui sortaient chaque soir de son dortoir. Il n’en enviait aucune, car après tout, elles étaient toutes traitées sans valeur aucune. Parfois la peine le gagnait, il se prenait parfois à vouloir jouer les héros en les prévenant avant qu’elles ne passent la porte de la chambre du Don Juan de Magifac, mais il se ravisait à chaque fois ; auraient-elles finalement eu envie de l’écouter ? Ne croyaient-elles pas toutes qu’elles pouvaient le changer ? Être celles dont il finirait par tomber amoureux ?
Niall évitait les regards du Gallois. Il les évitait tous et sentait que ce dernier les faisait de plus en plus pressants. Il lui était donc impossible de dire si le sorcier cherchait à se moquer davantage, à s’excuser par un regard ou simplement à le regarder.
— Allez, l’Irlandais ! Reste pas planté là !
Sa voix qui s’éloignait l’agaçait. Sa voix, sa manière de sautiller, son rire, sa manière de tenir sa baguette. Il résignait tout en lui et détestait ce qu’il venait de lui faire. Une fois le Gallois loin, Niall s’était essuyé les lèvres d’un revers de manche, mettant fin à son parapluie. Si sa cape n’avait pas essuyé les traces de Fáelán sur ses lèvres, la pluie l’aurait fait à sa place, tant le temps ne s’améliorait pas. Les poings contractés, les jambes de l’Irlandais avaient repris, sous l’ordre envoyé dans les airs et avançaient vers le groupe. Il n’avait envie que d’une chose : transplaner et partir loin d’ici. Ne plus revenir, ne plus le côtoyer et oublier tout ce qu’il venait de se passer. Mais il en était bien incapable.
Un bras était venu se poser sur son épaule : celui de Dave. Lui qui n’avait rien suivi, lui qui souriait de l’amitié qui s’était créée au sein de ce groupe. Il ne voyait rien. Niall savait que critiquer son ami n’aurait servi à rien, il aurait été jugé de coincé, ou peut-être aurait-il pensé qu’il n’était que tout bonnement amoureux d’une des conquêtes de Fáelán. Il n’en avait que faire de ses innombrables amantes qui sortaient chaque soir de son dortoir. Il n’en enviait aucune, car après tout, elles étaient toutes traitées sans valeur aucune. Parfois la peine le gagnait, il se prenait parfois à vouloir jouer les héros en les prévenant avant qu’elles ne passent la porte de la chambre du Don Juan de Magifac, mais il se ravisait à chaque fois ; auraient-elles finalement eu envie de l’écouter ? Ne croyaient-elles pas toutes qu’elles pouvaient le changer ? Être celles dont il finirait par tomber amoureux ?
Niall évitait les regards du Gallois. Il les évitait tous et sentait que ce dernier les faisait de plus en plus pressants. Il lui était donc impossible de dire si le sorcier cherchait à se moquer davantage, à s’excuser par un regard ou simplement à le regarder.
Son regard sous un Lumos
Une trentaine de minutes avaient passé, la pluie avait cessé et les quatre étudiants étaient arrivés au bord de leur forêt. Depuis quelques semaines déjà, ils avaient découvert ce lieu, loin de la civilisation. Les bois étaient immensément hauts, irréguliers et surtout sans moldus. Pour illuminer les lieux, Dave avait lancé son Patronus. Fáelán, amusé par l’exercice, avait suivi, son amie aussi et Niall avait fermé la danse.
Aujourd’hui, comme un rituel, les baguettes avaient été dégainées, et dans l’émotion, le corbeau de l’Irlandais avait été le premier à se déployer. Il était d’ailleurs le seul animal volant et parfois, Niall s’en agaçait. Il aurait peut-être aimé être comme les autres et avoir quatre pattes. Lorsque Fáelán avait entendu le sort lancé, il n’avait pas tardé à l’imiter. Car s’il n’arrivait pas à attraper le regard de celui qu’il venait d’embrasser, peut-être qu’il pourrait attraper l’attention du corbeau. Celui-ci déjà reposé sur une branche, il se cachait de l’animal roux qui tentait de grimper à son arbre. Dave et la conquête numéro trois-cent douze s’amusaient de ce petit jeu entre deux, n’ayant aucune idée de ce qui se cachait derrière et les avaient rejoints. L’agneau de la femme tournait autour du tronc, espérant y trouver l’attention du renard ; et le chien de Dave qui aboyait pour se donner en spectacle, se montrer mais s’était vite lassé et était parti s’amuser ailleurs. L’agneau s’était montré plus patient, plus naïf, espérant que peut-être, cette fois, le renard lui donnerait le petit coup de tête affectif qu’il attendait tant, en vain. Celui-ci, comprenant qu’il lui fallait se débarrasser de l’Agneau pour parler au Corbeau l’avait envoyé en quête. N’importe quelle quête, tant que l’Agneau partait.
Assistant à la situation, Niall savait que la femme se contenterait des quelques miettes que lui jetterait Fáelán. Et c’était ce qui était arrivé. La fable de la Fontaine pouvait alors commencer. Le Corbeau, perché sur son arbre, n’avait pas, contrairement au poème, de fromage, mais un cœur que le Renard souhaitait voler. La ruse de ce dernier était si forte, le challenge du gain était si grand que le Patronus aurait pu rester planté là des heures. Alors il avait commencé son discours, puisque Niall s’était tu.
— O’Barden, O’Barden, O’Barden… Vous êtes bien trop mystérieux pour ce monde !, avait-il commencé. Il m’est impossible de dire ce qu’il se passe dans votre esprit, mais cela m’intrigue.
Le Corbeau avait avancé sa petite patte pour mieux observer le Renard, mais n’avait rien répondu, souhaitant garder son ascendant.
— Allez, O’Barden ! C’est ce baiser qui te met dans cet état ?
Fáelán guettait le regard du sorcier, il y cherchait une réaction, quelque chose qui lui montrerait qu’il avait là une corde sensible et le Patronus lui avait apporté sa réponse. Le corbeau avait tournoyé au-dessus du renard et avait voulu, d’une aile, s’en prendre à lui. Était-ce de la haine ? De la vengeance ? De l'incompréhension ? De l’envie ? Ou autre chose encore ? Alors le Renard, vif et aux aguets avait bondi, lui aussi et se défendait du mieux qu’il pouvait.
— Tu m’en veux ?, avait demandé le Renard d’une voix qui n’avait pas laissé le Corbeau de marbre.
Ce dernier s’était alors calmé, avait posé ses pattes au sol et était maintenant à la même hauteur que le Renard. L’oiseau avait été touché par ce ton qu’il avait pris pour de l’intérêt, sans savoir que c’est ce qu’il avait cherché à entendre. Le Patronus de l’Irlandais s’était achevé, et Fáelán l’avait imité avant de se rapprocher vers Niall, au milieu de cette forêt.
— Tu m’en veux ?, avait-il répété.
Les deux s’observaient sous le Lumos qu’avait rallumé Niall dans le plus grand des silences. Les deux regards étaient liés, mais chez le Gallois, c’était le défi qui l’animait. Il n’obtenait pas ce qu’il voulait assez rapidement, et avait compris que ce qui fonctionnait chez l’Irlandais c’étaient les mots, alors il s’y résignait. Chez l’Irlandais, c’était la tempête, l’instabilité, les émotions qui virevoltaient et les questions qui s’enchaînaient. Il ne comprenait pas ce qu’il ressentait et tout ce qu’il avait pu répondre, c’était un :
— Non.
Aujourd’hui, comme un rituel, les baguettes avaient été dégainées, et dans l’émotion, le corbeau de l’Irlandais avait été le premier à se déployer. Il était d’ailleurs le seul animal volant et parfois, Niall s’en agaçait. Il aurait peut-être aimé être comme les autres et avoir quatre pattes. Lorsque Fáelán avait entendu le sort lancé, il n’avait pas tardé à l’imiter. Car s’il n’arrivait pas à attraper le regard de celui qu’il venait d’embrasser, peut-être qu’il pourrait attraper l’attention du corbeau. Celui-ci déjà reposé sur une branche, il se cachait de l’animal roux qui tentait de grimper à son arbre. Dave et la conquête numéro trois-cent douze s’amusaient de ce petit jeu entre deux, n’ayant aucune idée de ce qui se cachait derrière et les avaient rejoints. L’agneau de la femme tournait autour du tronc, espérant y trouver l’attention du renard ; et le chien de Dave qui aboyait pour se donner en spectacle, se montrer mais s’était vite lassé et était parti s’amuser ailleurs. L’agneau s’était montré plus patient, plus naïf, espérant que peut-être, cette fois, le renard lui donnerait le petit coup de tête affectif qu’il attendait tant, en vain. Celui-ci, comprenant qu’il lui fallait se débarrasser de l’Agneau pour parler au Corbeau l’avait envoyé en quête. N’importe quelle quête, tant que l’Agneau partait.
Assistant à la situation, Niall savait que la femme se contenterait des quelques miettes que lui jetterait Fáelán. Et c’était ce qui était arrivé. La fable de la Fontaine pouvait alors commencer. Le Corbeau, perché sur son arbre, n’avait pas, contrairement au poème, de fromage, mais un cœur que le Renard souhaitait voler. La ruse de ce dernier était si forte, le challenge du gain était si grand que le Patronus aurait pu rester planté là des heures. Alors il avait commencé son discours, puisque Niall s’était tu.
— O’Barden, O’Barden, O’Barden… Vous êtes bien trop mystérieux pour ce monde !, avait-il commencé. Il m’est impossible de dire ce qu’il se passe dans votre esprit, mais cela m’intrigue.
Le Corbeau avait avancé sa petite patte pour mieux observer le Renard, mais n’avait rien répondu, souhaitant garder son ascendant.
— Allez, O’Barden ! C’est ce baiser qui te met dans cet état ?
Fáelán guettait le regard du sorcier, il y cherchait une réaction, quelque chose qui lui montrerait qu’il avait là une corde sensible et le Patronus lui avait apporté sa réponse. Le corbeau avait tournoyé au-dessus du renard et avait voulu, d’une aile, s’en prendre à lui. Était-ce de la haine ? De la vengeance ? De l'incompréhension ? De l’envie ? Ou autre chose encore ? Alors le Renard, vif et aux aguets avait bondi, lui aussi et se défendait du mieux qu’il pouvait.
— Tu m’en veux ?, avait demandé le Renard d’une voix qui n’avait pas laissé le Corbeau de marbre.
Ce dernier s’était alors calmé, avait posé ses pattes au sol et était maintenant à la même hauteur que le Renard. L’oiseau avait été touché par ce ton qu’il avait pris pour de l’intérêt, sans savoir que c’est ce qu’il avait cherché à entendre. Le Patronus de l’Irlandais s’était achevé, et Fáelán l’avait imité avant de se rapprocher vers Niall, au milieu de cette forêt.
— Tu m’en veux ?, avait-il répété.
Les deux s’observaient sous le Lumos qu’avait rallumé Niall dans le plus grand des silences. Les deux regards étaient liés, mais chez le Gallois, c’était le défi qui l’animait. Il n’obtenait pas ce qu’il voulait assez rapidement, et avait compris que ce qui fonctionnait chez l’Irlandais c’étaient les mots, alors il s’y résignait. Chez l’Irlandais, c’était la tempête, l’instabilité, les émotions qui virevoltaient et les questions qui s’enchaînaient. Il ne comprenait pas ce qu’il ressentait et tout ce qu’il avait pu répondre, c’était un :
— Non.
Son regard sous un Lumos
Alerté par le bruit des craquements de branches, Niall savait qu’il n’allait pas tarder à être rejoint par les deux autres. Alors il était parti, son Lumos attaché à sa baguette, son cœur battant à mille à l’heure pour un simple mot qu’il venait de prononcer, et un simple sourire qu’il en avait reçu. Le Gallois en question n’avait rien ajouté car il savait que ce non lui était suffisant, que le jeu venait à peine de commencer et qu’il avait pu progresser.
Dave et la jeune femme avaient proposé aux deux autres de rentrer, et Fáelán avait acquiescé, en plaçant son bras autour de l’épaule de celle qui s’inquiétait de leur relation. Ce geste avait suffi à l’apaiser, et il le savait. Pour ne plus éveiller ses soupçons et pour ne pas avoir à se fatiguer à s’expliquer, il l’avait laissé là jusqu’à la fin du sentier du retour. Niall, quant à lui, se trouvait bien idiot d’avoir répondu par la négative, et n’avait qu’une envie : retourner dans le temps et lui répondre que si, il lui en voulait, qu’il le trouvait même horrible d’agir ainsi, mais aurait-il finalement eu le courage ? Ou l’envie ?
Et alors que le Gallois venait d’accepter le défi lancé par Dave, celui d’arriver le premier à la première maison que le sentier aurait à offrir, Niall s’était retrouvé avec la conquête numéro six-cent huit — ou peut-être huit-cent six — de Fáelán. Il n’avait pas pu retenir ses yeux qui s’étaient levés au ciel lorsqu’il avait compris qu’il allait devoir lui parler, et surtout agir en bon gentleman.
— C’est ton ami, Fá, non ?, avait-elle aussitôt demandé, saisissant l’opportunité la plus infime.
Niall trouvait ce surnom idiot et bien ridicule. Pourquoi raccourcir son prénom de la sorte ? En une note de musique qui plus est ? Il n’avait rien d’une note de musique, encore moins d’un Fa. Peut-être un Do dièse ou un Si bémol, mais pas un Fa. Comment un homme pareil pouvait être comparé à une note ?
— Hmm ?, répondit l’Irlandais, voyant déjà où cette conversation allait l’amener.
— Est-ce qu’il parle de moi ? Tu sais s’il … m’apprécie ?
La gêne était à son paroxysme et Niall hurlait de douleur à l’intérieur. Il se demandait ce qu’il avait bien pu faire pour mériter cet interrogatoire, ce moment de confession et surtout pourquoi Merlin était-ce lui qui était le plus apte à répondre à ces questions-là ? Il était gêné de ressentir la gêne de celle qui ne demandait qu’à trouver un peu d’espoir logis quelque part. Il ne comprenait pas pourquoi ne pouvait-elle pas tout simplement ouvrir les yeux et voir ? Voir que non, il ne parlait jamais d’elle, qu’il n’avait aucun intérêt pour elle et qu’il n’en aurait jamais ? Pourquoi ne voyait-elle pas que peu importe l’énergie qu’elle mettrait dans cette relation, elle ne ferait que l’éloigner ?
— Tu sais, je ne suis pas vraiment le mieux placé pour répondre à cette question.. Mais toi, qu’est-ce que tu ressens ?
Le futur libraire avait détourné la question afin de ne pas devoir mentir, et surtout de ne pas y mettre de ses sentiments à lui. Il était hors de question qu’elle puisse penser qu’il était jaloux, hors de question qu’elle pense qu’il voudrait être à sa place. Ou peut-être qu’il délirait, que ce genre de pensée ne lui viendrait jamais à l’esprit. Peut-être que l’homophobie de ses parents l’avaient tellement envahi qu’il pensait qu’elle était présente chez tous les sorciers.
— C’est bien pour ça que je te demande.. Un jour, il passe sa journée à m’embrasser, et un autre, il m’ignore complètement.
La mâchoire de Niall s’était tendue. Le souvenir du baiser sous le parapluie était encore trop frais et l’imaginer, elle, en recevoir des centaines le forçait à prendre de grandes inspirations. Il ne fallait pas y penser. Il fallait oublier. Mais sa main s’était légèrement crispée sur sa baguette et sa voix était moins forte.
— Alors je ne sais pas quoi te dire, rétorqua-t-il en contrôlant son ton du mieux qu’il put.
Et sans l’avertir, il accéléra le pas pour tenter de rattraper les deux hommes plus loin. Il n’avait aucune envie de poursuivre cette conversation qui le dérangeait au plus au point. Il ne voulait qu’une seule chose, rentrer chez lui.
Dave et la jeune femme avaient proposé aux deux autres de rentrer, et Fáelán avait acquiescé, en plaçant son bras autour de l’épaule de celle qui s’inquiétait de leur relation. Ce geste avait suffi à l’apaiser, et il le savait. Pour ne plus éveiller ses soupçons et pour ne pas avoir à se fatiguer à s’expliquer, il l’avait laissé là jusqu’à la fin du sentier du retour. Niall, quant à lui, se trouvait bien idiot d’avoir répondu par la négative, et n’avait qu’une envie : retourner dans le temps et lui répondre que si, il lui en voulait, qu’il le trouvait même horrible d’agir ainsi, mais aurait-il finalement eu le courage ? Ou l’envie ?
Et alors que le Gallois venait d’accepter le défi lancé par Dave, celui d’arriver le premier à la première maison que le sentier aurait à offrir, Niall s’était retrouvé avec la conquête numéro six-cent huit — ou peut-être huit-cent six — de Fáelán. Il n’avait pas pu retenir ses yeux qui s’étaient levés au ciel lorsqu’il avait compris qu’il allait devoir lui parler, et surtout agir en bon gentleman.
— C’est ton ami, Fá, non ?, avait-elle aussitôt demandé, saisissant l’opportunité la plus infime.
Niall trouvait ce surnom idiot et bien ridicule. Pourquoi raccourcir son prénom de la sorte ? En une note de musique qui plus est ? Il n’avait rien d’une note de musique, encore moins d’un Fa. Peut-être un Do dièse ou un Si bémol, mais pas un Fa. Comment un homme pareil pouvait être comparé à une note ?
— Hmm ?, répondit l’Irlandais, voyant déjà où cette conversation allait l’amener.
— Est-ce qu’il parle de moi ? Tu sais s’il … m’apprécie ?
La gêne était à son paroxysme et Niall hurlait de douleur à l’intérieur. Il se demandait ce qu’il avait bien pu faire pour mériter cet interrogatoire, ce moment de confession et surtout pourquoi Merlin était-ce lui qui était le plus apte à répondre à ces questions-là ? Il était gêné de ressentir la gêne de celle qui ne demandait qu’à trouver un peu d’espoir logis quelque part. Il ne comprenait pas pourquoi ne pouvait-elle pas tout simplement ouvrir les yeux et voir ? Voir que non, il ne parlait jamais d’elle, qu’il n’avait aucun intérêt pour elle et qu’il n’en aurait jamais ? Pourquoi ne voyait-elle pas que peu importe l’énergie qu’elle mettrait dans cette relation, elle ne ferait que l’éloigner ?
— Tu sais, je ne suis pas vraiment le mieux placé pour répondre à cette question.. Mais toi, qu’est-ce que tu ressens ?
Le futur libraire avait détourné la question afin de ne pas devoir mentir, et surtout de ne pas y mettre de ses sentiments à lui. Il était hors de question qu’elle puisse penser qu’il était jaloux, hors de question qu’elle pense qu’il voudrait être à sa place. Ou peut-être qu’il délirait, que ce genre de pensée ne lui viendrait jamais à l’esprit. Peut-être que l’homophobie de ses parents l’avaient tellement envahi qu’il pensait qu’elle était présente chez tous les sorciers.
— C’est bien pour ça que je te demande.. Un jour, il passe sa journée à m’embrasser, et un autre, il m’ignore complètement.
La mâchoire de Niall s’était tendue. Le souvenir du baiser sous le parapluie était encore trop frais et l’imaginer, elle, en recevoir des centaines le forçait à prendre de grandes inspirations. Il ne fallait pas y penser. Il fallait oublier. Mais sa main s’était légèrement crispée sur sa baguette et sa voix était moins forte.
— Alors je ne sais pas quoi te dire, rétorqua-t-il en contrôlant son ton du mieux qu’il put.
Et sans l’avertir, il accéléra le pas pour tenter de rattraper les deux hommes plus loin. Il n’avait aucune envie de poursuivre cette conversation qui le dérangeait au plus au point. Il ne voulait qu’une seule chose, rentrer chez lui.