Les notes épicées

FÉVRIER 2039
Première année à Magifac Litté
Première année à Magifac Litté
Depuis Mochdinam, les choses s’étaient accélérées. La première fois, Niall avait retrouvé une note de parchemin sur son lit d’étudiant, avec la demande express de le retrouver à la bibliothèque, une fois que le concierge serait passé. Aujourd’hui, l’écriture, il la reconnaissait en une seconde. Pire même, il l’attendait avec impatience, prêt à tout délaisser pour un énième rendez-vous. Il avait bien compris les règles de ce petit jeu : ne rien dire, attendre le quand et le comment et se montrer discret.
La veille, il avait alors reçu la quatrième petite note du Gallois, devenant alors le quatrième rendez-vous qu’il honorerait. Il aurait pu avoir un examen le lendemain, devoir réviser ses cours de littérature ancienne, le temps s’arrêtait lorsqu’il s’agissait de Fáelán. Il fallait dire que l’auteur de ces notes n’en avait que faire des impératifs de l’Irlandais, il savait qu’il viendrait. Et pour la quatrième fois, il était venu. Adossé au mur, caché par la gouttière des petites maisons de Godric’s Hollow, Niall attendait celui qui aimait se faire désirer et qui, presque systématiquement, arrivait en retard.
— Pardon ! Lucy me lâchait pas !
L’Irlandais lui répondait alors toujours la même chose, que ce n’était pas grave, et ajoutait un petit sourire. Bien sûr que c’était grave, mais il ne voulait pas risquer d’énerver le Gallois, il ne pouvait pas risquer de perdre ce privilège de passer ces soirées si précieuses. Alors il souriait, car après tout, c’est avec lui qu’il les passait ces soirées, et non avec son énième prétendante. C’était avec lui qu’il allait espionner le couple de sorciers qui passaient toujours dans leur chambre à vingt-deux heures, les lumières bien allumées, en s’embrassant vigoureusement ; c’était avec lui qu’il volait des fruits sur les étals du marché le samedi — même si Niall, ne pouvant supporter ce sort, revenait toujours pour payer la personne volée — ; c’était avec lui qu’il séchait parfois quelques cours se demandant à quel moment il allait pouvoir rattraper son retard.
— Ce soir, on grimpe tout là-haut. Y a une petite cour privée derrière.
Niall s’interrogeait toujours sur le quotidien du sorcier. Où trouvait-il le temps de découvrir tous ces endroits ? Pourquoi n’était-il pas occupé à étudier comme tout étudiant normal ? Même après deux mois à le côtoyer, il ne comprenait toujours pas. Tout ce qu’il savait, c’était quelle fille ressortait de sa chambre le lundi, mercredi et vendredi.
Aussitôt l’instruction donnée, l’étudiant en littérature dégaina sa baguette avant d’être arrêté dans son élan par le Gallois. La main de celui-ci venait de se poser sur la sienne et ses yeux remontèrent aussitôt vers les siens.
— Sans magie, O’Barden. Ce soir, on grimpe, j’ai dit, avait-il lâché un sourire de défi en coin.
— Mais comment veux-tu que…
Finir sa phrase n’était plus en priorité quand il comprit que quoi qu’il dise, le Gallois avait déjà entrepris sa montée et n’écoutait plus rien de ce que l’Irlandais aurait pu lui dire. S’il voulait poursuivre cette soirée, il allait devoir le suivre. Il prit alors une grande inspiration, maudissant tout son être d’avoir répondu présent à cet appel, mais n’ayant pas d’autre choix que de rattraper celui qui dirigeait désormais tout son emploi du temps, il remonta ses manches et se mit à chercher les meilleures prises pour s’agripper à ce mur que la pluie de la veille avait rendu glissant.
Les notes épicées
Sur le dernier mètre, Fáelán tendit sa main pour que Niall l'attrape et se fasse aider et tirer. Les deux se retrouvaient désormais à une hauteur suffisamment haute pour observer la ville nocturne, dans le silence presque complet que seules quelques corneilles venaient déranger. Essouflé par l'effort entrepris de sa montée, Niall s'était volontiers assis sur le rebord du toit, observant avec dépit et incompréhension l'exercice qu'il venait d'achever.
— Je ne comprends vraiment pas pourquoi on ne s'est pas servi de la magie pour au moins nous éviter des mains câleuses et -
— T'es beau quand tu râles, interrompit le Gallois en souriant sans aucune tendresse, mais en souriant tout de même. C'est pour ça que je t'ai embrassé l'autre jour.
— Arrête de parler de ça, s'empressa-t-il d'ajouter en vérifiant de tous les côtés que personne ne les avait entendus, le ton agacé et angoissé.
A ce commentaire, son ami s'était levé sans s'arrêter de sourire, pas le moins du monde affecté par la remarque de l'Irlandais, ni par ses préoccupations. Cela lui était bien égal. Les deux vivaient dans deux réalités bien opposées, où l'un craignait le jugement des autres, et l'autre volait au-dessus de toute règle. Ce dernier n'avait alors rien ajouté, s'était levé pour se pencher vers sa prochaine étape et l'Irlandais, qui l'avait imité, se demandait pourquoi le garçon qu'il côtoyait était-il si téméraire. Pourquoi se mettait-il dans de telles conditions ? À tester ses limites, jouer avec le feu, déclencher son adrénaline et frôler la mort. Pourquoi fallait-il toujours qu'il ne voie jamais aucun danger à ses actes et que Niall soit celui qui s'inquiéterait pour les deux ? Certes, le sorcier n'avait rien demandé et ne parlerait jamais de ses raisons. Ce n'était pas un sujet de discussion et le futur libraire le savait. Tout ce qu'il apprenait de l'homme, il le devinait par des déductions, car jamais, il l'avait compris, Fáelán ne se confierait. Il avait accepté les règles du jeu et s'y pliait, à grande peine inavouable.
Voilà que les deux avaient entrepris la descente interne vers la petite cour secrète et étaient désormais suspendus dans le vide, retenus par la force de leurs phalanges sur le mur de pierre. Dû à un mauvais positionnement de son pied droit, le Gallois perdit l'équilibre une seconde et glissa vers sa destination finale : la cour. La chute fut tellement rapide, et malgré les excellents réflexes de Niall, sortir sa baguette pour l'aider n'avait pas été une option. Rageant toutefois contre son inefficacité et l'idée complètement idiote de son ami d'avoir voulu se la jouer moldu, il décida de finir sa descente en s'aidant de la magie, cette fois. Son instinct lui criait de rejoindre celui qui était recroquevillé au sol, pour l'aider.
— Je ne comprends vraiment pas pourquoi on ne s'est pas servi de la magie pour au moins nous éviter des mains câleuses et -
— T'es beau quand tu râles, interrompit le Gallois en souriant sans aucune tendresse, mais en souriant tout de même. C'est pour ça que je t'ai embrassé l'autre jour.
— Arrête de parler de ça, s'empressa-t-il d'ajouter en vérifiant de tous les côtés que personne ne les avait entendus, le ton agacé et angoissé.
A ce commentaire, son ami s'était levé sans s'arrêter de sourire, pas le moins du monde affecté par la remarque de l'Irlandais, ni par ses préoccupations. Cela lui était bien égal. Les deux vivaient dans deux réalités bien opposées, où l'un craignait le jugement des autres, et l'autre volait au-dessus de toute règle. Ce dernier n'avait alors rien ajouté, s'était levé pour se pencher vers sa prochaine étape et l'Irlandais, qui l'avait imité, se demandait pourquoi le garçon qu'il côtoyait était-il si téméraire. Pourquoi se mettait-il dans de telles conditions ? À tester ses limites, jouer avec le feu, déclencher son adrénaline et frôler la mort. Pourquoi fallait-il toujours qu'il ne voie jamais aucun danger à ses actes et que Niall soit celui qui s'inquiéterait pour les deux ? Certes, le sorcier n'avait rien demandé et ne parlerait jamais de ses raisons. Ce n'était pas un sujet de discussion et le futur libraire le savait. Tout ce qu'il apprenait de l'homme, il le devinait par des déductions, car jamais, il l'avait compris, Fáelán ne se confierait. Il avait accepté les règles du jeu et s'y pliait, à grande peine inavouable.
Voilà que les deux avaient entrepris la descente interne vers la petite cour secrète et étaient désormais suspendus dans le vide, retenus par la force de leurs phalanges sur le mur de pierre. Dû à un mauvais positionnement de son pied droit, le Gallois perdit l'équilibre une seconde et glissa vers sa destination finale : la cour. La chute fut tellement rapide, et malgré les excellents réflexes de Niall, sortir sa baguette pour l'aider n'avait pas été une option. Rageant toutefois contre son inefficacité et l'idée complètement idiote de son ami d'avoir voulu se la jouer moldu, il décida de finir sa descente en s'aidant de la magie, cette fois. Son instinct lui criait de rejoindre celui qui était recroquevillé au sol, pour l'aider.
Les notes épicées
Sautant les deux pieds joints vers la cour, à une vitesse que la magie avait ralentie, Niall s’approcha aussitôt vers l’homme blessé. Intérieurement, il l’insultait de tous les noms. Il lui en voulait de jouer au moldu alors que la magie aurait clairement pu lui éviter cet état. Il lui en voulait de jouer les casse-cou, de se mettre constamment en danger et de ne jamais promettre qu’il ne recommencerait plus. Il balayait toujours les craintes de l’Irlandais, lui reprochait qu’il exagérait, qu’il en faisait des tonnes et que s’il voulait vraiment se mettre en danger, il prendrait son balai et partirait à des kilomètres d’ici. Et Niall ne pouvait s’empêcher de se demander combien de temps lui restait-il avant que ce scénario ne prenne réellement forme dans son esprit. Alors il avait pris l’habitude de ne plus rien dire, de ne plus jouer les sermonneurs et de continuer de faire ce qu’il savait faire de mieux : le soigner.
— Arrête de bouger, et laisse-moi soigner ça, ordonna-t-il d’un ton catégorique que même Fáelán n’osa pas négocier.
L’homme s’était blessé sur tout le flanc gauche et sa main droite lorsqu’il avait tenté de se réceptionner. Niall, concentré sur l’ampleur des dégâts, analysait avec minutie leur gravité. Il testait la mobilité des chevilles et des poignets, s’assurant par de simples regards interrogateurs envers le blessé que la douleur était supportable.
— Bon, par chance tu n’as rien de cassé. Je vais juste m’occuper de ces plaies-là.
La baguette pointée vers les deux plaies, l’Irlandais savait parfaitement ce qu’il faisait. Son instinct parlait sans cesse et ces blessures devaient être pansées.
— Fascia !, lâcha-t-il d’un geste habile et maitrisé, faisant apparaître deux bandages sur les deux plaies distinctes.
— Elle te va bien cette magie protectrice.
— Tais-toi.
Et le Gallois s’était tu, sans pour autant perdre de son sourire qu’il s’efforçait de garder intact, à la hauteur de sa fierté blessée. Niall avait appuyé son ordre en fixant les yeux marron du blessé, car il n’était clairement pas en état — ni même jamais — de recevoir et de supporter ce genre de commentaire. Tout ce qu’il avait en tête, c’était de soigner, protéger et rentrer. Le reste, il le gérerait plus tard.
— Est-ce que tu peux transplaner ?
Fáelán observait son acolyte et tentait à son tour de l’analyser. Il n’y avait plus de ton doux, tout était direct et assertif. En somme, tout ce qu’il était lui avec les femmes qu’il côtoyait, et cela le déstabilisait. Il hocha simplement de la tête et comprit à cet instant que peut-être, cet événement avait été de trop pour l’Irlandais, qu’il avait un peu trop tiré sur la corde.
— Arrête de bouger, et laisse-moi soigner ça, ordonna-t-il d’un ton catégorique que même Fáelán n’osa pas négocier.
L’homme s’était blessé sur tout le flanc gauche et sa main droite lorsqu’il avait tenté de se réceptionner. Niall, concentré sur l’ampleur des dégâts, analysait avec minutie leur gravité. Il testait la mobilité des chevilles et des poignets, s’assurant par de simples regards interrogateurs envers le blessé que la douleur était supportable.
— Bon, par chance tu n’as rien de cassé. Je vais juste m’occuper de ces plaies-là.
La baguette pointée vers les deux plaies, l’Irlandais savait parfaitement ce qu’il faisait. Son instinct parlait sans cesse et ces blessures devaient être pansées.
— Fascia !, lâcha-t-il d’un geste habile et maitrisé, faisant apparaître deux bandages sur les deux plaies distinctes.
— Elle te va bien cette magie protectrice.
— Tais-toi.
Et le Gallois s’était tu, sans pour autant perdre de son sourire qu’il s’efforçait de garder intact, à la hauteur de sa fierté blessée. Niall avait appuyé son ordre en fixant les yeux marron du blessé, car il n’était clairement pas en état — ni même jamais — de recevoir et de supporter ce genre de commentaire. Tout ce qu’il avait en tête, c’était de soigner, protéger et rentrer. Le reste, il le gérerait plus tard.
— Est-ce que tu peux transplaner ?
Fáelán observait son acolyte et tentait à son tour de l’analyser. Il n’y avait plus de ton doux, tout était direct et assertif. En somme, tout ce qu’il était lui avec les femmes qu’il côtoyait, et cela le déstabilisait. Il hocha simplement de la tête et comprit à cet instant que peut-être, cet événement avait été de trop pour l’Irlandais, qu’il avait un peu trop tiré sur la corde.
Les notes épicées
L’adrénaline provoquée par la chute fit étonnamment réfléchir le Gallois différemment. Il ne pouvait pas supporter de ne pas avoir l’ascendant, d’être réduit à un humain blessé, autant physiquement que dans sa fierté.
— Attends !, s’exclama-t-il en posant sa main sur le bras de l’Irlandais. Je crois pas pouvoir, finalement. Je me sens pas très bien.
Niall évidemment inquiet ne vit pas le mensonge que son ami venait de lui lancer, et malgré un soupir qui en disait long sur sa patience, il acquiesça et se résigna à attendre que les nausées du blessé se calment. Ils s’étaient alors appuyés contre le mur, assis sur le sol en ardoise, éclairé par le Lumos que Fáelán venait de lancer et restèrent silencieux quelques minutes avant que ce dernier ne brise le silence.
— Je venais là quand mon père était trop… Enfin, tu sais.
Non, Niall ne savait rien. Il n’avait jamais reçu aucun élément de la vie du Gallois et se demandait pourquoi il le pensait. Après l’étonnement, il passa à l’intérêt. Un intérêt vif et coriace qui avait débuté il y a des mois et qui avait attendu sagement d’être nourri. Aujourd’hui, sans savoir ce qui avait déclenché cette confession, l’Irlandais restait silencieux. Par peur de briser cet instant si exclusif, par peur de dire le mot qui le ferait se taire à nouveau, il l’avait juste fixé avec intérêt, le poussant à poursuivre.
— Je ne sais pas pourquoi cette cour de dix mètres carrés existe, mais je l’aime bien.
— Pourquoi tu venais ici ?, demanda Niall précautionneusement, remarquant déjà que la conversation revenait à autre chose qu’à lui ; chose qu’il refusait.
— Hmm ?
— Pourquoi tu venais ici ? T’es pas du Pays de Galles ?
Fáelán sourit, puis tourna la tête vers son ami dont la couleur des yeux s’accentuait sous le Lumos. À ce moment, leurs visages étaient si proches que Niall pouvait sentir l’odeur de parfum qui chatouillait ses narines. Ses derniers cours de potion remontaient quelque peu, mais il pouvait reconnaître l’odeur si perceptible du Wiggentree. Des odeurs épicées à cet homme si amer.
— Ma mère, oui. Mon père est d’ici. Si l’on observait attentivement le Gallois, on pourrait remarquer toute sa réflexion. Une réflexion qu’il n’avait jamais eu à avoir avant, se promettant de ne jamais parler de lui ou de son histoire à qui que ce soit. Ce soir, il triait les informations, triait ce qui pouvait être dévoilé à l’Irlandais si patient. Disons qu’il a une jolie collection de Whisky Pur Feu dans sa cave. Vide, je dirais même.
L’étudiant en littérature écoutait comme il n’avait jamais écouté auparavant. Il voulait tout retenir, ne rien laisser de côté et se montrer le plus attentif possible. Dans les mots que Fáelán ne disait pas, Niall comprenait alcool, violence et refuge, mais prenait soin de ne pas les faire vérifier. Ce n’était pas à lui de les dire.
— Attends !, s’exclama-t-il en posant sa main sur le bras de l’Irlandais. Je crois pas pouvoir, finalement. Je me sens pas très bien.
Niall évidemment inquiet ne vit pas le mensonge que son ami venait de lui lancer, et malgré un soupir qui en disait long sur sa patience, il acquiesça et se résigna à attendre que les nausées du blessé se calment. Ils s’étaient alors appuyés contre le mur, assis sur le sol en ardoise, éclairé par le Lumos que Fáelán venait de lancer et restèrent silencieux quelques minutes avant que ce dernier ne brise le silence.
— Je venais là quand mon père était trop… Enfin, tu sais.
Non, Niall ne savait rien. Il n’avait jamais reçu aucun élément de la vie du Gallois et se demandait pourquoi il le pensait. Après l’étonnement, il passa à l’intérêt. Un intérêt vif et coriace qui avait débuté il y a des mois et qui avait attendu sagement d’être nourri. Aujourd’hui, sans savoir ce qui avait déclenché cette confession, l’Irlandais restait silencieux. Par peur de briser cet instant si exclusif, par peur de dire le mot qui le ferait se taire à nouveau, il l’avait juste fixé avec intérêt, le poussant à poursuivre.
— Je ne sais pas pourquoi cette cour de dix mètres carrés existe, mais je l’aime bien.
— Pourquoi tu venais ici ?, demanda Niall précautionneusement, remarquant déjà que la conversation revenait à autre chose qu’à lui ; chose qu’il refusait.
— Hmm ?
— Pourquoi tu venais ici ? T’es pas du Pays de Galles ?
Fáelán sourit, puis tourna la tête vers son ami dont la couleur des yeux s’accentuait sous le Lumos. À ce moment, leurs visages étaient si proches que Niall pouvait sentir l’odeur de parfum qui chatouillait ses narines. Ses derniers cours de potion remontaient quelque peu, mais il pouvait reconnaître l’odeur si perceptible du Wiggentree. Des odeurs épicées à cet homme si amer.
— Ma mère, oui. Mon père est d’ici. Si l’on observait attentivement le Gallois, on pourrait remarquer toute sa réflexion. Une réflexion qu’il n’avait jamais eu à avoir avant, se promettant de ne jamais parler de lui ou de son histoire à qui que ce soit. Ce soir, il triait les informations, triait ce qui pouvait être dévoilé à l’Irlandais si patient. Disons qu’il a une jolie collection de Whisky Pur Feu dans sa cave. Vide, je dirais même.
L’étudiant en littérature écoutait comme il n’avait jamais écouté auparavant. Il voulait tout retenir, ne rien laisser de côté et se montrer le plus attentif possible. Dans les mots que Fáelán ne disait pas, Niall comprenait alcool, violence et refuge, mais prenait soin de ne pas les faire vérifier. Ce n’était pas à lui de les dire.
Les notes épicées
Alors que Niall restait silencieux face aux confessions du brun, il tentait de s’imaginer la vie de celui-ci, partagée entre deux villes et deux pays. Il avait tellement de questions qu’il mourrait d’envie de poser, mais ne savait plus à quel moment le faire ou si, à nouveau, cela aurait été la question de trop. Son regard continuait d’exprimer tout ce que ses mots ne disaient plus. L’empathie, même si le Gallois pouvait en être dépourvu, saurait forcément la lire chez l’Irlandais. Du moins, il l’espérait.
— Merci pour les bandages, au fait, avait-il fini par ajouter, en brandissant sa main pansée, le sourire aux lèvres, et s’autorisant enfin à se moquer de sa propre chute. Tu crois que Lucy va m’engueuler comme toi ?
La remarque mit fin au rire du futur libraire. Son petit monde s’écroulait, ramené par la dure réalité des femmes qui peuplaient la vie de Fáelán, et par l’inexorable inexistence qu’avait la sienne dans sa vie. Accusant le coup, il se leva d’un bond. Trop rapide pour ne pas être remarqué comme anormal, même pour quelqu’un qui ne voit rien.
— Quoi ? Qu’est-ce que j’ai dit ? Demanda le Gallois en peinant à se relever.
— Rien.
— Niall ?
— Rien, je t’ai dit. Bon, c’est bon, tu peux transplaner maintenant ? J’aimerais rent -
Et comme lorsque le Gallois n’a plus les mots, qu’il n’a pas les codes pour comprendre ce qui lui échappe, ou pour ignorer ce qu’il ne veut pas voir, c’est le contact physique qu’il trouve en réponse. Ses lèvres plaquées contre celles de l’Irlandais ont le goût de l’attachement cette fois-ci. Un goût subtil qui n’a pourtant pas assez de teneur pour rester, pour être maintenu. Et Niall l’apprendra plus tard, la valeur qu’il portait à ces moments n’était pas la même que pour le brun.
— Ça peut rester ici, si tu préfères, lâcha-t-il de manière calculée, comme s’il avait la moindre intention d’emporter ce baiser ailleurs qu’à Godric’s Hollow. Sinon, je suis prêt pour rentrer.
L’homme avait tendu son bras, sans louper la moindre émotion qui traversait le visage de son ami. Il jouissait presque du spectacle qu’il venait de provoquer. Ses baisers lui offraient le silence de Niall. Son calme, sa patience et sa douceur, et il se délectait de son attention. A défaut d’en recevoir ailleurs, c’est ce qu’il recherchait chez toutes les femmes qu’il rencontrait, et plus particulièrement chez Niall O’Barden. Alors ce dernier avait suivi le mouvement, invité par le bras tendu, il plaça également sa main sur celle du Gallois et les deux laissèrent ce baiser sur les toits des petites maisons du village.
— Merci pour les bandages, au fait, avait-il fini par ajouter, en brandissant sa main pansée, le sourire aux lèvres, et s’autorisant enfin à se moquer de sa propre chute. Tu crois que Lucy va m’engueuler comme toi ?
La remarque mit fin au rire du futur libraire. Son petit monde s’écroulait, ramené par la dure réalité des femmes qui peuplaient la vie de Fáelán, et par l’inexorable inexistence qu’avait la sienne dans sa vie. Accusant le coup, il se leva d’un bond. Trop rapide pour ne pas être remarqué comme anormal, même pour quelqu’un qui ne voit rien.
— Quoi ? Qu’est-ce que j’ai dit ? Demanda le Gallois en peinant à se relever.
— Rien.
— Niall ?
— Rien, je t’ai dit. Bon, c’est bon, tu peux transplaner maintenant ? J’aimerais rent -
Et comme lorsque le Gallois n’a plus les mots, qu’il n’a pas les codes pour comprendre ce qui lui échappe, ou pour ignorer ce qu’il ne veut pas voir, c’est le contact physique qu’il trouve en réponse. Ses lèvres plaquées contre celles de l’Irlandais ont le goût de l’attachement cette fois-ci. Un goût subtil qui n’a pourtant pas assez de teneur pour rester, pour être maintenu. Et Niall l’apprendra plus tard, la valeur qu’il portait à ces moments n’était pas la même que pour le brun.
— Ça peut rester ici, si tu préfères, lâcha-t-il de manière calculée, comme s’il avait la moindre intention d’emporter ce baiser ailleurs qu’à Godric’s Hollow. Sinon, je suis prêt pour rentrer.
L’homme avait tendu son bras, sans louper la moindre émotion qui traversait le visage de son ami. Il jouissait presque du spectacle qu’il venait de provoquer. Ses baisers lui offraient le silence de Niall. Son calme, sa patience et sa douceur, et il se délectait de son attention. A défaut d’en recevoir ailleurs, c’est ce qu’il recherchait chez toutes les femmes qu’il rencontrait, et plus particulièrement chez Niall O’Barden. Alors ce dernier avait suivi le mouvement, invité par le bras tendu, il plaça également sa main sur celle du Gallois et les deux laissèrent ce baiser sur les toits des petites maisons du village.