7 janv. 2025, 23:16
Tressaillement  Libre 
Octobre 2049
Londres — Librairie
Le Dôme Libre


« Tu as envie de venir dîner à la maison ? »

Un soupir s'échappe de mes lèvres. Sans regarder mon père, je referme les cordons de ma bourse après y avoir glissé la monnaie qu'il m'a rendu suite à une longue bataille pour qu'il accepte de me laisser payer moi-même mon livre que j'ai décidé d'acheter toute seule. Je sens son regard que je connais par cœur peser sur moi. Il voit tout de mes sourcils froncés, du pli mécontent de ma bouche. Sûrement a-t-il aussi aperçu plus tôt mes longues cernes noires et mon teint pale, et m'a-t-il prise en pitié. À moins que sa proposition ne soit motivée par son insupportable côté papa-poule et son envie de voir ses enfants tout le temps, toujours, de tout savoir d'eux tout le temps, toujours. Et bien non, papa ! Non, je n'ai pas envie de venir dîner, je n'ai pas envie de vos questions indiscrètes, de remarquer les longs silences de maman qui ne me supporte plus, les soupirs de Natanaël qui est incapable de l'ouvrir devant moi ou encore les yeux levés au ciel d'Aodren quand je ne réponds pas comme il faudrait à l'un de vos innombrables ennuyants et inutiles commentaires que vous faites à propos de tout, du monde, de l'argent, du travail, des sorties littéraires, des nouvelles parues dans la Gazette, toujours des commentaires pour remplir les vides, mais surtout pour parler pour ne rien dire, pour faire du repas un moment convivial, agréable.. Agréable rien du tout, vous et vos questions, vous et vos jugements, vous et votre incompréhension ! Alors non, papa, je n'ai pas envie de venir dîner.

« Non. »

La réponse sort plus froidement que je m'y attendais. Mon père suspend ses gestes, les mains immobiles au-dessus de la vieille caisse enregistreuse manuelle. Je surprends son regard hésitant sur moi ; je crispe les mâchoires.

Il faut dire que la semaine a été particulièrement éprouvante. Et longue. Et froide. Froide, parce que je n'ai nulle part d'autre où me réfugier si ce n'est ce froid Plateau écossais que je commence à sérieusement détester. Hier, il y a neigé. Neigé ! Un froid lancinant ne me quitte plus depuis, j'ai l'impression qu'il s'est incrusté dans mes os. J'ai tout le temps froid, même maintenant j'ai froid. D'aucuns diraient que c'est à cause de la magie que j'ai pratiqué toute la journée. Noire, la magie. Du genre qui fait appel aux sentiments crades qui traînent tout au fond du coeur, ceux qui raclent les bas-fonds de l'âme. Zikomo dirait : « la magie noire te met dans une sale humeur ». Et bien que Zikomo aille se faire siphonner les songes par ses petits copains Messagers des rêves ! Zikomo n'est pas là de toute manière, il n'y a que moi, moi et ce père qui ne comprend rien, qui ne comprend pas que je ne veux pas qu'il me pose des questions ou qu'il m'invite, qu'il me regarde avec ses yeux inquiets, qu'il me fasse culpabiliser, qu'il me rappelle qu'il y a une maison chaleureuse qui m'attend quelque part mais que les membres de la famille qui y habite ne savent rien de ma vie, de ma décision de ne pas poursuivre mes études, de ce que je fais de mes journées. Ils ne savent rien, ne sont rien, et moi j'ai envie d'aller m'enfermer quelque part et de ne plus jamais en ressortir.

« Fous-moi la paix avec tes invitations ! m'exclamé-je avant qu'il n'ait le temps de me questionner. Merde à la fin, je viendrai quand j'en aurais envie ! »

Dans un geste brusque je range ma bourse et récupère mes gants abandonnés sur le comptoir. Je bouillonne sur place. Ça trépigne à l'intérieur de moi, ça tremble sous ma peau, j'ai un orage dans la tête. Cet après-midi j'ai gribouillé à l'intérieur de ma chair pour faire fonctionner une magie puissante qui ferait taire tout ceux qui sans cesse me harcèlent d'attentes. Mais jamais ils n'arrêtent. Jamais ils n'arrêtent d'attendre des choses de moi.

Pour une fois, je suis tout à fait capable de me rendre compte que je suis injuste, que je dépasse les bornes, que je suis en train de me défouler sur une personne qui n'a rien demandé. Et si j'en crois le regard sombre, autrefois si doux, de papa, je sais que lui aussi s'en rend compte. Il hoche plusieurs fois la tête. J'ai envie d'exploser en sanglots quand je comprend qu'il va juste me laisser m'en aller sans ne rien dire. Mais hurle, bon sang ! Hurle, énerve-toi, énerve-toi contre moi, réagis, fais quelque chose ! Mais il hoche la tête, soupire doucement et dit du bout des lèvres, par égard pour les clients encore présents dans la librairie :

« Rentre te reposer, Aelle. Merci d'être passée. »

Et de prendre le chemin de l'arrière-boutique, m'abandonnant derrière lui avec toute ma rage qui ne peut pas s'exprimer, mon envie de hurler, de frapper, de pleurer et d'arrêter tout ce qu'il y a à arrêter, les doutes, les espoirs, les attentes, les souvenirs, le deuil de son absence, la peur d'affronter les réponses, mais surtout l'échec, constant, et le vide, le vide tout à l'intérieur de moi, partout, qui prend toute la place sans ne jamais remplir aucun des trous qui parsèment mon âme.

Le temps reste suspendu, je suis à bout de souffle, tétanisé dans ma rage triste, incapable de bouger. Puis aussi soudainement que c'est arrivé, tout disparaît. Je me dégonfle, mes doigts se resserrent sur mes gants et dans le silence le plus complet je fais demi-tour pour sortir de la boutique de mon père. Je ne sais même plus ce qui a déclenché la dispute, je ne me rappelle pas pourquoi j'avais tant besoin de cris. Je suis épuisée.

Arrivée à la porte donnant sur l'extérieur, je pose machinalement la main sur la vitre que je percute brusquement et bruyamment quand celle-ci refuse de s'ouvrir.

« Qu'est-ce que... »

J'essaie plusieurs fois, je secoue la poignée sans succès, jusqu'à ce que je me souvienne d'où je suis : le Dôme Libre. Combien de fois cette fichue porte m'a-t-elle joué le même tour lorsque j'étais enfant ? Elle m'a toujours haïe. Je la secoue une nouvelle fois, plus violemment :

« Allez, Merlin ! »

Un juron particulièrement vulgaire s'échappe de ma bouche. N'y tenant plus, je donne un coup de pied dans la porte vitrée, puis un coup de main, paume à plat. Soudainement, cette porte représente à elle-seule tout ce qui ne va pas dans ma vie et tout ce qui n'est jamais allé. Je la déteste, je l'exècre, je la hais comme une élève abandonnée, comme une fille incomprise, comme une étudiante perdue, comme une sœur menteuse, comme une mauvaise amie, comme une cliente violente. Je la frappe parce que mes nerfs sont en vrac, que j'ai froid et que je n'en peux plus de toutes les semaines précédentes, de tous ces mois passés, que je n'en peux plus de toutes les semaines à venir, de tous les mois qui se profilent.

*

Reducio
Bon, bon, bon, au début je pensais qu'Aelle allait juste être un peu en colère. Bon, peu importe, voici le contexte : Aelle se trouve dans la librairie de son père, le Dôme Libre, qui se situe depuis une bonne vingtaine d'années très proche du Chemin de traverse, librairie proposant des ouvrages en tout genre, sorciers comme moldus. Votre personnage peut être l'un des clients à l'intérieur de la boutique et assister au désastreux spectacle que donne Aelle. Zile, son père, s'est réfugié dans l'arrière boutique. Persuadé qu'Aelle allait vraiment s'en aller et ayant confiance en ses clients, il va se permettre quelques minutes de calme pour se remettre de ses émotions avant de revenir et n'a pas de raison d'être alarmé tant que la cloche de la porte ou celle du comptoir n'aura pas été activée.

Si jamais quelqu'un est intéressé, j'aimerais bien que ce RP soit rapide, qu'on le termine en quelques jours/une ou deux semaines. J'ai fait un post un peu long pour ce départ, mais je pourrais tout à fait en faire un de 300 mots ensuite, ça me va d'écrire moins pour écrire plus rapidement (dans tous les cas le nombre de mot n'a aucune importance et je serai ravie d'écrire avec qui se présentera !). PJ ou PNJ, venez vraiment comme vous êtes, c'est libre pour une personne.

8 janv. 2025, 11:26
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Octobre 2049


Voulant éviter la foule et surtout éviter de croiser quelques qu'elle connaissait, Elfise s'était rendue dans une petite librairie non loin du chemin de traverse qu'elle souhaitait esquiver. Il y avait sûrement ce qu'elle cherchait là-bas mais avec les moyens de transports sorcier, cela ne lui rajoutait pas beaucoup de temps de s'éloigner un peu d'une des rues les plus connus dans le monde sorcier britannique. Ce qu'elle cherchait? C'était bien simple, un livre de magie pour débutant, un livre ou elle pourrait trouver toutes les explications nécessaires pour s'améliorer. Depuis peu elle avait pris la décision de rattraper son retard qu'elle avait accumulé lors de ses années à Poudlard, elle avait rencontré Valerion qui lui était bien utile, mais la jeune adulte voulait se détacher le plus possible de cette femme. Même si sur leur dernière altercation, l'ancienne professeur semblait avoir changé et ne ressemblait plus à la professeur de défense contre les forces du mal qu'elle avait été, Elfie ne pouvait placer sa confiance en elle. C'était trop soudain, elle n'avait pas encore posé de sens sur les actions de la plus âgée, d'autant plus si l'on prenait en compte le fait qu'elle puisse voir dans les esprits. Ce qui était certain c'était que l'ancienne gryffondor allait encore avoir besoin de son aide, même si il était difficile de l'accepter et le but de sa démarche d'aujourd'hui était de limiter le contact avec cette sorcière au maximum, progresser le plus possible sans son aide.

Après son service terminé, elle s'était rapidement changé pour arriver tôt à la librairie, elle ne voulait pas se presser avant de reprendre, elle voulait prendre le temps de choisir un bon manuel d'un niveau plus haut que le précédent qu'elle avait trouvé d'occasion. Plus de vingt minute de recherche sans succès s'était écoulé quand elle se reconnecta à la réalité du moment, même dans cette petite librairie, il y avait d'autres individus. Sans se préoccupé vraiment de ce qu'il se passait dans un premier temps, Elfie continuait de parcourir les différents titres présent face à elle, comprenait que la scène n'était que la fille du libraire, rien d'intéressant. Ce n'est qu'ensuite qu'elle osa se tourner de manière à pouvoir observer, discrètement l'auteure de celle qui avait rompu le silence agréable de la boutique.

C'était une jeune femme, qui n'avait pas l'air très âgée. Elfie lui donnait environ son âge, sûrement deux ou trois ans de plus. Bien qu'elle ne soit pas petite, l'ancienne joueuse de quidditch avait bien une tête de plus, mais la description physique de cette personne ne l'intéressait pas vraiment. Elle l'avait sûrement croisé à Poudlard si elle y avait étudié, mais elle était incapable de se souvenir de son visage, elle lui était inconnue. Ceux sur quoi la blonde s'arrêta c'était bien le pique de colère que l'autre venait de déverser avec beaucoup de haine au vue de l'échange quelques instants plus tôt. La réaction semblait disproportionnée, mais Elfie était en bonne position pour ne porter aucun jugement. Elle n'avait pas de pitié ou de compassion d'ailleurs. L'empathie n'avait jamais été son fort, déjà qu'elle avait du mal à gérer ses propres émotions, elle ne voulait pas s'occuper de celles des autres en plus.

Son intérêt était bien plus égoïste, comme pour la majorité de ses faits et gestes. Sans le vouloir l'image de cette sorcière remplit de haine pour exploser après une discussion sans raison apparente la renvoyait à elle même. Durant ses dernières années à Poudlard, Elfie s'était laissé guidée par cette colère qui l'habitait encore, elle avait agressé physiquement plus d'une personne, sans raison suffisante à réfléchir. Elle s'était laissée plus d'une fois emporté allant trop de loin dans les mots pour des moments qui n'en valait pas la peine. Toujours le regard fixé sur celle qui s'emportait maintenant sur la porte de la boutique, elle ne pouvait se douter du mal intérieur qui la rongeait, elle ne pouvait savoir ce qu'elle avait pu traverser pour finir dans cet état, elle ne connaissait rien d'elle, elle ne pouvait rien faire pour elle et elle n'en avait pas l'envie.

La situation la remmenait à chaque moment où elle aussi s'était laissé emporter, peu importe les raisons, peu importe son état et assisté à cette scène, la conforta dans son idée, plus jamais. Depuis qu'elle avait quitté Poudlard, après un mois à tomber encore plus bas, elle avait réussi à se relever. Elle restait fragile mentalement, mais elle arrivait un peu mieux à ne pas exploser en publics. Elle attendait d'être seule pour évacuer tout en trouvant des stratagèmes pour les moments où elle ne pouvait pas se trouver dans la solitude. Malgré tout, elle savait pertinemment que ses efforts pouvaient se stopper d'une seconde à une autre, elle savait qu'elle pouvait rechuter et exploser à n'importe qu'elle moment comme une bombe à retarder. Depuis quelques temps, elle se posait la question de retourner voir Honor Brando qui lui avait fait autant de mal que de bien. Elle était dure mais efficace, c'était sûrement la seule qui pouvait réellement l'aider. Cette question tournait dans son esprit depuis longtemps en boucle et aujourd'hui, après avoir vue cette autre sorcière en action, elle ne pouvait plus attendre ou se laisser aller, elle devait y aller, c'était une certitude.

N'étant plus concentrée sur sa mission du jour et son projet d'achat, se disant que de toute façon elle ne s'améliora pas en lisant des livres mais dans la pratique, Elfie avait décidé de laisser tomber pour aujourd'hui. La scène l'avait assez bouleversé, même si elle ne se l'avouerait jamais, c'était suffisant pour le moment, elle avait besoin de sortir et retrouver le calme de certaines des rues de Londres. Elle s'approcha donc de la porte toujours bloqué derrière la sorcière. "Tu sais pas ouvrir une porte?" Bon, c'était maladroit, elle voulait juste attirée son intention, la jeune adulte n'avait jamais été douée pour rentrer en contact avec les autres humains, elle aurait pu s'excuser, ne voulant pas déranger, mais ce n'était pas totalement vrai. Elle espérait ne pas la relancer, qu'elle ouvre cette fichue porte et qu'elle puisse s'en aller rapidement.

@Aelle Bristyle, n'hésite pas si un détail ne convient pas!

Employée au manoir Joyce, Promo 42
Je déteste ceux qui volent ma solitude sans m’offrir de vraie compagnie.

8 janv. 2025, 14:20
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Plusieurs coups dans la vitre, la porte tremble mais ne s'ouvre pas. La cloche tressaille légèrement, là-haut, et j'y entends un rire moqueur, une petite voix qui murmure : tant mieux, tu l'as mérité ! Au bord de l'explosion, je referme le poing sur la vitre et ferme les yeux en y appuyant mon front, cherchant au plus profond de moi la force de ne pas frapper de toutes mes forces dans l'obstacle pour ne serait-ce que diminuer la pression qui s'exerce sur mon crâne et, plus abstraitement, contre les rebords de mon âme malmenée.

Je pourrais te faire exploser, tu sais, dis-je mentalement à la porte qui se moque de moi. Je pourrais te détruire, te réduire en cendres. Je pourrais te faire imploser, t'imposer ma volonté, étouffer entre mes impulsions magiques l'étincelle que papa a mis en toi lorsqu'il a ouvert sa librairie. Je pourrais réduire à néant tous les souvenirs qui sont liés à ta surface vitrée et glacée, te faire disparaître en un tour de main. Je le pourrais, tu sais ? Je le ferai.

La voix qui s'élève près de moi n'est pas celle de la porte qui se serait découvert une conscience ou une forme d'intelligence propre. Non, il s'agit d'une voix humaine, une voix sarcastique, qui vient se fracasser contre mes nerfs fatigués.

Je relève la tête, trop abîmée pour penser à être gênée d'avoir été vue dans une telle position de faiblesse. Mes yeux partent à la rencontre des siens. Jeune visage, traits familiers, chevelure blonde en cascades. Familière ? Peut-être, je n'en sais rien, je m'en fiche, je ne sais plus. À sa vue, mon exaspération monte d'un cran. Mes yeux me piquent et je pourrais me les arracher, les arracher de me donner envie de pleurer, d'aggraver mon mal de tête jusque là si discret, de me rappeler que j'ai failli atteindre les limites de mon énergie magique aujourd'hui, que je ne supporte rien, plus rien du tout, surtout pas les remarques déplacées d'une foutue cliente qui ne sait pas rester à sa place.

Alors c'est plus fort que moi, parce que ma gorge se noue, que le froid s'intensifie, que mes poings se serrent et que je ne me sens pas mieux, je ne me sens pas plus légère en la compagnie de cette inconnue, que sa présence tire sur des fils que je n'avais pas conscience d'avoir accrochés tout à l'intérieur de moi. Elle tire sur les fils et je me sens craquer, parce que papa s'est enfuit dans l'arrière boutique, que j'aurais aimé qu'il me hurle dessus, qu'il me secoue, qu'il me fasse mal, qu'il m'empêcher de crier, de m'énerver, de penser, qu'il me contienne, qu'il m'enferme, qu'il m'arrête.

Je me recule pour mieux attaquer, les veines brûlant d'un feu que rien ne sait apaiser. Je donne un grand coup contre la porte et une douleur semblable à une brûlure entoure comme un gant la main coupable de cette violence. Mon regard se fracasse contre le profil de la sorcière, ils sont hargneux, mes yeux, ils sont noirs, accusateurs, révoltés.

« Elle veut pas, Merlin ! crié-je d'une voix tendue, exaspérée. Tu me prends pour une débile ou quoi ! »

Ces cris, pour mieux fermer les yeux, encore, le poing de nouveau serré comme une parfaite reproduction de la scène qui se déroulait avant qu'elle n'intervienne. Comme s'il y avait que cela pour m'aider, ces yeux fermés et ce poing pour m'empêcher de déchainer ma colère, de frapper encore et encore et encore, même si cela ne sert à rien. Je ne sais pas exactement ce qui me retient. Peut-être la conscience, très légère il faut dire, de l'existence du monde autour de moi. Il suffirait d'une étincelle, une minuscule étincelle pour que j'oublie ce qui m'entoure et pour que j'explose purement et simplement.

Pourquoi ne puis-je jamais y arriver ? Pourquoi le monde se rappelle-t-il toujours à moi ? Ne serait-il pas plus simple que tout se taise, pour que je puisse mieux hurler, sans rien pour m'arrêter ?

8 janv. 2025, 16:14
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Les mots de l’autre sorcière étaient semblables à ce qu’elle avait pu démontrer jusqu’à présent. Elfie le savait mieux que personne, dans cet état, rien ne pouvait la résonner. Elle ne pouvait imaginer sa souffrance, les raisons qui l’avait poussé à s’énerver aussi vite contre cette porte car il était évident que cette dernière n’était pas le problème. On ne laissait pas la colère nous envahir pour une porte, c’était ridicule. Tout comme ses mots d’ailleurs. Est que l’ancienne gryffondor la pensait débile? Bien sûr que non, elle savait parfaitement qu’à son âge même si elle était limitée, elle était capable d’ouvrir une porte. La seule explication qu’elle avait c’était qu’elles faisaient face à ouverture magique, mais elle était incapable de comprendre le mécanisme. Elle avait grandit dans une famille sorcière mais elle n’avait jamais pris le temps de comprendre ce monde auquel elle appartenait, croyant longtemps qu’elle n’était pas si différente de ses connaissances moldus de Dublin.

Elle fixait l’autre sorcière, la tête baissée par la légère différence de taille, son regard devenu presque aussi noir que le sien sans vraiment s’en rendre compte. C’était naturel pour elle, ce regard noir et cette mine fermée, elle ne s’en était pas rendue compte. La jeune adulte aurait aimé pouvoir éviter le contact, sortir de cette fichue boutique où elle n’aurait jamais dû y mettre les pieds, s’éloigner de cette boule d’émotion qu’elle sentait nocive. Elfie se savait faible mentalement, en contraste avec sa force physique qu’elle avait toujours utilisé comme première arme. À Poudlard c’était bien plus simple finalement, sa carapace ajustée elle pouvait réagir de n’importe qu’elle manière, elle ne risquait pas grand chose. Aujourd’hui elle avait un travail, des projets, elle ne pouvait se permettre de perdre le contrôle. Elle avait réussi à le garder jusque là, toujours dans une limite difficile à entretenir mais elle avait réussi. Elle se contentait de faire ce qu’on lui disait, sans réfléchir, c’était bien plus simple.

La pièce lui semblait bien plus petite qu’à son arrivée, à moins qu’elle était déjà comme ça? Elle ne pouvait l’affirmer. Alors qu’elle avait juste voulu montrer qu’elle était présente pour s’enfuir, elle savait à présent qu’elle ne pourrait pas ouvrir cette porte si facilement, mais alors pourquoi diable la mettre comme barrière sur une boutique? Était-ce la présence de cette sorcière qui bloquait l’ouverture? Impossible de le déterminer. Tout ce qu’elle savait à présent c’est qu’elle voulait s’enfuir d’ici, respirer l’air du dehors, se défouler contre un mur, peu importe tant qu’elle ne restait pas aux côtés de la plus âgée.

La scène la dérangeait, c’était évident. Elle se revoyait dans chaque action de la jeune femme. Elle savait qu’elle pouvait exploser encore plus et elle n’avait pas envie d’être présente, ne voulant pas recevoir les débris en pleine face comme un dommage collatéral, d’avoir été présente au mauvais moment, au mauvais endroit. Elle se fichait pas mal de ce qu’elle pouvait ressentir, et même si elle avait la capacité de la comprendre, son égoïsme prenait le dessus. Elle n’avait pas d’empathie pour elle, elle ne ressentait rien pour elle, une vague d’émotion était bien présente, instable comme toujours, prête à surgir à la moindre faiblesse de l’ancienne gryffondor, mais la concernant elle et seulement elle. Elle avait peur de reperdre le contrôle, de devoir repartir à zéro, de s’énerver contre cette femme qui devait juste être dans une boucle de colère et de négativité.

Après un long silence à la dévisager, essayant d’étouffer son égo qui lui dictait de l’enfoncer contre la porte pour créer un passage, et l’ongle de son majeur appuyant dans le creux de sa main pour concentrer ses émotions dans un seul point, elle décida d’agir, à sa manière, sur ce qui lui semblait être le mieux pour l’instant. « Non. » réponse courte et simple, neutre, ne laissant apparaître qu’un léger agacement. « Comment elle s’ouvre? » On pouvait sentir son impatience dans ses paroles, elle voulait sortir et elle espérait que malgré son état, l’autre sorcière puisse avoir la solution après tout elle était cliente de ces lieux. En ce moment, elle ne pouvait imaginer à quel point l’autre était une bien meilleure sorcière qu’elle, sur tout les points en termes de niveau.

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8 janv. 2025, 22:24
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« Aha ! »

Un rire nerveux, enraillé, s'élève dans la boutique et ricoche contre la vitre sur laquelle je suis appuyée. Je secoue la tête en me détachant de mon pilier. Elle en a beaucoup, des questions idiotes de ce genre ? Comment elle s'ouvre ? Comment la porte s'ouvre ? Mais il suffit de la supplier, bordel, tout comme il faut supplier pour avoir quoi que ce soit dans ce monde, supplier papa pour qu'il réagisse de la façon appropriée, le supplier pour qu'il arrête de m'inviter tous les quatre matins, le supplier pour qu'il continue de le faire malgré mon comportement, le supplier de comprendre ce que je ne dis pas. Si tout le monde comprenait mes mots tus, tout marcherait mieux.

Comprenez ! mais comprenez, à la fin ! Narym qui tous les soirs me questionne sur l'école où je ne vais plus, me forçant à mentir, tous les soirs c'est la même chose : « Ça a été aujourd'hui ? Tu as eu quel cours ? C'était intéressant ? ». Comprends que je te mens, que je ne peux pas te raconter mes journées, que je ne veux pas que tu me questionnes, mais qu'il faut que tu continues de me parler, de faire semblant de t'intéresser, parce que parfois au bout d'une longue journée à ne rien faire d'intelligent, c'est comme si quelque chose se cassait dans ma tête et qu'avoir un semblant de discussion avec toi m'empêche de perdre pied. Je pourrais t'envoyer ton bol de soupe à la figure, tu sais ? Alors fais l'effort de comprendre, par Merlin, et toi aussi Zikomo ! Toi qui sais, toi qui sais plus que les autres mais pas autant qu'il le faudrait. Arrête d'insister pour que nous sortions, arrête de me poser des questions pour me forcer à faire des recherches pour te donner la réponse que tu attends, arrête d'être d'aussi bonne humeur le matin au réveil et de me sourire toute la journée même quand je ne desserre pas les dents. Ta bienveillance m'insupporte, je la vomis, tous les soirs après dîner je la vomis, elle me sort par les yeux et toi, quand tu sors par la fenêtre pour aller chasser, tu m'insupportes aussi, de me laisser seule, de m'abandonner au silence, de me priver de ta gentillesse et ta compréhension. Comprends que je veux être seule, mais que j'ai besoin que tu sois là. Et vous, vous n'avez jamais compris, n'est-ce pas ? Que tout cela était de votre faute. Si vous n'étiez pas déjà morte, je vous tuerai moi-même.

Et elle, cette fille, elle me demande comment cette porte s'ouvre ? Un nouveau rire m'échappe. Il me fait mal au coeur, pas comme les rires qui résonnent dans la tête. Celui-là ne trouve écho nulle part. Il dégringole tout à coup de ma bouche. Au même moment, je fais une nouvelle tentative : la main sur la poignée, je pousse. La porte ne s'ouvre toujours pas.

« Comment elle s'ouvre ? répété-je violemment, la voix plus rauque qu'à son habitude, mon regard haineux braqué sur la vitre responsable de tous mes malheurs. Bah comme toutes les portes, voyons ! »

Je secoue violemment la poignée. Ma voix monte.

« En... demandant... gentiment... ! » ahané-je, entrecoupant chaque mot par une nouvelle poussée brutale et bruyante qui me fait plus de mal à moi qu'à la porte.

Puis je braque mon regard sur la femme au profil guerrier qui persiste à me faire l'étalage de sa bêtise :

« Quoi, c'est pas comme ça que les portes s'ouvrent, chez toi ? » je questionne sur un ton faussement ironique.

Je sens l'hilarité qui frappe à la porte de ma conscience. Cette bonne vieille hilarité qui, je le sais pertinemment, cherche à remplacer les larmes qui ont envie de jaillir de mes yeux. Je les arrête toutes, larmes comme hilarité, je bloque tout cela à l'intérieur de moi, j'essaie de colmater avec leur aide les fissures qui se créent dans ma tête au fur et à mesure que la frustration grimpe dans mon corps. Je le sens. Je le sens que je suis à ça de faire une énorme connerie. Il faut que cette porte me laisse sortir ou je vais m'arracher les cheveux en hurlant, dégainer ma baguette et—

« S'il-te-plaît ! sifflé-je en direction de la porte en actionnant la poignée en même temps. S'il-te-plaît, s'il-te-plaît, c'est ça que tu veux entendre espèce de sale... Merlin ! »

Aucune réaction de la part de la porte qui reste sourde à mes suppliques prononcées, je l'avoue, sur un ton qui est très loin d'être poli ou même respectueux. Mon coeur fait une embardée. Je lâche la poignée comme si elle m'avait brûlée. Mon souffle est bloqué quelque part entre mes poumons et ma bouche. Je suffoque d'une rage que j'essaie à tout prix de contrôler parce qu'elle n'est motivée par rien. Mes doigts viennent s'emmêler dans mes cheveux, je pousse un cri silencieux, voûtée, tremblante, à bout, à bout de tout mais surtout de moi.

La pression que j'exerce sur ma chevelure me ramène à la vie. Mes yeux exorbités croisent ceux de la fille.

« Toi, essaie ! craché-je désespéramment en me dérobant à son regard en fermant les yeux. Ouvre ! »

C'est la seule chose que je suis capable de prononcer, parce que ça aurait été trop long de dire : je t'en supplie, ouvre cette porte, ouvre-là, sinon je vais me mettre à hurler et à pleurer en même temps, ça m'est déjà arrivé tu sais, quelques fois, mais toujours seule, j'ai hurlé de toutes mes forces en m'arrachant les cheveux, en chialant, en frappant le tronc d'un arbre, totalement folle, déraisonnable, impossible de me contrôler et là si tu n'ouvres pas la porte je vais faire ça devant toi, et après je te détesterai au-delà de tout d'avoir été témoin de ça et c'est toi que j'aurais envie de frapper, et j'espère que tu sauras te défendre parce que j'aurais besoin d'un truc bien fort, là, bien douloureux, du genre qui pète le nez et qui remet les idées en place, alors je t'en supplie, ouvre cette porte.

À moins qu'Elfie se mette à cajoler gentiment et très sincèrement la porte en y mettant tout son coeur, je doute que celle-ci accepte de s'ouvrir.

8 janv. 2025, 23:25
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Lorsqu'un liquide épais commença à se glisser le long de son ongle, Elfie savait parfaitement que la limite était presque saturée, que très prochainement elle risquait de laisser la colère l'envahir, de laisser ses poings partir sans le vouloir. Son point de pression ne faisait plus l'effet rechercher, son ongle encore appuyé dans le creux de sa main rougit par quelques gouttes de sang. Elle avait l'impression de manquer d'air, de manquer d'espace pour se sentir libre d'exploser. Elle se retenait tant bien que mal, laissant l'impatience prendre la place pour le moment, elle devait sortir, c'était primordiale. Rien n'aurait pu la prévenir de ce qui allait se passer en venant ici, dans cette petite librairie à vouloir acheter un libre neuf, pour s'entraîner. Personne n'aurait pu imaginer qu'elle tombe sur quelqu'un aussi instable, voir plus qu'elle qui la fasse retomber aussi rapidement dans ses démons. Un court instant elle cru voir Delphillia, non par pour la ressemblance entre les deux, évidents, mais pour la même émotion qu'elle procurait en les voyant. Un dégout profond, une colère, une envie d'écraser leurs têtes contre un mur. Delphillia l'avait en quelques sortes vécus le jour où elle avait décidé de ne pas se défendre et pour la sorcière coincé dans la boutique, l'ancienne gryffondor espérait ne pas remettre ça. Non pas que cela la dérange de se défouler sur elle, au contraire mais cela signifierait avoir perdu le contrôle, que ses efforts n'avaient pas été très flagrants, qu'elle était toujours aussi instable et faible et ce point la blesserait plus que tout autre point.

Le ton qu'employant la plus âgée lui était insupportable, elle la prenait clairement de haut, alors que c'est elle qui avait craqué en première, c'était elle qui avait été vu en train de frapper la porte, c'était elle qui était à l'origine de tout. L'égo et la fierté d'Elfie prenait de plus en plus de place dans son esprit, supprimant peu à peu les quelques pensées réfléchis qui pour l'instant la tenait dans un contrôle encore impossible il y a deux mois. Évidemment qu'elle avait envie de la faire taire, évidemment qu'elle avait envie de se défouler en la voyant agir ainsi, sans vraiment savoir si elle voulait lui faire mal à elle ou si ce n'était pas l'image qu'elle lui renvoyait comme un miroir qui était le plus dur à accepter. En ce moment elle s'en fichait pas mal d'ailleurs, la réflexion n'était pas la priorité, elle n'avait pas les capacités de se poser pour réfléchir. Elle étouffait, l'autre devenait de plus en plus nocive et elle avait juste le besoin de s'enfuir, d'exploser cette fichue porte et ne jamais remettre les pieds dans cette espace qu'elle considérait à présent comme inexistant.

Si Honor la voyait dans cet état, elle rirait, c'était certain. Pas le même rire qu'elle venait juste d'entendre, non, un rire qui faisait comprendre sans un mot à qu'elle point elle pouvait être ridicule, à quel point elle était faible et à quel point l'ancienne militaire pouvait l'écraser seulement avec son petit doigt. Elfie en était de plus en plus sûre, si la porte ne s'ouvrait pas et si personne n'intervenait, elle ne pourrait résister longtemps avant de se laisser envahir complètement. Elle ne voulait plus, elle s'était dit qu'elle ne recommencerait jamais, pas en public. Elle comprenait à présent qu'une seule présence pouvait détruire plusieurs mois de travail, elle comprenait qu'elle n'avait rien changé, qu'elle était tout aussi ridicule et faible à Poudlard. Ce n'était pas de la tristesse qu'elle ressentait, évidemment que non. C'était de la colère, de l'agacement, de l'épuisement, tous réunis comme un mélange qu'elle n'arrivait à déceler, omniprésent depuis plusieurs années maintenant.

La blonde regardait l'autre sorcière se débattre avec la porte, lui parler comme si elle avait une conscience, elle n'avait pas vraiment écouté, elle était concentré sur elle, sur la tentative d'étouffer la colère qui se rependait de plus en plus s'échappant du point de pression qu'elle avait tenté de tenir le plus longtemps. Depuis qu'elle avait croisé Honor elle ne voulait plus avoir mal pour avoir l'impression d'exister, elle ne voulait plus se faire mal pour se défouler ou extérioriser, mais sur le moment, elle était persuadée qu'un coup de cette dame si puissante serait le plus efficace et surtout le seul moyen de la faire redescendre. Elle laissa ses yeux suivre les mouvements des mains de l'autre femme s'acharnant sur la pauvre poignée. Si elle avait raison, si il fallait vraiment parler à la porte gentiment, elles resteraient coincer bien longtemps. Elle avait l'air aussi gentil qu'était Ennis était supportable, c'est à dire très peu voir absolument pas.

Si dans un premier temps Elfie avait préféré s'effacer en espérant voir la porte s'ouvrir pour filer à toute vitesse, dans un élan impulsif, elle poussa légèrement celle qui bloquait la porte sur le côté pour prendre sa place. Si elle devait la supplier, autant essayer, c'était peut-être sa dernière chance de finir indemne aujourd'hui. Elle n'avait pas envie de reprendre son service dans cet état, elle avait besoin de redescendre, ce qui était impossible de ce côté de la porte enfermée avec cette... Folle? Même si elle ne l'était pas et qu'elle avait toutes les raisons du monde pour agir ainsi, cela revenait au même, elle était invivable et dangereuse pour l'ancienne joueuse de quidditch. "Allez, ouvres-toi, ou l'autre va finir par saccager tout ce qui se trouve dans la pièce!" Son ton avait monté, il n'y avait rien de gentil dans ses paroles, elle ne faisait qu'attaquer inconsciemment celle qu'elle voulait éviter. Après un coup légèrement plus puissant que ceux donné par la moins haute des deux se soldant par un nouvel échec, la jeune adulte laissa ses dents se refermer légèrement sur sa lèvre inférieur.

Après un regard vers l'endroit où celui qu'elle pensait propriétaire de la boutique s'était échappé après la discussion avec certainement sa fille, elle avait espérer le voir revenir, la laisser partir en s'excusant, ou non d'ailleurs. Elle ne s'imaginait pas l'écouter, elle avait eu un semblant d'espoir, avant de devoir se retrouver face à celle qui était à l'origine de tout ce qui était arriver et qui allait se passer. Ses poings étaient serrés représentant la dernière résistance qu'il lui restait. "Je suis cliente, j'ai besoin de sortir." Elle était agacée et impatiente, fatiguée de se voir laisser aller de nouveau.

Sans l'ouverture de cette porte, on arrive sûrement à l'inévitable...
@Narcisse Brando pour la mention
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9 janv. 2025, 17:42
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Son rapprochement me surprend suffisamment pour que je m'arrache à l'obscurité de mes paupières afin de l'observer. Comprenant qu'elle veut essayer de faire ce que je lui ai demandé de faire, j'inspire profondément par le nez, délaissant enfin mes cheveux malmenés, et me décale pour lui laisser toute la place d'agir. Je déteste laisser une autre faire ce que j'aurais normalement dû pouvoir faire très simplement, mais il n'y a actuellement aucune autre solution pour débloquer la situation.

J'entoure mon ventre de mes bras en la laissant agir, écoutant silencieusement les coups de mon cœur qui frappe contre ma cage thoracique et qui résonne à mes oreilles. Je me recule jusqu'au présentoir le plus proche sur lequel j'appuie un morceau de mes fesses, sans le moindre égard pour les livres qui y sont mis en avant. Je déglutis péniblement pendant que la fille demande à la porte de s'ouvrir, sans s'étonner de devoir parler à un objet inanimé. Quelque part dans mon esprit, je prends note qu'elle doit être né-sorcière, mais je mémorise l'information sans réellement y penser, comme si cette partie de mon cerveau m'était inaccessible, que j'étais seulement spectatrice de ce qui s'y déroulait. De la même manière, je note son ton moqueur et l'échec de sa demande. Mais je n'arrive pas à tourner mon attention vers ces informations, parce que la tempête continue de faire rage dans ma tête et que je ne sais plus très bien ce que je dois faire. Maintenant que je n'ai plus de porte à rendre coupable de mes malheurs, mes poings restent ballants et, à ma plus grande horreur, mes yeux se remplissent de larmes.

Je plaque aussitôt les mains sur mes paupières en me prostrant sur moi-même pour me soustraire au monde. J'appuie de toutes mes forces pour endiguer le tsunami. Le moindre effort me parait impossible à relever ; me lever ? impossible, me calmer ? impossible, expliquer clairement ce dont a besoin la porte ? impossible, ne pas pleurer ? impossible, ne pas frapper ? impossible. Impossible, tout est impossible parce que tout à coup, je n'y arrive plus. Continuer comme cela, affronter tous les jours la tristesse qui me tord les entrailles, me réveiller la tête pleine de cauchemars, affronter mes journées vides de sens, mentir à mes proches, me mentir à moi-même.

« Elle risque pas de s'ouvrir vu comment tu lui parles,» assené-je tout à coup, ma voix semblant sortir d'outre-tombe, m'effrayant presque parce que je n'avais aucune intention de parler.

Je respire bruyamment pour contenir l'émotion, à moitié repliée sur moi-même, mes doigts ayant retrouvé le chemin vers mes cheveux auxquels ils viennent naturellement s'accrocher. Je ne comprends pas ce qui est en train de m'arriver, mais c'est là, c'est présent, et c'est ingérable. J'aurais dû continuer avec la porte, me dis-je, continuer à me défouler pour ne pas pleurer, parce que là, là je suis en train, dans quelques minutes, bientôt, quelques secondes, je vais sangloter comme cela m'arrive parfois la nuit et je n'en ai aucune envie. Non, aucune envie.

Pourtant les pleurs paraissent inévitables, comme s'il n'y avait que deux chemins dans la vie : les larmes ou la violence. Je déteste les larmes. Alors quoi, ne reste-t-il donc que la violence ?

Brusquement, je me lève. Sous la poussée, les livres sur lesquels j'étais assise tombent par terre.
Je cligne les yeux pour effacer les points noirs qui dansent devant moi. Je les ignore en m'avançant de nouveau vers la porte.

« Ça sert à rien ce que tu fais ! » j'accuse.

Laisse-moi juste la place, retourne dans les rayons, va t'occuper, éloigne-toi de moi, laisse-moi me défouler seule, allez, va-t-en ! J'essaie de retrouver ma place devant la porte, agissant ainsi de façon tout à fait idiote et irrespectueuse et en ayant conscience de le faire : de l'épaule, j'essaie de pousser la grande jeune femme pour me mettre à sa place. Et si ce simple acte faisait tout dégénérer ? Alors mes larmes se feraient emporter par la colère et ce serait beaucoup plus agréable que le vide au bord duquel j'étais en train de tanguer.

Oui bon, hein, c'est pas de ma faute, mais elle pousse le bouchon, là.

9 janv. 2025, 19:00
Tressaillement  Libre 
Un simple coup d'épaule, ce n'était qu'un simple coup d'épaule.

Et pourtant ce coup d'épaule était la goutte de trop, la goutte qui effaçait la limite en la franchissant. Cette limite qu'Elfie avait réussi jusqu'à maintenant à garder au dessus, toujours de manière instable comme si elle était sur la pointe des pieds dans un océan de colère et que seul sa tête dépassait, se faisait de temps en temps recouvrir par quelques vagues. Présentement, elle avait fait le pas de trop, qui la faisait s'enfoncer encore plus dans cet océan, la faisant disparaître. Instinctivement, sans avoir bouger de plus que quelques millimètre, sa main gauche agrippa au col de l'autre sorcière. Son regard noir plongé dans les siens, sans dire un mot, pour l'instant. La rage l'en empêchait, l'agacement et l'impatience bloquait son côté, bien que faible, raisonné. Elle avait perdue.

Elle s'était retenue, jusqu'au sang de sa main, presque sec à présent. Elle s'était retenue en voulant s'enfuir d'ici, elle avait vraiment essayé, apparemment en vain. Elle ne s'en rendait pas compte encore non, son état ne lui permettait pas, elle n'était pas disposée à faire quoi que ce soit de censé tant qu'elle n'était pas redescendu. Et redescendre, bloquée dans cette foutue librairie avec cette foutue sorcière, c'était inenvisageable. Elle ne pensait plus à son espoir d'avoir changé, de n'être plus la faible de Poudlard, elle ne pensait plus au travail qui l'attendait ensuite, là où elle allait devoir faire abstraction de tout et ne penser qu'au mission qui lui seront imposés. Elle ne pensait plus aux picotements du creux de sa main, elle ne pensait plus à ce monsieur, propriétaire des lieux qui avait sûrement le pouvoir d'ouvrir la porte. Elle pensait oui, elle pensait négativité, elle pensait violence, sa main ferme toujours agrippée à l'autre. Cela ne faisait qu'une petite poignée de secondes, mais elle avait l'impression que c'était interminable. Elle pensait aux mots qui étaient sortis de la bouche de l'abjecte.

Comment pouvait elle parler gentiment à une porte? Et en plus dans cet état? Pourquoi elle ne l'avait pas fait elle? Pourquoi n'avait-elle pas pensé que lui donner des coups empirerait la situation? Pourquoi paraissait elle hautaine, pourquoi la prenait elle de haut alors que c'était elle juste avant qui avait commencé à s’écraser sur la porte sans retenue, qui n'avait pas réussie à attendre quelques secondes de plus pour exploser. Elle était ridicule, ces mots étaient ridicules. Elle lui reprochait d'être inutile, à moins que la jeune adulte ait été utilisé comme un miroir, c'était bien hypocrite de sa part. Le poing libre d'Elfie s'était serré, il attendait, non pas le feu vert de cette dernière, mais bien l'impulsion inconsciente qu'elle pourrait donner, laissant aller son bras sans vraiment s'en rendre compte. Elle avait bien pensé à l'enfoncer dans la vitre, mais étant magique, elle avait peu de chance d'être brisé et ce qui n'arrangerait pas la situation c'était que l'ancienne gryffondor soit touché dans son égo. La tête de celle qu'elle tenait encore, c'était une idée qui grandissait de plus en plus dans son esprit. Ce ne serait pas la première fois qu'elle le ferait et vu l'état de celle qui pourrait être son adversaire forcée, elle avait largement l'avantage, tant qu'elle ne sortait pas sa baguette magique évidemment.

Finalement, elle relâcha sa prise, en la propulsant en arrière, plus violemment qu'elle l'aurait voulu mais vu sa force et son état, cela aurait pu être pire. Son action, accompagnée d'un juron en irlandais, montrait surprenamment un léger signe de résistance. Les pieds de la limite avait sûrement trouvé un rocher sur lequel s'appuyer pour respirer à nouveau. Elfie ne comprenait pas, elle avait besoin de se défouler, elle avait besoin de se libérer, elle était si proche du craquage qu'elle avait cru s'y perdre dedans. Pourtant elle savait qu'une seule petite respiration de celle qu'elle prenait responsable de la situation dans laquelle elle se tenait pour que l'océan tout entier surplomb cette limite qu'elle ne pourrait plus retenir. Elle avait résister et pour avoir relâcher son emprise, cela montrait que malgré tout, elle se battait toujours pour garder le contrôle. Mais peut-être qu'elle avait trop résister, que si elle avait tout lâcher plus tôt, le déferlement aurait été moins fort, peut-être qu'à force de vouloir effacer tous son passé négatif elle ne le faisait qu'empirer, le dissimulant juste quelques temps avant de le faire revenir bien plus puissant qu'il n'avait été. En ce moment elle ne pensait plus à Honor non, mais ce qui était sûre c'est que sans son aide, elle était sûrement vouée à s'autodétruire.

Elle avait détourné le regard, elle avait la mâchoire serrée, elle était en positon de défense, il n'y avait rien de relâché chez elle. Son bras droit se déplaça pour s'appuyer frénétiquement sur la porte. "Ouvre cette putain de porte." Je t'en supplie. Elle voulait fuir, elle voulait que tout s'arrête maintenant, qu'elle puisse oublier tout ce qu'elle avait pu ressentir avant que cela ne devienne trop grave, elle le disait pour elle aussi, car quand ses poings partiraient elle ne pourrait plus les retenir.
Dernière modification par Elfie Chassin le 10 janv. 2025, 18:28, modifié 1 fois.

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10 janv. 2025, 16:56
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Je sais à l'instant même où son poing se resserre sur mon col que je vais vouloir lui éclater les dents. Je le sais parce que mes pensées se sont tapies tout au fond de ma tête, là où les plus faibles se blottissent toujours quand l'orage gronde et s'approche : dans les recoins sombres et poussiéreux où ils ont leur place.

Elle m'attrape par le col, je sens la force qui se cache dans ses muscles, ça va de paire avec sa grande taille, ça ne m'étonne pas mais ça m'impressionne. Dans son regard haineux, je devine qu'elle est capable de me faire mal et qu'elle en a envie. Je retiens mon souffle, déjà parce qu'elle m'étouffe à moitié mais aussi parce que mon cœur tape fort contre ma cage thoracique. Pas par peur, mais parce que j'attends avec hâte le moment où elle lèvera le poing pour me frapper avec. Ça va arriver d'un instant à l'autre, je le vois à ses yeux. Elle va lever le bras et la douleur explosera dans mon nez, le sang se mettra à couler, quelques larmes incontrôlables s'échapperont de mes yeux, puis enfin je la sentirai : la haine, celle qui a une cible, celle qui a besoin de violence, celle qui est justifiée. Je pourrais la frapper en retour, de toutes mes forces, et ça me fera du bien, je le sais.

Elle me lâche subitement. Parce que je suis surprise, mais aussi parce que je suis éreintée par ma journée, je n'oppose pas la moindre résistance et me prends de plein fouet sa poussée colérique. Je trébuche en arrière, moulinant des bras pour garder l'équilibre. Je ne garde rien du tout. Je tombe violemment sur les fesses, l'air s'expulse de mes poumons, la douleur explose dans le bas de mon dos et ma cage thoracique.

C'est un regard vorace que je lève dans sa direction, sans même penser à effacer de mes traits la grimace douloureuse qui s'y dessine.

« T'as pas le courage de frapper ? » je crache en ignorant superbement son ordre.

Instinctivement je sors ma baguette magique. Avant de me relever, je la sors. J'ai sur le bout des lèvres des sortilèges qui la feront hurler. Un Reducto pour lui exploser le fémur ou quelque chose de plus sombre qui lui donnera une sensation de douleur sans même qu'elle soit blessée ? Les sortilèges défilent dans ma tête, les plus sombres en première position, mais alors que je m'appuie sur le sol pour me relever, je me souviens de l'après-midi passé à m'entraîner, à puiser dans mes réserves magiques. Le temps que je me relève, j'ai déjà compris que je ne pourrais pas utiliser ma magie sans représenter un danger pour moi-même ; je rengaine ma baguette aussi rapidement que je l'ai sortie.

Je me dresse devant la fille de toute ma taille, muscles bandés, poings serrés, regard sauvage. Il y a quelque chose qui s'est tu dans ma tête. Je ne sais pas si c'est ma raison ou ma peine. En tout cas, tout est silencieux. Et je me découvre une envie, une envie qui prend toute la place, comme je n'en ai pas ressenti depuis plusieurs mois. Une telle envie, si grande et si belle, ce serait dommage de la gaspiller et de ne pas s'y plonger à cœur perdu, hein ? Qui sait si je ressentirai de nouveau quelque chose d'aussi fort ?

Cette fille je ne la connais pas, elle ne m'a rien fait à proprement parler, elle n'est rien pour moi et demain je l'aurai sans doute oublié. Elle ne représente rien face à mes cauchemars, au mal-être quotidien, à l'incertitude de l'avenir. Mais quand je la regarde, mes yeux se remplissent de poison. J'en oublie la porte, papa dans l'arrière-boutique. Parce que j'ai très envie de la frapper. Elle me bouscule, je la bouscule en retour, c'est aussi simple que cela. Et puis au fond de moi, tout au fond, je me dis que si je me prends son poing serré dans le nez, ce poing qui est commandé par un bras musclé dont je garde souvenir de la force sur mon col désordonné, cela me fera un bien fou. La douleur, le choc, la haine qui suivra. Un bien fou, oui.

Je m'approche d'elle, menaçante. Je crois que je suis en train de mentir. Regard noir, bouche déformée par la rage. Oui, de me mentir à moi-même. Mains à demi-levées, prête à la bousculer aux épaules. Cette rage, elle n'est pas réelle, elle n'est pas vraiment là. Ce n'est pas la rage qui me motive, là. Non, c'est l'envie. J'ai envie de la bousculer, j'ai envie de la confronter. Je ne suis pas vraiment en colère, ça non. C'est rare, pourtant, que je ne sois pas enragée parce qu'on m'a bousculé. Mais là, je ne veux pas me venger. Je veux juste me défouler.

Je me suis arrêtée là parce que je sais pas comment Elfie va réagir et si elle va agir avant qu'Aelle ne le fasse : Aelle va s'approcher d'elle pour la pousser aux épaules. À toi de voir si elle arrive jusque là.
En tout cas ça va mal se terminer, j'ai une pensée émue pour Elfie qui ne savait pas qu'elle allait retomber aussi brusquement dans ses vieux démons en venant jusqu'ici.

10 janv. 2025, 19:30
Tressaillement  Libre 
L'espoir, quel joli mot n'est-ce pas? Si Elfie avait pu espérer quelques secondes passer au travers de tout cela, qu'elle allait pouvoir classer le moment comme un simple souvenir malheureux, elle se fourvoyait. Dans son cas, l'espoir était semblable au retirement d'une vague d'un tsunami, il était faux, il était traître, il était blessant. Elle n'avait pas confiance en l'espoir, elle s'en méfiait plus que tout. Il était à double tranchant, sans savoir à quel moment il lui retomberait dessus la ramenant de force à la réalité. Elle avait espéré oui, durant les quelques secondes qu'elle avait eu de répit que finalement elle avait progressé, que finalement elle arrivait à se contrôler, que finalement elle n'était plus aussi faible qu'il y a quelques mois et finalement elle n'avait pas pu espérer plus longtemps, elle avait bel et bien perdu le combat, son combat. Elle ne s'en rendait pas compte, non, bien évidemment que non, pas encore, le retour à la réalité allait lui faire mal, bien plus mal que ce qu'elle pouvait faire ici. Elle ne pourrait même pas évacuer avant son service, elle allait encore une fois devoir attendre, la nuit risque d'être compliquée. L'océan colérique était devenue une tempête vacillant entre sa tête et son corps, prenant l'emprise de chacune de ses cellules. Elle ne pouvait à présent plus revenir en arrière, c'était certain, elle avait perdue.

Elle voyait presque flou, les images s'étaient succédées rapidement, sans qu'elle puisse les enregistrer, elle avait l'impression de regarder en direction de l'autre sorcière, de la fautive, sans qu'elle ne puisse la dévisager, son esprit ne réagissait plus, la colère avait gagné. Elle s'était retenue, bien plus qu'elle ne l'avait jamais fait, malheureusement, ses efforts s'étaient retournées contre elle, une première fois en franchissant la porte cette boutique pour un foutu livre qui était censé la faire progresser et une seconde fois, en intériorisant un maximum, en tentant d'effacer sa rage et sa colère espérant avoir le temps de fuir avant qu'elle ne devienne trop forte. Elle avait tout raté, toujours coincée au même endroit, avec la même personne et certainement cent fois plus dangereuse qu'il y a quelques minutes. Elle était comme une bombe à retardement qui était prête à exploser, personne ne pouvait l'arrêter. L'autre était allée beaucoup trop loin, sans le savoir elle avait fait ressurgir tous ce que l'ancienne gryffondor avait tenté d'oublier, tous ce qu'elle avait tenté de laisser derrière elle, tous cela l'avait bien rattrapé, finalement.

C'était sûrement la provocation de la sorcière qui avait finalement déclenché le point de non retour. Elfie était fière avec un égo, déjà en position de faiblesse, c'était trop. Non, elle n'avait pas peur de frapper, évidemment que non, elle en avait envie, elle avait envie d'effacer le visage qui la répugnait à présent de celle qui avait l'audace de se tenir face à elle, elle voulait l'effacer en lui assenant des coups de poing, elle voulait le voir s'enfouir sous ses coups, pour réussir à l'oublier, oublier l'image qui resterait gravé dans son esprit comme l'échec le plus douloureux. Non pas par son importance, mais bien pour l'inattendu venu de cet échec, il y a même pas une heure, elle ne pouvait se douter qu'elle reviendrait quelques mois plus tôt sans pouvoir rien y faire. Alors qu'elle allait se jeter littéralement sur l'autre, elle vit la baguette de cette dernière. Ce réflexe voulait tout dire, elle ne tremblait pas, elle n'avait pas peur, elle avait l'habitude de l'utiliser. La jeune adulte s'était arrêtée, elle ne comprenait plus les réactions de son corps mais elle savait que prendre un sort était douloureux, en fonction du lanceur, bien plus douloureux qu'un coup de poing.

Et la douleur, elle en avait besoin, elle ne tapait pas dans les murs sans aucune raison, elle ne s'écorchait pas la main par plaisir, elle avait besoin de se sentir vivante, elle avait besoin de voir son corps s'arrêter pour redescendre, pour se calmer. Un seul des sorts de la sorcière, si elle était suffisamment douée lui permettrait de retrouver ses esprits, lui permettrait d'oublier quelques instants la rage qui la dominait. Honor lui aurait fait craché ses boyaux si elle l'avait vu ainsi, à attendre de prendre le coup volontairement. Changement de situation, l'autre rangea sa baguette, elle s'avança à présent vers Elfie pour la pousser aux épaules? Les envies de l'ancienne joueuse de quidditch changeait, elle n'était plus maître de son corps, plus maître de ses pensées, une seconde elle voulait souffrir pour que tous s'arrête, l'autre elle voulait faire souffrir. Elle était tiraillée dans un dilemme dont elle n'avait pas le pouvoir de trancher.

Tout allait vite, une simple phrase résonna dans sa tête pour que tout devienne plus simple." On ne fanfaronne pas pour le plaisir, on ne met pas sa vie en péril pour le plaisir. La prochaine fois, n'attends pas, ne demande pas. Attaque. L'initiative se prend, elle s’accapare." C'était la voix d'Honor, elle qui l'avait mit à bout physiquement et mentalement, elle avait eu mal, elle avait souffert, c'était bien la seule qui lui avait fait comprendre que la souffrance n'était pas quelque chose d'agréable. La suite était instinctif, comme si elle avait déjà tout prévu, son cerveau commandait, mais elle n'en avait aucunement l'impression, elle voulait juste faire mal, arrêter tout ou partir en courant, peu importe tant qu'elle arrivait à sortir ce qu'elle avait accumulé. Elle agrippa de ses mains les deux poignets de celle qui s'était avancée face à elle, elle les serra de toutes ses forces, sans réussir à les briser. Avec son pied gauche, elle l'a fit basculer en arrière, accompagné d'un mouvement de ses bras, ne retenant pas sa chute. Elle la suivit au sol, dégainant son poing droit, celui dans lequel elle avait le plus de force, elle frappa sur l'une des joues présentes face à elle.

Le coup était partie, la violence avait encore gagné, ça elle ne le regrettera pas non, si la jeune femme était blessée c'était de sa faute à elle, pas celle d'Elfie, elle regrettera d'avoir perdue le contrôle, de se rendre compte de sa faiblesse qui atteignait un niveau bien plus haut qu'elle aurait aimé. Elle avait frappé une fois, elle avait envie de s'acharner, d'en donner un autre et encore un, sans jamais s'arrêter, mais dans un dernier élan de sagesse, la toute petite partie qu'il lui restait, réveillé par le contact de ses doigts sur la peau pâle de celle qui se trouvait sous elle. Elle se leva d'un bond, laissant échapper un juron en irlandais, entre cri et larmes pour attraper un des livres à sa portée pour le jeter sur celle qu'elle venait de frapper, oubliant qu'elle était dans une boutique, oubliant que le propriétaire était présent, oubliant toutes choses sensés, oubliant la réalité. Elle se tenait de dos, prête à exploser de nouveau.

Bon eh bien je crois qu’on y est…Elfie est de dos pour l’instant, si Aelle résiste bien à la douleur, elle a quelques secondes pour réagir avant qu’elle ne revienne à la charge. Évidemment si la situation reste ainsi.

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