14 janv. 2025, 21:27
Solo OS TW La femme aux bonbons.
Légendes :
*Pensées*
Gestes / Narration
Paroles

Mercredi 01 Septembre
A 11:32

TW : Petite crise d'anxiété


*Un cauchemar, c’est un cauchemar et je vais me réveiller pas vrai ?*
Hélas non très cher, tu es bien dans le Poudlard Express en direction de la célèbre école de sorcelleries Poudlard !
Collé contre le coin du compartiment du train, loin de la fenêtre, je me sens mal à l’aise, une anxiété intense se glissant dans tout mon corps. Je me tends, mes muscles devenant visibles à travers ma peau fine, je trouve l’espace trop grand mais bien trop petit à la fois. Je resserre un bras autour de ma taille, et avec ma main gauche, je joue avec ma boucle d’oreille. La sentir roulée entre mes doigts me rassure autant qu’elle rajoute de poids sur mes épaules, comme une couverture chaude, mais trop lourde à porter.
Je tournes mon visage vers la vitre, essayant d’occuper mes pensées sur autre chose que mon stress et mon pessimisme. Mais le vide dans mon cœur et la boule dans mon ventre me ramène à la dure réalité de ma solitude.
Pas dans le sens "seul", puisque je l’apprécies tout particulièrement, mais je n’es plus aucun soutiens émotionnel actuellement. J’ai besoin de connaître mon environnement, mais je ne connais rien de cette école. Même si j’ai étudié le plan de celle-ci, cela ne veut pas dire que j’y suis à l’aise. J’ai besoin d’être libre. Là-bas, tout m'a l'air d'une prison : couvre-feu, interdiction d’aller dans la forêt ou dans le lac. Et puis, il y a les autres élèves-
*Je vais me faire enfermer, je déteste ça je ne veux pas. Et ce bourdonnement de bruits incessants, non je ne peux pas.*
Je commences à tirer sur ma boucle d’oreille, essayant de créer de la douleur pour m'encrer, les battements de mon cœur s’accélèrent, et mon souffle est graveleux. Mes pupilles se rétractent, je mords ma lèvre, mon corps me crie que je suis en danger, qu'une catastrophe va se produire à cause de moi, et je sens mon esprit sur le point de franchir la ligne, quand j’entends un cliquetis métallique qui résonne dans le couloir.
C’est rythmé, comme de la musique.

Tic- Tump. Tic- Tump. Tic- Tump.

Ma respiration ralentis, les battements bruyants de mon cœur aussi, libérant mes oreilles, et je tapes le temps de chaque son avec mon pied. Je récupère peu à peu mes sens, et je me lève de mon siège, intrigué, mais sur mes gardes. J’ouvre la porte de mon compartiment avec nervosité, et juste devant moi, se trouve une dame au visage adorable, avec un immense chariot couvert d’aliments sucrés.
*Uriel m’en avait parlé, je crois que son nom est Réglisse.*
Je fais un sourire poli, mes manières très gentleman prennent immédiatement la place de mon anxiété précédente, intériorisant un peu plus mes sentiments, ma voix calme mais robotique, sonne légèrement faux.


"Bonjour Madame Réglisse, vous allez bien ?"

Ravi que quelqu’un lui adresse la parole si gentiment, elle me fait un grand sourire et s’arrête devant moi, me montrant ses bonbons avec joie. Le chariot est remplis de sucreries et de nourriture colorées de tailles différentes, débordant devant, derrière et même sur les côtés.
*Enfin, si on peut appeler ça de la nourriture...*


"Whoah, quel jeune homme poli ! Souhaites-tu une quelconque confiseries ? J’ai des choco-grenouilles, des jellys-bellys, des- Oh, tu m’as l’air épuisé mon garçon, tout va bien ? Tu as peut-être besoin d’un simple verre d’eau ?"

Ma peau est pâle, en tout cas, plus que d’habitude pour qu’on le remarque. Même si je suis souvent dehors, ma peau est très claire. Un jour, Michael m'a dit qu'elle ressemblait à de la poussières d'étoiles. Ça ma fait plaisir.
Je déglutis, et tente tant bien que mal de rester droit, m'adossant légèrement sur l'embrasure de la porte avec mon épaule pour me tenir, mes yeux gris déjà fins le paraissant encore plus, accentués par mes cernes évidentes.


"Je vais bien ne vous inquiétez pas. Je ne prendrais rien merci, mais c'est gentil de proposer."

Elle me fait un doux sourire, suivit d'un petit hochement de tête, avant de reprendre son chemin, le son du chariot disparaissant avec elle. Je soupir, avant de refermer la cabine derrière moi. Ma respiration est revenue à la normale, ainsi que mon cœur et mon esprit. Je m'assois sur la banquette, et croise les bras contre mon torse en m'approchant de la fenêtre, contre laquelle je pose ma tête.
*Ce n'est peut-être pas si mal qu'elle soit passée, au moins, elle m'a sorti de ma torpeur.*
J'observe le ciel bleu couvert de quelques nuages blancs, qui me font penser à de grosses boules de coton. Des grandes plaines couvertes d'herbes et de fleurs, des rivières brillantes et des lacs immenses, des paysages plus fantaisistes les uns que les autres.
Pourtant, mes forêts et la mer de chez moi ont, à mes yeux, plus de valeur et de beauté que ça. Je me revois courir sur la plage, le sable chaud à mes pieds, celui dans lequel Moun adore s'enterrer. L'odeur de la cheminée toujours pleine de bûches que Micheal à coupées, et les pâtisseries d'Uriel accompagnées des couinements de Soun assis à ses pieds, espérant avoir un morceau. Mon cœur se serre. Tout va me manquer, je le sais et je le savais, mais c'est si dur. Mes habitudes, mon piano, mes livres, ma chambre, mon violon et ma guitare.
*Relativise. Ce n'est pas comme si je n'allais jamais revenir. Et puis, si j'en ai vraiment besoin, je peux toujours envoyer un hibou. Même plusieurs. Pleins en faite.*
Le soleil se dégage de derrière les nuages, venant réchauffer ma peau. Le reflet flou de mes cheveux blonds décoiffés, et de mes yeux fatigués par mes émotions internes dans la vitre me nargue, et me fais soupirer.
*Le problème vient sûrement de moi, comme toujours. Enfin, je réfléchirais à ça plus tard. Pour une fois, je veux juste arrêter de réfléchir.*
Je fermes lentement les paupières, et laisse mon cerveau s'éteindre doucement. Mon souffle créer une petite tâche de buée sur le verre, et je m'endors dans le Poudlard Express, qui se dirige vers la suite de mon histoire.


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"I don’t belong in the world.
That’s what it is."