Nuit Les noctambules

DANS LA NUIT DU TROIS DÉCEMBRE 2049
@Aleyna Rankins



Cette nuit, je ne veux pas dormir. Et je n’y arriverais pas de si tôt, mon cerveau est remplis d’un épais nuage de pensées, trop bruyantes pour que je puisse dormir tranquille. Je ne tiens pas en place dans mon petit lit à baldaquin, je me tourne, me retourne, m’assieds, me rallonge, je ne sais pas quoi faire et ça me ronge. J’enfonce ma tête dans mon oreiller pour étouffer le grognement de frustration que je laisse échapper du fond de ma gorge, sentant les vibrations de mes cordes vocales au travers de ma peau.
On est en décembre, l’hiver approche, et les températures sont déjà glaciales, mais je meurs de chaud. Je sens les goutes de sueur perler le long de mon dos, et tout mon épiderme est bouillant, mon visage rougi par la dilatation de mes vaisseaux sanguins, et le tout étant que ma masse capillaire n’aide pas. Je passe ma main sur ma nuque et sans trop de surprise, la racine de mes cheveux est humide de transpiration. Je m’empare alors de mon élastique pour attacher mes longues boucles noires dans un chignon brouillon, mais qui je l’espère me soulagera un peu de mon désarroi.

Je reste assis sur mon lit pendant quelques minutes, profitant de l’air qui passe sur ma nuque pour me rafraîchir et peut-être m’éclaircir l’esprit. Je ferme les yeux tout en prenant de grandes inspirations, pour tenter tant bien que mal de faire taire toutes ces pensées qui sont bien trop animées.
Je me sens coincé. Coincé dans mon propre corps, coincé dans ma tête. J’étouffe dans mon dortoir lui bien trop calme, trop éteint alors que je ne peux pas tenir en place. J’observe avec peine autour de moi, pour essayer de déterminer à travers les rayons de la lune transperçant la seule fenêtre de la chambre si la pièce est belle et bien endormie. Si je ne peux pas trouver quelqu'un dans le même état, pour combler ma solitude, en vain.

Je ne peux pas me résoudre à rester dans mon lit, il faut que je trouve quelque chose à faire, peu importe quoi. Je regarde mes pieds que je laisse prendre de mon lit, ils ne touchent pas encore complètement le sol et ils n'apparaissent presque pas miens comme ça. D'un pas prudent, je m'extirpe de mon lit en faisant tout mon possible pour ne pas faire trop de bruit, ayant moyennement envie de réveiller qui que ce soit, et encore moins de me faire repérer et d’être contraint de retourner me coucher.
Je sens mon pouls accélérer considérablement en un rien de temps. Je sais que je ne devrais pas sortir de mon dortoir une fois le couvre feu passé, et pendant que je me déplace sur la pointe des pieds, baguette en main, mon cœur tambourine si fort dans ma poitrine que je pourrais penser qu’il cherche à en sortir.
J’avance à pas de souris, en faisant bien attention à où je mets les pieds par peur de me les prendre dans quelque chose qui traînerait sur le sol du dortoir.
Je sens une poussée d’adrénaline monter en moi alors que je traverse la salle commune, je mets mes sens les plus fiables à ma disposition au cas ou un adulte ou un préfet aurait eu l’idée de passer par ici au même moment que moi. Tout mon corps est en alerte, je ne suis pas exactement sûr de ce que je fais et avance assez machinalement sans trop réfléchir à ce qui pourrait se passer. J’ai envie d’explorer et je n’ai que faire qu’on soit en pleine nuit, j’ai jamais vu le château sous cet angle là et il est temps pour moi de le découvrir.

Une fois dans le couloir, un soupir de soulagement s’échappe de mes lèvres, le gros étant passé, je fais redescendre un peu la pression. Moi qui me suis plaint d’avoir chaud, ma traversé n’avait pas aidé, et souffler un peu me fait du bien.

Il fait nuit noir dans les couloirs du château, sans grande surprise. Les tableaux semblent eux aussi être endormis, les yeux clos, et le visage tranquille. Pour y voir un peu plus clair, je lance le sortilège d’allumage de ma baguette "Lumos" en maîtrisant la puissance de ma voix pour ne pas me faire entendre et pars me perdre dans les couloirs labyrinthiques de l’école.

#22427c / Deuxième année / Fiche PR

Nuit Les noctambules
La grosse dame s'ouvrait sur un couloir sombre. Aleyna passa la tête pour vérifier son calme. Pas de lumière. Pas de bruits de pas. La voie était libre. Son cœur battait si fort qu'il semblait crier à l'aide, dénonçant sa folie.
Partagée entre angoisse et euphorie, la lionne jeta un regard furtif par-dessus son épaule. Sa salle commune était toujours vide. Ce fut le signe qu'elle pouvait y aller. La dernière corde de raison venait de craquer, laissant se déverser en elle un torrent d'excitation enivrante lui faisant oublier le malaise qui jusqu'ici l'avait tenue éveillée.

C'était grâce à lui que la deuxième année se retrouvait ici. Après avoir tourné une énième fois dans son lit, à se demander pourquoi elle ne dormait pas. À rejouer toute sa journée pour trouver réponse à sa question.
C'était vendredi soir, début du week-end. Aucun événement important. Rien d'urgent, comme un devoir de dernière minute qu'elle aurait oublié. Pas de discussion houleuse ou de mauvais rêve -pour ça il faudrait déjà pouvoir dormir... - sur lesquels cogiter. Non rien du tout.

Alors quoi ? Les bruits ? Les images ? Les sensations ? Où chercher ?
Sous sa couette, régnait une douce chaleur qui encerclait son corps et contrastait avec le froid de l'air ambiant contre son visage. C'était comme être dans un cocon ou dans les bras de ses parents.
Ses yeux, qui s'étaient habitués à la pénombre, ne voyaient qu'un mélange de formes floues aux nuances de gris. La silhouette des lits noirs, le mur gris pâle sur lequel des carrés sombres se dessinaient là où les griffonnes avaient accroché leurs photos. Pas de reflet jaune sous un lit ou dans un coin du mur qui l'observait.
Quant à ses oreilles, rien de plus que la berceuse que lui chantait tous les soirs le château depuis plus d'un an.
Un froissement de drap pour une voisine qui tire sa couette. Des respirations lentes et régulières typiques du sommeil profond. Au loin le bois des escaliers qui grince. L'eau qui coule dans les canalisations après une chasse d'eau tirée à l'étage.

Rien de tout cela ne justifiait cette tension dans sa poitrine. Tout semblait normal et pourtant il y avait ce poids invisible qui l'éloignait du sommeil.

Et comme un serpent qui se mort la queue, plus elle cherchait, moins elle avait de réponse. Ainsi, petit à petit, le malaise avait grossi, alimenté par frustration et colère, pour finalement exploser. Excédée de ne pas y parvenir, elle avait chassé la couette et sauté de son lit avec la ferme intention de rejoindre sa salle commune et se changer les idées avec ceux qui ne dormaient pas encore.

Mais le temps était passé, il était tard et à son grand regret, personne n'était réveillé. En haut des escaliers, elle resta bouche bée, face au silence de cette pièce qu'elle connaissait toujours animée. Pas de rire, de cris, de bruissements de pages qui se tournent, de chuchotements, de dés qui courent sur les tables. Non rien de tout ça. Seulement le craquement des dernières braises dans la cheminée.
Ce silence était écrasant. Aleyna fut frappée de plein fouet par l'angoisse d'être toute seule, confrontée à elle-même. Abandonnée. Avec lui, l'envie de fuir... De courir... De voler ! Si seulement les portes n'étaient pas fermées ! Mais et si sur un malentendu elles étaient restées ouvertes ?!

Dans le grand couloir sombre où commencer son aventure nocturne, le craquement de la grosse Dame qui se refermait lui hurla de s'arrêter. Immobilisée, les yeux écarquillés, une sueur glacée le long de sa colonne vertébrale, tout ses muscles tendus elle attendait sa fin. Elle était fichue. C'était sûr, on l'avait entendue. Son escapade n'avait même pas commencé que c'était déjà terminé. Tout ça pour avoir fait trois pas... C'est ridicule.

Mais une nouvelle fois, seul le silence retentit. Non pas la voix grondante d'un adulte qu'elle redoutait.
Ce fut avec soulagement que la jeune fille se dégonfla comme un ballon de baudruche. Le jeu n'était pas terminé. C'était même une première victoire sur la peur de se faire attraper, l'angoisse de l'incertain et de l'interdit. Mais une peur qui faisait vibrer. Avec elle, elle sentait à quelle point elle était vivante. La même que sur la ligne de départ dans la clairière au course. Elle était déjà devenue accro.

Aleyna déambulait dans les dédales du château d'un pas rapide et silencieux. Sa baguette dans sa main droite, prête à l'emploi. Pour l'instant, elle ne l'avait utilisé que deux fois. Seulement quelques secondes. Juste pour vérifier qu'elle tournait au bon endroit. Les couloirs étaient grands et déserts. Se déplacer en comptant sur ses yeux et les formes floues qu'il percevait était suffisant. Après tout, pour quelqu'un qui se baladait en chaussettes pour éviter le claquement ou les grincements de semelles, se faire prendre pour avoir allumé sa baguette, c'était trop idiot.

Les sens en alerte, elle s'extasia tout de même sur le calme et la quiétude du château qui lui semblait abandonné, vidé. Même les tableaux ne parlaient plus. C'était un autre monde. Il n'en fallut pas plus à la jeune fille pour s'imaginer dans un labyrinthe hanté. Hanté par d'horrible monstre qui ne sortaient qu'à la nuit tombée. Qui errer inlassablement jusqu'à trouver de quoi se mettre sous la dent. S'il la trouvait elle était fini ! Elle emprunta la posture d'un ninja, se cachant derrière les murs, passant la tête pour jeter un coup d'oeuil si le passage était libre. Le pire était les escalier. L'endroit le plus simple pour se faire repérer. Elle les descendait à tous allure, manquant de tomber. Une odeur de pourri... y en a un pas loin ...

Deux étages plus bas une lueur contre le mur l'immobilisa une nouvelle fois. Dans sa tête, tout fusait. Elle inspira pour retrouver son sang froid. Elle ne pouvait faire demi tour. Les bruits de pas approchait. Il arriverait sur elle dans moins d'une minutes, pas assez pour se cacher dans un autre couloir. Elle allait se faire dévorer. Rien pour se cacher. Les murs étaient lisses. Seulement des pierre sans recoin pour s'y enfouir, de tissus pour se couvrir ou de statue pour se cacher. Dans un geste désespéré elle se plaqua contre le mur. Elle ne respirait plus, ses poumons compressés sous la panique, priant pour que l'ombre qui passait ne la remarque pas.

@Murphy Sullivan
1062

2ème année à Gryffondor
Absente jusqu'au 31.03
| | Fiche PR | 400040

Nuit Les noctambules
Je n'arrive toujours pas trop à comprendre ce que je fais ici, je devrais être dans mon lit, entrain de dormir paisiblement, avec les autres, mais je suis là.
Je sais que les couloirs sont interdits à cette heure là de la nuit et j'avoue n'avoir aucune idée de ce que je risque si je me fait prendre. Je crois qu’à ce moment précis, ça m’importe peu. Je me sens suffisamment vivant pour ne pas du tout penser aux conséquences.

Je pars l'aventure, je m'enfonce un pas après l'autre, toujours un peu plus profondément dans les ténèbres du château. Je reste attentif à mon environnement, j'observe les immenses parois des corridors. Ils ne semblent pas être les mêmes de nuit que de jour. Ils sont encore plus impressionnants, plus majestueux, avec pour seule exposition la lumière de la lune.
Du bout de ma baguette, je détaille les pierres composant les murs, leur mise en place, leurs structures, je contemple les ornementations des cadres enfermant les tableaux, tout en prenant soin de ne pas réveiller ceux qui les habitent.

Je me sens soudain pris d'un léger vertige, me sentant un peu trop petit par rapport à l'espace, comme si la bâtisse cherchait à ne faire de moi qu'une bouchée. Je me sens comme un poisson dans l'océan, une étoile dans l'immensité de l'univers. Je suis accablé par ce sentiment de petitesse qui me laisse un creux bien trop béant dans la poitrine.
Je ne veux pas me laisser submergé par mes angoisses, donc je préfère balayer ces pensées qui m'empêchent de mener à bien ma quête qui pour le moment n'a pas encore d'objectif vraiment précis si ce n'est de me délecter des plaisirs que la beauté du monde, et du château a à nous offrir.

Reprenant mon périple, je fais parcourir mes doigts sur les façades, un frisson provenant de la fraicheur qui émane des pierres s'emparant de mon corps pendant quelques instant, faisant légèrement redescendre ce dernier en température après les bouffées de chaleurs qu'il avait subit plus tôt dans la nuit.
Je profite de cette minute de frais qui me fait tant penser à la brise d’une nuit d'été, pour m'imaginer au bord de la mer, les pieds dans le sable et les vagues balayant le sol d'algues.

Je prends mon temps pour mon épopée, je ne veux rien manquer, peut-être que quelque chose de surprenant m'arriverai, peut-être vais-je découvrir une nouvelle pièce, une couloir encore jamais emprunté ou bien un tableau secret.
Et puis aussi je veux être sûr de pouvoir me cacher si quelqu'un arrive. Si un adulte passe par ici, il faut que je sois suffisamment vif pour pouvoir me faufiler quelque part, ou au moins que j’ai le temps ranger ma baguette pour me faire plus discret.

Pourtant, plus j'avance et plus mes sens son en alerte, je ne sais plus à quel sentiment je dois me fier, d'un côté, je peux sentir l'adrénaline et l'euphorie qui circule dans mes veines, peut-être être même de l’apaisement face à l’expérience aussi calme du château, sans personne à l’horizon et je peux déjà m’imaginer tout ce qu’il est possible de faire dans un domaine aussi grand. D’un autre côté, je suis un peu angoissé, et j'ai l'impression d'être suivi, mais à une telle heure, il y a peu de chance que je croise quelqu’un, si ce n’est un fantôme.

Je senti le bois brut du parquet craquer sous mes pieds. L’odeur qui s’en dégage me ramène vaguement à la maison, dans l’atelier de papa -notre relation est moins bonne qu'autrefois, mais j'ai toujours aimé son atelier-, là où throne toute sorte de bois divers et d’outils taillés à la main en tout genre. Celui que je préférais reste de loin le pin, qui me rappelle un vieux souvenir d’enfance.

J’ai réussi à faire un petit tour du premier étage sans encombres, mais je sais que le bureau de la sous directrice se trouve ici, et quitte à me faire choper, j’aimerais que ca ne soit pas directement celle ci qui me prenne en flagrant délit de fugue de dortoir.
Je me fais alors le plus petit possible lors de mon ascension des escaliers, en prêtant une attention particulière à là où je mets mes pieds et en prenant bien soin de ne pas être en plein milieu des marches, car c’est là que le bois est le plus susceptible de grincer.
Je prie intérieurement pour ne pas avoir à subir les caprices des escaliers et qu’ils restent à leur place le temps que j’ai terminé de grimper les marches, qui me semblent bien plus nombreuses qu’à l’accoutumée.
Arrivé en haut, il a fallut que je m’adosse contre un mur pour qu’un soupire de soulagement s’échappe de mes lèvres, plus bruyant que je ne l’aurais voulu, mais avec personne pour m’entendre.

C’est en allant plus loin dans les méandres de la forteresse, séparé de tout mes doutes et toutes mes peurs que je prends le plus de plaisir, me faufiler de droite à gauche est maintenant presque comme un jeu pour moi. Jusqu’au moment où j’entendis un bruit, un son produit par le poids d’un pas sur le revêtement boisé du sol.
Cependant, je fais de mon mieux pour garder mon sang froid, et quelque chose au fond de moi me disait que je n’avais pas trop de soucis à me faire.
Comme si quelque chose dans l’attitude dans ce pas était trop discret, il était trop maladroit, trop timide, comme s’il ne voulait pas se faire remarquer et il cherchait même à s’effacer, ce pas était bien trop hésitant pour que ce soit celui d’un adulte qui n’a rien à se reprocher. À cet instant, je sais je ne suis plus tout seul, mais ça ne me dérange pas franchement, je suis même plutôt content (seulement si mes intuitions ne me trompent pas) d’avoir quelqu’un avec qui partager ma nuit.

Une idée, ma foi sans doute pas des plus intelligentes -mais s’il y avait une chance pour que je me fasse attraper maintenant, j’étais déjà foutu et je ne pourrais rien faire pour tenter de me sauver- me vint à l’esprit. J’éteins ma baguette et m’approche plus doucement encore de la silhouette qui se dessine avec difficulté en face de moi, je tente de prendre un attitude farceuse, mais je fais attention de ne pas faire trop peur non plus. Sans crier gare, je surgis de mon mur en faisant mine de crier BOUH et tombe né à né avec fille au teint pal et aux cheveux très foncés, avec cette lumière, je ne peux pas distinguer plus que ça ses traits, je sais seulement que son visage me dit quelque chose. Je crois qu’elle est dans la même promo que moi, mais n’arrive pas à me remettre son prénom.

@Aleyna Rankins pardon pour mon affreux délais, hésite pas si tu as des modifications à suggérer ^^

#22427c / Deuxième année / Fiche PR