11 sept. 2024, 10:45
 M.T  Les échos du passé et le violet du présent
Bar Pitiponk, 18 heures
Samedi 07 août 2049
@Maxine Tremblay



La nostalgie des études à Magifac avait mené Niall tout droit vers le Pitiponk. Ce bar n’avait pourtant pas été celui qu’il avait le plus fréquenté, mais il y régnait quelques souvenirs qui méritaient d’être revisités. Notamment la fresque dont la patte d’un de ses anciens amis devait encore – il l’espérait – s’y trouver. Face à la porte étroite qu’il reconnut sans mal, le libraire dût toutefois prendre une grande inspiration accompagnée d’une longue réflexion pour se souvenir du rythme du refrain de Fais l’hippogriffe. Après quelques essais mentaux, il tapota le battant, quelque peu gêné, sa mémoire procédurale fit le travail. Les portes s'ouvraient à lui et l'odeur enivrante d'un bar et sa musique lui décrochèrent un sourire nostalgique qu'il ne put cacher.

Ses pas étaient lents, il prenait son temps, scannait la pièce, le dos bien droit et ses vêtements parfaitement taillés sur mesure. Le lieu était peut-être en désaccord avec son allure, mais l'image qu'il rendait était plus importante. Dans toute situation, il se devait d'être le petit prince des lieux, le jeune qui attirait les regards par sa tenue. Ainsi, tous ses gestes étaient calculés, appris par cœur depuis des années ; si bien qu'il n'y réfléchissait plus, c'était naturel. Ses premiers pas partirent donc en direction de la fresque qu'il trouvait tout à fait - et secrètement - immonde, mais cela, personne ne pourrait le lire sur son visage. L'affreux dessin de son ami était bien là, se moquant presque des autres créatures qui l'entouraient. Rien n'avait changé en tant d'années, sauf peut-être les clients et clientes du bar. Et encore..

Tournant la tête vers le comptoir, il s'y rendit pour enfin commander quelque chose à boire. Le système ici était amusant de ce qu'il s'en rappelait : donner le nom de la boisson désirée et là voilà qui vient à vous. Sauf qu'aujourd'hui, il n'avait aucune idée de ce qu'il voulait boire. D'habitude, il était entrainé par ce que les autres buvaient et en oubliait ce qu'il aimait. Alors il s'assit sur le premier tabouret pivotant, jeta un coup d'œil à gauche et à droite sur ce que les habitués buvaient et fronça les sourcils, curieux, lorsqu'il aperçut ce qui ressemblait à un cocktail violet. Impossible de déterminer ce que la jeune sorcière était en train de boire, et s'il voulait s'y essayer, il était obligé d'énoncer le nom exact de sa boisson. Sans cela, rien ne lui serait servi.

Alors il posa d'abord son livre qu'il avait porté jusque là, sur le comptoir, se retira gracieusement de son tabouret et se dirigea vers la sorcière qui l'avait intrigué par sa boisson. La lumière tamisée du bar lui donnait une certaine allure que certains clients n'avaient pas manqué. Il dégageait une aura fascinante, ni arrogante ni oppressante. Il avait cette allure naturelle, pleine de charme et de calme, comme s'il était parfaitement en accord avec l'atmosphère du lieu et pourtant si différent. Lorsqu'il arriva devant elle, il garda une certaine distance pour ne pas l'envahir mais suffisamment proche pour qu'elle ressente sa présence. Il attendit alors un léger instant pour s'assurer de ne pas la surprendre et commença d'une voix douce, presque veloutée, mais assurée.

– Excusez-moi... Lorsqu'il obtint le regard de la sorcière, il ajouta aussitôt, en un sourire discret mais sincère.. Bonjour. Loin de moi l'idée de tenter une approche un peu ringarde, mais je voulais commander une boisson et la vôtre m'a intrigué. Pourrais-je vous demander ce que c'est ?

Maintenant qu'il était face à elle, qu'elle le regardait, il pouvait s'autoriser à l'observer, imaginer qui elle pouvait être. Il n'y avait là aucun regard perdu, il s'intéressait simplement à la jeune femme à la peau claire, à son allure face à son cocktail violet. Ce qu'il aimait savoir aussi, c'était pourquoi les gens venaient délibérément dans un bar, seul. Il aimait s'imaginer la succession d'événements qui avaient pu amener quelqu'un à oser franchir le pas. Lui était souvent dans son monde et cela ne le dérangeait pas, mais les autres. Pourquoi les autres appréciaient venir dans un bar, seuls ?

17 oct. 2024, 20:48
 M.T  Les échos du passé et le violet du présent
Pour son anniversaire, elle n'avait strictement rien prévu. Pas qu'elle n'aime pas le fêter mais, quand on est de début août, dès lors qu'on a intégré une école... Et bien tous les amis sont en vacances, dans la famille, en voyage... Autant dire qu'elle l'avait rarement fait en grand comité. En général, c'était plutôt au détour de la grande retrouvaille qui avait lieu avec ses amis les plus proches dès lors qu'ils avaient eu quinze ans environ. Mais ce n'était pas strictement son anniversaire, plutôt un gâteau pour tous les malchanceux de l'été le week-end de juillet ou d'août ou la bande se retrouvait chez ceux dont les parents avaient de l'espace dans le jardin!

Une fois adulte ça avait été différent - quoique sujet au planning des entraînements - on pouvait dire qu'à ce moment là, elle s'était rattrapée. Il y a deux ans, elle avait fêté ça juste avant son départ pour le monde britannique. L'an dernier elle avait honteusement profité de la Coupe du Monde pour inviter ses amis un soir, en même temps, avoir trente ans pendant cet évènement... Forcément qu'il fallait faire la fête sur un plage des Philippines! Cette année en revanche... Impossible à prévoir, et puis bon, elle avait trente-et-un ans, ce n'était pas un âge si remarquable que ça. Alors elle avait reçu son courrier et découvert ses cadeaux et ce soir, elle était venu ici pour fêter ça! Oui oui toute seule! Ou peut-être pas, l'avenir...

... venait de se présenter à elle, sous les traits d'un homme de son âge à l'approche classique. Mais au moins avait-il le mérite d'être sobre - dans tous les sens du terme - et agréable, et elle ne parlait pas forcément de la vue. "
Bonsoir." Lui dit-elle en souriant. "J'ai connu bien plus ringard comme approche, ne t'en fais pas!" L'accent québécois était là, quoiqu'elle n'était pas incompréhensible, loin de là. Et ça expliquait le tutoiement facile de la femme. "C'est un Virgin tonic violet, à base de sirop de violette et de jus myrtilles avec de l'eau tonique." Expliqua-t-elle avant de passer commande pour lui. "Un Virgin tonic violet s'il te plaît." Demanda-t-elle alors au verre qui venait d'apparaître pour son compagnon de quelques minutes... ou heures, la soirée le lui dirait. "Je m'appelle Maxine." Se présenta-t-elle alors avant de prendre une gorgée de sa boisson avec un air amusé.

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31 déc. 2024, 20:54
 M.T  Les échos du passé et le violet du présent
Après des années à se plier aux règles qu’on lui avait imposées en société, entendre un tutoiement le surprenait toujours ; ce n’était pas que l’acte l’offusquait, au contraire, mais c’était qu’il l’étonnait totalement. Il ne comprenait pas qu’une sorcière n’ait pas le réflexe de vouvoyer quelqu’un et de demander la permission ensuite. Dave lui aurait clairement lancé une bonne tape dans le dos pour qu’il se détende s’il avait été là, ce soir. Et en pensant à lui, il avait fait le rapprochement un peu trop tardivement à son goût : l’accent. Les deux venaient clairement du Canada, et son meilleur ami lui avait pourtant déjà expliqué que le tutoiement était chose normale. Alors après un instant à faire redescendre ses sourcils surélevés, il avait souri à la remarque de la jeune femme. Il fallait dire aussi que la curiosité de l’ancien Serdaigle avait été piquée. Il y avait eu plus ringard, et Niall avait envie de les connaître ces approches, histoire de les éviter, et peut-être même dans le but de savoir ce que cette femme jugeait de plus ringard que sa phrase d’approche.

Le regard baissé vers la boisson qui désormais portait un nom, l’Irlandais avait enchainé les surprises en constatant que celle à qui il venait de s’adresser venait de commander pour lui. L’approche était audacieuse et intrigante. Sa réflexion se faisait très vieux jeu, mais voir une femme si entreprenante avait réveillé quelque chose en lui. Il souriait alors à celle qui s’était même présentée sans avoir attendu d’y être invitée. Cette femme lui plaisait, s’était-il fait la remarque. À trois reprises, l’Irlandais n’avait rien pu dire car ses sourires admiratifs et curieux avaient pris le dessus sur toute parole.

Alors il s’était assis — même sans y être verbalement invité — et s’était mis à observer celle qui buvait sa boisson d’un air amusé, celle pour qui tout semblait si simple. Il n’avait pas eu besoin de faire l’AESM pour comprendre qu’un verre commandé invitait à prendre place, alors il l’avait fait sans vérifier. Il avait laissé quelques secondes passer, avait levé son Virgin tonic violet en plongeant son regard dans la celui de la Canadienne, l’avait remerciée pour le verre et l’avait imitée en portant celui-ci à ses lèvres, avec le même sourire amusé. Sa curiosité et peut-être quelque chose d’autre en lui étaient réveillés.

— Niall, ajouta-t-il après avoir dégluti. Vacances ou installation ?

S’il y avait une chose qui animait le libraire dans ses échanges avec des personnes — qui semblaient avoir le caractère pour — c’était le tac au tac, les échanges rapides, la discussion sans réflexion. Mais pour lui, le “sans réflexion” ne signifiait pas sans “sans intérêt”. C’était pour lui, comme une partie d’échecs. Les pions, on les avançait de manière stratégique, ou on perdait la partie. Cette Maxine semblait vive d’esprit. Suffisamment pour répondre correctement à sa question peut-être banale. Il pensait déjà aux prochains coups et se demandait ce que la femme avait prévu pour sa soirée.

17 janv. 2025, 11:04
 M.T  Les échos du passé et le violet du présent
L'homme à ses côtés lui semblait être passé par tout un tas de réflexions internes qu'il eut la décence de garder pour lui, en dehors des mouvements de ses sourcils et de ses sourires. Maxine ne savait pas ce qui les avait provoqué mais elle aimait bien le sourire qu'elle voyait se dessiner sur le visage de celui à qui elle venait de commander un verre, allant contre tous les codes habituels. Mais la trentenaire n'était pas vraiment du genre à se plier aux jeux sociaux habituels. Elle avait envie, elle faisait, qu'importe si les habitudes attribuaient certains comportements aux hommes ou aux femmes. Celles et ceux dont l'ego ne le supportaient pas ne restaient tout simplement pas.

Et de toute évidence, Niall - puisque c'était son prénom - n'était pas dérangé par son attitude pouvant sembler entreprenante. Il s'était installé et avait goûté le cocktail sans alcool qu'elle lui avait commandé. Elle même prit une nouvelle gorgée, c'était qu'il était bon, léger, doux. "
Je vis à Londres depuis deux ans." Et a priori, elle comptait rester. Certes, elle était loin de famille et ami. Mais elle s'était fait de nouvelles connaissances, et puis ce travail inattendu lui plaisait bien. Aucune raison donc de vouloir repartir tout de suite. A nouveau, elle porta son verre à ses lèvres, appréciant le liquide qui s'y trouvait. "Alors? Ce tonic?" Qu'importait qu'il aime ou non, mais elle apprécierait avoir son avis. Après tout, cela lui apprendrait peut-être quelque chose sur ce brun venu la trouver justement avec cette boisson comme prétexte.

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27 janv. 2025, 19:18
 M.T  Les échos du passé et le violet du présent
Niall était un sorcier curieux, et par presque logique, vite ennuyé. Ce n’était pas tant le sujet qui l’amenait à déclarer forfait dans une conversation, mais la manière dont la chose était construite. S’il souriait à une remarque, à une attitude un peu inhabituelle, le libraire faisait tout pour s’y accrocher. Alors lorsqu’elle ne lui avait répondu qu’une phrase simple sur le nombre d’années qu’elle vivait à Londres, sans rien ajouter d’autre, il s’était redressé aussitôt. S’attendant à une tirade soporifique, le voilà qu’il restait éveillé, curieux. L’information manquait de contexte et tout ce que cela attisait chez Niall, c’était l’envie de creuser, de demander pourquoi, comment et ce qu’elle y faisait. Il avait tendance à souffrir des phrases à rallonge, alors lorsque celles-ci étaient étonnamment courtes, il en voulait plus. Bien heureux aujourd’hui de rencontrer quelqu’un qui lui donnait envie d’anticiper son prochain verre, il s’était accroché. Il avait même souri lorsque Maxine s’était intéressé à son avis sur sa boisson. Comme si parler de son tonic était plus important que son arrivée à Londres, il y a deux ans. Et il n'allait pas pouvoir s'en empêcher, il allait renvoyer la balle de l'autre côté : parler d'elle, parce que sa curiosité était attisée, et s'il parlait de ses goûts en matière de boissons, sa curiosité finirait par hurler à l'agonie.

Pas mal !, avoua-t-il les yeux rivés sur sa main droite qui tenait son verre. Mais l’Irlandais en moi aura besoin de quelque chose de plus fort pour le prochain.

Certes, il s'avançait peut-être un peu sur ce prochain verre. Il ne savait pas si Maxine en voudrait un second, ni même si elle souhaiterait le boire en sa compagnie, mais après tout, sa phrase ne contenait ni invitation, ni obligation.

— Pourquoi Londres ? Je viens de quitter Dublin pour Loutry, mais j'avais hésité avec Londres.

Peut-être que dans ses deux années de vie londonienne, elle pourrait lui offrir quelques conseils sur les lieux à fréquenter et ceux à éviter. Il n'avait pas pu s'empêcher de s'imaginer le type de lieux que la Canadienne pouvait apprécier. Qu'est-ce qu'une femme qui osait venir boire un verre, seule, dans un bar aimait dans la vie ? Elle qui avait l'air si... indépendante.

11 mars 2025, 14:29
 M.T  Les échos du passé et le violet du présent
Elle ne savait pas trop où allait mener cette conversation avec l'irlandais - puisqu'il venait de se dévoiler comme tel - mais elle aimait beaucoup leur échange sans forcément savoir pourquoi. Peut-être une forme d'amusement à constater tant une forme de désengagement sur la boisson qui lui plaisait au moins un peu. Un désengagement qui tira à la québécoise un sourire taquin plus que moqueur ou désapprobateur. "Ainsi donc la légende sur les irlandais se confirme encore un peu." Et puis elle dissimula son amusement derrière une gorgée de son verre avant de stipuler. "Je tâcherais de m'en souvenir." Une affirmation qui ne gageait de rien pour le moment, si ce n'était qu'elle passait un temps agréable en sa compagnie.

Et puis l'homme - Niall - fit preuve de curiosité sur son choix de ville d'habitation, faisant part par la même avoir pris le parti de partir à la campagne. "
J'ai toujours habité en ville et j'ai besoin d'animation. Et puis je suis plus souvent ailleurs que dans mon appartement. Petit et facile d'accès, c'était mes critères." Et ça lui allait toujours aussi bien. Peut-être qu'un jour elle souhaiterait changer. Pour un autre centre de vie sorcier peut-être, probablement pas Dublin, et vraisemblablement pas la capitale sorcière non plus a priori. "Qu'est-ce qui a pu faire pencher ton choix sur la campagne plutôt qu'une autre ville?" Elle était curieuse elle aussi. "Le calme? Le besoin d'espace?" Supposa-t-elle, "Ou bien ça n'a rien à voir?" Demanda-t-elle en constatant leurs verres qui se vidaient petit à petit. Bientôt ils seraient à sec et, profitant qu'il n'y ait pas tant de monde et que des verres propres se trouvaient encore à leur table, elle demanda.

- "
Je te dois quelque chose de plus fort je crois." Glissa-t-elle à son compagnon de soirée avec un sourire en déposant quelques pièces dans un verre qu'elle plaça devant lui pour qu'il passe commande. Puis elle fit de même avec un autre, pour elle. "Un cockatil Michelada s'il vous plaît!" Et aussitôt, il fila vers le bar et reviendrait sans nul doute plein dans moins d'une minute. "A moins que tu ne refuses l'invitation?" Mutine elle était devenue sur ce coup là, allait-il accepter qu'elle paye?

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29 avr. 2025, 23:54
 M.T  Les échos du passé et le violet du présent
Peut-être était-ce le sourire taquin ? Ou bien le léger rire caché derrière un verre porté à ses lèvres ? Quoi que ce fut, Niall y était pendu.

Il écoutait patiemment Maxine exposer les raisons de son emménagement en ville — chose qu’il avait du mal à comprendre — et tentait de s’imaginer le genre de femme qu’elle pouvait être. Passer du Canada à l’Angleterre, puis sûrement d’un grand espace à un petit, cela cachait forcément quelque chose. Ou peut-être était-ce parce que c’était son cas. Que plus il s’enterrait quelque part, moins on le voyait. Il hocha la tête à la suite des commentaires de la sorcière et réfléchit à ses questions qui étaient arrivées juste après.

Et avant même qu’il n’ait eu le temps de pousser sa réflexion plus loin, il la vit déposer quelques pièces dans un verre, puis un deuxième et commander une boisson avant de ne le fixer. La réaction de l’Irlandais fut d’abord de relever les sourcils d’étonnement. Pas tant qu’elle pour le fait qu’elle paye, elle, mais plutôt qu’elle l’invite si tôt dans leur échange et qu’elle le fasse d’une manière si naturelle, qu’il ne put rien faire d’autre que sourire.

— Une Irish Red Ale, s’il vous plait, commanda-t-il sans lâcher le regard de la Canadienne. J’accepte.

Il baissa ensuite les yeux le temps de revenir au sujet précédent, de réfléchir et revint à son interlocutrice.

— Pour répondre à ta question, je crois que c’était le calme. Et la nature. Ah, et un vieil homme dans un bar à Dublin. Toujours se méfier des inconnus qui s’invitent à une table pour discuter.

Et en écho au sourire taquin qu’elle lui avait envoyé plus tôt, il en fit de même. Puis, lorsque les deux verres vinrent se poser devant eux, Niall saisit le sien et le tendit vers celui de la Canadienne.

— Santé ?

3 juin 2025, 22:27
 M.T  Les échos du passé et le violet du présent
L'homme qui était venu la rejoindre et se montrait curieux de son choix de vivre à la ville sembla l'écouter répondre avec un degré d'attention accrue. Elle ne savait pas d'où lui venait cette sensation, mais ça avait le mérite d'attiser sa curiosité à son propos. Était-ce sincère ou une simple manœuvre comme beaucoup le faisait pour obtenir une chose ou une autre? Cela restait à déterminer. Et pour le moment, elle avait envie de creuser. Surtout quand elle lisait l'étonnement sur son visage à la voir payer pour un verre. Difficile de ne pas prendre un air taquin en voyant ses sourcils se relever. D'où venait cet étonnement? Qu'elle l'invite? Qu'elle n'ait pas oublié avoir dit qu'elle le ferait? Elle ne saurait le dire mais savait en revanche qu'elle serait bien déçue si c'était parce qu'il n'acceptait pas qu'une femme paye pour lui. Mais il ne refusa pas et passa commande. "Un irlandais qui demande une irlandaise, définitivement cliché." Rit-elle en prononçant le dernier mot avec son accent français - du Québec mais français tout de même. Elle se moquait très gentiment, en espérant qu'il soit sur la même longueur d'onde.

Restait à apprendre pourquoi la campagne. Elle hocha la tête à ces deux raisons avancées par tout ceux qui quittaient la ville. L'autre était d'avoir toujours vécu dans des petits villages. Un peu comme elle qui n'avait jamais vu le monde rural que lors d'excursions ou de voyages. L'idée qu'ils étaient bien opposés lui effleura les lèvres mais ne put en passer la barrière en raison de la suite qui la fit éclater d'un rire franc et clair. Un rire qui ne dura pas forcément longtemps d'un point de vue sonore, mais qui resta dans ses yeux et sur son visage. Leurs boissons arrivèrent sur cet entrefaite. Et puis, voyant Niall proposer de trinquer, elle attrapa son verre et le rapprocha de celui de l'homme pour les faire tinter. "
Santé!" Répondit-elle, un reste de rire dans la gorge. Dans la continuité du geste, elle releva son bras et porta son cocktail à sa bouche pour une première gorgée. "Pas mal." Un commentaire fait par réflexe, qui ne demandait pas spécialement de retour. Surtout que la canadienne voulait rebondir sur autre chose:

- "
J'en prends note. Ce vieil homme était un irlandais? Ca me donnerait des indices supplémentaires pour me méfier." Glissa-t-elle la voix rieuse. "Et surtout, était-il intrigué par ta boisson?" Elle faisait ainsi référence à la manière dont il l'avait abordé quelques minutes plus tôt, la questionnant sur ce liquide violet dont elle lui avait payé une rassade. En faisant ainsi, elle continuait à le taquiner, entrant plus ou moins consciemment dans un jeu qui lui plaisait généralement beaucoup, mais dont la plupart des hommes se lassaient s'ils n'en étaient pas les maîtres. Sauf qu'elle n'était pas du tout ce genre de femme. Non, elle ne se laissait pas guider à l'aveugle. Ou du moins pas tout le temps. C'était justement ça qui était intéressant, surprendre et se laisser surprendre.

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29 oct. 2025, 10:23
 M.T  Les échos du passé et le violet du présent
Le sourire en coin, amusé — et attiré — par la réponse de la sorcière fut automatique. Niall était obligé d’admettre que les répliques de la Canadienne le surprenaient tout autant qu’il s’en délectait. Il n’y avait pas d’attente, pas de besoin de s’interroger, tout était fluide et sortait presque aussi vite que ce qui semblait traverser son esprit. Alors oui, cette dernière question avait fait rire l’Irlandais, saisissant évidemment le double sens de la remarque, chose à laquelle il était obligé de répondre dans son sens.

Très intrigué par ma boisson !, exagéra-t-il sans lâcher son sourire. Irlandais également, j’en ai bien peur. Il n’y a peut-être que l’approche qui différait. Je ne crois pas que cet homme s’intéressait à moi.

Et Niall apporta son verre à ses lèvres pour quitter enfin le regard de Maxine, sans avoir avant observé sa réaction, et reprit.

— Alors avec toutes ces raisons de te méfier de moi, est-ce que tu accepterais de me dire ce que tu fais à Londres ? Tout en rendant la réponse à cette question ennuyante, intéressante ?

Niall avait appris à s’adapter à son public. Depuis toujours, on lui avait appris à changer ses habitudes, son vocabulaire, sa posture en fonction de celui ou celle qui lui faisait face. Aujourd’hui, il sentait que cette approche était logique avec Maxine. Son tac au tac lui plaisait, et bien d’autres choses d’ailleurs. Alors si Niall aurait été incapable de définir l’approche qui le définissait lui, il pouvait toutefois admettre que celle qu’il utilisait ici stimulait son cerveau et son envie d’être ici. Si un de ces sabliers magiques était placé sur leur table, il aurait pu parier que le sable se serait écoulé à la vitesse d’un sort.

11 nov. 2025, 20:02
 M.T  Les échos du passé et le violet du présent
- "Voilà qui est intéressant." Rit doucement la canadienne qui porta son verre à ses lèvres. Ca aurait pu être une mauvaise idée, mais par chance elle n'avait pas vraiment commencé à boire lorsque la suite arriva. Elle n'eut donc qu'à déglutir qu'une portion plus que réduite de liquide, évitant la toux qui aurait pu faire tourner l'ambiance de la soirée. "Doublement intéressant." Commenta-t-elle avec le regard brillant d'une lueur sans équivoque. Elle ne savait pas ce qu'il se passerait dans les minutes ou heures à venir, ni même si elle reverrait le brun - réellement elle entendait - mais cet échange était particulièrement... plaisant. Sous bien des formes.

- "
Toujours se méfier des hommes qui posent des questions ennuyantes, ça n'augure jamais rien de... réjouissant." Lança-t-elle, ouvertement mutine. Est-ce qu'elle se plaisait à le laisser mariner un peu avec sa réponse? Certainement. Aussi elle fit un léger mouvement vers le haut avec son verre, comme pour trinquer, mais sans le choquer dans celui qui ignorait qu'ils partageaient les mêmes racines, avant de boire une vraie gorgée de son cocktail. "Je prends un verre en mon honneur." Il comprendrait bien ce qu'il voudrait de cette sortie qui en disait beaucoup sans forcément être très claire. Et aurait-il de quoi passer outre cette énigme? Voilà une réponse qu'elle avait très envie d'avoir. Et puis c'était amusant, de jouer ainsi verbalement avec cet homme. Surtout qu'il renchérissait avec entrain, n'était-ce pas?

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