Solo OS Lettre d’ataraxie.

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Paroles

Lundi 13 Septembre
Toute la journée


Et voilà le jour tant attendu (c'est un mensonge).
Aujourd'hui, c'est mon anniversaire.
Je grogne à moitié avant de me lever, et d'enfiler mon uniforme. Je regarde l'heure, et il est bien trop tôt, mais je n'y fait pas vraiment attention. J'ai 12 ans, l'âge pendant lequel le corps se forme, les hormones se créées, tout ça tout ça. Je m'approche du miroir de la salle de bain de mon dortoir, et regarde mon visage, y cherchant des changements flagrants. Mes yeux gris soulignés par des cernes sont aussi vides que d'habitudes, mon visage droit aussi, mes cheveux toujours aussi emmêlés, et mon corps bien trop fin va très bien. Je soupir, mais de soulagement, presque ravi de voir que physiquement, je ne changes pas.
*Si en plus de mes mots, je commençais à ne plus pouvoir gérer mon corps, on serait mal parti. Tout au plus je vais grandir, mais rien de bien impressionnant. 1 mètre 70 peut-être ? Je n'en sais rien, et en faite, je m'en fiche.*
Une fois les dents et le visage lavé, les gens évités, et sorti de la salle commune, je vais directement en direction de ma salle de cours. La journée commence avec la métamorphose, l'un de mes cours favoris. J'écoute attentivement le cours, participe, et prends en note le plus important, et pendant la récréation, je réécris au propre mon cours. J'enchaîne avec l'histoire de la magie, je participe un peu moins, mais reste aussi assidu que pendant ma première heure, pour finir la matinée avec sortilèges. Une fois fais, je vais à la bibliothèque, révise, apprends, reprends un autre sujet, note, et je recommences, jusqu'à ce que je décide de changer d'air.
*Tiens. Je me sens plutôt serein pour une journée d'anniversaire.*
A mon plus grand désespoir, mes pères adorent les fêtes, les surprises et l'amusement. En général, ça me fait toujours plaisir, mais cette journée est tellement simple, cosy, ça me plais. Mais il ne faut pas que je commences à m'y faire.
Après avoir rangé toute mes affaires, je passes mon après-midi à me promener dans l’entièreté de l'établissement, en oubliant même l'heure du repas. L'imposante forme du château m'impressionne toujours autant, chaque pierre de chaque mur racontant une histoire à elle seule. Il est encadré par la figure sombre de la forêt interdite que l’on voit au loin, et le lac noir, sa surface miroitante cachant créatures et secrets noyés. Les grandes étendues d'herbes luxuriantes s'étalant sur des kilomètres créées un effet des plus majestueux.
L'école elle même n'a d'égale que sa chaleur et les mystères qu'elle renferme, voilà ce que je ressens à Poudlard.
En me promenant, après quelques heures de marche, voilà que je m'approche de la volière. J'entends le hululements des chouettes, les cris des hiboux, et le son de leurs griffes grattant le sol ou leurs perchoirs. J'entre à l'intérieur, et mes yeux s'illuminent. Je m'approche d'une petite chouette grise non loin de là, et commences à la caresser, la faisant hululer doucement, alors que ma propre voix fait preuve d'une tendresse immense. Mon visage, d’habitude si impassible, offre une expression de pure calme, de joie et de douceur.


"Salut toi, comme tu es belle. J'espère que tu n'es pas trop fatiguée, repose toi si tu en a besoin, d'accord ?"

Je fais un grand sourire, avant de me tourner vers un hiboux grand duc, et de le caresser à son tour, tout en lui chuchotant des mots doux. Puis une autre chouette, une autre, et un hiboux, encore et encore.
Après une séance câlins très intense, j'aperçois une immense chouette noire près d'un perchoir à moitié plié. Je m'approche, et elle dépose doucement une lettre marron dans ma main, avant de demander des cajoleries à son tour. Je souris, et tout en ouvrant et lisant ce texte qui m’es dédié, je la câline doucement.


Pour notre tournesol !
De la part d'Uriel et de Michael.

Tu nous manques tellement si tu savais, j'espère que tu t'amuse bien à Poudlard ?
Et que tu travailles ?
Oh ! Ne lui met pas la pression, il travaille bien assez comme ça... Oui prépare toi, on a écrit tout nos petits commentaires hihi, mais comme ça, c'est comme si tu étais avec nous !

Quelle est t'as matière préférée ? As-tu des amis ? Est-ce que tu vas bien ? Bon, je t'embêtes sûrement avec mes questions, mais surtout : Bon anniversaire !!
Alala, 12 ans, l'âge des amours doux et de la fugacité !~
Ton père est complètement fou, mais bon ça, tu as l'habitude haha ! Ton cadeau t'attendras avec ceux de Noël, d'accord ?

On t'embrasses, Moun et Soun aussi !< 3

P.S. : N’oublie pas notre existence à cause d'un joli garçon et réponds nous !

"Pffff."

Un rire étouffé m'échappe en voyant l'écriture de Michael complètement ravagé par les coups que devait lui mettre Uriel pour écrire à son tour. Aujourd’hui, mon visage est expressif, mes yeux gris brillent et reflètent le ciel bleu avec joie. Je sors mon petit carnet et mon crayon de charbon, que j’emmène partout avec moi, et déchire une page, avant d’écrire rapidement ma réponse dessus.
*Moi qui fais les choses si propres d’habitude, j’aimerais pour une fois que ça reflète vraiment l’état dans lequel je suis. C’est à peine si j’ai commencé l’année, tout est encore brouillon.*


Hey papas, je suis content que vous m’avez envoyé un hiboux.

Je voulais le faire, mais je viens de commencer les cours, alors j’étais très occupé. Je le serais sûrement encore, mais je viendrais à la volière plus souvent. Je fais connaissance avec mon environnement, j’aime beaucoup la métamorphose et je me portes bien.

Merci pour le joyeux anniversaire, et j’ai hâte de vous revoir à Noël.
Je ne vous oublierez jamais, même si il y avait un joli garçon.

Je roule rapidement ma petite feuille, et la serre avec l’attache de la carte de mes pères. Une fois fait, je m’approche de la magnifique chouette qui attendait là, patiemment, et lui tends mon morceau de papier pour qu’elle puisses l’attraper dans son bec. Je la caresses doucement, son pelage sombre glissant sous mes doigts, puis elle s’envole, sans un bruits. Je sors de la volière et me pose contre la rambarde, observant la tache noire disparaître dans le bleu du ciel.

"Fais attention à toi, sublime créature."

Je souris. Je me sens apaisé, en paix. Je suis seul, tranquille, à écouter les sons de la nature et à observer le paysage devant moi.
*Je vais vraiment finir par m’habituer à ce genre d’anniversaire.*


1110 mots

"I don’t belong in the world.
That’s what it is."