26 janv. 2025, 13:34
 PNJ   Libre   Devon  Le lac des trente ans
LUNDI 17 JANVIER 2050
Un peu après 18 heures


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A la fin de sa journée de travail, Niall avait eu l’envie subite de partir près d’un lac. Marcher et se baigner, rien d’autre. Dans une de ses vieilles cartes de l’Angleterre, son index s’était posé sur un lac dans le Devon, entre Godric’s Hollow et Loutry Ste Chaspoule, où il résidait. Les panneaux de randonnée annonçait une marche d’une heure pour arriver jusqu’au lac — chose tout à fait faisable pour l’amateur qu’il était. La plupart des randonneurs descendaient à cette heure-ci, et un ou deux moldus s’étaient même inquiétés de sa montée tardive. L’Irlandais avait tenté au mieux de les rassurer sur ses qualités hors pair de scout — se rappelant que ce terme rassurait généralement tout moldu —, cachant bien évidemment que transplaner était une option tout à fait envisageable.

Une fois arrivé au lac, sans surprise, il s’était retrouvé seul. Ce n’était pas un parc, le lieu n’était donc pas gardé ni surveillé par qui que ce soit, allumer sa baguette n’était donc pas un crime. Le dernier quartier de la lune lui offrait un semblant de lumière et l’Irlandais en avait profité pour écrire un grand “30” à l’aide de son index, à travers les petits cailloux qui entouraient le lac. Il n’avait pas spécialement eu envie de fêter son trentième anniversaire — même s’il savait que Dave finirait par faire quelque chose le weekend suivant — mais il se demandait tout de même une chose : comment allait-il rendre cette année différente des autres ?

Il n’avait clairement pas la réponse à cette question, alors sans y réfléchir vraiment, il avait retiré son pull et son t-shirt, puis son pantalon et ses chaussettes, avant de se lancer le sort de Têtenbulle et de foncer droit dans le lac. Son corps allait souffrir du froid glacé du lac anglais, mais il y penserait plus tard. Tout ce qu’il voulait maintenant, c’était fêter ses trente ans sans avoir à réfléchir à ce qu’il pouvait bien arriver.

Reducio
Toute personne est libre de répondre et d’interagir avec ce sorcier un peu maso. Sinon, ce sera un OS :)

26 janv. 2025, 17:11
 PNJ   Libre   Devon  Le lac des trente ans
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Zakary Bristyle
33 ans


Les heures du weekend se sont écoulées avec une lenteur exaspérante. Le samedi, tout a commencé avec un petit-déjeuner tout à fait semblable à celui du weekend dernier. Un parfait english breakfast préparé avec soin, le thé chauffé à la température qu'il préfère, ses ingrédients favoris placés dans l'assiette comme il les aime ; les haricots blancs à la sauce tomate ne touchaient pas les saucisses, les œufs étaient placés dans un plat à part, les toasts légèrement brûlés. Tout cela accompagné du grand sourire de Lounis et de sa discussion parfaite, ni trop accablante, ni trop égoïste, avec un léger soupçon de sujets de société et tout ce qu'il fallait de nouveautés magies. Le dimanche matin, tout cela a recommencé, encore. Les haricots qui ne touchaient pas la viande, les toasts légèrement brûlés, le thé à la température parfaite. L'heure de lecture qui suit invariablement, chacun dans son fauteuil, le déjeuner préparé à deux, la balade de l'après-midi, seuls ou accompagnés en fonction de leur humeur. Et tout cela recommencera de nouveau le weekend prochain. Les haricots séparés, les toasts brûlés, le thé parfait. Et le weekend encore d'après, et le suivant, encore et encore.

Après le travail, Zakary transplane dans le Worcestershire, directement dans la forêt qui entoure le domaine de ses parents. Il s'assied au sommet d'un rocher du village des Géants, terrain de jeu d'enfance de tous les enfants Bristyle. Il reste un moment, la gorge nouée par l'appréhension, incapable de rentrer à la maison, avant de transplaner en Écosse, aux alentours de Poudlard, dans une grotte où il avait l'habitude de se rendre avec ses amis quand il était adolescent pour échapper aux sorties barbantes de Pré-au-Lard. Il reste un quart d'heure sur place, effaré par la tristesse qu'il ressent, avant de prendre la direction de Llangrannog. Planté au sommet d'une falaise surplombant l'océan, il observe cet autre paysage de son enfance sans aucune nostalgie, mais en profitant de l'air marin qui souffle sur son visage tendu. Il transplane ensuite au Pays de Galles et se perd sur un sentier qui serpente au milieu d'une forêt, balade qu'ils avaient l'habitude de faire avec Lounis quand ils étaient encore jeunes et seulement amants. Enfin, il transplane dans le Devon, près de ce lac qu'il a découvert tout à fait par hasard avec Narym il y a une éternité.

La nuit est déjà tombée quand il apparaît. Le froid s'infiltre sous sa cape dont il a oublié de se séparer pour au moins faire semblant de passer pour un moldu. Même s'il fait nuit, sa conscience le pousse à la faire disparaître d'un coup de baguette. Seulement vêtu d'une chemise et d'un pantalon, avec une écharpe autour du cou, Zakary frissonne violemment mais il ne fait rien pour se couvrir davantage. Non pas qu'il ait une envie particulière se faire souffrir, mais le seul vêtement un tant soit peu moldu dont il parvient à visualiser l'emplacement exact se trouve dans le salon de sa maison, où doit également se trouver Lounis. Déjà qu'il ne rentrera pas à l'heure, hors de question qu'il pousse le bouchon en faisant disparaître sans raison sa veste.

Inspirant profondément, Zakary ferme les yeux pour ne plus voir la lune se refléter sur la surface du lac. Le silence apaise la sensation d'étouffement qu'il ressent depuis le matin. Il commence seulement à se détendre lorsqu'un bruit attire son attention. Un clapotis dans l'eau. Ce n'est pas une simple vague qui lèche un peu violemment les abords du lac. Alerte, Zakary ouvre les yeux et fouille l’obscurité. Légèrement en contrebas, le lac s'étire sur plusieurs centaines de mètres. La rive de l'autre côté est totalement plongée dans le noir. Le bruit recommence, quelque part sur la droite.

Le sorcier plisse les yeux et son coeur bondit quand il croit apercevoir une silhouette au bord du lac. Oui, une silhouette qui avance dans l'eau. Des frissons picorent la peau de Zakary à la simple idée du froid qui doit à présent tenailler cette personne — mais qu'est-ce qui lui prend ? À cette heure de la soirée ? Les moldus sont inconscients ! songe-t-il avec inquiétude.

Le coeur battant, il fait quelques pas dans l'herbe avant de s'immobiliser. Ce n'est peut-être qu'un bain de minuit, une envie passagère... Zakary s'accroupit, une main sur le sol pour garder l'équilibre, et se positionne de sorte d'avoir une meilleure vue de la scène qui se déroule sous ses yeux. S'il s'avère que l'idiot ou l'idiote qui veut se baigner en Angleterre un soir d'hiver ne supporte pas le choc du froid, il agira en conséquence. Mais pour le moment, il préfère rester discret : qui que ce soit, cette personne a certainement envie d'être seule, sinon elle serait venue en compagnie — comme lui. Autant ne pas leur imposer à tous les deux une présence malvenue.

Oserais-je ?

26 janv. 2025, 19:01
 PNJ   Libre   Devon  Le lac des trente ans
A la seconde même où Niall avait plongé la tête la première dans le lac, il l'avait regretté. Ensuite, le froid avait anesthésié ses pensées et le regret était déjà bien loin. La bulle autour de sa tête lui permettait de respirer dans l'eau et de profiter — ou ce qu'il croyait — de chaque parcelle de son corps qui se contractait. Ses abdos contractés sous le choc du froid lui criaient de remonter, mais il luttait, tout autant qu'il avait lutté lorsque son professeur à Poudlard le lui avait ordonné. Travailler son instinct qu'il disait, dans toute situation, tout environnement. En signant ce contrat oral, jamais l'ancien Serdaigle n'avait pensé qu'il serait allé si loin. Jamais il n'avait pensé que le froid de l'eau pouvait l'aider à gérer son calme, ses émotions et sa magie. Alors ce soir, sous l'eau, il avait fermé les yeux comme il y a des années qu'il ne s'était plus prêté à l'exercice, et s'était concentré. D'abord, arrêter la raideur du corps causée par le froid de l'eau, puis reprendre une respiration normale. Aujourd'hui, il avait ce sort de têtenbulle qui l'aidait, mais lorsqu'il avait seize ans, c'était sa respiration qu'il avait dû apprendre à contrôler. Aujourd'hui, il comprenait que l'enseignement avait servi car tout revenait comme si rien ne l'avait quitté. Son corps s'était détendu et voilà qu'il pouvait remonter à la surface qu'il n'avait pas remarqué avoir quittée si longtemps. Trois minutes ? Cinq tout au plus ? Même pour un sorcier, l'hypothermie n'était jamais loin dans un lac anglais.

A peine sa tête sortie de l'eau, Niall avait agité sa baguette pour mettre fin au sortilège dont il n'avait plus besoin. Son corps était suffisamment frigorifié et même s'il se trouvait encore dans cet état second, se réchauffer était nécessaire. Attendant de sortir complètement, il marcha douloureusement sur les petits cailloux qui se plantaient dans ses pieds mouillés et l'obligea à sautiller une fois, deux fois, jusqu'à ce que son corps s'arrêta net. Immobile sur ces mêmes cailloux qui le blessaient plus tôt, à cet instant précis, il ne ressentait plus rien. Son instinct s'était activé, sa tête s'était relevée vers la source du problème et son corps restait en alerte, baguette toujours en main. Il fronça les yeux pour y voir plus clair, pour distinguer ce qui se détachait du paysage qui n'était pas là cinq minutes avant sa baignade et remarqua un homme. Ou une femme ? Non, non, c'était bien un homme. La position du corps, même accroupie, trahissait de la morphologie masculine, il en était sûr. Mais était-ce l'Irlandais qu'il fixait ainsi ? Dans un mouvement de panique, Niall se rappela qu'il était en boxer, et même si la faible luminosité pouvait l'aider à ne pas être totalement visible, il ne put s'empêcher de couvrir cette partie de son corps à l'aide de ses deux mains.

Le geste lui avait rappelé qu'il ne s'était toujours pas séché et voilà qu'il se mettait à grelotter. Il avait presque oublié que son corps demandait à être réchauffé. Toutefois, une question demeurait bien trop importante dans son esprit : sorcier ou pas sorcier ? L'homme — étrangement immobile et quelque peu flippant d'espionner ainsi les gens — n'avait malheureusement aucune baguette en main qui l'aurait aidé à se décider sur la réponse. Le claquement de dents qui s'accentuait de seconde en seconde l'empêchait de réfléchir correctement et d'analyser ce qui aurait pu être évident à la vue de tous, s'il n'avait pas si froid. Son instinct s'était apaisé et ne craignait plus tellement cette silhouette qui s'était invitée dans son décor, mais n'ayant toujours pas de réponse sur l'identité de l'homme, il avait simplement rejoint ses vêtements et s'était accroupi pour se les enfiler, trempé. Hors de question de prendre une quelconque risque en utilisant sa baguette. Tant pis, il s'habillerait au plus vite, partirait dans un coin et transplanerait chez lui pour se sécher. En attendant, ses satanées chaussettes étaient difficilement enfilables.

Ose, très chère, ose ! :D

26 janv. 2025, 20:15
 PNJ   Libre   Devon  Le lac des trente ans
La silhouette disparaît, avalée par l'eau noire du lac. Au bout de la première minute, Zakary commence à se questionner. À la seconde, la panique arrive. À la troisième minute, il se redresse pour fouiller le lac du regard. À la quatrième, il ne peut pas s'empêcher de lancer, anxieux à l'idée d'assister à un suicide alors qu'il avait seulement l'intention de se changer les idées :

« Oh merde, non, non, non.... Eh ? Vous... Vous êtes là ? »

Et de se sentir parfaitement idiot quand seul le silence lui répond. Une minute de plus et il aurait sauté tout habillé dans le lac pour extirper la personne de l'eau glaciale et lui aurait donné tous les soins possibles à donner à un moldu avant de le déposer sur le perron d'un hôpital.

Il a déjà toute la scène en tête, si bien qu'il est un peu choqué quand la personne crève enfin la surface du lac. Les épaules de Zakary se relâchent sous le soulagement... avant de se raidir de surprise quand sous ses yeux ébahis un bras se lève hors de l'eau et... Oh, Morgane, il avait une bulle ! Zakary camoufle un sourire hilare derrière sa main, même si personne ne peut l'apercevoir, toute angoisse disparue maintenant que les pièces du puzzle s'assemblent : un sorcier avec un sortilège de Têtenbulle, évidemment !

Que le hasard lui fasse rencontrer un sorcier dans un endroit aussi éloigné des cités magiques est déconcertant, mais Zakary n'est pas homme à se préoccuper de ce genre de choses. Soulagé et très amusé par l'incongruité de toute cette situation, il se contente d'observer le manège de l'autre. Un homme, oui, impossible d'en douter à présent qu'il avance hors de l'eau et que le regard de Zakary dévale le long de son dos étroit. Son boxer noir moule tout ce qu'il y a à mouler, même à cette distance c'est visible, et s'il n'avait pas été chamboulé par tout ce qui vient d'arriver, Zakary aurait certainement esquissé un sourire à cette vision.

Il se fige totalement quand l'autre s'immobilise et se tourne dans sa direction. Tout à coup, Zakary se trouve très bête et fort impoli : de quoi cela a-t-il l'air, lui qui observe camouflé dans l'obscurité un homme à moitié nu sortir d'un lac ? La gêne lui chauffe le cou, non pas d'avoir assisté à cette scène (bien qu'il pourrait se trouver honteux d'avoir baissé les yeux vers le boxeur alors que l'autre y plaçait vraisemblablement les mains pour lui éviter de regarder dans cette direction), mais d'avoir pu paraître impoli, voire intrusif alors qu'il se trouvait simplement là par hasard.

Voyant l'homme se diriger vers ses affaires avec précipitation pour enfiler ses vêtements, Zakary se secoue et se dirige vers lui.

« Pardon ! lui lance-t-il, sa voix comme amplifiée par le silence de la nuit. Je m'attendais pas à voir quelqu'un et... »

Il dégaine sa baguette magique et sèche l'autre homme d'un sortilège.

« Vous allez choper la mort, » souffle-t-il avec un sourire d'excuse. Puis il hausse les épaules et désigne sa fidèle compagne : « Vous deviez vous demander si j'étais un moldu alors... » Il grimace, avant d'afficher un sourire penaud. « Alors voilà, autant ne pas faire semblant. »

Et s'il y avait eu une cinquième minute ?
Reducio
À la cinquième minute, la panique envahit Zakary. S'il n'est pas prompt à céder facilement au stress ou à l'angoisse, quand il voit une personne plonger dans un lac et que celle-ci ne réapparaît pas à la surface au bout d'un moment, oui, il va commencer à paniquer. Déjà il s'en veut d'avoir laissé tant de temps passer. Pourquoi n'a-t-il pas agit directement ? Pourquoi avoir attendu si longtemps ?! Ces questions s'envolent, emportées par la panique et par le mouvement que fait Zakary pour se jeter en direction du lac.

Un peu bêtement, il entreprend d'ôter sa chemise, comme s'il n'y avait que cela d'important pour le moment, de ne pas mouiller sa chemise. Il fait sauter un ou deux boutons dans le processus, mais n'y pense même pas. Il jette le vêtement par terre, fait valser ses chaussures et pénètre déjà dans le lac sans avoir la moindre pensée pour son pantalon qui, pourtant, l'entravera beaucoup plus qu'une simple chemise une fois qu'il sera dans l'eau. Mais quand on panique, on ne réfléchit pas. Et Zakary sent son coeur lui échapper, il bat follement, trop fort, trop vite, et ses lèvres balbutient :

« Non, non, non ! »

Mais personne n'est là pour l'écouter.

« Non, non, non... Eh ? Eh vous êtes où ? Vous êtes o... »

La fin de la phrase est avalée par l'eau qui s'engouffre dans sa bouche. Zakary feule de surprise quand le froid glacial s'empare de lui, tétanisant ses muscles. Mais il a un objectif et le voilà déjà qui agite les bras dans un simulacre de crawl en direction de l'endroit où paraît avoir disparu l'autre. Zakary n'est pas un bon nageur, aussi son crawl est-il parfaitement mauvais, sa tête toujours hors de l'eau, ses bras qui s'abattent sur l'eau sans aucune grâce. Mais il avance. Il avance et glapit soudainement quand son corps butte contre un autre.

Instinctivement, ses bras s'agrippent au moldu. Un autour de son torse, l'autre essayant de s'enrouler autour de son cou pour lui sortir le visage de l'eau. Il se rend compte après une seconde d'effort qu'il est en train de hurler, lui, Zakary Bristyle, de hurler sous l'effet de la peur :

« Je vous tiens ! Je vous tiens, arrêtez de... Je vous tiens, je suis là ! »

Bon, pardon, je me suis emballée !

26 janv. 2025, 21:13
 PNJ   Libre   Devon  Le lac des trente ans
Alors qu'une première chaussette venait d'être enfilée, Niall avait posé sa baguette au sol, soufflé sur ses deux mains jointes pour espérer les chauffer et les avait plaquées contre son pied gelé. La tentative de procuration de chaleur était vaine, il valait mieux faire au plus vite plutôt que de tenter l'impossible et perdre du temps. Son souffle était bien trop froid pour réchauffer quoi que ce soit. Et alors qu'il s'était lancé dans la pose de la seconde chaussette, maudissant intérieurement la petite voix qui lui avait dit de venir se baigner ici le soir, une voix était parvenue jusqu'à lui. A en juger l'écho et la distance, celle-ci ne pouvait appartenir qu'à l'homme accroupi plus loin. Aussitôt, le libraire s'était raidi. Il n'avait pas pensé qu'il serait rejoint aussi vite et avait levé les yeux au ciel, maudissant cette fois sa lenteur à la tâche de l'habillage.

Un pardon ? Oui, il avait bien entendu. Intrigué, il avait tendu l'oreille vers la voix qui s'approchait, au cas où l'homme aurait besoin d'aide. Ses réflexes étaient coriaces, son besoin d'aide passait avant tout. S'il lui avait hurlé de l'aider, Niall aurait pu se jeter une nouvelle fois dans le lac. Fort heureusement, ce n'était pas le cas et lorsqu'il vit l'inconnu brandir sa baguette, il n'eut même pas le temps de récupérer la sienne que voilà qu'il était déjà sec. Il aurait certes perdu à un duel de rapidité, mais à cet instant, cela lui était bien égal. Son corps entier s'était relâché, la vague de chaleur avait parcouru le moindre centimètre de peau refroidie par le lac et l'air ambiant et même ses pensées se détendaient. Plus calmes, moins alertes, moins tournées vers l'urgence et le besoin de partir. Dans cette situation plus détendue, il réussit à souffler un « Merci ! » au sorcier qui se trouvait devant lui et put l'écouter sans peine.

La remarque et la baguette brandie face à Niall lui décrochèrent un rire qui mit fin à tous ses questionnements. Pas de danger, pas de moldu et de la chaleur. Enfin.

— En effet, j'ai bien cru que j'allais mourir de froid pour protéger le Secret !, plaisanta-t-il en se relevant pour être à sa taille. Pour ma défense, vous n'étiez pas là trois minutes avant de plonger. Je n'avais pas tout anticipé.

Evidemment, s'il avait eu plus chaud, ses neurones auraient conclu plus rapidement que seul un sorcier pouvait se trouver là, au bord du lac, en l'espace de trois minutes ; d'autant plus qu'il avait lui-même fait tout le chemin à pied, s'assurant que personne ne se trouvait derrière lui. Il avait encore du travail à faire sur sa rapidité de réflexion, et cela l'irritait quelque peu.

Puis, se rendant soudainement compte qu'il était toujours en boxer et que cette fois, la chaleur du sortilège lancé l'avait empêché de poursuivre l'habillage, il s'était aussitôt penché pour attraper son pantalon, se recroquevillant pour ne rien laisser paraître.

— Pardon !, s'excusa-t-il en enfilant rapidement le jean posé au sol. Il tira sur la ceinture pour se laisser plus de place et entrer sans trop de mal, et fit plonger ses jambes à l'intérieur.

Il grimaça lorsque, lors du léger saut qu'il fit pour rentrer plus rapidement dans son pantalon, il constata que son pied sans chaussette saignait. Le relevant alors vers lui, il accusa silencieusement les rochers du bord de l'eau qu'il n'avait pas sentis s'enfoncer dans son pied plus tôt, le froid l'ayant anesthésié. Ce n'était pas grand chose, il nettoierait plus tard. Il avait assez perdu de temps presque nu devant l'inconnu. Il enfila alors la dernière chaussette, ainsi que son t-shirt et son pull.

Je vous assure que normalement, je sais ce que je fais, se justifia-t-il, bien conscient du tableau bien laid qu'il avait dû et continuait de présenter au sorcier. Ce n'était pas dans ses habitudes. Même cette rencontre n'adoptait aucune convenance à laquelle il aurait pu se préparer un jour.

27 janv. 2025, 10:34
 PNJ   Libre   Devon  Le lac des trente ans
Zakary sent une appréhension qu'il n'avait pas conscience de ressentir s'envoler lorsque l'homme prend la parole et le remercie : il a craint rencontrer une mine en colère ou devoir essuyer de froids reproches, mais finalement le malheureux ne semble pas avoir envie de se disputer avec lui. Et cela suffit à faire sourire à Zakary, malgré le froid qui le fait frissonner.

Sourire qui se transforme en éclat de rire impromptu lorsque ses yeux dégringolent, suite à la précipitation de l'autre à vouloir remettre son pantalon, sur ses jambes nues.

« Oh, ne vous en faites pas, réplique Zakary, son sourire s'agrandissant, je n'en suis pas à ma première paire de jambes. »

Sur cette remarque osée que sa politesse n'a su retenir, il retrouve un semblant de raison en retenant la seconde réplique qui lui vient quand il s'aperçoit que l'homme fait tout pour cacher ce qui l'est déjà par son boxer. Les dents plantées dans sa lèvre inférieure pour ne pas rire (il détesterait laisser croire à l'autre qu'il se moque alors qu'il est seulement amusé), Zakary consent à se détourner pour laisser à l'homme son intimidé. Taquin, peut-être, mais il sait se contenir quand il est en compagnie d'un inconnu, préférant se taire que risquer de le blesser ou le vexer. Il se contente donc d'observer la lune le temps que pantalon et chaussettes soient enfilés. Ce n'est qu'une fois qu'il est sûr que le corps du brun est vêtu qu'il se tourne de nouveau vers lui.

« Je ne doute pas une seule seconde que vous savez ce que vous faites en temps normal, commente-t-il d'une voix amusée. Mais votre... »

Comment qualifier la folie qui vient d'avoir lieu ? Zakary tourne un regard perplexe vers le lac avant d'en revenir au sorcier.

« Votre "baignade" vous a peut-être un peu perturbé, ce qui serait tout à fait compréhensible. Ça a dû être horriblement froid ! »

Tout de même... Se baigner en plein hiver, c'est une étrange activité. Zakary ne porte aucun jugement sur les agissements de l'autre, mais il trouve cela étonnant, cette baignade. Au fond de lui, il ne peut s'empêcher de se demander si ce n'était vraiment que cela, une baignade, un bain de minuit avant l'heure, ou si ça cachait autre chose de moins joyeux. En général ce genre d'action incohérentes, surtout chez les jeunes hommes, fait suite à un défi lancé entre amis ou quelque chose dans le même goût. Ce n'est pas quelque chose que l'on fait seul, un soir de semaine, à cette heure de la journée. Mais peut-être qu'il s'agit d'une façon de se détendre, de passer le temps ? Zakary serait bien déplacé d'émettre le moindre jugement, lui qui vient de transplaner dans pas moins de trois lieux différents pour éviter de rentrer chez lui, et ce, un soir de semaine.

« Quelle idée de..., » commence-t-il avant de se reprendre.

Il fronce légèrement les sourcils, puis il désigne le lac du pouce, le regard inquisiteur.

« Pourquoi vous... ? Pardon, je suis du genre direct, mais un lac en plein hiver ? » Un rire secoue son grand corps. « C'est pour la circulation du sang, c'est ça ? Ou... Ou j'en sais rien, ça a peut-être d'autres bienfaits qui me sont inconnus... » Avant d'ajouter, la mine faussement sérieusement : « Vous croyez que je devrais m'y mettre également ? »

29 janv. 2025, 12:01
 PNJ   Libre   Devon  Le lac des trente ans
Niall se doutait bien que la remarque du sorcier se voulait rassurante, mais la rougeur sur ses joues témoignaient de la gêne ressentie face à cette situation. En mettant le doigt dessus, on accentuait le fait qu'il était peut-être idiot de se gêner si facilement, mais la pudeur était si ancrée en lui que même une heure dans l'eau froide n'y aurait rien changé. Il avait alors souri pour le remercier ou peut-être pour rire avec lui de la situation ; un mécanisme de défense bien ancré également.

Une fois le pull en place, l'Irlandais sentait qu'il pouvait se concentrer davantage et plus efficacement sur son interlocuteur. Il fallait l'avouer, il était plutôt amusé d'entendre — car lire sur le visage serait un bien grand mot avec cette faible luminosité — que l'exercice de se retrouver dans l'eau gelée paraissait si horrifiant. Il est vrai que la première fois que son professeur lui en avait parlé, il avait d'abord cru à une blague, mais après quelques essais, il y avait vu un certain intérêt. En entendant cet homme décrire son activité, Niall sentait l'hésitation, le doute, le questionnement — tout à fait légitimes — et cela l'amusait. Il restait toutefois silencieux, appréciant d'écouter la réflexion de celui qui, de toute évidence, cherchait davantage à le comprendre qu'à le juger et celui lui faisait plaisir. L'Irlandais aimait les gens curieux et celui-ci semblait l'être au vues des propositions énoncées des bienfaits d'une telle baignade.

Et même s'il était évident que cet homme était curieux, sa dernière question laissa Niall quelque peu pantois. Alors que ses mains venait d'attraper une de ses chaussures, il s'était arrêté net dans son élan, relevant la tête vers son interlocuteur. Les sourcils froncés, il cherchait à l'analyser, à trouver la pointe d'humour qu'il n'était pas sûr d'avoir saisie, ou au contraire — et il ne savait pas quoi en penser — y trouver du sérieux. Ne trouvant pas d'indice, il s'était relevé puis avait légèrement incliné la tête, pour signaler son intérêt piqué. Pour lui, seuls les adolescents se prennent au jeu d'une telle activité, de plus inconnue, avec un parfait étranger. Et encore, il n'était pas sûr qu'à seize ans, il aurait accepté si on ne lui avait pas ordonné. Mais cet homme, cet inconnu semblait intéressé. Avant de plonger la tête la première dans l'idée qui ferait forcément plaisir à Niall, il fallait tester le sérieux d'une telle proposition.

— Euh... Je ne sais pas si... Vous plaisantez ?, demanda-t-il en redressant ses épaules. Parce que comme vous l'avez dit, elle est très froide..

Niall observait attentivement et du mieux qu'il le pouvait les expressions de son visage, à la recherche du moindre indice qui lui indiquerait de mettre un terme à cette conversation.

— A vous de voir, mais comme dirait mon professeur de l'époque, "un bon sorcier ne l'est que s'il accepte les situations inconfortables". Je crois que c'était mieux dit, mais vous voyez l'idée. Si vous y allez, je vous explique volontiers pourquoi je le fais, termina-t-il avec un petit sourire de défi en coin et en reposant sa chaussure au sol. Il n'était pas sûr de le rejoindre si l'homme se mettait à l'eau, il fallait dire qu'il n'avait jamais enseigné cette activité là à qui que ce soit et ne savait donc pas ce qui serait le mieux à faire. Intérieurement, il haussait presque les épaules. Il verrait bien sur le moment.

A Magifac, Niall avait connu un homme qui l'avait poussé à oser. Il avait souvent refusé, jugeant l'inconfort et l'inconnu comme dangereux, aujourd'hui, et spécialement en ce dix-sept janvier, il sentait que les choses avaient changé. Lui aussi devenait celui qui invité les autres à oser, à sortir de leur zone de confort. Peut-être que l'expérience ne se renouvellerait pas, peut-être qu'il ne reverrait plus jamais l'homme qu'il avait en face de lui, alors autant offrir la vision d'un Niall qu'il n'était pas souvent ; un Niall qui fêtait ses trente ans et qui espérait que les choses changent.

Allez, à l'eau, moussaillon !

30 janv. 2025, 14:11
 PNJ   Libre   Devon  Le lac des trente ans
La tête qui se penche sur le côté, le regard qui hésite, cette question balbutiée sur un ton plus qu'ahuri... Oui, il le pense sincèrement sérieux. Zakary arrondit les yeux, prêt à avouer dans un grand éclat de rire qu'il était loin de l'être — Merlin, il pensait que cela était évident. Mais à croire que ce qui l'est pour lui ou pour toute personne le connaissant un minimum ne l'est pas pour un inconnu rencontré au bord d'un lac. Puisque l'autre reprend la parole, Zakary pince les lèvres, se grime une mine tout aussi faussement sérieuse qu'un instant plus tôt et l'écoute sagement, hochant la tête d'un air intéressé.

Et puis finalement, il n'y tient plus. Un éclat de rire s'échappe de sa bouche, comme un rugissement, un rire comme une tempête.

« Je n'étais pas... Je n'étais pas..., » rit-il en secouant la tête.

Il reprend son souffle avec effort avant de se calmer soudainement. Fronçant les sourcils, il se tourne en direction du lac. L'eau clapote dans le silence de la nuit et la lune se reflète sur sa surface apaisée. Des dizaines de fragments blanchâtres valsent au rythme des vaguelettes. Zakary lance un regard inquisiteur à l'homme. Vient-il de lui lancer un défi ? Oui, entre deux réflexions intelligentes il vient de lui lancer un défi, ce petit sourire en coin qu'il a en est la preuve. Le temps d'un battement de cœur, Zakary sent le doute s'immiscer dans son esprit. Se pourrait-il que... Non. Il balaye ses pensées avec aisance.

Il se contente d'un sourire franc.

« Je n'avais absolument pas l'intention d'y aller, avoue-t-il en gratifiant l'homme d'une œillade désolée, désolée qu'il se soit si facilement laissé avoir. Et vous... Vous venez de défier un inconnu rencontré au bord d'un lac ! Vous deviez être à Serpentard pour oser me proposer un tel marché ! »

Malgré ses paroles, le ton de Zakary reste amusé et son regard n'exprime pas la moindre colère. Il n'avait effectivement aucune intention de se mettre à l'eau. Déjà parce qu'il n'aime pas particulièrement souffrir et que l'idée de plonger son corps dans de l'eau glaciale le rebute au plus haut point, mais également parce que jusqu'ici sa présence, leur discussion n'étaient que des choses éphémères et brèves, destinées à ne pas durer. Mais maintenant que l'homme lui a fait cette drôle de proposition, Zakary hésite.
Non. Bien sûr que non.
Il n'hésite pas. L'autre avait déjà terminé de lui lancer son défi que la décision de Zakary était prise.

Il fait mine d'hésiter une fraction de seconde. Rien qu'une fraction de seconde avant d'afficher un sourire resplendissant à l'homme et de commencer à déboutonner sa chemise sans détourner les yeux, à son tour plein de défi.

C'est une idée absolument déraisonnable, songe-t-il en déboutonnant le second bouton, je suis déjà mort de froid, je ne sens plus mes mains et en plus je devrais déjà être rentré à cette heure là. Cette pensée explose dans son esprit avec la force d'un coup de tonnerre. Elle est suivie d'un sentiment qui le glace de l'intérieur. Et qui a décidé qu'il devrait déjà être rentré ? Qui lui a imposé cela ? Jamais, jamais qui que ce soit n'a pu lui imposer une telle rigueur, a commencer par lui-même ! Il peut être là où il a envie d'être et ce soir, il ne veut pas rentrer. Il ne veut pas d'un dîner à deux, il ne veut pas raconter sa journée, il ne veut pas devoir être conciliant pour ne pas faire subir sa mauvaise humeur à l'autre. Merde ! explose-t-il. Je suis libre, je l'ai toujours été.

Et l'idée de l'être ici, au bord de ce lac, avec un total inconnu, alors que la nuit est déjà tombée, cela lui semble la meilleure façon de se prouver à lui-même qu'il l'est toujours, cet homme libre.

Sa chemise s'ouvre sur son torse nu. Pas pudique pour un sou, Zakary termine d'ôter son vêtement en sautillant sur place.

« Je suis déjà mort de froid ! se plaint-il en jetant malgré tout un sourire plus qu'amusé à son compagnon d'un soir. Et pourquoi j'enlève ça alors que je pourrais me sécher d'un coup de baguette ! »

Il glousse en enfilant de nouveau les manches de sa chemise, appréciant cette maigre protection contre le froid hivernal, même les boutons ouverts. À la place, il délasse ses bottes, en équilibre sur un pied, puis sur l'autre, sans cesser de sautiller et de se frictionner les bras dès qu'il le peut.

31 janv. 2025, 11:46
 PNJ   Libre   Devon  Le lac des trente ans
L’écho du rire de l’homme était agressif aux oreilles de l’Irlandais, d’autant plus dans ce silence que seules les plages désertes la nuit ont à offrir. Personne n’aimait être ainsi moqué de sa crédulité, et il lui fallut quelques secondes pour s’en remettre. Qu’une femme rit, se moque, l’insulte, il n’en avait que faire ; qu’un homme le fasse, en revanche, la conséquence était toujours plus grande, et Niall le savait. Mais après tout, cet homme, il ne le connaissait pas, il ne le reverrait peut-être jamais, alors il pouvait — tenter du moins — agir comme s’il n’avait pas été affecté, touché et légèrement humilié. Il n’avait alors pas tenté de se justifier ou de mentir, il espérait simplement que les ombres des arbres finiraient par se poser sur son visage au moment opportun, cachant ainsi la rougeur sur ses joues fraîches.

S’il crut apercevoir une légère expression faciale qui pouvait s’apparenter à une excuse, l’Irlandais n’en était pas certain. Par habitude et expérience, il savait qu’il avait tendance à les inventer pour se rassurer, lorsque celles-ci n’étaient jamais prononcées et cela ne manqua pas. L’homme n’avait donc pas l’intention d’y aller. Les mots étaient un joli rappel au rire qui résonnait encore dans son esprit et aurait aimé avoir le courage de lui demander d’éviter, lui dire qu’il avait bien compris, que son rire en avait assez dit, mais il s’était ravisé, encore.

L’inconnu n’avait pas tort : Niall venait de le défier parce qu’il avait cru apercevoir quelque chose qui l’autorisait à le faire. La mention Serpentard lui décrocha un sourire. Il trouvait l’idée drôle, surtout lorsqu’il pensait aux personnes qu’il avait côtoyées dans cette maison durant sa scolarité. Il en était tout l’inverse, mais si l’homme voulait le penser, étrangement, il n’avait, ce soir, pas envie de le reprendre. Tout comme il n’avait rien dit lorsqu’il avait commencé à comprendre que cet homme s’était finalement pris au défi. Avait-il eu peur de se jeter à l’eau et s’était-il ainsi moqué pour ne pas avouer à un parfait inconnu que la chose lui était impossible ? Niall trouvait la raison plutôt logique — ou espérait la trouver logique car elle annulerait son humiliation vécue plus tôt — et regardait dorénavant le futur plongeur avec un regard nouveau, un regard curieux.

Un regard curieux qui se prolongea d’ailleurs lorsque le premier bouton de la chemise du sorcier fut retiré. Un premier, puis un deuxième et Niall précipita son regard sur celui de l’homme bientôt torse nu. Hors de question de profiter du spectacle, bien que l’homme ne sembla pas pudique, il y avait des règles, et profiter du déboutonnage d’une chemise n’en était pas une. Il déglutit toutefois lorsque la chemise se trouve complètement ouverte. Finalement, son regard n’avait pu s’en empêcher et un rapide et fugace aller-retour visuel s’était mis en marche.

Rappelé par la plainte du sorcier, Niall rit à son tour. Un rire doux qui, lui, ne résonnait pas sur la plage, un rire qui donnait presque envie à son propriétaire d’offrir une porte de sortie à l’inconnu. Presque. Car lorsqu’il avait choisi la solution de facilité en enfilant à nouveau les manches de sa chemise, prétextant que sa baguette pouvait le sauver du froid du lac, Niall avait souri, amusé.

— Petit joueur !, avait lâché l’Irlandais, moqueur, en retirant à nouveau pull, t-shirt et pantalon qui ne pouvait clairement pas le laisser plonger seul. L’inconnu allait forcément finir par le croire réellement sorti de Serpentard, et Niall aussi commençait à se le demander.

Il récupéra sa baguette qu’il n’avait plus besoin de cacher et sourit à l’homme en chemise avec ce même regard de défi.

Le poids de la chemise sous l’eau va vous alourdir et vous gêner, ajouta-t-il alors qu’il s’avançait déjà en direction du lac qu’il avait quitté quelques minutes plus tôt. Il s’était retourné vers l’inconnu qu’il espérait fortement ne pas voir partir, et leva les bras en souriant. Mais c’est vous qui voyez !

Niall était arrivé au bord de l’eau et avait à nouveau senti la légère blessure que le froid de l’eau avait ravivé. D’un coup de baguette, il nettoya la plaie et se rappela de faire attention au retour. Il leva les yeux vers le ciel d’un bleu comme on en voit dans ces nuits américaines et se retourna pour chercher l’homme défié du regard.

31 janv. 2025, 14:31
 PNJ   Libre   Devon  Le lac des trente ans
Zakary, s'immobilise, un pied en l'air et une chaussette dans les mains. Il jette un regard éberlué à l'inconnu sans savoir ce qui le choque le plus : sa réplique moqueuse ou le fait qu'il soit en train de se déshabiller ? Parce que oui, le voilà qui ôte de nouveau chemise et pantalon sous les yeux d'un Zakary figé dont le regard incertain dévale sans pudeur ce corps à la peau claire.

« Mais vous..., » commence--t-il en le regardant s'avancer vers le lac, appréciant le dos qui s'offre à lui — est-ce une ombre sur son omoplate ou un dessin fait d'encre ?

Les bras ballants, le sorcier ne se sent plus maître de la situation. Cela serait mentir que de dire que ça lui déplait. Ses lèvres s'entrouvrent même légèrement quand les pieds de l'autre touchent l'eau, preuve ultime que oui, il compte réellement se baigner avec lui — comme si le corps quasi-nu qui lui fait face n'en était pas une suffisante ! Se retrouver au bord d'un lac en pleine soirée avec un inconnu, c'est une chose. Se retrouver avec lui dans ce même lac en étant presque nu, c'en est une autre. Parce que oui, Zakary a bien compris qu'il l'encourageait à se débarrasser de sa chemise et certainement aussi de son pantalon ; après tout si l'un va l'alourdit dans l'eau, l'autre le fera également.

« Vous aimez vraiment ça, hein ? » lui lance-t-il sans chercher à retenir le sourire long comme une comète qui les étire les lèvres.

L'homme le regarde, planté sur la rive du lac. Il est entièrement tourné vers lui et de nouveau, ce défi illumine son visage. Ainsi positionné, la lune l'illumine parfaitement et lui donne une teinte particulière, presque irréelle.

« Vous peler dans un lac, poursuit-il en se débarrassant de sa chemise d'un mouvement d'épaules. Vous aimez vraiment ça pour y retourner une seconde fois. »

La chemise dégringole par terre. Le regard vissé sur le brun, Zakary entreprend de déboutonner son pantalon et d'en sortir ses jambes déjà transies par le froid. De douloureux frissons lui picorent la peau. C'est désagréable et déjà ses dents commencent à claquer, pourtant Zakary se sent euphorique et profondément joyeux. Une joie qui pétille, une euphorie qui lui réchauffe le ventre. Son sourire ne veut plus quitter ses lèvres. Ses soucis du début de soirée ont disparu. En s'avançant lentement vers le lac, trébuchant sur les cailloux pointus, Zakary décide de les abandonner sur la rive, derrière lui.

Il ravale un cri lorsqu'une vague lèche le bout de ses orteils et sans la moindre honte il glapit au moment où ses pieds pénètrent totalement dans l'eau.

« Par Morgane ! s'écrit-il en se tournant vers le sorcier, désormais à deux mètres de lui. C'est... C'est terriblement froid ! »

Maintenant qu'il est tout proche, Zakary ne peut que remarquer qu'il le dépasse d'une bonne dizaine de centimètres. L'homme a une silhouette plus fine que la sienne, les épaules moins carrées. Zakary remonte les yeux et sourit à son compagnon d'un soir.

« Vous le premier ! lui lance-t-il, joueur, les bras enroulés autour de son ventre, les épaules voûtées pour lutter contre le froid. Montrez-moi comment faire. »

Mais pour lui montrer sa bonne volonté, il s'enfonce d'un demi-mètre dans l'eau. Une grimace lui déforme le visage. Morgane, ce n'est pas simplement froid, c'est glacial !

Son cœur bat profondément dans son corps. Un rythme lent et sourd. Intérieurement, Zakary remercie la vie. Elle a toujours su lui plaire, cette vie, à mettre sur son chemin des petits bonheurs simples, des plaisirs libres. Et voilà qu'elle recommence de nouveau en lui proposant pour se changer les idées une baignade glaciale mais osée, une rencontre impromptue mais bienvenue.