Octobre 2048 ~ M.B Un soutien vagabond

Je suis en retaaard... je sais :'(

La patience était une amie précieuse pour de nombreuses conversations et celle-ci en faisait partie. Et l'angoisse qui semblait transparaître de cette musicalité originale de pieds au plancher et de manipulation de papier-plastique me saisissait de façon flagrante ; la jeune étudiante transpirait la panique comme si elle se retrouvait dans une pièce sans possibilité de s'y échapper et cela me faisait comprendre que je me retrouvais sans aucun doute responsable de cet état : elle n'appréciait pas être face à une figure d'autorité potentielle.

Pourtant, tout ceci n'était guère un mouvement volontaire de ma part, je lui souhaitais surtout lui offrir un sentiment de détente, de décompression, nullement son contraire. 

— Je ne le ferai pas… je ne suis pas un Auror qui cherche à connaître le témoignage d'un crime, rassure-toi... Tout le monde peut avoir ses moments de doute et de timidité ; je suis des premiers à posséder des doutes sur ma démarche d'enseignement. Alors, si je peux t'aider de quelques manières, je le réaliserai. Par exemple, en cours, si tu n'es pas à l'aise pour dire de vive-voix une réponse, je ne t'interrogerai pas, j'attendrai que tu te sentes prête à lever la main pour faire valoir ta voix. Ce n'est pas grave si tu ne souhaites pas.

Je ne dis pas un mot supplémentaire après cette intervention sous le signe du tutoiement… elle était la seule maîtresse de cette discussion ; elle était libre d'y répondre ou de s'en aller. Je ne devais pas forcer les choses et puis, si elle remarquait ce changement langagier, j'en serais content, même si cela ne portait guère à une conversation ouverte. 


Bibliothécaire : 01.09.45 - 28.10.46 |Professeur d'EdM : 29.10.46 - ...|DDM Serpentard : 15.11.49 - 27.08.50

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Attendez quoi ? Avait-elle bien entendu ? Pas possible ! Instantanément ses pieds suspendirent leur mouvement, ses doigts arrêtèrent de maltraiter l'emballage du bonbon, elle releva la tête. Les oreilles grandes ouvertes comme aux aguets pour entendre un bruit difficilement identifiable. Enfin la voix de son professeur était claire comme de l'eau de roche mais la brunette n'en croyait pas ses oreilles. Toute son attention focalisée sur les mots de l'adulte pour déceler un sens caché qui lui prouverait par A + B qu'elle prenait ses rêves pour des réalités et que son esprit lui avait fait entendre ce qu'elle voulait. Mais étrangement plus il développait ses propos plus Marine comprenait la même chose, étrange...

Une autre possibilité s'offrait à elle : son stress l'avait tellement épuisé que justement elle était en train de rêver. Regardant autour d'elle la brunette chercha un signe évident que son esprit l'avait transporté jusque dans un rêve très ressemblant à la réalité de par sa bonne continuité temporelle. Mais rien de tel ne s'offrit à ses yeux. Alors l'adolescente toujours sceptique sonda son professeur du regard prenant toujours soin d'éviter son regard, elle trouva quelqu'un de sérieux alors elle osa prononcer :
- Vous... Vous feriez ça ?
L'espoir grandissant venait illuminer ses prunelles.

Si en Étude des moldus la Gryffonne n'avait pas à craindre la peur de l'échec magique ou non magique d'ailleurs comme grâce à son père elle avait pu développer une culture générale intéressante, prendre la parole restait pour autant un acte demandant bien trop de courage pour que son corps ne laisse échapper le moindre son.
- Mais siii... si ça... Si ça arrivait jamais ? Fit la lionne qui voyait mal comment les choses pourraient suffisamment évoluer pour qu'elle puisse imaginer avoir la dose de courage nécessaire.
Déjà qu'elle avait du mal à imaginer que M.O'Lake puisse la laisser tranquille à l'oral, elle ne pouvait pas admettre que ça puisse être ainsi indéfiniment, il lui restait encore plusieurs années ici, peu de chance qu'il reste aussi indulgent si longtemps songeait-elle.

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L'impact de mes réponses semblait immense sur le coup ; il apportait un espoir renaissant. Ce qui fut très agréable à voir dans la brillance de son regard. J'avais moi-même confiance en cette montée de motivation nouvelle et cela ne pouvait être négligé.

Je continuais de la regarder alors que je prenais rapidement une sucrerie salvatrice. Il n'était pas simple de retirer la cape de professeur dans ce cas de timidité, mais cela restait nécessaire. Plus que tout au monde.

— Bien sûr que je le réaliserai. Si tu as peur du regard des autres, je ne peux pas te forcer à agir. Bien sûr, il y aura — malheureusement — quelques petits travaux de groupes de temps à autres afin de mettre tout le monde en condition de rencontre avec les process moldus, mais je ferai en sorte que tu ne passes pas devant tout le monde. Toi seule peux savoir quand tu te sentiras prête ; je ne peux pas forcer le destin. Et pour un professeur, il est normal de trouver des aménagements pour tous ses élèves. Nous pourrons discuter de la manière dont tu réaliseras tes BUSE et tes ASPIC quand le moment sera venu. Il est toujours possible de trouver un moyen pour que tu ne te sentes pas en difficulté. Enfin, si cela te convient, bien entendu ?

Je restais calme, espérant garder l'illumination de son regard. Nous progressions. Tout ne pouvait pas s'effondrer à cet instant, n'est-ce pas ?


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Alor c'était oui ? Un vrai oui ? Pas celui qu'on dit pour faire plaisir pour rassurer un temps puis qui s'évapore rapidement pour revenir à la dure réalité ? Un vrai oui qui ne s'appliquait pas seulement aux cours où elle ne serait pas interrogée par surprise mais en plus elle pouvait oublier les longues heures d'angoisse avant une intervention orales notée, s'il y aurait toujours l'adulte pour l'angoisser il y avait tout de même plusieurs paires d'yeux en moins et ce n'était pas négligeable. Elle n'en attendait pas autant. La surprise de l'étendue de cette proposition se lisait dans l'expression de la lionne qui s'illumina plus encore alors qu'il était question des BUSEs et des ASPICs. Elle hésita un instant à se pincer émettant un doute sur le fait qu'elle ne rêve pas.

- Oh oui ! Ou, oui ! Bien s, sûr ! Ça me... me va ! Merci ! S'empressa-t-elle de répondre sincèrement de peur que l'adulte ne se rétracte soudainement.
Marine n'était pas encore sortie du bureau de son professeur pourtant voilà que son esprit plus libre de son angoisse comme elle se sentait comprise et accompagnée, celui-ci avait tout le loisir de faire repasser la scène dans sa tête pour s'assurer de bien l'avoir vécu, de bien l'avoir comprise et ressentir à nouveau cette agréable sensation de soulagement, un poids en moins à l'estomac. Si ce n'était qu'un petit pas il avait des répercutions immense sur la charge mentale de l'adolescente.

Est-ce que ça voulait dire qu'elle était libre à présent ? Pouvait-elle partir maintenant que son comportement éteint en cours d'étude des moldus était partiellement expliqué ? Marine ne souhaitait pas aborder les autres raisons qui faisait qu'elle avait souvent l'air maussade pour ce cours et il fallait également l'avouer, si elle n'était plus en véritable crise d'angoisse face à l'adulte elle ne restait pas des plus à l'aise.

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— Ce n'est rien, ne vous en faîtes pas. C'est même normal...

Oui, cela l'était, il fallait être fou pour ne pas permettre à une élève de s'épanouir alors qu'une partie du problème avait été révélée. Je ne pouvais pas la laisser ainsi, dépitée et en panique par peur de l'interrogation.

Alors, voir son visage reprendre des couleurs et ses yeux renaître avec de l'espoir n'avait nullement de prix, ils étaient — au contraire — les plus beaux cadeaux qu'un professeur pouvait recevoir au cours de sa carrière et cela était la raison pour laquelle je me battais pour eux. Les voir entreprendre l'avenir sereinement, sans crainte du lendemain malgré l'avenir incertain.

— Nous sommes ainsi d'accord pour nos futurs modalités, Miss Baylacq. Vous pouvez y aller, Méléagant vous a pris assez de temps comme cela. Reposez-vous bien et n'hésitez pas à venir me voir en cas de problèmes. Je serais là pour vous écoutez.

Un dernier sourire franchit mes lèvres alors que je reprisse lentement le fauteur de troubles dans les mains. Il avait permis à quelqu'un de parler bien qu'à contrecœur aux premiers abords avant de lui permettre de sourire. Il avait vu ce dont j'avais omis un regard. Au final, peut-être que l'animal est plus humain que l'humain lui-même au-delà de son apparence ?

J'attendis son départ avant de poser un regard plus attentif à mon animal de compagnie.

— Merci de ton aide, Méléagant, mais évite quand même de t'endormir sur les élèves.


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Oh que non ! Ce n'était pas rien ! Marine avait très tôt compris que si on n'était pas comme les autres et bien ce n'était pas les autres qui s'adaptaient à vous pour amoindrir vos difficultés c'était à vous de vous épuiser pour porter l'illusion que vous êtes parfaitement comme les autres. Bien sûr la technique de la lionne pour atteindre ce résultat c'était se fondre dans la masse pour justement ne pas avoir à faire face à sa différence et donc paraître normale. Alors voir un professeur prendre en compte ses difficultés sociales et lui proposer un aménagement c'était un coup de pouce énorme, l'adulte ne devait pas s'en rendre compte.

Et voilà un poids en moins sur l'estomac et les épaules avant d'entrer dans cette salle de classe. Bien sûr c'était si peu sur son emploi du temps hebdomadaire, seulement une petite heure mais d'autres choses faisaient que la matière rebutait l'adolescente, ainsi elle voulait croire que cette avancée pourrait la remotiver et faire que cette heure passe plus vite et que les devoirs et révisions liées soient moins pénibles. Non, son professeur ne devait pas se rendre compte que ce si petit geste venait d'entraîner une grande réaction en chaîne.

Ce soulagement devait avoir convaincu le petit reptile que la brunette regarda retrouver son maître. Et voilà, ce pourquoi elle était venue au départ était accompli : le dormeur était de retour chez lui ! Acquiesçant à son professeur plus pour lui faire plaisir que par sincérité, Marine quitta la pièce.
- M... Merci. Bon, bonne soirée professeur.
Se confier à un adulte c'était encore trop en demander à la timide qui continuait de prôner : mes soucis c'est mon problème ! Têtue elle attendait souvent qu'un adulte ou un ami vienne la contraindre à parler mais qu'importe, ce soir en remontant en salle commune la fillette se sentait plus légère sans que cela n'ait changé quoique ce soir sur sa vision de l'adulte malheureusement.

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