Bibbidi-Bobbidi-Boo
Dimanche 7 Novembre 2049,
Vers 11h du matin.
Chez Ollivander.
Avec Domhall O'Belt (@Ennis O'Belt)
Ce matin là, il était arrivé à la boutique vers 8h, bien qu'il soit dans un de ses jours de repos. La grosse commande qu'avait faite Adélaïde Brennen lui prenait tout son temps libre mais il ne s'en plaignait pas : c'était la première fois depuis longtemps qu'il pouvait sculpter et enchanter autant en si peu de temps, et surtout avec des contraintes particulières. Cela rendait l'exercice encore plus amusant et il pouvait se perdre des heures dans ses théories magiques ou ses croquis, à se demander quelle gravure serait la plus jolie et à quel endroit.
Tout s'était plus ou moins bien passé jusqu'à ce qu'il décide vers 10h de commencer à tester quelques sortilèges. Après cela, tout était allé de mal en pire. Tellement qu'à un moment donné, il avait été tellement frustré qu'il aurait pu briser sa baguette en deux s'il n'avait pas eu assez de retenue et d'amour pour l'objet. L'envie de la prendre à deux mains et de sentir le bois craquer sous ses doigts avait été tellement forte que Cinaed l'avait lâché sous le choc avant de s'écrouler sur son tabouret. Il lui avait fallu près de 20 minutes pour calmer la crise de nerfs qui montait dans sa poitrine. Le pire avec les gens qui n'arrivent pas à comprendre leurs émotions, c'est qu'ils ne savent pas les gérer. Être heureux ou fatigué, il connaissait suffisamment pour savoir quoi faire mais la rage, il n'avait jamais su s'en occuper. Pour la première fois depuis longtemps il s'était senti totalement impuissant, comme si une partie de lui était en train de mourir.
C'était parti d'un constat tout simple : il n'arrivait pas à lancer de bons sortilèges, quelque chose clochait. C'était comme essayer de manger un yaourt avec une fourchette : il avait un outil mais la nette sensation que ce n'était pas le bon. Ces derniers temps, il avait globalement ignoré la sensation de perdre le contact avec sa baguette, comme si elle devenait de plus étrangère à sa main. Cependant, tout à l'heure, il avait senti au plus profond de lui qu'elle n'avait plus sa place entre ses doigts. Il en avait pleuré, pour la première fois depuis très longtemps. Il avait déjà lancé des sorts - ou tenté de le faire - avec une baguette qui n'était pas la sienne, le plus souvent en piquant celle d'Ewan qui était assez facile à manier et il se souvenait bien de la sensation : pour lui, c'était comme utilisé un membre qui n'était pas le sien. Evidemment, ça fonctionnait un minimum, mais il manquait quelque chose de crucial : une connexion qui avait existé pendant des années et qui avait commencé à s'amoindrir petit à petit. Bêtement, il avait cru que c'était parce que sa baguette n'appréciait pas quelque chose. Peut-être qu'il l'utilisait trop, ou peut-être qu'elle commençait à s'ennuyer. Il s'était dit que ça passerait.
En s'arrêtant devant la boutique, il observa les longues vitres. Il n'avait pratiquement jamais passé la porte de cette boutique depuis ses onze ans. Il y allait quelques fois, peut-être tous les dix ans pour récupérer de quoi entretenir sa baguette, car il était hors de question qu'il laisse quelqu'un d'autre le faire pour lui, mais à part ça il passait toujours devant Chez Ollivander sans daigner accorder un seul regard à la porte. Et maintenant, il se tenait bêtement devant, se sentant totalement nu. Pire encore, il se sentait l'âme d'un imposteur, comme si la baguette qu'il avait glissée dans son étui n'était pas la sienne. Comme s'il transportait un bout de bois quelconque qui, en plus, n'avait aucune envie de rester avec lui. Ca faisait mal, une douleur sourde quelque part au milieu de ses poumons. Il avait l'impression d'avoir perdu sa meilleure amie, son acolyte de toujours. Pire encore, il savait qu'il avait commencé à la perdre il y a bien longtemps mais qu'il n'y avait juste pas fait attention. Et s'il ne faisait pas attention à un lien qui s'effilochait avec sa baguette, qu'est-ce que ça pourrait vouloir dire de ses autres relations ?
Il était toujours parti du principe que sa vie se baserait sur 3 choses simples : Ewan, sa baguette et son art. Maintenant, il s'interrogeait : avait-il posé les fondements de tout son être sur des choses bancales qui pouvaient s'effriter à tout moment ? Ewan déciderait il un jour de partir ? Et son art ? Est-ce qu'un jour il se réveillerait en se sentant morose à l'idée de sculpter ? Que pourrait-il faire à ce moment là ? Beaucoup diraient que ce n'était qu'une baguette, mais la connexion qui se rompait petit à petit ébranlait même le plus important des fondements chez Cinaed. Ca n'avait pas été un simple bâton de bois au cœur de crin de licorne, ça avait été son outil de travail, sa confidente, sa lumière dans la vie. Il frissonna et passa le pas de la porte, laissant l'air enfermé de la boutique s'enrouler autour de lui. Il ne venait pas souvent ici mais il ne pourrait jamais oublier la sensation de rentrer dans cette boutique. A chaque fois, il se sentait à nouveau comme un petit sorcier de 11 ans à peine. La boutique sentait comme un grenier rempli de souvenir et malgré le fait qu'elle soit petite en apparence, il avait l'impression qu'elle s'étendait à l'infini avec toutes les étagères qu'il pouvait voir derrière le comptoir.
Il sortit sa baguette de son étui et avec un pincement au cœur, en détacha le manche qu'il avait sculpté spécialement pour elle. Ca avait été une de ses premières œuvres personnelles : pas une pour son école, et pas une à vendre ou à offrir. Une œuvre rien qu'à lui. Il ne l'avait jamais changé depuis, malgré les années qui commençaient à marquer le bois et bien que la pièce n'ai jamais été proche de la perfection. C'était un travail d'amateur mais c'était un objet tellement important pour lui, tellement personnel, qu'il n'avait jamais osé y toucher. Il avala sa salive, essayant de retenir ses émotions qui semblaient émaner de lui en vagues désordonnées. Il n'avait jamais ressenti quelque chose comme ça : il avait toujours été plus ou moins détaché face aux pertes. Pourquoi réagissait il si mal ?
A bien y réfléchir, il aurait dû s'en douter en plus. Il se souvenait de la voix du sorcier qui lui avait donné sa baguette. A l'époque, il ne devait pas avoir plus de 40 ans mais depuis il avait bien vieilli. Ses mots avaient été simples : une baguette bonne pour les sortilèges de protection et de défense qui convenait aux sorciers à l'esprit clair et au cœur pur. A l'époque, peut-être qu'il avait été tout ça. A onze ans il ne se souciait que de recevoir assez de cadeaux à Noël pour se la péter devant Ewan. Il n'avait aucune idée de quoi faire de sa vie, mais ce n'était pas grave : sa tête était pratiquement vide de tout questionnement.
Un esprit clair, il semblerait bien. Depuis tout avait bien changé et maintenant sa tête était remplie de questions bien qu'il n'y fasse jamais allusion. La plupart du temps il essayait de les ignorer mais elles étaient toujours là. Il se demandait comment il se sentait, comment les autres le faisaient, s'il était suffisamment bon. Sa tête était remplie de sentiments contradictoires et de dizaines d'heures à se demander exactement pourquoi il les ressentait comme il le faisait. Si, malgré les soucis, il ressentait réellement quelque chose. Quant au cœur pur, c'était raté. Il était devenu bien trop égoïste pour que quiconque puisse lui dire ça. Ca lui avait toujours été égal : il aimait avoir ce qu'il voulait et il n'arrivait de toute façon pas à comprendre le mal qu'il faisait aux gens. C'était facile d'ignorer tout ça, alors. Avait-il tant changé depuis son enfance pour que sa baguette ne veuille même plus le reconnaître ? Il sentait qu'il y avait encore une connexion, mais elle était si fine qu'il avait l'impression de pouvoir la briser au prochain sortilège. Peut-être, finalement, aurait-il dû se contenter de briser le bois comme il l'avait voulu dans son excès de rage. Il n'aurait pas eu à se poser toutes ces questions idiotes et sans réponses.
Il finit par lever les yeux vers le sorcier derrière le comptoir et redressa le dos pour faire bonne figure. C'était bon, ce n'était plus sa baguette. C'était juste UNE baguette. Il ressortirait d'ici avec une nouvelle baguette et tout irait bien, il pourrait retrouver une connexion. Peut-être la même : et si la baguette ressemblait suffisamment à sa vieille amie, il pourrait oublier toute cette histoire. Faire comme si rien n'avait existé. Pour une rare fois, il força un sourire sur son visage. C'était une chose qu'il ne faisait jamais parce qu'il n'en avait jamais vu l'utilité pour les autres. Aujourd'hui, le sourire penché et clairement faux ne lui était utile qu'à lui : un moyen de se cacher à lui-même la catastrophe dans sa tête.
Bonjour ! hurla t-il presque au visage d'un des frères O'Belt qu'il avait vu quelques fois au club de duel. Dans ses bons jours, il aurait fait une blague sur le nombre de rejetons O'Belt qu'il croisait mais aujourd'hui n'était pas un bon jour alors il posa simplement doucement sa baguette sur le comptoir. Il avala difficilement sa salive et se força à la quitter des yeux. Alors, O'Belt ! Je suis sûr que vous pouvez m'aider, voyez vous... J'ai un petit souci. Rien de bien important mais... eh bien... Il prit une inspiration Ma baguette n'en fait qu'à sa tête. Elle ne me répond plus vraiment, c'est.. c'est un peu comme si... Ce n'était plus ma baguette, vous voyez. Il poussa un peu le morceau de bois vers l'autre et décida de changer de sujet tout aussi sec. Ah et j'aimerais du matériel pour entretenir ma baguette ! Enfin... Enfin si une nouvelle baguette me choisit bien sûr. La même peur que quand il avait 11 ans refit surface : Et si aucune baguette ne voulait de lui ? Serait-il toujours un vrai sorcier ? C'était débile, il le savait mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Vous seriez libre pour quelques essais ? Parce que vous voyez, je travaille avec ma baguette, je lance beaucoup de sortilèges et actuellement j'ai une grosse commande à la boutique, une canne à enchanter en premier, puis un vaisselier... Ah et une bague aussi ! Alors voyez vous je ne peux pas me permettre de passer des jours sans une baguette... Opérationnelle.
Présence normale - Tutoyez moi !
Vers 11h du matin.
Chez Ollivander.
Avec Domhall O'Belt (@Ennis O'Belt)
Ce matin là, il était arrivé à la boutique vers 8h, bien qu'il soit dans un de ses jours de repos. La grosse commande qu'avait faite Adélaïde Brennen lui prenait tout son temps libre mais il ne s'en plaignait pas : c'était la première fois depuis longtemps qu'il pouvait sculpter et enchanter autant en si peu de temps, et surtout avec des contraintes particulières. Cela rendait l'exercice encore plus amusant et il pouvait se perdre des heures dans ses théories magiques ou ses croquis, à se demander quelle gravure serait la plus jolie et à quel endroit.
Tout s'était plus ou moins bien passé jusqu'à ce qu'il décide vers 10h de commencer à tester quelques sortilèges. Après cela, tout était allé de mal en pire. Tellement qu'à un moment donné, il avait été tellement frustré qu'il aurait pu briser sa baguette en deux s'il n'avait pas eu assez de retenue et d'amour pour l'objet. L'envie de la prendre à deux mains et de sentir le bois craquer sous ses doigts avait été tellement forte que Cinaed l'avait lâché sous le choc avant de s'écrouler sur son tabouret. Il lui avait fallu près de 20 minutes pour calmer la crise de nerfs qui montait dans sa poitrine. Le pire avec les gens qui n'arrivent pas à comprendre leurs émotions, c'est qu'ils ne savent pas les gérer. Être heureux ou fatigué, il connaissait suffisamment pour savoir quoi faire mais la rage, il n'avait jamais su s'en occuper. Pour la première fois depuis longtemps il s'était senti totalement impuissant, comme si une partie de lui était en train de mourir.
C'était parti d'un constat tout simple : il n'arrivait pas à lancer de bons sortilèges, quelque chose clochait. C'était comme essayer de manger un yaourt avec une fourchette : il avait un outil mais la nette sensation que ce n'était pas le bon. Ces derniers temps, il avait globalement ignoré la sensation de perdre le contact avec sa baguette, comme si elle devenait de plus étrangère à sa main. Cependant, tout à l'heure, il avait senti au plus profond de lui qu'elle n'avait plus sa place entre ses doigts. Il en avait pleuré, pour la première fois depuis très longtemps. Il avait déjà lancé des sorts - ou tenté de le faire - avec une baguette qui n'était pas la sienne, le plus souvent en piquant celle d'Ewan qui était assez facile à manier et il se souvenait bien de la sensation : pour lui, c'était comme utilisé un membre qui n'était pas le sien. Evidemment, ça fonctionnait un minimum, mais il manquait quelque chose de crucial : une connexion qui avait existé pendant des années et qui avait commencé à s'amoindrir petit à petit. Bêtement, il avait cru que c'était parce que sa baguette n'appréciait pas quelque chose. Peut-être qu'il l'utilisait trop, ou peut-être qu'elle commençait à s'ennuyer. Il s'était dit que ça passerait.
En s'arrêtant devant la boutique, il observa les longues vitres. Il n'avait pratiquement jamais passé la porte de cette boutique depuis ses onze ans. Il y allait quelques fois, peut-être tous les dix ans pour récupérer de quoi entretenir sa baguette, car il était hors de question qu'il laisse quelqu'un d'autre le faire pour lui, mais à part ça il passait toujours devant Chez Ollivander sans daigner accorder un seul regard à la porte. Et maintenant, il se tenait bêtement devant, se sentant totalement nu. Pire encore, il se sentait l'âme d'un imposteur, comme si la baguette qu'il avait glissée dans son étui n'était pas la sienne. Comme s'il transportait un bout de bois quelconque qui, en plus, n'avait aucune envie de rester avec lui. Ca faisait mal, une douleur sourde quelque part au milieu de ses poumons. Il avait l'impression d'avoir perdu sa meilleure amie, son acolyte de toujours. Pire encore, il savait qu'il avait commencé à la perdre il y a bien longtemps mais qu'il n'y avait juste pas fait attention. Et s'il ne faisait pas attention à un lien qui s'effilochait avec sa baguette, qu'est-ce que ça pourrait vouloir dire de ses autres relations ?
Il était toujours parti du principe que sa vie se baserait sur 3 choses simples : Ewan, sa baguette et son art. Maintenant, il s'interrogeait : avait-il posé les fondements de tout son être sur des choses bancales qui pouvaient s'effriter à tout moment ? Ewan déciderait il un jour de partir ? Et son art ? Est-ce qu'un jour il se réveillerait en se sentant morose à l'idée de sculpter ? Que pourrait-il faire à ce moment là ? Beaucoup diraient que ce n'était qu'une baguette, mais la connexion qui se rompait petit à petit ébranlait même le plus important des fondements chez Cinaed. Ca n'avait pas été un simple bâton de bois au cœur de crin de licorne, ça avait été son outil de travail, sa confidente, sa lumière dans la vie. Il frissonna et passa le pas de la porte, laissant l'air enfermé de la boutique s'enrouler autour de lui. Il ne venait pas souvent ici mais il ne pourrait jamais oublier la sensation de rentrer dans cette boutique. A chaque fois, il se sentait à nouveau comme un petit sorcier de 11 ans à peine. La boutique sentait comme un grenier rempli de souvenir et malgré le fait qu'elle soit petite en apparence, il avait l'impression qu'elle s'étendait à l'infini avec toutes les étagères qu'il pouvait voir derrière le comptoir.
Il sortit sa baguette de son étui et avec un pincement au cœur, en détacha le manche qu'il avait sculpté spécialement pour elle. Ca avait été une de ses premières œuvres personnelles : pas une pour son école, et pas une à vendre ou à offrir. Une œuvre rien qu'à lui. Il ne l'avait jamais changé depuis, malgré les années qui commençaient à marquer le bois et bien que la pièce n'ai jamais été proche de la perfection. C'était un travail d'amateur mais c'était un objet tellement important pour lui, tellement personnel, qu'il n'avait jamais osé y toucher. Il avala sa salive, essayant de retenir ses émotions qui semblaient émaner de lui en vagues désordonnées. Il n'avait jamais ressenti quelque chose comme ça : il avait toujours été plus ou moins détaché face aux pertes. Pourquoi réagissait il si mal ?
A bien y réfléchir, il aurait dû s'en douter en plus. Il se souvenait de la voix du sorcier qui lui avait donné sa baguette. A l'époque, il ne devait pas avoir plus de 40 ans mais depuis il avait bien vieilli. Ses mots avaient été simples : une baguette bonne pour les sortilèges de protection et de défense qui convenait aux sorciers à l'esprit clair et au cœur pur. A l'époque, peut-être qu'il avait été tout ça. A onze ans il ne se souciait que de recevoir assez de cadeaux à Noël pour se la péter devant Ewan. Il n'avait aucune idée de quoi faire de sa vie, mais ce n'était pas grave : sa tête était pratiquement vide de tout questionnement.
Un esprit clair, il semblerait bien. Depuis tout avait bien changé et maintenant sa tête était remplie de questions bien qu'il n'y fasse jamais allusion. La plupart du temps il essayait de les ignorer mais elles étaient toujours là. Il se demandait comment il se sentait, comment les autres le faisaient, s'il était suffisamment bon. Sa tête était remplie de sentiments contradictoires et de dizaines d'heures à se demander exactement pourquoi il les ressentait comme il le faisait. Si, malgré les soucis, il ressentait réellement quelque chose. Quant au cœur pur, c'était raté. Il était devenu bien trop égoïste pour que quiconque puisse lui dire ça. Ca lui avait toujours été égal : il aimait avoir ce qu'il voulait et il n'arrivait de toute façon pas à comprendre le mal qu'il faisait aux gens. C'était facile d'ignorer tout ça, alors. Avait-il tant changé depuis son enfance pour que sa baguette ne veuille même plus le reconnaître ? Il sentait qu'il y avait encore une connexion, mais elle était si fine qu'il avait l'impression de pouvoir la briser au prochain sortilège. Peut-être, finalement, aurait-il dû se contenter de briser le bois comme il l'avait voulu dans son excès de rage. Il n'aurait pas eu à se poser toutes ces questions idiotes et sans réponses.
Il finit par lever les yeux vers le sorcier derrière le comptoir et redressa le dos pour faire bonne figure. C'était bon, ce n'était plus sa baguette. C'était juste UNE baguette. Il ressortirait d'ici avec une nouvelle baguette et tout irait bien, il pourrait retrouver une connexion. Peut-être la même : et si la baguette ressemblait suffisamment à sa vieille amie, il pourrait oublier toute cette histoire. Faire comme si rien n'avait existé. Pour une rare fois, il força un sourire sur son visage. C'était une chose qu'il ne faisait jamais parce qu'il n'en avait jamais vu l'utilité pour les autres. Aujourd'hui, le sourire penché et clairement faux ne lui était utile qu'à lui : un moyen de se cacher à lui-même la catastrophe dans sa tête.
Bonjour ! hurla t-il presque au visage d'un des frères O'Belt qu'il avait vu quelques fois au club de duel. Dans ses bons jours, il aurait fait une blague sur le nombre de rejetons O'Belt qu'il croisait mais aujourd'hui n'était pas un bon jour alors il posa simplement doucement sa baguette sur le comptoir. Il avala difficilement sa salive et se força à la quitter des yeux. Alors, O'Belt ! Je suis sûr que vous pouvez m'aider, voyez vous... J'ai un petit souci. Rien de bien important mais... eh bien... Il prit une inspiration Ma baguette n'en fait qu'à sa tête. Elle ne me répond plus vraiment, c'est.. c'est un peu comme si... Ce n'était plus ma baguette, vous voyez. Il poussa un peu le morceau de bois vers l'autre et décida de changer de sujet tout aussi sec. Ah et j'aimerais du matériel pour entretenir ma baguette ! Enfin... Enfin si une nouvelle baguette me choisit bien sûr. La même peur que quand il avait 11 ans refit surface : Et si aucune baguette ne voulait de lui ? Serait-il toujours un vrai sorcier ? C'était débile, il le savait mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Vous seriez libre pour quelques essais ? Parce que vous voyez, je travaille avec ma baguette, je lance beaucoup de sortilèges et actuellement j'ai une grosse commande à la boutique, une canne à enchanter en premier, puis un vaisselier... Ah et une bague aussi ! Alors voyez vous je ne peux pas me permettre de passer des jours sans une baguette... Opérationnelle.
1783.
Présence normale - Tutoyez moi !
"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Capitaine Ad²OC du Nano 2025 !
Capitaine Ad²OC du Nano 2025 !
Bibbidi-Bobbidi-Boo
L'automne était un période plutôt calme chez Ollivander, surtout si on comparaît l'activité de la boutique à celle de l'été. En effet, après deux mois et demi de sollicitations constantes pour des achats ou des entretiens, le rythme reprenait bien plus doucement. Pas que Domhall se plaigne de l'une ou l'autre des situations. Son métier ne pouvait se concevoir sans l'une ni l'autre seconde. Mais il devait bien admettre que sa fibre était la création de baguette plus que la vente de produits d'entretien de ces dernières, son activité sans aucune exception depuis l'ouverture ce matin là.
Alors, quand vers onze heures la porte s'ouvrit à nouveau et qu'il releva la tête, il s'attendait à devoir rendre le même type de service que pour les derniers clients. Sauf qu'il n'en était rien, et ce ne fut pas à la salutation violente qu'il le devina. "Bonjour Mister." Avait-il d'ailleurs eut le temps de répondre quoi que d'un volume sonore tout à fait audible mais aussi bien plus raisonnable. La suite l'étonna d'abord, c'était rare qu'on l'apparente aussi facilement à son père contrairement aux deux autres. Ou alors ça signifiait qu'il avait déjà rencontré son client ailleurs... Sauf qu'il ne voyait pas où ça aurait pu avoir lieu. Il n'était pas aussi physionomiste que son frère aîné mais tout de même! Oublier à ce point un visage, ça ne lui arrivait pas souvent.
Par chance, il savait interagir avec les autres l'air de rien aussi il écouta la longue tirade de son client avant de pouvoir lui répondre. "Permettez que j'examine votre baguette?" Demanda-t-il d'abord avant de donner du sens à sa requête. "Je dois juste vérifier la cause de ce problème de répondant. Il est plus que probable que ce soit un changement profond de caractère chez vous qui provoque tout ça, mais il faut écarter la possibilité d'une baguette défectueuse avant. Si votre ressenti est bon, nous verrons pour des essais et vous fournir le matériel d'entretien. Comme ça vous pourrez honorer vos commandes." Il ajouta à cette dernière phrase un léger sourire. Les baguettes se fabriquaient à la main pour des raisons qui n'était pas évidentes pour tous, mais ce n'était pas le cas pour les autres artisans qui avaient besoin de leur baguette.
ISMI 1ère année - Vol sur balais - Courses - PeC inRP: 09/47-01/48 - Préfète inRP: 09/44-06/47 et 01/48-03/49
Bibbidi-Bobbidi-Boo
Cinaed hocha la tête à la première demande de l'autre. Après tout, il était venu ici pour ça : qu'il examine sa malheureuse baguette. Quelque chose à l'intérieur de son estomac se tordait à l'idée qu'un autre sorcier pose une main sur elle mais il ravala la sensation et s'écarta du comptoir d'un pas en laissant le bâton de bois magique sur le meuble. Il se trouvait cependant incapable d'en détacher les yeux, hyperconscient de chacun des gestes de l'autre. Ca ne lui ressemblait pas du tout d'être autant sur les nerfs ou de surveiller les autres comme un faucon mais il n'arrivait pas à s'en empêcher. S'il avait pu, il lui aurait arraché sa baguette à l'instant même où l'autre sorcier la prenait en main et se serait barré en courant et en pestant sur tous les passants. Il ne le fit pas parce que c'était important de savoir ce qui n'allait pas mais l'envie lui grignotait les entrailles.
Personne n'avait jamais touché sa baguette plus de quelques fois depuis qu'il l'avait eue. Il avait toujours été farouchement protecteur du petit objet : on pouvait même dire qu'il avait été d'une jalousie maladive envers quiconque proposerait de la toucher ou lui empoignerait. Même Ewan avait eu le droit aux sauts de colère quand il touchait sa baguette, même si c'était uniquement pour la ranger, lui donner ou la déplacer. Cinaed ne supportait pas que quelqu'un d'autre enroule ses doigts autour : c'était comme offrir son cœur battant à quelqu'un et le laisser le tripoter dans tous les sens. C'en était presque douloureux. Il ne comprenait pas comment certains sorciers pouvaient laisser la leur se balader de main en main ou l'abandonner quelque part. Lui, il en étant physiquement incapable. C'était un peu comme s'il avait déposé son âme elle-même sur le comptoir de la boutique. O'Belt allait y plonger les deux mains, trifouiller dans ce qui faisait de Cinaed ce qu'il était.
Au moins, il en avait probablement conscience : c'était le seul truc qui permettait à l'ébéniste de ne pas se sentir trop mal non plus. En tant que fabriquant de baguette magique, l'autre devait avoir parfaitement conscience de ce que représentait une baguette pour son propriétaire. C'était un lien direct de sa magie au monde, un instrument de travail, de vie et même de communication. En somme, c'était un membre à part de chaque sorcier. Un membre en bois, assez fragile pour être brisé si on le voulait mais qui était bien plus important qu'un bras ou une jambe. Cinaed lui-même se serait volontiers coupé une main pour pouvoir garder sa baguette, alors même que cela aurait détruit tout son rêve de sculpter jusqu'à avoir de l'arthrose et les cheveux blancs.
Il finit par avaler sa salive et par prendre une grande inspiration. L'air lui brula la gorge et les poumons et il se força pour ne pas tousser, des larmes lui piquant les yeux. Il n'avait pas réalisé à quel point il avait retenu sa respiration et c'était douloureux comme pas possible. Ne savait-il même plus respirer sans sa baguette collée à son bras ou battant dans le creux de sa main ? Il eut soudainement envie - à nouveau - de pleurer comme un bébé mais se retint du mieux qu'il put. Hein ? laissa-t-il cependant échapper en quittant enfin des yeux sa précieuse baguette pour observer le sorcier en face de lui. Il avait dit quelque chose, mais quoi ? Cinaed n'en était plus certain. Il dû se mettre une claque mentale pour enfin se rappeler de quelques bribes et faire un sourire un peu tremblant à l'autre. Ca ne lui ressemblait pas d'être au bord de la crise, vraiment pas mais que pouvait-il faire d'autre ? Il perdait sa meilleure amie. Pas seulement ça mais aussi ce qui faisait de lui - à ses yeux - un sorcier accompli. Son instrument de travail et l'allongement de son âme. C'était douloureux d'une manière qu'il n'aurait jamais cru cela possible. Il pouvait comparer ça à l'idée de perdre Ewan mais, même là, ce ne serait pas assez fort.
Oh, euh... Ouais, vérifiez allez-y. Merci. Désolé, je suis... Il força un rire légèrement tendu et se frotta la nuque, histoire de délier un peu ses muscles. J'ai pas l'habitude de donner ma baguette à quelqu'un d'autre. Même si elle me répond plus c'est toujours... Eh bien même sans ressentir la connexion comme avant, elle est importante pour moi, vous comprenez ? Bien sûr qu'il comprenait, sinon il ne serait pas ici. Cinaed se racla la gorge et se redressa pour reprendre un peu contenance. Merde, c'était un adulte : il n'avait plus 11 ans à vibrer d'impatience avant qu'une baguette ne lui réponde. Il savait qu'il était un sorcier, un vrai : il l'avait été pendant 30 ans, ça ne changerait rien à cela. Cependant... Même si je ne peux plus l'utiliser, je pourrais la garder ? demanda-t-il d'une petite voix, presque chuchotée. Il la rangerait dans sa boite qui n'avait jamais été jetée et la glisserait dans ses possessions les plus précieuses.
Il se frotta le visage, avec un nouveau rire, cette fois-ci un peu cassé. Il avait trop changé, c'était ça qui faisait qu'elle ne lui répondait plus ? Il était inconcevable pour lui que sa baguette soit en mauvais état, brisée ou défectueuse. Il avait toujours veillé sur elle bien plus fort que sur lui-même. La seule raison pour laquelle elle pourrait être défectueuse, ce serait parce que le cœur était mort mais ça n'arrivait pas comme ça, non ? Certes, il avait pensé au fait d'avoir épuisé sa baguette mais il espérait que ce n'était pas ça le soucis. Il s'en voudrait pendant une éternité, si c'était le cas. Encore plus qu'il ne s'en voulait d'avoir changé jusqu'à ce qu'elle ne le reconnaisse plus. Etait-ce au moins un bon changement ? Est-ce que c'était, ça, s'améliorer ? S'il était resté le même qu'à ses 20 ans, est-ce que sa baguette aurait continué à le reconnaître jusqu'à la fin ?
Est-ce que changer impliquait forcément de perdre les choses auxquelles on tenait ? Si oui, il n'avait aucun mal à imaginer pourquoi les gens ne voulaient pas s'améliorer. Lui-même n'avait jamais vraiment mis trop d'efforts à le faire, plus par flemme que par malveillance mais s'il avait su, probablement qu'il se serait muré dans ses mauvais comportements pour préserver les choses auxquelles il tenait. Mais il avait fallut faire un choix : rester lui-même ou changer et pouvoir voir son vœu se réaliser ? Pouvoir rester auprès d'Ewan et de sa famille ? La sensation d'avoir sacrifié sa baguette pour la sculpte et une amitié lui fit tomber du plomb dans l'estomac. Est-ce que... il avala sa salive et plongea son regard dans celui du sorcier en face de lui Est-ce que mes choix ont brisé la connexion qu'on avait ? ou est-ce que.. Je sais pas, c'était un truc intérieur ? Est-ce que c'était de sa faute, ou est-ce que ça serait arrivé dans tous les cas ?
Présence normale - Tutoyez moi !
Personne n'avait jamais touché sa baguette plus de quelques fois depuis qu'il l'avait eue. Il avait toujours été farouchement protecteur du petit objet : on pouvait même dire qu'il avait été d'une jalousie maladive envers quiconque proposerait de la toucher ou lui empoignerait. Même Ewan avait eu le droit aux sauts de colère quand il touchait sa baguette, même si c'était uniquement pour la ranger, lui donner ou la déplacer. Cinaed ne supportait pas que quelqu'un d'autre enroule ses doigts autour : c'était comme offrir son cœur battant à quelqu'un et le laisser le tripoter dans tous les sens. C'en était presque douloureux. Il ne comprenait pas comment certains sorciers pouvaient laisser la leur se balader de main en main ou l'abandonner quelque part. Lui, il en étant physiquement incapable. C'était un peu comme s'il avait déposé son âme elle-même sur le comptoir de la boutique. O'Belt allait y plonger les deux mains, trifouiller dans ce qui faisait de Cinaed ce qu'il était.
Au moins, il en avait probablement conscience : c'était le seul truc qui permettait à l'ébéniste de ne pas se sentir trop mal non plus. En tant que fabriquant de baguette magique, l'autre devait avoir parfaitement conscience de ce que représentait une baguette pour son propriétaire. C'était un lien direct de sa magie au monde, un instrument de travail, de vie et même de communication. En somme, c'était un membre à part de chaque sorcier. Un membre en bois, assez fragile pour être brisé si on le voulait mais qui était bien plus important qu'un bras ou une jambe. Cinaed lui-même se serait volontiers coupé une main pour pouvoir garder sa baguette, alors même que cela aurait détruit tout son rêve de sculpter jusqu'à avoir de l'arthrose et les cheveux blancs.
Il finit par avaler sa salive et par prendre une grande inspiration. L'air lui brula la gorge et les poumons et il se força pour ne pas tousser, des larmes lui piquant les yeux. Il n'avait pas réalisé à quel point il avait retenu sa respiration et c'était douloureux comme pas possible. Ne savait-il même plus respirer sans sa baguette collée à son bras ou battant dans le creux de sa main ? Il eut soudainement envie - à nouveau - de pleurer comme un bébé mais se retint du mieux qu'il put. Hein ? laissa-t-il cependant échapper en quittant enfin des yeux sa précieuse baguette pour observer le sorcier en face de lui. Il avait dit quelque chose, mais quoi ? Cinaed n'en était plus certain. Il dû se mettre une claque mentale pour enfin se rappeler de quelques bribes et faire un sourire un peu tremblant à l'autre. Ca ne lui ressemblait pas d'être au bord de la crise, vraiment pas mais que pouvait-il faire d'autre ? Il perdait sa meilleure amie. Pas seulement ça mais aussi ce qui faisait de lui - à ses yeux - un sorcier accompli. Son instrument de travail et l'allongement de son âme. C'était douloureux d'une manière qu'il n'aurait jamais cru cela possible. Il pouvait comparer ça à l'idée de perdre Ewan mais, même là, ce ne serait pas assez fort.
Oh, euh... Ouais, vérifiez allez-y. Merci. Désolé, je suis... Il força un rire légèrement tendu et se frotta la nuque, histoire de délier un peu ses muscles. J'ai pas l'habitude de donner ma baguette à quelqu'un d'autre. Même si elle me répond plus c'est toujours... Eh bien même sans ressentir la connexion comme avant, elle est importante pour moi, vous comprenez ? Bien sûr qu'il comprenait, sinon il ne serait pas ici. Cinaed se racla la gorge et se redressa pour reprendre un peu contenance. Merde, c'était un adulte : il n'avait plus 11 ans à vibrer d'impatience avant qu'une baguette ne lui réponde. Il savait qu'il était un sorcier, un vrai : il l'avait été pendant 30 ans, ça ne changerait rien à cela. Cependant... Même si je ne peux plus l'utiliser, je pourrais la garder ? demanda-t-il d'une petite voix, presque chuchotée. Il la rangerait dans sa boite qui n'avait jamais été jetée et la glisserait dans ses possessions les plus précieuses.
Il se frotta le visage, avec un nouveau rire, cette fois-ci un peu cassé. Il avait trop changé, c'était ça qui faisait qu'elle ne lui répondait plus ? Il était inconcevable pour lui que sa baguette soit en mauvais état, brisée ou défectueuse. Il avait toujours veillé sur elle bien plus fort que sur lui-même. La seule raison pour laquelle elle pourrait être défectueuse, ce serait parce que le cœur était mort mais ça n'arrivait pas comme ça, non ? Certes, il avait pensé au fait d'avoir épuisé sa baguette mais il espérait que ce n'était pas ça le soucis. Il s'en voudrait pendant une éternité, si c'était le cas. Encore plus qu'il ne s'en voulait d'avoir changé jusqu'à ce qu'elle ne le reconnaisse plus. Etait-ce au moins un bon changement ? Est-ce que c'était, ça, s'améliorer ? S'il était resté le même qu'à ses 20 ans, est-ce que sa baguette aurait continué à le reconnaître jusqu'à la fin ?
Est-ce que changer impliquait forcément de perdre les choses auxquelles on tenait ? Si oui, il n'avait aucun mal à imaginer pourquoi les gens ne voulaient pas s'améliorer. Lui-même n'avait jamais vraiment mis trop d'efforts à le faire, plus par flemme que par malveillance mais s'il avait su, probablement qu'il se serait muré dans ses mauvais comportements pour préserver les choses auxquelles il tenait. Mais il avait fallut faire un choix : rester lui-même ou changer et pouvoir voir son vœu se réaliser ? Pouvoir rester auprès d'Ewan et de sa famille ? La sensation d'avoir sacrifié sa baguette pour la sculpte et une amitié lui fit tomber du plomb dans l'estomac. Est-ce que... il avala sa salive et plongea son regard dans celui du sorcier en face de lui Est-ce que mes choix ont brisé la connexion qu'on avait ? ou est-ce que.. Je sais pas, c'était un truc intérieur ? Est-ce que c'était de sa faute, ou est-ce que ça serait arrivé dans tous les cas ?
1176.
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"Ton perso il a passé plus de temps à pécho qu'à taffer" - Nyxis Calderon
Capitaine Ad²OC du Nano 2025 !
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Bibbidi-Bobbidi-Boo
Est-ce que c'était ce que ressentait un professeur lorsqu'il se rendait compte qu'un élève n'écoutait pas un traitre mot de ce qu'il racontait? Domhall - qui n'avait pas pour intention d'enseigner un jour - supposait que oui. L'homme qui venait pour une baguette qui ne répondait plus à ses sollicitations, autant dire quelque chose de particulièrement fâcheux pour un sorcier, semblait complètement perdu après ses explications pourtant sommaires de ce qu'il allait faire et qui avait pour but de le rassurer au moins un peu. Cela lui laissait une drôle de sensation qu'heureusement il sut garder pour lui et ne pas laisser transparaître. Il attendit simplement l'accord du brun pour se saisir très délicatement de l'artefact qui avait été fabriquée par un Ollivander.
- "Je comprends." Lui glissa-t-il avant de s'en saisir. "Vous êtes loin d'être le seul, et moi-même j'ai des difficultés à laisser quelqu'un la prendre." Puis il commença à l'observer, vérifiant le bois avant de recommencer en laissant ses doigts courir doucement le long de la baguette. Il prit ensuite le temps d'inspecter minutieusement la chambre de conduction magique où il put apercevoir le cœur, toujours en place. Il interrompit son analyse quelques secondes pour répondre à son client. Se faisant, il se redressa et l'observa. "Bien sûr, c'est votre baguette." Il fit un sourire très discret puis reprit son inspection par un sort test. Il faisait toujours le même. Tenant souplement la baguette, sans la contraindre, il prononça "Fumos," il était particulièrement familier de cette brume qui fut invoquée sans le moindre problème. Cela ne pouvait signifier qu'une chose, l'artefact était parfaitement sain. L'origine du problème était donc bien la concordance entre la création artisanale et son sorcier.
Fort de cette conclusion, il redéposa la baguette de l'homme sur le comptoir et put lui délivrer la nouvelle. "Elle est en parfait état, c'est bien votre lien qui n'est plus aussi fort qu'avant." Expliqua-t-il avant de tenter d'aider son client à comprendre l'origine de cette connexion plus faible. "Vos choix, votre manière d'utiliser votre magie, un changement de caractère... Ça peut être un peu de tout ça à la fois et il est généralement compliqué de trouver l'exact explication." Poursuivit le jeune fabricant avant d'ajouter. "La seule chose qui est certaine, c'est que cela ne reviendra jamais comme lorsque vous étiez adolescent." Cela ne pouvait signifier qu'une seule chose: "Je vous conseille donc de songer à acquérir une nouvelle baguette qui pourra vous répondre au mieux." Ce qui était d'autant plus important qu'il était artisan, sans baguette fonctionnelle et liée à lui, il n'allait pas pouvoir travailler. C'était d'ailleurs la raison qui l'avait poussée à venir. Il ne doutait donc pas vraiment que son conseil soit suivi.
ISMI 1ère année - Vol sur balais - Courses - PeC inRP: 09/47-01/48 - Préfète inRP: 09/44-06/47 et 01/48-03/49
- "Je comprends." Lui glissa-t-il avant de s'en saisir. "Vous êtes loin d'être le seul, et moi-même j'ai des difficultés à laisser quelqu'un la prendre." Puis il commença à l'observer, vérifiant le bois avant de recommencer en laissant ses doigts courir doucement le long de la baguette. Il prit ensuite le temps d'inspecter minutieusement la chambre de conduction magique où il put apercevoir le cœur, toujours en place. Il interrompit son analyse quelques secondes pour répondre à son client. Se faisant, il se redressa et l'observa. "Bien sûr, c'est votre baguette." Il fit un sourire très discret puis reprit son inspection par un sort test. Il faisait toujours le même. Tenant souplement la baguette, sans la contraindre, il prononça "Fumos," il était particulièrement familier de cette brume qui fut invoquée sans le moindre problème. Cela ne pouvait signifier qu'une chose, l'artefact était parfaitement sain. L'origine du problème était donc bien la concordance entre la création artisanale et son sorcier.
Fort de cette conclusion, il redéposa la baguette de l'homme sur le comptoir et put lui délivrer la nouvelle. "Elle est en parfait état, c'est bien votre lien qui n'est plus aussi fort qu'avant." Expliqua-t-il avant de tenter d'aider son client à comprendre l'origine de cette connexion plus faible. "Vos choix, votre manière d'utiliser votre magie, un changement de caractère... Ça peut être un peu de tout ça à la fois et il est généralement compliqué de trouver l'exact explication." Poursuivit le jeune fabricant avant d'ajouter. "La seule chose qui est certaine, c'est que cela ne reviendra jamais comme lorsque vous étiez adolescent." Cela ne pouvait signifier qu'une seule chose: "Je vous conseille donc de songer à acquérir une nouvelle baguette qui pourra vous répondre au mieux." Ce qui était d'autant plus important qu'il était artisan, sans baguette fonctionnelle et liée à lui, il n'allait pas pouvoir travailler. C'était d'ailleurs la raison qui l'avait poussée à venir. Il ne doutait donc pas vraiment que son conseil soit suivi.
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Bibbidi-Bobbidi-Boo
Une partie de lui était rassuré à l'idée de ne pas être le seul sorcier à protéger farouchement sa baguette et à avoir envie de sauter au visage de la moindre personne qui décidait de la prendre en main. Une autre, cependant, lui susurrait à l'oreille que si d'autres sorciers avaient cette même angoisse, c'était probablement pour une raison, et ça, il n'aimait pas trop. Que pourrait-il faire si l'autre décidait de briser en deux l'instrument, juste comme ça, parce qu'il en avait la possibilité ? Sentirait il quelque chose se briser également en lui ou est-ce que la connexion qu'il avait eu avec le petit objet en bois s'était trop amenuie pour qu'il sente la moindre chose ? L'ébéniste avait l'impression qu'il aurait dû ressentir quelque chose alors que le commerçant manipulait sa baguette car il avait dans les mains une part de lui-même et pourtant, il ne ressentait rien du tout. Et, même s'il savait au fond que ça ne voulait rien dire et que c'était comme ça pour tout le monde, il avait l'impression de trahir sa baguette.
Le brun se fit violence pour ne pas commencer à faire les cent pas dans la boutique et, à la place, il se contenta de frotter son pied droit par terre tout en se pinçant le bras. Tout l'énergie nerveuse et l'angoisse qui lui transperçaient la poitrine étaient difficiles à garder pour lui et il faillit se jeter sur le jeune homme en face de lui quand il eut fini d'observer le cœur de sa baguette. Il avait l'impression de passer un examen qu'il n'avait aucune chance de réussir, malgré l'espoir de le faire. Le tout en étant totalement nu et la cervelle ouverte devant quelqu'un. Parce que, oui, il avait l'impression de laisser l'autre sorcier regarder directement à travers son âme. Ca me rassure. se força t-il à dire, les dents serrées pour s'empêcher d'arracher sa baguette des mains de l'autre. Le fait qu'il lance un sortilège avec lui donna la nausée d'un coup sec, comme s'il s'était mis à manipuler une relique comme un vulgaire objet. Et peut-être que pour le fabriquant de baguette, c'était le cas. Après tout, il voyait des baguettes toute la journée. Cinaed, de son côté, n'en avait jamais vraiment côtoyé d'autre que la sienne et l'avait toujours pensé comme une partie de son corps.
Une fois le catalyseur posé sur le comptoir, Cinaed ne perdit pas de temps à s'en emparer et à la ranger dans le petit étui qu'il avait à l'avant bras. Sentir le poids de sa baguette contre sa peau le rassura d'un coup et il eut l'impression de laisser échapper un souffle qu'il avait gardé pour lui pendant des années. Malheureusement, il n'était pas au bout de ses peines et l'explication que le professionnel lui partagea après cela lui donna envie de se rouler en boule dans un coin pour pleurer. Malheureusement, il n'y avait pas de coin remplis de plaid et de coussins comme il pouvait avoir dans sa chambre et, en plus de cela, ça aurait fait mauvais genre de se mettre à pleurer comme un bébé.
Mais comment réagir autrement quand quelqu'un approuvait une de vos pires peur ? Quand cette même personne vous disait en face que quelque chose s'était brisé entre votre baguette et vous, alors que l'objet avait toujours suivi chacun de vos mouvement, comme une ombre ? Comment réagir quand il fallait prendre la décision de mettre à la poubelle des années à vivre en parfaite harmonie avec une baguette ?
Et, surtout, comment réagir quand on avait la conviction profonde qu'on avait fait une erreur, et que c'était pour cela que notre baguette ne nous répondait plus correctement ? Cinaed, c'était ça qu'il ressentait. L'impression d'être la cause de quelque chose de négatif. Il ne lui vint pas à l'esprit que le changement n'était peut-être pas une mauvaise chose et que le fait d'avoir changé aussi profondément pouvait lui apporter de bonnes choses. A l'instant t, il avait juste l'impression d'avoir trahit une partie de lui même et de la magie qui coulait dans ses veines.
Il fixa l'autre pendant de longues secondes, la gorge soudainement trop sèche pour laisser échapper le moindre son. Et puis une seconde passa, puis une deuxième, puis une demie minute complète à juste l'observer comme un merlan frit.
Finalement, Cinaed réussi à se reprendre un peu et se racla la gorge avant d'humecter ses lèvres. Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? ne peut-il s'empêcher de demander car l'idée était devenue obsédante ces derniers jours. Elle tournait en boucle dans sa tête et il savait que si personne ne lui disait l'inverse, la sensation d'avoir été la cause de cette cassure ne s'évanouirait pas. L'ébéniste se frotta légèrement le visage, prit une longue inspiration et prit son courage à deux mains pour demander : Ce serait possible d'en... acquérir une nouvelle aujourd'hui ?
En fait, il n'était même pas certain qu'Ollivander propose de nouvelles baguettes à de vieux adultes. Dans sa tête, il était toujours parti du principe que la boutique proposait le premier instrument et le seul de toute une vie. Un quasi quarantenaire qui venait essayer des baguettes, ça n'existait pas, dans son esprit. Il en avait honte, même.
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Le brun se fit violence pour ne pas commencer à faire les cent pas dans la boutique et, à la place, il se contenta de frotter son pied droit par terre tout en se pinçant le bras. Tout l'énergie nerveuse et l'angoisse qui lui transperçaient la poitrine étaient difficiles à garder pour lui et il faillit se jeter sur le jeune homme en face de lui quand il eut fini d'observer le cœur de sa baguette. Il avait l'impression de passer un examen qu'il n'avait aucune chance de réussir, malgré l'espoir de le faire. Le tout en étant totalement nu et la cervelle ouverte devant quelqu'un. Parce que, oui, il avait l'impression de laisser l'autre sorcier regarder directement à travers son âme. Ca me rassure. se força t-il à dire, les dents serrées pour s'empêcher d'arracher sa baguette des mains de l'autre. Le fait qu'il lance un sortilège avec lui donna la nausée d'un coup sec, comme s'il s'était mis à manipuler une relique comme un vulgaire objet. Et peut-être que pour le fabriquant de baguette, c'était le cas. Après tout, il voyait des baguettes toute la journée. Cinaed, de son côté, n'en avait jamais vraiment côtoyé d'autre que la sienne et l'avait toujours pensé comme une partie de son corps.
Une fois le catalyseur posé sur le comptoir, Cinaed ne perdit pas de temps à s'en emparer et à la ranger dans le petit étui qu'il avait à l'avant bras. Sentir le poids de sa baguette contre sa peau le rassura d'un coup et il eut l'impression de laisser échapper un souffle qu'il avait gardé pour lui pendant des années. Malheureusement, il n'était pas au bout de ses peines et l'explication que le professionnel lui partagea après cela lui donna envie de se rouler en boule dans un coin pour pleurer. Malheureusement, il n'y avait pas de coin remplis de plaid et de coussins comme il pouvait avoir dans sa chambre et, en plus de cela, ça aurait fait mauvais genre de se mettre à pleurer comme un bébé.
Mais comment réagir autrement quand quelqu'un approuvait une de vos pires peur ? Quand cette même personne vous disait en face que quelque chose s'était brisé entre votre baguette et vous, alors que l'objet avait toujours suivi chacun de vos mouvement, comme une ombre ? Comment réagir quand il fallait prendre la décision de mettre à la poubelle des années à vivre en parfaite harmonie avec une baguette ?
Et, surtout, comment réagir quand on avait la conviction profonde qu'on avait fait une erreur, et que c'était pour cela que notre baguette ne nous répondait plus correctement ? Cinaed, c'était ça qu'il ressentait. L'impression d'être la cause de quelque chose de négatif. Il ne lui vint pas à l'esprit que le changement n'était peut-être pas une mauvaise chose et que le fait d'avoir changé aussi profondément pouvait lui apporter de bonnes choses. A l'instant t, il avait juste l'impression d'avoir trahit une partie de lui même et de la magie qui coulait dans ses veines.
Il fixa l'autre pendant de longues secondes, la gorge soudainement trop sèche pour laisser échapper le moindre son. Et puis une seconde passa, puis une deuxième, puis une demie minute complète à juste l'observer comme un merlan frit.
Finalement, Cinaed réussi à se reprendre un peu et se racla la gorge avant d'humecter ses lèvres. Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? ne peut-il s'empêcher de demander car l'idée était devenue obsédante ces derniers jours. Elle tournait en boucle dans sa tête et il savait que si personne ne lui disait l'inverse, la sensation d'avoir été la cause de cette cassure ne s'évanouirait pas. L'ébéniste se frotta légèrement le visage, prit une longue inspiration et prit son courage à deux mains pour demander : Ce serait possible d'en... acquérir une nouvelle aujourd'hui ?
En fait, il n'était même pas certain qu'Ollivander propose de nouvelles baguettes à de vieux adultes. Dans sa tête, il était toujours parti du principe que la boutique proposait le premier instrument et le seul de toute une vie. Un quasi quarantenaire qui venait essayer des baguettes, ça n'existait pas, dans son esprit. Il en avait honte, même.
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