Le lac des trente ans
En se retournant et en constatant qu’il n’allait pas être laissé seul face au lac, Niall avait souri. Les remarques critiques de l’homme l’amusaient. Il avait cette manière de dire les choses sans les contrôler, sans y penser dix fois avant de les dire. Tout ce qui sortait de la bouche de cet homme semblait naturel. Alors oui, Niall avait bien compris que le froid le rebutait et il commençait à se demander s’il allait réellement survivre à l’eau froide qui l’attendait. Le voyant de loin se déshabiller, il en conclut que l’homme avait fait son choix et acceptait les conséquences. Il prit une grande inspiration, en même temps qu’il constatait qu’il observait les vêtements tomber au sol plus qu’il n’écoutait ce qui lui était dit, et vérifia au loin qu’on ne les observait pas. Surtout qu’on ne l’observait pas lui et que personne ne pourrait le reconnaître.
L’idée angoissante fut chassée avant que l’homme ne le rejoigne et il ne put s’empêcher de rire à nouveau lorsque celui-ci hurla presque à la mort quand l’eau toucha enfin ses pieds. Par politesse, il se retint de faire tout commentaire. Lui aussi était passé par là, l’homme avait donc le droit à un peu d’indulgence. Et puisqu’il était invité à entrer le premier, Niall allait s'exécuter, à nouveau sans faire de commentaire sur la facilité d’une telle demande. Pas un Gryffondor, pensa-t-il, mais suffisamment curieux pour oser tenter.
Il dut toutefois admettre que l’homme ne se démontait pas, en témoignait le demi-mètre dans lequel il venait de s’enfoncer. L’Irlandais s’imaginait la souffrance qu’il devait être en train de traverser, en silence, ne chercha pas à l’y laisser trop longtemps et s’engouffra également dans cette eau froide.
— Bon, il va d’abord falloir apprendre à respirer, commença-t-il en neutralisant rapidement l’effet du froid sur ses jambes qui remontait jusqu’à sa taille.
Pour lui l’étape était simple, mais il savait que si c’était une première fois pour l’homme, il fallait faire vite et être efficace dans ses explications, sans quoi il greloterait jusqu’à l’hypothermie.
— Votre corps va vouloir se défendre, vous allez claquer des dents mais il va falloir lutter. Je sais que c’est plus facile à dire, mais visualisez-vous dans de l’eau chaude. Votre corps doit se détendre le plus vite possible. Dites-vous que plus vous vous recroquevillerez sur vous-même, plus vous ne penserez qu’au froid.
Niall prit une grande inspiration pour montrer ce qu’il attendait de lui : une étape par laquelle il n’avait plus besoin de passer, mais qu’il était obligé d’enseigner à ce curieux s’il ne voulait pas le retrouver gelé sous l’eau.
— Vous inspirez sans rien contracter pendant trois secondes, et vous expirez. Si vous vous dites une seule fois que vous avez froid, vous recommencez, finit-il d’un ton doux mais ferme.
Niall s’étonnait du ton directif qu’il employait, mais il prenait son rôle d’enseignant très au sérieux. Il savait que derrière tout cela, il y avait la voix de ses parents et son besoin à lui de suivre les règles à la perfection, mais il ne pouvait faire autrement. Il sourit alors à l’homme pour l’encourager à l’imiter et pour lui faire comprendre, même sans mot, qu’il était là. Même si l’inconnu ne savait rien de Niall, il pourrait tout de même sentir qu’il n’était pas du genre à le laisser souffrir au nom de la connaissance. Ce n’était tout simplement pas lui. Et puis, meme si Niall le souhaitait, son instinct, cette chose en lui qui lui ordonnait de protéger bondirait et les deux hommes seraient sortis de l’eau en un rien de temps. Au moindre signe, l’Irlandais mettrait un terme à la découverte et proposerait de remettre l’expérience à plus tard. À un autre mois de l’année et à une heure peut-être plus convenable.
Alors avec sérieux, Niall observait les moindres gestes de l’homme face à lui. Alerte au moindre mot, signe, mouvement et respiration. À cet instant, il n’était plus question de se laisser au froid qu’il l’envahissait mais à protéger celui qui envahissait l’inconnu de la plage.
L’idée angoissante fut chassée avant que l’homme ne le rejoigne et il ne put s’empêcher de rire à nouveau lorsque celui-ci hurla presque à la mort quand l’eau toucha enfin ses pieds. Par politesse, il se retint de faire tout commentaire. Lui aussi était passé par là, l’homme avait donc le droit à un peu d’indulgence. Et puisqu’il était invité à entrer le premier, Niall allait s'exécuter, à nouveau sans faire de commentaire sur la facilité d’une telle demande. Pas un Gryffondor, pensa-t-il, mais suffisamment curieux pour oser tenter.
Il dut toutefois admettre que l’homme ne se démontait pas, en témoignait le demi-mètre dans lequel il venait de s’enfoncer. L’Irlandais s’imaginait la souffrance qu’il devait être en train de traverser, en silence, ne chercha pas à l’y laisser trop longtemps et s’engouffra également dans cette eau froide.
— Bon, il va d’abord falloir apprendre à respirer, commença-t-il en neutralisant rapidement l’effet du froid sur ses jambes qui remontait jusqu’à sa taille.
Pour lui l’étape était simple, mais il savait que si c’était une première fois pour l’homme, il fallait faire vite et être efficace dans ses explications, sans quoi il greloterait jusqu’à l’hypothermie.
— Votre corps va vouloir se défendre, vous allez claquer des dents mais il va falloir lutter. Je sais que c’est plus facile à dire, mais visualisez-vous dans de l’eau chaude. Votre corps doit se détendre le plus vite possible. Dites-vous que plus vous vous recroquevillerez sur vous-même, plus vous ne penserez qu’au froid.
Niall prit une grande inspiration pour montrer ce qu’il attendait de lui : une étape par laquelle il n’avait plus besoin de passer, mais qu’il était obligé d’enseigner à ce curieux s’il ne voulait pas le retrouver gelé sous l’eau.
— Vous inspirez sans rien contracter pendant trois secondes, et vous expirez. Si vous vous dites une seule fois que vous avez froid, vous recommencez, finit-il d’un ton doux mais ferme.
Niall s’étonnait du ton directif qu’il employait, mais il prenait son rôle d’enseignant très au sérieux. Il savait que derrière tout cela, il y avait la voix de ses parents et son besoin à lui de suivre les règles à la perfection, mais il ne pouvait faire autrement. Il sourit alors à l’homme pour l’encourager à l’imiter et pour lui faire comprendre, même sans mot, qu’il était là. Même si l’inconnu ne savait rien de Niall, il pourrait tout de même sentir qu’il n’était pas du genre à le laisser souffrir au nom de la connaissance. Ce n’était tout simplement pas lui. Et puis, meme si Niall le souhaitait, son instinct, cette chose en lui qui lui ordonnait de protéger bondirait et les deux hommes seraient sortis de l’eau en un rien de temps. Au moindre signe, l’Irlandais mettrait un terme à la découverte et proposerait de remettre l’expérience à plus tard. À un autre mois de l’année et à une heure peut-être plus convenable.
Alors avec sérieux, Niall observait les moindres gestes de l’homme face à lui. Alerte au moindre mot, signe, mouvement et respiration. À cet instant, il n’était plus question de se laisser au froid qu’il l’envahissait mais à protéger celui qui envahissait l’inconnu de la plage.
Le lac des trente ans
Apaisé par le rire de l'homme — il a toujours eu un faible pour les rires en tout genre, ceux qui éclatent, ceux qui hésitent, même ceux qui filent comme le vent — et par la présence fugace de ce sourire sur ses lèvres, Zakary sourit à son tour. Pourtant, le froid l'empoigne avec violence inouïe.
C'est un froid comme il n'en a pas connu depuis de longues années. Ses membres semblent être faits de pierre tant ils sont rigides et ses muscles crispés. Zakary a du mal à respirer ; c'est quand l'autre dit "apprendre à respirer" qu'il se rend compte qu'il inspire par à-coups de petites goulées d'air glaciales, motivé par le besoin irrépressible de se gorger d'air mais trouvant l'effort de respirer presque insurmontable. Impossible de s'en empêcher, car il ne sent plus ses pieds et que ses tremblements deviennent incontrôlables, de la tête aux pieds. Recroquevillé sur lui-même, Zakary pose son regard sur le brun et ne peut plus s'en détourner, son visage comme une ancre dans la tempête tétanisante qui se joue en lui. Son sourire est encore présent, maladroit à présent que son hôte en est réduit à ces tremblements.
Zakary ne manque rien des mots de l'homme, les yeux collés à ses lèvres. Il entend chaque recommandation et se laisse totalement et entièrement diriger par ses paroles. Quand l'autre prend une profonde inspiration, en miroir Zakary s'efforce de faire la même chose. Il visualise cette source chaude fabuleuse découverte en Estonie qui reste à ce jour l'un de ses souvenirs de voyage les plus agréables. La vapeur qui s'élève vers le ciel en cheminées de fumée, la chaleur qui amollit son corps, la torpeur qui l'envahit... Difficile d'imaginer toutes ces choses à présent qu'il est dans un environnement totalement opposé, mais Zakary s'y efforce, le regard planté dans celui de son compagnon d'infortune. Ses paroles deviennent son gouvernail. Alors, soucieux de bien faire les choses, Zakary prend une grande et longue inspiration tremblante et s'efforce d'apaiser le claquement de ses dents en expirant.
« C-c-c'est pas f-f-facile, » balbutie-t-il, les dents s'entrechoquant, en essayant de détendre son ventre crispé.
Le sorcier baisse les yeux sur son corps pour le voir se détendre, mais sans y parvenir si l'on en croit ses abdominaux contractés. Il s'efforce de relâcher ses muscles, mais à peine y parvient-il que tout se crispe de nouveau. Alors il n'y tient plus, malgré le froid et ses tremblements incontrôlables, Zakary éclate d'un rire maladroit qui se transforme en fou-rire nerveux. Il jette un regard d'excuse à l'autre sans chercher à se retenir.
« C'est comme si mon corps m'appartenait plus, » rit-il en ayant un frisson plus violent que les autres. Puis il désigne son corps comme preuve irréfutable : « R-regardez ! J'arrive pas à me détendre ! »
Et de rire encore avant de prendre subitement une grande inspiration qui lui soulève les épaules et de la bloquer à l'intérieur de son corps. Il reste ainsi quelques secondes, tout gonflé d'air, les yeux pétillant d'une hilarité contenue, avant de tout relâcher dans une longue expiration bruyante. Il détend ses muscles, ses épaules se relâchent, son ventre s'amollit et ses yeux arrondis, eux, se plongent dans le regard sérieux de l'autre homme.
« Un, deux, t-trois..., gémit-il avant de craquer et de ramener ses mains fermées devant lui en suppliant du regard l'inconnu de le pardonner lorsqu'il souffle entre ses doigts pour les réchauffer. Il va falloir que je recommence, je crois. Je suis très mauvais élève, pardonnez-moi. »
Le mauvais élève a un sourire amusé sur les lèvres. Mais bien déterminé à accorder aux leçons du brun toute l'attention qu'elles méritent, Zakary se tourne entièrement vers l'autre, s'étonnant de ne plus être aussi dérangé par l'eau qui clapote contre ses mollets que lorsqu'il y a plongé les pieds tout à l'heure. Désormais tourné vers son compagnon, il trébuche sur les cailloux pour s'avancer d'un pas vers lui, lâchant au passage un « aïe ! » quand son talon rencontre une pierre particulièrement désagréable.
Zakary redresse le dos et son visage redevient sérieux. Il observe l'homme dont le corps et le visage sont recouverts d'ombres aléatoires. Il trouve la beauté de ce moment inoubliable. Une silhouette qui se détache dans la nuit, éclairée par les rayons de la lune, ses angles et ses courbes offerts au regard du silence.
« Recommencez, je vous en prie, demande-t-il en s'en voulant de s'amuser de la situation et d'être plus taquin qu'à son habitude. Je vais me calquer sur vous. »
Et de prendre une inspiration comme pour encourager l'autre à le faire aussi.
« Inspirer sans rien contracter..., » répète-t-il consciencieusement.
C'est un froid comme il n'en a pas connu depuis de longues années. Ses membres semblent être faits de pierre tant ils sont rigides et ses muscles crispés. Zakary a du mal à respirer ; c'est quand l'autre dit "apprendre à respirer" qu'il se rend compte qu'il inspire par à-coups de petites goulées d'air glaciales, motivé par le besoin irrépressible de se gorger d'air mais trouvant l'effort de respirer presque insurmontable. Impossible de s'en empêcher, car il ne sent plus ses pieds et que ses tremblements deviennent incontrôlables, de la tête aux pieds. Recroquevillé sur lui-même, Zakary pose son regard sur le brun et ne peut plus s'en détourner, son visage comme une ancre dans la tempête tétanisante qui se joue en lui. Son sourire est encore présent, maladroit à présent que son hôte en est réduit à ces tremblements.
Zakary ne manque rien des mots de l'homme, les yeux collés à ses lèvres. Il entend chaque recommandation et se laisse totalement et entièrement diriger par ses paroles. Quand l'autre prend une profonde inspiration, en miroir Zakary s'efforce de faire la même chose. Il visualise cette source chaude fabuleuse découverte en Estonie qui reste à ce jour l'un de ses souvenirs de voyage les plus agréables. La vapeur qui s'élève vers le ciel en cheminées de fumée, la chaleur qui amollit son corps, la torpeur qui l'envahit... Difficile d'imaginer toutes ces choses à présent qu'il est dans un environnement totalement opposé, mais Zakary s'y efforce, le regard planté dans celui de son compagnon d'infortune. Ses paroles deviennent son gouvernail. Alors, soucieux de bien faire les choses, Zakary prend une grande et longue inspiration tremblante et s'efforce d'apaiser le claquement de ses dents en expirant.
« C-c-c'est pas f-f-facile, » balbutie-t-il, les dents s'entrechoquant, en essayant de détendre son ventre crispé.
Le sorcier baisse les yeux sur son corps pour le voir se détendre, mais sans y parvenir si l'on en croit ses abdominaux contractés. Il s'efforce de relâcher ses muscles, mais à peine y parvient-il que tout se crispe de nouveau. Alors il n'y tient plus, malgré le froid et ses tremblements incontrôlables, Zakary éclate d'un rire maladroit qui se transforme en fou-rire nerveux. Il jette un regard d'excuse à l'autre sans chercher à se retenir.
« C'est comme si mon corps m'appartenait plus, » rit-il en ayant un frisson plus violent que les autres. Puis il désigne son corps comme preuve irréfutable : « R-regardez ! J'arrive pas à me détendre ! »
Et de rire encore avant de prendre subitement une grande inspiration qui lui soulève les épaules et de la bloquer à l'intérieur de son corps. Il reste ainsi quelques secondes, tout gonflé d'air, les yeux pétillant d'une hilarité contenue, avant de tout relâcher dans une longue expiration bruyante. Il détend ses muscles, ses épaules se relâchent, son ventre s'amollit et ses yeux arrondis, eux, se plongent dans le regard sérieux de l'autre homme.
« Un, deux, t-trois..., gémit-il avant de craquer et de ramener ses mains fermées devant lui en suppliant du regard l'inconnu de le pardonner lorsqu'il souffle entre ses doigts pour les réchauffer. Il va falloir que je recommence, je crois. Je suis très mauvais élève, pardonnez-moi. »
Le mauvais élève a un sourire amusé sur les lèvres. Mais bien déterminé à accorder aux leçons du brun toute l'attention qu'elles méritent, Zakary se tourne entièrement vers l'autre, s'étonnant de ne plus être aussi dérangé par l'eau qui clapote contre ses mollets que lorsqu'il y a plongé les pieds tout à l'heure. Désormais tourné vers son compagnon, il trébuche sur les cailloux pour s'avancer d'un pas vers lui, lâchant au passage un « aïe ! » quand son talon rencontre une pierre particulièrement désagréable.
Zakary redresse le dos et son visage redevient sérieux. Il observe l'homme dont le corps et le visage sont recouverts d'ombres aléatoires. Il trouve la beauté de ce moment inoubliable. Une silhouette qui se détache dans la nuit, éclairée par les rayons de la lune, ses angles et ses courbes offerts au regard du silence.
« Recommencez, je vous en prie, demande-t-il en s'en voulant de s'amuser de la situation et d'être plus taquin qu'à son habitude. Je vais me calquer sur vous. »
Et de prendre une inspiration comme pour encourager l'autre à le faire aussi.
« Inspirer sans rien contracter..., » répète-t-il consciencieusement.
Le lac des trente ans
A la moindre consigne que Niall donnait, il vérifiait que les mots étaient entendus, compris, et surtout que ses lèvres ne viraient pas au bleu ou que son corps n'était pas trop crispé. Il n'avait pas besoin de lui demander comment il se sentait : non seulement il le voyait, mais il l'entendait au bégaiement et au claquement de dents de l'inconnu que le froid causait. Il avait envoyé un sourire compatissant aux premiers retours d'expérience de l'inconnu et commençait à serrer ses doigts plus fortement sur sa baguette. A tout moment, Niall serait prêt à l'aider en lui lançant un sort pour lui offrir un léger moment de répit et de chaleur. Il ne voulait pas le faire trop tôt non plus, mais les deux n'étant pas en situation extrême, il ne voyait pas pourquoi il se passerait de la magie. Alors il l'observait avec minutie, restait alerte à la contraction ou au frisson de trop et suivait le rythme de l'homme qui s'était mis à compter.
— Vous vous débrouillez très bien, ne vous en faites pas, répondit-il au tac au tac, riant à peine du commentaire de l'inconnu, tant il était concentré.
L'Irlandais fronça les sourcils lorsqu'il entendit qu'un caillou l'avait blessé, avait incliné la tête pour vérifier que son pied n'était pas ouvert et était revenu à la voix du blessé. Ca n'avait pas l'air d'être grand chose, mais il le gardait en tête, au cas où.
Niall hocha la tête lorsqu'on lui demanda de recommencer. L'idée de se calquer sur lui n'était pas mauvaise, et d'ailleurs, s'il écoutait bien, dans les dernières paroles du baigneur, il n'y avait plus aucun tremblement ni balbutiement.
— Très bien, mais si c'est trop, j'utilise ma baguette, l'avertit-il en brandissant son catalyseur. Ma première fois, j'en ai eu besoin, donc ne vous sentez pas l'esprit d'un Gryffondor et dites-moi si la tâche est trop difficile. Surtout qu'il faudra vous mettre complètement à l'eau après..
Il attendit un retour verbal ou quelque chose qui lui ferait comprendre que la consigne avait été claire, et il reprit.
— Si votre main n'est pas déjà trop froide, placez-la sur... En cherchant à désigner l'endroit qu'il fixait, Niall se rendit compte que l'inconnu avait des abdominaux bien saillants et la vision le troubla un court instant. Il se râcla la gorge et poursuivit... sur votre ventre et essayez de sentir votre respiration. Il fit la même chose — bien que l'expérience acquise lui permettait d'avoir encore la main chaude — et commença à inspirer.
L'Irlandais guettait chaque mouvement, chaque réaction et enchaina.
— Si vous vous sentez prêt, vous pouvez tout doucement vous mettre dans l'eau. Je vais le faire, mais ne vous sentez pas obligé de m'imiter.
Et Niall s'était engouffré doucement dans l'eau jusqu'au cou. Le contact de l'eau ne lui faisait presque plus rien, surtout lorsqu'il était si concentré sur la survie d'une personne inconnue. Pour garder la chaleur de son corps au maximum, il se frotta les bras et continua d'observer son élève. Il trouvait la situation assez drôle, il devait l'avouer. Se retrouver au beau milieu d'un lac avec un parfait inconnu, à donner un cours sur la respiration et bientôt sur le lâcher prise, ce n'était pas commun.
— Vous vous débrouillez très bien, ne vous en faites pas, répondit-il au tac au tac, riant à peine du commentaire de l'inconnu, tant il était concentré.
L'Irlandais fronça les sourcils lorsqu'il entendit qu'un caillou l'avait blessé, avait incliné la tête pour vérifier que son pied n'était pas ouvert et était revenu à la voix du blessé. Ca n'avait pas l'air d'être grand chose, mais il le gardait en tête, au cas où.
Niall hocha la tête lorsqu'on lui demanda de recommencer. L'idée de se calquer sur lui n'était pas mauvaise, et d'ailleurs, s'il écoutait bien, dans les dernières paroles du baigneur, il n'y avait plus aucun tremblement ni balbutiement.
— Très bien, mais si c'est trop, j'utilise ma baguette, l'avertit-il en brandissant son catalyseur. Ma première fois, j'en ai eu besoin, donc ne vous sentez pas l'esprit d'un Gryffondor et dites-moi si la tâche est trop difficile. Surtout qu'il faudra vous mettre complètement à l'eau après..
Il attendit un retour verbal ou quelque chose qui lui ferait comprendre que la consigne avait été claire, et il reprit.
— Si votre main n'est pas déjà trop froide, placez-la sur... En cherchant à désigner l'endroit qu'il fixait, Niall se rendit compte que l'inconnu avait des abdominaux bien saillants et la vision le troubla un court instant. Il se râcla la gorge et poursuivit... sur votre ventre et essayez de sentir votre respiration. Il fit la même chose — bien que l'expérience acquise lui permettait d'avoir encore la main chaude — et commença à inspirer.
L'Irlandais guettait chaque mouvement, chaque réaction et enchaina.
— Si vous vous sentez prêt, vous pouvez tout doucement vous mettre dans l'eau. Je vais le faire, mais ne vous sentez pas obligé de m'imiter.
Et Niall s'était engouffré doucement dans l'eau jusqu'au cou. Le contact de l'eau ne lui faisait presque plus rien, surtout lorsqu'il était si concentré sur la survie d'une personne inconnue. Pour garder la chaleur de son corps au maximum, il se frotta les bras et continua d'observer son élève. Il trouvait la situation assez drôle, il devait l'avouer. Se retrouver au beau milieu d'un lac avec un parfait inconnu, à donner un cours sur la respiration et bientôt sur le lâcher prise, ce n'était pas commun.
Le lac des trente ans
La concentration de Zakary s'effrite lorsque l'autre le menace d'intervenir au moindre souci, brandissant sa baguette comme preuve ; il éclate d'un rire comme une étincelle, bref et atténué par le froid qui contracte son corps. Puis il hoche la tête, touché que ce parfait inconnu prenne soin de lui de la sorte et qu'il soit attentif à une quelconque souffrance. Cette empathie plaît à Zakary et son visage s'adoucit.
« C'est compris, m'sieur ! lui lance-t-il avec un sourire taquin. Je n'agirais pas comme un Gryffondor, ça non, par contre je compte bien tenter l'expérience jusqu'au bout. »
Alors que les yeux de l'autre se baissent pour accompagner ses recommandations, Zakary, lui, ne quitte pas son visage du regard, même lorsqu'il pose sa main sur son ventre et qu'il tressaille violemment, sans discrétion aucune, en sentant la fraîcheur de ses doigts glacés sur sa peau. Et lentement, laborieusement, le sorcier se met à respirer, se forçant à ressentir son ventre se gonfler et se dégonfler. Mais quand son inconnu s'immerge totalement dans l'eau, le naturel de Zakary revient il arrondit les yeux et éclate d'un grand rire heureux.
« Vous y êtes arrivé ! s'exclame-t-il, admiratif. Attendez un peu, je vais vous rejoindre ! Si je n'étais pas aussi soucieux d'écouter les conseils qu'un inconnu accepte de me donner alors qu'il a sûrement autre chose à faire à cette heure-là de la soirée, j'avoue que j'aurais déjà plongé, sans égard pour un quelconque choc thermique ! »
Zakary livre cet aveu en se penchant légèrement vers l'homme qui est désormais plus bas que lui d'un bon mètre. Il lui offre un dernier grand sourire avant de redresser la tête et de plonger son regard dans l'horizon obscur. La prochaine fois qu'il prendra la parole, il sera dans l'eau ! Il se le promet.
Soucieux de bien faire, il ferme les yeux pour se concentrer sur sa respiration. Une, deux, trois... Les bains d'Estonie, la chaleur de l'eau, le bien-être rattaché au souvenir... Zakary repense sans honte à celui qui l'accompagnait alors, aux caresses qui ont suivi — lui aussi était un total inconnu rencontré au hasard. Sur ces pensées, le sorcier ouvre de nouveau les yeux sans perdre sa concentration. Le regard braqué sur l'autre homme, il fléchit les jambes en soufflant exagérément bien déterminé à ne surtout pas songer au fait que l'eau glaciale gagne du terrain sur son corps.
Et tout à coup, ça y est. Son visage au même niveau que celui du brun, ses épaules et son visage sont les seuls à être hors de l'eau. Son cœur bat un peu trop fort contre sa cage thoracique, il perd le fil de sa respiration au moment où il prend conscience qu'il n'y a pas un centimètre carré de son corps qui n'est pas glacé comme de la pierre. Mais avec la sensation vient un puissant sentiment d'euphorie qui l'électrise de la tête au pied. Sans prévenir, Zakary penche la tête en arrière et lance un grand cri de joie en direction du ciel étoilé, ses bras venant naturellement se resserrer autour de lui en quête d'un peu de chaleur.
« Je l'ai fait ! s'écrit-il d'une voix un peu trop forte. Je l'ai fait ! C'est... Oh, putain... Pardon ! Je suis vulgaire. Morgane, c'est... »
Il ne peut continuer car un éclat de rire vient manger la fin de sa phrase. Elles sont désormais bien loin, les pensées grises.
« C'est compris, m'sieur ! lui lance-t-il avec un sourire taquin. Je n'agirais pas comme un Gryffondor, ça non, par contre je compte bien tenter l'expérience jusqu'au bout. »
Alors que les yeux de l'autre se baissent pour accompagner ses recommandations, Zakary, lui, ne quitte pas son visage du regard, même lorsqu'il pose sa main sur son ventre et qu'il tressaille violemment, sans discrétion aucune, en sentant la fraîcheur de ses doigts glacés sur sa peau. Et lentement, laborieusement, le sorcier se met à respirer, se forçant à ressentir son ventre se gonfler et se dégonfler. Mais quand son inconnu s'immerge totalement dans l'eau, le naturel de Zakary revient il arrondit les yeux et éclate d'un grand rire heureux.
« Vous y êtes arrivé ! s'exclame-t-il, admiratif. Attendez un peu, je vais vous rejoindre ! Si je n'étais pas aussi soucieux d'écouter les conseils qu'un inconnu accepte de me donner alors qu'il a sûrement autre chose à faire à cette heure-là de la soirée, j'avoue que j'aurais déjà plongé, sans égard pour un quelconque choc thermique ! »
Zakary livre cet aveu en se penchant légèrement vers l'homme qui est désormais plus bas que lui d'un bon mètre. Il lui offre un dernier grand sourire avant de redresser la tête et de plonger son regard dans l'horizon obscur. La prochaine fois qu'il prendra la parole, il sera dans l'eau ! Il se le promet.
Soucieux de bien faire, il ferme les yeux pour se concentrer sur sa respiration. Une, deux, trois... Les bains d'Estonie, la chaleur de l'eau, le bien-être rattaché au souvenir... Zakary repense sans honte à celui qui l'accompagnait alors, aux caresses qui ont suivi — lui aussi était un total inconnu rencontré au hasard. Sur ces pensées, le sorcier ouvre de nouveau les yeux sans perdre sa concentration. Le regard braqué sur l'autre homme, il fléchit les jambes en soufflant exagérément bien déterminé à ne surtout pas songer au fait que l'eau glaciale gagne du terrain sur son corps.
Et tout à coup, ça y est. Son visage au même niveau que celui du brun, ses épaules et son visage sont les seuls à être hors de l'eau. Son cœur bat un peu trop fort contre sa cage thoracique, il perd le fil de sa respiration au moment où il prend conscience qu'il n'y a pas un centimètre carré de son corps qui n'est pas glacé comme de la pierre. Mais avec la sensation vient un puissant sentiment d'euphorie qui l'électrise de la tête au pied. Sans prévenir, Zakary penche la tête en arrière et lance un grand cri de joie en direction du ciel étoilé, ses bras venant naturellement se resserrer autour de lui en quête d'un peu de chaleur.
« Je l'ai fait ! s'écrit-il d'une voix un peu trop forte. Je l'ai fait ! C'est... Oh, putain... Pardon ! Je suis vulgaire. Morgane, c'est... »
Il ne peut continuer car un éclat de rire vient manger la fin de sa phrase. Elles sont désormais bien loin, les pensées grises.