Les yeux pleins de lumières
23 DÉCEMBRE 2049, 15h27,
CHEMIN DE TRAVERSE, LONDRES,
Alyona, 20 ans,
CHEMIN DE TRAVERSE, LONDRES,
Alyona, 20 ans,
Si j'étais poète, tous mes vers se tourneraient du côté de ce Londres festif et animé, enveloppé de lumières et de rires, recouvert d'un manteau blanc et parcouru de frissons comme de sorciers. Je tracerais des mots brûlants après avoir plongé ma plume dans un chocolat chaud ; je cacherais un pain d'épices dans la poche d'une strophe ; mes vers glisseraient sur la langue comme des patins sur la glace ; mes rimes s'embrasseraient dans l'ombre de deux kiosques ; et mon recueil aux couleurs rouge et vert serait planté près d'un sapin dans le coeur de Noël. Le tout aurait le goût d'une bûche cuite dans la chaleur d'un foyer familial. Ce serait beau, mais certainement pas à la hauteur de la vérité.
Mais je ne suis ni poète ni londonienne, et de ce fait uniquement capable de regarder autour de moi avec des yeux ronds et avides, plein d'un rêve qui a pris vie.
Je me faufile entre les passants comme une idée. Je ne sais pas très bien où je vais, ni quand est-ce que je m'arrêterai, ni même qui me retiendra ; je me contente d'avancer, les iris virevoltants avec les flocons, la bouche ouverte prête à avaler le monde.
Exister est devenu léger, simple, agréable. C'est progresser dans la rue, entre des inconnus aux bouches pleines de mots et de buée ; c'est suivre les odeurs et leur promesse, dévorer du regard leur provenance et rêver de tendre la main pour s'en saisir ; c'est observer autour de soi plus que devant soi, écouter les rires et les phrases davantage qu'en produire ; c'est porter une cape lourde et chaude, glisser ses mains dans des gants, enrouler une écharpe colorée autour de son cou, remuer les orteils que le froid atteint même à travers des bottes sombres ; c'est doux. J'aimerais exister de cette manière toute l'année. Mes pensées fondent avec les flocons au contact du sol. Rien ne s'accroche, si ce n'est mon regard ; rien ne pèse sur mes épaules, si ce n'est ma cape. C'est facile.
Cela faisait des années que je n'étais pas venue à Londres à cette période. J'ai l'impression de redécouvrir la ville, elle que je connais pourtant bien. Rien n'est pareil. Il y a tant de monde ! Mais ce qui m'étonne le plus, c'est la joie. Je pensais que Yule et Noël ne pouvaient être aussi beaux qu'à Poudlard. Force m'est de constater que je me suis trompée. Ici aussi, les gens rient, s'amusent, étirent leurs lèvres sans soucis, discutent et tissent le bonheur ensemble. Ce sont des familles, des amis, des couples. Leurs visages sont si lumineux qu'ils m'éclairent. Je ne regrette pas ma venue. Comment le pourrai-je ? Je me sens transportée, emportée. C'est l'hiver, je viens d'aller voir ma grand-mère, je retourne chez moi, et j'ai dans les yeux tant d'images féeriques que je n'ai plus besoin de m'endormir.
Les kiosques m'attirent inexorablement. Ils sont semblables à de petites maisons aux portes ouvertes, prêtes à nous accueillir, à nous entraîner vers une cheminée et de grands fauteuils confortables. Ils n'ont besoin ni d'appeler qui que ce soit ni de se présenter, ce qu'ils dégagent parle à leur place. Ils me donnent envie de m'arrêter, de me poser, de savourer. Savourer ! c'est là un mot adapté pour ce que je ressens. Les yeux fermés, un goût exotique sur la langue, un voyage des perceptions, et le temps qui suspend son geste, qui lui aussi ferme les yeux, sourit, respire doucement. Comment résister à l'appel des sens ? Mon crâne se peuple d'images. Je ne me laisse pas le temps de réfléchir, déjà, je m'avance vers un kiosque et plonge mes doigts dans mon sac. Les arômes qui s'étalent dans l'air m'attirent à elles comme un Filet du Diable. Je ne cherche même pas à résister. Le plaisir dirige mes mains. J'échange mes mornilles contre un chocolat chaud et des baguettes magiques à la réglisse. J'ai un peu de Noël au bout des bras.
Mes achats dans les mains, je me glisse jusqu'à une table de bois pour me poser. Autour de moi, la joie se respire encore. La chaleur des fêtes est une magie exceptionnelle qui fait briller aussi bien les guirlandes que les yeux. Je me sens bien. Mes doigts s'enroulent autour de ma tasse. Une baguette de réglisse entre en contact avec mes dents. Mes yeux se ferment.
Si j'étais poète, si j'étais londonienne, je retournerais chaque année à cette table. Comme un oiseau, je migrerai à l'approche des fêtes pour faire mon nid dans ce marché des sourires.
Et voilà @Ernest Stevens ! En espérant que cela te convienne.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
baisse de présence jusque fin juillet
baisse de présence jusque fin juillet
Les yeux pleins de lumières
Ernest était rentré à Londres deux jours auparavant. La perspective des fêtes l’emballait toujours autant, année après année. Peut-être même plus depuis qu’il avait le droit de se rendre sur le Chemin de Traverse par ses propres moyens. Tout seul. Comme un grand. Mains dans les poches, bonnet enfoncé sur les oreilles et écharpe montée sur le nez, l’adolescent flânait dans la rue pavée.
Ses yeux pétillaient d’un émerveillement inextinguible. Aussi brillant que les guirlandes magiques et autres lanternes lumineuses qui flottaient dans les airs, son regard était irrésistiblement attiré d’un stand à l’autre. En cette veille de Noël, le petit brun était venu dans l’allée commerçante en quête d’idées de cadeaux, mais aussi pour le plaisir des yeux, des papilles et des narines.
Le premier stand devant lequel le gamin s’était arrêté était bien évidemment le Kiosque des confiseries enchantées. Si les bonbons magiques étaient déjà fascinant, leurs déclinaisons pour Noël étaient encore plus originales et extravagantes. Des simples Fondants au chaudron en édition spéciale Noël saveur pain d’épices ou vin chaud aux sucres d’orge qui dansaient sur la langue, le petit brun avait l’embarras du choix.
Il hésita un long moment et jeta finalement son dévolu sur un mug de chocolat chaud auto-remplissant avec un extra de Do-Ré-Mi Mallow, des guimauves qui chantaient des cantiques de Noël avant de fondre doucement dans la boisson chaude. Après avoir payé son dû, recompté ses économies et remercié le marchand, Ernest repris son exploration, ses mains serrées sur sa tasse tiède. C’était doux. Et qu’est-ce que ça sentait bon !
L’adolescent s’approcha du stand d’un artisan qui proposait des Boules de Noël Magiques. Tous les ans, les créateurs se surpassaient. Entre les boules dans lesquelles tombaient une douce neige en continu et celles qui changeaient de couleur en fonction de l’humeur de la personne qui les approchait, le choix était impossible. Ernest s’imaginait la robe de chaque sapin ornée des différentes parures. Il compta ses mornilles et en acheta une de chaque. Pas pour la décoration, mais pour la science. Il aimerait tellement créer ses propres prototypes. Les idées fusaient dans son esprit mais se retrouvaient limitées par ses capacités.
Les Cartes de Voeux animées ne manquaient pas non plus de panaches. À l’image des Beuglantes qu’il allait étudier dès la rentrée avec Miss Priddy, certaines permettaient d’enregistrer des messages vocaux, qui serait prononcé par un petit lutin dès l’ouverture de la carte. Elles se déclinaient en version fée, leprechaun, chouette, ou encore Ronflak cornu, ce qui était pour le moins étrange. Il y avait même une variante en langue des Trolls ! Voilà qui pourrait lui être utile. Le gamin déboursa quelques belles pièces pour trois exemplaires trollesques. Ne savait-on jamais.
Le jeune Serpentard s’arrêta ensuite devant le Marchand de Flocons. Dans de petites fioles enchantées, flottaient doucement des flocons de neige capturés. Chaque modèle avait des propriétés différentes et découvrait son pouvoir lorsqu’on le prenait en main. Il en essaya plusieurs avec émerveillement et se demanda si l’un d’entre eux ferait un cadeau pertinent pour Eileen. Comme celui qui dégageait une agréable odeur de pin ou celui qui faisait apparaître magiquement un petit paysage enneigé miniature.
Il n’était pas convaincu. Il pourrait toujours revenir avant la fin du mois cela dit. Le Stand des Chants de Noël Enchantés était là depuis aussi longtemps qu’Ernest s’en souvenait. Il faisait partie des classiques du marché de Noël. Un incontournable. Des partitions de chants de Noël virevoltaient autour des visiteurs et s’illuminaient lorsqu’on chantaient avec elles. De quoi se mettre le moindre air dans la tête pour toute la journée.
Il y avait encore bien d’autres stands et kiosques devant lesquels s’arrêter. La rue principale du Chemin de Traverse était longue et semblait s’étendre étrangement lors de la période des fêtes. Était-ce uniquement une illusion ou bien l’effet d’un sortilège ? Le gamin n’eut pas le temps d’y réfléchir plus intensément qu’une douce odeur vint chatouiller ses narines. Une odeur réconfortante et familière. Un autre stand qui faisait partie des institutions était le marchand de Dampfnudeln. Le vieux sorcier qui tenait cet étalage avait une barbe qui touchait presque le sol et un accent allemand à couper au couteau. Il devait probablement être aussi vieux que la rue. Mais il était toujours là, année après année.
Armée de son chocolat chaud qui ne se tarrissait jamais et de ce son petit pain brioché ultra moelleux garni d’une compote de pomme givrée, Ernest avait les mains pleines. Il valait mieux faire une petite pause pour éviter toute catastrophe. L’expérience le rendait raisonnable. Perché sur un haut tabouret qui entourait de grands tonneaux qui faisaient office de mange-debout, l’adolescent se laissait aller à la douceur du sucre et à la délicatesse des épices. Tout en dégustant son goûter, il observait les sorciers déambuler, faire leur courses et terminer les derniers préparatifs pour les fêtes. Le gamin aimait imaginer qui ils étaient et où ils allaient en fonction de leur dégaine et des stands auxquels ils s’arrêtaient. Il inventait des gens et se racontait des vies.
Ses yeux pétillaient d’un émerveillement inextinguible. Aussi brillant que les guirlandes magiques et autres lanternes lumineuses qui flottaient dans les airs, son regard était irrésistiblement attiré d’un stand à l’autre. En cette veille de Noël, le petit brun était venu dans l’allée commerçante en quête d’idées de cadeaux, mais aussi pour le plaisir des yeux, des papilles et des narines.
Le premier stand devant lequel le gamin s’était arrêté était bien évidemment le Kiosque des confiseries enchantées. Si les bonbons magiques étaient déjà fascinant, leurs déclinaisons pour Noël étaient encore plus originales et extravagantes. Des simples Fondants au chaudron en édition spéciale Noël saveur pain d’épices ou vin chaud aux sucres d’orge qui dansaient sur la langue, le petit brun avait l’embarras du choix.
Il hésita un long moment et jeta finalement son dévolu sur un mug de chocolat chaud auto-remplissant avec un extra de Do-Ré-Mi Mallow, des guimauves qui chantaient des cantiques de Noël avant de fondre doucement dans la boisson chaude. Après avoir payé son dû, recompté ses économies et remercié le marchand, Ernest repris son exploration, ses mains serrées sur sa tasse tiède. C’était doux. Et qu’est-ce que ça sentait bon !
L’adolescent s’approcha du stand d’un artisan qui proposait des Boules de Noël Magiques. Tous les ans, les créateurs se surpassaient. Entre les boules dans lesquelles tombaient une douce neige en continu et celles qui changeaient de couleur en fonction de l’humeur de la personne qui les approchait, le choix était impossible. Ernest s’imaginait la robe de chaque sapin ornée des différentes parures. Il compta ses mornilles et en acheta une de chaque. Pas pour la décoration, mais pour la science. Il aimerait tellement créer ses propres prototypes. Les idées fusaient dans son esprit mais se retrouvaient limitées par ses capacités.
Les Cartes de Voeux animées ne manquaient pas non plus de panaches. À l’image des Beuglantes qu’il allait étudier dès la rentrée avec Miss Priddy, certaines permettaient d’enregistrer des messages vocaux, qui serait prononcé par un petit lutin dès l’ouverture de la carte. Elles se déclinaient en version fée, leprechaun, chouette, ou encore Ronflak cornu, ce qui était pour le moins étrange. Il y avait même une variante en langue des Trolls ! Voilà qui pourrait lui être utile. Le gamin déboursa quelques belles pièces pour trois exemplaires trollesques. Ne savait-on jamais.
Le jeune Serpentard s’arrêta ensuite devant le Marchand de Flocons. Dans de petites fioles enchantées, flottaient doucement des flocons de neige capturés. Chaque modèle avait des propriétés différentes et découvrait son pouvoir lorsqu’on le prenait en main. Il en essaya plusieurs avec émerveillement et se demanda si l’un d’entre eux ferait un cadeau pertinent pour Eileen. Comme celui qui dégageait une agréable odeur de pin ou celui qui faisait apparaître magiquement un petit paysage enneigé miniature.
Il n’était pas convaincu. Il pourrait toujours revenir avant la fin du mois cela dit. Le Stand des Chants de Noël Enchantés était là depuis aussi longtemps qu’Ernest s’en souvenait. Il faisait partie des classiques du marché de Noël. Un incontournable. Des partitions de chants de Noël virevoltaient autour des visiteurs et s’illuminaient lorsqu’on chantaient avec elles. De quoi se mettre le moindre air dans la tête pour toute la journée.
Il y avait encore bien d’autres stands et kiosques devant lesquels s’arrêter. La rue principale du Chemin de Traverse était longue et semblait s’étendre étrangement lors de la période des fêtes. Était-ce uniquement une illusion ou bien l’effet d’un sortilège ? Le gamin n’eut pas le temps d’y réfléchir plus intensément qu’une douce odeur vint chatouiller ses narines. Une odeur réconfortante et familière. Un autre stand qui faisait partie des institutions était le marchand de Dampfnudeln. Le vieux sorcier qui tenait cet étalage avait une barbe qui touchait presque le sol et un accent allemand à couper au couteau. Il devait probablement être aussi vieux que la rue. Mais il était toujours là, année après année.
Armée de son chocolat chaud qui ne se tarrissait jamais et de ce son petit pain brioché ultra moelleux garni d’une compote de pomme givrée, Ernest avait les mains pleines. Il valait mieux faire une petite pause pour éviter toute catastrophe. L’expérience le rendait raisonnable. Perché sur un haut tabouret qui entourait de grands tonneaux qui faisaient office de mange-debout, l’adolescent se laissait aller à la douceur du sucre et à la délicatesse des épices. Tout en dégustant son goûter, il observait les sorciers déambuler, faire leur courses et terminer les derniers préparatifs pour les fêtes. Le gamin aimait imaginer qui ils étaient et où ils allaient en fonction de leur dégaine et des stands auxquels ils s’arrêtaient. Il inventait des gens et se racontait des vies.
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@Alyona Farrow
@Alyona Farrow
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- PRÉSENCE RÉDUITE -
- PRÉSENCE RÉDUITE -
Les yeux pleins de lumières
Toutes les épines qui m'entourent se dissolvent dans ma tasse. Le monde expire de la douceur et se fait nuage, arrondissant les coins de tous les angles, étirant les lèvres de chaque passant. Merlin, que c'est agréable ! Je me sens enveloppée dans un cocon. Je crois que je pourrai rester là des heures, immobile et transportée. Néanmoins, une pensée tâche le paysage de ma conscience. Quelque chose me manque ; une seule, à vrai dire : la présence de mes amis. Être seule dans un tel endroit est décevant. J'aimerais qu'ils soient là, ne serait-ce que pour que nous puissions partager ce souvenir, discuter ou plaisanter. Leurs mots, leurs visages, leurs grands gestes et leur compagnie montent en moi comme des rêves éclatants de couleurs ; ils irisent dans ma gorge et s'étalent dans mon ventre ; ils transportent des paroles annonciatrices de lumière ; ils m'élèvent et m'emportent plus haut encore que ce que je pensais atteindre. Puis ils se fissurent sur le réel, car ils ne sont pas là. Et tous mes espoirs tombent et fondent comme une goutte de pluie dans la neige.
J'apprécie la solitude, mais quelquefois je ne peux pas nier qu'elle ternit mon univers.
Alors, je m'évade dans la vie des autres. J'en ai tant l'habitude que cela me vient naturellement et facilement. Mes yeux s'accrochent aux sorciers qui entrent dans mon champ de vision, pour ne plus les laisser. J'écoute leurs paroles, j'observe leurs gestes, je me faufile jusqu'à eux pour oublier le vide à mes côtés. Je me plonge toute entière au-dehors de moi-même pour échapper au froid du dedans.
Il y a des familles complètes : enfants, parents et grands-parents réunis pour Yule ; il y a des amis, se retrouvant autour d'une table pour discuter et partager un nouveau moment ; il y a des curieux, venus pour découvrir, pour observer, pour voir de leurs propres yeux ce dont ils ont tant entendu parler ; il y a ceux qui errent, les pensées bien loin, sûrement présents pour quelque chose qui leur a échappé ; il y a toute une foule au marché de Noël, et il est parfois difficile de distinguer et de regrouper les sorciers entre eux, puisqu'ils se ressemblent et se mélangent si bien. Penser au fait que j'appartienne à ce tout est aussi agréable que l'ambiance de fête qui se dégage de ce rassemblement.
Et puis, parmi cette foule, il y a des visages qui me réveillent.
Celui que j'aperçois est de trois-quarts et de dos, assis à une table à quelques mètres seulement de moi. C'est un jeune sorcier, aux cheveux bruns, à la peau blanche, et à l'air étrangement familier. Au début, mon regard le traverse sans s'arrêter. Puis, la deuxième fois que mes yeux le croisent, un instinct me pousse à mieux l'observer. C'est la reconnaissance qui murmure à l'orée de mes sens, qui articule un nom que je mets un certain temps avant de réussir à l'entendre clairement. Ernest Stevens, qu'elle murmure. Et toute ma pensée s'en retrouve arrêtée et immobilisée sur ce sorcier aux cheveux bruns.
Est-ce que c'est lui ? Je le détaille et l'examine quelques minutes. Puis, son profil m'apparaît et les souvenirs éclatent sur l'écran de mes pensées. Les serres, la scutumi et un bouquet de sentiments fleurissent brusquement dans mon esprit pour m'envelopper de sensations colorées. Bien sûr que c'est lui ! Nous avons échangé quelques hiboux depuis mon départ de Poudlard, mais c'est la première fois que je le revois. A-t-il grandi ? A-t-il changé ? Je suis frappée de réflexions et d'interrogations. Un sourire jailli sur mon visage. Ernest ! Ici ! Je suis surprise et poussée vers l'avant. Je ne me questionne même pas sur le fait que je puisse le déranger, ou l'interrompre dans ses pensées ; j'attrape mon chocolat chaud et me lève pour franchir en quelques pas la distance qui nous sépare. L'occasion est trop rare et belle pour que je m'interroge et passe à côté. Pour une fois, je ne réfléchis pas, et cela me convient bien.
Néanmoins, je m'approche sans bondir, conservant une certaine lenteur, de peur de surprendre le jeune sorcier. Je préfère qu'il me voit l'approcher.
« Ernest ? » l'interpellé-je, mes lèvres étirées en un sourire immense.
J'apprécie la solitude, mais quelquefois je ne peux pas nier qu'elle ternit mon univers.
Alors, je m'évade dans la vie des autres. J'en ai tant l'habitude que cela me vient naturellement et facilement. Mes yeux s'accrochent aux sorciers qui entrent dans mon champ de vision, pour ne plus les laisser. J'écoute leurs paroles, j'observe leurs gestes, je me faufile jusqu'à eux pour oublier le vide à mes côtés. Je me plonge toute entière au-dehors de moi-même pour échapper au froid du dedans.
Il y a des familles complètes : enfants, parents et grands-parents réunis pour Yule ; il y a des amis, se retrouvant autour d'une table pour discuter et partager un nouveau moment ; il y a des curieux, venus pour découvrir, pour observer, pour voir de leurs propres yeux ce dont ils ont tant entendu parler ; il y a ceux qui errent, les pensées bien loin, sûrement présents pour quelque chose qui leur a échappé ; il y a toute une foule au marché de Noël, et il est parfois difficile de distinguer et de regrouper les sorciers entre eux, puisqu'ils se ressemblent et se mélangent si bien. Penser au fait que j'appartienne à ce tout est aussi agréable que l'ambiance de fête qui se dégage de ce rassemblement.
Et puis, parmi cette foule, il y a des visages qui me réveillent.
Celui que j'aperçois est de trois-quarts et de dos, assis à une table à quelques mètres seulement de moi. C'est un jeune sorcier, aux cheveux bruns, à la peau blanche, et à l'air étrangement familier. Au début, mon regard le traverse sans s'arrêter. Puis, la deuxième fois que mes yeux le croisent, un instinct me pousse à mieux l'observer. C'est la reconnaissance qui murmure à l'orée de mes sens, qui articule un nom que je mets un certain temps avant de réussir à l'entendre clairement. Ernest Stevens, qu'elle murmure. Et toute ma pensée s'en retrouve arrêtée et immobilisée sur ce sorcier aux cheveux bruns.
Est-ce que c'est lui ? Je le détaille et l'examine quelques minutes. Puis, son profil m'apparaît et les souvenirs éclatent sur l'écran de mes pensées. Les serres, la scutumi et un bouquet de sentiments fleurissent brusquement dans mon esprit pour m'envelopper de sensations colorées. Bien sûr que c'est lui ! Nous avons échangé quelques hiboux depuis mon départ de Poudlard, mais c'est la première fois que je le revois. A-t-il grandi ? A-t-il changé ? Je suis frappée de réflexions et d'interrogations. Un sourire jailli sur mon visage. Ernest ! Ici ! Je suis surprise et poussée vers l'avant. Je ne me questionne même pas sur le fait que je puisse le déranger, ou l'interrompre dans ses pensées ; j'attrape mon chocolat chaud et me lève pour franchir en quelques pas la distance qui nous sépare. L'occasion est trop rare et belle pour que je m'interroge et passe à côté. Pour une fois, je ne réfléchis pas, et cela me convient bien.
Néanmoins, je m'approche sans bondir, conservant une certaine lenteur, de peur de surprendre le jeune sorcier. Je préfère qu'il me voit l'approcher.
« Ernest ? » l'interpellé-je, mes lèvres étirées en un sourire immense.
Pardon pour ce délai ! À cinq minutes du un mois de retard, argh c'est terrible.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
baisse de présence jusque fin juillet
baisse de présence jusque fin juillet
Les yeux pleins de lumières
Ernest appréciait de passer les fêtes dans son petit cocon. Avoir ses deux mamans rien que pour lui. Pourtant, en laissant vaquer son esprit à travers les rues du Chemin de Traverse, il ne pouvait s’empêcher de jouer à ce petit jeu où il imaginait faire partie des familles qui déambulaient dans le Marché de Noël. Ce que ce serait d’avoir des grands parents sorciers, des oncles ou des tantes. Peut-être même des cousins et des cousines. Il s’agissait d’un petit passe-temps cérébral, rien de plus anodin. Un peu comme de mettre des figurines LEGO dans une maison.
L’esprit du gamin divagua encore un peu plus en imaginant à quoi pourrait ressembler des LEGO sorcier. Seraient-ils animés commes ses figurines de dragons ? Peut-être juste que leur visage changerait d’expression comme sur les photographies magiques. Ce serait une invention fantastique pour tous les enfants nés dans des familles sorcières. D’ailleurs, il trouvait ça étonnant que personne n’en ait jamais eu l’idée avant. Cela dit, les petites figurines en plastique jaunes ne s’imposerait peut-êre pas en faveur des moldus et de la méfiance que leur vouait les magiciens. Dommage… Mais en même temps, il y avait quelque chose à creuser.
L’imagination du gamin continuait son chemin, transformant familles, chalants et hiboux en avatar de jeu grandeur nature. L’adolescent pencha la tête sur sa tasse et ferma un œil pour jouer avec les perspectives du regard. Vu comme ça, il avait presque l’impression de pouvoir les saisir entre ses doigts. De pouvoir choisir les membres de sa famille imaginaire. Et ça le faisait pouffer. Assis-là, sur son tabouret trop haut pour que ses pieds ne touchent le sol, il les balançaient joyeusement au rythme des carillons volants et des cantiques de Noël. Le petit brun se laissait envahir par l’ambiance et s’y fondait tout naturellement. Il fallait dire que se fondre dans le décor était l’une de ses spécialités.
Ernest aurait pu rester posté là des heures durant. Sa tasse de chocolat chaude auto-remplissante était probablement le meilleur investissement qu’il avait fait de toute sa vie ! Enfin peut-être pas de sa vie entière. Mais elle venait probablement en bonne place dans son top 5. En deuxième place à bien y réfléchir. Seulement après son sac à dos sans fond. Celui-là avait été plus qu’amorti. Comme quoi, il n’en fallait pas beaucoup pour le satisfaire. La tête toujours penchée sur sa tasse, le gamin laissait les odeurs pénétrer ses narines avec une certaine délectation.
L’adolescent se figea en entendant son prénom. C’est qu’ici, personne ne le connaissait vraiment. Enfin lui, il ne connaissait personne. Ses copains étaient chez eux, dans leurs familles ou à Poudlard. Les yeux écarquillés, il releva la tête en direction de la voix. Une fine moustache de chocolat entourait sa bouche et comme un flocon distrait, un éclat de marshmallow fondu s’était collé à son nez, vestige délicieux de sa gourmandise. Ses cils papillonnèrent un quart de seconde, comme si pupilles devaient faire la mise au point entre le monde imaginaire dans lequel il se lovait et la réalité. Était-elle bien réelle ? Sa tignasse rousse ? Ce petit accent particulier caché derrière un anglais parfait ? Était-ce vraiment elle ou juste le fruit de son imagination hyper fertile ?
“A… Alyona ?!”
Le dire à voix haute, c’était une manière de rendre la présence de la jeune fille concrète. Réelle. Le petit brun se redressa de toute sa colonne vertébrale et un large sourire fendit son visage. Si leurs échanges étaient restés très ponctuels et factuels, Ernest avait fantasmé cette correspondance comme un pont confidentiel entre deux monde. Alyona comme une confidente secrète, même s’il se contentait de lui envoyer des comptes-rendus sur l’état de sa plante. Les échanges, il les avait imaginés entre les lignes. Ou en parlant à sa plante.
“Mais… ! C’est dingue que tu sois là ! Aujourd’hui ! Enfin… en même temps que moi !”
C’était peut-être l’ambiance des fêtes, la longue période de l’avent ou l’enthousiasme qui couvait en attendant Noël. Probablement le mélange de tout ça. L’allégresse que le jeune serpentard portait en germe jaillit, incontrôlable et vive.
“Toi aussi t’es en congés ? Tu vas passer les fêtes avec ta famille ? T’es venu faire des cadeaux de Noël ? Et c’est comment en vrai l’IMSM ? Tu portes un uniforme ? T’as découvert de nouvelles plantes ? Tu savais qu’c’était possible de parler avec les mandragores, toi ? T’imagines les possibilités que ça ouvre ? P’t’être qu’un jour je pourrais discuter avec Maggy ou ton scutumi…”
Ernest avait des dizaines, des centaines de questions qui fourmillaient dans son esprit. Mais il fallait bien reprendre son souffle. Une demi-seconde où il réalisa son emportement. L’adolecent baissa la tête, les joues soudain rougit par la gêne.
“Euh… ‘fin.. j’veux dire… Hey… Salut…”
L’esprit du gamin divagua encore un peu plus en imaginant à quoi pourrait ressembler des LEGO sorcier. Seraient-ils animés commes ses figurines de dragons ? Peut-être juste que leur visage changerait d’expression comme sur les photographies magiques. Ce serait une invention fantastique pour tous les enfants nés dans des familles sorcières. D’ailleurs, il trouvait ça étonnant que personne n’en ait jamais eu l’idée avant. Cela dit, les petites figurines en plastique jaunes ne s’imposerait peut-êre pas en faveur des moldus et de la méfiance que leur vouait les magiciens. Dommage… Mais en même temps, il y avait quelque chose à creuser.
L’imagination du gamin continuait son chemin, transformant familles, chalants et hiboux en avatar de jeu grandeur nature. L’adolescent pencha la tête sur sa tasse et ferma un œil pour jouer avec les perspectives du regard. Vu comme ça, il avait presque l’impression de pouvoir les saisir entre ses doigts. De pouvoir choisir les membres de sa famille imaginaire. Et ça le faisait pouffer. Assis-là, sur son tabouret trop haut pour que ses pieds ne touchent le sol, il les balançaient joyeusement au rythme des carillons volants et des cantiques de Noël. Le petit brun se laissait envahir par l’ambiance et s’y fondait tout naturellement. Il fallait dire que se fondre dans le décor était l’une de ses spécialités.
Ernest aurait pu rester posté là des heures durant. Sa tasse de chocolat chaude auto-remplissante était probablement le meilleur investissement qu’il avait fait de toute sa vie ! Enfin peut-être pas de sa vie entière. Mais elle venait probablement en bonne place dans son top 5. En deuxième place à bien y réfléchir. Seulement après son sac à dos sans fond. Celui-là avait été plus qu’amorti. Comme quoi, il n’en fallait pas beaucoup pour le satisfaire. La tête toujours penchée sur sa tasse, le gamin laissait les odeurs pénétrer ses narines avec une certaine délectation.
L’adolescent se figea en entendant son prénom. C’est qu’ici, personne ne le connaissait vraiment. Enfin lui, il ne connaissait personne. Ses copains étaient chez eux, dans leurs familles ou à Poudlard. Les yeux écarquillés, il releva la tête en direction de la voix. Une fine moustache de chocolat entourait sa bouche et comme un flocon distrait, un éclat de marshmallow fondu s’était collé à son nez, vestige délicieux de sa gourmandise. Ses cils papillonnèrent un quart de seconde, comme si pupilles devaient faire la mise au point entre le monde imaginaire dans lequel il se lovait et la réalité. Était-elle bien réelle ? Sa tignasse rousse ? Ce petit accent particulier caché derrière un anglais parfait ? Était-ce vraiment elle ou juste le fruit de son imagination hyper fertile ?
“A… Alyona ?!”
Le dire à voix haute, c’était une manière de rendre la présence de la jeune fille concrète. Réelle. Le petit brun se redressa de toute sa colonne vertébrale et un large sourire fendit son visage. Si leurs échanges étaient restés très ponctuels et factuels, Ernest avait fantasmé cette correspondance comme un pont confidentiel entre deux monde. Alyona comme une confidente secrète, même s’il se contentait de lui envoyer des comptes-rendus sur l’état de sa plante. Les échanges, il les avait imaginés entre les lignes. Ou en parlant à sa plante.
“Mais… ! C’est dingue que tu sois là ! Aujourd’hui ! Enfin… en même temps que moi !”
C’était peut-être l’ambiance des fêtes, la longue période de l’avent ou l’enthousiasme qui couvait en attendant Noël. Probablement le mélange de tout ça. L’allégresse que le jeune serpentard portait en germe jaillit, incontrôlable et vive.
“Toi aussi t’es en congés ? Tu vas passer les fêtes avec ta famille ? T’es venu faire des cadeaux de Noël ? Et c’est comment en vrai l’IMSM ? Tu portes un uniforme ? T’as découvert de nouvelles plantes ? Tu savais qu’c’était possible de parler avec les mandragores, toi ? T’imagines les possibilités que ça ouvre ? P’t’être qu’un jour je pourrais discuter avec Maggy ou ton scutumi…”
Ernest avait des dizaines, des centaines de questions qui fourmillaient dans son esprit. Mais il fallait bien reprendre son souffle. Une demi-seconde où il réalisa son emportement. L’adolecent baissa la tête, les joues soudain rougit par la gêne.
“Euh… ‘fin.. j’veux dire… Hey… Salut…”
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@Alyona Farrow, d'excuses en excuses on avance quand même
@Alyona Farrow, d'excuses en excuses on avance quand même
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- PRÉSENCE RÉDUITE -
- PRÉSENCE RÉDUITE -
Les yeux pleins de lumières
Cela fait si longtemps que nous ne nous sommes pas vus, j'aurais pu ne pas le reconnaître. Merlin, je m'en serai tellement voulu ! Mais cela n'aurait pas été impossible, après tout nous ne nous sommes croisés qu'une fois avant celle-ci, et cela remonte à ma dernière année à Poudlard. J'ai l'impression que cela fait une éternité. Pourtant, Ernest n'a pas beaucoup changé. Il a grandi, sûrement. Et peut-être que certaines transformations ont fait leur apparition derrière sa peau claire. Cela ne m'empêche néanmoins pas de le reconnaître. Mais lui, se souvient-il de moi ? Je reçois de temps en temps des hiboux de sa part, mais qui dit que mon visage lui évoque encore un souvenir ? Les premières années, dans le château, apportent avec elles tant de nouveautés qu'elles en donnent le tournis. On ne peut pas tout retenir. Mes traits font-ils partie de ceux que le jeune sorcier a mémorisés ? Ce serait doux. D'autant plus que moi aussi, j'ai sûrement changé. Peut-être pas physiquement, mais dans mes idées, mon ouverture au monde, ma manière d'être, et toutes ces choses-là. On ne se rend pas toujours compte à quel point la route que l'on prend nous modifie.
Merlin ! C'est incroyable, tout de même. Lui, ici, maintenant, après tout ce temps ! Il me rappelle Poudlard. Je ne saurai pas dire si c'est douloureux ou non, ce sont des images qui élèvent dans mon crâne comme des parfums, avec leurs notes entêtantes et le passé qu'elles rapportent. Je pourrai presque me laisser aller et disparaître derrière cette brume dense de souvenirs. Cependant, la présence d'Ernest m'en empêche. Il retient bien vite mes pensées. J'ai tant à lui dire, tant à lui demander ! C'est le printemps dans ma poitrine. Les questions fleurissent et tachent la toile de blanc, de rose et de jaune ; le soleil me sourit derrière les nuages ; Pré-au-Lard rayonne avec son goût de fruits.
Le jeune Vert me regarde avec des yeux ronds et une moustache de chocolat, frappé d'étonnement. Moi, j'ai le visage croqué par mon sourire. C'est si agréable, des retrouvailles imprévues ! C'est comme un rayon de soleil qui viendrait jeter de la lumière partout dans un ciel gris, ou la découverte d'une nouvelle saveur qui embrase le palais en tombant sur ses braises blanc et rose. Le monde entier disparaît et se fond derrière le bonheur, et je ne saurais pas dire si c'est lui qui est immense ou l'univers qui se fait petit.
Ses mots pleins d'étonnement se transforment bientôt en une pluie d'interrogations qui tombe brusquement sur mon visage et font éclater un rire dans ma gorge. La joie me rend légère, et les questions qu'il me pose avant même que je ne m'installe, trahissant sa curiosité, m'amusent beaucoup, peut-être parce qu'elles dénoncent aussi son enthousiasme, qui m'est doux comme un nuage.
« Moi aussi je suis contente de te voir ! Tu permets que je m'assoie avant de te répondre ? » demandé-je, avec un petit air malicieux.
Cependant, je n'attends pas son accord pour poser mes affaires sur la petite table, peut-être parce que je me doute qu'il arrivera, et parce qu'en sentant toute sa curiosité, quelque chose me dit que nos retrouvailles ne dureront pas le temps d'un simple échange de politesses et de salutations.
Je replace mon écharpe autour de mon cou et prends place sur une autre chaise si le jeune sorcier me le permet. Du coin de l'oeil, je le regarde d'un peu plus près, curieuse des changements que je peux lire sur son visage, ou de toutes les similitudes qu'il a gardé en comparaison du souvenir de ce petit Vert rencontré il y a de cela des mois et des mois. Moi aussi, j'ai des questions, même si je sais d'avance que je le laisserai d'abord poser les siennes avant de donner la place aux miennes. En quelle année est-il, maintenant ? Est-ce qu'il a déjà dû choisir sa filière ? Laquelle a-t-il pris ? Passe-t-il toujours du temps dans les serres ? Et ma scutumi ? Lui donne-t-elle du fil à retordre ? Merlin, nous avons tellement de silences à rattraper !
« Mais oui, je suis en congé depuis quelques jours, après avoir passé mes examens pour l'Institut. Donc je suis venue pour voir le marché, me balader, et toutes ces choses-là. »
Ma bouche s'ouvre, mes sourcils se froncent et un sourire me transperce le visage.
« Je n'ai pas retenu toutes tes questions, avoué-je, mais je peux bien rester pour y répondre, si je ne te dérange pas. Cela fait si longtemps que nous ne nous sommes pas vus ! »
Je lui souris, et mes yeux lui donnent l'autorisation de jeter de nouveau sur mon corps sa pluie de curiosité. Vas-y Ernest, par Merlin ! Ne baisse pas la tête, ne laisse pas tes joues prendre les couleurs de l'embarras. Le temps a déjà exigé de nous tant de retenue, on peut bien lâcher les voiles et laisser l'enthousiasme nous guider, cette fois-ci.
Merlin ! C'est incroyable, tout de même. Lui, ici, maintenant, après tout ce temps ! Il me rappelle Poudlard. Je ne saurai pas dire si c'est douloureux ou non, ce sont des images qui élèvent dans mon crâne comme des parfums, avec leurs notes entêtantes et le passé qu'elles rapportent. Je pourrai presque me laisser aller et disparaître derrière cette brume dense de souvenirs. Cependant, la présence d'Ernest m'en empêche. Il retient bien vite mes pensées. J'ai tant à lui dire, tant à lui demander ! C'est le printemps dans ma poitrine. Les questions fleurissent et tachent la toile de blanc, de rose et de jaune ; le soleil me sourit derrière les nuages ; Pré-au-Lard rayonne avec son goût de fruits.
Le jeune Vert me regarde avec des yeux ronds et une moustache de chocolat, frappé d'étonnement. Moi, j'ai le visage croqué par mon sourire. C'est si agréable, des retrouvailles imprévues ! C'est comme un rayon de soleil qui viendrait jeter de la lumière partout dans un ciel gris, ou la découverte d'une nouvelle saveur qui embrase le palais en tombant sur ses braises blanc et rose. Le monde entier disparaît et se fond derrière le bonheur, et je ne saurais pas dire si c'est lui qui est immense ou l'univers qui se fait petit.
Ses mots pleins d'étonnement se transforment bientôt en une pluie d'interrogations qui tombe brusquement sur mon visage et font éclater un rire dans ma gorge. La joie me rend légère, et les questions qu'il me pose avant même que je ne m'installe, trahissant sa curiosité, m'amusent beaucoup, peut-être parce qu'elles dénoncent aussi son enthousiasme, qui m'est doux comme un nuage.
« Moi aussi je suis contente de te voir ! Tu permets que je m'assoie avant de te répondre ? » demandé-je, avec un petit air malicieux.
Cependant, je n'attends pas son accord pour poser mes affaires sur la petite table, peut-être parce que je me doute qu'il arrivera, et parce qu'en sentant toute sa curiosité, quelque chose me dit que nos retrouvailles ne dureront pas le temps d'un simple échange de politesses et de salutations.
Je replace mon écharpe autour de mon cou et prends place sur une autre chaise si le jeune sorcier me le permet. Du coin de l'oeil, je le regarde d'un peu plus près, curieuse des changements que je peux lire sur son visage, ou de toutes les similitudes qu'il a gardé en comparaison du souvenir de ce petit Vert rencontré il y a de cela des mois et des mois. Moi aussi, j'ai des questions, même si je sais d'avance que je le laisserai d'abord poser les siennes avant de donner la place aux miennes. En quelle année est-il, maintenant ? Est-ce qu'il a déjà dû choisir sa filière ? Laquelle a-t-il pris ? Passe-t-il toujours du temps dans les serres ? Et ma scutumi ? Lui donne-t-elle du fil à retordre ? Merlin, nous avons tellement de silences à rattraper !
« Mais oui, je suis en congé depuis quelques jours, après avoir passé mes examens pour l'Institut. Donc je suis venue pour voir le marché, me balader, et toutes ces choses-là. »
Ma bouche s'ouvre, mes sourcils se froncent et un sourire me transperce le visage.
« Je n'ai pas retenu toutes tes questions, avoué-je, mais je peux bien rester pour y répondre, si je ne te dérange pas. Cela fait si longtemps que nous ne nous sommes pas vus ! »
Je lui souris, et mes yeux lui donnent l'autorisation de jeter de nouveau sur mon corps sa pluie de curiosité. Vas-y Ernest, par Merlin ! Ne baisse pas la tête, ne laisse pas tes joues prendre les couleurs de l'embarras. Le temps a déjà exigé de nous tant de retenue, on peut bien lâcher les voiles et laisser l'enthousiasme nous guider, cette fois-ci.
Est-ce que je t'ai déjà dit que j'adore ton petit Ernest ?
Bon bah voilà, c'est dit.
Bon bah voilà, c'est dit.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
baisse de présence jusque fin juillet
baisse de présence jusque fin juillet
Les yeux pleins de lumières
La présence d’Alyona électrisait Ernest, presque littéralement. C’était un peu comme s’il avait ingurgité un bol de matcha cul sec, additionné d’un double-shot d’expresso. Bien sûr, il ne buvait pas de café et sa mère ne le laissait pas boire de thé après le tea time. Pas plus que d’infusion de romarin ou d’ortie piquante avant le coucher, car elles étaient bien plus toniques qu’on ne voulait bien le croire. Assis sur sa chaise un peu trop grande, le corps du gamin vibrait d’enthousiasme.
Face à l’alumni de Serdaigle, le petit brun était comme un jeune chiot découvrant pour la première fois la neige. Complètement excité mais incapable de bouger ne sachant sur quel flocon jeter son dévolu. Son sourire semblait ne plus vouloir se décrocher de ses lèvres et ses yeux pétillaient comme au matin de Noël. Mais finalement, la voir ici, c’était un peu comme si c’était Noël avant l’heure.
Les questions avaient jailli de sa bouche sans même prendre le temps de passer par la case réflexion. Ou même celle des bonnes manières. Ce qui avait laissé Ernest mortifié. Mais pas trop longtemps. La curiosité était plus forte. Elle avait dit qu’elle était contente de le voir. Il n’aurait évidemment pas osé le relever. Il avait simplement rougit plus intensément encore. Gêné par sa propre ferveur, sa pudeur naturelle avait réfréné son élan.
“Nan, nan… ‘fin, j’veux dire… évidemment… ‘fin non… bien sûr… que ça m’dérange pas…”
Il tenta maladroitement de rendre à la jeune fille son sourire. Enfin plutôt à la jeune femme. Et alors qu’il réfléchissait à la manière de continuer cette conversation avec un tant soit peu plus de retenue (ou peut-être même de tenue, après tout, il était quand même Serpentard) il en avait complètement oublié son pain brioché et la compote de pomme qui menaçait dangereusement de s’étaler sur son cache-nez. Ce qui arriva inéluctablement.
“Oh…oups…”
Il frotta machinalement l’écharpe avec le revers de sa manche, n’arrangeant pas vraiment les choses.
“Euh… t’en veux ?”
Parce qu’à cet instant, ce qui le choquait le plus ce n’était pas le chaos de sucre givré sur ses vêtements qui aurait probablement horrifié sa mère mais le fait qu’il était en train de se baffrer au moment même où la rouquine l’avait interrompu.
“...’Fin, non ! Pas celui-là, hein ! Mais euh… un vrai… ‘fin pas un vrai… ils sont tous vrais… mais euh… j’peux aller t’en chercher un si ça te dit… c’est pas très loin…”
C’était sa manière à lui de dire que oui, il aimerait vraiment beaucoup ça, qu’elle reste un peu plus longtemps avec lui à discuter. Il était même prêt à sacrifier quelques mornilles si ça pouvait la faire rester un peu plus longtemps.
Face à l’alumni de Serdaigle, le petit brun était comme un jeune chiot découvrant pour la première fois la neige. Complètement excité mais incapable de bouger ne sachant sur quel flocon jeter son dévolu. Son sourire semblait ne plus vouloir se décrocher de ses lèvres et ses yeux pétillaient comme au matin de Noël. Mais finalement, la voir ici, c’était un peu comme si c’était Noël avant l’heure.
Les questions avaient jailli de sa bouche sans même prendre le temps de passer par la case réflexion. Ou même celle des bonnes manières. Ce qui avait laissé Ernest mortifié. Mais pas trop longtemps. La curiosité était plus forte. Elle avait dit qu’elle était contente de le voir. Il n’aurait évidemment pas osé le relever. Il avait simplement rougit plus intensément encore. Gêné par sa propre ferveur, sa pudeur naturelle avait réfréné son élan.
“Nan, nan… ‘fin, j’veux dire… évidemment… ‘fin non… bien sûr… que ça m’dérange pas…”
Il tenta maladroitement de rendre à la jeune fille son sourire. Enfin plutôt à la jeune femme. Et alors qu’il réfléchissait à la manière de continuer cette conversation avec un tant soit peu plus de retenue (ou peut-être même de tenue, après tout, il était quand même Serpentard) il en avait complètement oublié son pain brioché et la compote de pomme qui menaçait dangereusement de s’étaler sur son cache-nez. Ce qui arriva inéluctablement.
“Oh…oups…”
Il frotta machinalement l’écharpe avec le revers de sa manche, n’arrangeant pas vraiment les choses.
“Euh… t’en veux ?”
Parce qu’à cet instant, ce qui le choquait le plus ce n’était pas le chaos de sucre givré sur ses vêtements qui aurait probablement horrifié sa mère mais le fait qu’il était en train de se baffrer au moment même où la rouquine l’avait interrompu.
“...’Fin, non ! Pas celui-là, hein ! Mais euh… un vrai… ‘fin pas un vrai… ils sont tous vrais… mais euh… j’peux aller t’en chercher un si ça te dit… c’est pas très loin…”
C’était sa manière à lui de dire que oui, il aimerait vraiment beaucoup ça, qu’elle reste un peu plus longtemps avec lui à discuter. Il était même prêt à sacrifier quelques mornilles si ça pouvait la faire rester un peu plus longtemps.
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@Alyona Farrow
Toutes mes excuses pour cette longue absence de réponse.
Je crois que j'ai enfin retrouvé Ernest, il semblerait qu'il ait suivi un fantôme dans le dominion
@Alyona Farrow
Toutes mes excuses pour cette longue absence de réponse.
Je crois que j'ai enfin retrouvé Ernest, il semblerait qu'il ait suivi un fantôme dans le dominion
4ème année RP 50-51 - P&O / 15 ans
- PRÉSENCE RÉDUITE -
- PRÉSENCE RÉDUITE -
Les yeux pleins de lumières
Comme pour un pique-nique, se poser et prendre son temps ; d'abord, choisir l'emplacement, l'arbre près duquel s'appuyer, l'herbe contre laquelle s'allonger, puis installer la nappe, poser les paniers, déballer soigneusement le repas sans se jeter précipitamment et directement sur les viennoiseries qui tentent, attirent, et promettent un régal ; une chose à la fois, une étape après l'autre, savourer la lenteur, le plaisir de la patience qui dore la convoitise de soleil. Moi aussi, je dois contenir mes questions, refermer les bras sur la curiosité qui me traverse et me secoue, me poussant à la parole, pour la tenir encore un instant près de moi, ne lui donnant que des promesses. Chut, silence, Ernest a des choses à dire, des interrogations naissantes qui ne demandent qu'à s'exprimer. Je ne peux pas l'envahir de paroles, il s'y noierait. Une chose à la fois, me répété-je. D'abord, s'installer, prendre des nouvelles par les yeux, se reconnaître par le cœur, se rassurer par un sourire. Nous avons changé, certes, et pourtant il est clair que nous ne sommes pas non plus devenus infidèles à ceux que nous étions lorsque nous nous sommes rencontrés à Poudlard. Nous nous reconnaissons.
Je prends place près de mon ami, guidée par un enthousiasme teinté d'intérêt et de curiosité.
« Merci », dis-je avant de poser mon chocolat chaud sur la table, refermant les doigts autour de la tasse pour mieux en apprécier la chaleur.
La maladresse d'Ernest étire mon sourire tout en m'apaisant, en me détendant, en m'attendrissant. Cette absence de sérieux rend ces retrouvailles légères ; le vent ne nous écrase pas au sol avec violence et souffle glacé, il nous porte avec la tiédeur des feux d'hiver qui s'élancent jusqu'à la peau rougie par le froid. Ce n'est pas bien grave si tout n'est pas maîtrisé, s'il y a de l'étourderie dans les gestes et des fautes dans la voix, c'est ainsi que nous sommes faits, c'est ainsi que nous nous apprécions, et c'est ce qui fait tout le charme de ces moments inattendus et merveilleux ; ils nous emportent sans que nous ayons besoin de réfléchir.
Je baisse les yeux lorsque le Vert frotte son écharpe de sa manche, le conservant à l'abri d'un regard qui puisse paraître malencontreusement scrutateur, quand bien même il ne l'est pas. Sa proposition m'étonne un instant — me propose-t-il de partager son pain entamé avec moi ? — avant que la clarté ne se fasse, apportée par des précisions précipitées et confuses, qui me poussent à me regarder de l'intérieur. Est-ce que je le mets mal à l'aise ? L'ai-je dérangé ? Ou est-il seulement embourbé dans le méli-mélo perturbé de ses pensées et de ses émotions ? Devrais-je tenter de l'aider à se détendre ?
Ma voix est calme, presque lente, elle dit qu'il n'y a pas à courir partout, que je ne partirai pas si vite, que nous avons le temps et aucune inquiétude à avoir.
« Oh, ne t'embête pas, j'ai mon chocolat, ça me va pour l'instant ! J'irai peut-être en chercher après, car c'est vrai que cela paraît appétissant. » Mon regard glisse sur son pain avec un sourire. Ravie, à l'aise, amusée par sa maladresse que je trouve si tendre, j'ose même tenter un trait d'humour, mes lèvres étirées trahissant mon manque de sérieux. « Mais si tu veux déjà t'en aller, je ne te retiens pas... »
Je me doute bien qu'il ne souhaite pas se lever pour partir, quelque chose en moi est tout à fait conscient de la joie partagée de ces retrouvailles que ni lui ni moi ne souhaitons interrompre aussi tôt. N'a-t-il pas des questions ? Et moi, n'en ai-je pas de mon côté ?
J'attends que les secondes et mes traits rieurs révèlent l'ironie derrière mes paroles avant de poursuivre, préférant savoir Ernest détendu avant de le questionner, rebondissant sur de nouveaux sujets.
« Comment vas-tu ? Tu es ici avec de la famille ? »
Es-tu attendu, bientôt ou dans longtemps ? As-tu des impératifs qui viendront comme un orage jeter leurs gris sur un pique-nique à peine entamé ? Dis-le-moi pour que je sache, que je puisse prévenir ma déception avant qu'elle n'approche.
Je prends place près de mon ami, guidée par un enthousiasme teinté d'intérêt et de curiosité.
« Merci », dis-je avant de poser mon chocolat chaud sur la table, refermant les doigts autour de la tasse pour mieux en apprécier la chaleur.
La maladresse d'Ernest étire mon sourire tout en m'apaisant, en me détendant, en m'attendrissant. Cette absence de sérieux rend ces retrouvailles légères ; le vent ne nous écrase pas au sol avec violence et souffle glacé, il nous porte avec la tiédeur des feux d'hiver qui s'élancent jusqu'à la peau rougie par le froid. Ce n'est pas bien grave si tout n'est pas maîtrisé, s'il y a de l'étourderie dans les gestes et des fautes dans la voix, c'est ainsi que nous sommes faits, c'est ainsi que nous nous apprécions, et c'est ce qui fait tout le charme de ces moments inattendus et merveilleux ; ils nous emportent sans que nous ayons besoin de réfléchir.
Je baisse les yeux lorsque le Vert frotte son écharpe de sa manche, le conservant à l'abri d'un regard qui puisse paraître malencontreusement scrutateur, quand bien même il ne l'est pas. Sa proposition m'étonne un instant — me propose-t-il de partager son pain entamé avec moi ? — avant que la clarté ne se fasse, apportée par des précisions précipitées et confuses, qui me poussent à me regarder de l'intérieur. Est-ce que je le mets mal à l'aise ? L'ai-je dérangé ? Ou est-il seulement embourbé dans le méli-mélo perturbé de ses pensées et de ses émotions ? Devrais-je tenter de l'aider à se détendre ?
Ma voix est calme, presque lente, elle dit qu'il n'y a pas à courir partout, que je ne partirai pas si vite, que nous avons le temps et aucune inquiétude à avoir.
« Oh, ne t'embête pas, j'ai mon chocolat, ça me va pour l'instant ! J'irai peut-être en chercher après, car c'est vrai que cela paraît appétissant. » Mon regard glisse sur son pain avec un sourire. Ravie, à l'aise, amusée par sa maladresse que je trouve si tendre, j'ose même tenter un trait d'humour, mes lèvres étirées trahissant mon manque de sérieux. « Mais si tu veux déjà t'en aller, je ne te retiens pas... »
Je me doute bien qu'il ne souhaite pas se lever pour partir, quelque chose en moi est tout à fait conscient de la joie partagée de ces retrouvailles que ni lui ni moi ne souhaitons interrompre aussi tôt. N'a-t-il pas des questions ? Et moi, n'en ai-je pas de mon côté ?
J'attends que les secondes et mes traits rieurs révèlent l'ironie derrière mes paroles avant de poursuivre, préférant savoir Ernest détendu avant de le questionner, rebondissant sur de nouveaux sujets.
« Comment vas-tu ? Tu es ici avec de la famille ? »
Es-tu attendu, bientôt ou dans longtemps ? As-tu des impératifs qui viendront comme un orage jeter leurs gris sur un pique-nique à peine entamé ? Dis-le-moi pour que je sache, que je puisse prévenir ma déception avant qu'elle n'approche.
Il n'y a rien à excuser, je suis vraiment ravie de reprendre ce rp avec toi !
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baisse de présence jusque fin juillet
baisse de présence jusque fin juillet
Les yeux pleins de lumières
Ernest était un peu gêné. Peut-être un peu impressionné aussi. Principalement réjoui. Ses lèvres tressaillaient entre le pincement et le sourire comme si son visage ne savait pas comment interpréter ce qu’il se passait au fond de son cœur à cet instant. C’est finalement l’esquisse d’un sourire un peu crispée qui prit le dessus dans un soupir. Comme le soulagement d’une décision qui finissait par être prise. C’était néanmoins un sourire qui montait jusque dans ses yeux clairs et faisait pétiller son regard.
Un instant ses sourcils s’étaient froncés à la remarque de l’ancienne élève. Est-ce qu’il avait donné l’impression qu’elle n’était pas la bienvenue ? Pourtant il avait tenté d’exprimer le contraire. Mais le langage des mots et du corps n’était pas son fort. Sauf si vous étiez une plante ou un animal. Le rouge sur ses pommettes reprit un peu en intensité.
“Non ! Non, non… je… nan, je… j’veux pas partir…”
Sa voix avait fondu dans un soupir, un peu comme les marshmallows dans son chocolat chaud. Ses yeux s’étaient ouvert grands face à son propre aveu et son regard avait directement plongé dans sa tasse qui s’était à nouveau remplie dans l’intervalle de ces quelques mots échangés. Ernest était malhabile avec le second degré.
Ses lèvres pincées se resseraient ou s’étiraient au fil des émotions que provoquait cet échange. À la question d’Alyona, il haussa les épaules et à l’instar des pantins en bois animés magiquement sans ficelle vendu à un stand un peu plus loin, sa tête dodelina d’avant en arrière comme si elle n’était rattaché à son corps que par un morceau de tissu.
“C’est les vacances…”
Une manière bien personnelle et particulière de répondre à quelqu’un qui vous demandait comment ça allait. Ernest était enthousiaste à l’idée de l’arrivée des fêtes, à la pensée des odeurs et des étreintes qui lui manquaient bien plus qu’il ne voulait bien l’admettre.
“Oh non, j'suis tout seul !”
La prompteté avec laquelle il avait répondu à cette interrogation trahissait d’une certaine fierté. C’était la première fois qu’il avait le droit de traverser Londres tout seul pour se rendre au Chemin de Traverse.
“‘Fin, j’veux dire… j’habite ici, c’est pour ça… enfin pas ici “ici”... j’ai quand même dû prendre le métro pour venir mais euh… ‘fin… pas très loin quoi… à Londres…”
À Poudlard, Ernest parlait peu de Londres, de cette vie d’avant, de cette intimité qu’il avait laissé derrière lui. Mais ce n’était pas désagréable même si c’était anecdotique.
“D’ailleurs, j’ai ramené ton scutumi avec moi… pour les fêtes… aussi pour que ma mère m'aide à l'étudier… elle est pas sorcière mais elle est Docteur en botanique… ‘fin pas docteur dans le sens de médicomage, quoi… mais euh… c’est une grande scientifique, tu vois…”
Il y avait tant de choses qu’il voulait dire à cette rousse assise face à lui. L’enthousiasme reprenant le dessus, c’était comme si toute la ponctuation d’une conversation se faisait aspirer par son engouement.
“Du coup, toi, tu rentres aussi chez toi ? T’es capable de transplaner ou t’utilises des magic’port ?”
Un instant ses sourcils s’étaient froncés à la remarque de l’ancienne élève. Est-ce qu’il avait donné l’impression qu’elle n’était pas la bienvenue ? Pourtant il avait tenté d’exprimer le contraire. Mais le langage des mots et du corps n’était pas son fort. Sauf si vous étiez une plante ou un animal. Le rouge sur ses pommettes reprit un peu en intensité.
“Non ! Non, non… je… nan, je… j’veux pas partir…”
Sa voix avait fondu dans un soupir, un peu comme les marshmallows dans son chocolat chaud. Ses yeux s’étaient ouvert grands face à son propre aveu et son regard avait directement plongé dans sa tasse qui s’était à nouveau remplie dans l’intervalle de ces quelques mots échangés. Ernest était malhabile avec le second degré.
Ses lèvres pincées se resseraient ou s’étiraient au fil des émotions que provoquait cet échange. À la question d’Alyona, il haussa les épaules et à l’instar des pantins en bois animés magiquement sans ficelle vendu à un stand un peu plus loin, sa tête dodelina d’avant en arrière comme si elle n’était rattaché à son corps que par un morceau de tissu.
“C’est les vacances…”
Une manière bien personnelle et particulière de répondre à quelqu’un qui vous demandait comment ça allait. Ernest était enthousiaste à l’idée de l’arrivée des fêtes, à la pensée des odeurs et des étreintes qui lui manquaient bien plus qu’il ne voulait bien l’admettre.
“Oh non, j'suis tout seul !”
La prompteté avec laquelle il avait répondu à cette interrogation trahissait d’une certaine fierté. C’était la première fois qu’il avait le droit de traverser Londres tout seul pour se rendre au Chemin de Traverse.
“‘Fin, j’veux dire… j’habite ici, c’est pour ça… enfin pas ici “ici”... j’ai quand même dû prendre le métro pour venir mais euh… ‘fin… pas très loin quoi… à Londres…”
À Poudlard, Ernest parlait peu de Londres, de cette vie d’avant, de cette intimité qu’il avait laissé derrière lui. Mais ce n’était pas désagréable même si c’était anecdotique.
“D’ailleurs, j’ai ramené ton scutumi avec moi… pour les fêtes… aussi pour que ma mère m'aide à l'étudier… elle est pas sorcière mais elle est Docteur en botanique… ‘fin pas docteur dans le sens de médicomage, quoi… mais euh… c’est une grande scientifique, tu vois…”
Il y avait tant de choses qu’il voulait dire à cette rousse assise face à lui. L’enthousiasme reprenant le dessus, c’était comme si toute la ponctuation d’une conversation se faisait aspirer par son engouement.
“Du coup, toi, tu rentres aussi chez toi ? T’es capable de transplaner ou t’utilises des magic’port ?”
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Les yeux pleins de lumières
Évidemment, mon trait d'humour est maladroit, il ricoche, dévie, et n'atteint pas tout à fait son objectif, mais ce n'est pas si grave. Je ne sais même pas si moi, j'aurais pu y être sensible ou le comprendre, alors comment le reprocher à Ernest ? Peut-être aurais-je même dû éviter ce genre d'initiative ; cela n'a de toute évidence rien apporté. Le jeune élève manque autant d'assurance que moi, et Merlin sait comme le monde peut être cruel envers ceux qui le regardent avec de grands yeux hésitants, hagards et reculés. Mais ne nous imaginez pas éternellement distants, et par cette distance incapable d'avancer ! Nous progressons, nous y arriverons, et vous n'aurez rien vu venir. Nous avons la sympathie pour bannière et la patience comme cheval.
Mes yeux pétillent à leur tour et mon sourire s'agrandit. Ils pardonnent, excusent, rassurent. Même mes joues se colorent un peu, désolées d'avoir apporté de la confusion dans l'esprit du Vert. Je les cache derrière ma tasse fumante comme un papillon qui se dissimulerait dans une fleur de couleur vive. Oublie cela, Ernest, c'était maladroit.
Les réponses apportées me rendent bien plus curieuse et aventureuse. Ce sont les vacances pour les élèves de Poudlard, cela je le savais car j'ai constaté la présence de bon nombre de ces adolescents dans les rues du Marché de Noël, et même à Godric's Hollow. L'effet en est toujours étrange : ils disparaissent pendant une bonne partie de l'année, personne ne les voit, peu les croisent à Pré-au-Lard, et soudain, du jour au lendemain, on les découvre partout, ils sont de retour plus rapidement que les beaux jours, pour disparaître aussi vite qu'ils sont apparus. Quand on est à leur place, on ne s'en rend pas compte, et on ne se doute même pas de ce changement si caractéristique ; mais quand vient notre tour de changer de point de vue, de passer de l'autre côté des murs du château, l'évidence s'impose et étonne. Poudlard est de sortie, et les rues respirent différemment. D'une certaine façon, l'ambiance en devient à la fête, l'ambiance en devient aux vacances.
Je me penche un peu vers Ernest, attentive. Il vit non loin d'ici ? À Londres ? Nous aurions pu déjà nous y croiser ! Mais Merlin, la ville est immense, et dans les rues moldues, il en devient presque impossible pour moi de reconnaître un sorcier. Il suffit que les robes aient été troquées par des vêtements passe-partout pour tromper mes pensées confuses ; je me fais avoir facilement par les apparences.
La mention de ma scutumi, elle, me frappe étrangement. J'y avais pensé et pourtant... Pourtant je n'étais pas tout à fait prête à la recevoir. Des souvenirs ambivalents y sont associés : elle vient de Castelobruxo, de ma correspondance avec Estefânia, et de toutes les merveilles qui en ont découlé, et en même temps elle cristallise aussi mes échecs lors de ma dernière année à Poudlard, mes difficultés à gérer mon emploi du temps, et les renoncements qui ont été les miens. Les sentiments s'effacent et se diluent, mais à chaque fois que j'en entends une mention, ils piquent avant de disparaître. Bientôt, j'en suis convaincue, je serai en paix avec eux.
« C'est ton scutumi maintenant, et plus vraiment le mien, reconnu-je avec un sourire avant de poursuivre : J'ai étudié la botanique moldue en cours, mais je n'ai jamais rencontré de botaniste moldue... Cela doit être intéressant. »
Ma curiosité s'éveille. Comment approche-t-elle certaines études que nous menons avec la magie ? Y a-t-il certains points qu'elle ne peut pas expliquer et que nous, nous le pouvons ? Et l'inverse aussi ? Des questions plus précises sur les méthodes et les découvertes me viennent également, mais je les garde soigneusement de coté, désireuse de me concentrer sur Ernest et de ne pas me laisser avoir par des intérêts avides.
« Si elle t'aide à l'étudier, conseille-lui d'être prudente, c'est une plante magique. »
Le reste, Ernest, j'imagine que tu le connais : conserver le Secret magique, ne pas utiliser ta magie, ne pas en parler à des moldus... Il est inutile ici de faire la morale, j'en suis convaincue. Et ce n'est pas le rôle que je veux avoir.
« Je n'habite pas ici mais je viens pour voir ma grand-mère paternelle. Et je suis venue en transplanant ! C'est gage d'une liberté incroyable, j'en profite vraiment depuis le début de mes études. Je peux profiter de mes week-ends pour me rendre où je veux en une fraction de seconde... Pour l'instant cela m'aide surtout à voir ma famille et à me rendre à certains rendez-vous, mais j'aimerais bien voyager davantage, explorer l'Écosse, l'Angleterre, et peut-être même l'Irlande... »
Il est essentiel de toujours garder une main dans le monde des rêves, pour en effleurer la surface et y puiser de quoi agir. Mais gare à ne pas y tomber !
Mes yeux pétillent à leur tour et mon sourire s'agrandit. Ils pardonnent, excusent, rassurent. Même mes joues se colorent un peu, désolées d'avoir apporté de la confusion dans l'esprit du Vert. Je les cache derrière ma tasse fumante comme un papillon qui se dissimulerait dans une fleur de couleur vive. Oublie cela, Ernest, c'était maladroit.
Les réponses apportées me rendent bien plus curieuse et aventureuse. Ce sont les vacances pour les élèves de Poudlard, cela je le savais car j'ai constaté la présence de bon nombre de ces adolescents dans les rues du Marché de Noël, et même à Godric's Hollow. L'effet en est toujours étrange : ils disparaissent pendant une bonne partie de l'année, personne ne les voit, peu les croisent à Pré-au-Lard, et soudain, du jour au lendemain, on les découvre partout, ils sont de retour plus rapidement que les beaux jours, pour disparaître aussi vite qu'ils sont apparus. Quand on est à leur place, on ne s'en rend pas compte, et on ne se doute même pas de ce changement si caractéristique ; mais quand vient notre tour de changer de point de vue, de passer de l'autre côté des murs du château, l'évidence s'impose et étonne. Poudlard est de sortie, et les rues respirent différemment. D'une certaine façon, l'ambiance en devient à la fête, l'ambiance en devient aux vacances.
Je me penche un peu vers Ernest, attentive. Il vit non loin d'ici ? À Londres ? Nous aurions pu déjà nous y croiser ! Mais Merlin, la ville est immense, et dans les rues moldues, il en devient presque impossible pour moi de reconnaître un sorcier. Il suffit que les robes aient été troquées par des vêtements passe-partout pour tromper mes pensées confuses ; je me fais avoir facilement par les apparences.
La mention de ma scutumi, elle, me frappe étrangement. J'y avais pensé et pourtant... Pourtant je n'étais pas tout à fait prête à la recevoir. Des souvenirs ambivalents y sont associés : elle vient de Castelobruxo, de ma correspondance avec Estefânia, et de toutes les merveilles qui en ont découlé, et en même temps elle cristallise aussi mes échecs lors de ma dernière année à Poudlard, mes difficultés à gérer mon emploi du temps, et les renoncements qui ont été les miens. Les sentiments s'effacent et se diluent, mais à chaque fois que j'en entends une mention, ils piquent avant de disparaître. Bientôt, j'en suis convaincue, je serai en paix avec eux.
« C'est ton scutumi maintenant, et plus vraiment le mien, reconnu-je avec un sourire avant de poursuivre : J'ai étudié la botanique moldue en cours, mais je n'ai jamais rencontré de botaniste moldue... Cela doit être intéressant. »
Ma curiosité s'éveille. Comment approche-t-elle certaines études que nous menons avec la magie ? Y a-t-il certains points qu'elle ne peut pas expliquer et que nous, nous le pouvons ? Et l'inverse aussi ? Des questions plus précises sur les méthodes et les découvertes me viennent également, mais je les garde soigneusement de coté, désireuse de me concentrer sur Ernest et de ne pas me laisser avoir par des intérêts avides.
« Si elle t'aide à l'étudier, conseille-lui d'être prudente, c'est une plante magique. »
Le reste, Ernest, j'imagine que tu le connais : conserver le Secret magique, ne pas utiliser ta magie, ne pas en parler à des moldus... Il est inutile ici de faire la morale, j'en suis convaincue. Et ce n'est pas le rôle que je veux avoir.
« Je n'habite pas ici mais je viens pour voir ma grand-mère paternelle. Et je suis venue en transplanant ! C'est gage d'une liberté incroyable, j'en profite vraiment depuis le début de mes études. Je peux profiter de mes week-ends pour me rendre où je veux en une fraction de seconde... Pour l'instant cela m'aide surtout à voir ma famille et à me rendre à certains rendez-vous, mais j'aimerais bien voyager davantage, explorer l'Écosse, l'Angleterre, et peut-être même l'Irlande... »
Il est essentiel de toujours garder une main dans le monde des rêves, pour en effleurer la surface et y puiser de quoi agir. Mais gare à ne pas y tomber !
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
baisse de présence jusque fin juillet
baisse de présence jusque fin juillet