10 nov. 2024, 19:37
 Fini   Serre n°6   Coucou Rapeltout  Le langage des fleurs
Avec @Ada Bentley

Mardi 2 novembre 2049, après le cours de défense contre les forces du mal


Eileen avait l'habitude d'aller assez régulièrement en serre n°6 pour y retrouver Mochara. Elle avait grisé des plages dans son emploi du temps afin d'être sûre de pouvoir y passer à certains moments de sa semaine mais parfois, elle avait besoin de la retrouver pour s'aérer l'esprit.

Comme ce jour-là. En défense contre les forces du mal, ils commençaient à apprendre à repérer les menaces et à les neutraliser et donc le cours du jour avait porté sur Underepurum, le sortilège de détection. Voir sa baguette vibrer à l'approche de ce qu'elle considérait comme une menace avait été particulièrement étrange pour l'irlandaise. Elle qui appréciait de maitriser les choses, qui avait l'habitude d'avoir le contrôle sur son catalyseur, avait été un peu déroutée par l'attitude de ce qu'elle considérait comme le prolongement de son bras.

Elle avait besoin de s'apaiser et de penser à autre chose. Et quoi de mieux pour cela que de s'aérer un peu l'esprit auprès de sa confidente de toujours depuis qu'elle était à Poudlard ? Sa bruyère irlandaise n'attendait qu'elle et était toute prête à recevoir ses confidences.

Un peu dans le brouillard, complètement dans ses pensées, l'irlandaise rejoignit la serre n°6 et sa plante. Elle avait l'habitude de trouver auprès d'elle de la quiétude. La serre était rarement occupée. A bien y penser, c'était plutôt étrange car les plantes des élèves commençaient à être nombreuses. Enfin, la demoiselle savait que certains camarades avaient plusieurs plantes donc ceci pouvait expliquer cela. Il faut cependant reconnaitre que lorsqu'elle venait dans la serre, elle s'y retrouvait généralement seule.

Après avoir pris soin de sa plante, elle avait pris l'habitude de lui parler à voix haute. Elle avait appris - elle ne savait plus comment - que les plantes s'épanouissaient quand on leur parlait. Un peu comme les hommes en fait. Elles étaient sociables. Eileen commença donc à expliquer ses tracas à Mochara quand elle entendit du bruit dans son dos.

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En espérant que ca te convienne, dis moi si je dois changer quelque chose !

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24 nov. 2024, 14:45
 Fini   Serre n°6   Coucou Rapeltout  Le langage des fleurs
Mardi 2 novembre 2049
3ème année RP


Ada avait besoin de penser. Et comme toujours, quand elle avait besoin de penser, elle allait à l'extérieur, errer dans le Parc ou admirer le Lac et ses rides bleues que créait le vent. En ce mardi, ses pas l'avaient menée vers les Serres de botanique, et elle les avait laissé faire. Elle aimait les plantes ; silencieuses, mais si vivantes, elles étaient un refuge immuable contre les aléas de la vie. En approchant des Serres, elle huma le parfum de terre qui flottait dans l'air.

C'était presque comme le parfum de la maison.

Alors qu'elle marchait - tranquillement, presque en arabesques, une marche de détours et de contemplation -, elle pensait à la journée qu'elle venait d'avoir. Le cours de DcFM s'était bien passé. Il s'était même extrêmement bien passé. Trop, peut-être ; elle avait besoin de penser.

Apprendre le sort Underepurum avait été très intéressant. C'était un sort de détection, très utile, et même si elle ne le maîtrisait pas encore à 100%, elle sentait qu'elle tenait le bon bout. Voir sa baguette vibrer lui avait ouvert une autre perspective sur la magie. Bien sûr, elle connaissait déjà le sort avant, mais le lancer ne produisait pas le même effet. Ce sort était la preuve que la magie savait, quoiqu'elle puisse savoir. Elle collectait des données et grâce à notre baguette, on pouvait les restituer. Qu'est-ce que c'était ? Pourquoi était-ce partout ? Dans quelle mesure pouvait-elle tout discerner ? Après tout, comment est-ce que personne n'a encore été capable de créer un sort permettant d'outrepasser toutes barrières, tous contre-sorts, et d'entrer dans le cœur même de la magie, pur, pour accéder à toutes ces données ? Etait-ce même possible, humainement possible ? Etait-ce... naturellement possible ? Y avait-elle une créature si connectée à la magie qu'elle vivait de ses données plutôt que de ses sens propres ? Ada soupira. Elle avait besoin de penser.

Et puis, la vibration de la baguette était quelque chose de très intéressant, aussi. A quel point la magie pouvait-elle aller loin ? Il y avait-il une limite à ce qu'elle pouvait influencer ? Elle pouvait toucher le monde physique, comme le monde des esprits - les Legilimens en étaient la preuve vivante. Elle pouvait soulever des objets, les faire vibrer, les tordre et les réparer - comme elle pouvait tordre les esprits, traverser les mensonges et atteindre la vérité, au-delà des illusions. Elle pouvait influencer les éléments, faire vivre la nature. Où s'arrêtait-elle ? Ada avait besoin de penser.

L'esprit ailleurs, elle allumait et éteignait sa baguette, encore et encore. Les Lumos murmurés secondaient ses pensées. La magie avait-elle une fin ?

Quand tout sera mort, serait-t-elle toujours là ?

Dans ses pensées, elle n'avait pas vu qu'elle était entré dans les Serres et ne s'en rendit compte qu'en marchant sur une brindille qu'on avait fait tombée. Le crac ! l'extirpa du monde des esprits, et elle éteignit d'un murmure doux sa baguette alors que ses pensées s'en allaient. Elle se dirigea vers sa plante - des chrysanthèmes -, qu'elle prévoyait originellement d'arroser le lendemain, le mercredi. Puisqu'elle était là, autant en profiter.

Elle attrapait un arrosoir quand elle entendit une voix. Il y avait quelqu'un dans la Serre n°6. Elle aperçut Eileen, une camarade, et s'approcha pour la saluer. Elle se rendit compte qu'elle parlait à quelqu'un, et hésita à l'interrompre. Mais elle haussa les épaules, s'approcha de derrière, et saua la Serdaigle d'une voix posée et douce.

_Hey, salut Eileen ! Désolée de vous..., commença-t-elle, mais elle s'arrêta. Arrivée aux cotés de la jeune fille, elle pris conscience qu'il n'y avait personne d'autre.
_De t'interrompre. Elle pencha la tête, curieuse, mais bienveillante.
_Tiens, tu parlais à ta plante ? ... Euh, enfin, je ne veux pas être intrusive, bien sûr, excuse-moi. Je demande juste par curiosité.

désolée du retard ! Dis-moi si je dois changer quoi que ce soit ^^

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24 nov. 2024, 16:58
 Fini   Serre n°6   Coucou Rapeltout  Le langage des fleurs
Eileen était tellement concentrée sur sa bruyère rouge irlandaise, lui parlant des dernières heures qu'elle avait vécu avant de venir lui rendre visite une énième fois, qu'elle n'entendit pas qu'on s'approchait d'elle.

Elle eut un sursaut de surprise lorsqu'elle entendit qu'on l'interpelait puis reconnaissant une camarade de promotion, elle lui sourit.
- "Tiens, salut Ada ! Oui je parlais à Mochara..." présenta-t-elle sa plante "Il parait que les plantes s'épanouissent mieux quand on leur parle... Elle est un peu comme une confidente... Et j'avais besoin d'extérioriser le cours de DCFM qu'on vient de vivre..." expliqua-t-elle un peu gênée.

Elle savait que ceux qui n'avaient pas de plante ou n'aimaient pas la botanique avait tendance à ne pas comprendre ce principe. Parler à une plante, ce n'était pas comme discuter avec un être vivant ou un animal. On n'avait pas de réponse, pas de gestuelle... rien qui garantisse qu'on nous entendait. Mais l'irlandaise s'était rendue compte que non seulement ce qu'elle avait entendu était vrai - sa plante se portait merveilleusement bien depuis qu'elle se confiait à elle, et en plus elle-même n'avait pas besoin de trouver une oreille attentive ailleurs pour l'écouter. Elle avait parfois besoin d'un miroir d'elle-même pour mieux penser. Réfléchir avec un renvoi concret, parler à haute voix, c'était autre chose que de se parler à soi-même. C'était aussi une façon plus simple de faire taire les pensées qui tourbillonnaient dans son cerveau.

Puis, tentant de changer de sujet, elle poursuivit :
- "Tu as aussi une plante dans la serre n°6 ?" interrogea-t-elle.

Le fait qu'elle ne l'y ait jamais vu ne voulait pas dire grand chose. Elle croisait rarement aussi des personnes qu'elle savait pourtant avoir des plantes ici. La serre n'était pas forcément un haut lieu de rencontres.

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C'est très bien ;)

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11 févr. 2025, 19:55
 Fini   Serre n°6   Coucou Rapeltout  Le langage des fleurs
Ada eut un petit sourire gêné au sursaut d'Eileen. Elle trouvait toujours drôle qu'on puisse être surpris si aisément. Les autres oubliaient-ils si vite leur environnement ? Ada aimait rester sur ses gardes, à toujours savoir ce qui l'entourait - d'abord par curiosité, comme elle trouvait toujours un intérêt à ce qu'elle voyait autour d'elle, mais aussi par nature, ayant toujours été plutôt consciente du monde dans lequel elle évoluait. Aussi la facilité avec laquelle ses camarades semblaient pouvoir être surpris la laissait pensive. Mais peut-être était-elle mauvaise langue ; en pleine réflexion, ou lorsqu'elle lisait, n'oubliait-elle pas elle aussi un peu de ce qui l'entourait ?

_Mochara, répéta-t-elle pensivement. Elle n'avait jamais donné de nom à ses plantes - son père non plus, d'ailleurs. Mais après tout, pourquoi pas. Et puis, Mochara n'était pas déplaisant à dire. Cela roulait presque sous la langue, trois syllabes sauvages qui prenaient leur envol. _ C'est un joli nom, commenta-t-elle de sa voix posée.

Elle laissa la Serdaigle continuer. Elle se garda bien de contredire la jeune fille, jugeant qu'elle ne la connaissait pas assez pour entrer dans un débat, mais elle n'était pas d'accord. Pourquoi parler à une plante lui ferait-elle du bien ? Que changeraient trois pauvres ondes supplémentaires parmi la multitude de sons que la plante reçoit chaque jour ; un pauvre bruit de fond dans la bande-son immense de son existence ? C'était ridicule. Son père lui avait toujours dit que seuls trois piliers étaient importants dans la croissance d'une plante : le respect des besoins de la plante (eau, soleil, etc), le minimum de stress (invasions de parasites, taillage...), et le bon flux magique autour d'elle. Aucuns de ces piliers ne comportaient les confidences d'une adolescente - probablement super, Ada aimait beaucoup Eileen, mais cela ne changeaient rien aux faits. Mais peut-être était-ce psychologique : en parlant à la plante, Eileen se rendait plus compte de son existence, et donc, revenait plus souvent la voir, et s'en occupait mieux, résultant à une meilleure santé de la part du végétal.

Mais elle n'allait pas dire tout ça. Cela demanderait trop d'énergie, pour pas grand-chose... Elle préféra hausser les épaules.

_Tant mieux si ça marche pour toi !, dit-elle, d'un ton qui signifiait que même si elle ne le faisait pas elle-même, elle était contente que cela rende heureuse la Serdaigle. Elle enchaîna : _J'y pensais justement en me rendant à la serre ! Ce cours était particulier, j'ai trouvé... En tout cas, ça m'a laissée pensive.

A la question de sa camarade de promo, elle brandit son arrosoir vide.
_Tout à fait, j'allais l'arroser. J'ai des chrysanthèmes - en plus, elles sont en pleine floraison ces temps-ci, c'est magnifique. Un sourire apparut dans sa voix, qui se fit douce à l'évocation de plantes. Elle aimait beaucoup la botanique, et c'était quelque chose qui l'apaisait beaucoup. _Mais ta bruyère a l'air super aussi, et en pleine forme ! Superbe couleur rouge en tout cas. C'est quelle espèce ?
Elle se pencha vers la plante, curieuse.

_J'avoue que je ne m'y connais pas beaucoup, en bruyères... Celle-ci pousse dans quel milieu et quel pays, dans la nature ?
Vraiment désolée du retard... :/

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13 févr. 2025, 20:39
 Fini   Serre n°6   Coucou Rapeltout  Le langage des fleurs
Lorsqu'Ada fit compliment du nom choisie par la Serdaigle pour sa bruyère rouge, Eileen répondit dans un sourire :
- "Merci ! Ca veut dire "mon amie" en irlandais !" expliqua-t-elle le choix de ce surnom simple et fluide sur la langue.

Il fallait avouer que la demoiselle n'avait pas particulièrement réfléchi pour trouver un nom à sa plante. Elle avait simplement pris ce qui lui était venu en tête et qui lui avait plu. Pourquoi chercher loin et compliqué quand on pouvait faire simple et rapide ?

La conversation dévia sur le fait de parler à ses plantes :
- "Je pense qu'elle serait bien aussi sans que je lui parle car elle est entourée d'autres plantes ici. Mais c'est quelque chose que j'ai remarqué quand elle était dans mon dortoir au début... Elle ne s'y plaisait pas vraiment car je n'avais pas forcément le temps de prendre le temps de discuter... Au moins ici, ce n'est pas grave pour les jours où je ne viens pas... "

Elle passait généralement entre deux à trois fois par semaine dans la serre. Mochara avait longtemps été un prétexte pour prendre du temps pour elle et repenser à son île natale, replonger dans ses souvenirs ou lui parler de sa famille. A présent, elle lui servait plutôt d'exutoire ou de véritable amie à qui elle confiait son quotidien. Quelque part entre sa deuxième et sa troisième année, la rouquine avait changé sa vision des choses...

Peu après, ce fut le cours de DCFM avec le sortilège de détection qui fut mis sur le tapis, celui qui avait amené Eileen en ces lieux, à se confier à son végétal. Eileen était d'un naturel franc et expliqua ce qui l'avait chafouiné :
- "Pensive par rapport à quoi ? Moi, j'ai pas aimé voir ma baguette bouger toute seule ! On nous apprend depuis notre arrivée à Poudlard à avoir le contrôle sur nos émotions pour bien gérer notre magie... C'était... dérangeant... Tu ne trouves pas ? "

Ada évoqua ensuite la raison de sa présence dans la serre.
- "C'est sympa les chrysanthèmes ! Tu leur as donné un nom ? Ils sont où ? " demanda-t-elle curieuse d'en savoir plus.

Elle parla ensuite de son végétal :
- "J'ai cueilli Mochara derrière chez moi, en Irlande. Il s'agit d'une Daboecia cantabrica rubra. Elle a une histoire : elle a été l'excuse pour ma famille moldue de mon départ pour l'Ecosse... J'ai dit que je voulais faire une école qui enseignait la botanique... et puis ici, elle me rappelle mon ile... Et toi tes chrysanthèmes ont une histoire ?" questionna-t-elle.

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2 mars 2025, 14:46
 Fini   Serre n°6   Coucou Rapeltout  Le langage des fleurs
La Poufsouffle acquiesça aux propos de la Serdaigle. Elle aussi, elle avait pensé à mettre sa plante dans sa Salle Commune, surtout que les Poufsouffle avaient une Serre réservée, mais elle s'était finalement décidée pour la Serre n°6. C'était juste plus pratique, et, comme disait Eileen, il y avait un côté presque rassurant à entourer sa plantes d'autant de végétaux.

Elle hocha la tête quand sa camarade continua de parler du cours de DCFM.
_C'est vrai... Plus que le contrôle, c'est aussi la façon dont la magie semble tout connaître qui m'a fait réfléchir. Si elle vibre quand elle sent le danger, c'est que non seulement elle sait qu'il y a une menace, mais qu'en plus elle peut déterminer ce que nous, nous considérons comme étant un danger ! Parce que par exemple, si j'étais une fourmi, une araignée serait pour moi une menace létale. Mais ma baguette ne va pas vibrer à chaque fois que je croise une araignée, et heureusement... ce qui prouve qu'elle sait ce qui est un danger pour moi, spécifiquement. Elle laissa quelques secondes ses pensées l'envahir - essayer de comprendre, ou du moins d'imaginer l'invraisemblable : une forme d'énergie pure, qui est partout ou presque ; si pure qu'elle collectait toutes les données du monde. Cette limite, cette limite, où est-elle ? La magie ne peut pas tout savoir, après tout, si ? Mais elle sortit bien vite de ses pensées, pour conclure très factuellement : _En fin bref, je trouve ça passionnant.

_Oui, c'est super joli, en plus ! Alors non, je n'y ai jamais pensé... mais je le ferais peut-être un jour, tiens, tu m'a donné envie de les nommer. Elles sont à côtés des tiennes, dans la parcelle B.2.

Elle montra les chrysanthèmes, qui effectivement étaient juste à côté de la bruyère. Eileen les avait probablement déjà vu de nombreuses fois, sans savoir que c'était les siennes, tout comme Ada n'avait aucune idée que la bruyère rouge était celle de sa camarade de promo. Elle écouta, intéressée, la Serdaigle parler de sa plante. Elle ne se connaissait pas beaucoup en bruyères, surtout celles d'Irlande, et se baissa pour mieux voir les feuilles. _Daboecia cantabrica rubra..., murmura-t-elle pour elle-même tout en écoutant sa camarade. Elle essaya de retenir le nom tout en remarquant le phénotype type de la plante et de ses feuilles. Mais elle se détourna bien vite de la plante, car l'histoire d'Eileen l'interpella.

Cela veut dire que la majorité de la famille n'est pas au courant de sa vie ici, en tant que sorcière ? Cela la choqua profondément, et elle ne trouva rien à dire, se contentant de regarder Eileen avec des yeux ébahis. Elle oubliait parfois que celle-ci n'avait pas vécu la même vie de né-sorcier qu'elle... Sa famille était quelque chose d'infiniment précieux pour Ada, et l'idée qu'on doive lui cacher une grande partie de soi-même l'attrista. On n'était pas tous égaux quand il s'agissait de magie et de sang, et ça, elle l'oubliait trop vite.

Mais elle ne voulait pas bombarder sa camarade de questions, ne savant pas si elle voulait parler de son passé, alors elle chassa son air ahuri et préféra répondre à la question de la Serdaigle.

_Une histoire... Oui. Oui, ses chrysanthèmes avaient une histoire. Mais elle ne voulait pas vraiment la partager ; elle n'aimait pas partager des choses privées, presque intimes. Elle esquiva donc la question : _C'est les fleurs préférées de mon père, disons. Il aime beaucoup les faire pousser.

Ce qui n'était pas faux. Ada n'aimait pas mentir. Ce n'était juste qu'une partie de la vérité.

_Bon, sinon... On les arrose, ces plantes ? Elle sourit de son sourire doux et se dirigea vers l'évier, pour remplir son arrosoir. Il y avait probablement un sort pour ça, mais une fois n'est pas coutume, elle ne le connaissait pas.
_Tu veux que je remplisse mon arrosoir pour deux, ou tu as déjà arrosé Mochara ?
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2 mars 2025, 17:43
 Fini   Serre n°6   Coucou Rapeltout  Le langage des fleurs
Eileen opina à la réflexion de sa camarade de promotion. Et son analogie avec la fourmi et l'araignée était plutôt significative :
- "Oui c'est réellement passionnant ! Je pense que plus que la magie, c'est notre baguette qui détermine le danger. Après tout, c'est bien elle qui nous choisit... Elle doit sentir des choses qui nous sont imperceptibles... J'arrive pas à bien comprendre comment ca marche. Ca reste un objet mais avec un petit quelque chose qui lui donne comme une conscience... "

Elle tacha d'identifier si elle voyait autre chose qui pouvait se comporter de la sorte à sa connaissance :
- "Comme ca, je vois pas d'autre objet qui réagisse de la même façon... mais un animal a des sens développés aussi. C'est comme si... la baguette était une sorte d'animal en fait. "

Cette constatation faite à haute voix choquait la demoiselle. Pourtant, en approfondissant le raisonnement :
- "Après tout, on doit en prendre soin. On la nourrit avec un bain annuel d'huile de ricin et on la protège une fois par semaine avec un chiffon imprégné d'huile de rose..."

La conversation roula sur les plantes de nouveau. Et étonnamment, celles d'Ada étaient proches de celle d'Eileen. Etait-ce annonciateur d'une relation plus proche à venir des filles ?
- "Elles sont belles dis donc ! " s'exclama l'irlandaise, sincèrement enjouée.

Puis l'irlandaise évoqua l'histoire de Mochara. Eileen ne put s'empêcher de remarquer l'étonnement de la Poufsouffle lorsqu'elle évoqua sa situation. Elle ne s'était jamais intéressée au statut de sang de ses camarades et donc n'avait aucune idée de celui d'Ada mais sa réaction lui faisait penser qu'elle était née-sorcière. Elle répondit à son air étonné :
- "C'était difficile au début, surtout que j'ai toujours très proche de ma famille. J'ai pris l'habitude de ne pas tout dire, d'enrober la vérité... et même si on se retrouve toujours avec joie, ce n'est plus pareil... Je crois que c'est aussi à cause de l'éloignement. Vivre en internat ce n'est pas voir sa famille tous les jours... Tu ne crois pas ? "

Puis Ada expliqua en retour que les chrysanthèmes étaient les fleurs préférées de son père.
- "Ca doit te faire penser à lui quand tu viens les voir... " sourit-elle... comme voir Mochara lui faisait penser à l'Irlande.

Le temps de la discussion prenait soudain une autre tournure. Eileen hocha la tête. Elle avait son rituel : chaque fois qu'elle venait voir Mochara, elle prenait soin d'elle avant de lui parler. Elle avait donc vérifié l'état de sa terre et s'il y avait des mauvaises herbes avant de se confier.
- "Je te remercie, je l'ai déjà arrosé."
Ca ne l'empêcha pas de regarder sa camarade se mettre en branle auprès de l'arrosoir.

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2 mars 2025, 22:52
 Fini   Serre n°6   Coucou Rapeltout  Le langage des fleurs
Ada regarda avec intérêt la Serdaigle quand elle parla des baguettes. Elle n'avait jamais considéré les sortilèges comme cela, mais c'était une théorie intéressante.
_Je voyais plus la baguette comme un simple vecteur, mais... Maintenant que tu le dis, c'est vrai que la baguette choisit le sorcier, donc elle a forcément un rôle à joué, presque une volonté propre, t'as raison.

Son air interloqué avait dû transparaître, parce qu'Eileen aborda le sujet de ses origines sans même qu'Ada n'ait rien dit. Celle-ci hocha la tête, compatissante avec la jeune sorcière ; elle qui aimait être honnête, surtout avec sa famille, elle détesterait leur mentir, même à demi. Mais elle comprenait la nécessité de la chose... Elle haussa les épaules en réponse à la question, presque rhétorique, de sa camarade.
_Je ne sais pas... C'est vrai que ce n'est plus comme avant, mais j'ai l'impression que c'est plus parce que je grandi que parce que je n'habite plus avec eux la majorité du temps. Personnellement, l'éloignement ne change rien, une fois que je suis à la maison, je suis à la maison, comme si je ne l'avais jamais quitté. Mais... je comprends pourquoi ça peut faire bizarre à certains.

Elle sourit à la remarque sur ses chrysanthèmes. C'est vrai qu'elles lui faisaient beaucoup penser à son père - à ses gestes doux et précis, à ses pas lourds, à sa façon de regarder les plantes avec affection comme avec professionnalisme. Elle avait vu son père s'occuper tant de fois de chrysanthèmes, dans le jardin de clients, que les fleurs représentaient presque la botanique, mais vue par son père. Elles lui évoquaient ses mains pleines de terreau, son sourire fatigué quand il venait de rempoter une grande plante... Ce n'était pas pour ça qu'elle avait choisit sa plante, mais vu comme ça, c'était un merveilleux choix, qui lui permettait de garder encore un peu sa famille auprès d'elle.

Allant ensuite près de l'évier, elle hocha la tête à la réponse de la Serdaigle.
_Okey dokey, lança-t-elle avant d'ouvrir le robinet. L'eau remplit avec bruit l'arrosoir, se fracassant contre les parois en plastique. Ada le remplit environ à 1/6 de sa capacité, puis revint arroser sa plante. Comme elles étaient en pleine floraison - quoique celle-ci arrivait peu à peu à sa fin -, elle n'hésita pas à mettre deux bons centimètres d'eau, une quantité qu'elle jugea raisonnable mais suffisante. D'une main, elle écarta les feuilles pour bien arroser à la base. En trois secondes, c'était fait, et elle reposa l'arrosoir. Elle aimait les gestes mécaniques mais réfléchis que demandaient la botanique, et c'était peut-être à cause de son père, mais les plantes lui donnaient un sentiment de réconfort, comme si elle était à la maison.

_Je trouve la botanique très... apaisante, pas toi ?

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4 mars 2025, 18:05
 Fini   Serre n°6   Coucou Rapeltout  Le langage des fleurs
Les deux filles parvenaient à se comprendre à demi-mot.
- "Il parait que les baguettes qu'on nous prête ne fonctionne pas aussi bien. Et j'ai une amie qui m'a raconté qu'on lui avait pris sa baguette à la sortie de Poudlard et qu'elle avait eu du mal à se "réaccorder" avec elle après cela. Elle a du en parler à Mrs Priddy. C'est comme Mr O'Belt qui m'a conseillé de travailler la méditation pour accepter de m'éloigner de ma baguette pendant les congés. En fait, on forge un vrai lien avec elle."
Et bien plus qu'un lien, Eileen se sentait comme amputée de sa baguette lorsqu'elle ne pouvait pas l'avoir sur elle. Cette sensation était plus tenable, moins prégnante depuis qu'elle s'était tournée vers la méditation proposée par l'infirmier... Elle se souvenait encore d'une époque où quelques heures sans elle lui semblaient une éternité, comme si quelque chose lui manquait, comme si un membre lui avait été arraché. A présent, elle avait pris l'habitude de se balader avec sa baguette cachée sur elle... et quand ce n'était pas possible, elle se forçait à faire de la méditation autant que possible. Ca aidait, en partie.

Ada se confia en partie à l'irlandaise en réaction à ce qu'elle venait de dire.
- "Je suis aussi à la maison... mais il y a quand même une sorte de... " Elle chercha le mot adéquat un instant avant de le trouver "fossé. Ils ont vécu des choses sans moi. Ils ont connu de longs mois pendant lesquels ils ont pu se rapprocher et lorsqu'ils les évoquent, je suis mise à l'écart. Sans qu'ils ne le fassent vraiment exprès... Et puis mine de rien, depuis que je suis à Poudlard, je me suis beaucoup rapprochée de ma famille sorcière et donc je vois moins ma famille moldue. "
Ce qu'elle taisait et qu'elle se refusait à admettre aussi, c'était qu'elle aimait les voyages, elle aimait découvrir. Et même si l'Irlande resterait à jamais dans son coeur, elle n'avait pas pu refuser toutes les propositions alléchantes qui lui avaient été faites de voir d'autres choses.... comme le voyage avec ses grands-parents à la Coupe du Monde de Quidditch, ce week-end avec Erin et Ellana aux Quadriennales ou encore ce nouvel an dans la capitale sorcière avec pour seule famille ses deux grands-parents maternels... Elle regrettait presque son passage par le camp pédagogique et même si à l'époque il lui avait paru nécessaire car elle ne maitrisait pas encore bien la méditation qui lui rendait acceptable la séparation d'avec son catalyseur et qu'elle avait apprécié ces instants avec ses amis, elle avait tout de même passé de longues semaines loin des siens. Si la proposition lui était à nouveau faite - nonobstant le fait qu'il y avait eu le sport chaque jour qui ne l'avait pas du tout convaincu - elle se reposerait clairement la question.

Un silence se fit entre les deux demoiselles le temps qu'Ada arrose ses chrysanthèmes. Eileen connaissait l'attention qu'il fallait apporter, veiller à ne pas trop arroser pour éviter de faire pourrir la plante. Il y avait un juste dosage à adopter qui dépendait de la terre et du végétal s'y trouvant.

Lorsqu'elle eut fini, la Pouffy se tourna vers la Serdy avec une question à laquelle la Serdaigle ne put que répondre positivement.
- "Oui ! Ca agit comme une activité manuelle. Ca apaise ! Tu ne trouves pas ? "
C'était probablement ce qui l'avait poussé avec ce cours de DCFM à rejoindre Mochara, ce qui en avait fait sa confidente aussi au fil des mois.
- "Je ressens un peu le même apaisement quand je travaille le bois. Le Club d'artisanat magique m'a vraiment aidé à trouver ca en moi... La possibilité d'être manuelle ! " rit-elle. Il fallait avouer qu'elle n'avait jamais cru être capable de quelque chose avec ses mains.

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8 mars 2025, 23:56
 Fini   Serre n°6   Coucou Rapeltout  Le langage des fleurs
La Poufsouffle hocha la tête. Elle comprenait cette idée de fossé - il était parfois douloureux de voir à quel point les proches continuaient de vivre, même sans elle. Les références lui manquaient parfois, n'ayant pas vécu les fous rire ni les tristesses des uns des autres. Mais maintenant que les jumeaux allaient rentrer à Poudlard, elle sentait que ce fossé allait se réduire; elle passera plus de temps avec ses petits frères. Quoique Hector allait quitter Poudlard... Et elle avait peur de perdre l'unique complicité qui les unissait tous les deux. Enfin...

L'arrosage fini, Eileen ne put que répondre par l'affirmative.
_Exactement ! J'avoue que moi, ça me permet de me reconcentrer sur les choses vraiment importantes, de mieux penser... C'est les gestes mécaniques, peut-être, ou la précision de la chose qui m'attire, je ne sais pas. Ou bien c'est la... complétude de la chose qui apaise, tu crois ? L'aspect limité de la chose - quand on finit quelque chose, c'est fini, c'est tout. Alors que dans les matières théoriques, rien n'est jamais terminé, c'est parfois assez irritant.

Ada acquiesça quand la Serdaigle continua ; elle comprenait la satisfaction et l'apaisement qui venait avec les choses manuelles. Faire quelque chose de ses mains n'avait juste pas la même saveur que la connaissance théorique - quoique les deux avaient des avantages, bien sûr.
_Je ne savais pas que tu faisais partie du Club de l'artisanat, releva la Poufsouffle. _J'avoue que je ne sais pas trop en quoi ça consiste - vous y faites quoi, en fait ?

Elle alla reposer son arrosoir près des autres, tout en hochant la tête au fur et à mesure de la réponse de sa camarade.
_Ca à l'air de te plaire, en tout cas !

#28363c
~My smile wraps around my head splitting it in two, two