Griffes et venin

1er octobre 2049
Avec @Narcisse Evans


Megan se tenait dans la bibliothèque, entourée par l’atmosphère envoûtante de cet endroit. Elle savourait la vue des grandes tables en bois massif et des innombrables étagères débordant de savoir. L’odeur caractéristique de parchemin vieilli, d’encre fraîche et de poussière flottait dans l’air, une fragrance qui la réconfortait étrangement. C’était un de ces jours où elle se sentait pleinement dans son élément.

Elle était encore sur un petit nuage après avoir obtenu un optimal lors de ses premiers examens, mais elle savait qu’il n’était pas question de s’arrêter là. L’ambition brûlait en elle, et elle voulait viser plus haut encore. Pourtant, une inquiétude sournoise persistait, alimentée par les rumeurs et articles concernant la discrimination envers les Nés-Moldus. Ces pensées l’assaillaient tandis qu’elle déposait ses affaires sur une table et s’éloignait vers les rayons.

En chemin, Megan observait à la dérobée quelques groupes d’élèves travaillant ensemble. Une vague de solitude l’effleura. Un jour, aimerait-elle avoir ce genre de relation ? Elle fronça les sourcils, secouant la tête pour chasser cette idée. "Non, merci," murmura-t-elle pour elle-même. Peut-être ce rejet des autres venait-il de sa relation compliquée avec ses parents ? Oui, c’était sûrement cela. Cela faisait bientôt un mois qu’elle était à Poudlard, et aucun d’eux n’avait pris la peine de lui écrire.

Prenant un livre ici et là, elle finit par empiler une véritable montagne dans ses bras. Quand elle estima en avoir assez – ou plutôt quand le poids des ouvrages devint insupportable – elle rebroussa chemin pour regagner sa place. Mais avec cette pile imposante devant elle, il lui était difficile de voir où elle allait.

Soudain, elle heurta quelqu’un de plein fouet. L’impact la fit vaciller, mais elle parvint à se rattraper de justesse. Les livres, en revanche, tombèrent au sol dans un fracas retentissant. Un silence abasourdi s’installa dans la bibliothèque, immédiatement rompu par des "chut" désapprobateurs. Megan sentit ses joues s’enflammer sous le regard de tous.

— Désolée… balbutia-t-elle timidement.

En relevant les yeux, elle fit face à la "cause" de son embarras : un jeune sorcier, dont les couleurs de l’uniforme indiquaient qu’il appartenait à la maison Gryffondor.

— Tu pourrais faire attention à où tu marches, non ? pesta-t-elle en ramassant ses livres d’un geste agacé. Et au moins t’excuser !

Son ton trahissait plus son embarras qu’une véritable colère, mais elle s’efforçait de garder la tête haute malgré sa nervosité palpable.

#023128

Magiquement vôtre - Megan

Griffes et venin
1er octobre 2049
Avec @Megan Mackenzie



Narcisse, qui s’était déjà forgé une petite réputation de mauvais élève, cherchait une nouvelle occasion de perpétuer sa fameuse bêtise hebdomadaire. Quel meilleur endroit pour cela que la bibliothèque ? Ce lieu de silence, véritable havre de paix pour les passionnés de connaissances et les élèves studieux, semblait parfait pour semer un peu de chaos.

Flânant entre les rayonnages, Narcisse laissait son regard vagabonder à la recherche d’une idée. Son esprit malicieux s’éveilla lorsqu’il décida de commencer par déplacer des livres, les posant dans le désordre sur d’autres étagères. Puis, pour agacer un peu plus les quelques élèves présents, il se mit à siffloter bruyamment, brisant le calme solennel du lieu. Comme si cela ne suffisait pas, il s’amusa à déplacer l’échelle permettant d’atteindre les livres en hauteur, bien qu’un élève y soit encore dessus.

Malgré tous ses efforts, aucune idée véritablement brillante ne lui vint pour parfaire son art de la blague. Déçu, il finit par se diriger vers la sortie de la bibliothèque, songeur, la tête dans les nuages. Ce fut à ce moment-là qu’il heurta une élève, la faisant tomber par terre sans même s’en apercevoir.

Narcisse, assez costaud pour son âge, avait souvent du mal à mesurer sa force, et cela ne passait pas inaperçu. Quelques élèves autour d’eux, outrés, poussèrent des "Chut !" mécontents. Agacé par ces réactions, Narcisse se retourna brusquement et s’exclama bruyamment :
— Qu’est-ce qu’il y a ? L’un d’entre vous aurait un problème ? Ça ne vous arrive jamais de marcher sans regarder où vous mettez les pieds ?!

Au milieu des murmures indignés, une petite voix s’éleva timidement :
— Désolée…

Il tourna la tête pour découvrir une jeune fille aux yeux clairs et aux cheveux bruns, visiblement de la maison Serpentard. Elle releva la tête avec assurance et s’écria avant qu’il n’ait pu dire un mot :
— Tu pourrais faire attention à où tu marches, non ?Et au moins t’excuser !

Narcisse la regarda un instant, avant de répondre aussi sèchement :
— Je ne t’avais même pas vue, pas la peine de monter sur tes grands chevaux ! Et puis, une Serpentard devrait montrer un peu plus de respect à la meilleure des maisons.

Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres. Il venait de trouver la distraction idéale pour occuper son après-midi : cette confrontation promettait d’être particulièrement divertissante.

#941414
- Avec Rugissement, Narcisse.

Griffes et venin
Megan, après avoir ramassé ses livres éparpillés avec une certaine dignité retrouvée, les posa sur un guéridon proche. Elle se frotta doucement l’épaule, grimaçant légèrement. Cette chute allait certainement lui laisser un bel hématome, un souvenir de cette rencontre désastreuse.

Son regard se posa de nouveau sur le garçon blondinet qui, visiblement, avait un caractère bien trempé, si elle en jugeait par son éclat de voix.
"Qu’est-ce qu’il y a ? L’un d’entre vous aurait un problème ? Ça ne vous arrive jamais de marcher sans regarder où vous mettez les pieds ?!" rugissait-il presque. Elle haussa un sourcil, interloquée. Un lionceau qui rugit, vraiment ?

L’observant de haut en bas avec une certaine insolence, elle croisa les bras et, dans un ton volontairement nonchalant, lança :
Eh bien, quelle classe. Si je devais dresser une liste des comportements typiques des Gryffondor, le tien arriverait en haut. Toujours persuadés d’être les héros, mais incapables de regarder plus loin que le bout de leur nez.

Elle laissa un silence volontaire, son regard perçant le sien, avant d’ajouter, son ton se faisant plus acéré :
Et d’ailleurs, au vu de ton comportement, il est évident que tu n’es pas ici pour étudier. Déplacer les échelles, semer le désordre dans les rayons… Dis-moi, c’est ta façon de contribuer à la "grandeur" de ta maison ?

Ses lèvres s’étirèrent en un sourire faussement aimable.
Peut-être qu’un petit signalement à la bibliothécaire te ferait le plus grand bien. Ça serait divertissant, non ?

Elle remarqua l’étincelle d’amusement dans ses yeux et comprit qu’il trouvait la situation aussi plaisante qu’elle agaçante. Elle décida donc d’aller un peu plus loin.

Et si c’est ta technique pour draguer les filles, je te conseille de revoir ta méthode. Parce que là… Megan laissa échapper un petit rire sarcastique. Ça ne fonctionne pas du tout.

Elle récupéra un livre sur le tas qu’elle avait posé, le feuilleta distraitement avant de conclure, l’air légèrement moqueur :
Sérieusement, tu devrais trouver une occupation un peu plus intelligente. Peut-être commencer par lire un livre… Ça pourrait être un bon début.

Megan releva brièvement les yeux vers lui, un éclat amusé dans le regard. Elle ne savait pas pourquoi, mais il y avait quelque chose chez ce Gryffondor qui l'intriguait, malgré son comportement exaspérant. Mais ça, jamais elle ne l’aurait admis, pas même sous la torture.

#023128

Magiquement vôtre - Megan

Griffes et venin
Narcisse observa Megan avec un sourire narquois qui s’étira un peu plus à chaque mot qu’elle prononçait. Lorsqu’elle évoqua son comportement "typique des Gryffondor", il haussa un sourcil, feignant l’air vexé.

— Oh, mais regardez-moi ça, une Serpentard qui débite des clichés. Toujours aussi prévisibles, vous, pas vrai ? Toujours à juger avant de comprendre.

Il croisa les bras, prenant un ton faussement dramatique :

— Tu sais, si tu voulais que je m’intéresse à toi, t’étais pas obligée de me faire tout un discours. Un simple "bonjour, je suis fascinée par ton charisme", ça aurait suffi. Car je comprends que tu t'intéresse à une personne telle que moi !

Il ponctua sa phrase d’un clin d'œil avant d’éclater d’un rire léger, sans se soucier de l’agacement évident qui montait chez la jeune fille. Puis il lui rétorqua avec invective.

—Tu penses réellement m’intimider avec tes menaces de bibliothécaire. Je n'ai peur de personne ici ! Elle peut bien venir qu'est ce qui peut m'arriver ? Une punition ? Je meurs de trouille.

Soudain l'arrogance de Narcisse pris le dessus et cessa de l'écouter l'espace d'un instant n'entendant plus qu'un long sifflement agaçant qui semblait interminable.
Une fois qu'il ne l'entendit plus il répliqua aussi sec.

— Hein ! Pardon ? Tu disais quelque chose..

Il laissa planer un silence, sondant ses réactions, avant de reprendre sur un ton plus léger, presque complice :

— Cela dit… je dois reconnaître que t’es pas comme les autres. Tu te défends bien pour une Serpentard, Megan.

Un sourire joueur illumina son visage.

— Allez, je te laisse réfléchir à tout ça. Mais pour ta gouverne, je suis sûr que la bibliothèque est bien plus intéressante quand j’y suis.

Avec un dernier regard provocateur, Narcisse tourna les talons, mais pas avant de jeter un dernier coup d’œil par-dessus son épaule, comme pour s’assurer qu’elle continuait de le fixer. Oui, cette confrontation allait lui plaire.

#941414
- Avec Rugissement, Narcisse.

Griffes et venin
Megan l'écouta, impassible, tandis qu'il déroulait sa grande tirade, théâtral à souhait. Il parlait avec l'aisance d'un dramaturge convaincu d'être le héros de sa propre pièce. Qu’est-ce qu'il était prétentieux… Un véritable fils à papa britannique, songea-t-elle avec une pointe de mépris. Jadis, en Écosse, il n'aurait pas tenu dix minutes face aux guerriers des Highlands. Un égo aussi gros qu'un Éruptif.

Un éclat de rire lui échappa, qu'elle étouffa rapidement derrière sa main.
— Je suis au regret de t'annoncer que ce n'est pas le charisme qui émane de toi à première vue, mais l'immaturité… et l'exaspération, chuchota-t-elle, sa voix tranchante comme une lame affûtée.

Comment pouvait-il penser une seule seconde qu’elle était attirée par lui ? Sérieusement ? C'était lui qui lui était rentré dedans, pas l'inverse ! Megan n’avait jamais eu de petit ami, ni même connu les tourments d’un béguin, et imaginer un quelconque rapprochement avec… cet énergumène… lui provoqua une drôle de sensation, entre l’angoisse et l’irritation.

Puis vint sa réponse. Megan le regarda de haut, les bras croisés, et un sourire sarcastique se dessina sur ses lèvres.
— La vieille répartie du sourd… Très original. C’est donc ça, la célèbre bravoure des Gryffondor ? lança-t-elle avec un faux air désespéré.

Elle s’avança d’un pas, plantant son regard clair dans le sien, soutenant le défi sans vaciller.
— À vrai dire, j’espérais plutôt que tu sois banni de ce temple du savoir. Et qui sait… peut-être qu’un jour, tu réussiras même l’exploit d’être exclu de Poudlard. Nul doute que tu ne manqueras à personne.

Elle ponctua ses mots d’un sourire outrageusement chaleureux, le genre de sourire qui cachait un venin bien dosé.

Mais ce fut alors qu’il lâcha, cette phrase troublante. Comment connaissait-il son prénom ? Elle jeta un coup d'oeil discret en direction de ses cahiers. L'un d'eux était étiqueté avec son nom - Malin le félin... - pensa la sorcière.

Son prénom, dans sa bouche, eut l’effet d’une gifle douce et brutale à la fois. Elle sentit ses joues s’embraser malgré elle. Avait-elle bien entendu ? Est-ce qu'il venait… de flirter avec elle ?

Un silence lourd suivit. Megan, pourtant si vive, se retrouva muette, pétrifiée entre la colère et la confusion. Il l'avait piégée entre ses griffes, ce lionceau.

Et le pire ? Il le savait.

Les bras ballants, incapable de trouver une réplique cinglante, elle le regarda s’éloigner avec cette désinvolture agaçante, jetant même un dernier coup d'œil par-dessus son épaule, l’air satisfait.

Elle se mordilla la lèvre, furieuse contre lui… et contre elle-même. Il avait osé partir sans lui laisser le dernier mot. Inacceptable.

Il avait peut-être gagné cette bataille, mais certainement pas la guerre.

Jetant un regard furtif autour d’elle pour s’assurer que personne n’avait assisté à cette humiliation silencieuse, Megan rassembla vivement ses affaires, son visage toujours empourpré, et quitta la bibliothèque à grandes enjambées.

#023128

Magiquement vôtre - Megan