Le temps d'un Nebulus
Précédemment :
Niall - Fabio - Niall - Fabio - Niall
–———––––––––––––––––
@Niall O’Barden
Et tout à coup, il y avait la brume, il y avait Niall, et le reste du monde disparut. Il y avait Niall, il y avait son sourire et son hypnotique regard gris posé sur lui. Il y avait Niall et sa main, et tout à coup sa propre main dans celle du sorcier qui était venu l'attraper. Et il peinait à en arracher le regard tandis que sans opposer la moindre résistance, il suivit le libraire encore plus loin de la piste de danse.
Et alors que Fabio distinguait plus clairement que jamais Niall se détachant sur ce fond monochrome magiquement crée – en même temps, avait-il déjà été aussi proche de lui auparavant ? –, il avait l'impression que cette même brume les entourait lui brouillait l'esprit. Oh si, il avait bien réalisé ce qui était en train de se passer – du moins à l'échelle de l'évident : Niall qui, bien que dans un décor étonnant, l'invitait à (ou acceptait de ?) danser avec lui. Mais de là à dire qu'il comprenait... Pour cela, il lui aurait probablement fallu commencer par comprendre la nature de cet opaque mur grisâtre qui les entourait dorénavant. Plus précisément, il lui aurait fallu commencer par comprendre l'intention qui donnait consistance à cette brume, celle que nourrissait Niall par son biais. Car cette brume, elle pouvait chercher à dissimuler Fabio, former la solution au problème du retour immédiat sur une piste de danse ou sa présence pourrait être repérée après un départ insolent. Mais cette brume, elle pouvait également chercher à dissimuler Niall qui peut-être, ne souhaitait pas être vu en train de danser. Et à partir de cette hypothèse-là, le pas vers celle selon laquelle la brume pouvait les dissimuler tous les deux, selon laquelle Niall ne souhaitait pas être vu en train de danser avec lui, n'était plus loin. Et Fabio n'était pas certain de discerner, saisir et ordonner l'étendue et les pourtours de ce qu'il retentissait à cette idée.
Mais il y avait Niall, il y avait sa voix et sa paume ouverte qui attendait la sienne. Et il y avait cette brume, mais il y avait aussi la musique qui commençait à jouer, et Niall et sa main et son regard et ce quelque chose qui montait rapidement en Fabio, un quelque chose qui avait envie de saisir cette main tendue et de ne plus réfléchir à la nature de la brume qui les coupait des autres. Alors avec un doux sourire, c'est ce qu'il fit.
Il s'approcha d'un demi pas et se tourna légèrement afin de se placer face à Niall – lentement, car il y avait une part de lui qui craignait qu'à tout moment, le sorcier ne fasse un grand pas chassé sur le côté pour s'éloigner.
Fabio réalisa qu'il y avait une autre dimension encore dans les conditions qu'avait créées Niall. Il n'y avait pas songé dans son équation en évoquant une danse, tout à l'heure – quoique en réalité, rien de ce que Fabio faisait depuis que Niall était apparu à côté de lui ne semblait spécialement calculé. Enveloppés du sort de Niall, la danse allait goûter à une forme d'intimité que toutes les danses précédentes, qui parfois justement cherchaient la visibilité, n'avaient pas connu. Différent, particulier, mais certainement pas déplaisant, il en était assez certain. Fabio abandonna le constat aux abords de sa conscience, car bien qu'il ne pouvait pas l'ignorer entièrement, ce n'était pas quelque chose qu'il voulait décortiquer maintenant.
Il posa la main sur l’épaule de Niall – lentement, car il ne voulait rater aucune expression ni réaction de l’homme, et qu’il voulait pouvoir adapter les siennes au besoin.
Et avec la musique qui jouait, avec son regard capturé par celui de Niall et les sourires qui se réfléchissaient, il ne leur restait plus qu’à se mettre en mouvement. Lentement, au rythme de la musique ou peut-être de celui de son cœur – ce cœur qui tapait un peu plus fortement qu’habituellement.
– C’est toi qui es brillant, Niall.
Fabio ne savait pas réellement ce qu’il voulait dire par là, mais soufflés à mi-voix, il sentait que c’était vrai.
BANDEAU PNJ
Reducio
- Votre PJ est présent ? oui
- Nom et prénom du PNJ (+ lien avec votre PJ) : Jina Dermott, sœur
- Lien vers la fiche du PNJ : index des PNJ
- Intérêt de ce RP pour votre PJ : Jina étant sa sœur, c'est assez naturellement en sa compagnie que Fabio passe les minutes autour de la nouvelle année. La moment passé avec Jina vise à faire la transition entre deux moments avec Niall dans le RP qui ne s'enchainement pas immédiatement.
Fab’ulous
#583400
Le temps d'un Nebulus
En observant le visage de Fabio — car c’était bien là tout ce qu’il savait faire —, Niall y voyait un tourbillon de pensées qu’il lui était impossible à décrypter. Intrigant, et ce depuis les Quadriennales, l’homme silencieux, aux paroles réfléchies, n’était pas toujours facile à percer. Et si la tâche pouvait sembler ardue pour beaucoup, si elle donnait l’envie d’abandonner pour certains, pour l’Irlandais, cela ne faisait qu’accentuer son désir de rester des heures à l’observer. Il était d’ailleurs presque étrange que certains regards troublaient quand d’autres se croisaient au moment opportun, sans la moindre interruption, sans le moindre trouble. Des regards qui demandaient à être observés. Alors c’était ce que Niall faisait : il observait tout ce qu’il pouvait observer, pour comprendre ce que ce regard bleu chuchotait.
Les pensées qui traversaient l’esprit de Fabio et que Niall peinait à entendre le firent douter. Il s’était alors imaginé une hésitation de la part de l’Egyptien. Les sourires n’étaient-ils en fait que de la pitié ? Peut-être, après tout, que son devoir d’organisateur d’un tel bal l’obligeait à accepter toute discussion, tout retrait de la piste de danse, toute danse ? Mais son hypothèse était bancale : pourquoi diable se serait-il osé à dire qu’il aimait l’audace ? La paume tendue devenait presque chancelante. Cette paume qui symbolisait presque un espoir. Un espoir qui l’autorisait presque à y croire. Mais croire à quoi, en fait ?
Alors que la brume cachait de mieux en mieux les deux danseurs, la main de Fabio était venue rejoindre celle de Niall, le faisant relâcher la pression qui s’installait aussi vite que le brouillard. Le sourire du libraire démontrait un certain soulagement. Lorsque sa main s’était posée, l’Irlandais avait fait pivoter la sienne pour que son pouce remonte doucement le long de la paume brune de Fabio, avant de la bloquer à nouveau contre la sienne. Tout bon danseur aurait pu douter de la nécessité d’un tel geste, alors que l’emplacement initial se voyait déjà correct, mais si on le lui avait demandé, il aurait juré que si. Si Fabio le lui demandait d’ici quelques mois, il le lui avouerait, mais ce soir, il préférait prétendre que le geste était nécessaire. Que ce geste n’était pas du tout une occasion de ressentir, durant quelques secondes supplémentaires, le contact de sa main contre la sienne.
L’autre main se plaça lentement sur son épaule et Niall sentit son réflexe de s’assurer une nouvelle fois que la brume rendait bien tout danseur invisible. Son regard s’apprêtait alors à dévier vers la droite lorsque la voix Dermottesque arriva à ses oreilles. Des mots soufflés à mi-voix, des mots et une tonalité qui l’assurèrent aussitôt et l’empêchèrent de mener à bien son dessein premier. La voix résonnait encore dans l’esprit de Niall et il sentait que l’émotion* qu’il ressentait était différente. Il aurait voulu s’accrocher à ses hypothèses formulées plus tôt, il aurait voulu se dire que Fabio Dermott n’avait aucune envie de se trouver ici, mais à bien y réfléchir, il n’en avait pas tellement envie. Encore moins lorsqu’une telle voix vous bouscule de la sorte. Niall avait senti, en un dixième de seconde, sa main serrer celle de Fabio, puis, pour feindre que rien inhabituel ne l’avait troublé, il avait enchainé en plaçant son autre main sur le dos de son partenaire.
Pour la première fois depuis qu’il l’avait rencontré, Niall se laissait à l’observation. Il avait accepté de laisser les yeux bleus de l’Egyptien pour observer sa jol.. peau brune, ses grains de beauté, sa mâchoire, ses lèvr.. Ses yeux, ses longs cils noirs et le début de sourcils sûrement épais mais que le masque cachait encore.
Le gramophone au loin rythmait les pas de Niall et il remerciait ses longues et ennuyantes heures de danse que ses parents lui avaient infligées. Grâce à ces heures de pratique, il pouvait se permettre de sourire et de contempler le danseur qui, visiblement, savait aussi bien ce qu’il faisait. Grâce à ces heures de pratique, son corps qui se déplaçait de manière automatique lui permettait de profiter du moment ; moment où son coeur semblait s’emballer lorsque leurs pas étaient encore plus proches qu’au pas précédent.
Il était revenu à ses yeux et Niall avait laissé l’audace, l’humour et sa famille de l’autre côté du Nebulus. S’il y a dix ans, il avait été trop jeune pour comprendre ce que les yeux d’un homme pouvait raconter, aujourd’hui, il se redonnait une chance d’écouter. Et, ce soir du moins, il acceptait aussi que ses yeux parlent pour lui, plus que ce silence dans lequel il venait de se réfugier. Même avec un masque noir autour de ses yeux, on pouvait y lire l’intérêt, la curiosité et l’attirance ; même si ses lèvres ne soufflaient, contrairement à celles de Fabio, aucun mot.
_____
* : Le secret.
Les pensées qui traversaient l’esprit de Fabio et que Niall peinait à entendre le firent douter. Il s’était alors imaginé une hésitation de la part de l’Egyptien. Les sourires n’étaient-ils en fait que de la pitié ? Peut-être, après tout, que son devoir d’organisateur d’un tel bal l’obligeait à accepter toute discussion, tout retrait de la piste de danse, toute danse ? Mais son hypothèse était bancale : pourquoi diable se serait-il osé à dire qu’il aimait l’audace ? La paume tendue devenait presque chancelante. Cette paume qui symbolisait presque un espoir. Un espoir qui l’autorisait presque à y croire. Mais croire à quoi, en fait ?
Alors que la brume cachait de mieux en mieux les deux danseurs, la main de Fabio était venue rejoindre celle de Niall, le faisant relâcher la pression qui s’installait aussi vite que le brouillard. Le sourire du libraire démontrait un certain soulagement. Lorsque sa main s’était posée, l’Irlandais avait fait pivoter la sienne pour que son pouce remonte doucement le long de la paume brune de Fabio, avant de la bloquer à nouveau contre la sienne. Tout bon danseur aurait pu douter de la nécessité d’un tel geste, alors que l’emplacement initial se voyait déjà correct, mais si on le lui avait demandé, il aurait juré que si. Si Fabio le lui demandait d’ici quelques mois, il le lui avouerait, mais ce soir, il préférait prétendre que le geste était nécessaire. Que ce geste n’était pas du tout une occasion de ressentir, durant quelques secondes supplémentaires, le contact de sa main contre la sienne.
L’autre main se plaça lentement sur son épaule et Niall sentit son réflexe de s’assurer une nouvelle fois que la brume rendait bien tout danseur invisible. Son regard s’apprêtait alors à dévier vers la droite lorsque la voix Dermottesque arriva à ses oreilles. Des mots soufflés à mi-voix, des mots et une tonalité qui l’assurèrent aussitôt et l’empêchèrent de mener à bien son dessein premier. La voix résonnait encore dans l’esprit de Niall et il sentait que l’émotion* qu’il ressentait était différente. Il aurait voulu s’accrocher à ses hypothèses formulées plus tôt, il aurait voulu se dire que Fabio Dermott n’avait aucune envie de se trouver ici, mais à bien y réfléchir, il n’en avait pas tellement envie. Encore moins lorsqu’une telle voix vous bouscule de la sorte. Niall avait senti, en un dixième de seconde, sa main serrer celle de Fabio, puis, pour feindre que rien inhabituel ne l’avait troublé, il avait enchainé en plaçant son autre main sur le dos de son partenaire.
Pour la première fois depuis qu’il l’avait rencontré, Niall se laissait à l’observation. Il avait accepté de laisser les yeux bleus de l’Egyptien pour observer sa jol.. peau brune, ses grains de beauté, sa mâchoire, ses lèvr.. Ses yeux, ses longs cils noirs et le début de sourcils sûrement épais mais que le masque cachait encore.
Le gramophone au loin rythmait les pas de Niall et il remerciait ses longues et ennuyantes heures de danse que ses parents lui avaient infligées. Grâce à ces heures de pratique, il pouvait se permettre de sourire et de contempler le danseur qui, visiblement, savait aussi bien ce qu’il faisait. Grâce à ces heures de pratique, son corps qui se déplaçait de manière automatique lui permettait de profiter du moment ; moment où son coeur semblait s’emballer lorsque leurs pas étaient encore plus proches qu’au pas précédent.
Il était revenu à ses yeux et Niall avait laissé l’audace, l’humour et sa famille de l’autre côté du Nebulus. S’il y a dix ans, il avait été trop jeune pour comprendre ce que les yeux d’un homme pouvait raconter, aujourd’hui, il se redonnait une chance d’écouter. Et, ce soir du moins, il acceptait aussi que ses yeux parlent pour lui, plus que ce silence dans lequel il venait de se réfugier. Même avec un masque noir autour de ses yeux, on pouvait y lire l’intérêt, la curiosité et l’attirance ; même si ses lèvres ne soufflaient, contrairement à celles de Fabio, aucun mot.
_____
* : Le secret.
Le temps d'un Nebulus
Niall ne dit rien et Fabio respecta le silence du libraire, lui trouvant en réalité quelque chose de plutôt agréable. Ce n'était pas un silence gêné, ni un silence qui cherchait à être interrompu au plus vite, c'était un silence qui était et qui semblait avoir sa raison d'être, qui s'était délicatement installé et dans lequel il pouvait s'attarder sans inconfort. C'était un silence qui lui évoquait la feuille d'un arbre se détachant de sa branche pile au moment où l'on passe en dessous, qui flotte un instant jusqu'à tomber dans nos mains, une feuille que l'on peut chasser ou garder car pourquoi pas après tout, elle est là, on est là et le destin ou le hasard ou simplement le moment présent ont fait qu'il en soit ainsi. Alors Fabio garda le silence comme il aurait gardé la feuille : avec le croquis léger d'un sourire dont les pourtours commençaient à se dessiner sur ses lèvres. Une fois de plus. Et ce alors que – abstraction faite des sourires polis ou charmeurs qu'il distribuait avec intention et maîtrise – il n'était habituellement pas d'un naturel excessivement souriant. Niall O'Barden. Décidément !
Enveloppés de brume et de silence – ce silence qui rajoutait sa couche par dessus la musique constituant l'unique fond sonore (qui lui semblait en cet instant réellement relégué à sa qualité de lointaine de fond) –, Fabio pouvait se focaliser sur autre chose que des mots qu'il n'avait ni à entendre, ni à prononcer. Il n'avait pas vraiment besoin de se concentrer sur ses pas de danse : il les maîtrisait instinctivement avec aisance et son partenaire, de toute évidence, également. Ce qu'il voulait, c'était se contenter de vivre le moment présent. Quoique non, vivre ne lui suffisait pas, Fabio sentait qu'il lui fallait plus et surtout qu'à défaut, il le regretterait. Alors après quelques secondes passées à se contenter de danser sans trop penser, Fabio osa enfin projeter sa conscience sur les points de contact qu'il partageait avec le sorcier au masque noir. Progressivement. Avec hésitation et non sans une certaine timidité, comme s'il risquait quelque chose s'il ne se retenait pas, s'il se laissait entièrement aller et submerger. Avec retenue, donc. Pour ne rien risquer. Pour rester maître de ce qui lui arrivait. Et sans oublier de respirer.
Il y avait, pour commencer, sa main posée sur l'épaule de Niall. Ou plus précisément, sur l'épaule du costume que l'homme portait, car à vrai dire, ce qu'il sentait sous sa paume était avant tout le tissu du vêtement. Joli vêtement, mais il fallait être honnête : si quelques minutes plus tôt, Fabio avait encore fait preuve d'un intérêt accru pour l'art couturier, ce n'était à présent plus du tout sa priorité.
Il y avait ensuite la main de Niall dans son dos. Peut-être que c'était le fruit de son imagination, mais il avait l'impression de sentir une aussi douce qu'agréable chaleur à l'endroit précis ou la paume de Niall le touchait. À cette pensée, ses joues s'incendièrent de quelques degrés et il s'obligea à arrêter d'y penser, à tenter de reprendre le contrôle sur lui-même et sur ce qu'il se passait dans son esprit.
Tenter de. Car que ce qui restait, c'était son autre main. Son autre main dans l'autre main de Niall. Et ce contact-là... Ce n'était pas par hasard s'il l'avait laissé pour la fin. C'était celui sur lequel une part de lui lui susurrait de s'attarder – tout autant qu'une autre part de lui appréhendait sérieusement de le faire. Parce que Fabio savait que Niall en avait tout autant conscience que lui, de ce contact. Il avait senti le pouce contre sa paume. Il avait senti la légère pression. Il avait apprécié, il devait se l'avouer. Et c'était si petit, mais dans le silence, il n'était pas nécessaire d'être grand. Du moins en se trouvant face à quelqu'un d'aussi attentif que ne l'était l'Egyptien. Et soudainement, quelque chose dans tout cela l'effraya et de façon précipitée, il arracha sa conscience aux deux mains sans la lâcher physiquement pour autant ; mais de façon si précitée qu'il faillit manquer un pas de danse, ce qui – pour ne rien arranger – l'embarrassa. Urgemment, il chercha à se focaliser sur autre chose, ailleurs, vite, n'importe quoi.
Il n'y parvient pas. Car s'il était parvenu à arracher sa focalisation des deux mains, c'était pour tomber tout droit dans le regard de Niall. Il le sentait posé sur lui et il y avait quelque chose... Fabio aurait juré que ce regard avait changé. Peut-être était-ce dû à la lumière chaude qui emplissait la bulle du bal – lumière à présent tamisée par cette brume qui la drapait d'une allure et d'une ambiance différente. Mais il ne pouvait pas uniquement s'agir de cela, il en était presque certain. Ce regard-là, il avait l'impression qu'il le contenait tout entier. Non seulement parce qu'il y était tombé tête la première. Non seulement parce qu'il savait que Niall l'observait. Non seulement parce que lui-même était incapable d'en arracher ses prunelles bleues. Mais il lui semblait pouvoir y lire quelque chose, il lui semblait réfléchir quelque chose qui... et à cette pensée, ses idées s'emmêlèrent tandis que dans sa poitrine, son cœur trébucha. Et à son tour, sans contrôle ni maîtrise ni intention, instinctivement, Fabio serra un peu plus fortement la main gauche de Niall dans sa main droite à lui.
Enveloppés de brume et de silence – ce silence qui rajoutait sa couche par dessus la musique constituant l'unique fond sonore (qui lui semblait en cet instant réellement relégué à sa qualité de lointaine de fond) –, Fabio pouvait se focaliser sur autre chose que des mots qu'il n'avait ni à entendre, ni à prononcer. Il n'avait pas vraiment besoin de se concentrer sur ses pas de danse : il les maîtrisait instinctivement avec aisance et son partenaire, de toute évidence, également. Ce qu'il voulait, c'était se contenter de vivre le moment présent. Quoique non, vivre ne lui suffisait pas, Fabio sentait qu'il lui fallait plus et surtout qu'à défaut, il le regretterait. Alors après quelques secondes passées à se contenter de danser sans trop penser, Fabio osa enfin projeter sa conscience sur les points de contact qu'il partageait avec le sorcier au masque noir. Progressivement. Avec hésitation et non sans une certaine timidité, comme s'il risquait quelque chose s'il ne se retenait pas, s'il se laissait entièrement aller et submerger. Avec retenue, donc. Pour ne rien risquer. Pour rester maître de ce qui lui arrivait. Et sans oublier de respirer.
Il y avait, pour commencer, sa main posée sur l'épaule de Niall. Ou plus précisément, sur l'épaule du costume que l'homme portait, car à vrai dire, ce qu'il sentait sous sa paume était avant tout le tissu du vêtement. Joli vêtement, mais il fallait être honnête : si quelques minutes plus tôt, Fabio avait encore fait preuve d'un intérêt accru pour l'art couturier, ce n'était à présent plus du tout sa priorité.
Il y avait ensuite la main de Niall dans son dos. Peut-être que c'était le fruit de son imagination, mais il avait l'impression de sentir une aussi douce qu'agréable chaleur à l'endroit précis ou la paume de Niall le touchait. À cette pensée, ses joues s'incendièrent de quelques degrés et il s'obligea à arrêter d'y penser, à tenter de reprendre le contrôle sur lui-même et sur ce qu'il se passait dans son esprit.
Tenter de. Car que ce qui restait, c'était son autre main. Son autre main dans l'autre main de Niall. Et ce contact-là... Ce n'était pas par hasard s'il l'avait laissé pour la fin. C'était celui sur lequel une part de lui lui susurrait de s'attarder – tout autant qu'une autre part de lui appréhendait sérieusement de le faire. Parce que Fabio savait que Niall en avait tout autant conscience que lui, de ce contact. Il avait senti le pouce contre sa paume. Il avait senti la légère pression. Il avait apprécié, il devait se l'avouer. Et c'était si petit, mais dans le silence, il n'était pas nécessaire d'être grand. Du moins en se trouvant face à quelqu'un d'aussi attentif que ne l'était l'Egyptien. Et soudainement, quelque chose dans tout cela l'effraya et de façon précipitée, il arracha sa conscience aux deux mains sans la lâcher physiquement pour autant ; mais de façon si précitée qu'il faillit manquer un pas de danse, ce qui – pour ne rien arranger – l'embarrassa. Urgemment, il chercha à se focaliser sur autre chose, ailleurs, vite, n'importe quoi.
Il n'y parvient pas. Car s'il était parvenu à arracher sa focalisation des deux mains, c'était pour tomber tout droit dans le regard de Niall. Il le sentait posé sur lui et il y avait quelque chose... Fabio aurait juré que ce regard avait changé. Peut-être était-ce dû à la lumière chaude qui emplissait la bulle du bal – lumière à présent tamisée par cette brume qui la drapait d'une allure et d'une ambiance différente. Mais il ne pouvait pas uniquement s'agir de cela, il en était presque certain. Ce regard-là, il avait l'impression qu'il le contenait tout entier. Non seulement parce qu'il y était tombé tête la première. Non seulement parce qu'il savait que Niall l'observait. Non seulement parce que lui-même était incapable d'en arracher ses prunelles bleues. Mais il lui semblait pouvoir y lire quelque chose, il lui semblait réfléchir quelque chose qui... et à cette pensée, ses idées s'emmêlèrent tandis que dans sa poitrine, son cœur trébucha. Et à son tour, sans contrôle ni maîtrise ni intention, instinctivement, Fabio serra un peu plus fortement la main gauche de Niall dans sa main droite à lui.
Enchanté... 
Enfin je veux dire, enchanté. Enchantant, ce secret.
Enfin je veux dire, enchanté. Enchantant, ce secret.
Fab’ulous
#583400
Le temps d'un Nebulus
! J’invoque mon pouvoir magique
Niall n’avait plus réfléchi aux effets du Nebulus depuis un moment, et le répit que cela apportait à ses pensées angoissées était non négligeable. Ce voile brumeux l’avait non seulement caché des regards, mais il avait également réduit au silence ce qui aurait dû l’obliger à quitter les lieux ; et de ce silence, il s’enivrait. Ils étaient bien là, tous les deux. Le contact qui les liait n’aurait pourtant pu être plus proche que deux épaules l’une contre l’autre, la brume qui les réunissait n’aurait pourtant pu être plus révélatrice qu’une rune sur un nuage, mais à cet instant, rien ne l’effrayait. Tenu ou tenant, observé ou observant, les frontières qu’il redoutait tant partaient elles aussi en fumée.
Dans ses mouvements que Niall avait cessé de contrôler, dans les yeux de l’homme que Niall ne cessait de regarder, un souvenir s’était immiscé. Celui d’une journée en librairie qui le fit sourire presque tendrement. Comme si j’avais un coloshoo, avait-il répondu lorsque le libraire s’était assuré que Fabio ne parte pas. Et c’était ce qu’il avait fait. La première fois que ses mots lui étaient parvenus, il n’y avait peut-être pas accordé tant d’importance — sans négliger l’humour apprécié de la remarque —, et aujourd’hui, alors qu’ils lui revenaient en tête, Niall avait baissé les yeux vers les pieds de son partenaire. Eux aussi semblaient vouloir rester.
Si les capacités des Legilimens ne l’avaient jamais fait tant rêver — observer et analyser étaient pour l’Irlandais deux actions qu’il faisait instinctivement et surtout, aimait plus que tout s’en sentir capable — il aurait donné tout ce qu’il possédait pour entendre les pensées de Fabio à cet instant. Dans son observation, il voyait bien ses pupilles balayer son visage et parfois leurs mains — il se demandait d’ailleurs s’il en était même conscient, à en juger sa rapidité —, mais l’analyse ne suivait pas. Venait-il de rougir ? Il n’en était pas certain. Peut-être parce que les certitudes de Niall étaient encore fragiles, peut-être parce qu’à trop vouloir voir, il voyait, inventait, imaginait, et se retrouvait blessé. Lorsque ses analyses arrivaient dans un tourbillon d’imagination, il lui était difficile de s’en sortir. Alors il avait adopté la seule solution tangible et indolore : fermer son esprit, tel un Occlumens.
Malheureusement ou heureusement, Fabio Dermott avait une particularité magique bien à lui.
Lorsque son regard vous transperce, et que sa main vous rappelle soudain qu’elle vous tient, il n’est plus question de bloquer son esprit, car c’est votre coeur entier qui s’ouvre. Un regard bleu, puis des doigts qui s’appuient contre les vôtres et toute votre attention s’y engouffre. Vous avez beau rassurer les palpitations qui elles aussi ont été emportées, vous ne pouvez plus rien faire d’autre que fixer cette main qui, vous pouvez le jurer, ne vous a pas serré par hasard. Elle aussi est le fruit d’une pensée que l’on voudrait encore questionner. Alors vous revenez au seul regard qui compte et vous lui dites, d’une manière aussi silencieuse que nécessaire, qu’à vous aussi, cette pensée vous a traversé.
Il n’y aurait pas eu musique approchant minuit plus adéquate que celle qui se jouait en fond, dans leur danse. Les paroles hurlaient presque les pensées d’un Niall trop épris, ou trop inquiet. Il n’avait pas pu s’empêcher de les écouter, ces paroles, et avait souri en s’imaginant rêver de celui avec qui il dansait ce soir. La pensée était courte, furtive, mais elle était passée : comment serait-il dessiné ce Fabio Dermott s’il existait dans ses pensées, la nuit ?
Enivré par le moment qu’ils partageaient, par les contacts qui avaient davantage parlé qu’eux ces dernières minutes, Niall avait eu l’envie soudaine de reprendre la parole. Sans réfléchir à la manière dont ses mots sortiraient — et devions-nous être honnêtes, quand il s’agissait de l’Egyptien, il n’y avait là plus aucune logique —, il avait commencé par la seule sonorité qu’il aimait entendre sortir de ses lèvres :
— Fabio..
Bien que l’adrénaline avait sûrement dû jouer un rôle dans son besoin de parler, prononcer son prénom en le fixant dans les yeux avait peut-être été plus troublant qu’il ne se l’était imaginé. Alors discrètement, il se racla la gorge en baissant les yeux, se reprit et fixa, sans savoir pourquoi, ces deux mains liées qui l’avaient décontenancé plus tôt.
— Je m’en souvenais. De ton prénom. Quand tu es venu ce matin-là, à la librairie.
Et après un léger silence, un de ceux nécessaires à l’affrontement, il était revenu au regard du sorcier. Oui, il lui avouait à demi-mot qu’il lui avait menti, mais il lui avouait également qu’il avait besoin qu’il le sache. Pour tout ce que cela signifiait.
Niall n’avait plus réfléchi aux effets du Nebulus depuis un moment, et le répit que cela apportait à ses pensées angoissées était non négligeable. Ce voile brumeux l’avait non seulement caché des regards, mais il avait également réduit au silence ce qui aurait dû l’obliger à quitter les lieux ; et de ce silence, il s’enivrait. Ils étaient bien là, tous les deux. Le contact qui les liait n’aurait pourtant pu être plus proche que deux épaules l’une contre l’autre, la brume qui les réunissait n’aurait pourtant pu être plus révélatrice qu’une rune sur un nuage, mais à cet instant, rien ne l’effrayait. Tenu ou tenant, observé ou observant, les frontières qu’il redoutait tant partaient elles aussi en fumée.
Dans ses mouvements que Niall avait cessé de contrôler, dans les yeux de l’homme que Niall ne cessait de regarder, un souvenir s’était immiscé. Celui d’une journée en librairie qui le fit sourire presque tendrement. Comme si j’avais un coloshoo, avait-il répondu lorsque le libraire s’était assuré que Fabio ne parte pas. Et c’était ce qu’il avait fait. La première fois que ses mots lui étaient parvenus, il n’y avait peut-être pas accordé tant d’importance — sans négliger l’humour apprécié de la remarque —, et aujourd’hui, alors qu’ils lui revenaient en tête, Niall avait baissé les yeux vers les pieds de son partenaire. Eux aussi semblaient vouloir rester.
Si les capacités des Legilimens ne l’avaient jamais fait tant rêver — observer et analyser étaient pour l’Irlandais deux actions qu’il faisait instinctivement et surtout, aimait plus que tout s’en sentir capable — il aurait donné tout ce qu’il possédait pour entendre les pensées de Fabio à cet instant. Dans son observation, il voyait bien ses pupilles balayer son visage et parfois leurs mains — il se demandait d’ailleurs s’il en était même conscient, à en juger sa rapidité —, mais l’analyse ne suivait pas. Venait-il de rougir ? Il n’en était pas certain. Peut-être parce que les certitudes de Niall étaient encore fragiles, peut-être parce qu’à trop vouloir voir, il voyait, inventait, imaginait, et se retrouvait blessé. Lorsque ses analyses arrivaient dans un tourbillon d’imagination, il lui était difficile de s’en sortir. Alors il avait adopté la seule solution tangible et indolore : fermer son esprit, tel un Occlumens.
Malheureusement ou heureusement, Fabio Dermott avait une particularité magique bien à lui.
Lorsque son regard vous transperce, et que sa main vous rappelle soudain qu’elle vous tient, il n’est plus question de bloquer son esprit, car c’est votre coeur entier qui s’ouvre. Un regard bleu, puis des doigts qui s’appuient contre les vôtres et toute votre attention s’y engouffre. Vous avez beau rassurer les palpitations qui elles aussi ont été emportées, vous ne pouvez plus rien faire d’autre que fixer cette main qui, vous pouvez le jurer, ne vous a pas serré par hasard. Elle aussi est le fruit d’une pensée que l’on voudrait encore questionner. Alors vous revenez au seul regard qui compte et vous lui dites, d’une manière aussi silencieuse que nécessaire, qu’à vous aussi, cette pensée vous a traversé.
Il n’y aurait pas eu musique approchant minuit plus adéquate que celle qui se jouait en fond, dans leur danse. Les paroles hurlaient presque les pensées d’un Niall trop épris, ou trop inquiet. Il n’avait pas pu s’empêcher de les écouter, ces paroles, et avait souri en s’imaginant rêver de celui avec qui il dansait ce soir. La pensée était courte, furtive, mais elle était passée : comment serait-il dessiné ce Fabio Dermott s’il existait dans ses pensées, la nuit ?
Enivré par le moment qu’ils partageaient, par les contacts qui avaient davantage parlé qu’eux ces dernières minutes, Niall avait eu l’envie soudaine de reprendre la parole. Sans réfléchir à la manière dont ses mots sortiraient — et devions-nous être honnêtes, quand il s’agissait de l’Egyptien, il n’y avait là plus aucune logique —, il avait commencé par la seule sonorité qu’il aimait entendre sortir de ses lèvres :
— Fabio..
Bien que l’adrénaline avait sûrement dû jouer un rôle dans son besoin de parler, prononcer son prénom en le fixant dans les yeux avait peut-être été plus troublant qu’il ne se l’était imaginé. Alors discrètement, il se racla la gorge en baissant les yeux, se reprit et fixa, sans savoir pourquoi, ces deux mains liées qui l’avaient décontenancé plus tôt.
— Je m’en souvenais. De ton prénom. Quand tu es venu ce matin-là, à la librairie.
Et après un léger silence, un de ceux nécessaires à l’affrontement, il était revenu au regard du sorcier. Oui, il lui avouait à demi-mot qu’il lui avait menti, mais il lui avouait également qu’il avait besoin qu’il le sache. Pour tout ce que cela signifiait.
Le temps d'un Nebulus
Fabio avait toujours aimé son prénom, mais peut-être qu'en cet instant, il l'aima un tout petit peu plus encore qu'habituellement. Entre les lèvres de Niall, son prénom lui semblait drapé d'un velours tout particulier, particulièrement doux, particulièrement plaisant et envoûtant. Il avait l'impression qu'à peine formulé, son prénom s'était mis à flotter dans leur silence sans pour autant le briser et il en entendait encore l'écho plusieurs secondes plus tard, alors que Niall avait déjà baissé le regard. Fabio dut lutter contre l'envie de retirer la main gauche de l'épaule de Niall pour glisser ses doigts sous son menton et espérer retrouver les yeux qui lui avaient échappé, mais évidemment, il n'osa pas et se contenta ainsi de suivre le regard de l'homme sur leurs mains au moment où l'aveu du libraire tomba.
– Oh...
À peine perceptible – tellement qu'à posteriori, il aurait été incapable de dire avec certitude si ce "oh" n'était peut-être que tombé dans son esprit. Le regard échappé finit par lui revenir tout seul et Fabio l'accrocha tout en songeant aux mots prononcés. Son passage chez Fleury & Bott, ce jour-là, lui avait dans l'ensemble laissé un souvenir agréable. Y repenser l'était tout autant, mais quelque chose en lui craignait qu'en cet instant, s'il activait sa mémoire pour se laisser transporter dans le passé, pour se rejouer mentalement les scènes de la journée évoquée et en particulier celle que Niall avait mentionnée, il puisse louper la moindre toute petite miette du présent. À moins qu'il n'en eut de toute façon pas besoin, car Fabio savait exactement à quel moment Niall faisait référence – il ne lui était pas nécessaire d'entreprendre un voyage temporel mental pour s'en rappeler. Il ne pensa pas aux raisons qui pouvaient avoir poussé le sorcier à prétendre le contraire, en septembre. Et peut-être qu'au fond, ce n'était même pas cela qui importait réellement.
– Tant mieux... je t'avoue que ça m'avait un peu contrarié, articula-t-il en levant à peine la voix.
Le ton était doux, accompagné d'un léger sourire que l'on pourrait presque identifier comme étant un brin taquin – pas beaucoup, juste un tout petit peu. Oui, cela l'avait contrarié (même si à vrai dire, n'importe qui oubliant son nom l'aurait irrité). Alors plus que de savoir qu'en réalité, Niall avait su, ce jour-là, ce qui lui parut important, c'était que Niall avait décidé de le lui avouer ici et maintenant, en plein dans ce si singulier présent. Et comme sa propre réponse ne lui semblait pas à la hauteur de ce qu'il voulait exprimer, sa main gauche abandonna son poste de main sagement posée sur une épaule pour un slow bien comme il faut. Elle s'aventura sur la droite, glissant de plusieurs centimètres de façon à passer dans la nuque de Niall. Son prochain pas, Fabio l'effectua de façon à le poser plus près du danseur que le précédent – pas beaucoup, juste un tout petit peu – et le courage l'abandonnant lâchement à cet instant (peut-être par crainte d'être submergé ou par crainte que ce ne soit le cas de Niall), Fabio laissa son regard s'évader sur le côté. Une nouvelle fois, il dut lutter contre cette envie qui lui venait de l'intérieur, qui cette fois-ci voulait le pousser à s'approcher encore d'un pas, à déplacer encore un peu plus la main sur l'omoplate opposée à l'épaule où elle était encore posée quelques secondes plus tôt ; une envie qui, s'il se risquait à en détailler les contours, prenant la forme d'une délicate étreinte. Une nouvelle nouvelle fois, il n'osa pas. Il osa à peine y songer, en réalité. Et de toute façon, ses derniers gestes s'étaient peut-être déjà dangereusement approchés d'une limite dont il craignait le franchissement qui feraient de lui quelqu'un d'envahissant.
Puis, sans raison autre que le pur plaisir de goûter au prénom de son partenaire de danse, Fabio souffla :
– Niall.
Il laissa le prénom planer un instant et timidement, chercha à nouveau le regard de Niall, si celui-ci voulait bien. Et lui sembla que ce prénom-là sonnait au moins tout aussi bien que son propre prénom l'avait fait à peine plus tôt.
– Oh...
À peine perceptible – tellement qu'à posteriori, il aurait été incapable de dire avec certitude si ce "oh" n'était peut-être que tombé dans son esprit. Le regard échappé finit par lui revenir tout seul et Fabio l'accrocha tout en songeant aux mots prononcés. Son passage chez Fleury & Bott, ce jour-là, lui avait dans l'ensemble laissé un souvenir agréable. Y repenser l'était tout autant, mais quelque chose en lui craignait qu'en cet instant, s'il activait sa mémoire pour se laisser transporter dans le passé, pour se rejouer mentalement les scènes de la journée évoquée et en particulier celle que Niall avait mentionnée, il puisse louper la moindre toute petite miette du présent. À moins qu'il n'en eut de toute façon pas besoin, car Fabio savait exactement à quel moment Niall faisait référence – il ne lui était pas nécessaire d'entreprendre un voyage temporel mental pour s'en rappeler. Il ne pensa pas aux raisons qui pouvaient avoir poussé le sorcier à prétendre le contraire, en septembre. Et peut-être qu'au fond, ce n'était même pas cela qui importait réellement.
– Tant mieux... je t'avoue que ça m'avait un peu contrarié, articula-t-il en levant à peine la voix.
Le ton était doux, accompagné d'un léger sourire que l'on pourrait presque identifier comme étant un brin taquin – pas beaucoup, juste un tout petit peu. Oui, cela l'avait contrarié (même si à vrai dire, n'importe qui oubliant son nom l'aurait irrité). Alors plus que de savoir qu'en réalité, Niall avait su, ce jour-là, ce qui lui parut important, c'était que Niall avait décidé de le lui avouer ici et maintenant, en plein dans ce si singulier présent. Et comme sa propre réponse ne lui semblait pas à la hauteur de ce qu'il voulait exprimer, sa main gauche abandonna son poste de main sagement posée sur une épaule pour un slow bien comme il faut. Elle s'aventura sur la droite, glissant de plusieurs centimètres de façon à passer dans la nuque de Niall. Son prochain pas, Fabio l'effectua de façon à le poser plus près du danseur que le précédent – pas beaucoup, juste un tout petit peu – et le courage l'abandonnant lâchement à cet instant (peut-être par crainte d'être submergé ou par crainte que ce ne soit le cas de Niall), Fabio laissa son regard s'évader sur le côté. Une nouvelle fois, il dut lutter contre cette envie qui lui venait de l'intérieur, qui cette fois-ci voulait le pousser à s'approcher encore d'un pas, à déplacer encore un peu plus la main sur l'omoplate opposée à l'épaule où elle était encore posée quelques secondes plus tôt ; une envie qui, s'il se risquait à en détailler les contours, prenant la forme d'une délicate étreinte. Une nouvelle nouvelle fois, il n'osa pas. Il osa à peine y songer, en réalité. Et de toute façon, ses derniers gestes s'étaient peut-être déjà dangereusement approchés d'une limite dont il craignait le franchissement qui feraient de lui quelqu'un d'envahissant.
Puis, sans raison autre que le pur plaisir de goûter au prénom de son partenaire de danse, Fabio souffla :
– Niall.
Il laissa le prénom planer un instant et timidement, chercha à nouveau le regard de Niall, si celui-ci voulait bien. Et lui sembla que ce prénom-là sonnait au moins tout aussi bien que son propre prénom l'avait fait à peine plus tôt.
Fab’ulous
#583400
Le temps d'un Nebulus
Les « Oh » de Fabio avait une même sonorité, une même douceur dans l’écho qu’ils produisaient. Ils ne succédaient à aucun autre mot, n’en rejoignaient aucun autre, tout ce qu’ils avaient en commun était une inspiration et un souffle. Ils restaient suspendus dans l’air comme on reste suspendu aux lèvres de Fabio Dermott ; ils étaient comme ces bruits d'oiseaux dont on profite sans jamais savoir d'où ils viennent vraiment. Pourtant, ces deux « Oh » si singuliers provoquaient, chez Niall, deux réactions différentes. La première avait été la découverte qu’un mot, à première vue plutôt banal, pouvait provoquer l’urgent besoin de le réécouter, tant sa mélodie avait engendré une vive attirance pour son propriétaire. La deuxième, et celle que subissait — car c’était le terme qu’il fallait employer — actuellement Niall, était l’envie irrépressible de déposer ses deux mains sur ce visage et d’accepter les conséquences ; mais évidemment, il n’osa pas. Il n’y aurait donc ni mains déposées sur ce visage, ni conséquences à accepter.
Niall n’avait rien voulu manquer des réactions de l’Egyptien. Il y avait eu réflexion — il s’imaginait que le souvenir devait être en train traverser l’esprit de Fabio au moment où ses yeux divaguaient —, puis une réponse en un ton qui ne l’inquiéta pas, comme il l'avait craint. Il y avait même eu un léger sourire qui faisait comprendre à l’Irlandais que la contrariété n'était pas vindicative. Mais contrariété il y avait eu, retenait-il. Maintenant, était-ce par fierté ou parce que c’était Niall ?
Soudain, plus aucune pensée ne traversa son esprit. Du moins, plus aucune pensée cohérente. La main de Fabio était en train de se déplacer sur son épaule et Niall s'accrochait au regard de son partenaire. Rationnellement, il savait que le mouvement de sa main était léger, mais il la sentait plus lourde qu'il y a encore quelques secondes. Rationnellement, il savait que ses doigts venaient d'atteindre sa nuque, mais c'était tout son corps qui avait frissonné. Rationnellement, il savait que ses doigts n'avaient rien d'anormal, mais il aurait juré sentir une décharge au moment où les deux peaux s'étaient touchées. Pour se retenir lui, pour ne pas perdre l'équilibre, ou peut-être pour ne pas que Fabio parte, sa main collée à son dos se pressa davantage. Sa main à lui avait imité la même intensité reçue sur sa nuque, au même moment où Fabio s'était avancé. De très peu, mais Niall le remarqua. Bien sûr qu'il le remarqua. Tout comme il remarqua que le cou de Fabio était plus proche qu'avant.
Et dans cet instant que même un sortilège de lévitation n'aurait pu rendre plus léger et suspendu, Niall entendit son prénom. Du cou de Fabio, il revint à ses yeux pour y chercher une émotion, un sens. La décharge avait repris, et voilà que son simple prénom avait dépassé le pouvoir d'un simple "Oh". Il reprit sa respiration qu'il n'avait pas réalisé avoir perdue et se repassa en boucle ce ton. Il ne lui avait pas semblé être une question, mais il doutait du point final. Etait-il censé répondre ? Attendre ?
Dans ces yeux qu'il observait et dont il commençait à en connaître les détails par cœur, Niall aima se laisser transporter par la voix de Fabio soufflant son prénom. Car c'était bien son souffle qu'il avait senti se poser sur lui et c'était bien ses lèvres par lesquelles il venait d'être irrésistiblement attiré. Alors sa main droite était remontée doucement le long du dos de Fabio pour rejoindre sa nuque et Niall s'était approché de l'oreille de son partenaire pour, à son tour, y glisser son prénom.
Il reprit sa respiration qu'il n'avait pas réalisé avoir perdue et se repassa en boucle ce ton. Etait-il censé répondre ? Attendre ? Réalisant qu'il n'avait pas bougé, ni osé faire ou dire quelque chose, il se retira légèrement pour mieux fixer l'homme et attendre, prenant soin de ne pas brusquer la main posée sur sa nuque, et abandonnant péniblement sa main de celle de Fabio. Tout ce qu'il était en capacité de faire était attendre. Attendre alors que le slow jouait ses dernières notes. Attendre alors que le Nebulus perdait ses derniers nuages. Attendre alors que le dur retour à la réalité revenait lui sauter à la gorge.
Niall n’avait rien voulu manquer des réactions de l’Egyptien. Il y avait eu réflexion — il s’imaginait que le souvenir devait être en train traverser l’esprit de Fabio au moment où ses yeux divaguaient —, puis une réponse en un ton qui ne l’inquiéta pas, comme il l'avait craint. Il y avait même eu un léger sourire qui faisait comprendre à l’Irlandais que la contrariété n'était pas vindicative. Mais contrariété il y avait eu, retenait-il. Maintenant, était-ce par fierté ou parce que c’était Niall ?
Soudain, plus aucune pensée ne traversa son esprit. Du moins, plus aucune pensée cohérente. La main de Fabio était en train de se déplacer sur son épaule et Niall s'accrochait au regard de son partenaire. Rationnellement, il savait que le mouvement de sa main était léger, mais il la sentait plus lourde qu'il y a encore quelques secondes. Rationnellement, il savait que ses doigts venaient d'atteindre sa nuque, mais c'était tout son corps qui avait frissonné. Rationnellement, il savait que ses doigts n'avaient rien d'anormal, mais il aurait juré sentir une décharge au moment où les deux peaux s'étaient touchées. Pour se retenir lui, pour ne pas perdre l'équilibre, ou peut-être pour ne pas que Fabio parte, sa main collée à son dos se pressa davantage. Sa main à lui avait imité la même intensité reçue sur sa nuque, au même moment où Fabio s'était avancé. De très peu, mais Niall le remarqua. Bien sûr qu'il le remarqua. Tout comme il remarqua que le cou de Fabio était plus proche qu'avant.
Et dans cet instant que même un sortilège de lévitation n'aurait pu rendre plus léger et suspendu, Niall entendit son prénom. Du cou de Fabio, il revint à ses yeux pour y chercher une émotion, un sens. La décharge avait repris, et voilà que son simple prénom avait dépassé le pouvoir d'un simple "Oh". Il reprit sa respiration qu'il n'avait pas réalisé avoir perdue et se repassa en boucle ce ton. Il ne lui avait pas semblé être une question, mais il doutait du point final. Etait-il censé répondre ? Attendre ?
⟡
Dans ces yeux qu'il observait et dont il commençait à en connaître les détails par cœur, Niall aima se laisser transporter par la voix de Fabio soufflant son prénom. Car c'était bien son souffle qu'il avait senti se poser sur lui et c'était bien ses lèvres par lesquelles il venait d'être irrésistiblement attiré. Alors sa main droite était remontée doucement le long du dos de Fabio pour rejoindre sa nuque et Niall s'était approché de l'oreille de son partenaire pour, à son tour, y glisser son prénom.
⟡
Il reprit sa respiration qu'il n'avait pas réalisé avoir perdue et se repassa en boucle ce ton. Etait-il censé répondre ? Attendre ? Réalisant qu'il n'avait pas bougé, ni osé faire ou dire quelque chose, il se retira légèrement pour mieux fixer l'homme et attendre, prenant soin de ne pas brusquer la main posée sur sa nuque, et abandonnant péniblement sa main de celle de Fabio. Tout ce qu'il était en capacité de faire était attendre. Attendre alors que le slow jouait ses dernières notes. Attendre alors que le Nebulus perdait ses derniers nuages. Attendre alors que le dur retour à la réalité revenait lui sauter à la gorge.
Le temps d'un Nebulus
La notion du temps lui échappait complètement. Fabio n'aurait su dire s'ils étaient là depuis longtemps ou non, ni ou en était la musique dans son déroulement. Il ne pensa pas à sa fin et ainsi, n'espéra même pas qu'ils en étaient encore loin. Il ne tenta ni d'anticiper ni de ralentir le cours du temps, se laissant aller au simple rythme de leur propres mouvements, gestes ou absence de ceux-ci – les siens tout comme ceux de Niall.
Minuit approchait et bientôt, une fois sa lucidité temporelle retrouvée, il pourrait espérer que l'année deux mille cinquante allait se montrer à la hauteur de la fin de celle qui allait, d'ici quelques minutes, mourir à ses pieds. Pour broder la métaphore autour du thème de la soirée : deux mille quarante neuf prendrait fin, du moins pour Fabio, dans un dernier éclat particulier. Un éclat, qui paradoxalement, était né de quelque chose d'aussi opaque et terne que ne l'était de la brume ; et particulier certes, inattendu tout autant, mais dont le doux écho allait sans l'ombre d'un doute résonner en lui encore un moment.
Le doux écho allait résonner même si la musique s'était à présent éteinte. Même s'ils avaient arrêté de danser. Même si le Nebulus n'était plus. L'écho allait résonner même si la main de Niall avait quitté la sienne. Même si le sorcier qu'il était allé jusqu'à s'imaginer serrer dans ses bras il y a quelques secondes encore – ces images qui lui venaient avec Niall et qu'il ne contrôlait pas – , avait maintenant reculé d'un pas. Allait résonner, même si cette parenthèse si singulière faite de brume, de regards échangés, accrochés, faite de mots et de silences, de petite choses et d'attirance, semblait définitivement venue à terme et qu'ils étaient de retour dans cette même grande bulle que partageait aussi un centaine d'autres personnes.
Et l'écho du Nebulus résonna dans les mots qu'il trouva enfin.
– Merci pour cette danse.
Résonna, dans le sourire qu'il adressa à Niall. Dans le regard dont il le gratifia pour la Circé seule savait combientième fois.
– Je ne regrette pas de te l'avoir demandée.
Résonna jusqu'à dans le silence qu'il adopta une fois parvenu au bout de la phrase, se positionnant lui aussi dans l'attente.
Que Niall comptait-il faire, présent ? Allait-il rester encore un moment ? Pour discuter, peut-être ? Souhaitait-il prendre congé ? Après tout, s'imaginant que le libraire était venu accompagné et minuit s'approchant à grands pas, il y avait fort à parier qu'il intentionnait de rejoindre son propre cercle. Curieusement, Fabio ne pensa pas réellement à ses propres amis, sa sœur, d'autres connaissances qu'il pouvait retrouver. Ou plutôt, il corréla leur place dans ses priorités à celles de Niall. Et après tous ces moments à se laisser aller à un instinct auquel il ne s'abandonnait que rarement, à faire sans trop penser – à ne pas vouloir réfléchir, en réalité –, Fabio le fit cette fois-ci en pleine conscience de cause : si les choses n'en tenaient qu'à lui, il resterait encore un moment dans la si agréable compagnie de Niall, car c'était ce dont il avait envie et cet argument lui suffit. Et la partie de lui qui tentait de lui rappeler que ce n'était peut-être pas très raisonnable, en toute conscience de cause, il l'ignora. En toute conscience de cause, Fabio avait décidé de remettre la prise de décision à Niall et de se remettre lui-même à celle-ci. Alors à son tour, il attendit.
Minuit approchait et bientôt, une fois sa lucidité temporelle retrouvée, il pourrait espérer que l'année deux mille cinquante allait se montrer à la hauteur de la fin de celle qui allait, d'ici quelques minutes, mourir à ses pieds. Pour broder la métaphore autour du thème de la soirée : deux mille quarante neuf prendrait fin, du moins pour Fabio, dans un dernier éclat particulier. Un éclat, qui paradoxalement, était né de quelque chose d'aussi opaque et terne que ne l'était de la brume ; et particulier certes, inattendu tout autant, mais dont le doux écho allait sans l'ombre d'un doute résonner en lui encore un moment.
Le doux écho allait résonner même si la musique s'était à présent éteinte. Même s'ils avaient arrêté de danser. Même si le Nebulus n'était plus. L'écho allait résonner même si la main de Niall avait quitté la sienne. Même si le sorcier qu'il était allé jusqu'à s'imaginer serrer dans ses bras il y a quelques secondes encore – ces images qui lui venaient avec Niall et qu'il ne contrôlait pas – , avait maintenant reculé d'un pas. Allait résonner, même si cette parenthèse si singulière faite de brume, de regards échangés, accrochés, faite de mots et de silences, de petite choses et d'attirance, semblait définitivement venue à terme et qu'ils étaient de retour dans cette même grande bulle que partageait aussi un centaine d'autres personnes.
Et l'écho du Nebulus résonna dans les mots qu'il trouva enfin.
– Merci pour cette danse.
Résonna, dans le sourire qu'il adressa à Niall. Dans le regard dont il le gratifia pour la Circé seule savait combientième fois.
– Je ne regrette pas de te l'avoir demandée.
Résonna jusqu'à dans le silence qu'il adopta une fois parvenu au bout de la phrase, se positionnant lui aussi dans l'attente.
Que Niall comptait-il faire, présent ? Allait-il rester encore un moment ? Pour discuter, peut-être ? Souhaitait-il prendre congé ? Après tout, s'imaginant que le libraire était venu accompagné et minuit s'approchant à grands pas, il y avait fort à parier qu'il intentionnait de rejoindre son propre cercle. Curieusement, Fabio ne pensa pas réellement à ses propres amis, sa sœur, d'autres connaissances qu'il pouvait retrouver. Ou plutôt, il corréla leur place dans ses priorités à celles de Niall. Et après tous ces moments à se laisser aller à un instinct auquel il ne s'abandonnait que rarement, à faire sans trop penser – à ne pas vouloir réfléchir, en réalité –, Fabio le fit cette fois-ci en pleine conscience de cause : si les choses n'en tenaient qu'à lui, il resterait encore un moment dans la si agréable compagnie de Niall, car c'était ce dont il avait envie et cet argument lui suffit. Et la partie de lui qui tentait de lui rappeler que ce n'était peut-être pas très raisonnable, en toute conscience de cause, il l'ignora. En toute conscience de cause, Fabio avait décidé de remettre la prise de décision à Niall et de se remettre lui-même à celle-ci. Alors à son tour, il attendit.
Fab’ulous
#583400
Le temps d'un Nebulus
Niall avait passé sa soirée à observer les traits de Fabio. Que ce soit lorsqu’il s’était présenté à toute la foule, quand il s’était mis à danser avec cette femme qui semblait intéressée, lorsqu’il avait glissé le parchemin plié en quatre dans sa poche et tout au long de leur danse. Quelque chose dans le calme de l’homme l’attirait, lui donnait envie de lancer Nebulus sur Nebulus, de créer une bulle géante où les deux resteraient des heures jusqu’à épuisement. Il aurait aimé que l’organisateur de ce bal mette un terme à son propre événement, qu’il trouve une excuse pour annoncer un changement de dernière minute et que tout le monde doive s’en aller. Tout le monde sauf eux.
Dans les mots de Fabio, pourtant simples, il y avait une douceur qui étonnait toujours Niall. Il aurait pu se voir envoyer ces mots de remerciement et puis sourire. Il aurait pu, lui aussi, s’assurer que son interlocuteur comprenne, par quelques mots que la danse avait été appréciée ; mais ce soir, c’était Fabio qui avait ce rôle et tout ce que pouvait faire Niall à son tour était de sourire. Ce n’était pas tant un sourire de remerciement, mais davantage un sourire qui traduisait sa réflexion constante : ce miroir de pensées qu’il y avait entre les deux et qui le touchait plus que ce qu’il ne pouvait le comprendre. Alors il répondait à cet énième sourire que lui envoyait l’homme dont il commençait à s’habituer à la présence. Présence qu’il n’avait d’ailleurs pas tellement envie de voir devenir absence.
Dans cette foule de danseurs, personne ne semblait fixer les deux hommes sortir de leur brume. Personne ne semblait se formaliser, tout simplement parce que personne n’avait rien vu. Et quand même bien quelqu’un aurait vu, personne ne s’était décidé à commenter, juger ou critiquer. Le poids d’une centaine de personnes sur ses épaules venait de s’envoler. Alors Niall revint à Fabio qui ne s’était pas précipité pour partir, qui ne s’en était pas allé rejoindre la sorcière abandonnée et enfin, durant une infime seconde, il osa penser que peut-être Fabio avait voulu rester près de lui, par choix.
Il lui en avait offert des portes de sortie tout au long de leur échange. Dans ses remarques, dans ses regards, dans ses silences. Il s’était habitué à en offrir, car habitué à ce qu’on les saisisse toutes. Mais il restait là, à attendre, comme lui aurait attendu. Alors dans cette dynamique nouvelle, Niall s’était osé à penser, espérer, croire, qu’il était peut-être sur une relation différente. Que Fabio n’était peut-être pas la copie conforme d’un Gallois connu il y a dix ans. S’il était honnête avec lui-même, il l’avait su dès son entrée à la librairie. Il n’y avait eu qu’à écouter les questions que lui avait posées Fabio. Tout simplement parce que, lui, en posait.
— J’imagine que tu es attendu, avec toute l’organisation ?, osa-t-il demander d’une voix douce et légèrement distraite. La faute à un regard trop bleu. Je vais retrouver mon ami, mais si tu veux que l’on se retrouve après les résultats du concours..
Si plus tôt, il avait saisi la main de Fabio pour l’emmener danser, quelque chose en lui mourrait d’envie de l’emmener faire ce décompte de minuit de leur côté. Mais il y avait Dave, il y avait ses peurs et il y avait une montagne d’autres inquiétudes encore. Alors il avait laissé cette phrase en suspens, sans être totalement une question, sans être totalement une demande - une énième porte de sortie - et s'en était allé. Toute la traversée de la foule était faite de ce moment qui les faisait encore danser dans son esprit. Toute la traversée de la foule était faite de la voix de Fabio et de ses remarques, composées de "oh" et de "Niall" qui le faisaient sourire comme un adolescent. Et comme un adolescent, il voulait déjà se projeter au prochain moment qu'il aurait avec lui.
Dans les mots de Fabio, pourtant simples, il y avait une douceur qui étonnait toujours Niall. Il aurait pu se voir envoyer ces mots de remerciement et puis sourire. Il aurait pu, lui aussi, s’assurer que son interlocuteur comprenne, par quelques mots que la danse avait été appréciée ; mais ce soir, c’était Fabio qui avait ce rôle et tout ce que pouvait faire Niall à son tour était de sourire. Ce n’était pas tant un sourire de remerciement, mais davantage un sourire qui traduisait sa réflexion constante : ce miroir de pensées qu’il y avait entre les deux et qui le touchait plus que ce qu’il ne pouvait le comprendre. Alors il répondait à cet énième sourire que lui envoyait l’homme dont il commençait à s’habituer à la présence. Présence qu’il n’avait d’ailleurs pas tellement envie de voir devenir absence.
Dans cette foule de danseurs, personne ne semblait fixer les deux hommes sortir de leur brume. Personne ne semblait se formaliser, tout simplement parce que personne n’avait rien vu. Et quand même bien quelqu’un aurait vu, personne ne s’était décidé à commenter, juger ou critiquer. Le poids d’une centaine de personnes sur ses épaules venait de s’envoler. Alors Niall revint à Fabio qui ne s’était pas précipité pour partir, qui ne s’en était pas allé rejoindre la sorcière abandonnée et enfin, durant une infime seconde, il osa penser que peut-être Fabio avait voulu rester près de lui, par choix.
Il lui en avait offert des portes de sortie tout au long de leur échange. Dans ses remarques, dans ses regards, dans ses silences. Il s’était habitué à en offrir, car habitué à ce qu’on les saisisse toutes. Mais il restait là, à attendre, comme lui aurait attendu. Alors dans cette dynamique nouvelle, Niall s’était osé à penser, espérer, croire, qu’il était peut-être sur une relation différente. Que Fabio n’était peut-être pas la copie conforme d’un Gallois connu il y a dix ans. S’il était honnête avec lui-même, il l’avait su dès son entrée à la librairie. Il n’y avait eu qu’à écouter les questions que lui avait posées Fabio. Tout simplement parce que, lui, en posait.
— J’imagine que tu es attendu, avec toute l’organisation ?, osa-t-il demander d’une voix douce et légèrement distraite. La faute à un regard trop bleu. Je vais retrouver mon ami, mais si tu veux que l’on se retrouve après les résultats du concours..
Si plus tôt, il avait saisi la main de Fabio pour l’emmener danser, quelque chose en lui mourrait d’envie de l’emmener faire ce décompte de minuit de leur côté. Mais il y avait Dave, il y avait ses peurs et il y avait une montagne d’autres inquiétudes encore. Alors il avait laissé cette phrase en suspens, sans être totalement une question, sans être totalement une demande - une énième porte de sortie - et s'en était allé. Toute la traversée de la foule était faite de ce moment qui les faisait encore danser dans son esprit. Toute la traversée de la foule était faite de la voix de Fabio et de ses remarques, composées de "oh" et de "Niall" qui le faisaient sourire comme un adolescent. Et comme un adolescent, il voulait déjà se projeter au prochain moment qu'il aurait avec lui.
Le temps d'un Nebulus
Si tu savais, Niall. Ces portes de sortie. Ces remarques, ces regards, ces silences. Si tu savais combien ils contribuent au fait que Fabio soit resté. Au fait qu'il t’ait suivi. Rien qu'à cet intérêt saillant qu’il te porte. Ils font partie de cet ensemble que tu lui présentes et qui probablement te caractérise. Ce que tu appelles porte de sortie, Niall, c’est ce qui attire Fabio impérieusement vers toi.
Fabio l’avait pressenti au moment où Niall avait posé sa première question. Question peut-être réthorique ou peut-être non, mais qui avait rappelé le sorcier à la réalité. Il l'avait pressenti : Niall allait partir. Et il allait le laisser partir, car quand bien même il aurait aimé que l'homme reste – juste un peu plus longtemps encore, un tout petit moment – ; quand bien même lui-même n’aurait pas bougé si Niall n’avait pas amorcé de lui-même le départ, il savait que le libraire avait raison. Que c’était la chose raisonnable à faire. Qu'effectivement, il y avait probablement quelqu’un qui l’attendait ou que du moins, il ferait bien de se pointer...
La deuxième phrase tomba. Fabio hocha la tête et ne put faire autrement qu'esquisser un sourire face à cette perspective nouvelle. La proposition n’était pas formulée jusqu’au bout, mais Fabio en avait la fin et il se plut à la formuler comme quelque chose qui était décidé :
– À tout à l'heure, alors.
Niall s'éloigna et Fabio le suivit du regard. Juste au cas où, car peut-être que l’Irlandais allait se retourner encore une fois. Et qu'alors, il lui aurait souri. Peut-être. Probablement. Mais Niall ne se retourna pas et bientôt, la foule l'avait avalé. Et Fabio se retrouva seul en bord de piste. Sans Nebulus, sans Niall, sans avoir entièrement démêlé ni ordonné dans son esprit ce qu'il s'était passé au cours de ces dernières minutes. Il ressentit tout à coup une grande curiosité à l’égard de l'identité de cet ami – à moins qu'il ne s'agissait d'une amie – que venait d'évoquer le sorcier. À quoi ressemblaient les amis – ou amies – de Niall ?
Fabio passa une main dans ses cheveux et expulsa une grande bouffée d'air de ses poumons. Un serveur passa près de lui, lui présenta son plateau et tacitement les boissons qu'il tenait en balance dessus. L'Egyptien prit un verre au hasard et en vida la moitié d’une traite. Il s'en débarrassa. Il se souvint de son intention : trouver le personnel d'organisation pour prendre des nouvelles, voir comment les préparations pour le décompte de la nouvelle année avançaient.
Fabio remarqua à quel point la lune brillait fort, cette nuit. Il la trouva jolie. Il bascula la tête en arrière et l'observa un instant, exposant son visage à cette lumière qui baignait toute la place dans sa douce lueur argentée. Il préférait la lumière du soleil sur sa peau, mais il devait avouer que le voile de la lune avait quelque chose de mystérieux qui ne le laissait pas indifférent.
– ... et je te jure que j'ai vu Malefoy en tutu de ballerine danser avec Tam.
– Mmhhh ?
La voix de sa sœur juste à côté de son oreille le tira de ses pensées. Il repassa mentalement sa phrase en revue, fronça les sourcils, réalisa qu'elle avait appliqué l'exacte technique que lui même, enfant, avait pour habitude de lui opposer, à savoir : affirmer quelque chose de si improbable qu'il était tout simplement impossible de ne pas réagir. Entre les deux Dermott, c'était habituellement l'ainée qui avait tendance à se laisser emporter par des tourbillons de pensées. Jina recula d'un pas pour se planter face à Fabio avec la ferme intention de ne pas laisser échapper à nouveau l'attention de son frère enfin capturée. Les bras croisés et un air taquin sur les lèvres, elle répéta :
– J’tai demandé si tu sais s'il y a quelque chose de spécial prévu pour minuit pile, à qui tu as accordé tes votes pour le concours, si t'as pu danser avec des personnes intéressantes, si –
– Oui oui c'est bon, la coupa Fabio. Je...
La dernière question résonnait dans sa tête malgré lui. Il baissa le regard, secoua légèrement la tête tout en se mordant la lèvre inférieure dans un demi-sourire. Il n'avait d'autre choix que celui de plaider coupable : oui, il avait rêvassé, s'était contenté de répondre aux questions de Jina distraitement, avait à peine remarqué le nouveau verre qu'elle lui avait glissé dans la main un peu plus tôt. Le combientième de la soirée ? Elle le gratifia d'un d'un air espiègle et amusé.
– Bon, tu me diras plus tard alors... regarde ! Ça commence !
Son indexe pointa en direction d'un grand dix de flammes qui venait d'apparaître au dessus de leurs têtes. Jina s'empara de son bras.
– Neuf ! Huit !
Elle lâcha son bras pour lui planter un petit coup de coude dans les côtes, fit une moue boudeuse trahie par son regard pétillant. Il comprit et s'efforça d'imiter l'enthousiasme de sa sœur pour le décompte. Pas juste celui de sa sœur à vrai dire : toute la foule semblait se joindre au mouvement, les chiffres de feu étaient au centre de l'attention générale, on comptait, attendait, était en bonne compagnie, le prochain chiffre apparaissait, on comptait, s'impatientait peut-être, avait hâte, attendait le prochain chiffre...
– Sept ! Six.
Fabio se surprit à scruter la foule du regard. Il n'était pas dupe. Il savait ce que ses yeux cherchaient. Qui ils cherchaient. Il voulait voir comment Niall abordait la nouvelle année. Comment il passait les dernières secondes de celle-ci. Était-il toujours avec son ami ? Ou son amie ? Plusieurs, peut-être ? Avait-il le regard rivé sur les chiffres de feu qui se succédaient ? Était-il du genre à compter à voix haute ? Juste un regard, un seul, rapide, juste pour voir se promit-il. Juste par curiosité, voilà. Assouvir sa curiosité était un but respectable. Bien plus que celui de simplement ne pas vouloir se soustraire à des pensées agréables. Car bien sûr qu'il aurait pu s'en empêcher, s'il l'avait voulu.
Cette énième porte de sortie, Niall. Cette énième porte de sortie, elle ne veut pas quitter son esprit. Si tu savais... Fabio, lui, il sent que dans ses dernières réflexion, ses dernières affirmations, quelque chose vacille.
Fabio l’avait pressenti au moment où Niall avait posé sa première question. Question peut-être réthorique ou peut-être non, mais qui avait rappelé le sorcier à la réalité. Il l'avait pressenti : Niall allait partir. Et il allait le laisser partir, car quand bien même il aurait aimé que l'homme reste – juste un peu plus longtemps encore, un tout petit moment – ; quand bien même lui-même n’aurait pas bougé si Niall n’avait pas amorcé de lui-même le départ, il savait que le libraire avait raison. Que c’était la chose raisonnable à faire. Qu'effectivement, il y avait probablement quelqu’un qui l’attendait ou que du moins, il ferait bien de se pointer...
La deuxième phrase tomba. Fabio hocha la tête et ne put faire autrement qu'esquisser un sourire face à cette perspective nouvelle. La proposition n’était pas formulée jusqu’au bout, mais Fabio en avait la fin et il se plut à la formuler comme quelque chose qui était décidé :
– À tout à l'heure, alors.
Niall s'éloigna et Fabio le suivit du regard. Juste au cas où, car peut-être que l’Irlandais allait se retourner encore une fois. Et qu'alors, il lui aurait souri. Peut-être. Probablement. Mais Niall ne se retourna pas et bientôt, la foule l'avait avalé. Et Fabio se retrouva seul en bord de piste. Sans Nebulus, sans Niall, sans avoir entièrement démêlé ni ordonné dans son esprit ce qu'il s'était passé au cours de ces dernières minutes. Il ressentit tout à coup une grande curiosité à l’égard de l'identité de cet ami – à moins qu'il ne s'agissait d'une amie – que venait d'évoquer le sorcier. À quoi ressemblaient les amis – ou amies – de Niall ?
Fabio passa une main dans ses cheveux et expulsa une grande bouffée d'air de ses poumons. Un serveur passa près de lui, lui présenta son plateau et tacitement les boissons qu'il tenait en balance dessus. L'Egyptien prit un verre au hasard et en vida la moitié d’une traite. Il s'en débarrassa. Il se souvint de son intention : trouver le personnel d'organisation pour prendre des nouvelles, voir comment les préparations pour le décompte de la nouvelle année avançaient.
un peu plus tard
Fabio remarqua à quel point la lune brillait fort, cette nuit. Il la trouva jolie. Il bascula la tête en arrière et l'observa un instant, exposant son visage à cette lumière qui baignait toute la place dans sa douce lueur argentée. Il préférait la lumière du soleil sur sa peau, mais il devait avouer que le voile de la lune avait quelque chose de mystérieux qui ne le laissait pas indifférent.
– ... et je te jure que j'ai vu Malefoy en tutu de ballerine danser avec Tam.
– Mmhhh ?
La voix de sa sœur juste à côté de son oreille le tira de ses pensées. Il repassa mentalement sa phrase en revue, fronça les sourcils, réalisa qu'elle avait appliqué l'exacte technique que lui même, enfant, avait pour habitude de lui opposer, à savoir : affirmer quelque chose de si improbable qu'il était tout simplement impossible de ne pas réagir. Entre les deux Dermott, c'était habituellement l'ainée qui avait tendance à se laisser emporter par des tourbillons de pensées. Jina recula d'un pas pour se planter face à Fabio avec la ferme intention de ne pas laisser échapper à nouveau l'attention de son frère enfin capturée. Les bras croisés et un air taquin sur les lèvres, elle répéta :
– J’tai demandé si tu sais s'il y a quelque chose de spécial prévu pour minuit pile, à qui tu as accordé tes votes pour le concours, si t'as pu danser avec des personnes intéressantes, si –
– Oui oui c'est bon, la coupa Fabio. Je...
La dernière question résonnait dans sa tête malgré lui. Il baissa le regard, secoua légèrement la tête tout en se mordant la lèvre inférieure dans un demi-sourire. Il n'avait d'autre choix que celui de plaider coupable : oui, il avait rêvassé, s'était contenté de répondre aux questions de Jina distraitement, avait à peine remarqué le nouveau verre qu'elle lui avait glissé dans la main un peu plus tôt. Le combientième de la soirée ? Elle le gratifia d'un d'un air espiègle et amusé.
– Bon, tu me diras plus tard alors... regarde ! Ça commence !
Son indexe pointa en direction d'un grand dix de flammes qui venait d'apparaître au dessus de leurs têtes. Jina s'empara de son bras.
– Neuf ! Huit !
Elle lâcha son bras pour lui planter un petit coup de coude dans les côtes, fit une moue boudeuse trahie par son regard pétillant. Il comprit et s'efforça d'imiter l'enthousiasme de sa sœur pour le décompte. Pas juste celui de sa sœur à vrai dire : toute la foule semblait se joindre au mouvement, les chiffres de feu étaient au centre de l'attention générale, on comptait, attendait, était en bonne compagnie, le prochain chiffre apparaissait, on comptait, s'impatientait peut-être, avait hâte, attendait le prochain chiffre...
– Sept ! Six.
Fabio se surprit à scruter la foule du regard. Il n'était pas dupe. Il savait ce que ses yeux cherchaient. Qui ils cherchaient. Il voulait voir comment Niall abordait la nouvelle année. Comment il passait les dernières secondes de celle-ci. Était-il toujours avec son ami ? Ou son amie ? Plusieurs, peut-être ? Avait-il le regard rivé sur les chiffres de feu qui se succédaient ? Était-il du genre à compter à voix haute ? Juste un regard, un seul, rapide, juste pour voir se promit-il. Juste par curiosité, voilà. Assouvir sa curiosité était un but respectable. Bien plus que celui de simplement ne pas vouloir se soustraire à des pensées agréables. Car bien sûr qu'il aurait pu s'en empêcher, s'il l'avait voulu.
Cette énième porte de sortie, Niall. Cette énième porte de sortie, elle ne veut pas quitter son esprit. Si tu savais... Fabio, lui, il sent que dans ses dernières réflexion, ses dernières affirmations, quelque chose vacille.
Fab’ulous
#583400
Le temps d'un Nebulus
Le sourire timide, le regard baissé et rêveur, Niall ne voyait rien de ce qui l'entourait. Il slalomait entre les couples, perdait toute vision périphérique et ne voyait donc pas que son meilleur ami se dirigeait vers lui. La collision avec Dave fut, de ce fait, inévitable et brutale. Le sorcier était arrivé – selon sa justification – de nulle part, le bousculant lui et ses pensées. Niall avait dû, à contrecœur, cesser de faire danser l'homme dans son esprit et revenir à la réalité qu'il trouvait beaucoup moins douce.
D'un revers de main, Niall refusa le verre qui lui était tendu et tenta du mieux qu'il put de se concentrer sur le récit. Il pouvait voir les lèvres de Dave bouger, il pouvait dire quand il riait, quand il hésitait, quand il s'exclamait et que ses sourcils faisaient remonter son masque de quelques centimètres, mais impossible de répéter avec exactitude ce qu'il tentait de lui raconter. Niall n'avait que l'image, et celle-ci ne correspondait en rien aux notes qui s'écrivaient sur la partition mentale de ses souvenirs. Il entendait des Sol, des Si, des La et beaucoup de Fa. Fa. Fa. Fa. Fa. Fabio.
— Mmhh ?
Premier rappel à l'ordre de son ami et Niall dut s'excuser. Oui, il avait la tête ailleurs et non, son récit ne l'ennuyait pas, il lui promettait d'ailleurs d'être plus attentif, mais il était fatigué. Premier mensonge. Niall était tout sauf fatigué, mais il pouvait lire dans le rictus compatissant de son ami qu'on l'avait cru.
— Tu crois qu'on pourrait partir vers le Misty après la fin du bal ? J'ai pas tellement envie de rentrer. Oh d'ailleurs, tu vas sûrement pas me croire, mais je crois avoir aperçu F...
Quelle était la pensée agréable qu'il avait eue juste avant de se faire déranger ? Ah, oui ! Fabio. Le décompte n'allait pas tarder à être lancé et Niall se demandait déjà où il pouvait être. Et surtout avec qui. Etait-il finalement retourné vers la danseuse ? Certes, ses derniers mots l'assuraient de le revoir, mais il y avait bien deux heures entre les deux événements, il pouvait donc vite trouver une dizaine d'autres excuses pour qu'un "tout à l'heure" devienne "plus tard", "un jour" ou "jamais".
— On ne voit pas grand chose d'ici. Tu ne voudrais pas que l'on s'avance un peu ?, demanda-t-il sans se préoccuper du discours qu'il interrompait.
— Mais.. Niall, c'est littéralement au-dessus de nos têtes. Comment tu peux mieux voir en partant par là ?
Et l'interrogé n'avait pas tellement de réponse à apporter, tant il se trouvait un peu idiot de n'avoir pas poussé son argumentaire jusqu'au bout. Mais c'est qu'il n'en avait pas d'arguments. Evidemment qu'il n'en avait aucun puisque tout ce qu'il voulait mieux voir se trouvait à la même hauteur que lui, et qu'il n'aurait, par conséquent, pas besoin de lever la tête. Alors à défaut d'énoncer quelque chose de plus ridicule encore, il décida de s'avancer, de chercher, de scruter les regards pour reconnaître celui qui valait mieux qu'un ciel étoilé un soir de Nouvel An.
Dans sa recherche, il avait pu reconnaître Maxine accompagnée d'un homme qui, finalement, allait sûrement poser ses mains sur sa taille comme lui l'avait fait plus tôt. A cet instant, il s'était fait la réflexion que ce n'était pas tout à fait vrai. L'homme qui l'accompagnait n'avait pas l'air de poser ses mains de la même manière que Niall. Les siennes semblait plus attirées que celles de l'Irlandais ne le seraient jamais. Les siennes ne se posaient pas sur la taille de Maxine pour duper le monde. Les siennes n'avaient pas besoin de convaincre leur propriétaire que c'était la bonne chose à faire. Les siennes aimaient sans honte et Niall dut finalement prendre un verre pour chasser ses pensées.
— Bon, stop, maintenant, lâcha Dave. On va pas faire toute la piste. On voit très bien d'ici.
Et le chiffre dix s'était enflammé dans le ciel, forçant Niall à relever la tête, avant d'à nouveau baisser les yeux pour reprendre son objectif premier.
Les voix qui s'écriaient à l'unisson obligeaient l'Irlandais à accélérer. Son décompte à lui avait une saveur différente, un goût de curiosité et d'envie. Une envie de voir l'homme au masque rouge plutôt que de passer à la nouvelle année.
Bien que ce commentaire déstabilisa Niall, il ne s'arrêta pas pour autant de chercher, et c'est lorsque le chiffre six arriva que ses yeux tombèrent sur celui qu'il retrouvait accompagné. Le sourire rêveur et discret s'était à nouveau dessiné sur le visage de l'Irlandais et il n'y avait plus moyen de le faire s'en détacher.
Quel serait son dernier souhait à exaucer s'il y croyait réellement ? Il n'était pas tellement sûr de savoir quoi formuler ce soir. Tout ce qui, à l'instant, lui semblait faisable comme dernière chose à accomplir, c'était de regarder l'homme qui s'était mis, à en juger de loin ses lèvres qui se mouvaient, à compter. Pouvait-on attirer le regard de quelqu'un par le simple fait de le fixer ? A quel moment du décompte ses yeux tomberaient sur les siens ? Est-ce que ses yeux qui semblaient balayer la pièce étaient eux aussi à la recherche d'un regard particulier ? Et si finalement, ses yeux tombaient dans ceux de Niall, est-ce qu'ils y resteraient ?
Si tu savais, Fabio.. Lorsque ses yeux sont tombés sur les tiens, il n'y avait plus aucun décompte. Le monde aurait pu s'être mis à compter à l'envers qu'il n'aurait rien remarqué. Peut-être qu'ils s'étaient tous mis à compter en rythme le nombre de palpitations du cœur de Niall, à la seconde où il t'avait retrouvé. Peut-être qu'ils t'aidaient à compter pour que toi aussi tu retrouves celui qui te cherchait. Si tu savais.. Niall ne semble entendre que ta voix dans toutes celles qui hurlent autour de lui.
D'un revers de main, Niall refusa le verre qui lui était tendu et tenta du mieux qu'il put de se concentrer sur le récit. Il pouvait voir les lèvres de Dave bouger, il pouvait dire quand il riait, quand il hésitait, quand il s'exclamait et que ses sourcils faisaient remonter son masque de quelques centimètres, mais impossible de répéter avec exactitude ce qu'il tentait de lui raconter. Niall n'avait que l'image, et celle-ci ne correspondait en rien aux notes qui s'écrivaient sur la partition mentale de ses souvenirs. Il entendait des Sol, des Si, des La et beaucoup de Fa. Fa. Fa. Fa. Fa. Fabio.
— Mmhh ?
Premier rappel à l'ordre de son ami et Niall dut s'excuser. Oui, il avait la tête ailleurs et non, son récit ne l'ennuyait pas, il lui promettait d'ailleurs d'être plus attentif, mais il était fatigué. Premier mensonge. Niall était tout sauf fatigué, mais il pouvait lire dans le rictus compatissant de son ami qu'on l'avait cru.
— Tu crois qu'on pourrait partir vers le Misty après la fin du bal ? J'ai pas tellement envie de rentrer. Oh d'ailleurs, tu vas sûrement pas me croire, mais je crois avoir aperçu F...
Quelle était la pensée agréable qu'il avait eue juste avant de se faire déranger ? Ah, oui ! Fabio. Le décompte n'allait pas tarder à être lancé et Niall se demandait déjà où il pouvait être. Et surtout avec qui. Etait-il finalement retourné vers la danseuse ? Certes, ses derniers mots l'assuraient de le revoir, mais il y avait bien deux heures entre les deux événements, il pouvait donc vite trouver une dizaine d'autres excuses pour qu'un "tout à l'heure" devienne "plus tard", "un jour" ou "jamais".
— On ne voit pas grand chose d'ici. Tu ne voudrais pas que l'on s'avance un peu ?, demanda-t-il sans se préoccuper du discours qu'il interrompait.
— Mais.. Niall, c'est littéralement au-dessus de nos têtes. Comment tu peux mieux voir en partant par là ?
Et l'interrogé n'avait pas tellement de réponse à apporter, tant il se trouvait un peu idiot de n'avoir pas poussé son argumentaire jusqu'au bout. Mais c'est qu'il n'en avait pas d'arguments. Evidemment qu'il n'en avait aucun puisque tout ce qu'il voulait mieux voir se trouvait à la même hauteur que lui, et qu'il n'aurait, par conséquent, pas besoin de lever la tête. Alors à défaut d'énoncer quelque chose de plus ridicule encore, il décida de s'avancer, de chercher, de scruter les regards pour reconnaître celui qui valait mieux qu'un ciel étoilé un soir de Nouvel An.
Dans sa recherche, il avait pu reconnaître Maxine accompagnée d'un homme qui, finalement, allait sûrement poser ses mains sur sa taille comme lui l'avait fait plus tôt. A cet instant, il s'était fait la réflexion que ce n'était pas tout à fait vrai. L'homme qui l'accompagnait n'avait pas l'air de poser ses mains de la même manière que Niall. Les siennes semblait plus attirées que celles de l'Irlandais ne le seraient jamais. Les siennes ne se posaient pas sur la taille de Maxine pour duper le monde. Les siennes n'avaient pas besoin de convaincre leur propriétaire que c'était la bonne chose à faire. Les siennes aimaient sans honte et Niall dut finalement prendre un verre pour chasser ses pensées.
— Bon, stop, maintenant, lâcha Dave. On va pas faire toute la piste. On voit très bien d'ici.
Et le chiffre dix s'était enflammé dans le ciel, forçant Niall à relever la tête, avant d'à nouveau baisser les yeux pour reprendre son objectif premier.
Neuf ! Huit !
Les voix qui s'écriaient à l'unisson obligeaient l'Irlandais à accélérer. Son décompte à lui avait une saveur différente, un goût de curiosité et d'envie. Une envie de voir l'homme au masque rouge plutôt que de passer à la nouvelle année.
Sept
« S’il vous reste une dernière chose à accomplir… »
« S’il vous reste une dernière chose à accomplir… »
Bien que ce commentaire déstabilisa Niall, il ne s'arrêta pas pour autant de chercher, et c'est lorsque le chiffre six arriva que ses yeux tombèrent sur celui qu'il retrouvait accompagné. Le sourire rêveur et discret s'était à nouveau dessiné sur le visage de l'Irlandais et il n'y avait plus moyen de le faire s'en détacher.
Six
« Un dernier souhait à exaucer… »
« Un dernier souhait à exaucer… »
Quel serait son dernier souhait à exaucer s'il y croyait réellement ? Il n'était pas tellement sûr de savoir quoi formuler ce soir. Tout ce qui, à l'instant, lui semblait faisable comme dernière chose à accomplir, c'était de regarder l'homme qui s'était mis, à en juger de loin ses lèvres qui se mouvaient, à compter. Pouvait-on attirer le regard de quelqu'un par le simple fait de le fixer ? A quel moment du décompte ses yeux tomberaient sur les siens ? Est-ce que ses yeux qui semblaient balayer la pièce étaient eux aussi à la recherche d'un regard particulier ? Et si finalement, ses yeux tombaient dans ceux de Niall, est-ce qu'ils y resteraient ?
Si tu savais, Fabio.. Lorsque ses yeux sont tombés sur les tiens, il n'y avait plus aucun décompte. Le monde aurait pu s'être mis à compter à l'envers qu'il n'aurait rien remarqué. Peut-être qu'ils s'étaient tous mis à compter en rythme le nombre de palpitations du cœur de Niall, à la seconde où il t'avait retrouvé. Peut-être qu'ils t'aidaient à compter pour que toi aussi tu retrouves celui qui te cherchait. Si tu savais.. Niall ne semble entendre que ta voix dans toutes celles qui hurlent autour de lui.