Cousue de fleur et d'insecte
Samedi 5 février à 15h30
Libre à tous.tes sans condition
Arrivé au foyer, tu te délestes de ton bac en plastique, le posant au pied d’un fauteuil avant de t’y laisser tomber avec un soupir satisfait. Enfin, un moment pour toi.
Aujourd’hui, broderie. Une idée te trotte dans la tête depuis ce matin, une image persistante que tu veux coucher sur tissu sans attendre. Après une heure passée à noircir du parchemin avec un devoir interminable, cette pause te semble méritée, presque salvatrice.
Tu ouvres ta caisse, sélectionnes un tambour de taille moyenne, coupes un morceau de tissu et l’insères avec soin, veillant à bien le tendre. Puis, sans plus attendre, tu saisis ton crayon à papier et te mets au travail, guidé par une inspiration aussi claire qu’inhabituelle : un bouquet de fleurs composé exclusivement d’insectes.
Tu as toujours eu le don d’imaginer des choses étranges, décalées, presque dérangeantes aux yeux de certains. Mais pour toi, il y a une beauté fascinante dans ces créatures que tant de gens méprisent ou craignent.
Le crayon glisse sur la toile, traçant des lignes légères et hésitantes au début, avant de prendre de l’assurance. Mille-pattes et araignées s’entrelacent avec papillons et coccinelles, leurs corps formant les pétales et les tiges d’une composition organique et surprenante. Tu ajoutes des mantes religieuses aux membres effilés, des scarabées aux carapaces luisantes, des chenilles aux formes sinueuses et quelques abeilles pour donner du relief à l’ensemble. De loin, le dessin pourrait passer pour un bouquet traditionnel, mais en s’approchant, les détails se révèlent : les ailes fragiles, les pattes articulées, les antennes délicates qui remplacent les étamines.
Tu gommes, ajustes, affines les contours, cherchant l’équilibre parfait entre réalisme et illusion florale. Chaque trait doit être minutieusement pensé, chaque ombre placée avec soin pour donner de la profondeur.
Mais il manque quelque chose.
Un ruban, évidemment. Un nœud pour attacher ce bouquet atypique et en faire un véritable arrangement. Seulement, voilà : tu n’as jamais dessiné de ruban auparavant.
Tu attrapes une feuille de ton bac et griffonnes des nœuds de toutes formes et tailles, essayant de trouver celui qui épousera naturellement ton dessin. Boucles élégantes, liens serrés, plis délicats… Aucun ne te convainc.
Tu soupires, effaces, réfléchis.
Il te faut une autre approche. Une autre idée.
Libre à tous.tes sans condition
Arrivé au foyer, tu te délestes de ton bac en plastique, le posant au pied d’un fauteuil avant de t’y laisser tomber avec un soupir satisfait. Enfin, un moment pour toi.
Aujourd’hui, broderie. Une idée te trotte dans la tête depuis ce matin, une image persistante que tu veux coucher sur tissu sans attendre. Après une heure passée à noircir du parchemin avec un devoir interminable, cette pause te semble méritée, presque salvatrice.
Tu ouvres ta caisse, sélectionnes un tambour de taille moyenne, coupes un morceau de tissu et l’insères avec soin, veillant à bien le tendre. Puis, sans plus attendre, tu saisis ton crayon à papier et te mets au travail, guidé par une inspiration aussi claire qu’inhabituelle : un bouquet de fleurs composé exclusivement d’insectes.
Tu as toujours eu le don d’imaginer des choses étranges, décalées, presque dérangeantes aux yeux de certains. Mais pour toi, il y a une beauté fascinante dans ces créatures que tant de gens méprisent ou craignent.
Le crayon glisse sur la toile, traçant des lignes légères et hésitantes au début, avant de prendre de l’assurance. Mille-pattes et araignées s’entrelacent avec papillons et coccinelles, leurs corps formant les pétales et les tiges d’une composition organique et surprenante. Tu ajoutes des mantes religieuses aux membres effilés, des scarabées aux carapaces luisantes, des chenilles aux formes sinueuses et quelques abeilles pour donner du relief à l’ensemble. De loin, le dessin pourrait passer pour un bouquet traditionnel, mais en s’approchant, les détails se révèlent : les ailes fragiles, les pattes articulées, les antennes délicates qui remplacent les étamines.
Tu gommes, ajustes, affines les contours, cherchant l’équilibre parfait entre réalisme et illusion florale. Chaque trait doit être minutieusement pensé, chaque ombre placée avec soin pour donner de la profondeur.
Mais il manque quelque chose.
Un ruban, évidemment. Un nœud pour attacher ce bouquet atypique et en faire un véritable arrangement. Seulement, voilà : tu n’as jamais dessiné de ruban auparavant.
Tu attrapes une feuille de ton bac et griffonnes des nœuds de toutes formes et tailles, essayant de trouver celui qui épousera naturellement ton dessin. Boucles élégantes, liens serrés, plis délicats… Aucun ne te convainc.
Tu soupires, effaces, réfléchis.
Il te faut une autre approche. Une autre idée.
Cousue de fleur et d'insecte
Samedi 5 février à 15h30
3ème année RP
3ème année RP
Tu traînes des pieds. Tes pas sont comme des serpents qui s'échappent et languissent sur le carrelage. Ils apportent avant toi l'annonce de ta mauvaise humeur. Ils sifflent et, dans ton dos, colportent toute sorte de choses que tu n'aurais jamais osé dire. Toi, tu es la patience, la bienveillance ; le contrôle et le Temps ; le soleil ; mais ton soleil est noirci par tes pas. Soleil noir, soleil noir, approche-toi donc du foyer et répands-y tes rayons.
La chaleur t'attire parce que tu avais froid dehors. La neige te hante encore et tu t'étais empressé de rentrer, une fois tes chrysanthèmes arrosées à la Serre. Maintenant, tu regardes d'un regard vide l'espace emmuré qui s’étale devant toi. Tu ne voulais pas t'ensevelir sous vingt-trois tonnes de pierre, mais tu n'as pas le choix... Dehors, il fait froid ; dedans, il fait à mourir.
Tu traînes des pieds. Tu n'es pas souvent de mauvaise humeur, mais cela arrive parfois, j'imagine. L'idée de te retrouver coincée entre le plafond marron et les pots de plante dans la Salle Commune des Poufsouffle t’écœures, une fois n'est pas coutume. Si tu étais Serdaigle, tu pourrais voler de ta Tour en Argent... Mais les blaireaux n'ont pas d'ailes. Soupirant, tu te résignes aux fauteuils isolés du grand Hall. Le foyer te semble comme la meilleure option, et tu t'approches d'un fauteuil.
Tu allais t'installer, te noyer dans l'assise moelleuse comme dans tes pensées sombres, te complaire pour une fois dans la marée noire des mots tristes et des phrases pessimistes ; et puis tu vois un bouquet. Et tu ne sais pas pourquoi, mais en voyant ce bouquet, ces fleurs entrelacées, ces tiges tissées ensemble en une complexe histoire, le soleil noir devient soleil blanc. Tu souris.
Tu t'approches dans le dos du dessinateur - tu le sais, ce n'est pas gentil. Et tu veux être gentille. Alors tu te révèles, tu fais une boucle et tu approches par le devant, te penchant pour mieux voir le bouquet. Il se révèle dans toute sa splendeur : les araignées aux doigts fins, les milles pattes enserrant des chenilles, les papillons étirant leurs ailes en un élégant spasme. Tu restes bouche-bée.
Mais le désavantage d'arriver par l'avant, c'est que maintenant, au lieu de regarder par derrière l'épaule, tu regardes par derrière rien du tout, et tout se confond quand tu te rends compte qu'il y a quelqu'un derrière le bouquet, un vrai quelqu'un, un quelqu'un à qui on doit parler, et tu t'embrouilles et tu rougis, et tu sais que tu dois dire quelque chose, alors tu dis... Ah. Que dois-tu dire, soleil ?
_Euh... Tu t'éclaircis la gorge, puis tes yeux verts sourient alors que ta voix douce et calme commente : _C'est magnifique, pardon d'arriver comme ça. Je passais par là et j'ai vu ton dessin.
Puis tes yeux verts cherchent, ils fouillent et ils veulent dire autre chose, quelque chose de plus intelligent. Ils veulent retenir les cerveaux, pour regarder, encore, les insectes jouer à cache-cache.
_C'est dommage de mettre les coccinelles entre une araignée-crabe; tu sais que les araignées thomises sont un de leur grand prédateur ? Tu souris en repensant à tout ce que son père lui disait. _Euh... C'est pour ça qu'on évite de faire pousser des orties à côté de la menthe : les deux sont pratiques pour la cuisine, mais l'un attire les coccinelles, et l'autre, les araignées, ce qui est... dommage.
Tu te morigènes mentalement alors que tu commences à raconter des inepties. Qu'est-ce qu'il s'en fiche, lui, d'un cours de botanique ? Il est là pour dessiner, pas pour apprendre à faire pousser des cactus. Ta voix douce retentit à nouveau ; tu cherches la chaleur, tu t'essayes à la bienveillance pour la première fois de ta journée pourrie.
_Enfin bref, c'est... vraiment beau.
Copains de la deuxième personne ?
#28363c
~My smile wraps around my head splitting it in two, two
Cousue de fleur et d'insecte
Alors que tu viens enfin d’obtenir le ruban parfait et t’apprêtes à le reproduire sur ta toile, une silhouette se plante devant toi, observant ton œuvre encore au stade de brouillon.
Tes doigts se crispent autour du tambour, et tu réprimes l’envie instinctive de le serrer contre toi. Un vieux réflexe, vestige de ton ancienne école, où certains enfants prenaient un malin plaisir à se moquer et à gâcher ton travail, sans autre raison que leur propre amusement. Ici, tu observes encore les gens, hésitant à leur accorder pleinement ta confiance, mais tu leur laisses le bénéfice du doute.
La personne, réalisant enfin ta présence, se confond en excuses maladroites avant de faire un commentaire sur ton araignée et ta coccinelle. Tu les dévisages un instant avant de hausser les épaules. Ce genre de logique n’a pas sa place ici. Elles ne sont rien de plus que des formes inanimées, sans vie, sans conscience, sans volonté. Juste des esquisses brouillonnes, destinées à disparaître sous les fils tirés et entremêlés.
Finalement, elle conclut que c’est beau, et cette reconnaissance te satisfait, même si tu n’en laisses rien paraître. Tu restes parfaitement stoïque, comme si cette évidence allait de soi : si ce n’était pas beau, alors cela n’aurait aucun intérêt. Mais ta mère t’a appris à être polie, alors tu daignes répondre en essayant de paraître amicale :
« Merci. Mais ce n’est qu’un détail. Le but, c’est d’obtenir une esthétique et un trompe-l’œil efficace. »
Ni plus ni moins. Tu n’aimes pas t’étendre en mots inutiles ; ils viennent comme ils sont, bruts, sans fioritures ni détours.
coucou a toi ! J'adore utiliser ce point de vue
c'est si brute ! Et ca me convient totalement ta réponse !
Tes doigts se crispent autour du tambour, et tu réprimes l’envie instinctive de le serrer contre toi. Un vieux réflexe, vestige de ton ancienne école, où certains enfants prenaient un malin plaisir à se moquer et à gâcher ton travail, sans autre raison que leur propre amusement. Ici, tu observes encore les gens, hésitant à leur accorder pleinement ta confiance, mais tu leur laisses le bénéfice du doute.
La personne, réalisant enfin ta présence, se confond en excuses maladroites avant de faire un commentaire sur ton araignée et ta coccinelle. Tu les dévisages un instant avant de hausser les épaules. Ce genre de logique n’a pas sa place ici. Elles ne sont rien de plus que des formes inanimées, sans vie, sans conscience, sans volonté. Juste des esquisses brouillonnes, destinées à disparaître sous les fils tirés et entremêlés.
Finalement, elle conclut que c’est beau, et cette reconnaissance te satisfait, même si tu n’en laisses rien paraître. Tu restes parfaitement stoïque, comme si cette évidence allait de soi : si ce n’était pas beau, alors cela n’aurait aucun intérêt. Mais ta mère t’a appris à être polie, alors tu daignes répondre en essayant de paraître amicale :
« Merci. Mais ce n’est qu’un détail. Le but, c’est d’obtenir une esthétique et un trompe-l’œil efficace. »
Ni plus ni moins. Tu n’aimes pas t’étendre en mots inutiles ; ils viennent comme ils sont, bruts, sans fioritures ni détours.
coucou a toi ! J'adore utiliser ce point de vue
Cousue de fleur et d'insecte
Ta présence ne semble faire ni chaud ni froid à l'inconnue. Toi tu es la rivière qui bouge tranquillement ; elle, elle est le lac qui se contemple soi-même, et qui miroite perpétuellement le reflet de toute chose - immobile, elle se moque de tout et semble pourtant en savoir bien plus que toi. Tu hausses les épaules. Ça ne te dérange pas de ne pas faire un effet notable, tu sais très bien que tu n'es que masse, qu'inconnu-qui-dérange-alors-qu'on-dessinait. Mais sa réponse détachée, quoique remarquablement polie, t'amuses. Justement, ça serait un bien meilleur trompe l'oeil si tout était à sa place, penses-tu. Mais tu as déjà fait valoir ta pensée, alors tu ne la réitères pas ; cela serait de mauvais goût. Tu n'as pas envie d'être têtue - s'il veut laisser ses coccinelles se faire manger par des araignées, alors soit, qu'elles soient mangées, même si c'était triste.
_Et bien c'est réussi ; je ne voyais que les fleurs de loin. T'as un don, dis-donc. Enfin... du talent, plutôt. Tu n'aimes pas le mot "don". Tu ne sais pas pourquoi tu l'as utilisé, ça t'agace. Il est trop étroit ; comme si tout le monde était né avec sa destinée en poche. Le talent, c'est mieux : ça veut dire qu'on a peut-être bosser pour l'obtenir. Le talent, on peut naître avec, mais on peut l'acquérir aussi, au moins. Enfin bref. Tu observes l'inconnue ; elle est maigre, mais elle fait grande, même assise. Tu ne sais quel âge lui donner. Peut-être le même que le tien, si tu ne savais pas qu'elle n'était pas de ta promo. Elle a une peau mate, marron, et des cheveux bruns courts qui bouclent sur sa nuque. Elle est presque androgyne, avec ses traits minces dansant devant ses yeux et son air presque... blasé.
Tu regardes le dessin quelque secondes, encore un peu, parce que tu ne t'en lasses pas. Tu remarques les rubans griffonnés et les cordes esquissées sur une autre feuille. Ça t'intrigue. Elle ne sait pas quoi faire après.
_Tu bloques sur le ruban ?
Je suis d'accord, j'aime beaucoup le côté brut !
On va faire comme si c'était normal de parler à des inconnus de leur dessin plus de trois secondes alors qu'ils ne semblent pas vouloir parler, mais disons juste qu'Ada est plus sociale que moi et que ça passe
#28363c
_Et bien c'est réussi ; je ne voyais que les fleurs de loin. T'as un don, dis-donc. Enfin... du talent, plutôt. Tu n'aimes pas le mot "don". Tu ne sais pas pourquoi tu l'as utilisé, ça t'agace. Il est trop étroit ; comme si tout le monde était né avec sa destinée en poche. Le talent, c'est mieux : ça veut dire qu'on a peut-être bosser pour l'obtenir. Le talent, on peut naître avec, mais on peut l'acquérir aussi, au moins. Enfin bref. Tu observes l'inconnue ; elle est maigre, mais elle fait grande, même assise. Tu ne sais quel âge lui donner. Peut-être le même que le tien, si tu ne savais pas qu'elle n'était pas de ta promo. Elle a une peau mate, marron, et des cheveux bruns courts qui bouclent sur sa nuque. Elle est presque androgyne, avec ses traits minces dansant devant ses yeux et son air presque... blasé.
Tu regardes le dessin quelque secondes, encore un peu, parce que tu ne t'en lasses pas. Tu remarques les rubans griffonnés et les cordes esquissées sur une autre feuille. Ça t'intrigue. Elle ne sait pas quoi faire après.
_Tu bloques sur le ruban ?
Je suis d'accord, j'aime beaucoup le côté brut !
On va faire comme si c'était normal de parler à des inconnus de leur dessin plus de trois secondes alors qu'ils ne semblent pas vouloir parler, mais disons juste qu'Ada est plus sociale que moi et que ça passe
#28363c
~My smile wraps around my head splitting it in two, two
Cousue de fleur et d'insecte
Tu ajustes ta position, ramènes tes jambes sous tes fesses dans un semblant de tailleur — cette posture qu’on dit confortable, alors qu’en réalité, elle te cisaille déjà les chevilles. Mais tu ne bouges pas. Tu restes là, immobile, à l’observer.
Elle, avec sa peau couleur crème, ses cheveux bruns tombant souplement autour de son visage, et ses yeux péridot où nage une tranquillité qui donne envie de baisser les armes. Une douceur désarmante, presque étrange. De celle qui donne envie de faire confiance, même quand on sait qu’on ne devrait pas.
Tu humectes tes lèvres, hésitante, puis tu te forces à relâcher un peu la tension logée dans ton dos. Tes doigts reviennent poser le tissu, encore tendu dans son tambour, à découvert. Tu n’es pas totalement sereine. Au moindre faux pas, t’es prête à en décrocher une. T’as perdu trop d’heures de travail à croire que tu pouvais faire confiance. Tu l’as appris à tes dépens : désormais, tu fais attention.
Elle te complimente à nouveau. Et visiblement, l’effet est déjà là, même à ce stade précaire qu’est le brouillon. Une bonne chose, tu te dis, en jetant un œil à ton travail avec une pointe de satisfaction nichée au fond du regard. Discrète, mais bien là.
Tu hoches la tête quand elle se reprend sur cette histoire de don et de talent : « Ouais, sûrement. » Fausse modestie. Évidemment que t’en as, du talent, après avoir passé des heures à t’acharner sur chaque broderie crées pour que ça ressemble enfin à quelque chose de potable. Et bien sûr que tu restes toujours trop dure avec toi-même.
« J’ai pas mal été aidée, après… » Tu laisses la phrase en suspens. T’oses pas trop mentionner YouTube, les tutoriels piqués sur Instagram, tous ces trucs de Moldus qui t’ont sauvé la mise plus d’une fois. Qui sait si elle comprendrait même ce charabia ? Et t’as clairement pas envie de te prendre la tête avec une possible pro-sang-pur. Pas aujourd’hui. Pas maintenant. T’as pas le temps pour ça. T'hausse vaguement les épaules. « .... Par plein de monde. J'ai eu de bon professeurs. »
Son regard glisse sur quelques esquisses de rubans, et le tien suit, par réflexe. Tu les détailles à ton tour… et maintenant que t’as un peu de recul, celui que tu pensais réussi te saute aux yeux : il est franchement moche. « Ouais, » tu souffles, la mine contrite. « J’pensais pas que c’te merde serait aussi compliquée à faire. J’ai l’air bien conne à pas savoir dessiner un truc aussi simple. »
Tu laisses échapper un rire, léger, un peu sec, discret si on n’y fait pas attention. Un rire qui se cache plus qu’il ne s’assume. « J’pense que j’vais laisser tomber l’idée du ruban. » Tu renifles après coup, venant ensuite gratter le bout de ton nez, jetant une œillade à l'inconnue par la même occasion, l'observant de nouveau.
Je n'ai aucune excuse, mais me revoici enfin @Ada Bentley
Elle, avec sa peau couleur crème, ses cheveux bruns tombant souplement autour de son visage, et ses yeux péridot où nage une tranquillité qui donne envie de baisser les armes. Une douceur désarmante, presque étrange. De celle qui donne envie de faire confiance, même quand on sait qu’on ne devrait pas.
Tu humectes tes lèvres, hésitante, puis tu te forces à relâcher un peu la tension logée dans ton dos. Tes doigts reviennent poser le tissu, encore tendu dans son tambour, à découvert. Tu n’es pas totalement sereine. Au moindre faux pas, t’es prête à en décrocher une. T’as perdu trop d’heures de travail à croire que tu pouvais faire confiance. Tu l’as appris à tes dépens : désormais, tu fais attention.
Elle te complimente à nouveau. Et visiblement, l’effet est déjà là, même à ce stade précaire qu’est le brouillon. Une bonne chose, tu te dis, en jetant un œil à ton travail avec une pointe de satisfaction nichée au fond du regard. Discrète, mais bien là.
Tu hoches la tête quand elle se reprend sur cette histoire de don et de talent : « Ouais, sûrement. » Fausse modestie. Évidemment que t’en as, du talent, après avoir passé des heures à t’acharner sur chaque broderie crées pour que ça ressemble enfin à quelque chose de potable. Et bien sûr que tu restes toujours trop dure avec toi-même.
« J’ai pas mal été aidée, après… » Tu laisses la phrase en suspens. T’oses pas trop mentionner YouTube, les tutoriels piqués sur Instagram, tous ces trucs de Moldus qui t’ont sauvé la mise plus d’une fois. Qui sait si elle comprendrait même ce charabia ? Et t’as clairement pas envie de te prendre la tête avec une possible pro-sang-pur. Pas aujourd’hui. Pas maintenant. T’as pas le temps pour ça. T'hausse vaguement les épaules. « .... Par plein de monde. J'ai eu de bon professeurs. »
Son regard glisse sur quelques esquisses de rubans, et le tien suit, par réflexe. Tu les détailles à ton tour… et maintenant que t’as un peu de recul, celui que tu pensais réussi te saute aux yeux : il est franchement moche. « Ouais, » tu souffles, la mine contrite. « J’pensais pas que c’te merde serait aussi compliquée à faire. J’ai l’air bien conne à pas savoir dessiner un truc aussi simple. »
Tu laisses échapper un rire, léger, un peu sec, discret si on n’y fait pas attention. Un rire qui se cache plus qu’il ne s’assume. « J’pense que j’vais laisser tomber l’idée du ruban. » Tu renifles après coup, venant ensuite gratter le bout de ton nez, jetant une œillade à l'inconnue par la même occasion, l'observant de nouveau.
Je n'ai aucune excuse, mais me revoici enfin @Ada Bentley