Comme un pitiponk dans un salon de thé
Médicomagie et sciences, n'est-ce pas ? Je pose une regard neuf sur l'ancienne Serdaible. Neuf, parce que chaque information sur elle est inédite, puisque je ne sais rien d'elle. Médicomagie et sciences, donc. Je n'ai aucune idée de ce qui l'intéresse dans la botanique, mais je me rappelle brusquement de l'examen que nous avons partagé tous les trois, moi, elle et celui qu'elle a abandonné derrière elle ; comme chaque travail partagé en équipe, c'était désagréable, mais au moins avons-nous réussi comme nous le devions.
Un sourcil perplexe se dresse sur mon front, effaçant le souvenir : quelle idée de m'avouer aussi directement qu'elle n'a aucune idée de que faire de sa vie ! Maintenant, je me demande si elle a choisi la botanique par réel intérêt ou par défaut. Je pince les lèvres, désabusée par le manque d'ambition des gens en général.
Alors que j'étais persuadée qu'elle allait me questionner sur ma filière et sur mes envies d'avenir, ou peut-être me laisser le temps de commenter son choix de voie professionnelle, voilà qu'elle se tourne vers mon exubérant camarade, lequel semble tout content de se voir convié à participer à la conversation.
« Oui, je suis en filière ensorcellement ! C'est passionnant, j'adore cette école. »
Avec un peu de chance il oubliera la seconde question de Farrow. Pourquoi les autres s'intéressent-ils toujours à comment deux personnes se rencontrent ? Qu'est-ce que ça lui apportera de savoir que nous...
« On s'est bien rencontrés là-bas, du coup. À son plus grand déplaisir je squatte sa table à la bibliothèque, » avoue Johnson dans un éclat de rire en me jetant un regard en coin.
Je lève les yeux au ciel pour seule réponse, ce qui l'encourage à continuer :
« C'est une bonne camarade d'étude : elle parle très peu.
— Contrairement à toi, » lui asséné-je sans un sourire en gardant les yeux braqués sur Farrow qui ne sait même pas si elle fait de la Botanique pour de la recherche ou pour je ne sais pas trop quoi.
Un sourcil perplexe se dresse sur mon front, effaçant le souvenir : quelle idée de m'avouer aussi directement qu'elle n'a aucune idée de que faire de sa vie ! Maintenant, je me demande si elle a choisi la botanique par réel intérêt ou par défaut. Je pince les lèvres, désabusée par le manque d'ambition des gens en général.
Alors que j'étais persuadée qu'elle allait me questionner sur ma filière et sur mes envies d'avenir, ou peut-être me laisser le temps de commenter son choix de voie professionnelle, voilà qu'elle se tourne vers mon exubérant camarade, lequel semble tout content de se voir convié à participer à la conversation.
« Oui, je suis en filière ensorcellement ! C'est passionnant, j'adore cette école. »
Avec un peu de chance il oubliera la seconde question de Farrow. Pourquoi les autres s'intéressent-ils toujours à comment deux personnes se rencontrent ? Qu'est-ce que ça lui apportera de savoir que nous...
« On s'est bien rencontrés là-bas, du coup. À son plus grand déplaisir je squatte sa table à la bibliothèque, » avoue Johnson dans un éclat de rire en me jetant un regard en coin.
Je lève les yeux au ciel pour seule réponse, ce qui l'encourage à continuer :
« C'est une bonne camarade d'étude : elle parle très peu.
— Contrairement à toi, » lui asséné-je sans un sourire en gardant les yeux braqués sur Farrow qui ne sait même pas si elle fait de la Botanique pour de la recherche ou pour je ne sais pas trop quoi.
Comme un pitiponk dans un salon de thé
Découvrir la joie sur le visage d'Oswald n'est pas pour me déplaire. Au moins, il n'est pas aussi morne que sa camarade — que c'est étrange, finalement, de se dire qu'elle n'est désormais plus la mienne mais la sienne —, ce qui rend la conversation plus agréable que je l'imaginais. C'est plus simple d'échanger avec lui qu'avec Bristyle.
« L'ensorcellement ? Cela doit être passionnant, en effet ! »
Aborder cette notion m'avait plu à Poudlard. Cela laisse place à beaucoup de créativité et de tentatives. Il y a de quoi réfléchir et travailler. Et puis, cela peut être utile à bien des personnes, ce qui a toujours été un point qui me tenait à coeur.
Quand l'étudiant parle et rit, mon sourire se fait tout léger. Il me permet d'oublier le regard plombant d'Aelle et les coins de ses lèvres toujours tournés vers le sol.
Leur échange m'apprend qu'effectivement, l'ancienne Jaune n'a pas changé. Même envers ce Oswald, qui paraît si enthousiaste et agréable, elle ne fait preuve d'aucune amabilité. Peut-être, finalement, que c'est sa manière d'exprimer son attachement. Peut-être qu'elle ne sait pas être prévenante ou bienveillante. Peut-être que ce qui chez elle s'apparente à de la tolérance est en réalité son unique manière de montrer son amitié. Mais comment peut-on s'en contenter ? Comment peut-on l'accepter ? L'étudiant en ensorcellement doit avoir le coeur solide et indulgent pour se satisfaire de sa manière d'être. Cela me donne de nouvelles raisons de l'apprécier, et surtout d'admirer sa bonté. Je ne sais pas si la mienne est aussi forte, mais je le souhaiterais.
« Si Bristyle tolère ta présence à sa table, c'est que tu n'es pas un si mauvais camarade », glissé-je plus bas à Oswald.
Je me recule un peu pour observer les deux jeunes adultes. L'idée de rester plus longtemps en leur compagnie se faufile dans mon crâne.
« Si je vous paye un verre, est-ce que vous accepteriez de me parler un peu de l'AESM ? Vous êtes les premiers que je rencontre et qui y font leurs études. »
« L'ensorcellement ? Cela doit être passionnant, en effet ! »
Aborder cette notion m'avait plu à Poudlard. Cela laisse place à beaucoup de créativité et de tentatives. Il y a de quoi réfléchir et travailler. Et puis, cela peut être utile à bien des personnes, ce qui a toujours été un point qui me tenait à coeur.
Quand l'étudiant parle et rit, mon sourire se fait tout léger. Il me permet d'oublier le regard plombant d'Aelle et les coins de ses lèvres toujours tournés vers le sol.
Leur échange m'apprend qu'effectivement, l'ancienne Jaune n'a pas changé. Même envers ce Oswald, qui paraît si enthousiaste et agréable, elle ne fait preuve d'aucune amabilité. Peut-être, finalement, que c'est sa manière d'exprimer son attachement. Peut-être qu'elle ne sait pas être prévenante ou bienveillante. Peut-être que ce qui chez elle s'apparente à de la tolérance est en réalité son unique manière de montrer son amitié. Mais comment peut-on s'en contenter ? Comment peut-on l'accepter ? L'étudiant en ensorcellement doit avoir le coeur solide et indulgent pour se satisfaire de sa manière d'être. Cela me donne de nouvelles raisons de l'apprécier, et surtout d'admirer sa bonté. Je ne sais pas si la mienne est aussi forte, mais je le souhaiterais.
« Si Bristyle tolère ta présence à sa table, c'est que tu n'es pas un si mauvais camarade », glissé-je plus bas à Oswald.
Je me recule un peu pour observer les deux jeunes adultes. L'idée de rester plus longtemps en leur compagnie se faufile dans mon crâne.
« Si je vous paye un verre, est-ce que vous accepteriez de me parler un peu de l'AESM ? Vous êtes les premiers que je rencontre et qui y font leurs études. »
Je suis navrée pour ce délai ! Si tu le souhaites, je peux essayer d'écrire plus régulièrement pour qu'on termine ce rp dans le mois.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Comme un pitiponk dans un salon de thé
Ils se penchent l'un vers l'autre, partageant un secret qui ne m'est apparemment pas destiné. Si je l'avais voulu, j'aurais pu tendre l'oreille, m'insérer dans la conversation en faisant un léger pas de côté. Cela aurait été d'une simplicité folle et j'aurais tout entendu. Mais à l'instant même où ils se tournent l'un vers l'autre, mon attention se détache d'eux. Je me détourne, plonge mon regard en direction du mur-qui-est-en-fait-le-sol sur lequel la foule se mélange, s'ouvre et se referme, danse au rythme d'une musique que je ne reconnais pas. Je dois malgré tout avouer qu'au fond de moi, je leur en veux de faire ainsi des messes basses. Ma foi ! je suis certaine que ce qu'ils ont à partager n'a aucun intérêt.
De son côté, Oswald Johnson pouffe en entendant la phrase glissée par Farrow et lui répond une chose que je n'entendrais jamais :
« J'aime bien croire l'idée que j'en suis même un bon, mais je pense que c'est surtout mon silence qui l'a fait craquer. »
Je ne m'attendais pas à ce qu'elle s'adresse de nouveau à nous, persuadée qu'ils allaient continuer leur petit conciliabule à deux. Mais non, elle nous propose même un verre. De nous le payer, ce verre. Étonnant. Un sourcil se dresse sur mon front. Depuis quand Alyona Farrow a-t-elle le désir de m'inviter à quoi que ce soit ? Ma réponse instinctive est de refuser, évidemment. Mais évidemment, Johnson me devance puisqu'il est incapable de tenir sa langue.
« Carrément, oui ! s'exclame-t-il tout sourire en me jetant un regard ravi. Mais tu n'es pas obligée de nous payer un verre, on peut t'en parler même sans ça.
— Vraiment ? » interviens-je avec un sourire ironique, le verre gratuit m'apparaissant le seul côté positif de l'entrevue à laquelle il va me forcer à assister.
Croyant à une blague, Johnson éclate d'un rire tonitruant qui me rappelle celui de Zakary. Je soupire et le foudroie du regard, ce qui le rend tout penaud.
« On est pas... Enfin si tu ne préfères pas..., hésite-t-il à mi-voix avant d'ajouter : mais ce serait l'occasion d'un échange d'informations. Moi non plus je ne connais rien de l'IMSM ! »
Merlin, songé-je en ramenant mes yeux sur le visage très familier de Farrow avec laquelle j'ai partagé la plupart de mes classes lorsque nous étions à Poudlard, il a raison, l'abruti. Il faut dire que maman n'a jamais été loquace sur l'organisation de son école, préférant à ce sujet d'autres plus intelligents. Quant à Natanaël... Je n'ai jamais songé à le questionner. Je ne pense jamais à lui parler de quoi que ce soit.
Avec un haussement d'épaules, je balaye l'horizon du regard et remarque une table qui est justement en train de se vider, un peu plus loin. Je la désigne du menton et plante mes camarades pour la rejoindre. Dans mon dos, Johnson lance à Farrow :
« Ça doit vouloir dire oui ! Je t'en prie, passe devant. »
De son côté, Oswald Johnson pouffe en entendant la phrase glissée par Farrow et lui répond une chose que je n'entendrais jamais :
« J'aime bien croire l'idée que j'en suis même un bon, mais je pense que c'est surtout mon silence qui l'a fait craquer. »
Je ne m'attendais pas à ce qu'elle s'adresse de nouveau à nous, persuadée qu'ils allaient continuer leur petit conciliabule à deux. Mais non, elle nous propose même un verre. De nous le payer, ce verre. Étonnant. Un sourcil se dresse sur mon front. Depuis quand Alyona Farrow a-t-elle le désir de m'inviter à quoi que ce soit ? Ma réponse instinctive est de refuser, évidemment. Mais évidemment, Johnson me devance puisqu'il est incapable de tenir sa langue.
« Carrément, oui ! s'exclame-t-il tout sourire en me jetant un regard ravi. Mais tu n'es pas obligée de nous payer un verre, on peut t'en parler même sans ça.
— Vraiment ? » interviens-je avec un sourire ironique, le verre gratuit m'apparaissant le seul côté positif de l'entrevue à laquelle il va me forcer à assister.
Croyant à une blague, Johnson éclate d'un rire tonitruant qui me rappelle celui de Zakary. Je soupire et le foudroie du regard, ce qui le rend tout penaud.
« On est pas... Enfin si tu ne préfères pas..., hésite-t-il à mi-voix avant d'ajouter : mais ce serait l'occasion d'un échange d'informations. Moi non plus je ne connais rien de l'IMSM ! »
Merlin, songé-je en ramenant mes yeux sur le visage très familier de Farrow avec laquelle j'ai partagé la plupart de mes classes lorsque nous étions à Poudlard, il a raison, l'abruti. Il faut dire que maman n'a jamais été loquace sur l'organisation de son école, préférant à ce sujet d'autres plus intelligents. Quant à Natanaël... Je n'ai jamais songé à le questionner. Je ne pense jamais à lui parler de quoi que ce soit.
Avec un haussement d'épaules, je balaye l'horizon du regard et remarque une table qui est justement en train de se vider, un peu plus loin. Je la désigne du menton et plante mes camarades pour la rejoindre. Dans mon dos, Johnson lance à Farrow :
« Ça doit vouloir dire oui ! Je t'en prie, passe devant. »
Comme un pitiponk dans un salon de thé
L'amusement se faufile jusqu'à nous, et il me fait du bien. Si on m'avait dit que je le trouverai là, près de Bristyle, je ne l'aurais pas cru. C'est justement son côté surprenant, inattendu et inespéré qui me plaît : il le rend léger et facile à accueillir. Pourtant, dans ce tableau auquel j'appartiens, quelque chose me dérange. C'est un point noir dans le coin de ma vision, une poussière sur un verre, une démangeaison au bout du doigt ; Aelle est exclue de ce rire que nous partageons, Oswald et moi. Son visage se détourne, ses yeux vont chercher ailleurs de quoi se distraire. Et je ne sais pas si c'est de notre faute ou de la sienne, si c'est nous qui l'avons contrainte à s'éloigner, ou elle qui a préféré se soustraire à notre ensemble. Quelle que soit la vérité, je me sens un peu coupable, et responsable. Et, Merlin ! je ne peux pas me dérober à ce sentiment qui frappe à la porte de mon coeur.
Alors, après avoir offert un sourire à Oswald suite à sa réponse, je me redresse pour englober de nouveau les deux étudiants de mon regard.
Sans surprise, ma proposition fait hausser un sourcil sur le front de Bristyle, tandis qu'elle semble ravir son ami. Cela me rassure un peu, non pas de les avoir étonnés, mais de constater qu'ils ne sont pas opposés à mon idée, et que celle-ci semble même les tenter. Enfin, c'est ce qui semble être le cas dans la bouche d'Oswald, mais dans celle d'Aelle... Rien n'est certain. Elle pourrait tout à fait refuser, ce serait bien son genre. Quel intérêt aurait-elle à accepter ? Cependant, l'étudiant présente un avantage qui fait pencher la balance. Il m'aide en quelque sorte à la convaincre, et pour cela je lui en suis reconnaissante.
« Cela me ferait plaisir de vous payez un verre, » insisté-je, espérant avec cette offre contenter Bristyle, même légèrement.
Mais elle s'en va, l'ancienne Jaune, elle s'éloigne et durant un instant, je crains que ce ne soit tout simplement le signe d'un refus net et catégorique. Alors, quelque chose en moi s'inquiète. Aimerais-je qu'elle reste ? Souhaiterai-je qu'elle me pose des questions et me réponde ? Désirerai-je sa présence, même accompagnée de son regard morne, de sa bouche tombante, de ses paroles acerbes ? Peut-être, oui. Je me surprends moi-même.
Heureusement, il semblerait qu'elle ne cherche pas à nous abandonner là.
Oswald m'éclaire sur son comportement, au moment même où je comprends qu'elle rejoint une table, puis il m'invite à la suivre, ce que je fais le coeur plus léger.
« Oh ! Merci. »
En avançant, mes yeux cherchent Nahele. Je me demande s'il m'a vue me perdre sur le chemin du retour, et s'il m'en veut de le délaisser de cette manière. Moi, je me le reproche. Mais que faire ? Puis-je délaisser Aelle et Oswald, maintenant que je me suis engagée ? Non. Puis-je inviter mon ami à nous rejoindre d'un geste ? Je ne suis pas sûre que cela plaise à Bristyle. Mais depuis quand est-ce que je me soucis de son avis ? Ah, Merlin ! Je vais devoir m'excuser auprès de l'étudiant en pédiatromagie. J'espère qu'il me pardonnera.
Je rejoins Aelle à sa table et attends que son ami arrive avant de demander, sortant des mornilles de mon sac.
« Qu'est-ce que vous voulez boire ? »
Aussitôt après cette question et la réponse des deux étudiants, une deuxième interrogation franchit mes lèvres, sur un tout autre sujet.
« À quoi cela ressemble, l'AESM ? Je veux dire... Qu'est-ce qu'il y a là-bas de différent par rapport à Poudlard ? »
Alors, après avoir offert un sourire à Oswald suite à sa réponse, je me redresse pour englober de nouveau les deux étudiants de mon regard.
Sans surprise, ma proposition fait hausser un sourcil sur le front de Bristyle, tandis qu'elle semble ravir son ami. Cela me rassure un peu, non pas de les avoir étonnés, mais de constater qu'ils ne sont pas opposés à mon idée, et que celle-ci semble même les tenter. Enfin, c'est ce qui semble être le cas dans la bouche d'Oswald, mais dans celle d'Aelle... Rien n'est certain. Elle pourrait tout à fait refuser, ce serait bien son genre. Quel intérêt aurait-elle à accepter ? Cependant, l'étudiant présente un avantage qui fait pencher la balance. Il m'aide en quelque sorte à la convaincre, et pour cela je lui en suis reconnaissante.
« Cela me ferait plaisir de vous payez un verre, » insisté-je, espérant avec cette offre contenter Bristyle, même légèrement.
Mais elle s'en va, l'ancienne Jaune, elle s'éloigne et durant un instant, je crains que ce ne soit tout simplement le signe d'un refus net et catégorique. Alors, quelque chose en moi s'inquiète. Aimerais-je qu'elle reste ? Souhaiterai-je qu'elle me pose des questions et me réponde ? Désirerai-je sa présence, même accompagnée de son regard morne, de sa bouche tombante, de ses paroles acerbes ? Peut-être, oui. Je me surprends moi-même.
Heureusement, il semblerait qu'elle ne cherche pas à nous abandonner là.
Oswald m'éclaire sur son comportement, au moment même où je comprends qu'elle rejoint une table, puis il m'invite à la suivre, ce que je fais le coeur plus léger.
« Oh ! Merci. »
En avançant, mes yeux cherchent Nahele. Je me demande s'il m'a vue me perdre sur le chemin du retour, et s'il m'en veut de le délaisser de cette manière. Moi, je me le reproche. Mais que faire ? Puis-je délaisser Aelle et Oswald, maintenant que je me suis engagée ? Non. Puis-je inviter mon ami à nous rejoindre d'un geste ? Je ne suis pas sûre que cela plaise à Bristyle. Mais depuis quand est-ce que je me soucis de son avis ? Ah, Merlin ! Je vais devoir m'excuser auprès de l'étudiant en pédiatromagie. J'espère qu'il me pardonnera.
Je rejoins Aelle à sa table et attends que son ami arrive avant de demander, sortant des mornilles de mon sac.
« Qu'est-ce que vous voulez boire ? »
Aussitôt après cette question et la réponse des deux étudiants, une deuxième interrogation franchit mes lèvres, sur un tout autre sujet.
« À quoi cela ressemble, l'AESM ? Je veux dire... Qu'est-ce qu'il y a là-bas de différent par rapport à Poudlard ? »
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Comme un pitiponk dans un salon de thé
Elle dégaine son argent avant même d'être complètement assise. Le regard braqué sur les pièces, je me renfrogne : les gens trop prompts à aider ou à faire des cadeaux me rendent méfiante. Mais je reconnais que Farrow sait y faire : payer un verre contre des informations, c'est malin. Si j'avais eu davantage d'argent, j'aurais certainement pu faire la même chose. Après tout, les établissements d'études supérieures ont également leurs secrets, même si c'est moins sérieux que la discrétion des écoles de magie ; si je veux en savoir davantage sur ces facultés dans lesquelles je n'irai jamais, je suis forcée de parler avec les étudiants qui y ont mis les pieds. Malgré moi, je pense que j'aurais pu tomber sur bien pire que l'ancienne Serdaigle. Même si lors de notre dernière conversation elle a été véhémente, j'ai partagé suffisamment de temps avec elle, même sans nous parler, pour savoir qu'elle n'aura pas un mot plus haut qu'un autre à moins d'y être forcée.
Johnson se glisse sur le banc à côté d'elle. Je ne sais pas qu'il décide de s'asseoir là pour mieux pouvoir me regarder, aussi ne puis-je que me vexer qu'il mette autant d'effort à se tenir loin de moi, lui qui pourtant me harcèle depuis des semaines pour s'installer à ma table à la bibliothèque.
« C'est vraiment gentil, dit-il à Farrow en se frottant l'arrière de la tête d'un air penaud. Ça me gêne, tu peux être sûre que je t'en payerai un aussi après celui-ci ! Je vais prendre une Âme de serpencendre, s'il-vous-plaît. »
Il adresse sa requête au mur, qui était avant le plafond, où se croisent dans un grand capharnaüm rondement bien organisé les grandes voies de circulation des verres. Puis il me lance un regard pour m'inciter à commander. Je pousse un petit soupir, le foudroie du regard et, sans regarder Farrow mais en la remerciant du bout des lèvres, je me tourne également vers le mur :
« Whisky-pur-feu à la branchiflore. »
Les commandes passées, Farrow passe aussitôt à autre chose. Je me reconnais dans son impatience et sa grande curiosité, mais pour rien au monde je ne l'avouerai. Je pince les lèvres, bien déterminée à ne rien dire et à laisser Johnson gérer la conversation. C'est sans compter ledit jeune homme qui se tourne vers moi avec un sourire d'encouragement : je comprends qu'il ne dira rien tant que je ne l'aurais pas fait. Il m'agace.
Je me force pour me tourner vers la Serdaigle, plantant mon regard froid dans le sien.
« Tout est différent puisque ce n'est pas Poudlard, commencé-je d'une voix sèche. Ça n'a rien à voir. Déjà, ce n'est pas un château. L'Académie est plutôt petite et ouverte en son centre par une cour.
— Oui ! s'exclame Johnson avec un grand sourire. Et dans cette cour, y'a une fontaine ! Même que la légende dit que si on fait un vœu devant, il se réalisera ! Je l'ai fait. J'ai souhaité réussir tous mes exam', mais pas sûr que ça m'ait aidé. »
Je lève les yeux au ciel en me laissant aller contre le dossier du banc, surveillant d'un œil l'arrivée de nos verres.
« Bien sûr, cette fontaine n'a aucun pouvoir magique, répliqué-je sur un ton moqueur avant de poursuivre pour Farrow : le parc est vraiment petit, mais assez agréable. Sous un parterre de fleurs, il y a...
— Aelle ! Tu ne peux pas dire ça ! s'insurge Johnson qui était là le jour où j'ai découvert ce passage secret sans le vouloir.
— Et pourquoi ? répliqué-je en lui lançant un regard noir, à la fois pour son intervention et pour avoir utilisé mon prénom.
— Vraiment désolé, s'excuse le garçon en regardant l'ancienne Serdaigle. Vraiment, vraiment désolé, mais enfin je pense que c'est aussi le cas à l'ISMI : certaines choses doivent rester secrètes et ça, ça fait partie des secrets de l'Académie, Aelle n'a pas le droit de le partager. Je suis vraiment désolé, j'espère que ça ne te dérange pas.
— Oh ça va, soupiré-je en gonflant les joues, je suis sûre que d'autres en parlent.
— Pas devant moi, » réfute l'étudiant en ensorcellement.
Il est tout sérieux, tout à coup, avec ses sourcils froncés et son air grave. J'aurais presque envie de rire, mais je me retiens et me contente de lever les yeux au ciel pour la énième fois. Soulagé que je ne dise rien de plus, Johnson se tourne vers Farrow.
« Bon, j'imagine que c'est pas que ça qui t'intéresse ! Qu'est-ce que tu veux savoir d'autre ? »
Johnson se glisse sur le banc à côté d'elle. Je ne sais pas qu'il décide de s'asseoir là pour mieux pouvoir me regarder, aussi ne puis-je que me vexer qu'il mette autant d'effort à se tenir loin de moi, lui qui pourtant me harcèle depuis des semaines pour s'installer à ma table à la bibliothèque.
« C'est vraiment gentil, dit-il à Farrow en se frottant l'arrière de la tête d'un air penaud. Ça me gêne, tu peux être sûre que je t'en payerai un aussi après celui-ci ! Je vais prendre une Âme de serpencendre, s'il-vous-plaît. »
Il adresse sa requête au mur, qui était avant le plafond, où se croisent dans un grand capharnaüm rondement bien organisé les grandes voies de circulation des verres. Puis il me lance un regard pour m'inciter à commander. Je pousse un petit soupir, le foudroie du regard et, sans regarder Farrow mais en la remerciant du bout des lèvres, je me tourne également vers le mur :
« Whisky-pur-feu à la branchiflore. »
Les commandes passées, Farrow passe aussitôt à autre chose. Je me reconnais dans son impatience et sa grande curiosité, mais pour rien au monde je ne l'avouerai. Je pince les lèvres, bien déterminée à ne rien dire et à laisser Johnson gérer la conversation. C'est sans compter ledit jeune homme qui se tourne vers moi avec un sourire d'encouragement : je comprends qu'il ne dira rien tant que je ne l'aurais pas fait. Il m'agace.
Je me force pour me tourner vers la Serdaigle, plantant mon regard froid dans le sien.
« Tout est différent puisque ce n'est pas Poudlard, commencé-je d'une voix sèche. Ça n'a rien à voir. Déjà, ce n'est pas un château. L'Académie est plutôt petite et ouverte en son centre par une cour.
— Oui ! s'exclame Johnson avec un grand sourire. Et dans cette cour, y'a une fontaine ! Même que la légende dit que si on fait un vœu devant, il se réalisera ! Je l'ai fait. J'ai souhaité réussir tous mes exam', mais pas sûr que ça m'ait aidé. »
Je lève les yeux au ciel en me laissant aller contre le dossier du banc, surveillant d'un œil l'arrivée de nos verres.
« Bien sûr, cette fontaine n'a aucun pouvoir magique, répliqué-je sur un ton moqueur avant de poursuivre pour Farrow : le parc est vraiment petit, mais assez agréable. Sous un parterre de fleurs, il y a...
— Aelle ! Tu ne peux pas dire ça ! s'insurge Johnson qui était là le jour où j'ai découvert ce passage secret sans le vouloir.
— Et pourquoi ? répliqué-je en lui lançant un regard noir, à la fois pour son intervention et pour avoir utilisé mon prénom.
— Vraiment désolé, s'excuse le garçon en regardant l'ancienne Serdaigle. Vraiment, vraiment désolé, mais enfin je pense que c'est aussi le cas à l'ISMI : certaines choses doivent rester secrètes et ça, ça fait partie des secrets de l'Académie, Aelle n'a pas le droit de le partager. Je suis vraiment désolé, j'espère que ça ne te dérange pas.
— Oh ça va, soupiré-je en gonflant les joues, je suis sûre que d'autres en parlent.
— Pas devant moi, » réfute l'étudiant en ensorcellement.
Il est tout sérieux, tout à coup, avec ses sourcils froncés et son air grave. J'aurais presque envie de rire, mais je me retiens et me contente de lever les yeux au ciel pour la énième fois. Soulagé que je ne dise rien de plus, Johnson se tourne vers Farrow.
« Bon, j'imagine que c'est pas que ça qui t'intéresse ! Qu'est-ce que tu veux savoir d'autre ? »
Comme un pitiponk dans un salon de thé
Pourquoi Oswald s'assied-il à côté de moi ? Je ne sais pas quoi penser de son geste. Je pourrai décider qu'il fait cela pour me montrer qu'il m'apprécie, ou même qu'il ne souhaite pas me laisser seule dans une situation où le sujet de notre discussion est très précisément le point commun qu'il partage avec Bristyle, soit ses études à l'AESM. Ce serait gentil et attentionné de sa part. Cependant, je pourrai aussi considérer qu'il s'assied à mes côtés pour s'éloigner un peu d'Aelle, et dans ce cas, justement, je ne sais pas comment réagir. Ne désirai-je pas que l'ancienne Jaune retrouve un peu de place dans notre ensemble ? Merlin ! Ce choix me gêne autant qu'il me plaît. J'apprécie la présence de l'étudiant qui vient comme un soutien, bien que je ne sais pas comment l'aborder.
Je balbutie quelques mots après les siens, surtout pour justifier le sourire aimable qui s'est élevé jusqu'à mes lèvres.
« Oh, vraiment, ce n'est rien. C'est la moindre des choses. »
Pour balayer cette question de redevance, je hausse les épaules, les yeux baissés. Tout le monde aurait agi de la même manière, à ma place, n'est-ce pas ? Ce n'est pas grand-chose, quelques mornilles dépensées pour faire plaisir à d'autres, me dis-je en demandant à mon tour une boisson, un jus de citrouille.
En déposant mon coude sur la table pour caler mon menton sur ma paume, je me fais spectatrice des regards échangés entre Bristyle et Oswald, porteurs de paroles que je ne peux pas saisir. Ils ne semblent pas plaire à la sorcière, qui finit par se tourner vers moi avec ses yeux glacés et sa voix sans joie. Qu'elle peut être désagréable ! Heureusement, je crois pouvoir affirmer que j'ai appris à passer au-dessus de son attitude revêche pour me saisir uniquement de l'intérêt de ses révélations — parfois chargées de mépris.
Au fur et à mesure des paroles des deux étudiants, des images commencent à se dessiner dans mes pensées. Ce sont encore des esquisses pleines d'incertitudes, et pourtant, déjà, elles m'éclairent sur ma vision de l'Académie. Elles ont des couleurs vertes, bleu et gris. (Est-ce que le bâtiment est en pierres ?) Une cour, une fontaine, un parc et des fleurs. Ce doit être plutôt joli, et certainement moins imposant que l'Institut, avec ses carreaux orangés et son architecture d'ancien sanatorium.
La mention de cette fontaine à voeux glisse un sourire sur mon visage. Qui ne serait pas tenté par l'idée de s'y pencher pour essayer d'assurer son avenir ? Bristyle, sûrement. Cela ne m'étonne pas ! Mais moi, je crois que je l'aurais aussi fait.
Mes réflexions sont vite détournées de cette cour quand Oswald interrompt Aelle pour la pousser au silence. Qu'est-ce qu'elle s'apprêtait à révéler ? Mes iris glissent sur son visage. Est-ce à propos d'une tradition, d'un lieu, d'un objet particulier ? Des étudiants avides de sorts et de métamorphoses doivent avoir bien des secrets chargés de magie dans leurs manches. L'ancienne Jaune s'apprêtait-elle à en révéler un ? À moi ? Elle n'y accorde probablement pas beaucoup d'importance, contrairement à son ami. Était-elle de ceux qui parlaient à voix haute de la salle sur demande, à Poudlard ? Il m'est impossible de m'en souvenir, nous ne nous sommes jamais vraiment côtoyées.
« Je comprends, ne t'excuse pas, affirmé-je, nous avons aussi nos secrets à l'Institut. »
Dont certains, peut-être, que je ne connais pas encore. Qui sait quelles surprises l'avenir peut apporter ? Je suis certaine que Nahele ne m'a pas tout dit sur l'IMSM. Je note pour plus tard qu'il me faudra absolument l'interroger à ce sujet. Je veux quitter cette école en connaissant ses zones d'ombres et de lumières.
Je me redresse, comme si me tenir droite me donnait plus d'aplomb pour prendre la parole.
« Je me demandais comment se passent vos cours. Je suppose qu'il y a de la pratique et de la théorie, que vous avez des examens, et peut-être même des stages, avancé-je, mais est-ce que vos cours peuvent se croiser entre filières ? Est-ce que vous apprenez des choses inédites par rapport à Poudlard, ou vous approfondissez surtout certains points ? »
Je baisse les yeux. Ces questions-réponses me paraissent trop précises, trop floues, trop imparfaites, en somme. Quelque part, ce sont surtout les impressions d'Aelle et d'Oswald que j'ai envie d'avoir ; je veux connaître ce qui les a surpris et ce qui leur plaît, ce qu'ils jugent décevants et les nouveautés qui les passionnent. Estiment-ils certaines approches meilleures que durant notre scolarité à Poudlard ?
Je hausse les épaules. « Je ne sais pas. Dites-moi ce que vous pensez qui est intéressant. », conclus-je.
Je balbutie quelques mots après les siens, surtout pour justifier le sourire aimable qui s'est élevé jusqu'à mes lèvres.
« Oh, vraiment, ce n'est rien. C'est la moindre des choses. »
Pour balayer cette question de redevance, je hausse les épaules, les yeux baissés. Tout le monde aurait agi de la même manière, à ma place, n'est-ce pas ? Ce n'est pas grand-chose, quelques mornilles dépensées pour faire plaisir à d'autres, me dis-je en demandant à mon tour une boisson, un jus de citrouille.
En déposant mon coude sur la table pour caler mon menton sur ma paume, je me fais spectatrice des regards échangés entre Bristyle et Oswald, porteurs de paroles que je ne peux pas saisir. Ils ne semblent pas plaire à la sorcière, qui finit par se tourner vers moi avec ses yeux glacés et sa voix sans joie. Qu'elle peut être désagréable ! Heureusement, je crois pouvoir affirmer que j'ai appris à passer au-dessus de son attitude revêche pour me saisir uniquement de l'intérêt de ses révélations — parfois chargées de mépris.
Au fur et à mesure des paroles des deux étudiants, des images commencent à se dessiner dans mes pensées. Ce sont encore des esquisses pleines d'incertitudes, et pourtant, déjà, elles m'éclairent sur ma vision de l'Académie. Elles ont des couleurs vertes, bleu et gris. (Est-ce que le bâtiment est en pierres ?) Une cour, une fontaine, un parc et des fleurs. Ce doit être plutôt joli, et certainement moins imposant que l'Institut, avec ses carreaux orangés et son architecture d'ancien sanatorium.
La mention de cette fontaine à voeux glisse un sourire sur mon visage. Qui ne serait pas tenté par l'idée de s'y pencher pour essayer d'assurer son avenir ? Bristyle, sûrement. Cela ne m'étonne pas ! Mais moi, je crois que je l'aurais aussi fait.
Mes réflexions sont vite détournées de cette cour quand Oswald interrompt Aelle pour la pousser au silence. Qu'est-ce qu'elle s'apprêtait à révéler ? Mes iris glissent sur son visage. Est-ce à propos d'une tradition, d'un lieu, d'un objet particulier ? Des étudiants avides de sorts et de métamorphoses doivent avoir bien des secrets chargés de magie dans leurs manches. L'ancienne Jaune s'apprêtait-elle à en révéler un ? À moi ? Elle n'y accorde probablement pas beaucoup d'importance, contrairement à son ami. Était-elle de ceux qui parlaient à voix haute de la salle sur demande, à Poudlard ? Il m'est impossible de m'en souvenir, nous ne nous sommes jamais vraiment côtoyées.
« Je comprends, ne t'excuse pas, affirmé-je, nous avons aussi nos secrets à l'Institut. »
Dont certains, peut-être, que je ne connais pas encore. Qui sait quelles surprises l'avenir peut apporter ? Je suis certaine que Nahele ne m'a pas tout dit sur l'IMSM. Je note pour plus tard qu'il me faudra absolument l'interroger à ce sujet. Je veux quitter cette école en connaissant ses zones d'ombres et de lumières.
Je me redresse, comme si me tenir droite me donnait plus d'aplomb pour prendre la parole.
« Je me demandais comment se passent vos cours. Je suppose qu'il y a de la pratique et de la théorie, que vous avez des examens, et peut-être même des stages, avancé-je, mais est-ce que vos cours peuvent se croiser entre filières ? Est-ce que vous apprenez des choses inédites par rapport à Poudlard, ou vous approfondissez surtout certains points ? »
Je baisse les yeux. Ces questions-réponses me paraissent trop précises, trop floues, trop imparfaites, en somme. Quelque part, ce sont surtout les impressions d'Aelle et d'Oswald que j'ai envie d'avoir ; je veux connaître ce qui les a surpris et ce qui leur plaît, ce qu'ils jugent décevants et les nouveautés qui les passionnent. Estiment-ils certaines approches meilleures que durant notre scolarité à Poudlard ?
Je hausse les épaules. « Je ne sais pas. Dites-moi ce que vous pensez qui est intéressant. », conclus-je.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Comme un pitiponk dans un salon de thé
Les yeux marrons de Johnson se mettent à briller lorsque Farrow avoue que dans son institut aussi il y a des secrets. Nous le savions tous les deux mais, dans le regard que nous échangeons, je devine que nous partageons le même intérêt pour ces secrets qu'à cause du garçon nous ne connaîtrons jamais. Je me demande si la Serdaigle aurait accepté d'échanger un secret contre un secret. Aurait-elle trahit la discrétion des écoles supérieures pour la curiosité ? Moi, je l'aurais fait, mais je sais désormais que Johnson ne me laissera jamais faire ça. Il est trop à cheval sur les traditions, apparemment.
Puis Farrow précise sa pensée sur ce qu'elle souhaite savoir et une petite moue courbe mes lèvres vers le bas. Ce n'est pas tant une grimace de jugement que de réflexion. Les yeux tournés vers la table, je réfléchis à l'école qui m'accueille depuis septembre et je me demande ce qui est le plus intéressant pour moi et ce que j'ai envie de dire à cette fille. Heureusement, Johnson se pose moins de question que moi et c'est lui qui enchaîne le premier avec un grand sourire encourageant, ses yeux immenses comme deux taches au milieu de son visage.
« Ah, c'est bien parce que Bristyle et moi, nous sommes dans deux filières différentes alors on t'apportera peut-être des réponses différentes ! Pour ma part, je suis en ensorcellement et dans mes cours, il y a de la pratique mais aussi de la théorie. C'est beaucoup plus poussé que ce qu'on apprenait à Poudlard, même si pour moi le collège ça remonte à plusieurs années, je ne me souviens pas de tout. Et puis c'est vrai qu'on a plusieurs cours en commun, hein ? explique-t-il en se tournant vers moi.
— Ouais, réponds-je d'une voix traînante, les cours d'option, comme les langues, ou ceux du tronc commun sont, évidemment, communs. »
Oswald Johnson m'offre un sourire long comme une comète, comme si le fait que je prenne la peine de répondre lui inspirait un bonheur sans commune mesure. Je lui lance un regard fatigué avant de ramener mes yeux sur la jeune femme qui partage notre table.
« Je sais pas comment ça se passe dans ton école, poursuit Johnson sans se soucier de ma mine revêche, mais à l'Académie les projets sont beaucoup plus poussés. On nous laisse plus de libertés mais les attentes sont beaucoup plus élevées. Je suis habitué à créer ou ensorceler des objets, mais là, en quelques mois, j'ai vraiment été poussé à dépasser mes limites et surtout, j'ai appris des choses qui ne m'intéressaient absolument pas. » Le garçon ponctue sa phrase d'un éclat de rire. « Et c'est ça qui est génial : j'ai appris des choses parce qu'on m'a forcé à m'y intéresser. »
Je pensais qu'il allait poursuivre pendant un moment, car une fois qu'il est lancé il est capable de parler durant de longues minutes, mais à plus grand étonnement il se tourne vers moi, la curiosité faisant briller son regard.
« Et toi, alors ? Comment ça se passe en recherche ? Vous avez de la pratique ? »
Je me rends compte que lui et moi, nous n'avons jamais beaucoup parlé. J'exige le silence dès qu'il s'installe à ma table à la bibliothèque et nous avons l'habitude de travailler en silence. Quand nous nous voyons en dehors, nous n'avons en général pas le temps de nous poser des questions de ce genre — ou pas l'envie, en ce qui me concerne.
« Évidemment, répliqué-je d'une voix cassante. La recherche c'est pas seulement gribouiller sur un parchemin en espérant que ça devienne un papier intéressant à publier dans n'importe quel revue. Nous passons beaucoup de temps à manipuler les sortilèges. Pas comme à Poudlard où on nous apprenait à les maîtriser, sans plus. À l'AESM, nous décortiquons la magie, on l'analyse de toutes les façons possibles. L'idée n'est pas d'apprendre, mais de comprendre. »
Puis Farrow précise sa pensée sur ce qu'elle souhaite savoir et une petite moue courbe mes lèvres vers le bas. Ce n'est pas tant une grimace de jugement que de réflexion. Les yeux tournés vers la table, je réfléchis à l'école qui m'accueille depuis septembre et je me demande ce qui est le plus intéressant pour moi et ce que j'ai envie de dire à cette fille. Heureusement, Johnson se pose moins de question que moi et c'est lui qui enchaîne le premier avec un grand sourire encourageant, ses yeux immenses comme deux taches au milieu de son visage.
« Ah, c'est bien parce que Bristyle et moi, nous sommes dans deux filières différentes alors on t'apportera peut-être des réponses différentes ! Pour ma part, je suis en ensorcellement et dans mes cours, il y a de la pratique mais aussi de la théorie. C'est beaucoup plus poussé que ce qu'on apprenait à Poudlard, même si pour moi le collège ça remonte à plusieurs années, je ne me souviens pas de tout. Et puis c'est vrai qu'on a plusieurs cours en commun, hein ? explique-t-il en se tournant vers moi.
— Ouais, réponds-je d'une voix traînante, les cours d'option, comme les langues, ou ceux du tronc commun sont, évidemment, communs. »
Oswald Johnson m'offre un sourire long comme une comète, comme si le fait que je prenne la peine de répondre lui inspirait un bonheur sans commune mesure. Je lui lance un regard fatigué avant de ramener mes yeux sur la jeune femme qui partage notre table.
« Je sais pas comment ça se passe dans ton école, poursuit Johnson sans se soucier de ma mine revêche, mais à l'Académie les projets sont beaucoup plus poussés. On nous laisse plus de libertés mais les attentes sont beaucoup plus élevées. Je suis habitué à créer ou ensorceler des objets, mais là, en quelques mois, j'ai vraiment été poussé à dépasser mes limites et surtout, j'ai appris des choses qui ne m'intéressaient absolument pas. » Le garçon ponctue sa phrase d'un éclat de rire. « Et c'est ça qui est génial : j'ai appris des choses parce qu'on m'a forcé à m'y intéresser. »
Je pensais qu'il allait poursuivre pendant un moment, car une fois qu'il est lancé il est capable de parler durant de longues minutes, mais à plus grand étonnement il se tourne vers moi, la curiosité faisant briller son regard.
« Et toi, alors ? Comment ça se passe en recherche ? Vous avez de la pratique ? »
Je me rends compte que lui et moi, nous n'avons jamais beaucoup parlé. J'exige le silence dès qu'il s'installe à ma table à la bibliothèque et nous avons l'habitude de travailler en silence. Quand nous nous voyons en dehors, nous n'avons en général pas le temps de nous poser des questions de ce genre — ou pas l'envie, en ce qui me concerne.
« Évidemment, répliqué-je d'une voix cassante. La recherche c'est pas seulement gribouiller sur un parchemin en espérant que ça devienne un papier intéressant à publier dans n'importe quel revue. Nous passons beaucoup de temps à manipuler les sortilèges. Pas comme à Poudlard où on nous apprenait à les maîtriser, sans plus. À l'AESM, nous décortiquons la magie, on l'analyse de toutes les façons possibles. L'idée n'est pas d'apprendre, mais de comprendre. »
Comme un pitiponk dans un salon de thé
J'ai de la chance, semble-t-il, puisque les deux étudiants sont dans des filières différentes. Ils m'apporteront des regards et points de vue d'autant plus variés que Bristyle et Oswald ne se ressemblent pas, et n'accordent certainement pas la même importance aux choses, divergeant dans leurs opinions. Je n'apprendrai pas à connaître l'académie sous un seul angle, ce qui m'apparaît assez intéressant, et satisfaisant. Ce ne sera pas pareil quand, à leur tour, ils désireront me poser des questions. Mon avis n'est pas multiple, et manquera de ce fait probablement de nuances ; mais j'essayerai de faire au mieux, de prendre du recul, de me rapprocher de l'objectivité, tout en glissant parfois mon ressenti.
Cependant, pour le moment, je préfère me concentrer sur eux. Mes yeux, grands ouverts, avalent goulûment les paroles qui tombent de leur bouche. Les mots qui me remplissent comblent ma faim d'informations. Donnez-moi à penser, j'ai le ventre vide.
J'apprends ainsi qu'ils ont des cours en commun, tout en étant dans des filières différentes. C'est là un point qui diverge avec l'Institut. Jamais je ne partage une classe avec les étudiants de médicomagie, ni même avec ceux de potions ou du diplôme hybride. Les programmes sont certainement bien plus différents entre eux que ceux des filières de l'AESM. C'est dommage, je pense que j'aurais aimé avoir des cours en commun avec Nahele et Abby. Nous partageons déjà tellement ! Cela n'aurait pu être qu'agréable.
La suite des propos d'Oswald me surprend peut-être un peu moins. Dans mon école, les attentes sont également élevées, comme j'ai pu le constater avec les examens. Cependant, ce n'est pas étonnant, et c'est certainement commun aux écoles supérieures. Elles se doivent de nous former, et pour certaines filières comme la mienne, une année peut et doit suffire. Forcément, cela implique des cours chargés et riches en apprentissages. Nous découvrons, nous comprenons, et nous sommes évalués ; il faut être à la hauteur. C'est un rythme différent de Poudlard, où les acquisitions et mémorisations peuvent plus facilement s'étendre sur plusieurs années.
Je hoche la tête, souris quand Oswald sourit, et réfléchis surtout beaucoup. Cela me permet de me tenir un peu à l'écart des deux amis, et de mieux appréhender les informations qu'ils me partagent. Je prends des notes pour l'avenir en tissant des souvenirs, si bien que je ne suis que de loin les échanges de regards, les mous du visage et les tons chargés des deux étudiants qui m'entourent. Je me raccroche à mon verre entre mes doigts et à ce qu'ils me disent. Cela me suffit.
Cependant, quand le silence arrive à la table, je me sens comme poussées hors de mon cocon intérieur pour parler. Ne dois-je pas donner mon avis, moi qui ai tant reçu en quelques minutes ? Je baisse une dernière fois mes yeux sur mon jus de citrouille avant de les jeter tantôt dans ceux d'Aelle, tantôt dans ceux d'Oswald. Je vagabonde entre eux au gré de mes phrases.
« Globalement, commencé-je, c'est pareil à l'Institut, nous apprenons tout en plus poussé, nous passons plus de temps sur les notions survolées à Poudlard, et nous découvrons des spécificités et de nouvelles plantes. En plus du tronc commun, nous choisissons des "unités complémentaires" qui correspondent à des cours que nous souhaitons développer. Et nous avons de la pratique. »
Je les laisse digérer ces différentes informations avant de poursuivre.
« Cependant, nous n'avons pas de cours du tronc commun avec les autres filières, c'est juste dans notre filière, on reste entre botanistes. Ça m'étonne d'ailleurs que vous en ayez ! Ce sont des cours sur les sorts, de manière générale ? Vous devez être nombreux pour ces cours-ci. »
Cependant, pour le moment, je préfère me concentrer sur eux. Mes yeux, grands ouverts, avalent goulûment les paroles qui tombent de leur bouche. Les mots qui me remplissent comblent ma faim d'informations. Donnez-moi à penser, j'ai le ventre vide.
J'apprends ainsi qu'ils ont des cours en commun, tout en étant dans des filières différentes. C'est là un point qui diverge avec l'Institut. Jamais je ne partage une classe avec les étudiants de médicomagie, ni même avec ceux de potions ou du diplôme hybride. Les programmes sont certainement bien plus différents entre eux que ceux des filières de l'AESM. C'est dommage, je pense que j'aurais aimé avoir des cours en commun avec Nahele et Abby. Nous partageons déjà tellement ! Cela n'aurait pu être qu'agréable.
La suite des propos d'Oswald me surprend peut-être un peu moins. Dans mon école, les attentes sont également élevées, comme j'ai pu le constater avec les examens. Cependant, ce n'est pas étonnant, et c'est certainement commun aux écoles supérieures. Elles se doivent de nous former, et pour certaines filières comme la mienne, une année peut et doit suffire. Forcément, cela implique des cours chargés et riches en apprentissages. Nous découvrons, nous comprenons, et nous sommes évalués ; il faut être à la hauteur. C'est un rythme différent de Poudlard, où les acquisitions et mémorisations peuvent plus facilement s'étendre sur plusieurs années.
Je hoche la tête, souris quand Oswald sourit, et réfléchis surtout beaucoup. Cela me permet de me tenir un peu à l'écart des deux amis, et de mieux appréhender les informations qu'ils me partagent. Je prends des notes pour l'avenir en tissant des souvenirs, si bien que je ne suis que de loin les échanges de regards, les mous du visage et les tons chargés des deux étudiants qui m'entourent. Je me raccroche à mon verre entre mes doigts et à ce qu'ils me disent. Cela me suffit.
Cependant, quand le silence arrive à la table, je me sens comme poussées hors de mon cocon intérieur pour parler. Ne dois-je pas donner mon avis, moi qui ai tant reçu en quelques minutes ? Je baisse une dernière fois mes yeux sur mon jus de citrouille avant de les jeter tantôt dans ceux d'Aelle, tantôt dans ceux d'Oswald. Je vagabonde entre eux au gré de mes phrases.
« Globalement, commencé-je, c'est pareil à l'Institut, nous apprenons tout en plus poussé, nous passons plus de temps sur les notions survolées à Poudlard, et nous découvrons des spécificités et de nouvelles plantes. En plus du tronc commun, nous choisissons des "unités complémentaires" qui correspondent à des cours que nous souhaitons développer. Et nous avons de la pratique. »
Je les laisse digérer ces différentes informations avant de poursuivre.
« Cependant, nous n'avons pas de cours du tronc commun avec les autres filières, c'est juste dans notre filière, on reste entre botanistes. Ça m'étonne d'ailleurs que vous en ayez ! Ce sont des cours sur les sorts, de manière générale ? Vous devez être nombreux pour ces cours-ci. »
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht
Comme un pitiponk dans un salon de thé
J'arrache aussitôt mes yeux mornes du bois abîmé de la table pour les poser sur elle ; quand elle parle, j'observe la danse de ses lèvres et le jeu de son regard. Je regarde sans voir : je ne fais qu'entendre. La seule chose qui m'intéresse, c'est ce qu'elle raconte sur cette école que je n'aurais jamais l'occasion, et jamais l'envie il faut dire, de visiter en temps qu'étudiante. Ses paroles m'inspirent des questions que je garde pour le moment pour moi, mon regard noir posé sur elle, mes doigts couverts d'encre resserrés autour de mon verre arrivé un peu plus tôt sur la table. J'ai passé sept ans avec cette fille, à la voir tous les jours sans lui parler, à la fréquenter pendant les classes, à la voir répondre, ou non, aux questions des professeurs, à avoir vent de ses notes, à la voir réussir, ou échouer, aux sortilèges que nous nous entraînions à lancer, à la voir même si je ne cherchais pas à la regarder fréquenter nos camarades. Toutes ces années pour ne rien connaître d'elle. Pour la première fois, je trouve cela étrange qu'elle me soit aussi familière alors que je ne connais pourtant rien d'elle. Se dit-elle la même chose de son côté ?
Voyant Johnson prendre une inspiration pour répondre, je l'interromps, jetant ma question sans même avoir eu le temps d'analyser celles qu'elle nous a posé :
« Des unités complémentaires, répété-je d'une voix froide. T'as choisi quoi ? »
Ma curiosité est purement académique. En plus de vouloir des précisions sur ce que l'ISMI peut bien proposer en "unité complémentaire", je me demande vers quoi elle veut se diriger, cette fille qui s'est spécialisée en botanique pour "je ne sais pas trop quoi".
« Bonne question ! » me félicite Johnson avec un immense sourire, insensible au regard sombre que je lui lance.
Il avale une gorgée de sa boisson à la couleur douteuse et j'en profite pour tremper mes lèvres dans mon propre verre, grimaçant doucement en sentant couler le long de ma gorge la brûlure du Whisky-pur-feu. Le goût de la branchiflore est trop discret pour empêcher mon corps de prendre feu.
« Quant au tronc commun, poursuit mon camarade en se laissant aller contre le dossier de sa chaise sans laisser le temps à Farrow de répondre à ma question, c'est des trucs théoriques, généraux, oui. On a des cours de langue, de magie, d'histoire et évidemment cette UE sur la protection du secret magique. »
Il grimace et secoue la tête.
« Nécessaire, mais un peu ennuyant, ce cours-là. Mais vous devez l'avoir aussi, non ? Grâce au Conseil, tout le monde se farcit ça, maintenant. » Cela ne fait aucun doute que son "grâce" est ironique. « Même à Poudlard, je crois. Moi j'étais déjà parti quand ils l'ont mis en place. »
Je ne prends pas la peine de répondre, bien que Johnson tourne son regard curieux dans ma direction. Il y a des choses dont il n'est pas nécessaire de reparler et ce qu'il s'est passé durant ces années-là en fait partie. Les cours de Protection du secret magique sont effectivement ennuyant en mourir et je les ai souvent passés à réviser d'autres matières, que ce soit à Poudlard ou à l'AESM. Mais pour ceux qui, contrairement à moi, sont incapables de protéger naturellement leur peuple, ces enseignements sont nécessaires et pour cela je ne me permettrais pas de les critiquer.
Voyant Johnson prendre une inspiration pour répondre, je l'interromps, jetant ma question sans même avoir eu le temps d'analyser celles qu'elle nous a posé :
« Des unités complémentaires, répété-je d'une voix froide. T'as choisi quoi ? »
Ma curiosité est purement académique. En plus de vouloir des précisions sur ce que l'ISMI peut bien proposer en "unité complémentaire", je me demande vers quoi elle veut se diriger, cette fille qui s'est spécialisée en botanique pour "je ne sais pas trop quoi".
« Bonne question ! » me félicite Johnson avec un immense sourire, insensible au regard sombre que je lui lance.
Il avale une gorgée de sa boisson à la couleur douteuse et j'en profite pour tremper mes lèvres dans mon propre verre, grimaçant doucement en sentant couler le long de ma gorge la brûlure du Whisky-pur-feu. Le goût de la branchiflore est trop discret pour empêcher mon corps de prendre feu.
« Quant au tronc commun, poursuit mon camarade en se laissant aller contre le dossier de sa chaise sans laisser le temps à Farrow de répondre à ma question, c'est des trucs théoriques, généraux, oui. On a des cours de langue, de magie, d'histoire et évidemment cette UE sur la protection du secret magique. »
Il grimace et secoue la tête.
« Nécessaire, mais un peu ennuyant, ce cours-là. Mais vous devez l'avoir aussi, non ? Grâce au Conseil, tout le monde se farcit ça, maintenant. » Cela ne fait aucun doute que son "grâce" est ironique. « Même à Poudlard, je crois. Moi j'étais déjà parti quand ils l'ont mis en place. »
Je ne prends pas la peine de répondre, bien que Johnson tourne son regard curieux dans ma direction. Il y a des choses dont il n'est pas nécessaire de reparler et ce qu'il s'est passé durant ces années-là en fait partie. Les cours de Protection du secret magique sont effectivement ennuyant en mourir et je les ai souvent passés à réviser d'autres matières, que ce soit à Poudlard ou à l'AESM. Mais pour ceux qui, contrairement à moi, sont incapables de protéger naturellement leur peuple, ces enseignements sont nécessaires et pour cela je ne me permettrais pas de les critiquer.
Comme un pitiponk dans un salon de thé
C'est étrange, mais je crois que je commence à m'habituer aux questions d'Aelle. Elles ne me surprennent plus. Pourtant, sa dernière ne concerne que moi. Ce n'est pas comme si elle m'interrogeait sur toutes les unités proposées à l'Institut, puisqu'elle me questionne très précisément sur celles que j'ai choisies. À croire que mon ancienne camarade éprouve une certaine curiosité dirigée vers ma personne. Ce serait fort inattendu. Cependant, je dois avouer que ce soir, Bristyle me surprend positivement ; je parviens même presque à croiser son regard noir et à écouter sa voix froide et morne sans m'en sentir déçue. Je me dis simplement : c'est Aelle ; et je lui pardonne.
Alors, nul étonnement et nulle circonspection ne viennent se faufiler sur mes traits après cette intervention, au contraire ; mon visage reste serein et calme, illuminé par l'enthousiasme d'Oswald. Seulement, je n'ai même pas le temps d'ouvrir la bouche pour dessiner les contours d'une réponse que, déjà, l'étudiant s'élance à la suite de sa dernière remarque dans le chemin de ses explications. Je me vois contrainte de l'écouter, non sans un certain plaisir tiré de l'intérêt que je trouve à ses paroles.
Mais ses mots me figent.
La protection du secret magique, qu'on se « farcit » tous grâce au (ou plutôt à cause du) Conseil.
Je ne m'attendais pas à cela. Pas ici, pas maintenant, pas dans cette discussion. Le Conseil ! Ce n'est pas tant lui qui me dérange et me surprend ; dans le contexte actuel, bien des discussions politiques jaillissent autour des tables étudiantes, je l'ai vite compris. Ce qui me fait trébucher, c'est la pensée de ma mère. Le secret magique la concerne directement. Depuis qu'elle a pris la place de Secrétaire d'État à ce secrétariat, tout ce qu'y s'y rapporte m'amène directement à elle. Parfois, ce n'est que la mention d'un mot. D'autres fois, c'est celle d'un cours. Mais rares sont les moments où une critique du Conseil, d'autant plus à propos d'un sujet si proche de ma famille, est prononcée devant moi. Et ce soir, dans cette situation, je ne sais pas comment y réagir. Je ne m'y attendais pas. Ma mère !
Avec elle de nombreuses images et souvenirs apparaissent sur la toile de mes pensées. C'est comme si on avait ouvert toutes les fenêtres. Des courants d'air me traversent et claquent les portes, emportant son nom. Maman. Son visage, le timbre de sa voix, la courbure de ses lèvres, la simplicité de ses vêtements, ses doigts tâchés de couleurs, la dureté de son regard, tout me revient et souffle en moi comme une tempête, éparpillant mes réflexions.
Ma bouche reste sèche quelques longues secondes. Je ne sais pas comment réagir. Alors, je me jette sur la question d'Aelle, faisant pour le moment volontairement fi des derniers mots de son ami. (Si seulement je pouvais m'en éloigner, les effacer, les oublier.)
« Il y a six unités complémentaires, et j'en ai choisi quatre : étude des écosystèmes, techniques botaniques, ouverture sur les pratiques botaniques du monde, et physiologie végétale et études des environnements. Ce sont surtout les écosystèmes qui m'intéressent, ainsi que les flux magiques qu'il peut y avoir. Je ferai certainement mon mémoire là-dessus à la rentrée. »
Enfin, je poursuis, en réponse aux derniers propos d'Oswald, avec une phrase succincte gluante de retenue et de non-dits.
« Nous n'avons pas ce cours à l'IMSM, mais je me souviens l'avoir eu à Poudlard. »
Je lève les yeux vers Aelle avant de les baisser promptement. Je n'ajoute rien, taisant le rôle de ma mère, mes pensées et les violents courants d'air que ses mots ont jeté sur mon âme. Je me contente de regarder mon verre, silencieuse, perdue dans mon crâne, mes souvenirs et mes incertitudes.
Alors, nul étonnement et nulle circonspection ne viennent se faufiler sur mes traits après cette intervention, au contraire ; mon visage reste serein et calme, illuminé par l'enthousiasme d'Oswald. Seulement, je n'ai même pas le temps d'ouvrir la bouche pour dessiner les contours d'une réponse que, déjà, l'étudiant s'élance à la suite de sa dernière remarque dans le chemin de ses explications. Je me vois contrainte de l'écouter, non sans un certain plaisir tiré de l'intérêt que je trouve à ses paroles.
Mais ses mots me figent.
La protection du secret magique, qu'on se « farcit » tous grâce au (ou plutôt à cause du) Conseil.
Je ne m'attendais pas à cela. Pas ici, pas maintenant, pas dans cette discussion. Le Conseil ! Ce n'est pas tant lui qui me dérange et me surprend ; dans le contexte actuel, bien des discussions politiques jaillissent autour des tables étudiantes, je l'ai vite compris. Ce qui me fait trébucher, c'est la pensée de ma mère. Le secret magique la concerne directement. Depuis qu'elle a pris la place de Secrétaire d'État à ce secrétariat, tout ce qu'y s'y rapporte m'amène directement à elle. Parfois, ce n'est que la mention d'un mot. D'autres fois, c'est celle d'un cours. Mais rares sont les moments où une critique du Conseil, d'autant plus à propos d'un sujet si proche de ma famille, est prononcée devant moi. Et ce soir, dans cette situation, je ne sais pas comment y réagir. Je ne m'y attendais pas. Ma mère !
Avec elle de nombreuses images et souvenirs apparaissent sur la toile de mes pensées. C'est comme si on avait ouvert toutes les fenêtres. Des courants d'air me traversent et claquent les portes, emportant son nom. Maman. Son visage, le timbre de sa voix, la courbure de ses lèvres, la simplicité de ses vêtements, ses doigts tâchés de couleurs, la dureté de son regard, tout me revient et souffle en moi comme une tempête, éparpillant mes réflexions.
Ma bouche reste sèche quelques longues secondes. Je ne sais pas comment réagir. Alors, je me jette sur la question d'Aelle, faisant pour le moment volontairement fi des derniers mots de son ami. (Si seulement je pouvais m'en éloigner, les effacer, les oublier.)
« Il y a six unités complémentaires, et j'en ai choisi quatre : étude des écosystèmes, techniques botaniques, ouverture sur les pratiques botaniques du monde, et physiologie végétale et études des environnements. Ce sont surtout les écosystèmes qui m'intéressent, ainsi que les flux magiques qu'il peut y avoir. Je ferai certainement mon mémoire là-dessus à la rentrée. »
Enfin, je poursuis, en réponse aux derniers propos d'Oswald, avec une phrase succincte gluante de retenue et de non-dits.
« Nous n'avons pas ce cours à l'IMSM, mais je me souviens l'avoir eu à Poudlard. »
Je lève les yeux vers Aelle avant de les baisser promptement. Je n'ajoute rien, taisant le rôle de ma mère, mes pensées et les violents courants d'air que ses mots ont jeté sur mon âme. Je me contente de regarder mon verre, silencieuse, perdue dans mon crâne, mes souvenirs et mes incertitudes.
#466962 ‖ Botaniste au Jardin de Draíocht